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Full text of "Bulletin des commissions royales d'art et d'archéologie"

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COMMISSIONS  ROYALES 

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D'AHT    ET   D-A.RCUÉOLOÔIE. 

j                                 QUARANTE       ET      UNIÈME      ANNÉE. 

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En  Tente  cbei  M.  HATEZ, 

imprimeur  de  l'Académie  Royale  de  Belgique . 

112,  me  de  Loimin,  ils. 

BRUXELLES 

190S 

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BULLETIN 


DKS 


COMMISSIONS   ROYALES 


D'ART  ET  D'ARCHÉOLOGIE. 


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BULLETIN 

COMMISSIONS  ROYALES 

D'ART  ET  D'ARCHÉOLOBIE. 

QUARANTE    ET    UNIÈME    ANNEE. 


BRUXELLES 

IMPRIMERIE  VAN  LANOHENDONCK,  RUE  DES  CHARTREUX,  60 


•  ••  • 


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THE  NEW  YORK 

PUBLIC  LIBRARY 


ASTOfi,  LENOX 
TïLOEN  FOUNCATJON6. 
1909 


X  AHO        I 

ATION8.     I 


LISTE 


DES, 


MEMBRES  EFFECTIFS  ET  CORRESPONDANTS 


DB  LA 


COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS 

EN    A  902 


MEMBRES   EFFECTIFS   : 

Président  :  M.  Laoasse-de  Locht  (Ch.),  ingénieur  en  chef,  direc- 
teur des  ponts  et  chaussées,  a  Bruxelles. 

Vice- Présidents  :  MM.  Helleputte  (G.),  professeur  à  l'Université 
de  Louvain,  membre  de  la  Chambre  des  représentants,  à  Vlier- 
beek  lez  Louvain,  et  Helbig  (J.),  artiste  peintre,  à  Liège. 

Membres  :  MM.  Ackbr,  architecte,  à  Bruxelles. 

B  1.0  m  me  (L.),  architecte  provincial,  à  Anvers. 
Bobdiau  (6.),  architecte,  à  Bruxelles. 
Glutsenaar  (A.),  artiste  peintre,  à  Bruxelles. 
Delacen8Erie    (L.) ,    architecte,    directeur    de 

l'Académie  des  Beaux-Arts,  à  Bruges. 
Maquet  (H.),  architecte,  à  Bruxelles. 
Heusens  (E.),  chanoine,  archéologue,  à  Louvain. 
Van  àssche(A.),  architecte,  à  Gand. 
Van  Wint  (B.),  statuaire,  à  Anvers. 
Vinçotte  (Th.),  statuaire,  à  Bruxelles. 

ecrétaire  :  Massaux  (A.),  à  Etterbeek. 


—  6  — 


COMITÉS   DBS   CORRESPONDANTS   : 

ANVERS. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Vice-Président  :  M.  Smbrens  (Th.),  président  honoraire  du  tribunal 

de  lr*  instance,  à  Anvers. 

Membres  :  MM.  Bilmeyer  (J.),  architecte,  à  Anvers. 

De  Braeckeleer  (J.),  statuaire,  à  Borgerhout. 
de  Vinck  de  Winnezeele  (Bon),  archéologue,  à 

Anvers. 
Dierckx,  membre  de  la  Chambre  des  représen- 
tants et  bourgmestre  de  la  ville  de  Turnhout. 
Ma8T  (E.),  archéologue,  échevin,  à  Lierre. 
Nève  (L.),  ingénieur,  à  Saint-Léonard  (Brecht). 
Van  Caster  (abbé),  archéologue,  à  Malines. 
Van  der  Ouderaa,  artiste  peintre,  à  Anvers, 
Van  Leemputten  (P.),  artiste  peintre,  à  Anvers. 

Membre-Secrétaire  :  M.  Donnet(F.),  administrateur  de  l'Académie 

des  Beaux-Arts,  à  Anvers. 


. 


,••"•*';  ##  Secrétaire-adjoint  :  M.  Jacobs  (H.),  chef  de  bureau  à  l'Adminis- 

tration  provinciale,  à  Anvers. 


•  •  •     A 


:'r:  .:  /;;•..: V  BRABANT. 

•  • . ...    • 

*#  •:/•*/   /  Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 


•••: 


Vice-Président  :  M.  Van  Even  (E.),  archiviste  delà  ville,  à  Louvain. 

Membres  :  MM.  Cardon,  artiste  peintre,  à  Bruxelles. 

De  G  root  (G.),  statuaire,  à  Bruxelles. 
Delvigne,  chanoine,  archéologue,  curé  de  Saint* 

Josse-ten-Noode, 
Di  Vribndt  (J.),  artiste  peintre,  à  Bruxelles. 


—  7  — 

MM.  Dumortier  (V.),  architecte  provincial  en  chef, 
à  Bruxelles. 
Hanon  de  Louvet,  archéologue,  à  Nivelles. 
Janlet  (E.),  architecte,  à  Bruxelles. 
Janssens  (W.)t  architecte,  à  Bruxelles. 
Langehock  (P.),  architecte,  à  Louvain. 
Licot  (C),  architecte  provincial,  à  Schaerbeek. 

Secrétaire- adjoint  :  M.  Destrée  (H.),  chef  de  bureau  à  l'Admi- 
nistration provinciale,  à  Bruxelles. 


FLANDRE  OCCIDENTALE. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Membres  :  MM.  Bethune  (Bod  F.),  chanoine-archidiacre, à  Bruges. 

Bethune  (Bon  J.-B.),  membre  de  la  Députation 

permanente  du  Conseil  provincial,  à  Bruges. 
De  Geyne  (L.),  architecte,  à  Courtrai. 
De  Meyer  (D.),  docteur  en  médecine,  à  Bruges. 
Vandermbrsoh  (à.),  avocat,  à  Bruges. 

Membre-Secrétaire  :  M.  Van  Rutmbeke  (J.),  archéologue,  bourg- 
mestre d'Oedelem. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Axters  (H.),  docteur  en  droit,  chef  de  divi- 
sion à  l'Administration  provinciale,  à  Bruges. 


FLANDRE  ORIENTALE. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 
Vice-Président  :  M.  Serrure  (E.),  architecte-archéologue,  à  G  and. 

Membres  :  MM.  Cloquet  (L.),  professeur  à  l'Université  de  G  and. 

De  Waele  (J.),  architecte,  professeur  à  l'Aca- 
démie des  Beaux-Arts,  à  Gand. 
Ltbaert  (T.),  artiste  peintre,  à  Gand. 


—  8  — 

MM.  Tttgadt  (L.),  artiste  peintre,  directeur  de  l'Aca- 
démie des  Beaux- Arts,  à  Gand. 

Van  Biesbroeck  (L.),  statuaire,  professeur  à 
l'Académie  des  Beaux-Arts,  à  Gand. 

Vandbrhaeoen  (P.),  bibliothécaire  à  l'Université 
de  Gand,  à  Saint- Denis -West  rem. 

Membre-Secrétaire  :  M.  De  Ceulenebr  (A.),  professeur  de  l'Uni- 
versité, à  Gand. 

Sccri  taire-adjoint  :  M.   Db  Landtsheer  (J.)(   chef  de   division  à 

l'Administration  provinciale,  à  Gand. 


HAINAUT. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Membres  :  MM.  Cador   (A.),   anoien    architecte    de    la  ville,    à 

Charleroi. 
Devillers  (L.),  archiviste  de  l'État,  président  du 

Cercle  archéologique,  à  Mon  s. 
Soil  (£.),  juge  d'instruction,  à  Tournai. 
Son  ne  vil  le  (C),  architecte,  à  Tournai. 
Van  Bastelaer  (D.),  archéologue,  à  Saint- Josse- 

ten-Noode. 

Membre-Secrétaire  :  M.  Hubert  (J.),  architecte-ingénieur,  à  Mons. 


LIÈGE. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 
Vice- Président  :  M.  Rrnier  (J.),  artiste  peintre,  à  Verviers. 

Membres  :  MM.  Bormans,  administrateur  inspecteur  de  l'Univer- 
sité de  l'État,  à  Liège. 

Drion  (M. -P.),  directeur  de  l'Académie  royale  des 
Beaux-Arts,  à  Liège. 


—  9  — 

MM.  Feuillat(P.),  architecte,  à  Huy. 

Francotte  (G.),  Ministre  de  l'industrie  et  du 
travail,  à  Bruxelles. 

Jamar  (E.),  architecte,  à  Liège. 

Schuermans  (H.),  premier  président  honoraire 
de  la  Cour  d'appel,  è  Liège. 

Schoolmeesters  (E.),  archéologue,  vicaire  géné- 
ral, à  Liège. 

Membre  Secrétaire  :  M.  Lohest(?.),  archéologue,  à  Liège. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Angekot  (H.),  greffier  provincial,  à  Liège. 


LIMBOURG. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 
Vice- Président  :  M.  Van  Nedss  (H.),  archiviste  de  l'État,  à  Hasselt. 

Membres  :  MM.  Courroit  (J.),  statuaire,  professeur  à  l'Académie 

des  Beaux-Arts,  à  Hasselt. 
Daniels  (l'abbé  P.),  archéologue,  à  Zolder. 
De  Grùnne  (Cte  G.),  sénateur,  à  Russon. 
Jaminé  (L.),  architecte  provincial,  à  Hasselt. 
Schaitzen  (Chevalier  0.),  à  Ton  grès. 
Serrure  (E.),  architecte,  à  Saint-Trond. 

Membre-Secrétaire  :  M.  De  Borman  (Chevalier  C),  membre  de  la 

Députation  permanente,  à  Schalkhoven. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Van  Weddingen  (A.),  commis  à  l'Adminis- 
tration provinciale,  à  Hasselt. 


LUXEMBOURG. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Vice-Président    :   M.    Tandel,    commissaire   d'arrondissement,   a 

Arlon. 


—  10  — 

Membres  :  MM.  Cupper  (.T.),  architecte  provincial,  à  Bastogne. 

Déome,'  avocat,  à  Neufchâteau. 

de  Mathelin,  statuaire,  à  Liège. 

le  P.  Gopfinet,  membre  de  l'Institut  archéolo- 
gique d' Arlon. 

Kurth  (G.),  professeur  d'histoire  à  l'Université 
de  Liège. 

Van  de  Wyngaebt  père,  directeur  de  l'école 
industrielle,  à  Arlon. 

van  Limburg-Stirum  (O  A.),  membre  de  la 
Chambre  des  représentants,  à  Bruxelles. 

Wilmar,  archéologue,  à  Amonines. 

Secrétaire  :  M.  André  (A.),  chef  de  bureau  au  Gouvernement  pro- 
vincial, à  Arlon. 

NAMUR. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Vice-Président  :  M.    Bequet  (A.),  président  de  la  Société  archéo- 
logique, à  Namur. 

Membres  :  MM.  Boveroulle,  architecte  provincial,  à  Namur. 

Dardenne,   ancien  régent  d'école    moyenne,    à 

Andenne. 
Del  Marmol  (Bon  p.),  archéologue,  à  Dînant. 
Léanne  (F.),  architecte  honoraire  de  la  ville  de 

Namur,  à  Etterbeek. 
Soreil,  ingénieur,  à  Maredsous  (Sosoye). 
Sosson,  chanoine  titulaire,  à  Namur. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Vandenneuker,  chef  de  division  à  l'Admi- 
nistration provinciale,  à  Namur. 


—  11  — 


COMITÉ  SPÉCIAL  DES  OBJETS  D'ART 


Président  :  M.  Helleputte  (G.),  architecte,  professeur  à  l'Univer- 
sité de  Louvaiu,  membre  de  la  Chambre  des  représentants,  à 
Vlierbeek  lez  Louvain. 

Membres  :  MM.  De  Groot  (G.),  statuaire,  à  Bruxelles. 

Helbig  (J.),  artiste  peintre,  à  Liège. 
Hennebicq  (A.),  artiste  peintre,  à  Bruxelles. 
MABCHAL(le  Chevalier  Edra.),  secrétaire  perpétuel 

de  l'Académie  royale  de  Belgique,  à  Bruxelles. 
Reusens    (le   chanoine    Edm.),    archéologue,    à 

Louvain. 
Vinçotte  (Th.),  statuaire,  à  Bruxelles. 

Secrétaire  :  M.  Massaux  (A.),  à  Etterbeek. 


COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS. 


RÉSUMÉ    DES    PROCÈS-VERBAUX 


SEANCES 
des  4,  11, 18  et  25  janvier;  des  1",  8,  15  et  22  février  1902. 


PEINTURE  ET  SCULPTURE. 

Des  avis  favorables  ont  été  émis  sur  : 

1°  Le  projet  rclalif  au  placement  d'un  chemin  de  la  croix  ggii^decboj. 
peint  dans  l'église  de  Ghoy  (Ilainaut)  ;  auteur,  M.  Ch.    de,acroix 
Janssens  ; 

2°  Le  projet  relatif  à  la  décoration  picturale  de  l'église  Égii*edeT«ttveo. 
de  Teuven  (Liège).  Il  conviendrait  de  conserver  aux  écoin- 
çons  les  anges  que  l'auteur  a  supprimés  par  erreur  dans  le 
projet  modifié.  L'attention  du  conseil  de  fabrique  a  été 
appelée  sur  la  convenance  qu'il  y  aurait  de  placer  des 
vitraux  dans  l'édifice  avant  de  commencer  la  peinture.  On 
évitera  ainsi  des  mécomptes  dans  l'effet  d'ensemble  de  la 
coloration,  celle-ci  étant  susceptible  d'être  modifiée  par  le 
placement  ultérieur  des  vitraux;  auteurs,  MM.  Scheen 
el  fils; 


—  H  — 

^Dé^niiZF*'  **°  ^e  ProJet  concernant  la  décoration  picturale  de  l'église 
de  Huysse  (Flandre  orientale).  L'auteur,  M.  Coppejans,  a  été 
engagé  à  développer  l'Arbre  de  Jessé  sur  toute  la  surface  du 
pignon,  à  mieux  pondérer  la  frise  du  chœur  en  donnant 
plus  d'importance  aux  anges  et  en  réduisant  l'arc,  enfin, 
à  vérifier  si  l'enduit  sur  lequel  il  doit  peindre  est  suffisam- 
ment résistant  et  dans  un  état  de  siccité  tel  qu'il  n'y  ait  pas 
à  craindre  des  mécomptes  dans  l'avenir.  Il  devra  être  tenu 
scrupuleusement  compte  de  ces  recommandations; 
ÉgiiM  4°  Le  projet  relatif  au  placement  de  vitraux  dans  l'église 

viiraox.  <je  Montegnée  (Liège),  sous  réserve  de  prolonger  l'archi- 
tecture au-dessus  des  figures  inférieures  de  façon  à  former 
un  soubassement  aux  figures  de  la  rangée  supérieure,  afin 
d'éviter  le  damier  intermédiaire,  dont  l'effet  n'est  pas 
heureux  ; 
•Égiiw  50  Les  projets  relatifs  au  placement  de  vitraux  dans 

de  Iteuingbelst.  r      *  r 

vitraux,  l'église  de  Reninghelsl.  Au  cours  de  l'exécution,  il  y  aura 
lieu  de  donner  un  caractère  plus  architectural  aux  soubasse- 
ments, de  mieux  encadrer  les  sujets  et  de  revoir  les  nuages 
qui  manquent  de  style.  Il  importera  aussi  que  l'auteur, 
M.  Dobbelaere,  tienne  la  main  à  ce  que  la  coloration  ait  la 
même  vigueur  dans  l'ensemble  des  verrières; 

fiftae  de         6°  Le  dessin-spécimen  de  deux  vitraux  destinés  au  chœur 

Boiut-Bonlface, 

V!uw*     °*e  ^gh"se  de  Saint-Boniface,  à  Ixelles  (Brabant).  Cette 

étude  a  rencontré  l'assentiment  unanime  du  Collège.  Aussi, 

il  l'a  revêtue  de  son  approbation  sans  aucune  réserve;  auteur, 

M.  Ladon; 

Égiue  7*  Le  projet  d'un  vitrail  à  placer  dans  l'église  de  Saint- 

de  Saint-Nicolas,  _,..  *rv  ■        <r«i        i  •  i  i    v     »  i      i»       » 

*  vî£ïïdt"    Nicolas,  a  Dixmude  (Flandre  occidentale).  Lors  de  1  exécu- 
tion, l'auteur,  M.  Dobbelaere,  devra  s'attacher  à  masquer 


—  Vi- 
les tons  bruns  des  costumes,  le  brun  étant  incompatible 
avec  la  peinture  sur  verre  ;  par  sa  nature  même  elle  doit 
être  essentiellement  translucide; 
8°  Le  projet  élaboré  par  M.  Ladon  en  vue  du  placement      église 

r      *  r  de  Noire- Dame, 

d'une  verrière  dans  l'église  de  Notre-Dame,  à  Saint-Trond  àv!J!;kre.0,ld' 
(Limbourg).  Cette  étude  remarquable  a  rencontré  l'appro- 
bation unanime  et  sans  la  moindre  réserve  du  Collège. 

—  A  la  suite  du  rapport  du  18  décembre  1901 ,  de  nou-      ^liM 
veaux  échantillons  ont  été  présentés  en  vue  des  modifications   °<Ju  sTûoÔ, 

r  à  Bruxelles. 

proposées  à  l'entourage  des  stations  du  chemin  de  la  croix    dec£ £jjx. 
de  l'église  de  Notre-Dame  du  Sablon,  à  Bruxelles. 

Lors  de  l'inspection  du  ï*r  février  1902,  il  a  été  reconnu 
que  le  fond  d'or  diapré  pour  les  stations  devrait  être  lozangé 
plutôt  que  quadrillé;  l'effet  en  serait  plus  satisfaisant. 

Le  dernier  type  présenté  vers  le  côté  ouest  de  l'église  pour 
le  diaprage  des  arcatures  semble,  par  son  aspect  plus  tran- 
quille, devoir  obtenir  la  préférence;  il  convient  de  lui  donner 
la  tonalité  rouge  du  premier  compartiment  vers  le  tran- 
sept. 

Pour  la  délimitation  du  champ  d'or  des  stations,  le  Collège 
préfère  le  modèle  à  trois  petites  arcatures  rouges;  celles-ci 
seront  délimitées,  au-dessus,  par  un  filet  d'or  les  séparant 
du  diaprage.  Ces  arcatures  encadrent  bien  le  sujet  et  déli- 
mitent mieux  le  diaprage  qui  les  surmonte. 

Il  faut  éviter  de  dorer  les  chanfreins  longeant  les  arca- 
tures; les  chanfreins  doivent  être  traités  dans  le  ton  des 
colonnettes  ;  ils  se  rattachent  à  l'ossature  de  l'édifice,  par 
conséquent,  ils  ne  peuvent  se  confondre  avec  les  fonds. 

II  sera  utile  de  renforcer  un  peu  le  ton  des  anges  ;  ceux-ci 
doivent  davantage  se  détacher  des  fonds  diaprés. 


—  16  — 

église  —  Le  vitrail  dont  le  dessin  a  reçu  le  visa  le  16  mars  1899, 

de  Sainl-Roch,  *  ' 

*viÎÏÏl"     a  è[û  entièrement  placé  dans  l'église  de  Sainl-Roch,  à 
Deurne. 

Les  auteurs  se  sont  inspirés  des  recommandations  faites 
par  la  Commission  en  ce  sens  qu'ils  ont  remplacé  la  partie 
incolore  par  des  verres  de  couleur  translucide  dessinant 
une  bonne  architecture.  Quoique  le  soubassement,  sous  ce 
dernier  rapport,  laisse  à  désirer,  l'œuvre  artistique  est  con- 
venable et  mérite  le  subside  de  l'État. 
ékhm  déu«w-     —  Il  a  été  procédé,  le  30  décembre  1901,  à  l'examen  des 

Saint-Pierre. 

vu™*,     vitraux  placés  dans  le  chœur  de  l'église  de  Leeuw-Sainl- 
Pierre. 

Les  verrières  dont  il  s'agit  ayant  été  convenablement 
exécutées,  rien  ne  s'oppose  à  leur  approbation. 


CONSTRUCTIONS  CIVILES. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  : 
uftei  de  «aie  4°  Le  projet  présenté  par  l'administration  communale,  en 
vue  de  la  restauration  de  la  salle  des  Saquieaux  à  l'hôtel  de 
ville  de  Mons  (Hainaul).  L'attention  de  l'auteur  de  ce  projet, 
M.  l'architecte  Delacenserio,  a  été  appelée  sur  la  convenance 
de  s'assurer,  au  cours  de  l'exécution,  s'il  ne  serait  pas  pos- 
sible, au  point  de  vue  de  l'aspect  de  la  salle,  de  placer 
l'escalier  parallèlement  au  mur; 
HàteidoTiiie       2°  Le  décompte  final  des  travaux  de  restauration  effectués 

de  Bruges.  r 

au  vestibule  de  l'hôtel  de  ville  de  Bruges  (Flandre  occiden- 


tale), dont  le  montant  s'élève  à  fr.  42,607-36. 
poterne         —  Il  a  clé  procédé,  le  23  décembre  1901,  à  l'examen, 

de  Hnmelgliem.  .  . 

sur  place,  des  propositions  relatives  au  couronnement  de  la 


—  17  — 

façade  principale  et  de  la  tourelle  d'escalier  de  l'ancienne 
poterne  de  Humclghem  (Brabant). 

Étant  donnée  l'importance  du  chéneau  et  surtout  des  arca- 
tures  qui  le  supportent,  il  semble  qu'il  a  existé  autrefois  un 
parapet.  Il  y  a  donc  lieu  de  le  rétablir  mais  en  réduisant  sa 
hauteur  au  strict  nécessaire  pour  ne  pas  trop  changer  l'aspect 
de  l'édifice  qui  est  fort  intéressant,  même  dans  sa  situation 
actuelle. 

L'escalier  qui  dessert  non  seulement  les  combles  et  les 
échanguettes  mais  en  même  temps  l'étage  de  la  poterne  qui 
a  été  régulièrement  habité,  a  dû  nécessairement  être  couvert. 
Mais  le  voisinage  du  pignon  à  gradins  permet  de  supposer 
que  cette  couverture  était  peu  élancée  ;  il  est  même  probable 
qu'elle  se  composait  de  dalles  superposées  à  recouvrement 
dont  l'aspect  ne  jouait  guère  de  rôle  dans  la  vue  d'ensemble 
du  bâtiment.  L'architecte,  présent  à  l'inspection,  a  été 
engagé  à  étudier  un  projet  dans  ce  sens. 

Les  lucarnes  projetées  pour  éclairer  les  combles  sont 
inutiles;  il  suffit,  pour  assurer  cet  éclairage,  de  ménager  une 
petite  baie  rectangulaire  dans  le  sommet  du  pignon  qui  doit 
être  reconstruit. 

Les  observations  qui  précèdent  ayant  été  communiquées 
à  M.  Yan  Nooten,  cet  architecte  a  apporté  au  projet  les 
modifications  nécessaires.  Cette  élude  a  été  revêtue  du  visa. 

Les  travaux  de  restauration  déjà  effectués  à  l'édifice  sont 
bien  exécutés.  Seulement,  l'appareil  des  contreforts  nou- 
veaux est  trop  régulier;  on  fera  bien  de  le  rendre  un  peu 
plus  fruste  au  moyen  de  quelques  coups  de  ciseau.  Il  con- 
viendra aussi  de  remonter  le  gradin  inférieur  établi  pour 
neutraliser  la  poussée  de  la  voûte  sur  le  pignon  sud  ;  ce 


—  18  — 

gradin  devra  s'arrèler  à  proximité  du  gradin  supérieur  et  les 
deux  se  termineront  en  glacis. 

Le  rejointoyage  des  parements  devra  être  effectué  à  fleur 
des  maçonneries;  ii  n'empiétera  en  aucune  façon  sur  les 
pierres. 

Avant  l'acquisition  de  la  poterne  par  l'État,  le  propriétaire 
a  vendu  à  M.  Delacre,  pharmacien,  à  Bruxelles,  une  espèce 
de  crédence  qui  se  trouvait  encastrée  dans  le  mur  de  la  salle 
de  l'étage.  Ce  récipient  avait  un  écoulement  au  dehors  par 
un  petit  caniveau.  Il  serait  extrêmement  intéressant  de 
remettre  ce  récipient  à  la  place  qu'il  occupait.  Il  parait  que 
M.  Delacre  serait  disposé  à  le  revendre  à  l'État,  moyennant 
le  prix  qu'il  lui  a  coûté,  soit  125  francs. 

ÉDIFICES  RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

convtruciioM       Des  avis  favorables  ont  été  donnés  sur  les  projets  relatifs  : 

et  restauration 

de  pre«bytèrM.  i°  A  la  construction  d'un  presbytère  à  Àssebroucke 
(Flandre  occidentale) ;  architecte,  M.  Charels; 

2°  A  la  reconstruction  du  presbytère  du  Nukerke  (Flandre 
orientale),  à  la  condition  que  l'on  aura  égard  aux  observa- 
tions présentées  dans  le  rapport  de  M.  l'architecte  provincial, 
en  date  du  31  janvier  1902;  architecte,  M.  Vossaert; 

3°  A  la  construction  d'un  presbytère  à  Buysinghen  (Bra- 
bant)  ;  architecte,  M.  Toen  ; 

4°  À  la  construction  d'un  presbytère  à  Morhet  (Luxem- 
bourg); architecte,  M.  Cupper; 

5°  A  la  restauration  et  à  l'amélioration  du  presbytère  de 
Stabroeck  (Anvers);  architecte,  M.  Gife. 


—  49  — 

ÉGLISES.  -  CONSTRUCTIONS  NOUVELLES. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  les  projets 
relatifs  à  la  construction  d'églises  : 

1°  A  Koekelberg,  paroisse  de  Sainte-Anne  (Brabant),  de  Saf «;jfAoiie 
sous  les  réserves  suivantes  :  a)  La  parlie  de  l'édifice  exposée  à  K<*ke,b«r«- 
directement  sur  le  boulevard  Léopold  II  est  seule  construite 
en  pierre,  tandis  que  le  reste  du  monument,  également 
visible  du  boulevard,  est  en  brique.  Il  en  résultera  un  effet 
malheureux.  Il  importerait  que  tout  l'extérieur  fût  ou  en 
pierre  ou  en  brique.  Si  on  adoptait  la  brique,  il  faudrait 
faire  choix  de  matériaux  de  toute  première  qualité.  Si  on 
adoptait  la  pierre  on  pourrait  employer  à  cette  fin  celle  qui 
est  prévue  pour  les  parements  intérieurs  et  se  borner  à 
crépir  ceux-ci.  La  quantité  de  pierre  prévue  pour  l'intérieur 
suffirait  pour  construire  les  parements  extérieurs;  b)  le  faux 
triforium  doit  être  supprimé.  La  Commission  s'est  ralliée  à 
l'avis  de  M.  l'architecte  provincial  en  chef,  que  les  colonnes 
doivent  avoir  un  diamètre  plus  fort  si  on  les  exécute  en 
brique;  que  Ton  doit  prévoir  les  moyens  de  chauffage  et  de  - 
ventilation  du  temple  ;  que  des  citernes  doivent  être  con- 
struites pour  recueillir  les  eaux  pluviales  ;  que  la  surface  des 
sacristies  et  du  refuge  doit  être  augmentée;  architecte, 
M.  Ramaekers; 

2°  A  Wépion  (Namur);  architecte,  M.  Van  Gheluwe;  êçh* 

de  Wo  pion. 

3*  A  Lierre,  paroisse  de  la  Sainte-Famille  (Anvers);    É^.ieia 

r  Sainte-Famille, 

architecte,  M.  Careels.  *Lierre- 

Ont  aussi  été  visés  les  projets  relatifs  : 

1°  A  l'agrandissement  et  à  la  restauration  de  l'église  de      ^.e 
Passchendaele  (Flandre  occidentale).  A  la  demande  du 


—  30  — 

Collège,  l'auteur  a  apporté  au  projet  certaines  modifications, 
entre  autres  quelques-unes  de  celles  suggérées  par  M.  le  baron 
Belhune,  auxquelles  la  Commission  s'était  ralliée,  d'autres 
indiquées  lors  d'une  conférence  avec  l'auteur,  M.  Depauw. 
La  Commission  avait  engagé  l'architecte  à  examiner  si  la 
voûte  de  la  nef  centrale  est  suffisamment  contrebultée  et 
posé  la  question  de  savoir  s'il  ne  vaudrait  pas  mieux  y  établir 
un  plafond  en  bois.  M.  Depauw  a  répondu  que  ses  calculs 
établissent  qu'aucun  danger  n'est  à  craindre.  Au  point  de 
vue  de  la  construction  de  celle  voùle,  on  ne  peut  que  lui 
laisser  pleine  liberté,  tout  en  regrettant  cependant  qu'il 
n'adopte  pas  un  plafond  eu  bois,  à  l'exemple  de  ce  qui  s'est 
pratiqué  autrefois  dans  les  anciennes  églises  romanes  de 
notre  pays.  Le  transept  et  le  chœur  de  l'église  de  Passchcn- 
daele  peuvent  être  rangés  dans  la  3e  classe  des  monuments 
du  culte  ; 
ggite  2°  A  la  construction  d'une  chapelle  contre  l'entrée  sud 

e BeVwi nne.  *  de  l'église  de  Ciermont-sur-Berwinne  (Liège);  architecte, 
M.  Salée; 

Église  de  g«w      5"  A  la  construction  d'une  sacristie  à  l'église  de  Goé 

(Liège);  architecte,  M.  Jamar. 
objeu  mobilier.     Ainsi  que  les  dessins  d'objets  mobiliers  destinés  aux 

d'églises.         ,     ,.  , 

églises  de  : 

Montegnée  (Liège)  :  maitre-aulel  ; 

Saint-Germain,  à  Tirlemont  (Brabant)  :  autel  et  banc  de 
communion  ; 

Sainl-Servais,  à  Schaerbeek  (Brabant)  :  deux  autels 
latéraux  ; 

Neerpelt(Limbourg)  :  mailre-autel  et  banc  de  communion  ; 

Opilter  (Limbourg)  :  banc  de  communion  ; 


—  21  — 

Lommel  (Limbourg)  :  maitre-autel  ; 
Torgny  (Luxembourg)  :  bancs  ; 
Callenelle  (Hainaut)  :  buffet  d'orgues. 

—  II  a  été  procédé,  le  20  février  4902,  à  l'examen  du  É8me  de  !«<*«* 
maitre-autel  placé  dans  l'église  de  Nokere. 

H.  Van  Biesbroeck,  membre  du  Comité  des  correspon- 
dants de  la  Flandre  orientale,  assistait  à  cet  examen,  dont  il 
résulte  que  le  meuble  dont  il  s'agit  a  été  exécuté  dans  de 
bonnes  conditions.  En  conséquence,  rien  ne  s'oppose  à  la 
liquidation  du  subside  alloué  par  l'État  en  vue  de  sa  réali- 
sation. 

—  Les  deux  autels  latéraux  et  le  lambris  de  la  chapelle     Égiiuda 

Braine-le-Corate. 

de  la  Sainte-Vierge,  placés  récemment  dans  l'église  de 
Bratne-le-Gomte,  ont  fait  l'objet  d'un  examen,  le  19  décem- 
bre i 901,  de  concert  avec  MM.  Van  Bastelaer,  Devillers, 
Hubert  et  Soil,  membres  du  Comité  des  correspondants  du 
Hainaut. 

Il  a  été  constaté  que  les  œuvres  dont  il  s'agit  sont  exécu- 
tées d'une  façon  très  satisfaisante.  Il  y  a  lieu,  conséquem- 
ment,  de  liquider  le  subside  promis  sur  les  fonds  des  Beaux- 
Arts,  en  vue  de  celte  entreprise. 


TRAVAUX  DE  RESTAURATION. 


Le  Collège  a  visé  : 

1°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  d'Angreau  (Hai-      ê^ 
naut);  architecte,  M.  Dosveld; 

2°  Le  projet  concernant  la  restauration  de  l'église  d'Hyon  tsu*  d'Hyoo. 
(Hainaut);  architecte,  M.  Lenain  ; 


—  22  — 

&»«!  3°  Le  projet  de  divers  travaux  de  restauration  à  effectuer 

de  Tohogne.  *       • 

à  l'église  de  Tohogne  (Luxembourg);  architecte,  M.  Cupper  ; 
Église  de  FruiH»     4°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  réalise  de  Frasnes 

lez  Gostelies.  r      '  ° 

lez  Gosselies  (Hainaut);  architecte,  M.  Simon; 
Égiue  de  vuien-     5°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Villers-sur- 

sur-Somois. 

Semois  (Luxembourg)  ; 
ÉffUM  6°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  des  vitrages  des 

de  Saint-Loup,  *       *  ° 

àN.mnr.     fenêtres  de  l'église  de  Saint-Loup,  à  Namur; 
ÉgiUf  de  jeueffe.     7°  Le  projet  concernant  des  travaux  divers  de  réparation 
à  effectuer  à  l'église  de  Jeneffe  (Namur)  ; 
Égi.te  8°  Le  projet  de  restauration  de  redise  de  Wilskerke 

(Flandre  occidentale);  architecte,  M.  Pil; 
tifH£  f«  iwm.     9°  Le  projet  de  travaux  de  réparation  à  exécuter  à  l'église 
des  Haies,  à  Marcinelle  (Hainaut)  ; 
agit*  10°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  redise  de  Moors- 

dcMoorslede.  r      J  ° 

lede  (Flandre  occidentale)  ; 
itgiue  11°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Xhijçnesse 

de  Xlngnme.  r      J  DO 

(Liège);  architecte,  M.  Lohest; 
ÉgHse  de  saint,      12°  Le  projet  d'une  première  série  de  travaux  de  rcslau- 

Jean-Baptiite, 

i  wavre.     raiion  à  exécuter  à  l'église  de  Sainl-Jean-Baptiste,  à  Wavre 

(Brabant);  architecte,  M.  Langerock  ; 
compte.         13°  Les  comptes  des  travaux  de  restauration  effectués  aux 

de  travaux 
de  restauration,   églises  de  ". 

Saint-Martin,  à  Haï  (Brabant)  :  exercice  1900; 

Notre-Dame,  à  Anvers  :  premier  semestre  de  1901. 

tou*  —  La  délégation  qui  a  procédé,  le  20  janvier  1902,  à 

Brice-      l'inspection  de  l'église  de  Rhode-Sainl-Brice,  sous  Meysse 

(Brabant),  a  constaté  que  cet  édifice  mérite,  autant  par 

l'aspect  original  que  présente  la  succession  et  la  disposition 

des  toitures  de  chacune  de  ses  parties  que  par  l'époque 


—  23  — 

reculée  de  leur  construction,  d'être  compris  dans  la  3*  classe 
des  monuments.  Son  état  exigeant  des  travaux  de  restau- 
ration et  d'appropriation  assez  importants,  il  conviendra  de 
faire  effectuer  un  relevé  soigné  de  l'église  et  un  projet  com- 
plet de  restauration.  Il  sera  utile  aussi  que  l'architecte,  à  ce 
commis,  s'assure  si  la  charpente  et  la  voûte  sont  anciennes 
et  qu'il  fasse  procéder  à  la  mise  à  nu  d'une  partie  des  murs 
intérieurs,  cette  opération  devant  révéler  la  nature  des  maté* 
riaux  mis  en  œuvre. 

—  Pour  satisfaire  à  la  demande  du  conseil  de  fabrique,  H 
a  été  procédé,  le  10  février  1902,  à  l'inspection  de  l'église 
de  Werchter  (Brabant),  à  l'effet  d'apprécier  si  elle  peut 
être  rangée  au  nombre  des  édifices  monumentaux  du 
culte. 

Le  vaisseau  de  cette  église  remonte  tout  entier  à  la  der- 
nière période  ogivale,  mais  la  construction  du  chœur  parait 
avoir  précédé  quelque  peu  celle  du  reste  du  temple.  La  base 
de  la  tour  appartient  également  à  celte  période,  tandis  que 
sa  partie  supérieure  est  plus  récente;  elle  porte,  du  reste, 
la  date  de  1657.  Son  couronnement  bulbeux  ne  manque  pas 
d'une  certaine  élégance. 

Quelques  parties  de  ce  temple,  notamment  le  transept  et 
peut-être  aussi  le  haut  de  la  grande  nef,  ont  subi  des 
remaniements. 

Les  voûtes  en  maçonnerie  de  la  haute  nef  et  du  transept 
sont  d'une  époque  plus  récente  que  la  construction  ;  elles  ont 
probablement  été  substituées  à  des  voûtes  en  bardeaux  dont 
des  fragments  sont  encore  visibles  sous  les  combles  du  tran- 
sept sud. 

Le  chœur  est  recouvert  par  une  belle  voûte  ogivale 


Église 
de  Werchter. 


—  M  — 

remontant  à  l'époque  de  la  construction  de  cette  partie  de 
l'église. 

Tous  les  parements  extérieurs  de  l'édifice  sont  construits 
en  belles  pierres  ferrugineuse  et  grise. 

Les  fenêtres  de  la  haute  nef  et  celles  du  chœur  sont  ornées 
de  meneaux  d'un  beau  tracé  et  d'un  bon  profil. 

En  somme,  l'église  de  Werchter  offre  un  bel  ensemble, 
d'un  caractère  imposant  ;  son  mérite  artistique  et  archéolo- 
gique est  suffisant  pour  qu'il  y  ait  lieu  de  la  ranger  dans  la 
3e  classe  des  monuments  du  culte. 

L'église  de  Werchter  possède  une  cuve  baptismale  en 
marbre  blanc  très  curieuse.  A  cause  du  caractère  étrange 
de  ses  sculptures,  il  est  difficile  de  lui  assigner  une  date 
approximative;  en  tous  cas,  elle  remonte  à  une  époque  très 
reculée.  Le  couvercle  en  bronze,  d'une  forte  épaisseur, 
semble  appartenir  au  xvi*  siècle  ;  il  a  visiblement  été  confec- 
tionné pour  la  cuve  dont  il  suit  tous  les  mouvements  ;  la 
potence  en  fer  forgé  qui  le  fait  mouvoir  date  de  la  dernière 
période  ogivale  ;  elle  est  intéressante. 

L'église  possède  également  une  croix    triomphale  du 
xv*  siècle,  d'un  travail  soigné  et  délicat. 
Êgiuede        —  Il  a  été  procédé,  le  16  décembre  1901,  dans  l'église 

8aiBte-Wandra,  ** 

à  Mo»,  je  Sainte- Waudru,  à  Mons,  à  l'examen  du  programme 
d'ensemble  de  tous  les  ouvrages  qu'il  est  désirable  de  voir 
effectuer  à  l'intérieur  de  cette  ancienne  collégiale. 

MM.  Devillers,  Hubert  et  Van  Bastelaer,  membres  du 
Comité  des  correspondants  du  Hainaul,  assistaient  à  cet 
examen. 

Le  programme  tracé  par  le  conseil  de  fabrique,  d'accord 
avec  son  architecte,  M.   Mortier,  est  accompagné  d'un 


—  25  — 

mémoire  rédigé  par  M.  le  doyen  Lemaitre,  notamment  pour 
ce  qui  concerne  les  orgues  et  leur  emplacement. 

Après  un  examen  attentif  de  ces  documents  et  une  inspec- 
tion minutieuse  de  l'édifice,  la  délégation  s'est  trouvée 
d'accord  avec  M.  le  doyen  et  le  conseil  de  fabrique  pour 
admettre  l'établissement  d'un  petit  orgue  d'environ  quinze 
jeux  dans  la  première  travée  au  côté  nord  du  chœur. 

Il  y  a  eu  également  accord  unanime  pour  admettre  la 
proposition  de  M.  le  doyen,  de  dégager  immédiatement  la 
partie  inférieure  de  la  tour,  des  constructions  informes  qui  y 
ont  été  élevées  en  1817  pour  l'établissement  d'un  jubé.  La 
nécessité  de  ce  dégagement,  au  point  de  vue  de  l'aspect  du 
temple  et  des  convenances,  ne  peut  être  mise  en  doute. 

L'emplacement  du  grand  orgue  serait  réservé.  Il  pourrait 
cire  choisi  soit  sous  la  grande  verrière  de  la  tour,  soit  dans  le 
transept  nord.  Cette  dernière  disposition  permettrait  de 
réédifier  l'ancien  jubé  de  Jacques  Dubroeucq,  artiste  qui  a 
exécuté  pour  l'église  de  Sainte- Waudru  des  œuvres  remar- 
quables. Il  est  d'ailleurs  indispensable  que  les  bas-reliefs 
soient  placés  à  la  même  hauteur  et  dans  les  mêmes  condi- 
tions où  ils  l'étaient  autrefois  dans  le  jubé  démoli;  tout  leur 
effet  artistique  en  dépend. 

Avant  de  rien  décider  au  sujet  de  l'une  ou  de  l'autre  de 
ces  deux  solutions,  il  y  a  lieu  de  prier  M.  l'architecte  Mortier 
de  soumettre  une  esquisse  du  projet  de  rétablissement  du 
jubé  dans  le  sens  de  ce  qui  précède  et  une  esquisse  d'après 
ses  idées  personnelles,  c'est-à-dire  du  rétablissement  à 
l'entrée  près  de  la  tour.  Ces  esquisses  doivent  être  très  som- 
maires et  indiquer,  par  une  teinte,  ce  qui  existe  encore  de 
l'ancien  jubé. 


—  26  — 

La  délégation  partage  encore  ravis  de  M.  le  doyen  en  ce 
qui  concerne  les  nouvelles  stalles  du  chœur,  lesquelles 
doivent  être  conçues  en  style  gothique,  dans  le  goût  de 
celles  de  Saint-Pierre,  à  Louvain.  Les  stalles  actuelles, 
appropriation  peu  heureuse  des  stalles  chorales  de  l'ancienne 
église  de  Saint-Germain,  de  Mons,  seraient  déplacées,  divi- 
sées en  panneaux  et  reportées  dans  les  chapelles,  en  forme 
des  anciens  bancs  des  maîtres  de  confréries. 

Le  style  gothique  devra  aussi  être  adopté  pour  les  clôtures 
du  chœur  comme  pour  celles  des  chapelles  ;  le  type  de  ces 
dernières  clôtures  a  été  adopté  le  15  juin  1901. 

Le  conseil  de  fabrique  rappelle  l'urgence  de  restaurer  les 
toitures  et  les  voûtes  de  l'église.  Il  ajoute  qu'il  y  a  lieu  de 
restaurer  encore  les  bases  et  les  fûts  des  colonnes,  les 
larmiers  des  fenêtres  et  de  remplacer  par  la  pierre  bleue 
diverses  réfections  faites  au  ciment,  aux  colonnes  et  aux 
nervures,  entamées  pour  le  placement  de  l'ornementation 
en  style  renaissance,  aux  siècles  passés. 

Il  y  a  accord  parfait  avec  le  conseil  de  fabrique  sur  le 
point  qui  précède  :  il  faut  enlever  le  ciment  aux  colonnes  et 
aux  nervures.  Il  faut  aussi  remplacer  toute  pierre  endom- 
magée; mais  il  faut  écarter,  autant  que  possible,  le  ciment, 
même  pour  les  joints  trop  ouverts,  pour  la  réparation  des 
ébréchures  ou  écornures  des  pierres,  etc. 

Il  y  a  lieu  également  d'adopter  le  programme  concernant 
les  vitraux  :  ceux  de  la  haute  nef  et  du  transept  seront 
reconstitués  en  style  renaissance,  des  fragments  de  cette 
époque,  relrouvés  dans  les  combles,  élant  suffisants  pour 
rétablir  au  moins  dix  verrières.  Les  autres  baies  du  vaisseau 
principal  et  la  grande  fenêtre  du  portail  ouest  recevront  une 


—  27  — 

décoration  de  même  style  lorsque  les  ressources  le  permet- 
tront. Quant  aux  vitraux  des  basses-nefs  et  des  bas-côtés  du 
chœur,  ils  seront  en  style  ogival  approprié  au  caractère  de 
la  construction,  soit  dans  le  type  de  ceux  placés  récemment, 
lesquels  ont  obtenu  les  approbations  requises. 

Pour  le  mailre-aulel,  la  délégation  estime,  contrairement 
à  l'avis  du  conseil  de  fabrique,  qu'il  serait  opportun  d'adopter 
le  style  gothique  comme  pour  les  stalles  et  les  clôtures,  bien 
entendu  si  l'on  adopte  la  reconstitution  du  jubé  de 
Dubroeucq.  En  tous  cas,  cette  question,  comme  celle  du 
jubé,  doit  être  réservée  jusqu'après  la  réception  des  études 
réclamées  ci-dessus  à  l'architecte. 

C'est  à  l'unanimité  que  l'on  adopte  l'idée  d'exécuter  leê 
confessionnaux  en  style  gothique. 

Mais,  à  l'unanimité  aussi,  on  repousse  l'idée  d'établir  deux 
autels  nouveaux  dans  le  transept. 

Dans  les  murailles  de  plusieurs  chapelles,  le  décapage  de 
l'église  a  ouvert  des  baies  bordées  de  forts  moellons.  On 
adopte  la  proposition  de  les  fermer  par  des  portes  parche- 
minées comme  celles  qui  sont  placées  déjà  à  la  chapelle  de 
Notre-Dame  de  Tongres. 

On  adopte  également  l'idée  d'exécuter  en  marbre  la  statue 
du  Christ  au  tombeau  qui  manque  dans  la  petite  chapelle  en 
hors-d'œuvre  située  à  l'angle  formé  par  le  mur  extérieur  de 
la  nef  nord  et  celui  du  transept.  Les  deux  portes  d'entrée  de 
ladite  chapelle  peuvent  être  en  chêne  sculpté  avec  des  arma- 
tures en  fer  forgé. 

On  est  de  même  d'accord  pour  admettre  que  les  retables 
à  exécuter  pour  les  dix-sept  chapelles  qui  en  sont  dépour- 
vues, seront  traités  dans  le  style  de  l'église.  Mais  on  appelle 


—  28  — 

toute  l'altention  du  conseil  de  fabrique  sur  la  nécessité  de 
doler  la  collégiale  de  Sainle-Waudru  de  retables  dignes  de 
cet  admirable  monument  ;  qu'ils  soient,  dans  leur  variété,  à 
la  hauteur  de  ceux  existants  et  surtout  de  celui  de  la  chapelle 
de  Saint-Joseph.  Il  va  sans  dire  que  cette  assimilation  s'ap- 
plique aux  anciens  retables  et  nullement  à  celui  placé  récem- 
ment dans  une  chapelle  de  la  nef  sud,  lequel  laisse  beaucoup 
à  désirer  au  point  de  vue  de  la  conception  et  de  l'exécution. 

Il  parait  qu'il  existe  un  projet  ayant  pour  but  d'abaisser  le 
niveau  du  sanctuaire  de  Sainte- Waudru.  Ce  projet  devra,  le 
cas  échéant,  être  mûrement  examiné. 

Le  rapport  du  19  décembre  1896,  dressé  à  la  suite  de 
l'inspection  du  19  novembre  précédent,  signalait  la  nécessité 
de  déplacer  la  châsse  de  Sainle-Waudru  qui  occupe  l'arcade 
derrière  le  maitre-autel  et  empêche  la  vue  de  s'étendre  au 
fond  de  la  chapelle  absidale.  Il  importe  d'étudier  le  projet  de 
ce  déplacement. 

11  doit  être  formellement  entendu  qu'aucun  travail,  quel 
qu'il  soit,  ne  pourra  être  entamé  et  poursuivi  qu'après  que 
le  projet  en  aura  été  régulièrement  soumis  aux  Autorités 
compétentes  et  approuvé  par  elles. 

Les  avis  relatés  ci-dessus  ont  été  formulés  à  l'unanimité 
des  membres  de  la  Commission  royale. 
Eglise  —  Il  a  été  procédé,  le  16  janvier  1902,  à  l'inspection  de 

d'Haotrage. 

l'église  d'Haulrage,  à  laquelle  il  est  question  d'exécuter  des 
travaux  de  restauration  tant  intérieurs  qu'extérieurs. 

MM.  Hubert,  Devillers,  Soil  et  Sonneville,  membres  du 
Comité  des  correspondants  du  Hainaut,  assistaient  à  celte 
inspection. 

La    tour  de    l'église  d'Hautrage  semble  remonter  au 


—  29  — 

xvie  siècle,  et  le  vaisseau  date,  paraît- il,  de  1829.  C'est  un 
ensemble  de  constructions  n'ayant  aucune  valeur  artistique. 

L'entretien  de  cet  édifice  a  été  très  négligé. 

À  l'extérieur  de  l'édifice  il  n'y  a  pas  d'écoulement  d'eau 
au  pied  des  murailles,  celles-ci  se  détériorent,  pourrissent 
littéralement.  Les  toitures  sont  en  mauvais  état;  les  gout- 
tières et  les  tuyaux  de  descente  sont  dégradés,  insuffisants 
et  manquent  même  à  certains  endroits;  les  seuils  des  fenêtres 
du  vaisseau  et  la  retraite  de  l'étage  de  la  tour  n'ont  pas  de 
larmier,  de  sorte  que  les  eaux  coulent  sur  les  murs  et  s'y 
introduisent.  Des  travaux  de  rejointoyage  en  recherche 
s'imposent  à  toutes  les  maçonneries  et  surtout  aux  faces  sud 
et  ouest  de  ta  tour. 

L'intérieur  de  l'édifice  est  aussi  dans  un  état  précaire. 
Certaines  parties  des  plafonds  et  des  enduits  sont  tombées, 
d'autres,  crevassées,  menacent  ruine.  L'humidité  transperce 
les  murs  et  les  plafonds.  Les  soffites  qui  relient  les  colonnes 
s'affaissent.  Bref,  tout  l'édifice  réclame  une  restauration 
sérieuse  et  urgente;  on  devra  l'entamer  dans  le  plus  court 
délai  possible  en  commençant  par  l'extérieur.  Parmi  les 
mesures  les  plus  pressantes  il  convient  de  citer  celle  ayant 
trait  à  la  vérification  des  soffites  dont  l'état  de  situation  ne 
peut  être  déterminé  exactement  sans  procéder  à  l'enlèvement 
des  plâtrages  qui  les  recouvrent.  Le  soffite  du  jubé  a  subi 
un  mouvement  inquiétant;  on  fera  chose  prudente  en  l'étan- 
çonnant,  en  attendant  qu'il  soit  possible  d'en  entamer  la 
restauration.  Sa  situation  parait  assez  grave  pour  que  l'auto- 
rité locale  prenne  des  mesures  sérieuses  en  vue  de  mettre 
sa  responsabilité  à  couvert. 

Deux  devis  ont  été  dressés  par  M.  l'architecte  Sonneville, 


—  50  — 

l'un  au  montant  de  7,480  francs  pour  les  travaux  extérieurs, 
le  second  s'élevant  approximativement  à  7,835  francs  pour 
les  ouvrages  intérieurs. 

Estimant  que  ces  dépenses  sont  exagérées,  le  conseil  com- 
munal a  fait  dresser  un  devis  par  M.  l'architecte  Lhoest  dont 
le  total  s'élève  à  fr.  5,226-58;  il  comporte  la  restauration 
des  toitures  et  du  plafonnage. 

Étant  donné  l'état  de  situation  de  l'édifice,  le  travail  ainsi 
limité  par  le  conseil  communal  ne  constituerait  qu'un  pal- 
liatif. Il  importe  de  procéder  à  un  travail  sérieux  et,  à  celte  fin, 
il  est  à  prévoir  que  les  deux  devis  réunis  de  M.  Sonneville 
constitueront  une  estimation  qui  se  rapprochera  de  la  réalité. 

Les  travaux  devraient  èlre  exécutés  par  voie  d'adjudica- 
tion restreinte,  à  bordereau  de  prix,  entre  quelques  entre- 
preneurs connus. 

L'église  d'Hautrage  possède  une  œuvre  de  sculpture 
intéressante,  en  pierre  blanche,  qui  paraît  remonter  au 
xv*  siècle  ;  elle  représente  l'Ensevelissement  du  Christ. 

II  y  a  lieu  de  prendre  toutes  les  mesures  de  précaution 
nécessaires  pour  qu'elle  ne  subisse  aucune  détériorai  ion 
pendant  les  travaux  qui  s'exécuteront  à  l'intérieurde  l'édifice. 
On  devrait  même  profiter  de  ces  ouvrages  pour  lui  assigner 
un  emplacement  définitif  autre  que  celui  d'à  présent;  elle  est 
simplement  déposée  sur  le  pavement  de  la  chapelle  latérale 
sud.  On  pourrait  peut-être  l'installer  dans  une  niche  à 
creuser  dans  le  mur  séparant  le  chœur  de  ladite  chapelle  ou 
l'utiliser  comme  retable  d'autel. 
église  —  A  la  demande  du  conseil  de  fabrique,  il  a  été  procédé, 

de  Nieuport.  . 

le  3  février  1902,  à  l'inspection  des  travaux  de  restauration 
en  voie  d'exécution  à  l'église  de  Nieuport. 


—  31  — 

M.  le  baroo  Bethune,  membre  du  Comité  des  correspon- 
dants de  la  Flandre  occidentale,  assistait  à  la  visite. 

Il  résalle  de  cet  examen  que  les  travaux  dont  il  s'agit 
s'effectuent  dans  de  très  bonnes  conditions.  On  ne  peut  que 
louer  les  artistes  chargés  de  ce  travail,  leurs  collaborateurs 
et  les  autorités  civiles  et  ecclésiastiques  qui  les  inspirent  et 
les  appuient. 

Des  recherches  opérées  dans  la  façade  longitudinale  de  la 
chapelle  sud  bordant  le  chœur,  ont  permis  de  constater  que 
des  fenêtres  géminées  primitives,  semblables  à  celles  récem- 
ment restaurées  de  la  chapelle  nord,  ont  existé;  elles  ont  été 
remplacées  postérieurement  par  des  fenêtres  simples.  Il  y 
aura  lieu  de  rétablir  la  situation  primitive  infiniment  plus 
intéressante  que  celle  qui  lui  a  été  substituée. 

Au  côté  nord,  contre  le  chœur,  il  existe  une  ancienne 
tribune  ou  oratoire  d'une  architecture  très  intéressante  et 
d'une  grande  légèreté  de  construction.  Il  importe  que  cette 
annexe  soit  débarrassée  des  objets  de  toute  espèce  qui 
l'encombrent  et  qu'on  procède  à  sa  restauration  complète 

Le  projet  de  restauration  de  l'édifice,  adopté  par  les 
Autorités  compétentes,  prévoit  une  voûte  en  bardeaux  pour 
la  croisée  du  transept.  Des  culs-de-lampe  en  maçonnerie 
semblent  démontrer  qu'il  a  existé  à  cet  endroit  ou  que  l'on  a 
eu  l'intention  de  construire  une  voûte  en  maçonnerie.  Celte 
partie  du  projet  devra  être  revue  et  étudiée  avec  grand  soin 
avant  de  passer  à  l'exéculion  du  travail. 

On  a  soulevé  la  question  d'abaisser  le  seuil  de  la  grande 
fenêtre  du  transept  sud  au  niveau  de  celui  des  autres  baies 
de  l'édifice  en  vue  d'obtenir  plus  d'unité.  Ce  parti  est  à 
conseiller,  car  rien  ne  fait  prévoir,  dans  l'avenir,  le  rétablis- 


—  52  — 

sèment  des  chapelles  érigées  autrefois  par  des  corporations 
et  qui  ont  été  démolies  vers  1835. 

Il  n'y  a  pas  lieu  de  compléter  les  contreforts  du  chœur 
par  des  pinacles,  les  dispositions  archi tectoniques  de  l'édifice 
ne  demandent  pas  cet  amortissement. 

Aux  angles  du  chœur,  il  a  existé  des  tourelles;  leurs 
points  d'appui  sont  encore  en  place.  Il  y  a  lieu  de  les  réta- 
blir en  s'inspirant,  pour  leurs  proportions,  de  celles  qui 
cantonnent  le  porche  d'entrée. 

L'ancienne  sacristie  offre  un  type  de  construction  très 
curieux  ;  il  faudra  étudier  avec  le  soin  le  plus  scrupuleux  le 
projet  de  sa  restauration.  Il  semble  que  cette  annexe  était 
couronnée  par  un  chéneau  à  bahut  avec  plate-forme.  En 
tous  cas,  il  faudra  conserver  le  plus  possible  les  anciens 
fragments  de  sa  corniche  d'un  caractère  aussi  original  que 
distingué. 

Parmi  les  travaux  à  effectuer  en  premier  lieu,  il  faut 
noter  ceux  ayant  pour  but  d'éloigner  de  l'église  les  eaux 
pluviales  et  celles  provenant  des  habitations  voisines, 
lesquelles  séjournent  contre  les  murailles  du  temple.  On 
devra  profiler  de  ce  travail  pour  rétablir  à  son  ancien  niveau 
le  §oI  formant  le  pourtour  de  l'édifice;  du  côté  de  la  place, 
l'abaissement  devrait  être  opéré  à  partir  de  la  dernière 
rangée  d'arbres. 

Il  est  désirable  aussi  de  voir  dégager  la  vue  des  deux 
principaux  édifices  de  Nieuporl,  son  église  majestueuse  et 
sa  halle  qui  témoigne  et  rappelle  une  prospérité  florissante; 
il  suffirait  de  démolir  quelques  maisons  de  peu  de  valeur 
pour  obtenir  un  résultat  remarquable  au  point  de  vue  de 
l'embellissement  de  la  ville. 


—  33  — 
—  La  délégation  du  Collège  qui  s'est  rendue.. si.  Saint-      un* 

n  °        '  do  Sainl-Hobert. 

Hubert,  le  20  janvier  1902,  en  vue  de  résoudre  définitive- 
ment la  question  relative  à  la  restauration  intérieure  de 
régi i se  de  celte  localité,  a  été,  comme  les  délégations  anté- 
rieures, unanime  pour  réclamer  l'enlèvement  des  crépis 
teintés  appliqués  sur  les  murs  et  les  voûtes  du  côté  nord, 
opération  très  peu  artistique  déjà  critiquée  lors  des  précé- 
dentes visites. 

Après  une  longue  étude  de  cette  affaire  importante,  la 
majorité  du  Collège  (7  voix  contre  4)  est  d'avis  que  le  déro- 
ebage  ne  doit  pas  se  faire  sur  toute  l'étendue  des  parois  de 
l'église  ;  il  peut  être  continué  sur  toutes  les  surfaces  de  pare- 
ments en  pierre  taillée.  Ces  parties  peuvent  être  rejointoyées; 
plus  tard,  si  on  peint  l'édifice,  on  peindra  sur  la  pierre 
même. 

Le  dérochage  peut,  de  même,  être  poursuivi  sur  les  murs 
soit  en  moellons,  soit  en  briques,  dans  tous  les  endroits  où 
l'adhérence  et  la  solidité  du  crépi  seraient  compromises, 
mais  on  doit  s'abstenir  de  faire  cette  opération  à  ceux  des 
crépis  des  voûtes  qui  seraient  solides  et  bien  secs.  Les  parties 
des  voûtes  où  le  décrépissage  devra  avoir  lieu  seront  récré- 
pies au  fur  et  à  mesure  de  l'enlèvement  de  l'enduit  en 
mauvais  état. 

Il  y  a  lieu  de  conserver  telles  qu'elles  sont  actuellement 
les  parties  de  murs  et  de  voûtes  déjà  dérochées.  On  conser- 
vera aussi  aux  parements  en  briques,  aux  deux  côtés  de 
l'entrée  de  l'édifice,  le  crépi  qui  y  a  été  appliqué  dans  le  ton 
général  dominant  de  la  pierre. 

La  proposition  du  conseil  de  fabrique  de  donner  aux 
voûtes  en  briques  une  teinte  uniforme  pour  les  harmoniser 


—  34  — 

n'est  pas  admissible.  On  ne  peut  davantage  admettre  le 
ciment  teinté  pour  donner  aux  nervures  en  briques  résultant 
de  la  restauration  de  l'église,  après  l'incendie  de  1568, 
l'apparence  de  nervures  en  pierre.  II  est  préférable  d'enlever 
les  nervures  en  briques,  si  ce  travail  est  praticable,  et  d'y 
Substituer  la  pierre  en  suivant  le  profil  des  parties  primitives 
de  ces  nervures  restées  intactes  à  leur  point  d'appui. 

fitant  donné  que  le  soubassement  des  murailles  du  côté 
nord  de  la  nef  est  approprié,  il  n'y  a  pas  lieu  d'insister  pour 
qu'on  y  apporte  des  changements  en  vue  de  le  mettre  en 
rapport  avec  celui  du  côté  sud. 

Lors  de  la  restauration  des  bases  des  colonnes  des  nefs 
extrêmes,  on  devra  conserver  le  moellonnage  tel  qu'il  est 
aux  parties  où  lesdites  bases  étaient  masquées  par  les  mar- 
ches donnant  accès  à  ces  nefs,  afin  que  l'on  puisse  recon- 
naître, plus  tard,  quel  était  leur  niveau  primitif. 

Le  Secrétaire, 
A.  Massaux. 

Vu  en  conformité  de  l'art.  25  du  règlement. 

Le  Président, 
Ch.  Lagasse-de  Locht. 


.  / 


MARQUES  &  MONOGRAMMES 

de  \y 

FAÏENCIERS  ANDENNAIS 


PRÉCÉDÉS  DU 


TABLEAU  CHRONOLOGIQUE 


DE8 


FABRIQUES  DE  FAÏENCE  D'ANDENNE 

d'après  des   documents  authentiques   Inédits 

8UIV1B  D'UHE 

NOTICE  SUR  JACQUES  RICHARDOT 

8CULPTEUR-FAiËNCIER 
PAR 

E.-J.     DAItDENNE 

Membre  correspondant  de  la  Commission  royale  des  monuments,  à  Andenne 


FAÏENCES  D'ANDENNE 


Le  Comité  du  Bulletin  des  Commissions  royales  (Tari  et  d'archéologie 
avait  encouragé  M.  Dardenne,  auteur  d'un  très  intéressant  travail 
•sur  les  •  Faïences  d'Andenne  »,  à  des  recherches  complémentaires 
dans  les  anciens  actes  de  notaires,  des  paroisses  et  de  l'état  civil  ;  il 
est  résulté  de  là  un  afflux  considérable  de  renseignements  précieux, 
et  la  nécessité  de  remettre  le  travail  entier  sur  le  métier,  pour  le 
transformer  en  monographie  spéciale,  du  genre  de  celles  que  M.  Soil 
•a  consacrées  aux  porcelaines  et  aux  faïences  de  Tournai. 

Mais  pour  ne  pas  priver  le  public  de  la  communication  de  détails 
dès  à  présent  parachevés,  le  Comité  les  distrait  de  l'œuvre»  avec 
l'assentiment  de  l'auteur  et  les  communique  aux  lecteurs  du  Bulletin. 

(Note  de  la  rédaction.) 


—  37  - 


Tableau  chronologique  des  fabriques  de  faïence  d'Andenne 


I.  Première    fabrique    fondée    par    Joseph    Woulers. 
(Société  anonyme  des  Terres  plastiques  et  Produits 
réfraclaires  d'Andenne,  actuellement.) 
Joseph  Wouters. 

J.  Woulers,  G.  Shoan  et  J.-C.  Hennich,  30  avril  1783. 
J.  Woulers,  J.-J.-E.  baron  Van  de  Wardt-d'Onsel  et 

L.-J.-W.  de  Kessel,  21  décembre  1784. 
Van  de  Wardt  et  de  Kessel  (Harell,  chef  de  fabrication 

et  séquestre),  10  juillet  1786. 
Van  de  Wardt,  de  Kessel,  d'Hondt  et  Boucquéau, 

31  août  1786. 
Van  de  Wardt,  de  Kessel,  Hennisch  et  Boucquéau, 

23  janvier  1787. 
Directeurs  :  Hennisch  ; 

Van  de  Wardt  et  de  Kessel,  13  avril  1787  ; 
de  Kessel  ; 

Harell,  30  août  1791; 
Hennisch  ; 

Van  de  Wardt,  30  juin  1795; 
Boucquéau. 
Partage  de  la  fabrique  entre  Van  de  Wardt  et  Bouc- 
quéau, 14  février  1804. 


—  38  — 

a)  Boucquéau. 

Jacques  Fourmy,  1813. 
En  faillite,  21  mai  1818. 

b)  VandeWardt. 

Mathieu  Servais,  30  octobre  181  S. 
Leroy. 
Les  deux  parties  sont  réunies  par  la  Société  Pastor- 
Michiels  et  Clc,  devenue  en  1836  Société  anonyme 
Pastor-Bertrand  et  G1*,  fabricants  de  produits  réfrac- 
taires. 
H.  Seconde  fabrique  fondée  par  J.  Woulers  (usine  E.  et 
L.  Godin  et  C). 
Joseph  Woulcrs,  1794. 
J.    Wouters,    J.-P.    Verdussem    et    B.    Lammens, 

21  mars  1805. 
J.-P.  Verdussem  et  B.  Lammens,  12  décembre  1806. 

(B.  Lammens  et  C1*.) 
Gockerill,  papeterie  et  impression  de  coton. 

III.  Jean-François  Kreymans,  1804.  Place  du  Chapitre. 

Concordat,  17  mai  1806.  Emmanuel  Malevé,  cura- 
teur. 

Jean-Philippe  Becquevort,  28  février  1806. 

Aimé-Victor  Bécherel,  4  juillet  1829. 

Bâtiments  vendus  à  la  ville  d'Andennc,  1837. 

(École  moyenne  et  école  primaire  de  garçons.) 

IV.  Rue  des  Polonais. 
Lambert  Crefcœur,  fabricant. 

Michel  Fonder,  31  juillet  1816,  propriétaire. 
Emmanuel-Fuigcnce  Richard,  13  octobre  1817,  pro- 
priétaire. 


—  39  — 

Àmand-Joseph  Pire,  fabricant,  16  juillet  1816. 
Rose  Bonhi vers  el  C",  4831. 
Antoine-Fossion  et  Joseph  Rouleau,  1822. 
Arnold  Bon  hivers. 
Emmanuel  Deville,  9  mai  1832. 
Marcellin  Deville. 

Vendue  à  divers  propriétaires  et  démolie. 
V.  Charles  Smet,  rue  des  Passettes,  rue  Neuve  actuelle. 
Smet  et  Joseph  Nihoul,  20  juin  1833. 
Joseph  Nihoul. 
Edouard  La  pierre,  1848. 
Camille  Renard,  fabrique  de  porcelaine. 
Jules  Dothée,  fabrique  de  porcelaine. 
Démolie. 
VI.  Famille  Richard  au  Stappe,  1812-1862. 

Démolie.  M"M  Ramelot,  propriétaires. 
VII.  Henneau,  rue  d'Hornilles. 
Lerov. 

Ferdinand  Boulanger. 
Tiburce  Courtoy. 

Transformée  en  maisons  ouvrières. 
VIII.  Joseph  Lapierre,  rue  des  Chats. 

Joseph  Lapierre,  place  du  Chapitre;  finit  vers  1844. 
Transformée  en  habitations. 
IX.  Mentions  isolées. 

Charles  Nihoul,  époux  Charlotte  Polel,  (814. 
Louis  Winand,  Grand'Rue,  1817. 
Transformée  en  fabrique  de  porcelaine,  actuellement 
en  démolition. 


—  40  — 


n 


Marques  et  monogrammes  des  faïences  d'Andenne 


Nous  passerons  en  revue  les  marques  et  monogrammes 
de  faïences  d'Ancienne  que  nous  avons  relevés  ;  ils  nous 
paraissent  incontestables.  C'est  à  dessein  que  nous  avons 
négligé  quelques  monogrammes  de  pièces  que  nous  nous 
croyons  autorisé  à  attribuer  à  Andennc,  soit  parce  qu'ils  ne 
nous  semblent  pas  revêtir  un  caractère  suffisant  d'authenti- 
cité, soit  parce  qu'ils  sont  appliqués  sur  des  pièces  de  qualité 
inférieure,  ne  méritant  à  aucun  titre  de  figurer  dans  une 
collection  quelque  peu  sérieuse. 

1.  Wouters,  Àndenne,  en  bleu,  au  pinceau.  (Pi.  V,  n°  1.) 

Plat  à  marly  blanc;  diamètre  extérieur  :  0ra265;  diamètre 
du  bassin,  0mi85. 

Le  fond  est  décoré  d'un  paysage  en  camaïeu  exécuté  à  la 
main.  Le  premier  plan  est  très  accentué,  le  second  est  en 
lointain  et  le  ciel  vaporeux  est  légèrement  nuage. 

Pour  sujet,  un  château  à  donjon  carré,  campé  sur  un 
rocher;  au  pied,  un  chemin  à  profondes  ornières,  bordé  de 
broussailles,  d'où  s'élance  un  arbre  assez  élevé,  d'une  belle 
silhouette  et  très  bien  détaillé.  Une  large  rivière  semble 
couler  derrière  le  château;  elle  sépare  les  deux  plans, 
rejetant  perspectivement  le  second  à  une  assez  grande 
distance;  dans  ce  second  plan,  on  aperçoit  un  vaste  château 


—  41  — 

avec  escalier  extérieur,  pont,  tourelles,  etc.  On  le  voit,  nous 
sommes  loin  du  réalisme  ;  c'est  une  composition  assez  com- 
pliquée, arrangée  de  toutes  pièces.  Tenant  compte  de  la 
difficulté  inhérente  à  la  décoration  céramique,  où  les  couleurs 
et  les  teintes  ne  prennent  leur  valeur  réelle  qu'après  la 
cuisson,  cette  pièce  témoigne  d'une  grande  habileté,  d'une 
main  sure  et  délicate.  Bref,  c'est  un  très  beau  spécimen 
d'une  exécution  irréprochable,  avec  cette  particularité  que 
le  marly,  assez  large  pourtant,  ne  porte  aucun  ornement. 

2.  Même  marque,  mais  interposée,  c'est-à-dire  Àndenne, 
Wouters,  imprimée  en  creux  dans  la  pâle,  sous  le  vernis. 
(PI.  V.  n*  2.) 

Assiette  au  marly  festonné,  0m225  de  diamètre;  c'est  un 
modèle  lourd,  peu  gracieux,  à  cause  de  la  forme  concave 
trop  accentuée  du  marly.  Le  modèle  est  une  imitation  mal- 
habile de  celui  de  Luxembourg;  les  festons  manquent  d'élé- 
gance et  de  souplesse  dans  la  courbe,  de  modelé  dans  la 
forme.  Cette  pièce  est  d'une  pâte  commune;  le  vernis  en  est 
jaunâtre,  épais;  le  décor  en  est  original,  curieux  par  sa 
naïveté,  manquant  absolument  de  beauté. 

3.  J.  Wouters,  à  Andenne,  marque  en  creux  sous 
vernis  (i).  (PI.  V,  n*  3.) 

Beurrière  ou  compotier  ovale,  adhérant  à  son  plateau, 
0-22  x  (riôS.  Récipient  0*15  x  0m10.  Hauteur  On,16o. 

Le  couvercle  est  surmonté,  en  guise  de  bouton,  d'une 
vache  couchée,  que  nous  supposons  avoir  été  modelée  par 
J.  Richardot   Celte  superbe  pièce,  au  vernis  quelque  peu 


(i)  Feu  Renard- Soubre,  de  Liège,  attribuait  cette  marque  à  Van  de 
Waaidt.  Rien  ne  nous  parait  justifier  cette  manière  de  voir. 


—  44  — 

Huilier  décoré  en  bleu  par  de  simples  filets  accentuant  les 
contours.  Le  plateau  est  de  forme  losangée  presque  régu- 
lière, mesurant  0*17  de  longueur  sur  0°H)9  de  largeur.  Le 
bord  est  formé  d'une  côte  arrondie,  s'épanouissant  à  ses 
extrémités  en  deux  ou  trois  feuilles  de  laurier  qui,  par  leur 
rencontre  deux  à  deux  affrontées,  accusent  les  quatre  angles 
du  losange.  Les  logeltes  destinées  à  recevoir  les  carafes  sont 
de  forme  cylindrique  ;  les  parois  en  sont  formées  de  rubans 
plats  entrelacés,  donnant  huit  festons  pour  le  pourtour  ;  elles 
mesurent  0n07  de  hauteur  et  0m08  de  diamètre. 

Modèle  simple,  élégant,  de  belle  exécution. 

7.  Bernard  Lammens  et  C",  en  creux,  sous  vernis. 
(PI.  V,  n«  7.) 

Plat  au  marly  ajouré;  diamètre  intérieur  0*265  ;  diamètre 
supérieur  du  bassin,  0*18;  hauteur,  0m027. 

Sous  le  monogramme  une  étoile  au  tampon,  en  creux, 
sous  vernis  ;  les  deux  marques  furent  appliquées  séparément, 
car  leur  position  relative  n'est  pas  fixe  sur  les  deux  pièces 
que  nous  avons  sous  les  yeux.  Sur  une  assiette  décorée  de 
festons  bleus,  notre  sigle  est  accompagné  du  n°  13,  toujours 
en  creux,  simple  marque  ou  numéro  de  série,  sans  aucun 
doute. 

Le  profil  de  notre  plat  est  très  élégant;  il  est  peu  profond 
et  le  marly  s'étale  presque  horizontalement.  Le  fond  du 
bassin  est  orné  d'une  sorte  de  guillochis  formé  de  rayons  et 
de  cercles  concentriques  de  plus  en  plus  rapprochés  vers  le 
centre.  La  partie  extérieure  du  marly,  imitant  assez  bien  les 
brindilles  d'osier  tressées  des  vanniers,  est  enlacée  dans  un 
ruban  bleu  en  spirale,  coloré  en  bleu  foncé.  Entre  le  marly 
et  le  bassin  court  une  mince  corde  en  bleu  clair.  Le  marly 


—  48  — 

offre  autant  de  jours  que  de  pleins,  les  uns  et  les  autres 
déterminés  par  le  prolongement  des  rayons  du  guillochis 
central.  Ce  plat  portait  une  corbeille  à  fruits  ajourée,  de 
forme  sphérique  surbaissée,  d'un  travail  analogue,  mais  plus 
léger  et  plus  délicat  que  celui  du  marly,  véritable  moulage 
de  vannerie,  qui  figura  à  la  vente  de  feu  Eug.  Lapierrc, 
d'Ancienne. 

8.  Bernard  Lammens  et  G",  en  creux,  sous  vernis. 
(PI.  V,  n*  8.) 

Cette  marque  se  trouve  sur  deux  pièces  décorées  à  la 
molette. 

a)  Pot  à  lait,  hauteur,  0"I0;  grand  diamètre,  (^OSS, 
exécuté  en  pâte  gris-cendré,  avec  incrustations  de  pâle 
blanche.  Vers  le  bas,  formant  en  quelque  sorte  le  pied,  se 
voit  un  rang  de  perles  enserré  entre  deux  très  minces  filets 
noirs  au  pinceau.  Plus  haut,  immédiatement  au-dessus  du 
grand  diamètre,  c'est  une  frise,  blanche  aussi,  formée  de 
trois  rangs  de  petites  rosettes  très  serrées,  bordée  de  deux 
rangs  de  petites  perles  ou  grènetis  et  aussi  cernée  de  deux 
lignes  ou  filets  noirs  au  pinceau  (i). 

b)  Encrier  en  pâte  brun  clair,  —  brun  Campana,  —  avec 
incrustations  noires.  Il  est  de  forme  cylindrique,  mesurant 
0œt65  de  diamètre  et  0n055  de  hauteur.  En  somme,  c'est 
an  simple  plateau  au  bord  relevé  verticalement,  portant  à 


(t)  Le  même  pot  à  lait,  identique  de  forme,  de  dimensions  et  de  décor, 
—  sauf  la  couleur,  —  fut  aussi  fabriqué  en  pâte  rouge  vermillon  très  fine, 
polie,  sans  vernis. 

Cette  dernière  pièce  nous  permet  de  fixer  l'origine  aniennaise  d'un 
sucrier  de  forme  ovoïde,  avec  couvercle  surmonté  d'un  bouton  et  de  même 
exécution.  Hauteur  0"11;  diamètre  supérieur  de  la  coupe,  0m076;  il  est 
aussi  molette  de  grènetis  et  de  frises  à  rosettes. 


—  48  — 

est  plus  étalée,  moins  barde  et  plus  large  que  celle  du 
service  (i). 

40.  Bernard  Lammens  et  C,#.  Cachet  ovale,  en  creux 
sous  vernis,  OTO^l  surOra018.  (PI.  V,  n°  10.) 

L'étoile  marquant  le  point  initial  de  l'inscription  en 
exergue,  se  trouve  placée  en  bas;  contrairement  à  la  marque 
précédente,  la  lecture  se  fait  de  bas  en  haut  et  de  gauche  à 
droite.  Remarquons  que  la  firme  sociale,  inscrite  dans  le 
champ  du  cachet,  est  seulement  notée  en  initiales. 

Cette  marque  est  appliquée  sur  des  assiettes  et  sur  des 
plats  à  festons  bleus  au  pinceau,  pièces  de  beau  modèle, 
d'excellente  fabrication  au  vernis  blanc  et  pur. 

Nous  l'avons  aussi  rencontrée  sur  le  plateau  ovale  d'une 
corbeille  à  fruits  au  bord  ajouré,  forme  bateau,  sorte  d'imi- 
tation de  vannerie,  décorée  en  bleu.  Elle  est  enfin  appliquée 
sur  un  sucrier  ou  petit  fruitier,  ovale,  avec  couvercle, 
adhérent  à  son  plateau,  accompagné  d'une  délicieuse  petite 
louche  en  passoire,  décoré  en  bleu,  genre  feston,  comme 
les  assiettes  et  les  plats  renseignés  plus  haut. 

II.  Bernard  Lammens.  (PI.  V,  n°  II.) 

Assiette  au  marly  festonné,  décoré  de  quatre  bouquets  en 
bleu,  au  pinceau.  Dans  le  fond  s'étale  un  autre  bouquet 
assorti  de  lignes,  de  dimensions  plus  grandes  et  de  compo- 
sition plus  compliquée. 


(i)  11  est  intéressant  de  rapprocher  et  de  comparer,  sous  le  rapport  du 
décor  imprimé  en  noir,  les  spécimens  d'Andenne  et  ceux  de  Creil  :  les 
premiers  sont  de  beaucoup  supérieurs  aux  seconds  comme  vigueur  de  ton, 
élégance  et  correction  de  dessin,  intérêt  des  sujets  choisis;  faisons  aussi 
cette  observation  que  le  marly,  lourd,  compact,  quelque  peu  empâté  à 
Andenne,  est  plus  léger,  plus  élégant  à  Creil,  mais  parfois  étrange,  même 
naïf,  dans  sa  simplicité  de  composition. 


—  49  — 

Le  modèle  est  élégant,  le  vernis  blanc  pur,  gras  et  bril- 
lant; bref,  c'est  une  pièce  de  très  belle  exécution,  offrant 
une  grande  analogie  avec  des  pièces  de  même  forme  portant 
la  marque  de  Tournai. 

Diamètre,  0-235;  hauteur,  0mO25. 

12.  Bernard  Lammens,  marque  en  creux,  sous  vernis. 
(PI.  V,  n- 12.) 

Cette  marque  se  trouve  sur  deux  pièces  : 

4#  Une  magnifique  corbeille  ovale  ajourée,  genre  van- 
nerie, avec  son  plateau  à  marly  également  ajouré;  décor 
bleu  clair.  Les  anses  de  la  corbeille  sont  formées  par  de 
gentils  nœuds  de  rubans. 

2°  Cache-pot  de  forme  cylindrique,  arrondi  vers  le  bas, 
avec  petite  moulure  formant  pied,  et  une  moulure  peu 
saillante  cerclant  le  bord  supérieur.  Deux  anses  accolées  à 
la  paroi,  genre  rocaille,  à  saillie  légère,  complètent  la 
décoration  modelée. 

Faïence  blanche,  légèrement  jaunâtre,  vernis  brillant. 
Pour  décor,  des  festons  bleus  (huit  pour  le  contour  entier), 
tombant  du  cercle  supérieur,  où  ils  sont  reliés  deux  à  deux 
par  des  nœuds;  une  chute  coupe  l'angle  vers  le  dessous. 
Chaque  festou  porte  en  son  milieu,  au  bas  de  sa  courbe,  une 
assez  grande  fleurette  ;  la  guirlande  est  formée  d'une  simple 
ligne  agrémentée  de  brindilles  latérales  s'altongeant  à  mesure 
qu'elles  se  rapprochent  des  fleurettes.  En  somme,  rien  que  des 
lignes,  rien  qui  ressemble  à  quelque  imitation  de  feuil- 
lage. 

12biV  Un  autre  cache-pot  de  même  genre  et  de  même 
décor,  bien  que  d'un  profil  légèrement  modifié,  moins 
heureux  que  le  premier,  porte  les  deux  lettres  BL,  impri- 


—  50  — 

mées  sur  la  paroi  latérale  intérieure  du  pied  ;  de  plus,  une 
lettre  est  tracée  au  pinceau,  en  bleu,  sur  le  fond. 
Nous  retrouvons  le  même  décor  sur  deux  autres  pièces  : 

a)  Un  bol  à  deux  anses,  de  forme  hémisphérique  avec 
pied  mouluré;  l'ensemble  est  d'un  profil  élégant  et  la  pièce 
d'une  belle  fabrication. 

Hauteur,  0*097;  diamètre  de  la  coupe,  0*14;  diamètre, 
les  anses  comprises,  0m21. 

b)  Un  encrier  de  bureau,  de  forme  cylindrique,  légère- 
ment évasé  vers  le  bord  supérieur,  avec  godet  au  centre, 
genre  du  n°  8. 

Hauteur,  0m06;  diamètre  inférieur,  (Vil;  diamètre 
supérieur,  Oml48. 

43.  Bernard  Lammens,  en  bleu,  au  pinceau.  (PI.  V,  n°  1 3  ) 

Assiette  à  dessert  :  diamètre,  0m22;  hauteur,  0m097. 

Le  bord  du  marly  est  découpé  en  festons  circulaires, 
alternativement  larges  et  étroits;  trois  bouquets  alternant 
avec  trois  brindilles  décorent  le  marly.  Celle  décoration, 
tout  au  moins  inspirée  par  celle  du  n°  (1 ,  est  toutefois  d'une 
exécution  plus  artistique. 

Dans  le  fond  du  bassin  s'étale  un  écusson  avec  casque 
fermé  en  cimier  et  lambrequins  ;  l'écu  est  tiercé  en  bande, 
de  gauche  à  droite  ;  cette  bande  est  en  pointillé,  donc  de 
sable,  en  termes  héraldiques,  relevée  de  trois  pièces  au  con- 
tour très  indécis,  presque  trois  taches  sur  le  caractère 
desquelles  il  serait  difficile  de  se  prononcer.  Elles  éveillent 
en  nous,  sans  trop  savoir  pourquoi,  l'image  de  la  bande  aux 
trois  coquilles  des  Beau fort-Spon tin.  Le  champ  de  l'écu  est 
hachuré  verticalement,  donc  de  gueules  ;  dans  le  quartier  de 
droite,  il  est  relevé  de  deux  pièces  posées  de  fasce,  et  dans 


—  51  — 

le  quartier  de  gauche,  vers  la  pointe,  d'une  seule  de  ces 
.  mêmes  pièces.  Celle  pièce  de  l'écu  se  retrouve  enfin  posée 
sur  le  sommet  du  casque.  Sous  l'écusson  se  déroule,  avec 
forl  peu  d'élégance,  il  faut  en  convenir,  une  banderole 
portant  en  caractères  romains  majuscules  MR  :  AND  :  L. 
FOSSOUL.  C'est  le  nom,  non  du  fabricant,  mais  bien  celui 
du  propriétaire,  André-Louis  Fossoul,  beau-père  de  François 
Woulers. 

Cette  assielle,  mince  de  profil,  nette  et  élégante  de  forme, 
fine  de  pâle,  claire,  de  vernis  blanc  pur  bien  égal  et  bien 
brillant,  est  une  des  plus  belles  pièces  que  nous  ayons  ren- 
contrées. 

Les  assiettes  portant  cette  marque  furent  fabriquées  pour 
André- Louis  Fossoul,  beau-père  de  François  Woulers  (fils 
de  Joseph),  donl  le  mariage  eut  lieu  le  15  octobre  1817; 
elles  demeurèrent  dans  la  famille,  religieusement  conservées, 
jusqu'en  ces  dernières  années.  Or,  François  Wouters  travail- 
lait chez  B.  Lammens  et  C1*  comme  ouvrier  mouleur  en 
faïence  (i).  L'interprétation  de  ce  monogramme  ne  présente 
pour  nous  aucune  difficulté  ;  c'est  bien  celui  de  B.  Lammens. 
Le  lire  d'une  autre  façon  ce  serait  altribuer  la  pièce,  comme 
d'aucuns  pourraient  peut-être  le  faire,  à  la  fabrique  Boch 
(Luxembourg).  Mais  n'oublions  pas  que  celte  fabrique  était 
fermée  depuis  1809  et  qu'alors  notre  François  Wouters 
comptait  seulement  quinze  printemps.  11  serait  absurde  de 
supposer  qu'à  cet  âge  le  jeune  Woulers  eût  commandé  au 
cooeurrent  de  son  patron,  —  et  encore  en  admettant  qu'il 


(i)  C'est  ainsi  qu'il  est  qualifié  à  son  acte  de  mariage  et  que  nous  l'avons 
rencontré  en  divers  actes  authentiques  ou  d'état  civil. 


—  52  — 

fut  déjà  son  patron,  —  le  cadeau  de  mariage  qu'il  destinait 
à  son  futur  beau-père. 

Il  y  a  seulement  quelques  années  que  la  famille  Wouters 
se  dessaisit  de  ces  intéressants  spécimens  de  faïence  anden- 
naise,  en  faveur  du  Musée  archéologique  de  Namur  et  de 
notre  propre  collection.  Un  exemplaire  figure  au  Musée 
céramique  de  Sèvres. 

14-15.  L'interprétation  de  ces  deux  monogrammes,  qui 
offrent  une  étroite  analogie  et  se  trouvent  sur  des  pièces  de 
mêmes  formes,  des  assiettes  de  même  fabrication  et  de  décor 
identique,  nous  rend  assez  perplexe. 

Ces  assiettes  à  marly  festonné  à  côtes  sont  bien  de  la 
famille  luxembourgeoise,  mais  on  ne  peut  guère  lire  celte 
marque  Boch  ni  Bécherel.  Nous  tenons  néanmoins  nos 
exemplaires  pour  andennais,  à  cause  de  leur  provenance 
ou  de  leur  découverte.  Nous  inclinerions  à  croire  que  c'est 
plutôt  la  signature  du  décorateur  que  la  marque  du  fabri- 
cant. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  modèle  est  joli,  à  fleur  de  coin, 
le  décor  assez  heureux,  le  vernis  de  belle  qualité,  mais  non 
d'une  irréprochable  blancheur. 

16.  Bécherel  ou  Becquevort,  marque  en  bleu  au  pinceau. 

Saucière  à  côtes  en  festons,  analogue  à  celle  portant  la 
marque  n°  5,  mais  plus  aplatie,  plus  écrasée,  le  bord  de  la 
coupe  plus  fortement  infléchi  en  dedans;  les  côtes  sont  aussi 
plus  saillantes,  plus  fortement  accusées,  plus  vivement 
modelées.  Le  décor  en  est  aussi  analogue,  quoique  plus 
compliqué,  d'une  exécution  plus  lourde;  la  couleur  est  un 
bleu  foncé  manquant  de  pureté  et  qui  se  rapproche  beau- 
coup de  celle  du  numéro  suivant. 


—  53  — 

17.  Marque  ou  cachet  eti  creux  sous  vernis,  inscrite 
dans  un  cœur,  OmOI4  x  OmOI5. 

Jean-Philippe  Becquevort. 

Ce  sigle  se  trouve  apposé  sur  deux  pièces  qui  par  elles- 
mêmes  ne  présentent  pas  grand  mérite  :  modèle  peu  gracieux, 
pâte  épaisse,  vernis  grisâtre,  et,  de  plus,  grattées,  détériorées 
au  possible;  mais  elles  nous  sont  précieuses  comme  seuls 
spécimens  de  décoration  à  l'estampille. 

1°  Un  plat  de  0m3l  de  diamètre,  hauteur  0m04,  décoré 
en  bleu  franc  de  teinte  foncée,  posé  sous  vernis.  Le  centre 
du  fond  du  bassin  est  marqué  par  une  sorte  de  rosace  ;  le 
pourtour  du  marly  est  exécuté  en  petit  motif  posé  sur  un  filet 
extérieur  et  qui  ne  se  répète  pas  moins  de  cent  vingt  fois  sur 
le  cercle  entier.  On  se  demande  ce  qu'il  faut  le  plus  admirer 
dans  cet  ouvrage,  ou  la  patience  du  décorateur  ou  sa  dexté- 
rité. L'adresse  qu'il  déployait  dans  ce  travail,  d'une  régularité 
presque  complète,  eût  sans  nul  doute  produit  un  résultat 
infiniment  meilleur  si  elle  se  fût  exercée  avec  un  pinceau  au 
lieu  du  rustique  tampon  de  buis. 

2°  Un  saladier  ou  légumier,  mesurant  0m325  de  diamètre 
et  0*09  de  hauteur  ;  la  paroi  latérale  est  relevée  presque  en 
forme  cylindrique  et  terminée  en  son  contour  supérieur  par 
six  grands  festons  en  accolade.  Il  conserve  quelque  aspect 
des  belles  décorations  au  pinceau  et  sert  en  quelque  sorte  de 
transition  entre  les  deux  procédés.  En  effet,  certaines  par- 
ties de  ce  qui  représente  des  roses  sont  faites  à  l'estampille 
et  complétées  par  de  larges  et  francs  coups  de  pinceau  pour 
terminer  le  grand  bouquet  qui  occupe  la  plus  grande  partie 
du  fond  du  bassin.  Hâtons-nous  de  dire  qu'on  y  chercherait 
en  vain  la  grâce,  la  légèreté,  le  sentiment  décoratif,  délicat 


—  54  — 

et  distingué  des  pièces  andennaises  d'une  époque  même 
quelque  peu  antérieure. 

18.  Cachet  en  creux,  sous  vernis,  ovale  Om0i8  X  O^li. 

Arnold  Bon  hivers. 

Petit  plat  ovale  de  0m2U  sur  0"156. 

Pièce  d'assez  belle  fabrication,  mince  de  pâte,  légère  et 
élégante  de  profil,  au  marly  bombé,  à  vernis  blanc,  légè- 
rement verdàtre  et  brillant.  Un  filet  bleu  assez  large  suit  le 
bord  extérieur;  un  autre  plus  mince  marque  le  milieu  du 
marly,  le  long  duquel  serpente  un  feston  barbelé.  Malgré  sa 
simplicité,  ce  décor  ne  manque  ni  de  grâce  ni  d'agrément. 

49.  Marque  donnée  par  Demmin,  dans  son  Guide  de 
(amateur  de  fàience  et  de  porcelaine  (i). 

Nous  venons  de  la  rencontrer  sur  une  superbe  pièce,  un 
plat  à  marly  ajouré,  décoré  en  bleu  foncé,  de  composition 
identique  au  modèle  n°  7,  mesurant  0m30  de  diamètre. 

Faisons  aussi  remarquer  que  le  même  auteur  attribue 
notre  marque  n°  4  à  Van  der  Waert  (pour  Van  de  Wardt?). 

(i)  3«  édition.  Paris,  1867. 


—  55  — 


m 


JACQUES  RICHARDOT,  sculpteur-faïencier 


Pendant  vingt  années,  Jacques  Richardot  travailla  à 
Ancienne,  soit  dans  les  ateliers  de  Wouters,  —  première  et 
deuxième  fabrique,  —  soit  chez  Van  de  Wardt.  La  quantité 
de  pièces  qu'il  produisit,  le  genre  de  ses  sculptures,  le  sou- 
venir qu'il  laissa  à  Andenne  lui  méritent,  nous  semble-t-il, 
une  place  spéciale  dans  notre  modeste  travail. 

Jacques  Richardot  naquit  à  Lunéville  (Lorraine),  le 
28  juillet  1743  ;  il  élait  fils  de  Claude  Richardot,  attaché  à  la 
fabrique  de  6.  Gharmelte,  le  doyen  des  faïenciers  lorrains, 
et  tenu  en  haute  estime  par  son  patron  (t). 

De  bonne  heure,  J.  Richardot,  filleul  de  Gharmelte, 
s'essaya  à  façonner  l'argile  et  à  manier  l'ébauchoir,  encou- 
ragé sans  doute  par  Gharmette  lui-même,  heureux,  comme 
on  le  serait  en  pareille  circonstance,  de  seconder  ses  belles 
dispositions  naturelles.  Jacques  reçut  probablement  les 
premières  leçons  de  P.-L.  Cyfflé  (s).  Un  fatal  événement 
faillit  compromettre  celle  carrière  qui  s'ouvrait  sous  de  si 
heureux  auspices  :  en  1758,  Gharmelte  mourut;  son  usine 


(i)  Notes  pour  servir  à  la  biographie  de  Jacques  Richardot,  par  Ed.  Niffie- 
Àndaux.  Brochure  in-8»,  Paris,  1895.  (Extrait  du  Bulletin  des  Sociétés  des 
Beaux-Arts  des  départements.) 

(«)  «  Les  groupes  et  statuettes  de  Lunéville,  surtout  celles  dues  au 
sculpteur  Cyfflé,  sont  très  recherchées.  »  Ed.  Garnier  :  Céramique,  Revue 
encyclopédique  de  Larousse,  1899. 


—  56  — 

se  ferma  et  la  famille  Richardot  dut  chercher  ailleurs  une 
occupation  qui  assurât  son  pain  quotidien.  Noire  jeune 
sculpteur  comptait  alors  quinze  printemps  ! 

Précisément  à  cette  époque,  une  ardente  rivalité  existait 
entre  deux  fabriques  de  faïence  bruxelloises,  celle  de  Jacques 
Arloisenet  et  celle  des  héritiers  Philippe  Mombaerls.  Ce  fut 
vers  Bruxelles  que  Claude  Richardot  dirigea  ses  pas,  escorté 
de  toute  sa  famille;  tout  ce  que  Ton  sait,  c'est  qu'il  entra 
dans  l'un  des  deux  ateliers  rivaux,  M.  Niffle  ne  put  décou- 
vrir quel  patron  se  l'attacha. 

Nous  ne  savons  rien  non  plus  des  éludes  sculpturales  de 
J.  Richardot  ;  rien  ne  transpire  ni  quant  à  l'atelier  ou  l'école 
qu'il  fréquenta,  ni  quant  au  maître  qui  dirigea  son  éducation 
artistique.  D'après  M.  Niflle,  le  caractère  de  ses  œuvres 
semble  avoir  subi  l'influence  de  Cyfflé  (i);  toujours  est-il 
que  notre  jeune  sculpteur  vécut  dans  l'ombre  durant  dix- 
huit  ans. 

Au  début  de  l'année  i  786,  Jacques  Richardot  travaille  à 
la  fabrique  de  Saint-Servais,  près  de  Namur  ;  du  15  juin  1786 
au  24  octobre,  nous  le  voyons  figurer,  avec  son  fils  Guillin, 
parmi  les  ouvriers  de  la  fabrique  J.  Wouters  et  Cto  (ouvriers 
modeleurs);  le  5  novembre  1786,  Guillin  Richardot  épousa 
Anne-Joseph  Tonglet,  de  famille  andennaise;  J.  Harell, 
directeur  de  la  fabrique,  signa  l'acte  de  mariage  comme 
témoin  (s). 


(i)  Après  la  débâcle  de  Char  mette,  Cyfflé  fonda  à  Hastière  une  fabrique 
de  faïence  qui  fut  autorisée  par  octroi  du  6  août  1785. 

(i)  A  la  suite  de  différends  survenus  avec  ses  associés  (Van  de  Wardt  et 
de  Kessel),  Jacques  Wouters  introduisit  au  conseil  provincial  de  Namur 
une  demande  en  dissolution  de  société.  De  leur  côté,  ses  adversaires 


—  57  — 

Dans  le  courant  de  cette  année  1786,  Claude  Richardot 
vint  rejoindre  son  fils  Jacques  et  son  petit-fils  Guillin 
à  Andenne,  où  la  société  Van  de  Wardt  et  de  Kessel 
lui  ouvrit  ses  ateliers.  Il  figure  au  compte  du  séquestre 
comme  tourneur  en  faïence.  Guillin  est  inscrit  comme 
modeleur  (i). 

Enfin,  en  1804,  J.  Richardot  signale  sa  présence  à 
l'atelier  de  Wouters  par  son  «  Napoléon  »,  signé  tout  au 
long  :  t  Fait  à  Andenne,  dans  la  fabrique  du  sieur  Wouters, 
le  2  thermidor,  au  premier  de  l'empire  français.  Fait  par 


voulurent  faire  prononcer  son  exclusion  de  la  fabrique.  Afin  de  ne  pas 
interrompre  le  travail  à  la  manufacture,  ce  qui  eût  nécessairement  entraîné 
la  ruine  de  Tune  et  de  l'antre  des  parties,  le  conseil  provincial  nomma  an 
séquestre  chargé  de  l'administration  de  l'usine.  Harell,  directeur  ou  chef 
de  fabrication,  s'occupa  de  la  direction  et  de  la  marche  des  ateliers  et  Ton 
préposa  à  la  caisse  le  notaire  Milquet,  d'Àndenne.  C'est  en  cette  qualité 
que  Milquet  reçut  les  fonds  provenant  des  ventes  de  marchandises  ou 
versés  par  Van  de  Wardt  et  de  Kessel  ;  d'autre  part,  il  distribua  force 
à-compte  anx  ouvriers  et  fournisseurs,  mais  en  ayant  soin  de  se  faire 
donner  par  chacun  un  reçu  en  due  forme.  Tous  ces  reçus  constituent  un 
volumineux  dossier  du  plus  haut  intérêt,  déposé  aux  archives  de  l'État  à 
Namur. 

Durant  les  seize  mois  de  comptabilité  de  Milquet,  Jacques  Richardot 
reçut  34  florins  12  sols*10  deniers,  bien  maigre  salaire  sans  doute  pour  un 
artiste,  surtout  pendant  une  telle  période.  Nous  ne  nous  appesantirons  pas 
sur  la  triste  émotion  que  nous  causa  cette  constatation  ;  pour  la  rendre  plus 
poignante  encore»  la  liasse  aux  quittances  nous  fait  passer  sous  les  yeux 
quatre  pièces  qui  ne  laissent  aucun  doute  sur  la  situation  gênante  où  il  se 
trouvait  alors  et  toutes  sont  antérieures  à  son  mariage  ;  ce  sont  des  notes 
de  fournisseurs,  qui  se  font  payer  à  la  fabrique,  en  déduction  de  son  salaire. 
Ce  n'est  pas  à  dire  cependant  que  la  besogne  manquait  aux  ateliers, 
puisque  son  compagnon,  le  modeleur  Soudre,  reçoit  305  florins,  qu'à  tel 
tourneur  on  paie  525  florins,  qu'un  peintre  touche  544  florins  et  même  un 
manœuvre  170  florins.  Quelque  mystère  se  cache  sans  doute  là-dessous. 

(0  Claude  reçut  du  séquestre  66  florins  7  sols  6  deniers,  les  à-compte 
payés  à  Guillin  B'élèvent  à  209  florins  7  sols  6  deniers.  (Dossier  du 
séquestre.) 


—  58  — 

Richardot  pèr  »,  pièce  qui  se  trouve  au  Musée  des  Arts 
décoratifs  de  Bruxelles.  (PI.  I.) 

Quelle  que  soit  l'école  à  laquelle  se  forma  le  sculpteur 
J.  Richardot,  ou  l'influence  du  maître  qui  dirigea  ses  pre- 
miers essais,  ou  ne  peut  lui  contester  un  réel  talent  tout 
personnel;  ce  fut  un  sculpteur  de  mérite,  surtout  dans 
la  période  défloraison  de  son  talent,  un  artiste  consciencieux, 
une  nature  richement  douée,  qui  se  révéla  par  les  plus  heu- 
reuses dispositions.  Hélas  1  il  s'arrêta  en  chemin  ;  son  génie 
avait  à  peine  pris  son  essor  qu'il  replia  ses  ailes  ;  l'artiste 
brillant  et  radieux  au  début  retombe  bientôt,  piétine  sur 
place,  s'alanguit,  pour  s'éteindre  de  la  plus  poignante  façon, 
à  l'âge  de  soixante-trois  ans  et  dans  l'indigence  (18  novem- 
bre 1806)! 

Issu  d'une  famille  de  sculpteurs-céramistes,  Richardot  fut, 
dès  ses  plus  tendres  années,  un  pélrisseur  de  terre;  sa 
vocation  semble  se  dessiner  de  très  bonne  heure  et,  sous 
l'œil  paternel,  il  s'essaie,  il  réussit.  Gharmette,  le  patron  de 
son  père,  Gharmette  qui  l'a  tenu  sur  les  fonts  baptismaux  de 
Lunéville,  l'entoure  de  sa  bienveillante  sollicitude,  s'inté- 
resse à  ses  débuts,  encourage  ses  efforts.  Sous  l'influence 
du  milieu  dans  lequel  il  grandit,  son  talent  de  sculpteur  se 
développe,  tout  en  évoluant  vers  l'application  à  la  céra- 
mique. La  mort  de  Gharmette,  en  1758,  faillit  briser  son 
avenir.  Nous  devons  supposer  que  le  jeune  sculpteur  con- 
tinua de  se  perfectionner  à  Bruxelles,  car  dès  1786,  alors 
qu'il  travaillait  à  Saint-Servais,  il  produit  son  œuvre  capitale 
t  Andromède  i,  groupe  de  faïence  de  60  centimètres  de 
hauteur. 

Cette  œuvre  est  bien  d'un  sculpteur,  la  figure  principale 


—  59  -- 

est  bien  d'an  artiste  dans  toute  l'acception  du  terme;  c'est 
une  figure  classique,  d'un  classique  pur,  correct,  élégant. 
Mais,  pour  terminer  ce  groupe,  il  fallait  autre  chose  qu'un 
sculpteur  :  le  céramiste  apparaît,  et  il  se  montre  d'une 
étonnante  habileté  dans  le  groupement  des  accessoires,  dans 
la  disposition,  dans  l'agencement  des  branches  et  des  ver- 
dures, des  blocs  de  rochers,  etc. 

En  contemplant  ce  groupe,  on  sent  que  l'auteur,  tout  en 
le  modelant,  s'occupe  du  travail  qui  s'accomplira  à  son  insu, 
dans  le  four  de  cuisson.  Son  habileté  technique  triomphe 
magistralement  des  difficultés  qu'il  a  prévues  ou  pressenties  : 
quand  sa  pièce  sort  du  four,  aucun  détail  n'a  gauchi, 
aucune  ligne  ne  s'est  affaissée,  tous  les  moindres  acces- 
soires sont  bien  restés  en  place,  intimement  soudés  à  la 
masse. 

Les  pièces  importantes  de  Richardot  sont  peu  nom- 
breuses ;  après  Andromède,  nous  citerons  c  Le  grand  vase 
décoratif»  et  c  la  Fontaine  > ,  trois  pièces  du  Musée  archéo- 
logique de  Namur. 

Le  mérite  de  ces  œuvres  n'est  toutefois  pas  égal.  Andro- 
mède est  de  beaucoup  la  plus  importante  par  sa  valeur 
artistique,  la  science  de  sa  composition,  l'habileté  de  son 
modelé  et  les  qualités  mêmes  de  son  exécution.  Le  c  Vase  » 
nous  fournit  une  des  caractéristiques  du  talent  personnel  de 
Richardot,  c'est-à-dire  son  habileté,  sa  surprenante  dextérité 
pour  le  modelé  des  fleurs.  Cette  pièce,  qui  mesure  45  centi- 
mètres de  hauteur,  est  une  note  typique  du  talent  méticuleux 
et  délicat  de  Richardot;  une  opulente  guirlande  de  fleurs, 
toutes  modelées  avec  une  légèreté,  une  souplesse  étonnante, 
tombe  sur  la  panse  du  vase  et  cela  sans  entassement,  sans 


—  60  — 

apparence  d'encombrement;  elle  orne,  elle  décore,  mais  sans 
peser,  sans  étreindre. 

La  «  Fontaine  »  disputerait  peut-être  la  première  place  à 
Andromède.  Ici,  le  céramiste  avait  moins  à  compter  avec 
l'action  du  feu  :  la  pièce  est  plus  condensée,  les  détails  sont 
mieux  fixés,  plus  intimement  massés;  l'inégalité  ou  le 
caprice  du  retrait  à  la  cuisson  n'offre  plus  autant  de  danger 
pour  l'affaissement  ou  le  gauchissement  de  la  masse.  Le 
modeleur  est  ici  seul  en  évidence  et  c'est  un  modeleur 
travaillant  d'inspiration,  maniant  l'ébauchoir  avec  une 
aisance  remarquable,  une  rare  fermeté;  il  fouille  sa  pâte 
avec  une  connaissance  approfondie  de  la  figure,  une  entente 
parfaite  de  l'ornementation. 

Citons  encore,  pour  terminer  notre  visite  au  musée 
namurois,  «  les  Enfants  jouant  au  bord  d'un  ruisseau  »  et  la 
«  Scène  de  chasse  »,  genre  Watteau.  Ce  sont  des  groupes 
intéressants,  qui  dénotent  un  certain  talent  de  modelage, 
une  grande  aisance  de  composition,  une  énorme  fantaisie 
d'agencement  et  une  surprenante  dextérité  d'exécution; 
mais  l'art  proprement  dit  n'y  intervient  que  pour  une  part 
assez  légère.  Ces  œuvres  marquent  en  quelque  sorte  la 
transition  dans  l'évolution  du  talent  de  Richardot;  il  devient 
surtout  céramiste. 

Deux  autres  pièces  du  même  musée  nous  le  démontrent 
plus  particulièrement.  Voici  d'abord  une  aiguière,  genre 
rocaille,  avec  son  bassin.  C'est  d'un  très  joli  modelé,  d'une 
forme  élégante;  les  ornements,  traités  avec  beaucoup  de 
grâce  et  de  délicatesse,  sont  d'une  grande  pureté  de  style; 
le  décor,  en  bleu  foncé,  appliqué  au  pinceau,  accentue  et  com- 
plète très  heureusement  la  note  de  la  décoration  modelée. 


( 


—  61  — 

Enfin,  voici  la  grande  «  Écritoire  »  en  faïence  blanche, 
forme  carrée;  au  plan  inférieur,  en  avant,  la  case  pour  les 
plumes  el  accessoires  de  bureau  ;  au  second  plan  et  plus 
élevés,  les  deux  godets;  en  arrière  et  pyramidalanl  sur  le 
tout,  le  motif  décoratif  proprement  dit,  surmonté,  pour 
couronnement,  d'un  pelit  vase  dont  nous  retrouvons  le 
profil  agrandi,  l'ornementation  amplifiée,  dans  le  pelit 
fruitier  à  couvercle  ajouré.  Ici  apparaît  le  céramiste,  tel  que 
nous  l'avons  retrouvé  à  Andenne,  chez  Wouters. 

Revenons  au  sculpteur.  Le  «  Napoléon  »  du  Musée  des 
Arts  décoratifs  l'emporte,  par  ses  dimensions,  sur  les  autres 
groupes  que  nous  venons  de  signaler.  Mais  il  leur  est  infé- 
rieur par  son  modelé;  la  figure  principale  est  lourde, 
massive,  le  socle  peu  harmonisé  avec  le  groupe;  n'était  le 
petit  amour  posé  sur  le  bord  du  piédestal,  les  divers  attributs 
qui  gisent  aux  pieds  de  l'impériale  effigie  et  les  trophées 
qui  ornent  le  socle,  on  aurait  peine,  à  première  vue,  à  recon- 
naître la  main  de  notre  grand  sculpteur.  (PI.  I.)  Quant  à  la 
décoration,  elle  est  bonne  au  point  de  vue  technique,  sono- 
rité de  la  masse,  perfection  de  la  cuisson,  éclat  de  transpa- 
rence du  vernis,  mais  les  couleurs  ne  sont  rien  moins 
qu'harmonieuses.  A  noter  toutefois  une  circonstance  atté- 
nuante :  celle  dernière  pièce  est  une  œuvre  de  vieil- 
lesse; Richardol  avait  alors  atteint  la  soixantaine  el, 
chez  lui,  la  vieillesse  avait  devancé  les  ans;  il  avait 
perdu  celte  imagination  vive  des  belles  années,  sa  main 
selait  alourdie,  peut-être  tremblait-elle  par  les  habitudes 
prises,  car,  dans  ses  dernières  années,  Richardol  ne  fut 
rien  moins  que  tempérant;  et  c'est  avec  une  poignante  émo- 
tion que  nous  relevons  dans  son  acte  de  décès,  —  18  novem- 


—  62  — 

bre  1806,  —  la  mention  officielle  «  sculteur  indigent  ». 
Les  œuvres  de  Richardot  sont  actuellement  peu  com- 
munes ;  d'après  ce  qui  nous  en  reste,  nous  pouvons  cepen- 
dant affirmer  qu'il  fut  d'une  assez  grande  productivité.  Son 
œuvre  comprend  des  statuettes,  qu'il  modelait  avec  un  réel 
talent,  dont  il  fouillait  les  détails  et  les  accessoires  avec  une 
patience,  une  dextérité  réellement  étonnantes.  Comme 
preuve,  nous  citerons  le  petit  médaillon  ovale  (0"l  25  x  0mi0), 
<  La  Vierge  à  la  Chaise  » ,  composition  toute  gracieuse,  so 
rapprochant  assez  bien  de  celle  de  Raphaël,  modelée  avec 
science  et  exactitude  ;  sur  le  cadre  sont  jetées  deux  branches 
de  fleurs,  deux  guirlandes  n'ayant  avec  la  masse  du  cadre 
que  les  adhérences  absolument  nécessaires  ;  bref,  c'est  d'une 
délicatesse  inouïe.  (PI.  II.) 

Notons  ensuite  les  deux  «  Porte-Montre  »,  l'un  qu'on 
pourrait  intituler  «  Mercure  et  Vénus  »  (pi.  III),  l'autre 

décoré  d'attributs  militaires  (pi.  II);  tous  deux  sont  ver- 
nissés en  blanc,  les  reliefs  accusés  par  des  rehauts 
bleus  (i).  Puis  deux  plaques,  la  plus  grande  rectangulaire 
(0m37  x  0m33),  •  Le  Feu  »  (pi.  IV),  de  très  belle  exécu- 
tion ;  une  autre  ovale  (0mU  x  0*18),  «  Les  Quatre 
Saisons  » .  Voici  un  t  Christ  »  isolé,  puis  un  autre  plus 
petit,  fixé  à  une  croix  plantée  sur  un  massif  rocailleux, 
avec  branches  de  lierre  qui  poussent  dans  les  interstices. 
Vient  enfin  le  cortège  des  bergers  et  bergères,  jardi- 
niers et  jardinières,  des  saints,  des  vierges,  des  petits 
bonshommes  gras  et  dodus,  hauts  parfois  de  8  à  42  centi- 


(i)  Le  premier  se  trouve  au  Musée  des  Arts  décoratifs.  La  reproduction 
que  nous  en  donnons  a  été  faite  d'après  un  exemplaire  en  terre  rouge,  non 
vernissé,  sorti  de  râtelier  de  Richardot. 


—  63  - 

mètres,  assis  sur  un  tertre  gazonné  et  naturellement  par- 
semé de  fleurettes,  ou  bien  abrités  sous  un  arbre  aux 
rameaux  robustes,  chargés  de  feuilles  délicates  qui  semblent 
trembler  sous  le  souffle  du  curieux  examinateur.  Il  y  a 
certainement  de  l'art  dans  toutes  ces  pièces,  dans  le  modelé 
de  tous  ces  petils  corps,  mais  il  est  noyé  dans  un  flot  de 
minuties  qui  font  perdre  de  vue  l'ensemble  et  empêchent  la 
pensée  de  se  dégager  complètement;  c'est  joli,  c'est  délicat, 
mais  ce  n'est  pas  d'un  artiste. 

Vu  leurs  faibles  dimensions  et  leur  fragilité,  on  s'explique 
que  ces  œuvretles  aient  facilement  disparu  ;  c'est  réelle- 
ment par  un  concours  de  circonstances  toutes  spéciales  qu'il 
en  est  arrivé  jusqu'à  nous,  mais  combien  de  détériorées  ou 
mutilées  !  Elles  montrent  néanmoins  le  talent  de  leur  auteur, 
elles  décèlent  sa  facilité  de  composition,  sa  science  du 
modelé,  ses  connaissances  anatomiques  et  son  admirable 
dextérité  pour  l'exécution  des  détails,  fleurs  et  verdures 
dont  certaines  pièces  sont  parfois  surchargées. 

Nous  avons  émis  l'opinion  que  Richardol  se  trouvait  chez 
Woulers,  —  première  ou  deuxième  fabrique,  —  non  pas 
seulement  comme  sculpteur  proprement  dit,  mais  aussi 
comme  modeleur,  comme  ornemaniste.  En  rapprochant  les 
œuvres  authentiques  que  nous  connaissons,  on  voit  figurer 
ici  un  petit  génie,  un  amour  que  Ton  retrouve  à  peu  près 
dans  la  même  altitude,  isolé,  posé  sur  un  socle,  avec  des 
attributs  différents  ;  ailleurs,  c'est  un  petit  vase,  ornement 
tout  accessoire,  qui  échapperait  à  première  vue,  et  qui 
donne  la  silhouette  d'une  pièce  de  service  de  table.  Partout, 
la  main  du  maître  sculpteur  se  retrouve  souple,  habile, 
savante  et  féconde. 


—  64  — 

L'exposition  de  Liège  de  Tan  dernier  «  Exposition  des 
anciennes  gildes  et  corporations  »  nous  fournit  un  puissant 
argument  en  faveur  de  notre  hypothèse.  Là  figurait,  en 
effet,  sous  le  n°  633,  page  82  du  catalogue,  «  Service  à  café 
fond  saumon,  relief*  blancs.  »  L'une  des  lasses  est  signée 
c  Richardot  » .  Voilà  bien  la  preuve  que  non  seulement  notre 
artiste  préparait,  combinait  les  modèles  de  pièces  ou  groupes 
de  faïence,  mais  encore  qu'il  prenait  part  à  leur  décoration. 
Eh  bien  !  ce  décor  de  déjeuner,  nous  le  retrouvons  sur  un 
vase  également  fond  saumon,  décoré  dans  le  style  dit  pre- 
mier Empire,  en  émail  blanc  ou  blanc  fixe,  très  voisin  du 
décor  du  service  à  café  (i). 

Passons  rapidement  en  revue  son  œuvre  sculpturale  secon- 
daire, —  nous  avons  renseigné  les  principales  plus  haut. 

1°  Jardinier  et  bouquetière,  deux  figurines  se  faisant 
pendant,  de  16  centimètres  de  hauteur,  posées  chacune  sur 
un  simple  socle  cylindrique  que  l'auleur,  contrairement  à 
ses  habitudes,  laissa  complètement  nu.  (PI.  IV.)  Le  jardinier 
s'appuyait  sans  doute  sur  une  bêche  ou  sur  un  râteau  qui  a 
disparu.  De  sa  main  gauche,  la  bouquetière  tient  une  cor- 
beille de  fleurs  posée  sur  sa  hanche;  de  la  main  droite,  — 
qui  a  disparu,  —  elle  offrait  sans  doute  une  fleura  son  compa- 
gnon. On  peut  lire  dans  les  yeux  de  ces  minuscules  person- 
nages les  sentiments  qui  les  animent.  Ces  deux  figures  sont 
bien  posées  et  bien  construites,  les  chairs  bien  traitées,  les 
vêlements  étudiés  et  bien  rendus;  quant  aux  détails,  impos- 
sible de  pousser  plus  loin  la  minutie  :  les  deux  boucles  du 


(t)  Notre  vase  fond  saumon,  avec  cercles  perlés  on  lignes  à  la  molette, 
est  décoré  par  le  procédé  d'engobe,  non  par  incrustation. 


—  65  — 

lacet  qui  ferme  le  soulier  de  la  bouquetière  sont  complète- 
ment détachées  du  pied  1 

2*  Bergère,  groupe  de  22  centimètres  de  hauteur,  accom- 
pagnée d'un  mouton  ;  elle  rappelle  presque  trait  pour  trait  la 
bouquetière  de  tantôt.  La  figure  pose  sur  un  socle  rustique, 
avec  un  vieux  tronc  d'arbre,  des  racines  serpentant  à  fleur 
de  terre,  de  la  mousse  et  des  fleurettes. 

3°  Jardinière.  Elle  lient  en  mains  l'arrosoir  et  arrose  les 
fleurs  garnissant  la  plate-bande  sur  laquelle  elle  marche. 
Hauteur  25  centimètres. 

4°  Jardinier  et  bergère  sont  du  même  genre  et  de  mêmes 
dimensions;  c'est  le  même  travail,  le  même  souci  des  détails 
les  plus  menus. 

5°  Voici  deux  Vierges,  l'une  de  40,  l'autre  de  20  centimè- 
tres de  hauteur.  La  première  nous  parait  bien  de  Richardol, 
—  seconde  période;  —  la  seconde  nous  laisse  quelque 
hésitation,  à  cause  des  draperies  raides  et  gauchement 
traitées;  entre  les  deux  il  y  a  cependant  certaines  affinités. 

6°  En  revanche,  nous  n'éprouvons  aucune  hésitation 
devant  le  moulage  de  [Enfant  Jésus  couché  sur  la  croix. 
Longueur  19  centimètres,  largeur  10.  (PI.  III.) 

V  Enfant  jouant  avec  un  chien  et  Enfant  tenant  un 
pigeon.  Deux  groupes  se  faisant  pendant.  Hauteur  0m16; 
dimension  du  socle,  Omll  X  0m08.  L'enfant  est  assis  nu  sur 
un  tronc  d'arbre  s'élevant  d'un  tertre  rustique  tout  fouillé 
de  fleurs  et  de  verdure.  Le  corps  est  légèrement  incliné  à 
droite,  les  deux  bras  étendus,  l'un  vers  le  haut,  l'autre 
retombant,  la  tète  tournée  vers  la  gauche,  semblant  fixer 
un  point  ou  un  objet  à  quelque  distance.  Le  petit  épagneul 
pose  ses  deux  pattes  antérieures  sur  le  genou  droit  de  son 


—  66  — 

jeune  maître  et,  par  son  altitude  et  son  regard,  semble 
interroger  son  désir  ou  deviner  sa  juvénile  taquinerie. 

8°  Deux  statuettes  décoratives,  de  1  mètre  28  centimètres 
de  hauteur;  ce  sont  et  de  beaucoup  les  plus  grandes  pièces 
que  nous  connaissons  de  Richardol,  Tune  est  signée  de  son 
nom  en  toutes  lettres.  Elles  appartiennent  à  M.  V.  Moojoie, 
d'Andenne. 

9°  Porte-montre  :  Mercure  et  Vénus.  Hauteur  49  centi- 
mètres. Les  deux  figures  sont  campées  sur  le  socle,  aux 
deux  côtés  de  la  loge  de  la  montre,  —  ou  d'un  mouvement 
de  pendule,  —  surmontée  d'un  coq  aux  ailes  déployées. 
Sur  la  face  antérieure  du  socle  est  un  bas-relief  symboli- 
sant la  géographie,  très  délicatement  traité,  spécimen  très 
pur  et  très  correct  de  style  Louis  XVI.  Notre  exemplaire 
est  en  terre  cuite  ;  il  conserve  ainsi  les  détails  dans  toute 
leur  netteté.  D'ordinaire,  cette  pièce  est  en  faïence  blanche 
décorée  en  bleu.  (Musée  des  Arts  décoratifs.) 

10°  Porte-montre  avec  attributs  militaires.  Style  premier 
Empire.  Hauteur  :  0m335;  socle  :  0m20  X  Omll. 

11°  Vase  en  terre  cuite,  à  pâle  d'un  blanc  jaunâtre,  d'ap- 
parence et  de  consistance  approchant  du  grès.  Hauteur 
24  centimètres;  diamètre,  13  4/2  centimètres. 

42°  Vase  de  18  centimètres  de  hauteur.  C'est  du  pur 
Louis  XVI,  presque  identique  aux  vases  du  Musée  de 
Namur,  étiquetés  Saint-Servais,  vernissés  de  diverses  cou- 
leurs, réminiscence  de  Palissy. 

13*  Vase  de  45  centimètres  de  hauteur  et  20  centi- 
mètres de  diamètre,  de  forme  élégante,  de  profil  très  pur, 
avec  deux  tètes  longuement  barbues,  servant  de  base  ou 
d'attache  à  des  anses  détachées  et  disparues. 


—  67  — 

Quant  aux  petites  bergères  qu'on  rencontre  çà  et  là  sur 
quelque  étagère  à  bibelots,  précieusement  abritées  sous  leur 
clochette  de  verre,  nous  croyons  inutile  de  nous  y  arrêter. 

Pour  les  œuvres  de  céramique  vernissée,  nous  retrouvons 
la  main  de  Richardot  dans  diverses  pièces  de  faïence,  mal- 
heureusement privées  de  marques  et  de  monogrammes, 
mais  qui,  rapprochées  des  documents  authentiques,  ne 
laissent  subsister  aucun  doute  quant  à  leur  attribution. 
Rappelons  seulement  : 

r  La  grande  melonnière.  Hauteur  :  0*35.  Grand  dia- 
mètre :  O"^.  Pied  :  Om18. 

2°  Le  petit  fruitier.  Hauteur  :  Ô"15.  Diamètre  aux  anses  : 
0»22.  Pied  :  0m088. 

3»  La  beurrière.  Hauteur  :  Om17.  Plateau  :  0m22  x  0-15. 
La  vache  du  porte- montre  sert  de  boulon  au  couvercle. 

4*  Le  sucrier.  Hauteur  :  O-IS.  Plateau  :  0*225  X  0"18. 

5*  Une  salière. 

E.-J.   Dardenne, 

Membre  correspondant  de  la  Commission  royale 
des  monuments,  à  Andenne. 


Cinquantenaire) 


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TABLR    DKS   NATIBRB& 


1°  Liste  des  membres  effectifs  et  correspondants  de  ls  Commission  ro\i 

des  monuments  en  1902. 
2o  Commission  royale  des  monuments.  —  Résumé  des  procès-verbaux  i 

séances  des  mois  de  janvier  et  de  février  1902. 

3°  Marques  et  monogrammes  de  faïenciers  andeunais,  précédés  du  tablr: 
chronologique  des  fabriques  de  faïence  d'Andenne,  d'après  des  doc; 
ments  authentiques  inédits,  suivis  d'une  notice  sur  Jacques  Richarv 
sculpteur-faïencier,  par  E.-J.  Daedenne,  membre  correspondant  d! 
Commission  royale  des  monuments,  à  Andenne. 


Planches  IàV * 


AVIS.  —  Les  personnes  qui  collaborent  aa  Bulletin  des  Commuions  rty'.t 
d'art  et  d'archéologie  ont  droit  de  recevoir  deux  épreuves  de  leurs  article .  j 
première  en  colonnes,  la  seconde  après  lu  mise  en  pages. 

Le  bon  à  tirer  devra  être  donné  sur  la  revision  de  cette  dernière  épreuve. 

i 

Les  remanieuieuts  qui  .seraient  demandés  ultérieure ihent  devrout  être  pnye>H 
les  auteurs. 


MM.  la  collaborateur*  du  Bulletin  ont  droit  à  50  exemplaires,  fin*  à  pv 
de  leur e  articles  admis  dans  le  recueil.  Les  auteurs  qui  désirent  un  wv*J 
supplémentaire  d'exemplaires  doivent  l'adresser  directement  à  cet  ejf't 
F  imprimeur  du  Bulletin,  qui  les  fournira  à  leurs  fra>$. 


Pour  ce  qai  concerne  le  Bulletin,  s'adresser  a  M.  Mapsaux,  Secrétaire  de  1 
Commission  royale  des  monuments,  22,  rue  Montoyer,  à  Bruxelles. 


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^  -j'W6. 


COMMISSIONS   ROYALES 


D'ART    ET   D'ARCHÉOLOGIE. 


QUARANTE  ET  UNIEME  ANNÉE.  —  3,  4,  5,  6,  7  ET  8. 


En  vente  chez  M.  IIArKZ, 

luii'riinenr  de  l'Académie  Royale  'lu  Belgique, 

112,  me  du  LonT&in,  112. 


BRUXELLES 


Inp.  •in  Lingtieniiiinck.  ■ 


COMMISSION  ROYALE  DESMONUMENTS. 


RÉSUMÉ  DES  PROCÈS- VERBAUX. 


SEANCES 
des  i",  8,  15,  22  et  29  mars  ;  des  5,  12,  19  et  26  avril  1902. 


PEINTURE  ET  SCULPTURE. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  : 

1°  La   proposition  du  Comité  des  correspondants  du     *i»««de 
Brabant  de  faire  rétablir  dans  l'autel  dessiné  par  Rubens     T.Tu!.tfa. 
que  possède  l'église  de  Saint-Josse-ten-Noode,  la  copie  du 
tableau  de  ce  maître  qui  existe  dans  ladite  église  et  qui 
faisait  autrefois  partie  de  cet  autel  ; 

2°  Le  projet  de  vitraux  à  placer  dans  une  des  chapelles      m« 

.  de  Vottelaere. 

de  l'église    de   Vosselaere   (Flandre    orientale);   auteur,  YilrâM- 
H.  Coucke; 

3*  Le  projet  relatif  au  placement  de  vitraux  dans  la  cha-  m» 

pelle  du  Saint-Sacrement,  en  l'église  de  Saint-Ursmer,  à  *$£*£ 
Binche  (Hainaut);  auteur,  M.  Casier; 

4°  Les  dessins  de  vitraux  à  placer  dans  l'église  de  Hozé-  fr»» 

1  **  à»  Hoxémoiil. 

mont  (Liège)  ;  auteur,  M.  Grosse  ;  VUraiu- 


—  70  — 

ae  Fontaine-       5°  ^e  ProJel  re^^  *  l'exécution  de  vitraux  pour  l'église 
\îuaïïl:     de  Fontaine- Valmont  (Hainaut)  ;  auteur,  M.  Vosch  ; 
Église  G0  Le  dessin  d'un  vitrail  destiné  à  la  chapelle  de  Notre-' 

dEnghlen.  r 

vimii.      Dame  de  Messine,  en  l'église  paroissiale  d'Enghien  (Hai- 
naut); auteur,  M.  Goucke; 
ékiuo  7°  Le  projet  de  restauration  de  la  croix  triomphale  et  des 

de  Chalclet.  '       * 

cro«  triomphale  S(aiues  je  |a  Sainte-Vierge  et  de  Saint- Jean  de  l'église  des 
SS.-Pierre-el-Paul,  à  Ghàtelet  (Hainaut)  ;  sculpteur,  M.  Blan- 

chaert  ; 
M*«  8°  Le  projet  concernant  la  restauration  du  jubé  de  l'église 

de  Tcsseaderloo. 

jubé.  fe  Tessenderloo  (Limbourg)  et  le  rétablissement  de  cet 
édicule  à  rentrée  du  chœur,  place  qu'il  a  occupée  autrefois  ; 
sculpteur,  M.  Peelers; 

éçiise  9°  Le  projet  relatif  au  placement  de  cinq  vitraux  dans  le 

deWielibeke.  r     J  r  n 

vuraox.      chœur  de  l'église  de  Wielsbeke   (Flandre  occidentale); 

auteur,  M.  Dobbelaere. 
Égihude        —  Il  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  été  procédé,  le 

N*-D.  du  S«blou,  ^  r 

k  chimln1,  8  avril  1902,  que  les  recommandations  faites  par  la  Com- 
mission,  en  ce  qui  concerne  des  modifications  a  effectuera 
l'entourage  des  stations  du  chemin  de,ja  croix  de  l'église  de 
Notre-Dame  du  Sa b Ion,  à  Bruxelles,  ont  été  observées.  En 
conséquence,  il  y  a  lieu  de  poursuivre  le  travail  dans  le  sens 
de  l'échantillon  exécuté  à  la  première  travée  sud  à  côté  du 
transept,  lequel  parait  bien  compris. 

Le  projet  approuvé  de  l'autel  dédié  à  Sainte-Anne,  de  la 
même  église,  comporte  la  polychromie  de  ce  meuble;  le 
conseil  de  fabrique  désire  faire  exécuter  celte  décoration;  il 
désire  en  même  temps  faire  apporter  des  modifications  à  la 
polychromie  de  la  tombe  du  maitre-autel,  laquelle  n'est  pas 
réussie.  Rien  ne  s'oppose  à  l'exécution  de  ces  projets.  Il  y 


—  1i  — 

aura  lieu  de  préparer  des  échantillons  de  ces  ouvragés  pour 
lesquels  des  Tonds  sont  offerts  par  des  bienfaiteurs.  Le  Col- 
lège les  fera  ensuite  examiner  par  des  délégués. 

—  Il  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  élé  procédé,  que  le    ^{f^ 
travail  de  polychromie  de  l'autel  du  Saint-Sacrement,  en    d-iï^u^K 
l'église  cathédrale  de  Saint-Sauveur,  à  Bruges  (Flandre 
occidentale),  a  été  exécuté  d'une  façon  satisfaisante. 

En  conséquence,  rien  ne  s'oppose  à  ce  que  ce  travail 
décoratif  soit  approuvé. 

—  A  la  suite  d'un  examen  du  dossier  relatif  au  projet       **"* 

r      *        de  Saint-Pierre, 

d'enlèvement  de  la  peinture  à  l'huile  sur  les  soubassements  ySTuTit" 
et  du  badigeon  sur  les  murs  et  les  voûtes  de  l'église  de 
Saint-Pierre,  à  Louvain  (Brabant),  la  Commission  a  émis 
l'avis  que,  pour  le  débadigeonnage  général  de  l'édifice,  on 
ne  peut  faire  une  entreprise  publique  à  forfait;  on  doit 
recourir  à  une  adjudication  restreinte.  Mais,  avant  tout,  il 
faudra  revoir  le  devis  estimatif,  qui  parait  insuffisant. 

Le  Collège  estime  aussi  qu'il  y  a  lieu  de  commencer 
l'entreprise  par  le  chœur. 

Le  4  mars  1902,  il  a  été  procédé  à  un  examen  minutieux 
des  peintures  murales  découvertes  sur  la  voûte  de  la  chapelle 
absidale.» 

Il  résulte  de  cet  examen  que  le  crépissage,  dans  toute  son 
épaisseur,  en  dessous  et  au-dessus  de  ces  peintures,  est 
composé  de  lamelles  de  quelques  millimètres  d'épaisseur 
qui  n'adhèrent  les  unes  aux  autres  que  par  places,  de  sorte 
que  de  grandes  surfaces  ont  une  tendance  à  se  détacher  par 
le  poids  et  qu'il  suffit  de  les  loucher  délicatement  pour 
ébranler  toute  la  masse.  Leur  texture  est  par  endroits  pulvé- 
rulente et  elles  tombent  en  poussière  au  moindre  contact.     ' 


—  7*  — 

Les  différentes  lamelles  de  chaux  qui  se  trouvent  entre  la 
peinture  et  les  briques  prouvent  que  Ton  avait  donné  déjà 
beaucoup  de  couches  de  badigeon  quand  on  a  songé  à 
peindre. 

Les  peintures  ont  disparu  complètement  sur  quelques- 
unes  des  voûtes  ;  sur  d'autres  elles  n'apparaissent  que  par 
places.  Une  chose  digne  de  remarque  et  qui  peut  éclairer  sur 
le  procédé  de  peinture  employé,  est  que  les  parties  conser- 
vées sont  celles  qui  offrent  le  plus  d'intérêt,  telles  que  les 
têtes,  les  bustes,  les  bras  et  les  mains.  C'est  que,  probable- 
ment, ces  parties  ont  été  plus  soignées  par  l'artiste,  qui  aura 
ajouté  à  ses  couleurs  des  gommes  pour  leur  donner  plus  de 
transparence  ou  qui  les  a  revêtues  d'un  onguent  qui  les  a 
préservées.  Ce  qui  porte  encore  à  le  croire,  c'est  qu'en 
frottant  avec  le  doigt  humide  ces  parties  on  ne  les  enlève 
pas. 

Les  autres  places  non  protégées  par  cet  enduit  de  gomme 
ou  de  résine  ont  dû  disparaître  sous  l'action  de  la  chaux  du 
badigeon;  la  chaux,  en  effet,  n'épargne  que  six  couleurs,  le 
blanc  de  craie,  les  terres  et  les  ocres  métalliques. 

Si  la  chaqx  a  pu  faire  de  tels  ravages,  il  parait  très 
imprudent  d'employer  le  ciment  pour  relier  les  différentes 
couches  de  badigeon. 

Du  reste,  comment  remploierait-on?  En  soufflant  entre 
les  couches  du  ciment  en  poudre.  Il  faudrait,  pour  cela, 
écarter  plus  ou  moins  les  couches,  puisque  sans  être  réunies 
elles  se  touchent.  Ensuite  y  introduire  de  l'eau  à  l'aide  d'un 
vaporisateur. 

Le  danger  de  faire  tomber  le  tout  est  trop  grand  et  la 
certitude  que  l'eau  aurait  fait  sa  combinaison  avec  le  ciment 


—  73  — 

trop  minime  pour  permettre  de  tenter  l'expérience  ;  ce  travail 
si  délicat  et  si  difficile  devrait  se  faire  pour  chaque  couche. 

On  pourrait  encore  discuter  l'avantage  qu'il  y  aurait 
à  conserver  les  peintures  à  la  place  où  elles  sont.  En  suppo- 
sant qu'on  y  parvienne,  ces  peintures  auraient  besoin  d'être 
retouchées  presque  partout  pour  être  appréciées  ou  seule- 
ment vues  du  bas  de  l'église.  Que  reslera-t-il  alors  d'authen- 
tique? 

Quoi  qu'il  en  soit,  elles  valent  la  peine  d'être  conservées. 

Divers  autres  moyens  de  préservation  ont  été  proposés. 

Scier  la  peinture,  on  ne  peut  y  songer,  elle  tomberait  en 
poussière  et  la  double  courbe  concave  de  la  voûte  s'y  oppo- 
serait; les  nervures  en  pierre  des  voûtes  empêcheraient 
l'introduction  d'un  instrument. 

Il  a  été  question  de  l'opération  qu'on  appelle  le  rentoilage 
et  qui  consiste  à  coller  des  feuilles  de  papier  juxtaposées  sur 
la  peinture  jusqu'à  former  un  carton  résistant  et,  ensuite, 
enlever  une  à  une  par  au-dessus  de  la  voûte  toutes  les 
briques  et  l'enduit  sur  lesquels  se  trouve  la  peinture. 

Il  faudrait,  pour  cela,  commencer  par  étançonner  la  voûte 
d'à  côté,  les  voûtes  reposant  l'une  sur  l'autre  et  les  nervures, 
par  suite  du  travail  de  redressement  que  l'on  a  fait,  ne  les 
soutenant  plus. 

Restera  alors  le  danger,  quand  on  aura  enlevé  une  cer- 
taine quantité  de  briques,  et  qu'on  aura  détruit  la  stabilité 
de  la  voûte,  de  voir  en  une  fois  tomber  toutes  les  autres. 

Aucun  des  moyens  proposés  n'est  absolument  certain  ni 
bon. 

Ne  serait-il  pas  préférable,  si  on  arrive  à  enlever  la  pein- 
ture, ce  qui  parait  douteux,  de  la  transporter  dans  un  musée 


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où  on  pourrait  au  moins  la  juger  et  l'apprécier  convenable- 
ment pour  ce  qu'elle  est,  sans  aucune  retouche,  et  d'y  substi- 
tuer des  fac-similé  d'après  les  copies  qu'on  est  occupé  à  en 
faire?  Dans  ce  cas,  le  mieux  serait,  pour  éviter  l'effet  de  la 
chaux,  de  coller  ces  peintures  sur  un  enduit  de  carton- 
pierre  qui,  par  sa  composition  de  carton,  de  gélatine,  d'huile 
et  de  craie,  ne  contient  aucune  substance  caustique  pouvant 
avoir  une  action  sur  les  couleurs. 

Reste  à  voir  encore  si  l'opération  terminée,  la  peinture, 
faite  par  un  procédé  très  délicat  de  détrempe,  de  peinture  à 
l'œuf  ou  à  l'eau,  résistera  à  l'opération  du  collage,  c'est-à-dire 
si  elle  offrira  une  couche  suffisamment  épaisse  pour  ne  pas 
disparaitre  complètement  dans  la  colle. 

Le  plus  sage  serait  de  faire  une  expérience  sur  une  des 
voûtes  où  la  couleur  a  totalement  disparu.  On  peindrait  cette 
partie  avec  des  couleurs  imitant  les  tons  des  originaux  par 
un  procédé  qui  s'en  rapproche  à  Peau,  à  l'œuf  ou  à  la 
détrempe  sans  aucun  empâtement.  Puis  on  essaierait  l'enlè- 
vement de  cette  peinture  nouvelle.  En  cas  de  réussite  au 
moins  partielle,  on  risquerait  l'opération  sur  les  peintures 
anciennes. 

En  cas  de  non-réussite  de  l'essai,  il  ne  resterait  qu'à  laisser 
périr,  de  leur  mort  naturelle  ces  beaux  vestiges  artistiques. 

(ji.ifer»iié        —  Lors  de  la  réunion  préparatoire  à  la  séance  générale 
peintre,     du  mois  d'octobre  1901 ,  un  membre  correspondant  a  signalé 
l'état  de  délabrement  dans  lequel  se  trouvent  les  peintures 
monumentales  du  vestibule  de  l'Université  de  Gand. 

Il  a  été  décidé  qu'une  inspection  de  ces  œuvres  d'art  serait 
faite  lors  d'un  prochain  voyage  à  Gand. 
Cette  visite  a  eu  lieu  le  25  février  1902. 


monumenlalet. 


—  75  — 

Il  a  été  constaté,  en  effet,  que  certains  panneaux  décoratifs 
sont  dans  un  état  lamentable.  Nulle  part,  en  Belgique,  on 
ne  trouverait  un  second  exemple  d'une  destruction  aussi 
complète  et  aussi  rapide,  il  y  a  à  peine  25  ans  que  ces  pein- 
tures existent.  Aussi,  cette  situation  déplorable  provient 
surtout  de  négligences  coupables  dans  la  surveillance  et 
l'entretien  des  gouttières.  La  situation  de  celles-ci  est  telle 
que  les  eaux  s'infiltrent  dans  certains  murs,  les  salpètrent  et 
rongent  littéralement  les  tableaux. 

D'un  autre  côté,  l'aérage  et  le  chauffage  de  la  salle  sont 
nuls;  l'humidité  de  l'atmosphère  se  condense  sur  les  murs 
froids  et  baigne  constamment  les  peintures.  Enfin,  le  mur 
ouest  est  exposé  directement  aux  vents  humides  sans  le 
moindre  abri.  Toutes  ces  causes  contribuent  encore  à 
aggraver  la  situation. 

Si  l'on  vent  éviter  à  brève  échéance  la  destruction  totale 
desdites  peintures,  il  est  de  la  plus  grande  urgence  de 
prendre  les  mesures  suivantes  : 

1°  Mettre  obstacle  aux  infiltrations  d'eau  provenant  des 
gouttières  par  une  double  disposition  de  couverture  entre  la 
rotonde  et  le  vestibule; 

2#  Recouvrir  d'ardoises  ou  de  zinc  les  murs  à  l'extérieur 
du  côté  ouest;  il  sera  même  prudent  de  faire  semblable 
opération  au  côté  est;  * 

3#  Aérer  convenablement  le  vestibule  en  y  établissant  des 
courants  d'air  facultatifs  ;  y  établir  un  système  de  chauffage. 

Il  importera,  d'autre  part  : 

1°  D'augmenter  l'éclairage  central  de  la  coupole  ; 

2°  De  supprimer  facultativement  le  jour  aux  deux  extre- 
mis au-dessus  des  panneaux  peints. 


i  ■  ■ 


—  76  — 

Les  jours  latéraux  font  le  plus  grand  tort  à  l'effet  artistique 
desdites  peintures;  en  les  supprimant  facultativement  et  en 
augmentant  la  lumière  centrale,  la  situation  sera  sensible- 
ment améliorée. 

Quand  on  aura  remis  les  murs  en  bon  état,  on  devra 

prendre  les  mesures  nécessaires  pour  faire  restaurer  ces 

peintures  d'une  grande  importance  artistique. 

£fii»e  —  Il  a  été  procédé,  le  19  mars  1902,  à  l'examen  du 

viiwii.      vitrai|  spécimen  placé  dans  le  chœur  de  l'église  de  Geys- 

tingen  (Limbourg). 

Il  résulte  de  cet  examen  que  la  série  de  vitraux  pour 
l'exécution  de  laquelle  un  subside  a  été  promis  sur  les  crédits 
des  Beaux-Arts  peut  être  continuée  et  que  la  promesse  du 
subside  précité  peut  être  maintenue. 

Il  conviendra  toutefois  de  recommander  à  l'artiste  de 

modérer  l'emploi  du  jaune  dans  la  poursuite  de  son  œuvre 

et  de  bien  étudier  la  caractéristique  des  saints  à  représenter. 

frise  —  Le  18  mars  1902,  il  a  été  procédé  à  l'examen  du 

d«  HajMé. 

dé^Siu.  chemin  de  la  croix  placé  dans  l'église  de  Saint-Pierre,  à 
Huysse  (Flandre  orientale). 

Celte  entreprise  ayant  été  effectuée  dans  de  très  bonnes 

conditions,  il  y  a  lieu  d'autoriser  la  liquidation  du  subside 

promis  par  le  Département  de  l'Agriculture,  en  vue  de  sa 

réalisation. 

egiii*  —  Il  a  été  procédé,  le  25  février  1902,  dans  l'atelier  de 

de  l>*wl*rteetiw.  ■ 

Tombe*.,  n  Rooms>  à  l'examen  du  tombeau  de  la  famille  de  Liede- 
kerke  que  cet  artiste  est  chargé  de  restaurer  et  de  replacer 
dans  l'église  de  Denderleeuw  (Flandre  orientale). 

M.  Rooms  procède  d'une  façon  très  judicieuse;  il  rétablit 
sur  le  monument  même,  au  moyen  de  plâtre,  les  parties 


—  77  — 

manquantes  on  celles  qui  ont  subi  des  avaries.  Quand  le 
monument  sera  ainsi  complété,  il  passera  à  l'exécution  en 
pierre  des  parties  à  restaurer. 

L'entreprise  parait  en  bonne  voie  d'exécution. 

On  a  conseillé  à  l'artiste  : 

1°  De  compléter  les  montants  extrêmes  par  des  pinacles, 
lesquels  semblent  avoir  existé  autrefois;  ce  complément, 
parait  indispensable  ; 

2°  D'établir  contre  les  mêmes  montants  de  petits  dais 
pour  abriter  les  statuettes  qui,  sans  aucun  doute,  y  étaient 
appliquées,  leurs  supports  ou  socles  étant  encore  en 
place; 

3°  De  couvrir  le  monument  d'une  voûte  légère  ;  certains 
indices  permettent  de  conclure  que  l'œuvre  primitive  était 
couronnée  de  cette  façon. 

M.  Rooms  a  été  engagé  à  revoir  la  partie  restituée  de 
l'ornement  supportant  les  armoiries,  dont  la  courbe  manque 
d'élégance. 

—  L'examen  auquel  il  a  été  procédé,  le  11  mars  1902,     Monument 

ily  baron 

de  la  maquette  du  monument  à  ériger  à  Arlon  (Luxem-  *ly:jJv0,*,B 
bourg),  à  la  mémoire  de  M.  le  baron  Edouard  Orban  de      hArt0B' 
Xivry,  a  donné  lieu  aux  observations  suivantes  : 

1*  Donner  au  médaillon  la  forme  circulaire  au  lieu  de  la 
forme  ovale  ; 

V  Améliorer  les  profils  du  soubassement  du  monument 
surtout  ceux  de  la  face  principale; 

3'  Supprimer  les  rainures  dans  le  mur  de  soutènement; 

4°  Simplifier  la  plinthe  de  la  balustrade; 

3°  Examiner  si  on  ne  pourrait  simplifier  le  sommet  des 
deux  pilastres  d'avant. 


—  78  — 

t\>ur  la  grille,  on  donne  la  préférence  au  projet  le  pins 
simple. 

Il  y  a  lieu  de  conseiller  à  l'artiste  de  supprimer  le  lion  ; 
c'est  un  motif  très  difficile  à  traiter  et  qui  n'ajoutera  rien  à 
l'effet  d'ensemble  du  monument. 
MoDom«Dt        —  A  la  demande  de  M.  De  Vreese,  il  a  élé  procédé,  dans 

commemoratif  '  r  ' 

d^e^Md^br.  l'atelier  de  cet  artiste,  à  l'examen  de  la  maquette  du  monu- 
ment commémoratif  de  la  Bataille  des  Éperons  d'or,  laquelle 
comporte  les  changements  indiqués  dans  le  rapport  du 
26  avril  1904. 

L'ensemble  de  cette  maquette  a  paru  satisfaisant.  On  a 
seulement  fait  à  l'artiste  quelques  observations  de  détails 
dont  il  tiendra  compte  lors  de  la  poursuite  de  son  entreprise. 

Le  travail  de  M.  De  Vreese  est  arrivé  au  point  où  il  y  a 
lieu  de  lui  délivrer  l'acompte  auquel  il  a  droit  en  vertu  de 
son  contrat. 

CONSTRUCTIONS  CIVILES. 

La  Commission  a  adopté  : 
orphelin        1°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  des  façades  de 

et  hospice 

dM  »c£onïm'  l'orphelinat  et  de  l'hospice  des  Chartriers,  a  Mons  (Hainaut); 
Mai»»  2°  Le  projet  concernant  la  construction  d'une  maison 

communale 

deDiibeek.  communale  à  Dilbeek  (Brabant).  L'auteur  a  tenu  compte, 
dans  la  mesure  du  possible,  des  observations  qui  lui  avaient 
été  faites;  dans  ces  conditions,  la  majorité  des  membres 
présents  de  la  Commission,  cinq  voix,  a  estimé  qu'il  y  avait 
lieu  de  viser  les  plans,  tout  en  regrettant  qu'ils  n'aient  pas 
été  rédigés  dans  le  sens  indiqué  au  précédent  rapport  (style 
flamand);  la  minorité,  trois  voix,  insistant  sur  ce  qu'avait 


.—  79  -— 

demandé  le  Collège  et  sur  ce  qui  n'a  pas  été  fait,  a  rejeté  les 
plans. 

—  L'altenlion  de  la  Commission  ayant  été  appelée  sur      Mai»» 

*  '  '  communale 

des  travaux  de  restauration  que  Ton  exécute  à  la  maison  d,°feryMChc- 
communale  d'Overyssche  (Brabanl),  édifice  que  Ton  signa- 
lait comme  ayant  quelque  valeur  artistique,  il  a  été  procédé, 
le  10  mars  1902,  à  l'inspection  de  ce  bâtiment. 

M.  Du  mortier,  membre  du  Comité  des  correspondants, 
assistait  à  cette  inspection. 

La  construction  dont  il  s'agit  parait  avoir  eu  une  certaine 
importance  autrefois,  mais  elle  a  subi  de  telles  transforma* 
tions  qu'elle  est  aujourd'hui  absolument  nulle  au  point  de 
vue  architectural.  La  remettre  dans  son  état  primitif,  en 
supposant  que  cela  soit  praticable  en  présence  du  peu  d'élé- 
ments archilectoniques  qui  en  subsistent,  aboutirait  à  une 
reconstruction  à  peu  près  totale  et  à  une  restitution  pure- 
ment hypothétique. 

Dans  ces  conditions,  il  ne  reste  qu'à  laisser  continuer  les 
travaux  de  restauration  entrepris  par  les  soins  de  l'Adminis- 
tration communale  dans  les  conditions  où  ils  ont  été  entamés, 
c'est-à-dire  en  réparant  purement  et  simplement  ce  qui 
existe. 

—  L'Administration  communale  d'Anvers  a  acquis,  il  y     Ancienne 

Boucherie 

a  quelque  temps,  l'ancienne  Boucherie  de  cette  ville,  classée     enfers. 
parmi  les  monuments  dont  la  conservation  est  d'intérêt 
public. 

Cet  édifice,  qui  est  destiné  à  recevoir  le  dépôt  des  archives 
de  la  ville,  nécessite  des  travaux  de  restauration  importants. 

Avant  de  faire  dresser  un  projet  complet  et  définitif  de  ces 
travaux,  la  ville  désire  pouvoir  faire  exécuter,  à  titre  d'essai, 


—  80  — 

quelques  restaurations,  du  côté  le  moins  en  vue,  à  la  façade 
nord-ouest. 

La  visite  à  laquelle  il  a  été  procédé,  le  7  avril  1902,  a 
démontré  que  le  système  de  procéder  d'abord  à  un  essai  de 
restauration  doit  être  encouragé.  C'est  le  meilleur  moyen 
d'établir  un  accord  entre  les  diverses  autorités  quant  aux 
limites  à  assigner  à  cette  restauration.  Une  fois  cet  accord 
intervenu,  l'entreprise  pourra  s'exécuter  sans  interruption 
dans  des  conditions  satisfaisantes  d'après  le  type  arrêté. 
Toutefois,  l'échantillon  dont  il  s'agit  ne  doit  être  établi  que 
sur  une  très  minime  surface. 

Dans  tous  les  cas,  la  restauration  devra  être  bornée  au 
strict  nécessaire,  de  façon  à  conserver  au  monument  le 
caractère  ancien  qu'il  a  aujourd'hui  et  qui  donne  tant  de 
charme  à  cette  vénérable  construction. 

On  ne  pourra  renouveler  que  les  matériaux  absolument 
trop  détériorés  pour  être  maintenus  en  place  ou  dont  l'état  de 
vétusté  pourrait  compromettre  la  conservation  ou  la  solidité 
du  bâtiment.  Gomme  pour  le  renouvellement  des  pierres  et 
des  briques,  le  rejointoyage  se  fera  en  recherche;  on  devra 
se  borner  à  boucher  les  seuls  joints  ouverts  et  surtout  ne  pas 
empiéter  sur  les  matériaux.  Dans  ce  but,  le  rejointoyage 
devra  être  opéré  légèrement  en  creux,  c'est-à-dire  semblable 
à  l'ancien. 

Il  doit  être  entendu  qu'avant  d'entamer  aucun  travail  de 
restauration,  on  fera  exécuter  des  photographies  de  l'édifice 
à  une  assez  grande  échelle.  Ces  documents  constitueront  un 
procès-verbal  de  la  situation  du  monument  avant  sa  restau- 
ration et  permettront  de  contrôler  constamment  si  les  travaux 
se  poursuivent  dans  les  limites  d'une  stricte  nécessité. 


—  81  — 

Gomme  la  Commission  n'a  pas  été  saisie  officiellement  de 
la  question  des  abords,  elle  s'est  abstenue  ici  de  s'en  occuper. 

ÉDIFICES  RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

Ont  été  revêtus  du  visa  : 

i°  Le  projet  relatif  à  la  construction  d'un  presbytère  à  rt^35J2ÎJt 
Stembert  (Liège)  ;  architecte,  M.  Monseur  ;  iïSSïèii 

2*  Le  projet  relatif  à  la  construction  d'un  presbytère  à 
Molenbeek-Sainl-Jean  (Brabant);  architecte,  M  Janssens; 

3°  Le  projet  concernant  la  construction  d'un  presbytère  à 
Bouny,  commune  de  Romsée  (Liège)  ;  architecte,  M.  Soubre  ; 

4°  Le  projet  relatif  à  la  construction  du  presbytère  de 
Wesembeek  (Brabant);  au  cours  de  l'exécution  des  travaux, 
il  conviendra  que  l'auteur,  M.  Syraons,  ajoute  un  dormant 
en  bois  à  la  porte  d'entrée,  afin  de  lui  donner  un  aspect  un 
peu  plus  important;  qu'il  se  borne,  pour  les  châssis,  à 
l'exécution  d'une  seule  traverse  ; 

5°  Le  projet  concernant  l'agrandissement  du  presbytère 
de  Mont  (Namur),  sous  la  réserve  qu'il  sera  tenu  compte 
des  recommandations  faites  par  M.  l'architecte  provincial, 
dans  son  rapport  du  7  mars  1902;  architecte,  M.  Lange; 

6°  Le  projet  d'agrandissement  du  presbytère  de  Merxplas 
(Anvers)  ;  architecte,  M.  Taeymans  ; 

7°  Le  projet  relatif  à  la  construction  de  dépendances  au 
presbytère  de  Surice  (Namur); 

8°  Le  projet  de  restauration  du  presbytère  d'Hacquegnies 
(Hainaut)  ;  architecte,  M.  Clinquart. 


—  82  — 


ÉGLISES.  -  CONSTRUCTIONS  NOUVELLES. 


(frite 

de  Ueignée. 


Eglise 
de  l\ecog ne. 


ÉgliM 

de  Liedekerke. 

Église 
de  Boston* 


Eglise  de  Loox. 


Église 
de  Cambron- 
Casleau* 


Église 

de  Herflellogen. 


Église 
de  Milmort. 


La  Commission  a  visé  les  plans  relatifs  à  la  construction 
d'églises  : 

1*  A  Beignée,  sous  Ham-sur-Heure  (Ilainaul),  sous 
réserve  de  prolonger  les  pilastres  de  la  grande  nef  jusqu'à 
la  corniche,  d'alléger  la  corniche  sous  la  flèche  et  de  revoir 
l'amortissement  du  pied  de  la  flèche  qui  ne  se  raccorde  pas 
bien  à  la  maçonnerie  de  la  tour,  la  hauteur  des  pénétrations 
étant  insuffisante;  architecte,  M.  Dosveld; 

2°  A  Recogne,  commune  de  Noville  (Luxembourg),  à  la 
condition  de  tenir  compte  des  recommandations  faites  par 
le  comité  diocésain  d'art  chrétien;  architecte,  M.  Cupper; 

3°  A  Liedekerke  (Brabanl);  architecte,  M.  Van  Roeleo; 

4°  A  Bosson,  sous  Wêrbomonl  (Liège),  sous  réserve 
d'alléger  la  base  de  la  flèche  et  d'orienter  l'édifice  en  l'éri- 
geant parallèlement  à  l'alignement  de  la  roule;  architecte, 
M.  E.  Demany. 

Ont  aussi  été  visés  les  projets  relatifs  : 

4°  A  l'agrandissement  et  à  la  restauration  de  l'église  de 
Looz  (Limbourg).  L'attention  des  architectes,  MM.  Lenerlz 
et  Martens,  a  été  appelée  sur  l'utilité  d'étudier  avec  soin 
l'emplacement  destiné  au  buffet  d'orgue,  de  façon  qu'il  ne 
masque  pas  la  fenêtre  de  la  façade  principale  de  l'édifice; 

2°  A  l'agrandissement  de  l'église  de  Cambron-Castcau 
(Hainaut);  architecte;  M.  Sonneville; 

3°  A  l'agrandissement  de  l'église  de  Herffelingen  (Bra- 
bant);  architecte,  M.  Demaeght; 
.    4°  A  l'agrandissement  et  à  la  restauration  de  l'église  de 


—  83  -* 

Milmort  (Liège).  L'attention  de  l'architecte,  M.  Lohest,  a 
été  appelée  sur  l'escalier  du  jubé,  qui  parait  trop  important  ; 
sur  le  nombre  de  portes  d'entrée,  qui  pourrait  être  diminué; 
sur  le  porche,  qui  est  trop  vaste.  Cet  artiste  a  été  engagé 
aussi  à  abaisser  un  peu  le  seuil  de  la  fenêtre  éclairant  le  jubé 
et  h  supprimer  la  corniche  du  pied  de  la  flèche.  Avant  de 
passer  à  l'exécution  des  travaux,  il  conviendra  que  M.  Lohesl 
fournisse  un  profil  longitudinal  de  la  route  avec  indication 
de  l'escalier  d'accès  à  l'église;  qu'il  étudie  à  nouveau  cet 
escalier  ainsi  que  le  mur  avec  grillage  de  clôture. 

Ainsi  que  les  projets  ci-après  : 

5°  Établissement  d'un  pavement  dans  l'église  d'Engs-      £,»« 

d*EDg»bergeiu 

berge n,  sous  Tessenderloo  (Limbourg),  et  construction  de 
dépendances  à  cet  édifice; 

6°  Établissement  d'un  carrelage  dans  le  chœur  de  l'église  é8um  de  H»eien. 
de  Haeien  (Limbourg)  et  placement  de  meubles  dans  cet 
édifice.  Au  cours  de  l'exécution  du  maître-autel  il  y  aura 
lieu  de  prolonger  davantage  la  marche  supérieure;  telle 
qu'elle  figure  au  plan,  sa  disposition  offrirait  du  danger  pour 
les  officiants  lors  des  grandes  cérémonies  religieuses;  archi- 
tecte, M.  Lenertz; 

V  Agrandissement  du  jubé  de  l'église  d'Aye  (Luxem-   M^Aye. 
bourg);  architecte,  M.  Gupper; 

8"  Achèvement  de  la  tour  de  l'église  de  Jehanster,  sous      Édite. 
Polleur (Liège);  architecte,  M.  Vivroux; 

El,  enfin,  les  dessins  d'objets  mobiliers  destinés  aux  objeu  mobilier* 

d'églises. 

églises  de  : 
Bouckhout  (Limbourg)  :  buffet  d'orgue  ; 
Nimy  (Hainaut)  :  buffet  d'orgue; 
Fontaine- Valmonl  (Hainaut)  :  mobilier  complet  ; 


1 


-  84  — 

Notre-Dame-Auxiliatrice,  à  Tournai  (Hainaut)  :  buffet 
d'orgue  ; 

Suxy  (Luxembourg)  :  deux  autels  latéraux  et  banc  de 
communion  ; 

Florenville  (Luxembourg)  :  buffet  d'orgue  ; 

Montplainchamps  (Luxembourg)  :  deux  autels  latéraux  et 
chaire  à  prêcher  ; 

Denderleeuw  (Flandre  orientale)  :  mobilier  complet; 

Smetlede  (Flandre  orientale)  :  raaitre-autel  et  stalles  ; 

Boucle-Sainl-Denis  (Flandre  orientale)  :  mobilier  complet; 

Leeuw-Saint-Pierre  (Brabant)  :  autel  dédié  à  la  Sainte- 
Vierge  ; 

Pont-au-Ry,  commune  de  Mettet  (Namur)  :  deux  confes- 
sionnaux ; 

Steendorp  (Flandre  orientale)  :  maitre-autel  et  stalles; 

Neeroeleren  (Limbourg)  :  chaire  à  prêcher. 
egiitedê         —  Il  a  été  procédé,  le  25  novembre  1901 ,  à  la  visite  des 

Saiute-Walburff,  f 

>Furnor  travaux  d'agrandissement  et  de  restauration  de  l'église  de 
Sainte- Walburge,  à  Fumes,  de  concert  avec  M.  Van  Ruym- 
beke,  membre  du  Comité  des  correspondants  de  la  Flandre 
occidentale. 

Cette  visite  avait  surtout  pour  but  d'apprécier  si  les  con- 
structions romanes,  restes  de  l'église  primitive  dont  quelques 
parties  subsistent  encore,  sont  suffisamment  intéressantes 
pour  mettre  obstacle  au  prolongement  éventuel,  soit  partiel, 
soit  total  de  l'église. 

Un  examen  minutieux  de  ces  restes  de  la  vieille  église  a 
démontré  que  leur  valeur  architeclonique  n'a  pas  l'impor- 
tance qu'on  parait  leur  avoir  attribuée.  Sans  doute,  ils 
offrent  un  certain  intérêt  archéologique  et  un  aspect  véné- 


—  85  — 

rable;  il  est  même  probable  que  ce  sont  les  débris  de  l'église 
édifiée  par  Baudouin  III  dit  le  jeune.  Mais  il  n'y  a  plus  là 
aucun  élément  architectonique  important  ni  aucun  détail 
marquant  On  n'y  retrouve  môme  plus  une  arcade  complète 
de  la  nef  ni  de  sa  galerie  haute  ou  triforium.  Il  ne  reste,  en 
définitive,  que  quelques  pans  de  murs  en  moellons  ayant 
subi  de  nombreux  et  importants  bouleversements  et  des 
remaniements  opérés  au  moyen  de  briques. 

Si,  il  y  a  quelques  années,  on  a  insisté  pour  obtenir  la 
conservation  de  ces  restes  archéologiques,  c'est  parce  qu'ils 
ne  contrariaient  guère  le  travail  d'agrandissement  tel  qu'il 
avait  été  arrêté  à  celte  époque.  Mais  aujourd'hui  qu'un 
agrandissement  plus  important  est  réclamé  et  qu'il  est 
sérieusement  question  de  réserver  la  possibilité  de  pour- 
suivre un  jour  l'achèvement  de  cette  splendide  église  sur 
tout  le  développement  que  les  chanoines  du  xiit*  siècle 
avaient  conçu,  on  ne  saurait  hésiter  un  seul  instant  à  sacri- 
fier ces  quelques  pans  de  murailles  croulantes. 

Si,  à  défaut  de  ressources  on  ne  peut  songer  à  réaliser  dès 
maintenant  cette  idée  grandiose,  il  importe  au  moins  que 
Ton  ne  fasse  pas  des  travaux  qui  auraient  pour  conséquence 
d'en  empêcher  la  réalisation  future.  Bien  plus,  il  semble  que 
Ton  doive  faciliter  celte  solution,  désirable  à  tous  les  points 
de  vue,  en  la  préparant  dès  aujourd'hui  par  l'édification 
immédiate  d'une  couple  de  travées  des  nefs.  A  cet  effet,  les 
murs  intérieurs  édifiés  à  tort  entre  les  colonnes  du  transept 
et  entre  ces  colonnes  et  le  vieux  mur  roman  doivent  dispa- 
raître immédiatement. 

À  la  demande  de  la  Commission,  M.  Van  Assche  a 
diminué  l'importance  de  la  flèche  centrale;  au  cours  de 


—  86  — 

l'éxecution  des  travaux,  il  fera  bien  de  remplacer  les  trompes 
des  tourelles  par  des  culs-de-lampe.  On  l'a  engagé  aussi  à 
examiner  s'il  n'y  aurait  pas  lieu  de  faire  passer  le  triforium 
devant  la  grande  fenêtre  du  transept. 

Gomme  il  est  probable  que  l'édifice  ne  sera  pas  tout  à  fait 
achevé  d'ici  à  longtemps,  il  semble  qu'on  ne  puisse  se 
dispenser  d'ériger  une  façade  un  peu  plus  complète  que  si 
elle  était  absolument  provisoire.  La  dépense  n'en  sera  guère 
plus  élevée  et  si,  plus  lard,  on  reprend  les  travaux  de  parfait 
achèvement,  la  partie  à  démolir  ne  sera  pas  bien  considé- 
rable. 

Les  travaux  de  construction  du  transept,  en  voie  d'exé- 
cution, s'effectuent  d'une  façon  convenable.  On  doit  toutefois 
regretter  que  l'on  ail  construit  en  pierre  et  non  en  brique 
le  larmier  de  la  petite  fenêtre  du  transept  sud.  II  n'y  a  pas, 
dans  tout  l'édifice,  d'exemple  de  larmier  en  pierre. 

Une  fenêtre  des  chapelles  du  pourtour  du  chœur  a  été 
restaurée  il  y  a  quelques  années.  Ce  travail  est  loin  d  être 
irréprochable;  les  pierres  des  réseaux  sont  médiocrement 
taillées  et  les  briques  mises  en  œuvre  sont  d'une  tonalité 
beaucoup  troprougequi  contraste  avec  les  briques  anciennes. 
En  ce  qui  concerne  cette  tonalité  de  brique,  pourquoi  ne 
pas  imiter  à  Furnes  ce  que  l'on  fait  si  bien  à  Nieuport? 
Pourquoi  tout  au  moins  ne  pas  rapprocher  la  manière  de 
Furnes  de  la  bonne  manière  de  Nieuport?  Tous  les  membres 
de  la  Commission  royale  attirent  sur  ce  point  la  très  sérieuse 
attention  de  leur  distingué  collègue,  M.  Van  Assche,  le 
maître  des  deux  œuvres. 

Les  abords  de  l'église  de  Sainte- Walburge  sont  très  mal 
entretenus.  L'humidité  y  séjourne  en  permanence  par  suit 


—  87  — 

de  fumiers,  de  monceaux  d'ordures,  e(c,  accumulés  contre 
les  murs  de  l'édifice  par  les  habitants  des  maisons  dont  les 
cours  touchent  à  l'église.  II  importe  que  l'on  prenne  des 
mesures  immédiates  pour  mettre  fin  à  cette  situation  qui 
peut  compromeltre  la  solidité  du  monument. 

L'église  de  Sainte-Walburge  possède  un  beau  triptyque 
de  Karel  Van  Yprc,  dont  le  panneau  central  est  enchâssé 
dans  la  boiserie  de  l'autel  de  Sainte-Catherine,  tandis  que 
les  volets  sont  accrochés  au  mur  du  transept.  Cette  œuvre 
importante  parait  nécessiter  quelques  mesures  de  conser- 
vation. H  y  aura  lieu  d'en  profiter  pour  réunir  les  trois 
panneaux  à  l'effet  d'en  constituer  un  retable  d'autel. 

—  Il  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  été  procédé,  le  <««■•*■  t*i«*. 
90  mars  1902,  que  le  terrain  destiné  à  l'emplacement  de  la 
nouvelle  église  du  Tuquet,  sous  Mouscron  (Flandre  occi- 
dentale), est  convenable. 

Rien  n'empêche  d'orienter  l'édifice  tout  en  respectant  les 
intérêts  des  donateurs  de  l'emplacement,  la  partie  de  terrain 
réservée  par  eux,  pour  la  bâtisse,  étant  sensiblement  la 
même,  l'église  étant  orientée  ou  non. 

D'autre  part,  les  craintes  émises  par  le  conseil  de  fabrique 
en  ce  qui  concerne  l'aspect  défavorable  que  présenterait 
l'édifice  érigé  parallèlement  à  la  chaussée,  ne  sont  nullement 
fondées.  Cet  effet  sera  supérieur  au  point  de  vue  architec- 
tural et  pittoresque  à  celui  qu'il  présenterait  si  la  façade 
principale  seule  était  vue. 

On  ne  tient  pas  suffisamment  compte  des  avantages 
incontestables  qui  résultent  de  la  bonne  orientation  des 
édifices  religieux.  D'abord  il  est  toujours  désirable  de  voir 
respecter  une  ancienne  tradition    liturgique;  ensuite,   il 


—  88  — 

importe  de  ne  pas  perdre  de  me  que  cette  tradition  est  aussi 
en  correspondance  avec  les  exigences  de  notre  climat.  Sous 
ce  rapport,  l'église  du  Tuquet  a  plus  besoin  encore  que 
d'autres  d'être  orientée.  Le  terrain  sur  lequel  elle  sera  assise 
est  situé  sur  une  colline  en  déclivité  vers  l'ouest.  Il  en  résulte 
que  l'édifice  sera  particulièrement  exposé  aux  vents  violents 
et  humides.  Il  est  donc  indispensable  de  le  protéger  dans  la 
mesure  du  possible  en  exposant  aux  mauvais  vents  Tune  de 
ses  petites  faces.  De  plus,  la  tour  étant  placée  à  l'ouest,  elle 
protégera  toute  la  partie  haute  du  vaisseau. 

Ces  considérations,  dictées  par  l'expérience,  méritent  de 
fixer  l'attention  des  autorités  locales  chargées  de  l'entretien 
du  monument.  Or,  l'entretien  d'une  église  qui  présente  l'un 
de  ses  flancs  à  l'ouest  est,  à  la  campagne  surtout,  à  peu 
près  impossible.  En  tous  cas,  c'est  un  entretien  très  coû- 
teux qui  ne  suffit  même  pas  à  arrêter  la  ruine  de  la  con- 
struction. 

De  nombreux  exemples  de  constructions  érigées  il  y  a  peu 
d'années  et  qui  sont  déjà  dans  un  état  de  conservation 
déplorable  sont  là  pour  nous  avertir  qu'il  faut  absolument 
tenir  la  main  à  ce  que  toute  nouvelle  église  soit  orientée  à 
moins  d'impossibilité  manifeste  résultant  de  la  situation  des 
lieux.  Ce  cas  n'existe  pas  ici  ;  par  conséquent,  il  importe  que 
l'édifice  soit  érigé  conformément  au  nouveau  tracé  joint  au 
dossier.  Si  la  construction  telle  qu'elle  figure  à  ce  tracé  est 
trop  rapprochée  de  la  rue  du  côté  du  chœur,  rien  n'empêche 
de  la  reculer  un  peu  vers  l'ouest  ou  de  remanier  la  dispo- 
sition des  sacristies. 

A  la  demande  du  Collège,  M.  l'architecte  Garette  a  apporté 
aux  plans  de  l'église  quelques  modifications.  Il  a  également 


—  89  — 

revu  le  projet  do  presbytère.  Ces  projets  étant  susceptibles 
d'être  mis  à  exécution,  ont  reçu  le  visa. 
—  Il  résulte  d'une  inspection  à  laquelle  il  a  été  procédé,      ch*pèiie 

ri  r  do  S»intf-MarW\ 

le  13  mars  1902,  que  la  chapelle  de  Sainte-Marie,  à  Ans      É  Am- 
(Liège),  n'est  pas,  à  beaucoup  près,  suffisante  pour  les 
besoins  du  culte.  Cette  chapelle,  ou  plutôt  cette  espèce  de 
hangar,  ne  peut  guère  contenir  que  250  personnes,  alors 
que  la  population  de  la  paroisse  atteint  environ  2,400  âmes. 

C'est  d'ailleurs  une  construction  aussi  insalubre  que 
chétive,  élevée  dans  les  conditions  les  plus  parcimonieuses. 
Il  n'y  a  pas  de  plafond,  la  hauteur  intérieure  est  insuffisante. 
La  toiture  est  en  zinc;  enlevée  totalement  avec  sa  charpente 
et  le  sommet  des  murs,  l'année  dernière,  par  un  ouragan, 
elle  a  encore  été  menacée  d'une  catastrophe  semblable,  il  y 
a  peu  de  temps.  Il  est  même  urgent  de  se  préoccuper  de 
celle  situation  dont  il  pourrait  résulter  des  accidents 
graves. 

La  nécessité  de  doter  cette  importante  paroisse  d'une 
église  convenable  est  évidente;  la  situation  actuelle  ne  peut 
que  s'empirer,  la  population  augmentant  d'une  façon  con- 
stante. Partant  de  ce  point  de  vue,  on  doit  même  se 
demander  si  la  superficie  indiquée  au  projet  soumis  pour  la 
construction  de  la  nouvelle  église,  est  suffisante.  Il  semble 
que  l'édifice  devrait  être  augmenté  au  moins^  d'une  travée. 
En  tous  cas,  la  tour  devrait  être  établie  en  avant  de  la  nef 
au  lieu  d'être  enclavée  dans  celle-ci.  Ce  parti  aura  encore 
pour  avantage  d'étendre  la  surface  réservée>ux  fidèles. 

L'emplacement  proposé  pour  le  futur  temple  est  conve- 
nable. Toutefois,  il  importera  d'établir  Taxe  de'la  construction 
de  façon  que  le  chœur  soit  dirigé  aussi  exactement  que 


—  90  — 

possible  vers  l'orient.  Il  n'y  a  nulle  nécessité  d'ériger  l'édifice 
perpendiculairement  à  la  chaussée. 

m  tfiife*»  —  A  la  demande  du  conseil  de  fabrique  de  Bilsen-la- 
Ville,  il  a  été  procédé,  le  5  mars  1909,  à  l'inspection  de 
l'église  paroissiale,  qui  doit  être  agrandie  et  restaurée. 

M.  l'abbé  Daniels,  membre  du  Comité  des  correspondants 
du  Limbourg,  assistait  à  cette  inspection. 

Il  s'agissait  surtout  d'examiner  quel  est  le  moyen  le  plus 
pratique  d'agrandir  l'édifice,  les  autorités  locales  ne  parais- 
sant pas  tout  à  fait  d'accord  sur  ce  point. 

Après  une  visite  attentive  de  toutes  les  parties  de  la  con- 
struction, il  a  été  reconnu  que  du  côté  de  la  tour,  comme 
du  côté  du  chœur,  il  ne  peut  être  question  d'opérer  des 
démolitions,  ces  parties  étant  les  plus  intéressantes  de 
l'édifice;  du  reste,  elles  figurent  au  tableau  des  édifices 
monumentaux  du  culte. 

Dans  cette  situation,  il  ne  reste  qu'un  parti  à  prendre, 
celui  d'étendre  l'église  latéralement,  en  élargissant  les  bas- 
côtés  dans  la  mesure  du  possible,  tout  en  restant  dans  les 
limites  imposées  par  les  nécessités  de  la  voirie. 

Le  plan  d'agrandissement  devra  être  combiné  de  façon 
que  les  faces  latérales  de  la  tour  restent  dégagées  le  plus 
possible. 

Il  conviendra  aussi  d'étudier  le  moyen  d'installer  le  jubé 
et  l'orgue  à  côté  du  chœur  dans  le  prolongement  de  la  basse 
nef  sud.  De  celle  façon  on  pourra  dégager  l'intérieur  de  la 
tour,  dont  la  superficie  est  importante,  en  a  (Te  c  ter  le  rez-de- 
chaussée  au  service  des  fidèles  et  mieux  assurer  l'éclairage 
de  la  haute  nef  vers  l'ouest. 
ÉgiiM  —  H  a  été  procédé,  le  19  mars  1902,  à  l'examen  du 

de  KenenicfcL. 


—  91  — 

maitre-autel,  de  la  chaire  et  du  banc  de  communion  placés 
dans  l'église  de  Kessenich. 

M.  l'abbé  Daniels,  membre  du  Comité  des  correspondants 
du  Limbourg,  assistait  à  cet  examen. 

Les  meubles  dont  il  s'agit  étant  convenablement  exécutés, 
il  y  a  lieu  d'autoriser  la  liquidation  du  subside  promis,  sur 
les  crédits  des  Beaux-Arts,  en  vue  de  leur  réalisation. 

L'église  de  Kessenich  possède  une  croix  triomphale  ayec 
les  statues  de  la  Sainte-Vierge  et  de  Saint-Jean.  Il  y  aura 
lieu  de  faire  remettre  ces  œuvres  d'art  à  leur  emplacement 
normal;  avant  cette  opération,  il  faudra  soumettre  aux 
autorités  compétentes  le  projet  de  renouvellement  de  la 
croix,  celle  qui  existe  étant  d'une  conception  et  d'une  exé- 
cution plus  que  médiocre  et  de  beaucoup  postérieure  aux 
figures. 

La  cuve  baptismale  en  pierre  est  intéressante;  elle 
remonte  à  la  dernière  période  ogivale.  Son  état  de  conser- 
vation est  satisfaisant. 

—  Il  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  été  procédé,  le  «ch«  primaire 
17  mars  1902,  que  les  objets  mobiliers  placés  dans  l'église 
primaire  de  Saint-Nicolas  (Flandre  orientale),  ont  été  exé- 
cutés dans  de  très  bonnes  conditions. 

Il  y  a  lieu,  en  conséquence,  d'autoriser  la  liquidation  du 
subside  promis  par  le  Département  de  l'Agriculture  en  vue 
de  ladite  entreprise. 

—  L'autel  latéral  placé  récemment  dans  l'église  de  Peer  M* *•  re«. 
(Limbourg),  a  fait  l'objet  d'un  examen,  le  19  mars  1902, 

de  concert  avec  M.  l'abbé  Daniels,  membre  du  Comité  pro- 
vincial des  correspondants. 
L'exécution  du  meuble  dont  il  s'agit  a  été  traitée  d'une 


—  92  — 

façon  satisfaisante.  Il  y  a  lieu,  conséquemmenl,  de  liquider 
le  subside  promis  pour  ce  travail  sur  les  crédits  des  Beaux- 
Arts. 

Il  est  urgent  d'appeler  l'attention  des  autorités  locales  sur 
l'état  de  dégradation  dans  lequel  se  trouve  la  tour  de  l'église 
de  Peer.  Cet  édifice  majestueux,  l'un  des  plus  importants  de 
la  Gampine  limbourgeoise,  se  détériore  d'une  façon  tellement 
rapide  par  suite  de  l'infiltration  des  eaux  pluviales  dans  les 
maçonneries,  que  bientôt  il  ne  sera  plus  possible  d'y  porter 
remède  sans  recourir  à  des  reconstructions  coûteuses  et 
regrettables. 

La  situation  est  grave;  l'autorité  communale  fera  bien  de 
s'en  préoccuper  activement,  sa  responsabilité  étant  fortement 
engagée  en  raison  des  accidents  qui  peuvent  se  produire 
d'un  moment  à  l'autre  par  la  chute  de  matériaux.  Il  est 
indispensable  que  les  travaux  les  plus  urgents  soient  effec- 
tués pendant  la  présente  campagne. 

d.s5Slrim«      —  "  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  été  procédé  que  le 
à  uZt^â:  mobi|ier  p|acé  dans  régl|se  de  saint-Pierre,  à  Sainl-Trond 

(Limbourg),  a  été  exécuté  d'une  façon  satisfaisante. 

En  conséquence,  il  peut  être  donné  suite  à  la  liquidation 
du  subside  alloué  par  le  Département  de  l'Agriculture  en 
vue  de  ladite  entreprise. 


TRAVAUX  DE  RESTAURATION. 

Le  Collège  a  revêtu  de  son  visa  : 
Ken»*  1*  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  la  tour  de  l'église 

«le  Hériter. 

de  Merlaer,  sous  Vorst  (Anvers).  Il  y  aura  lieu  toutefois,  au 


—  93  — 

cours  de  l'exécution  des  travaux,  de  lenir  compte  des  obser- 
vations formulées  par  le  comité  diocésain  d'art  chrétien, 
dans  son  rapport  du  3  décembre  1901  ;  architecte,  M  Taey- 
mans; 
2'  Le  projet  d'une  troisième  série  de  travaux  de  restau-       &:■« 

r      ¥  de  Sftint-Qttealio, 

ration  de  l'église  de  Saint-Quentin,  à  Lou vain  (Bra ban t);    àLooTain- 
architecte,  M.  Langerock; 
3°  Le  projet  de  travaux  de  restauration  à  effectuer  à    A  fe"* 

90  de  Doveate. 

l'église  de  Bovesse  (Namur)  ; 

4°  Le  projet  de  restauration  des  toitures  de  l'église  de  ^w *  dk*. 
Dhuy  (Namur);  architecte,  M.  Lange; 

5*  Le  projet  de  travaux  de  réparation  à  effectuer  aux  Un*  <i'o  !«*»•. 
toitures  de  l'église  d'Odeigne  (Namur)  ; 

6°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  de  travaux  de  restau-  M««  de  sibr*. 
ration  à    l'église   de  Sibret    (Luxembourg);    architecte, 
M.  Gupper; 

7°  Le  projet  concernant  l'exécution  de  travaux  de  répa-     £«<:•«•  d« 

Kon«su-ea-Pafme 

ration  à  l'église  paroissiale  de  Boussu-en-Fagne  et  à  l'annexe  "l  dc  GéronMrt- 
de  Géronsart  (Namur)  ;  architecte,  M.  Hautier; 
8°  Le  projet  de  travaux  de  réparation  à  effectuer  à  l'église      '(»«« 

de  Tongrinne. 

de  Toogrinne  (Namur)  ; 

9°  Le  projet  de  restauration    de  la    tour    de    l'église  M*  rfHingeon. 
d'Hingeon  (Namur);  architecte,  M.  Simon; 

10*  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Dochamps      *gii.e 

de  DochimiM. 

(Luxembourg)  ; 
11*  Le  projet  de  restauration  des  arcalures  intérieures  et      m* 

,,       ,         .  de  Nccroeterea. 

d  exécution  de  la  sculpture  des  culots  sous  ces  arcatures,  à 
l'église  de  Neeroeteren,  sous  la  réserve  qu'au  cours  des 
travaux  on  variera  davantage  la  sculpture  des  culots.  Si, 
comme  le  fait  remarquer  M.  l'architecte  provincial,   les 


—  M  — 

pierres  d'attente  n'ont  pas  les  dimensions  voulues  pour  qu'il 
soit  possible  d'exécuter  les  culots  tels  qu'ils  figurent  au 
dessin  soumis,  rien  n'empêche  de  lés  rendre  plus  petits.  En 
tous  cas,  il  ne  parait  pas  admissible  que  les  blocs  bruts  dont 
il  s'agit  aient  été  posés  pour  rester  tels  quels;  s'ils  n'ont  pas 
été  sculptés,  c'est  apparemment  par  suite  d'une  circonstance 
indépendante  de  la  volonté  du  constructeur  ; 
Éguie  12°  Le  projet  définitif  de  restauration  du  triforium  de 

de  Noire-Dame, 

■  nue*,     féglise  de  Notre-Dame,  à  Bruges  (Flandre  occidentale); 

architecte,  M.  De  Wulf  ; 
Et»*  13°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  de  travaux  de  restau* 

d'Aveceppetle.  r      ' 

ration  à  l'église  d'Àvecappelle  (Flandre  occidentale)  ;  sous 
la  réserve  de  varier  le  tracé  des  réseaux  des  fenêtres;  archi- 
tecte, M.  Nolf  ; 
érum  14°  Le  projet  de  restauration  de  la  tour  de  l'église  d'Elli- 

d'BHîgniee- 

saiDie-Aone.   gnies-Sainte-Anne  (Hainaut)  ;  architecte,  M.  Leborgne  ; 
égtiM  15°  Le   projet    concernant  la  restauration   de    l'église 

d'Ormeignie*.  r      J  ° 

d'Ormeignies  (Hainaut);  architecte,  M.  Risselin; 
Église  de  Moera.     16°  Le  projet  de  restauration  de  la  tour  de  l'église  de 
Moere  (Flandre  occidentale),  moyennant  de  tenir  compte 
des  observations  émises  par  M.  l'inspecteur-architecte  pro- 
vincial; architecte,  M.  Nolf; 
Et»»»*  47°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  la  toiture  du 

de  Mévergoie».  *       * 

clocher  de  l'église  de  Mévergnies  (Hainaut);  architecte, 
M.  Eyckmans; 
Égiue  dm!*».     18°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  d'Ellicom  (Lim- 
bourg);  architecte,  M.  Wellens; 
Église  49'  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  la  tour  de  l'église 

de  Waremme. 

de  Waremme  (Liège).  Au  cours  de  l'exécution  des  travaux, 
la  corniche  projetée  au  pied  de  la  flèche  devra  être  sup- 


—  95  — 

primée  ;  elle  produirait  an  effet  déplorable.  Il  conviendra 
aussi  que  le  devis  soit  rectifié  en  mettant  les  ardoises  indi- 
gènes en  concurrence  avec  celles  de  l'étranger  ;  architecte, 
H.  Bricteux. 

—  Il  a  été  procédé,  le  13  mars  1902,  à  l'inspection  de  **"••  **  Z"«>«. 
l'église  de  Zande  (Flandre  occidentale). 

L'édifice  dont  il  s'agit  est  complètement  débadigeonné 
tant  à  l'intérieur  qu'à  l'extérieur,  hormis  la  tour  qui  s'élève 
au  centre  du  transept. 

Les  murs  de  l'église  sont  fortement  lézardés  ;  la  majeure 
partie  des  contreforts  sont  disloqués  par  suite  de  tassements 
dus  aux  défauts  du  sol. 

Cet  édifice,  peu  intéressant,  a  clé  plusieurs  fois  modifié  à 
plusieurs  siècles  d'intervalle.  On  y  remarque  des  agrandis- 
sements de  nefs  et  aussi  des  traces  de  nefs  disparues. 

Les  voûtes  en  bardeaux,  de  bois  de  sapin,  n'offrent  rien 
de  remarquable  ;  les  meneaux  et  réseaux  des  fenêtres  qui 
primitivement  devaient  être  en  briques,  sont  aujourd'hui 
en  petit  granit. 

La  tour  seule  est  remarquable,  elle  parait  être  en  très  bon 
état.  Cette  tour  figure  déjà  dans  la  troisième  classe  des 
édifices  monumentaux  du  culte.  Il  n'y  a  pas  lieu  d'étendre 
le  classement  au  reste  de  l'église. 

—  Il  résulte  d'une  inspection  à  laquelle  il  a  été  procédé       figuu 

.  de  Hcppigoies. 

le  3  avril  1902,  de  concert  avec  MM.  Gador,  Devillers  et 
Hubert,  membres  du  Comité  des  correspondants  du  Hainaut, 
que  la  flèche  de  l'église  de  Heppignies  se  trouve  dans  un 
état  très  grave  ;  le  danger  d'écroulement  est  très  grand  ;  cet 
accident  pourrait  se  produire  d'un  moment  à  l'autre  en  occa- 
sionnant des  malheurs  irréparables.  Il  importe  donc  de 


—  98  — 

rangée  dans  ia  troisième  classe  des  monuments  du  culte. 
L'inspection,  qui  vient  d'en  être  faite,  ne  permet  point  d'en 
douter.  Ce  modeste  édifice  est  un  intéressant  type  de  petite 
église  rurale;  il  importe  conséquemment  d'aider  les*  admi- 
nistrations locales  à  le  conserver. 

Les  travaux  de  restauration  récemment  exécutés  sous  la 
direction  de  M.  l'architecte  De  Wulf  ont  été  effectués  avec 
beaucoup  de  soins.  Ceux  qui  restent  à  faire  pour  achever 
celle  restauration  sont  de  peu  d'importance  et  n'auront  guère 
d'influence  sur  les  budgets  des  pouvoirs  publics  appelés  à  y 
contribuer, 
tigit*  —  U  a  été  procédé,  le  25  février  1902,  à  l'examen,  sur 

de  Saint- Bavoo,  r 

àG«nd.  p|ace>  (fa  projet  relatif  à  la  reconstitution  des  entrées  primi- 
tives de  la  crypte  de  l'église  de  Saint-Bavon,  à  Gand. 

MM.  Van  Biesbroeck  et  Yanderhaegen,  membres  du 
Comité  des  correspondants  de  la  Flandre  orientale,  assis- 
taient à  cet  examen. 

L'escalier  donnant  actuellement  accès  à  la  crypte  doit 
disparaître  par  suite  de  l'installation  de  YHeilig  Graf  dans  le 
local  où  il  a  son  point  de  départ. 

D'un  autre  côté,  étant  donnée  l'importance  artistique  et 
archéologique  de  cette  vaste  crypte,  il  semble  nécessaire 
qu'elle  soit  desservie,  comme  Tétaient,  du  reste,  la  plupart 
des  cryptes,  par  deux  escaliers  et  que  ces  derniers  soient 
établis  dans  des  endroits  bien  visibles  et  d'un  accès  facile. 
On  atteindra  ce  but  en  rétablissant  tout  simplement  les  deux 
escaliers  primitifs  dans  leurs  dispositions  originelles;  ce  qui 
est  d'ailleurs  conforme  aux  principes  d'une  bonne  restau- 
ration. Il  faudra  veiller  toutefois  à  ce  que  la  première 
marche  descendante  de  chaque  escalier  n'avance  pas  plus 


—  99  — 

dans  le  transept  que  la  première  marche  mon  (an  te  de 
chacun  des  escaliers  donnant  accès  à  l'ambulatoire  du 
chœur. 

Le  rétablissement  des  entrées  primitives  de  la  crypte  est 
également  très  désirable  à  un  autre  point  de  vue  :  il  per- 
mettra de  reconstruire  immédiatement  les  parties  inférieures 
des  colonnes  témérairement  entaillées  au  xviii*  siècle  pour 
Installation  de  grandes  plaques  de  marbre.  Toutes  les 
colonnes  du  chœur  ont  subi  les  mêmes  mutilations;  on  les  a 
entamées  à  droite,  à  gauche,  à  une  grande  profondeur  dans 
leurs  œuvres  vives.  Il  n'est  pas  superflu,  la  Commission  l'a 
déjà  déclaré  en  1900,  de  se  préoccuper  de  cette  situation 
capable  de  compromettre,  à  un  moment  donné,  l'existence 
même  du  monument. 

Dans  la  crypte  sont  déposés  deux  grands  monuments 
funéraires  renaissance,  en  marbre,  qui  se  trouvaient  autre- 
fois dans  des  chapelles  du  pourtour  du  chœur,  d'où  on  a  dû 
les  enlever  pour  permettre  la  restauration  desdites  chapelles. 
Ces  monuments  ont  une  certaine  valeur  artistique  ou  histo- 
rique. On  devra  les  installer  contre  les  murs  de  l'entrée  sud- 
ouest  de  l'église,  à  l'exemple  de  ce  qui  a  été  fait,  à  l'intérieur 
de  la  tour,  pour  d'autres  monuments  de  même  provenance, 
et  où  ils  produisent  un  effet  satisfaisant. 

Par  un  rapport  du  4  décembre  1897,  la  Commission  a  eu 
l'honneur  de  prier  M.  le  Gouverneur  de  la  province  de 
vouloir  bien  charger  le  Comité  des  correspondants  de 
dresser  un  inventaire  de  tous  les  objets  d'art  qui  sont  remisés 
dans  la  crypte  de  la  cathédrale,  en  indiquant,  si  possible,  la 
provenance  de  ces  œuvres  dont  plusieurs  semblent  présenter 
un  réel  mérite  artistique.  :*  v   .    • 


«  / 


—  100  — 

II  semble  utile  de  ne  pas  perdre  cette  affaire  de  vue. 
uJvSSVSïrn.     —  Le  14  avril  1902,  il  a  été  procédé  à  l'examen  des 
échantillons  d'enduit  avec  tracés  d'appareils,  effectués  à 
l'intérieur  de  l'église  de  Leeuw-Saint-Pierre. 

M.  Lïcot,  membre  du  Comité  des  correspondants  du 
Brabant,  assistait  à  cet  examen. 

Le  travail  décoratif  qu'on  propose  aujourd'hui  est  tout  à 
fait  prématuré.  Des  modifications  importantes  devant  être 
exécutées  aux  fenêtres  des  bas-côtés  pour  qu'elles  s'harmo- 
nisent avec  le  style  dominant  de  l'édifice,  il  importe  de  s'en 
tenir  d'abord  à  un  enduit  tout  uni  et  de  réserver  la  partie 
décorative  des  murs.  Lorsque  les  travaux  de  restauration 
seront  entièrement  terminés,  on  examinera  quel  genre  de 
rusticage  convient  et  quelle  est  l'échelle  qu'il  devra  com- 
porter pour  être  en  rapport  avec  celle  des  chaînages  irrégu- 
liers des  fenêtres.  Il  semble  désirable  que  le  rusticage  soit 
établi  suivant  les  traditions  de  1  époque;  par  conséquent,  il 
ne  devrait  pas  se  borner  à  un  simple  tracé  rappelant  un 
appareil  ordinaire  de  pierre. 

Les  murs  du  transept  faisant  face  aux  bas-côtés  offrent 
deux  vastes  panneaux  très  bien  aménagés  pour  recevoir 
des  fresques]  historiées.  Il  conviendra  de  préparer,  dès 
maintenant,  un  enduit  spécial  propre  à  recevoir  sem- 
blable décoration  lorsque  les  ressources  locales  le  per- 
mettront. 

Il  y  a  lieu  de  rappeler  au  conseil  de  fabrique  le  dernier 
paragraphe  du  rapport  de  la  Commission  en  date  du 
9  mai  1900,  concernant  la  nécessité  de  faire  nettoyer  et 
revernir  et  de  replacer  ensuite  dans  l'église  le  tableau  pro- 
venant du  maitre-autel. 


—  loi  — 

—  Il  a  été  procédé,  le  17  avril  1902,  à  une  inspection  gjfgj*,^ 
des  travaux  de  restauration  qui  s'exécutent  à  l'église  de     kL,errc# 
Sainl-Gommaire,  à  Lierre. 

MM.  Smekens,  Van  Gaster  et  Donnet,  membres  du 
Comité  des  correspondants  de  la  province  d'Anvers,  assis- 
taient à  cette  inspection. 

Il  a  été  constaté  que  les  ouvrages  dont  il  s'agit  s'effectuent 
dans  des  conditions  satisfaisantes. 

L'attention  de  l'architecte,  présent  à  la  visite,  a  été  appelée 
sur  l'obligation  qu'il  y  a,  pour  le  renouvellement  des  pierres, 
qui  sont  en  trop  mauvais  état  pour  être  maintenues,  de  con- 
server scrupuleusement  la  hauteur  des  assises  anciennes.  Il 
y  a  eu  un  peu  de  laisser-aller  sous  ce  rapport,  notamment 
aux  niches  décorant  des  contreforts  du  pourtour  du  chœur. 

Il  est  nécessaire  d'employer  la  pierre  de  Gobertange  pour 
les  renouvellements  à  faire  aux  parements;  leur  faible  hau- 
teur d'assises  permet  de  faire  usage  de  celte  pierre;  la  roche 
d'Ëuville  ne  doit  être  mise  en  œuvre  que  quand  il  s'agit 
d'assises  de  hauteur  inusitée;  elle  ferait  tache  dans  les 
parements. 

Le  rejointoyage  ne  doit  être  effectué  que  là  où  il  est 
indispensable  pour  boucher  les  joints  ouverts.  Il  doit  être 
naturel,  suivre  l'irrégularité  des  joints,  être  opéré  au  moyen 
de  mortier  ordinaire  non  teinté  et  légèrement  en  creux. 

Il  est  nécessaire  d'ouvrir  et  de  restaurer  les  deux  fenêtres 
bouchées  de  la  belle  chapelle  s'ouvrant  sur  le  transept  nord 
vers  l'orient;  l'ouverture  de  ces  baies  n'implique  nullement 
la  disparition  de  l'autel  renaissance  qui  y  est  adossé  et  qui 
ne  manque  pas  de  mérite. 

Il  est  regrettable  de  devoir  employer  le  zinc  pour  les 


—  102  — 

tuyaux  de  descente  dans  un  monument  de  cette  importance 
et  de  cette  valeur  artistique.  En  tous  cas,  on  doit  faire  en 
sorte  que  les  eaux  qu'ils  déversent  ne  séjournent  pas  au  pied 
des  murailles.  A  celle  fin,  il  est  urgent  de  remanier  le 
pavage  des  trottoirs  et  de  lui  donner  une  pente  suffisante 
pour  assurer  le  libre  et  rapide  écoulement  des  eaux  plu- 
viales. 

Plusieurs  urinoirs  sont  accolés  aux  murs  de  l'édifice,  leur 
entretien  laisse  à  désirer  et  il  est  très  probable  que  les 
moyens  d'écoulement  font  défaut.  Par  suite,  des  infiltrations 
dans  les  fondations  doivent  inévitablement  se  produire.  On 
ne  saurait  trop  conseiller  d'enlever  ces  réservoirs  et  de  les 
remplacer  par  un  édicule  à  établir  à  une  certaine  distance 
du  monument. 

Le  Secrétaire, 

A.  Massaux. 
Yu  en  conformité  de  Tari.  25  du  règlement. 

Le  Président, 

Gh.  Lagassk-de  Locht. 


COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS. 


RÉSUMÉ    DES    PROCÈS- VERBAUX. 


^0*0*0*0*0*0*0*0*0*0*0*0*0 


SÉANCES 
des  3,  17,  24  et  31  mai  ;  des  7,  14,  21  et  28  juin  1902. 


PEINTURE  ET  SCULPTURE. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  : 

!•  L'essai  de  renloilage  et  de  restauration  de  l'un  des  six  Égu*ede 
tableaux  enchâssés  dans  les  lambris  du  chœur  de  l'église  de  'Tibi^». 
Bois-de-Lessines  (Hainaul); 

2*  Le  projet  relatif  au  placement  de  deux  vitraux  dans  la      figu* 

■       *  ■  de  Saint-Pierre, 

claire-voie  du  chœur  de  l'église  de  Sainl-Pierre,  à  Louvain  *$££• 
(Brabant).  L'attention  de  l'auteur,  M.  Osterralb,  a  été 
appelée  sur  les  types  des  figures,  qui  devraient  être  plus 
variés.  Quand  une  verrière  sera  placée,  il  conviendrait 
qu'on  en  avertit  le  Collège.  Il  fera  examiner  ce  travail  par 
des  délégués  ; 
3°  Le  projet  d'une  verrière  à  placer  dans  redise  de      Egu*> 

r      *  r  c  de  Notre-Dame, 

Noire-Dame,  à  Sainl-Trond  (Limbourg);  auteur,  M.  Ladon;  *%,-£? d- 


—  104  — 
M*         4°  Les  dessins  de    vitraux  à  placer  dans   l'église  de 

de  Resieigne.  *  ** 

viirati..     Resleigne  (Namur)  ;  auteur,  M.  Bardenhewer  ; 
fisiisa       •  5°  Le  projet  relatif  au  placement  d'un  vitrail  dans  le 

de  WesWlcleren.  r     *  r 

viimii.  chœur  de  l'église  de  Westvleteren  (Flandre  occidentale), 
sous  réserve  de  mettre  la  translucidité  des  médaillons  du 
tympan  en  harmonie  avec  celle  des  lumières  du  vitrail.  Le 
visa  est  subordonné  à  une  bonne  exécution  du  projet,  ce  qui 
devra  être  vérifié  en  temps  opportun  ;  auteur,  M.  Casier  ; 

Égiue  6°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  d'un  calvaire  qui  se 

de  l.inuneao.  •       *  * 

chaire.  trouve  dans  l'église  de  Linsmeau  (Brabant)  ;  auteur,  M.  Van 
Gramberen. 

*«.•«  de        —  Il  a  été  procédé,  le  21  mai  1903,  à  l'examen  de  pein- 

n.a0»k"  tures  murales  qui  se  trouvent  dans  l'église  de  Saint-Germain 
(Namur),  dont  l'existence  a  été  signalée  par  M.  Boveroulle, 
architecte  provincial  et  membre  du  Comité  des  correspon- 
dants. 

Ces  peintures  n'offrent  d'intérêt  à  aucun  point  de  vue. 
Loin  de  se  rapporter  à  la  période  romane  à  laquelle  appar- 
tient la  construction  primitive  de  l'église,  actuellement  en 
voie  d'agrandissement,  ces  peintures  sont  probablement  de 
la  seconde  moitié  du  xviu*  siècle  et,  par  l'exécution,  ne 
méritent  pas  le  nom  d'oeuvres  d'art. 

II  n'y  a  donc  aucune  mesure  à  prendre  en  ce  qui  les  con- 
cerne et,  dans  les  travaux  de  reconstruction  dont  le  chœur 
de  l'église  où  elles  se  trouvent  est  l'objet,  elles  peuvent 
disparaître  sans  inconvénient. 
Hôtd  de  ville      —  II  a  été  procédé,  le  19  juin  1902,  dans  la  grande  salle 

peloton»'    échevinale,  à  l'étage  de  l'hôtel  de  ville  de  Bruges  (Flandre 


décoratives. 


occidentale),  à  l'examen  de  deux  panneaux  décoratifs  du 
fond  de  ladite  salle  et  représentant  une  foire  tenue  à  Bruges, 


—  405  — 

peintures  laissées  inachevées  par  feu  Àlberl  De  Vriendl. 

M.  Julien  De  Vrieudt,  chargé  d'achever  l'œuvre  délaissée 
par  son  regretté  frère,  avait  exprimé  le  désir  d'être  présent 
lors  de  la  visite  à  Bruges.  Il  a  renseigné  la  délégation  sur 
les  diverses  clauses  du  contrat  intervenu  pour  l'exécution  de 
l'ensemble  du  travail  décoratif  de  la  salle. 

Après  avoir  examiné  attentivement  les  deux  panneaux 
inachevés  et  reconnu  ce  qui  reste  encore  à  y  faire  pour  les 
terminer  complètement,  la  délégation  a  fixé  à  4,000  francs 
la  valeur  de  ces  travaux. 

—  Le  19  juin  1902,  il  a  été  procédé,  dans  l'atelier  de      éKii.e 

de  KcAenicb. 

M.  Dobbelaere,  à  l'examen  du  vitrail-spécimen  destiné  à     Vilraax- 
l'église  de  Kessenich  (Limbourg). 

La  verrière  dont  il  s'agit  a  été  convenablement  traitée. 
L'attention  de  l'artiste  a  seulement  été  appelée  sur  la  conve- 
nance d'accentuer  davantage  la  baguette  qui  sépare  l'enca- 
drement du  sujet,  afin  que  ces  deux  parties  du  vitrail  soient 
mieux  dégagées  Tune  de  l'autre.  M.  Dobbelaere  s'est  engagé 
à  tenir  compte  de  cette  observation  dans  la  suite  de  son 
travail. 

Sous  cette  réserve,  il  y  a  lieu  d'autoriser  l'exécution  de  la 
série  des  cinq  vitraux  projetés  pour  le  chœur  de  ladite  église. 

—  Il  a  été  procédé,  le  16  juin  1902,  dans  le  parc  de  Mutée  de  g™<\. 

Groupe. 

Gand,  à  l'examen  du  groupe  exécuté  par  M.  Van  Biesbroeck 
représentant  €  deux  hommes  plantant  un  mât  »  et  placé  en 
face  du  nouveau  musée  des  Beaux-Arts,  en  voie  de  con- 
struction. 

MM.  De  Waele  et  Serrure,  membres  du  Comité  des  cor- 
respondants de  la  Flandre  orientale,  assistaient  à  cet  examen. 

Le  groupe  dont  il  s'agit,  exécuté  en  bronze,  constitue  une 


—  106  — 

œuvre  asseï  intéressante.  Il  est  posé  sur  un  tertre  en  forme 
de  cône.  Il  conviendra  de  conserver  à  ce  tertre  son  aspect 
réel  de  support  en  évitant  de  l'amoindrir  par  des  guirlandes 
de  fleurs  d'une  coloration  claire. 

L'intervention  de  l'État  dans  les  frais  d'exécution  de 
l'œuvre  parait  justifiée. 
Hôuid.TH».  —  À  la  demande  de  M.  Dillens,  il  a  été  procédé,  le 
l.uZ:  \q  juiD  i9039  à  l'examen  du  modèle  en  plâtre,  grandeur 
d'exécution,  de  l'une  des  statues  de  la  façade  de  l'hôtel  de 
ville  de  Gand,  dont  l'esquisse  a  été  adoptée  par  la  Commis- 
sion, le  23  novembre  4900. 

MM.  DeWaele,  Serrure  et  Lybaert,  membres  du  Comité 
des  correspondants  de  la  Flandre  orientale,  assistaient  à  cet 
examen. 

Ce  modèle,  exécuté  par  M.  De  Beule,  d'après  l'esquisse 
produite  par  M.  Dillens,  est  bien  traité;  toutefois,  la  partie 
inférieure  de  la  statue  quoique  ayant  été  allégée  suivant  les 
indications  du  Collège,  est  encore  trop  volumineuse.  Lors  de 
l'exécution  en  pierre,  ce  défaut  devra  être  corrigé;  il  importe 
que  la  figure  n'empiète  pas  sur  les  moulures  de  la  niche. 

Les  trois  statues  ornant  la  tourelle  d'angle,  dont  les 
modèles  en  grand  ont  été  exécutés  par  M.  Dillens  lui-même, 
sont  exécutées  en  pierre;  ces  œuvres  sont  satisfaisantes. 

Les  quatre  statues  placées  récemment  et  définitivement  à 
la  gauche  du  spectateur  vers  une  extrémité  de  la  façade 
gothique,  ne  sont  pas  d'une  exécution  aussi  heureuse  que  les 
précédentes.  Il  est  regrettable  que  les  artistes  n'aient  pas 
tenu  suffisamment  compte  de  la  recommandation  faite  par 
le  paragraphe  final  du  rapport  du  23  novembre  1900, 
quant  à  la  nécessité  d'alléger  la  partie  inférieure  des  figures  ; 


—  107  — 

il  eût  convenu  aussi  que  les  modèles  en  grand  fussent  pré- 
sentés sur  place.  Il  semble  que  la  recommandation  précitée 
n'a  pas  été  communiquée  aux  statuaires,  sinon,  M.  De 
Beale,  lors  de  l'inspection,  n'aurait  pas  posé  la  question  de 
savoir  s'il  faut  suivre  exactement,  dans  toutes  leurs  parties, 
les  esquisses  remises  aux  divers  statuaires  appelés  à  con- 
courir à  la  décoration  du  monument.  La  recommandation 
prérappelée  avait,  d'avance,  résolu  cette  question. 

Quoi  qu'il  en  soit,  les  quatre  dernières  figures  ont  une 
largeur  exagérée  et  dépassent  le  cadre  qui  leur  était  assigné. 
La  première,  à  gauche  du  spectateur,  accuse  surtout  ce 
défaut;  en  outre,  ses  accessoires  sont  trop  lourds. 

Il  conviendrait  d'étudier  le  moyen  d'apporter  quelques 
corrections  en  vue  de  faire  mieux  entrer  ces  quatre  statues 
dans  leurs  niches  et  d'alléger  les  accessoires  de  la  première. 

En  tous  cas,  il  importe  que  tous  les  socles  des  statues 
soient  mis  en  harmonie  avec  le  motif  architectural  qui  leur 
sert  de  rapport  et  restent  en  retraite  sur  celui-ci. 


CONSTRUCTIONS  CIVILES. 

Le  projet  concernant  l'exécution  de  travaux  d'appropria-  n*  de  juuee 
tion  au  Palais  de  Justice  de  G  and,  a  fait  l'objet  d'un  examen, 
surplace,  le  46 juin  1902. 

MM.  l'ingénieur  en  chef,  directeur  des  ponts  et  chaussées 
de  la  Flandre  orientale,  et  ses  adjoints,  ainsi  que  MM.  Moreau 
et  Bouckaert,  délégués  par  M.  le  Ministre  de  la  justice, 
M.  l'avocal-général  près  la  Cour  d'appel,  Callier,  et  MM.  De 
Waele  et  Serrure,  membres  du  Comité  des  correspondants 


—  108  — 

de  la  Commission  royale  des  monuments,  assistaient  à  cet 
examen. 

Il  résulte  de  l'échange  de  considérations  qui  s'est  produit 
lors  de  la  réunion  que  tout  le  monde  reconnaît  que  des 
travaux  hygiéniques  s'imposent  dans  l'édifice. 

Les  travaux  d'aménagement  projetés  à  l'étage  rencontrent 
également  l'assentiment  unanime  ;  ils  sont,  du  reste,  en  voie 
d'exécution. 

L'inspection  des  lieux  a  démontré  que  la  cour  basse  pro- 
posée le  long  d'une  partie  de  la  façade  sud  est  inutile  pour 
le  moment;  on  est  occupé  à  assainir  et  éclairer  vivement  les 
caves  où  seront  déposées  les  pièces  à  conviction. 

L'escalier  proposé  pour  desservir  le  dépôt  des  pièces  à 
conviction  devient  également  inutile. 

Il  résulte  des  constatations  faites  dans  le  sous-sol  de  l'édi- 
fice que  les  fondations  sur  pilotis  sont  en  bon  état,  mais  les 
piliers  en  maçonnerie  présentent  de  nombreuses  traces 
d'écrasement  provenant  sans  doute  de  tassements  irréguliers 
qui  ont  occasionné  certaines  déformations  des  voûtes  des 
caves.  On  est  unanimement  d'accord  qu'il  faudra  consolider 
lesdils  piliers.  Il  est  même  prudent,  en  attendant,  de  s'as- 
surer, à  l'aide  de  témoins,  si  les  mouvements  continuent. 
C'est  ce  qu'a  d'ailleurs  ordonné  sur  place  M.  le  Président 
Lagasse-de  Locht,  à  titre  d'inspecteur-général  des  ponts  et 
chaussées  chargé  de  la  direction  des  bâtiments  civils  du 
pays. 

En  somme,  il  n'y  a  guère  de  divergences  d'opinions  qu'en 
ce  qui  concerne  la  question  relative  à  l'appropriation,  au 
rez-de-chaussée,  de  l'ancienne  salle  de  la  bourse  et  des  locaux 
voisins  en  une  salle  des  pas-perdus  et  deux  salles  d'audience 


—  109  - 

pour  le  tribunal  correctionnel,  le  conseil  de  guerre  et  le 
tribunal  de  police.  Il  semble  qu'on  peut  également  se  mettre 
d'accord  sur  celle  question  sans  s'exposer  à  compromettre 
la  solidité  de  l'édifice,  en  adoptant  la  disposition  indiquée 
par  le  Département  de  la  justice  et  en  prenant  les  précau- 
tions que  la  situation  commande.  Il  ne  semble  pas  qu'en 
adoptant  celte  disposition,  cette  partie  du  palais  serait  déna- 
turée au  point  de  vue  architectural,  puisque  le  côté  le  plus 
intéressant,  c'est-à-dire  le  vestibule,  conservera  son  aspect 
et  sa  destination  actuels.  Il  ne  parait  pas  nécessaire,  pour 
celte  transformation,  de  se  livrer  à  des  travaux  aussi  coûteux 
que  ceux  de  continuer  le  système  d'arceaux  en  fonte  et 
colonnes  qui  règne  dans  le  vestibule,  attendu  que  les  locaux 
transformés  et  le  vestibule  ne  pourront  être  vus  simultané- 
ment. 

La  nécessité  de  celte  transformation  est  reconnue,  même 
au  cas  où  l'on  transporterait  quelques  services  judiciaires 
dans  les  locaux  occupés  actuellement  par  la  poste,  à  proxi- 
mité du  Palais  de  Justice.  Il  est  à  remarquer  que  les  locaux 
de  la  poste  ne  seront  disponibles  que  dans  un  laps  de  temps 
assez  long  et  que  leur  utilisation  ne  serait  pas  possible  sans 
qu'ils  soient  totalement  remaniés.  Il  en  résulte  qu'il  faudrait 
cinq  ou  six  ans  avant  qu'on  ne  soit  en  mesure  d'en  disposer. 

Il  conviendra  de  rechercher  le  moyen  de  mieux  éclairer 
les  locaux  transformés,  en  agrandissant  les  fenêtres  au-dessus 
de  l'escalier  extérieur. 

Les  façades  de  l'édifice  réclament  certaines  restaurations 
dont  il  est  prudent  de  s'occuper  à  bref  délai. 

—  À  la  demande  de  l'administration  communale,  il  a  été  dm  *  «inc 

d'Audenarde. 

procédé,  le  9  juin  1909,  à  l'inspection  des  travaux  de  res- 


—  110  — 

lauration  en  voie  d'exécution  à  l'hôtel  de  ville  d'Àudenarde. 

M.  De  Waele,  membre  du  Comité  des  correspondants  de 
la  Flandre  orientale,  assistait  à  cette  inspection. 

La  première  série  d'ouvrages,  qui  comportait  les  plus 
urgents,  est  très  avancée  ;  elle  sera  terminée  pendant  la  pré- 
sente campagne.  La  dépense  en  était  évaluée  à  fr.  1 17,124-97. 

Tous  les  travaux  effectués  à  ce  jour  ont  été  traités  dans  de 
très  bonnes  conditions. 

Dans  les  travaux  qui  restent  à  effectuer  de  la  première 
série,  est  comprise  la  restitution  des  figures  d'anges  des 
lucarnes  et  de  la  statue  de  la  Sainte-Vierge  située  au-dessus 
du  portail.  Les  modèles  présentés  sur  place  pour  ces  figures 
étant  la  reproduction  aussi  exacte  que  possible  des  anciennes 
et  ayant  été  modelés  sur  les  restes  de  celles-ci,  il  y  a  lieu 
d'en  autoriser  la  réalisation. 

Les  statues  destinées  aux  niches  de  la  balustrade  sont  à 
faire.  11  n'en  reste  rien.  D'après  les  anciens  comptes  de  la 
ville,  ces  figures  représentaient  des  souverains;  on  en  trou- 
vera, sans  doute,  les  noms  dans  ces  comptes.  Il  y  a  neuf 
statues  à  exécuter;  on  s'arrêtera,  pour  leur  choix,  si  on 
n'en  retrouve  pas  les  noms,  à  l'époque  où  s'est  terminée  la 
construction  de  l'hôtel  de  ville. 

Pour  ces  figures,  on  se  propose  d'employer  la  pierre 
d'Euville  fine  ou  une  autre  similaire.  On  ne  peut  assez 
recommander  un  choix  judicieux  de  la  pierre  à  mettre  en 
œuvre  et  surtout  qu'elle  soit  bien  résistante.  Des  échantil- 
lons ne  suffisent  pas  à  cette  fin;  il  faut  que  l'on  soit  fixé, 
tout  d'abord,  sur  la  valeur  de  la  pierre  au  point  de  vue  de 
sa  résistance  à  l'action  des  intempéries. 

Il  importe  de  continuer  la  restauration  du  monument  au 


—  111  — 

bâtiment  tout  entier.  La  deuxième  série  de  travaux  peut 
être  estimée  approximativement  à  110,000  francs.  Elle 
comprendrait  le  côté  latéral  vers  l'ouest  et  le  pignon  en 
retour  vers  la  face  postérieure.  D'après  les  anciens  comptes 
de  la  ville,  la  tourelle  sur  la  cheminée  de  celte  dernière 
façade  était  autrefois  surmontée  d'une  statue  en  cuivre  de 
Saint-Michel;  elle  devra  être  rétablie. 

Les  mêmes  comptes  indiquent  que  certaines  parties  de 
1  édifice  étaient  rehaussées  de  quelques  points  de  couleur  et 
de  dorure.  Rien  n'empêche  de  produire  un  projet  dans  ce 
sens,  basé  sur  lesdils  comptes,  sauf  à  en  ajourner  l'exé- 
cution, si  celle-ci  est  décidée,  jusqu'après  la  restauration 
complète  du  monument. 

La  charpente  et  la  toiture  de  la  halle,  adossée  à  l'hôtel  de 
ville,  nécessitent  des  travaux  de  restauration.  Il  importe  de 
les  entreprendre  à  bref  délai  pour  éviter  des  dégâts  à  cet 
édifice  d'une  haute  valeur  archéologique.  La  dépense  attein- 
drait approximativement  40,000  francs. 

Il  est  temps  aussi  de  se  préoccuper  du  dégagement  de  ce 
groupe  de  deux  monuments  (l'hôtel  de  ville  et  la  halle),  afin 
de  les  isoler  complètement.  Les  maisons  qui  les  entourent 
appartiennent,  pour  la  plupart,  à  la  ville,  qui  les  a  acquises 
successivement  dans  ce  but  au  fur  et  à  mesure  qu'une  occa- 
sion se  présentait. 

Par  suite  des  nombreux  travaux  de  restauration  dans 
lesquels  la  ville  a  dû  intervenir,  ses  ressources  sont  totale- 
ment épuisées.  L'État  et  la  Province  devront  faire  ici  un 
sacrifice  tout  spécial.  Il  s'agit  d'un  monument  national  de 
premier  ordre  que  le  Gouvernement  a  jugé  digne  d'être 
reproduit  partiellement  pour  servir  de  pavillon  belge  à 


—  112  — 

l'Exposition  internationale  de  Paris,  en  1900.  Il  n'appartient 
pas  seulement  à  la  ville  d' Audenarde,  mais  an  pays  tout 
entier,  qui  a  an  intérêt  considérable  à  en  assurer  la  conser- 
vation. On  ne  saurait  laisser  ce  soin  exclusif  à  une  localité 
ne  comptant  que  6,000  habitants  et  assumant  des  charges 
au-dessus  de  ses  ressources  pour  rentre  lien  de  ses  grands 
monuments  du  moyen  âge  qui  font  encore  aujourd'hui  la 
gloire  de  la  nation.  La  démolition  des  maisons  précitées 
servirait  de  part  contributive  de  la  ville  ;  elle  peut  être  con- 
sidérée comme  un  sacrifice  énorme  pour  elle. 
h*ii<!  m  Drap      —  Il  a  été  procédé,  le  18  mai  1902,  à  l'inspection  des 

de  Gand. 

travaux  de  restauration  et  d'achèvement  en  voie  d'exécution 
à  la  Halle  aux  Draps  de  Gand. 

MM.  De  Geuleneer,  Serrure,  Lybaert,  Van  Biesbroeck  et 
Van  der  Haegen,  membres  du  Comité  des  correspondants 
de  la  Flandre  orientale,  assistaient  à  cette  inspection. 

L'entreprise  se  poursuit  activement,  aussi  bien  pour  la 
restauration  de  la  partie  ancienne  que  pour  l'achèvement  de 
l'édifice.  On  a  pu  se  procurer  d'anciennes  pierres  non  seule- 
ment pour  la  restauration  des  parements  anciens  mais  aussi 
pour  l'exécution  des  parements  de  la  partie  nouvelle  du 
bâtiment,  de  sorte  que  l'ensemble  a  un  caractère  très  har- 
monieux. Mais  on  ne  doit  pas,  cependant,  pousser  trop  loin 
le  système  de  l'uniformité.  Il  n'est  pas  admissible,  par 
exemple,  que  l'on  retaille  les  joints  pour  pouvoir  ensuite, 
par  un  rejointoyage,  donner  aux  constructions  anciennes 
l'aspect  qu'ont  les  nouvelles.  Les  parements  anciens  doivent 
rester  tels  qu'ils  sont;  on  se  bornera  à  boucher  les  joints 
ouverts. 

Dans  la  partie  nouvelle  de  l'édifice,  les  joints  sont  trop 


r-    413    — 

grands;  on  ne  s'inspire  pas  assez  de  ceux  de  la  partie 
ancienne  qui  sont  bien  conservés  et  qui  sont  très  faibles. 

On  ne  saurait  trop  recommander  aux  architectes  chargés 
de  la  direction  des  travaux,  de  conserver,  dans  la  restau- 
ration, le  plus  possible  les  anciennes  pierres  tant  moulurées 
qu'unies,  par  exemple  les  tympans,  les  encadrements,  les 
arcs  et  les  larmiers  des  baies,  les  moulures  en  général,  cer- 
tains panneaux  de  la  balustrade,  etc.,  etc.  En  un  mot,  toutes 
les  pierres  dont  les  avaries  ne  sont  pas  de  nature  à  faire 
disparaître  les  lignes  de  l'édifice,  doivent  être  respectées. 

Il  est  regrettable  que,  pour  le  renouvellement  des  poutres, 
on  ait  adopté  le  fer  au  lieu  du  bois  qui  était  prévu  au  projet 
adopté.  Dans  un  travail  de  restauration  de  cette  importance 
on  doit  toujours,  lorsqu'il  n'y  a  pas  impossibilité  absolue, 
mettre  en  œuvre  des  matériaux  de  même  composition  que 
ceux  ayant  servi  à  la  construction  primitive. 

Les  glacis  déjà  restaurés  de  plusieurs  contreforts  au 
niveau  du  seuil  des  fenêtres  de  l'étage  laissent  à  désirer  au 
point  de  vue  de  l'écoulement  des  eaux  pluviales.  Il  y  a  là 
une  rectification  à  faire.  Quelques  sculptures  nouvelles  ne 
sont  pas  non  plus  irréprochables. 

A  la  façade  ouest,  les  anciennes  fenêtres  qui  avaient  été 
masquées  et  dont  l'état  de  conservation  permet  de  constater 
la  situation  primitive,  ont  un  double  glacis  séparé  par  une 
petite  partie  verticale  ;  on  devra  respecter  ce  profil  et  exa- 
miner avec  soin  si  le  glacis  des  baies  de  la  façade  opposée 
n'avait  pas  un  pareil  profil,  lequel  aurait  été  modifié  par  la 
suite,  lors  de  réparations  effectuées  à  l'édifice. 

Le  bâtiment  de  dépendances  à  annexer  à  la  halle  tant 
pour  la  conciergerie  que  pour  les  installations  sanitaires, 


—  m  — 

devra  être  érigé  de  telle  façon  qu'il  laisse  dégagée  la  partie 
de  la  façade  ouest  de  la  halle  comprise  entre  le  beffroi  et  le 
second  contrefort  de  ladite  façade. 

On  peut,  comme  le  demande  la  Commission  locale  des 
monuments,  conserver,  à  litre  d'expérience,  ces  deux  travées 
intactes,  sans  restauration.  De  celte  façon,  on  pourra  res- 
taurer plus  complètement  la  façade  est,  tout  en  maintenant, 
bien  entendu,  les  pierres  qui  sont  encore  bonnes.  Toutefois, 
le  Collège  doit  dégager  sa  responsabilité  dans  une  opération 
de  ce  genre  où  le  travail  serait  limité  à  ce  point  qu'il  faudrait 
recommencer  dans  quelques  années. 

M .  le  Gouverneur  de  la  province  a  été  prié  de  vouloir 
bien  transmettre  d'urgence  le  présent  rapport  à  l'adminis- 
tration communale  de  Gand. 
AnciMi.6        —  Il  a  été  procédé,  le  22  avril  1902,  à  l'inspection  des 

fortcrtM* 

deHôi.*.  ruines  de  l'ancienne  forteresse  de  Moha  (Liège),  à  l'effet  de 
s'assurer  de  l'importance  des  dépenses  restant  à  faire  pour 
la  consolidation  de  l'édifice  et  de  la  situation  générale  de 
celui-ci,  M.  l'ingénieur  en  chef  directeur  des  ponts  et  chaus- 
sées de  la  province  de  Liège  ayant  signalé  la  nécessité  de 
consacrer  un  nouveau  crédit  de  12,000  francs  aux  travaux 
dont  il  s'agit. 

Sans  pouvoir  affirmer  qu'au  moyen  du  nouveau  crédit 
sollicité  on  pourra  terminer  l'entreprise,  on  peut  admettre 
cependant  que  ce  chiffre  constitue  une  évaluation  qui  parait 
assez  approximative. 

Sans  aucun  doute,  il  importe  de  poursuivre  les  travaux 
de  déblaiement  et  de  consolidation  entamés;  il  est  même 
désirable  qu'une  prompte  décision  intervienne,  les  fonds 
sont  épuisés  et  l'entrepreneur  va  être  obligé,  sous  peu,  de 


—  m  — 

retirer  de  ce  travail  des  ouvriers  qui  sont  aujourd'hui  initiés 
à  ce  genre  d'opération. 

Quant  à  la  situation  générale  du  château,  elle  est  actuel- 
lement satisfaisante.  Les  travaux  s'exécutent  avec  soin  et 
intelligence.  Le  sommet  des  murailles  reste  tel  qu'on  le 
découvre,  c'est-à-dire  dentelé;  il  est  recouvert  de  gazon. 
Cette  double  opération  est  très  louable,  car  elle  conserve 
parfaitement  l'aspect  de  ruine  de  la  forteresse. 

Il  est  bon  de  recommander  de  ne  pas  employer  le  ciment 
pour  les  travaux  de  rejointoyage;  cette  matière  a  une 
tendance  à  se  fendiller.  Il  est  préférable  d'adopter  un  bon 
mortier  composé  par  moitié  de  chaux  et  de  sable  très  rude 
et  surtout  non  teinté.  Le  rejointoyage  doit  être  exécuté 
légèrement  en  creux  et  non  en  relief.  Il  faut  tout  simplement 
imiter  le  rejointoyage  primitif  tel  qu'il  se  remarque  aux  pare- 
ments anciens,  qui  étaient  recouverts  par  des  décombres. 

Les  déblaiements  se  poursuivent,  à  l'intérieur,  le  long  du 
rempart  ouest;  en  les  continuant  vers  l'extérieur,  sans  aucun 
doute  on  retrouvera  l'ancien  chemin  qui  donnait  accès  à  la 
forteresse.  On  s'occupe,  à  l'extérieur  du  même  rempart,  à 
déblayer  le  fossé  creusé  dans  le  roc. 

Les  fouilles  à  l'intérieur  du  château  ont  mis  au  jour  quel- 
ques pavements  fort  intéressants  composés  de  petits  car- 
reaux vernissés.  L'action  du  soleil  et  de  la  pluie  leur  est 
funeste;  il  conviendra  de  rechercher  le  moyen  de  les  pré- 
server. Peut-être  suffira-t-il  de  les  protéger  par  une  couver- 
ture en  bois  et  zinc  posée  à  une  hauteur  suffisante  pour 
qu'on  puisse  les  voir  tout  en  les  mettant  à  l'abri  des  intem- 
péries. 

Le  périmètre  des  murailles  de  la  forteresse  est  seul  la 


—  416  — 

propriété  de  l'Étal.  Au  côté  nord,  le  terrain  appartient  à  an 
particulier  ;  au  côlé  sud,  il  est  la  propriété  de  la  commune. 
Étant  donné  que  l'État  s'impose  des  sacrifices  importants 
pour  conserver  un  des  monuments  les  plus  intéressants  de 
l'architecture  militaire  de  notre  pays,  il  est  de  la  plus  grande 
utilité  de  veiller  à  ce  qu'il  ne  soit  pas  un  jour  défiguré  par 
l'érection  de  bâtiments  sur  ces  terrains;  d'autre  part,  le 
sous-sol  de  ceux-ci  pourrait,  à  un  moment  donné,  être 
exploité  comme  carrière.  Or,  ce  serait  désastreux,  à  tous 
les  points  de  vue,  pour  l'ancienne  forteresse.  Pour  prévenir 
ces  fâcheuses  éventualités,  il  est  indispensable  que  l'État 
fasse  l'acquisition  de  ces  parcelles,  du  côté  nord  jusqu'au 
chemin,  du  côlé  sud  ce  qui  appartient  à  la  commune.  Ces 
terrains,  peu  étendus,  n'ont  guère  de  valeur;  une  entente, 
à  cette  fin,  parait  de  nature  à  pouvoir  se  réaliser  dans  des 
conditions  très  peu  dispendieuses  pour  le  trésor.  Cette 
solution  est  d'autant  plus  désirable  qu'il  est  possible  que 
des  fouilles  opérées  dans  le  périmètre  des  terrains  précités 
amèneraient  la  découverte  de  restes  d'anciens  ouvrages 
avancés  du  château. 


ÉDIFICES  RELIGIEUX. 


PRESBYTÈRES. 


Ont  été  revêtus  du  visa  : 
conuruciion       1°  Le  projet  relatif  â  la  construction  d'un  presbytère  à 

et  resta u  ration 

de  presbytères.  Namoussart,  commune  de  Hamipré  (Luxembourg),  à  la 
condition  que  l'on  aura  égard,  sauf  en  ce  qui  concerne  le 
troisième  paragraphe,  aux  observations  contenues  dans  le 


—  117  — 

rapport  du  Comité  diocésain  d'art  chrétien;   architecte, 
M.  Wûrlh; 

2°  Le  projet  concernant  la  construction  d'un  presbytère  à 
Vi lie-en- Waret  (Namur),  sous  la  réserve  qu'au  cours  des 
travaux  les  citernes  soient  établies  de  manière  qu'elles  ne 
touchent,  en  aucune  façon,  aux  murs  du  bâtiment;  archi- 
tecte, H.  Lange; 

3°  Le  projet  du  presbytère  à  construire  dans  la  paroisse 
de  Saint-Martin,  à  Tamines  (Namur).  Au  cours  de  l'exé- 
cution de  l'entreprise,  l'architecte,  M.  Van  Gheluwe,  devra 
revoir  la  porte  d'entrée  dont  la  forme  peut  être  améliorée; 
il  conviendra  aussi  qu'il  revoie  le  devis  dont  le  montant  est 
insuffisant  pour  l'exécution  d'un  bâtiment  de  cette  impor- 
tance ; 

4*  Le  projet  relatif  à  la  construction  d'un  presbytère  à 
Hemelveerdegem  (Flandre  orientale),  moyennant  d'avoir 
égard  aux  observations  de  M.  l'architecte  provincial  et  de 
mettre  le  pignon  en  harmonie  avec  le  reste  des  façades  du 
bâtiment;  architecte,  M.  De  Leslré; 

5°  Le  projet  relatif  à  l'établissement  d'une  grille  de  clôture 
au  presbytère  de  Meir  (Anvers);  architecte,  M.  Taeymans; 

6°  Le  projet  de  restauration  du  presbytère  d'Hacquegnies 
(Hainaut);  architecte,  M.  Clinquart; 

7°  Le  projet  des  travaux  de  réparation  et  d'appropriation 
du  presbytère  de  Meix-le-Tige  (Luxembourg)  ; 

8*  Le  projet  des  réparations  à  effectuer  au  presbytère 
d'Orchimont  (Namur); 

9°  Le  projet  concernant  l'exécution  de  travaux  de  restau- 
ration au  presbytère  de  Lowaige  (Limbourg);  architecte, 
M.  Christiaens; 


—  118  — 

(0°  Le  projet  de  restauration  du  presbytère  de  Liernu 
(Namur)  ; 

11°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  du  presbytère  de 
Reppel  (Limbourg). 
t.rcsb>lore        —  i|  a  été  procédé,  le  15  mai  1902,  à  l'inspection  du 

île  Wolvmkem.  r 

presbytère  de  Wolverthem  (Brabanl). 

Il  résulte  de  cet  examen  que  l'édifice  dont  il  s'agit  offre 
un  intérêt  artistique  suffisant  pour  qu'il  y  ail  lieu  de  le 
ranger  dans  la  troisième  classe  des  monuments  civils. 


ÉGLISES.  -  CONSTRUCTIONS  NOUVELLES. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  les  projets 
relatifs  à  la  construction  d'églises  : 
Et);*  1*  A  Hamont  (Limbourg);  architecte,  M.  Cuypers; 

Kgu»  2°  A  Maldegem  (Flandre  orientale),  sous  la  reserve  que 

e  t  «•(!<«.  yon  aura  £gar(j  ^  l'observation  présentée  par  M.  l'architecte 

provincial  en  ce  qui  concerne  la  nécessité  d'augmenter  la 
profondeur  de  la  sacristie.  Le  Collège  a  demandé,  en  outre» 
que  le  faux  triforium  soit  supprimé.  Il  regrette,  tout  en 
adoptant  le  projet,  que  l'auteur  n'ait  pas  cru  devoir  adopter, 
pour  le  nouvel  édifice,  le  type  d'églises  à  trois  nefs  d'égale 
hauteur  qui  a  été  si  fréquemment  employé  autrefois  dans 
la  Flandre.  Avant  de  passer  à  l'exécution  des  travaux  du 
nouvel  édifice,  il  importera  qu'on  fasse  parvenir  une  photo- 
graphie de  l'église  actuelle  et  que  l'architecte,  M.  Geirnaerl, 
soit  invité  à  faire  connaître  s'il  y  a  impossibilité  de  conserver 
la  tour,  qui  figure  dans  la  troisième  classe  des  monu- 
ments  ; 


—  119  — 

3°  A  Lillois- Witterzée  (Brabant)  ;  architecte,  M.  Léonard  ;      &** «i« 
4°  A  Saint-Gilles    lez  Termonde  (Flandre  orientale);  da sSS1Sgïii« 
architecte,  M .  Vaerwyck  ;  ^  T~" 

5°  A  Horendonck,  sous  Esschen  (Anvers)  ;  architecte,      e^ 

v  '  de  Horendonck. 

M.  Gife. 
Ont  aussi  été  approuvés  les  projets  d'agrandissement  des 

églises  : 
I0  De  Ransart  (Bois)  (Hainaut)  ;  architecte,  M.  Leborgne  ;     egii»e  de 
V  De  Linckhout  (Limbourg),  sous  la  réserve  qu'au  cours     "ty™ 

de  Lincklioiil. 

de  l'exécution  du  travail,  on  donne  un  amortissement  plus 
convenable  au  pied  delà  flèche;  architecte,  M.  Martens; 

3°  D'Aeltre  (Flandre  orientale).  Au  cours  des  travaux,  *8iue d'Eure. 
l'architecte,  M.  Goethals,  devra  réduire  le  nombre  des 
lucarnes  de  la  flèche.  Il  importera  qu'il  donne  aux  murs  du 
baptistère  et  de  la  sacristie  une  épaisseur  d'au  moins  une 
brique  et  demie.  Enfin,  on  a  demandé  que  le  chœur  soit 
mieux  dégagé  du  côté  sud  par  le  recul  de  la  sacristie  et  que 
le  water-closet  soit  reporté  du  côté  du  magasin  ;  il  ne  peut, 
en  aucune  façon,  être  adossé  au  chœur  ; 

4°  De  Heppen  (Limbourg);  architecte,  M.  Martens.  É«u«e 

Ainsi  que  les  projets  ci-apres  : 

5°  Construction  de  deux  chœurs  latéraux,  d'une  sacristie      figu» 

de  Saffelaere. 

el  d'un  magasin  à  l'église  de  Saffelaere  (Flandre  orientale), 
sous  la  réserve  de  donner  aux  toits  des  chœurs  nouveaux  la 
même  inclinaison  que  celle  des  pignons  auxquels  ils  seront 
adossés;  architecte,  M.  De  Lestré; 

6°  Construction  d'une  sacristie  à  l'église  de  Meygem      gd* 
(Flandre  orientale)  ;  architecte,  M.  Vandenheuvel  ; 

7°  Construction  d'une  annexe  et  de  clôtures  à  l'église  de      r«i.* 

de  Belgrade. 

Belgrade  (Namur)  ;  architecte,  M.  Van  Gheluwe; 


ISO 

ygem 


—  1Î0  — 

objeu  mobiiien     8°  Et,  enfin,  les  dessins  d'objets  mobiliers  destinés  aux 

d'éfluct. 

églises  de  : 

Chératte-Sa  in  t- Joseph  (Liège)  :  cloche; 

Momignies  (Hainaut)  :  cloche; 

Courtil,  sous  Bovigny  (Luxembourg)  :  mobilier  complet  ; 

Saint-Louis,  à  Marcinelle  (Hainaut)  :  maitre-autel  ; 

Sainte- Waudru,  à  Mons  (Hainaut)  :  retable  pour  la  cha- 
pelle de  Sainte-Aye  et  armoire  coffre-fort  pour  la  sacristie  ; 

Saint-Jean- Baptiste,  à  Tongres  (Limbourg)  :  banc  de 
communion  ; 

Lommel  (Limbourg)  :  banc  de  communion  ; 

Vosselaere  (Flandre  orientale)  :  banc  de  communion  et 
complément  des  autels  latéraux  ; 

Bassevelde  (Flandre  orientale)  :  buffet  d'orgues  ; 

Sart-en-Fagne  (Namur)  :  maître-autel  ; 

La  Plante  (Namur)  :  deux  autels  latéraux  et  chaire  à 
prêcher; 

Tombes,  sous  Mozet  (Namur)  :  maitre-autel  ; 

Cul-des-Sarls  (Namur)  :  trois  autels  ; 

Belœil  (Hainaut)  :  lambris,  confessionnaux,  piédestal 
pour  la  statue  de  Saint-Pierre  et  restauration  de  cette 
statue  ; 

Slype  (Flandre  occidentale):  confessionnaux  et  stalles; 

Grimde,  sous  Tirlemont  (Brabant)  :  deux  autels  latéraux  ; 

Deuzeld,  sous  Schooten  (Anvers)  :  chaire  à  prêcher, 
confessionnaux,  stalles  et  buffet  d'orgues  ; 

Montenaeken  (Limbourg)  :  complément  du  mobilier. 
£,!;„  —  Par  suite  de  la  construction  d'une  nouvelle  église 

dans  la  section  de  Frassem,  l'ancienne  église  est  devenue 
hors  d'usage;  elle  est  totalement  abandonnée.  L'adminis- 


—  121  — 

tralion  communale  de  Bonnert  sollicite  rautorisalion  de  la 
faire  démolir. 

Il  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  été  procédé,  le 
24  avril  1902,  de  concert  avec  M.  Sibenaler,  délégué  du 
Comité  des  correspondants  du  Luxembourg,  que  cette 
construction  n'offre  rien  d'intéressant  sous  le  rapport  artis- 
tique ou  archéologique.  Rien  n'empêche  d'en  autoriser  la 
démolition. 

Il  est  désirable,  toutefois,  de  conseiller  à  l'autorité  locale 
de  conserver  la  tour  de  l'édifice  ;  cette  tour  joue  un  rôle 
assez  marquant  dans  l'aspect  du  site  qui  se  déroule  à  la  vue 
lorsqu'on  le  contemple  de  l'imposante  vallée  de  Frassem, 
laquelle  est  visitée,  chaque  été,  par  de  nombreux  étrangers. 
La  localité  est  donc  intéressée  à  ce  que  l'on  maintienne  tout 
ce  qui  contribue  à  la  beauté  d'un  site  renommé,  d'autant 
plus  que  ce  maintien  ne  constituera  aucune  dépense  et  ne 
contrariera  en  rien  la  combinaison  que  l'on  semble  avoir  en 
vue  d'annexer  le  terrain  occupé  par  l'église  au  jardin  de  la 
cure.  La  tour  conservée  se  trouvera  à  la  limite  du  jardin. 

Lorsque  l'on  procédera  à  la  démolition  de  l'ancien  vais- 
seau, il  importera  de  recueillir  avec  soin  les  objets  d'anti- 
quité que  l'on  pourrait  y  découvrir;  de  vérifier  le  sol  à  l'effet 
de  s'assurer  s'il  ne  renferme  pas  d'anciens  tombeaux  ;  si, 
dans  le  massif  de  maçonnerie  qui  constituait  le  maître-autel, 
il  n'y  a  pas  des  reliques,  etc. 

Un  délégué  du  Comité  des  correspondants  pourrait  être 
chargé  de  surveiller  les  travaux  de  démolition. 

—  A  la  demande  du  conseil  de  fabrique  de  Wamont      ê*iu« 
(Liège),  il  a  été  procédé,  le  7  mai  1902,  à  l'examen  de 
l'église  de  celte  localité  dont  la  reconstruction  est  projetée. 


—  192  — 

Cet  édifice,  dont  la  construction  parait  remonter  à  la 
seconde  moitié  du  xvin*  siècle,  n'a  aucune  valeur  artistique  ; 
d'autre  part,  il  n'est  plus,  à  beaucoup  près,  en  rapport  avec 
l'importance  de  la  population  de  la  paroisse. 

Un  agrandissement  n'est  guère  praticable;  il  équivaudrait, 
sans  en  avoir  les  avantages,  à  une  reconstruction  à  peu  près 
totale. 

On  doit  tenir  compte  aussi  que  cette  église  n'est  pas 
orientée.  Sa  reconstruction  permettra  de  réaliser  cette 
mesure.  La  nouvelle  église  sera  érigée  en  travers  de  celle 
existante.  Les  ressources  ne  permettant  pas  la  reconstruction 
totale  immédiate,  on  se  bornera,  pour  le  moment,  à  con- 
struire la  moitié  du  nouveau  temple  à  l'est  de  l'ancien 
jusqu'à  sa  rencontre  avec  celui-ci.  Ce  parti,  qui  remédiera 
à  une  situation  anormale,  aura  cet  autre  avantage  de  per- 
mettre de  continuer  les  offices  dans  l'ancienne  église  pendant 
la  construction  de  la  première  partie  de  la  nouvelle.  De  plus, 
la  tour  actuelle,  qui  restera  en  dehors  de  la  limite  de  recon- 
struction et  qui  est  très  solide,  pourra  être  conservée;  toute- 
fois, il  faudra  remplacer  son  misérable  couronnement  actuel 
par  un  autre  mieux  en  rapport  avec  l'ensemble  de  la  nouvelle 
construction. 

Le  mobilier  actuel  pourra,  du  moins  pour  une  bonne 
partie,  être  utilisé  dans  la  nouvelle  église. 

Le  retable  du  maître-autel  renferme  un  tableau  qui  semble 
appartenir  à  l'ancienne  école  liégeoise;  il  offre  un  certain 
mérite.  Malheureusement  il  a  été  mutilé  autrefois,  lors  du 
placement  du  tabernacle. 

La  cuve  baptismale  est  en  pierre  bleue  ;  elle  est  conçue 
dans  le  goût  du  xv9  siècle,  mais  elle  porte  une  date  beaucoup 


—  123  — 

postérieure.  Si  celle  date  est  celle  de  la  confection  de  la  cuve, 
il  est  notoire  que  l'on  se  trouve  en  présence  d'une  repro- 
duction d'une  œuvre  plus  ancienne. 

L'église  possède  une  chape  dont  l'étoffe  est  moderne  mais 
dont  les  broderies  appartiennent  au  xvi9  siècle.  Celles-ci  sont 
intéressantes  et  assez  bien  conservées.  Seulement  quelques 
petites  parties  du  tissu  sont  défilées;  elles  devront  être 
fixées  pour  éviter  que  les  détériorations  ne  s'accentuent. 
Cette  chape  n'est  plus  utilisée. 

—  L'emplacement  destiné  à  l'érection  de  l'église  de  La      ttw*« 

.  JeLi  VilU-tle, 

Villetle,  sous  Marcinelle,  a  fait  I  objet  d'un  examen,   le  •««««««»•• 
28  avril!  902. 

MM.  Cador,  Devillers  et  Hubert,  membres  du  Comité  des 
correspondants  du  Hainaut,  étaient  présents  à  la  visite. 

II  résulte  de  cet  examen  que  le  terrain  donné  au  conseil 
de  fabrique  est  bien  situé;  il  est  très  convenable.  Toutefois, 
sa  disposition  ne  permet  pas  d'orienter  complètement  l'édifice 
le  chevet  à  l'est;  il  sera  exposé  au  sud-est.  Cette  légère 
déviation  de  l'orientation  n'étant  pas  de  nature  à  porter  pré- 
judice à  la  nouvelle  construction,  tant  au  point  de  vue  de 
sa  conservation  qu'à  celui  de  son  éclairage,  il  n'y  a  pas  lieu 
de  s'en  préoccuper. 

Mais  ce  qui  est  plus  important,  c'est  que  le  nouvel  édifice 
sera  situe  au  milieu  de  terrains  réservés  à*  la  bâtisse.  Or,  la 
parcelle  dont  il  s'agit  est  bien  étriquée  pour  y  élever  un 
édifice  qui  doit,  en  raison  de  la  densité  de  la  population  de 
la  paroisse,  avoir  une  certaine  importance.  Si  Ton  s'en  rap- 
porte aux  plans  déjà  élaborés  de  l'église,  il  ne  restera,  entre 
le  périmètre  de  celle-ci  et  la  limite  extrême  du  terrain,  qu'un 
espace  d'environ  sept  mètres.  C'est  bien  peu.  Les  donateurs 


—  124  — 

devraient  compléter  leur  acte  de  générosité  en  portant  cette 
largeur  de  dix  à  quinze  mètres.  Cet  espace  est  indispensable, 
tant  pour  l'aspect  de  l'édifice  que  pour  lui  procurer  un 
éclairage  convenable  et  l'isoler  d'une  façon  suffisante  pour 
le  préserver  des  dangers  d'incendie.  Du  reste,  les  donateurs 
sont  eux-mêmes  intéressés  à  la  réalisation  de  cette  mesure, 
attendu  qu'il  en  résultera  un  embellissement  considérable 
pour  le  quartier. 

Le  bâtiment  affecté  actuellement  à  l'exercice  du  culte  n'est 
pas  une  église  provisoire;  c'est  une  construction  destinée  à 
des  services  paroissiaux,  congrégations,  patronages,  etc.  Il 
est  dû  à  la  générosité  de  quelques  paroissiens  qui,  tout  en  le 
laissant  momentanément  à  la  disposition  du  conseil  de 
fabrique,  n'entendent  évidemment  pas  prolonger  indéfini- 
ment cette  situation.  II  n'a  d'ailleurs  pas  été  aménagé  dans 
ce  but  et  est  insuffisant.  Par  conséquent,  la  construction 
d'une  église  en  rapport  avec  les  nécessités  de  la  nouvelle 
paroisse  s'impose  à  bref  délai. 
% »*  de  pin.  —  Lors  de  l'approbation  du  projet  de  construction  d'une 
église  à  Pin,  sous  Izel,  la  Commission  a  demandé  qu'au 
cours  de  l'exécution  des  travaux  l'édifice  soit  parfaitement 
orienté. 

Le  conseil  communal  d'Izel  ayant  fait  remarquer  que 
l'orientation  de  l'édifice,  dans  les  circonstances  actuelles, 
présenterait  de  nombreux  inconvénients,  il  a  été  procédé,  le 
5  mai  1902,  à  un  examen  de  l'emplacement  dont  on  dispose. 

M.  Sibenaler,  secrétaire  du  Comité  des  correspondants 
du  Luxembourg,  assistait  à  la  visite. 

Il  résulte,  en  effet,  de  cet  examen,  qu'en  présence  du  plan 
de  distribution  adopté  pour  la  nouvelle  église,  il  n'est  pas 


—  425  — 

possible  de  donner  à  celle-ci  l'orientation  normale;  ses  deux 
extrémités  est  et  ouest  seraient  absolument  trop  rapprochées 
des  maisons  voisines  pour  laisser  un  passage  convenable; 
la  circulation  s'en  trouverait  entravée. 

Si  Ton  s'était  préoccupé,  dès  le  début  de  l'instruction  de 
cette  affaire,  de  l'emplacement  qui  s'impose  à  défaut  d'autre, 
l'auteur  du  projet  eut  pu  étudier  et  sans  doute  réaliser  une 
disposition  du  plan  de  l'édifice  basée  sur  celle  du  périmètre 
du  terrain.  Mais,  étant  donné  que  l'affaire  a  aujourd'hui 
passé  par  toutes  les  phases  d'une  instruction  déjà  très  labo- 
rieuse, —  l'adjudication  des  travaux  a  même  eu  lieu,  —  il 
n'est  plus  possible  de  la  remettre  en  question. 

Dans  cette  situation,  et  attendu  que  le  désir  unanime  des 
administrations  locales  et  de  toute  la  population  est  de  voir 
réaliser  le  plus  promptement  possible  le  projet  approuvé  et 
la  disposition  indiquée  au  plan  G  joint  au  dossier,  il  ne  reste 
qu'à  subir  la  situation  et  à  autoriser  la  construction  suivant 
celte  disposition. 

La  Commission  a,  en  plus  d'une  circonstance,  fait  res- 
sortir combien,  à  divers  points  de  vue,  il  est  avantageux 
d'orienter  convenablement  les  édifices  religieux.  Cette 
mesure  ne  devrait  jamais  être  perdue  de  vue;  elle  devrait 
même  être  imposée  partout.  C'est  aux  architectes,  chargés 
de  l'élaboration  des  plans  des  édifices,  à  chercher  à  la  réa- 
liser, en  tenant  compte  de  la  configuration  du  terrain  mis  à 
leur  disposition.  De  nombreux  exemples  d'églises  anciennes 
nous  démontrent  que  les  architectes  du  moyen  âge  n'étaient 
jamais  embarrassés  dans  des  cas  semblables  et  que  même  ils 
savaient  tirer  parti  de  la  situation  du  terrain,  de  son  irrégu- 
larité, de  ses  différences  de  niveau,  pour  donner  à  l'édifice 


—  126  — 

un  aspect  pittoresque  et  un  cachet  original  dont  on  se  préoc- 
cupe malheureusement  trop  peu  de  nos  jours. 
d-E&r         —  Il  a  été  procédé,  dans  l'église  d'Embourg  (Liège),  à 
l'examen  de  la  chaire  à  prêcher  pour  l'exécution  de  laquelle 
un  subside  a  été  promis  sur  les  fonds  des  Beaux- Arts. 

Il  a  été  constaté  que  l'exécution  de  ce  meuble  est  satisfai- 
sante et  qu'il  correspond  aux  dessins  approuvés.  En  consé- 
quence, rien  ne  s'oppose  à  la  liquidation  du  subside  précité. 

d  JfàS  —  ^e  P'an  ^e  ' aute'  °Iue  'on  se  P^pose  d'ériger  dans 

l'église  de  Neerhaeren  (Limbourg),  pour  servir  de  soubas- 
sement à  l'ancien  retable  de  cette  église,  a  été  dressé 
en  4885.  II  est  conçu  dans  le  style  de  l'église  bâtie  vers  1875 
d'après  le  type  roman. 

Le  contraste  entre  ce  style  et  celui  du  retable,  qui  remonte 
à  la  fin  du  xv*  siècle,  est  choquant.  Puisque  le  travail  n'a 
encore  reçu  aucun  commencement  d'exécution,  il  semble 
préférable  d'abandonner  le  projet  approuvé  et  d'étudier  un 
plan  de  mensa  en  concordance  de  style  avec  celui  du  retable, 
tout  en  restant,  bien  entendu,  dans  des  données  très 
simples.  L'adoption  de  ce  parti  est  désirable  dans  l'intérêt 
de  l'effet  d'ensemble  de  l'œuvre. 

Les  volets  peints  qui  se  trouvent  dans  l'église  n'appar- 
tiennent pas  au  retable  précité;  ils  ne  peuvent  s'y  adapter 
ni  comme  hauteur  ni  comme  largeur.  Ils  proviennent,  sans 
aucun  doute,  d'un  autre  retable  ayant  appartenu  à  la  même 
église  ;  leur  appropriation  à  l'œuvre  de  sculpture  existante 
ne  pourrait  que  les  mutiler  sans  aboutir  à  un  résultat  satis- 
faisant. Il  y  a  lieu  de  les  conserver  tels  quels  dans  l'église,  à 
moins  qu'on  ne  puisse  les  utiliser  dans  la  confection  d'un 
autre  autel. 


—  127  — 

Le  conseil  de  fabrique  voudrait  voir  doter  son  beau 
retable  de  volets  peints,  non  seulement  pour  le  compléter, 
mais  surtout  en  vue  de  le  protéger.  Celle  sollicitude  mérite 
d'être  encouragée.  Si  l'on  y  donne  suite,  il  conviendraque 
l'on  fasse  choix  d'un  artiste  de  talent  qui  soumettrait  un 
projet  complet  de  ces  volets  avec  esquisses  des  compositions 
qu'il  compte  réaliser  et  un  devis  estimatif  de  la  dépense.  En 
transmettant  ce  projet  à  l'avis  des  autorités  compétentes,  les 
administrations  locales  devront  faire  connaître  pour  quelles 
sommes  elles  sont  en  situation  d'intervenir  dans  les  frais  à  en 
résulter. 

Un  Christ  triomphal,  d'un  certain  mérite,  est  relégué 
dans  le  magasin  de  l'église.  Il  est  désirable  de  le  faire 
remettre  à  son  emplacement  normal,  à  l'entrée  du  chœur. 

L'église  possède  aussi  un  intéressant  petit  groupe  en  bois, 
de  la  fin  de  la  période  ogivale,  représentant  Sainte-Anne,  la 
Sainte- Vierge  et  l'Enfant  Jésus.  On  ne  peut  que  recom- 
mander au  conseil  de  fabrique  de  prendre  tous  les  soins  que 
sa  conservation  comporte. 

—  Il  a  été  procédé,  le  11  juin  1903,  à  l'examen  des  trois     M.ejc 

Rendenx-Ha 

autels  placés  dans  l'église  de  Ren deux-Haut,  moyennant  le 
concours  financier  du  Gouvernement. 

Il  résulte  de  cet  examen,  auquel  assistait  M.  Sibenaler, 
secrétaire  du  Comité  des  correspondants  du  Luxembourg, 
que  les  meubles  dont  il  s'agit  ont  été  exécutés  d'une  façon 
satisfaisante.  En  conséquence,  rien  ne  s'oppose  à  ce  que  le 
subside  promis  sur  les  fonds  des  Beaux-Arts  soit  liquidé. 

L'attention  du  conseil  de  fabrique  devra  être  appelée  sur 
la  nécessité  de  faire  en  sorte  que  les  eaux  pluviales  ne 
séjournent  pas  au  pied  des  murs  de  l'église.  Les  travaux  à 


Haut. 


—  1J8  — 

faire  à  cette  fin  sont  très  peu  importants;  il  suffît  de  régu- 
lariser la  pente  du  terrain  vers  l'extérieur  et  d'établir  un 
petit  trottoir  en  pavés,  posés  au  mortier,  le  long  des  murs. 
Il  y  va  de  l'intérêt  du  conseil  de  fabrique,  chargé  de 
l'entretien  de  l'édifice.  Le  maintien  de  la  situation  actuelle 
ne  manquerait  pas,  dans  un  avenir  peu  éloigné,  de  causer 
des  détériorations  aux  maçonneries  et,  partant,  d'occasionner 
des  dépenses  importantes  pour  y  remédier  dans  la  suite. 
Umm  —  Il  a  été  procédé,  le  15  mai  4902,  à  l'inspection  de 

de  Denoerlceiw.  ■  ■ 

l'église  de  Denderleeuw  (Flandre  orientale),  au  point  de  vue 
de  la  décoration  projetée  de  cet  édifice. 

Il  résulte  de  cet  examen  que  le  plafonnage  n'est  pas 
terminé,  que,  par  conséquent,  il  n'y  a  pas  lieu  de  songer, 
d'ici  à  longtemps,  à  exécuter  un  travail  décoratif  peint. 

Le  projet  présenté  devra  être  renvoyé  au  conseil  de 
fabrique,  qui  sera  invité  à  le  représenter  en  temps  opportun. 


TRAVAUX  DE  RESTAURATION. 

Le  Collège  a  revêtu  de  son  visa  : 
ÉgiiMi  1°  Le  projet  relatif  a  l'exécution  de  travaux  de  restauration 

de  Wemmel.  r      * 

à  l'église  de  Wemmel  (Brabanl).  Si  des  travaux  de  rejoin- 
toyage  doivent  être  effectués  aux  parements  anciens,  il 
importera  de  les  borner  au  strict  nécessaire,  c'est-à-dire 
limités  aux  seuls  joints  ouverts;  ce  rejointoyage  devra  être 
exécuté  légèrement  en  creux,  au  moyen  de  mortier  ordi- 
naire, à  l'exclusion  du  ciment;  architecte,  M.  Dbayer; 
tyise  de  Roi,.  2°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  la  façade  de  l'église 
de  Roly  (Namur).  Au  cours  de  l'exécution  des  travaux,  il 


—  129  — 

conviendra   de   supprimer   la    pierre    formant   corniche 
au-dessus  de  la  porte  d'entrée  ;  elle  est  inutile; 

3°  Le  projet   de  restauration  de   l'église    d'Orchimont  d.0*g£onU 
(Namur); 

4°  Le  projet  concernant  l'appropriation  et  la  restauration      |*,l£ttX 
de  l'église  de  Gonrieux  (Namur);  architecte,  M.  Maréchal; 

S9  Le  projet  de  travaux  de  restauration  à  exécuter  à  l'église     ***<>* 

r      J  °  S*- Jean-  Baptiste, 

de  Saint-Jean-Baptiste,  à  Namur,  sous  la  réserve  que  l'on     àNMIur- 
tiendra  compte  des  observations  émises  par  M.  l'architecte 
provincial;  architecte,  M.  Lange; 

6°  Le  projet  de  restauration  des  églises  de  la  commune  de  w****™™. 
Samrée  (Luxembourg)  ; 

V  Le  projet  de  divers  travaux  à  exécuter  à  l'église  de      t*K« 

de  Le*  Bullei* 

Les  Bulles  (Luxembourg)  ; 

8*  Le  projet  relatif  à  la  restauration  des  toitures  de  la    ^Jjjj}^. 
chapelle  de  Grand  ru,  sous  Hompré  (Luxembourg)  ; 

9°  Le  projet  de  travaux  de  réparation  à  effectuer  à  l'église  d6  Me%!i"Tif<>. 
de  Meix-le-Tige  (Luxembourg); 

40*  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Berg  (Lim-.Égu»eJeBerg. 
bourg);  architecte,  M.  Ghrisliaens; 

119  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  l'église  de      *§»» 

r     J  °  deLowaige. 

Lowaige  (Limbourg);  architecte,  M.  Christiaens; 
12°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Rumbeke    .  êch» 

r  °  deRnmbeke. 

(Flandre  occidentale);  architecte,  M.  Soele; 

15°   Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Deerlyk      M» 
(Flandre  occidentale),  à  la  condition  que  l'on  aura  égard  aux    . 
observations  émises  par  la  Dépulation  permanente  du  conseil 
provincial  ;  architecte,  M.  Depauw  ; 

14°  Le   projet  relatif  à  la  restauration  de  l'église  de      *«»■•  . 

r     ê  °  de  Lootenhulle. 

Lootenhulle  (Flandre  orientale),  sous  la  réserve  qu'il  sera 


—  130  — 

tenu  compte  des  observations  présentées  par  M.  l'architecte 
provincial.  L'auteur  du  projet,  M.  l'architecte  Goethals, 
devra  revoir  la  retombée  de  la  toiture  de  la  tour  sur  les 
murs  de  celle-ci,  afin  de  rester  dans  le  caractère  de  l'époque 
romane  ; 
éiiiMdePeoq.  15°  Le  projet  de  travaux  de  réparation  à  effectuer  aux 
toitures  de  l'église  de  Pecq  (Hainaut);  architecte,  M.  Cor- 
donnier; 
figito  16°  Le  projet  de  grosses  réparations  à  exécuter  à  l'église 

de  Bois-d'HtiM. 

de  Sainl-Jean-Baptiste,  à  Bois-d'Haine  (Hainaut).  Il  n'est 
pas  admissible,  toutefois,  que  l'on  mette  en  œuvre  le  zinc 
pour  la  restauration  des  couvertures.  Les  réparations  doivent 
être  toutes  effectuées  au  moyen  d'ardoises  semblables  à  celles 
existantes;  architecte,  M.  Simon; 

tau,  1 7°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Saint-Jean- 

Baptiste,  à  Gosselies  (Hainaut);  architecte,  M.  Leborgne; 

éfibt  *8*  Le  projet  concernant  l'exécution  de  travaux  de  res- 

tauration  à  l'église  d'Hacquegnies  (Hainaut);  architecte, 
M.  Clinquart; 

Êf\i*  49°  Le  projet  de  restauration  de  la  tour  de  l'église  de 

de  VonielMi*  r  ...  ° 

Vorsselaere  (Anvers),  a  la  condition  que  Ion  se  bornera  aux 

travaux  strictement  nécessaires;  architecte,  M.  Taeymans; 
feiiu  20°  Le  compte  des  travaux  de  restauration  effectués  en 

régie,  pendant  le  deuxième  trimestre  de  1901,  à  l'église  de 

Walcourt  (Namur). 
Éfiue  —  11  résulte  d'une  inspection  récente  de  l'église  de  Neer- 

d6  NeCfltDdM»    * 

landen  (Liège)  que  l'état  où  elle  se  trouve  réclame  des  répa- 
rations urgentes. 

La  plupart  des  murs  sont  hors  plomb  et  commencent  à  se 
crevasser;  les  toits  sont  en  très  mauvais  étal  et  des  infiltra- 


—  131  — 

lions  se  produisent  de  toutes  parts  ;  il  est  évident  que  si  cet 
état  de  choses  doit  encore  durer  quelque  temps,  l'église 
cessera  d'être  habitable.  11  convient  donc  que  des  mesures 
soient  prises  sans  retard. 

Celle  situation  est  d'autant  plus  étrange  que,  d'après  les 
renseignements  pris,  la  situation  financière  de  la  fabrique 
lui  permet  de  faire  face  aux  dépenses  nécessaires  pour 
mettre  la  construction  en  bon  état.  C'est  dans  un  esprit 
d'économie  fort  mal  entendu  que  le  conseil  de  fabrique 
(qui  ne  rend  pas  ses  comptes)  s'esj  refusé  jusqu'à  présent 
à  faire  exécuter  les  travaux  devenus  aujourd'hui  très 
urgents. 

II  n'est  peut-être  pas  inutile  de  rappeler  que  si  des  travaux 
de  réparation  sont  indispensables,  si  l'église  doit  continuer 
à  répondre  aux  besoins  du  culte,  ils  sont  encore  hautement 
désirables  pour  la  conservation  des  objets  d'art  qu'elle  con- 
tient el  qui  sont  loin  d'être  sans  valeur  :  notamment  la  statue 
en  marbre  blanc  de  Sainte-Madeleine  sur  laquelle  un  rapport 
a  été  adressé  à  M.  le  Ministre  de  l'intérieur,  le  18  novem- 
bre 1893,  et  un  important  tableau  de  De  Crayer  qui  sert  de 
retable  à  l'autel  majeur. 

—  Lors  de  la  visite  qui  a  eu  lieu  à  Wolverthem  (Bra-  hu 
bant),  le  15  mai  1902,  il  a  été  constaté  que  le  rejoinloyage 
en  voie  d'exécution  au  chœur  de  l'église  ne  s'effectue  pas 
dans  des  conditions  satisfaisantes.  Il  importe  de  renoncer  au 
système  adopté  et  de  s'abstenir  dorénavant  d'employer  le 
ciment. 

Le  rejoinloyage  doit  être  effectué  au  bon  mortier  ordinaire 
et  légèrement  en  creux  comme  l'exécutent  les  maçons.  Et 
celle  opération  doit  se  faire  en  recherche  là  où  elle  est 


ÎM 

verthem. 


—  132  — 

nécessaire  pour  boucher  les  joints  ouverts.  Les  joints  bien 
conservés  doivent  être  respectés. 
Et»»  —  Il  a  été  procédé,  le  22  mai   1902,  à  l'examen  du 

de  Wettiiibeek. 

chœur  de  l'église  de  Wesembeek  (Brabanl),  dont  le  classe- 
ment est  sollicité. 

Celte  demande  a  donné  lieu,  de  la  part  de  M.  l'architecte 
provincial  Licot  et  de  celle  du  Comité  des  correspondants,  à 
des  avis  favorables. 

Il  y  a  lieu  de  se  rallier  h  ces  avis  et  de  ranger  le  chœur 
de  l'église  précitée,  lequel  remonte  au  xv*  siècle,  dans  la 
troisième  classe  des  monuments  du  culte. 

Le  reste  de   l'édifice  date   de  la  seconde  moitié  du 
xvin'  siècle  et  ne  présente  aucun  mérite  artistique, 
chapelle         —  L'attention  de  la  Commission  ayant  été  attirée  sur 

de  Soinle-Ann*, 

à  Aa.iergi.c-n,  ]*in(érèt  qu'offre  l'ancienne  chapelle  de  Sainte-Anne,  à 
Àuderghem,  il  a  été  procédé,  le  19  juin  1902,  à  une  inspec- 
tion de  ce  petit  édifice. 

M.  Dumortier,  membre  du  Comité  des  correspondants  du 
Brabanl,  assistait  à  celte  visite. 

La  chapelle  en  question  est  celle  qui  a  servi  de  temple 
paroissial  à  la  localité  avant  la  construction  de  l'église 
actuelle,  qui  a  été  érigée  vers  1843. 

Dans  ces  derniers  temps,  la  chapelle  de  Sainte-Anne  était 
affectée  à  l'usage  de  métairie;  aujourd'hui  elle  est  aban- 
donnée. D'après  des  renseignements  recueillis  sur  place,  la 
propriété  vient  d'être  achetée  par  M.  Madou,  qui  réside  dans 
la  localité. 

Il  résulte  de  l'examen  auquel  il  vient  d'être  procédé,  que 
l'édifice  dont  il  s'agit  est  intéressant  au  double  point  de  vue 


-  133  — 

de  Fart  et  de  l'archéologie;  c'est  le  plus  important  souvenir 
historique  de  la  localité. 

La  tour  remonte  à  la  fin  de  la  période  romane;  ses  baies 
d'abal-son  se  terminent  en  plein  cintre  et  sont  encadrées  par 
un  grand  arc  extérieur  ;  elles  renfermaient  deux  arcs  mineurs 
en  retraite  supportés,  aux  extrémités,  par  des  impostes,  au 
centre  par  une  mince  colonnelle;  elles  offrent  un  type  inté- 
ressant de  construction  qui  a  été  très  usité  à  l'époque  romane 
dans  nos  contrées,  mais  dont  les  exemples  deviennent  tous 
les  jours  plus  rares.  Une  seule  de  ces  baies,  celle  du  sud, 
est  à  peu  prés  intacte;  les  autres  ont  perdu  leur  colonnelle 
et,  par  suite,  leur  tympan.  La  couverture  de  la  tour  est  en 
fort  mauvais  état;  elle  est  en  grande  partie  ruinée. 

Le  mur  sud  de  la  nef  parait  remonter  à  une  époque  encore 
plus  reculée  que  la  tour;  on  y  remarque  une  petite  baie 
romane  qui  n'a  guère  que  les  proportions  d'une  meurtrière, 
ouverte  en  forme  d'abat-jour  concave. 

La  nef  et  le  chœur  ont  été  très  remaniés  vers  la  fin  de  la 
période  ogivale  ;  leur  couverture  était  en  bardeaux  ;  les  bar- 
deaux ont  disparu,  mais  leur  ossature  en  charpente  existe 
encore;  on  y  remarque  des  clefs  intéressantes.  Il  semble 
qu'à  cette  époque  la  nef  a  été  élargie  vers  le  nord  ;  le  mur  de 
ce  côté  est  en  briques  ;  au  côté  sud  il  est  en  moellons. 

En  résumé,  la  chapelle  de  Sainte- Anne  présente  un  intérêt 
assez  sérieux.  D'autre  part,  sa  situation  est  superbe.  On  y 
arrive  par  un  chemin  creux  serpentant  entre  deux  coteaux 
sur  l'un  desquels  elle  s'élève;  on  y  avait  autrefois  accès 
par  un  escalier  des  plus  rustiques  qui  est  en  partie  détruit. 

L'abandon  de  l'édifice  à  une  ruine  complète  ou  à  la  des- 
truction violente  serait  regrettable  non  seulement  à  cause 


—  134  — 

de  son  intérêt  artistique  et  archéologique,  mais  encore  parce 
que  sa  destruction  entraînerait  la  disparition  d'un  site  que 
Ton  peut  considérer  comme  l'un  des  plus  ravissants  des 
environs  de  la  capitale. 

La  chapelle  de  Sainte-Anne  figure  déjà  sur  la  liste  des 
édifices  civils  privés  dignes  d'être  conservés.  Si  elle  appar- 
tenait à  une  administration  publique,  elle  devrait  être  classée 
comme  monument  national. 

Le  Secrétaire, 
A.  Massadx. 

Vu  en  conformité  de  l'art.  95  du  règlement. 

Le  Président, 
Gh.  Lagasse-de  Locht. 


COMMfSSION  ROYALE  DES  MONUMENTS. 


■  *— ». 


RÉSUMÉ    DES    PROCÈS-VERBAUX. 


SÉANCES 
des  5, 12, 19  et  26  juillet;  des  2,  9,  16  et  23  août  1902. 


PEINTURE  ET  SCULPTURE. 

Des  avis  favorables  ont  été  émis  sur  : 

4°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  des  peintures  murales  EguM  d«  b<». 
du  chœur  de  l'église  de  Saint-Germain,  à  Ben,  commune  de     «■»!••. 
Ben-Âhin  (Liège);  auteur,  M.  Tassin; 

2e  Le  projet  de  peintures  décoratives  à  exécuter  dans      écu» 

ds  Krasd^Loo» 

l'église  de  Kessel-Loo  (Brabant)  ;  auteur,  M.  Brassinne  ;  d^".ltTvU 
3*  Le  projet  relatif  à  la  décoration  picturale  de  l'église  e*kw  «i-ewIoo. 

d'Eecloo  (Flandre  orientale);  auteur,  M.  Coppejans;  ™"n\l. 

4°  Le  projet  relatif  au  placement  d'un  chemin  de  la  croix  é#\* d«  cion«. 

.  Chemin 

peint  dans  l'église  de  Glons  (Liège)  ;  auteur,  M .  Coppejans  ;  dc  u  croix- 
5"  Le  projet  de  vitraux  à  placer  dans  l'église  d'Aubangeikiiwd'Aubang* 

(Luxembourg);  auteur,  M.  Ladon; 
6°  Les  dessins  de  trois  vitraux  destinés  au  chœur  de      Eglise 

de  Lampernistjp. 

l'église   de   Lampernisse  (Flandre  occidentale);   auteur,      VUrau'- 
M.  Dobbelaere  ; 


—  136  — 

M*         7°  Le  projet  relatif  au  placement  d'un  vitrail  dans  le 

de  Saint- Pierre,  r     *  r 

1  Avit!ïu!!*1'  chœur  de  l'église  de  Saint-Pierre,  à  Ànderlecht  (Brabant); 
auteur,  M.  Dobbelaere  ; 
Égibe  8°  Les  dessins  de  vitraux  à  placer  dans  quatre  chapelles 

de  Sainl-Pierre, 

àvrt!ïïï"    absidales  de  l'église  de  Saint-Pierre,  à  Louvain  (Brabant). 

Au  cours  de  l'exécution,  l'auteur,  M.  Os  terra  th,  devra  être 

engagé  à  varier  les  soubassements  ainsi  que  les  réseaux  des 

verrières  projetées. 

ÉgiiM  —  Il  a  été  procédé,  dans  l'église  de  Notre-Dame  de  Bon- 

de Notre-Dame,  r  ° 

î^oi-^ou":  Secours,  à  Saint-Nicolas  (Flandre  orientale),  à  l'examen  des 
peintures  murales  de  cet  édifice  qui  viennent  d'être  restau- 
rées. 

Il  résulte  de  cet  examen  que  les  ouvrages  projetés  à  ces 
œuvres  d'art  sont  terminés  et  qu'ils  ont  été  effectués  avec 
tous  les  soins  désirables, 
feu»  —  Il  résulte  du  rapport  des  délégués  qui  ont  examiné,  à 

des  SS.-Micliel- 

àlAnïe£     Anvers,  les  projets  des  stations  du  chemin  de  la  croix  de 
dHaTriii.    l'église  des  SS.-Michel-et-Pierre,  que  l'étude  qui  leur  a  paru 
le  mieux  dessinée,  manque  de  simplicité.  On  y  remarque 
trop  de  figures;  le  fond  est  trop  historié. 

Il  y  aura  lieu  de  soumettre  un  autre  projet,  accompagné 
de  l'étude  des  encadrements,  lorsque  M.  le  curé  de  la 
paroisse  aura,  de  concert  avec  son  architecte,  examiné  les 
cuivres  artistiques  qui  ornent  des  murs  de  la  collégiale  de 
Nivelles.  En  attendant  cet  envoi,  M.  le  curé  devra  faire  par- 
venir les  projets  récemment  vus  par  les  délégués,  afin  que 
le  Collège,  tout  entier,  puisse  en  prendre  connaissance. 

Hôtei  de  «uie       —  Il  a  été  procédé  à  Louvain  (Brabant),  le  30  juillet  1902, 
DétCauôn*.    à  l'examen  de  l'avant-projel  de  décoration  picturale  de  la 
salle  des  pas-perdus  de  l'hôtel  de  ville. 


—  137  — 

Ce  projet  constitue  nne  modification  de  celui  présenté 
antérieurement;  il  a  subi  certaines  améliorations,  suivant 
ce  qui  a  été  indiqué  à  l'auteur,  M.  Dierickx,  dans  le  rapport 
du  12  décembre  1901.  Toutefois,  la  frise  historiée  n'a  pas 
été  suffisamment  descendue;  elle  devrait,  ainsi  qu'on  l'a 
déjà  fait  remarquer,  rester  sous  le  niveau  inférieur  des 
poutres.  En  descendant  cette  frise,  la  bande  ornée  sous  le 
plafond  grandira  dans  la  même  proportion  et  l'auteur  pourra 
y  introduire  avantageusement  les  inscriptions  se  rapportant 
aux  sujets  représentés. 

Le  rusticage  pourrait  être  encore  rendu  plus  calme. 

Le  lambris  peint  devra  être  haussé  au  détriment  du  rusti- 
cage, de  façon  à  atteindre  le  niveau  supérieur  des  banquettes 
des  fenêtres.  Ce  lambris  devra  être  d'une  grande  simplicité, 
de  façon  à  pouvoir  être  facilement  retouché  au  cas  où  il  y 
surviendrait  des  avaries. 

L'enduit  sur  lequel  on  a  opéré  un  essai  de  décoration  est 
beaucoup  trop  épais  ;  il  doit  être  aussi  mince  que  possible,  et 
sa  composition,  imitée  des  anciens  enduits,  devra  être  tout 
particulièrement  soignée  pour  éviter  des  mécomptes  dans 
l'avenir.  Le  petit  échantillon  d'enduit  spécial  effectué  par 
H.  Brassinne,  parait  convenable  comme  épaisseur,  mais  il 
est  trop  lisse  au  point  de  vue  de  l'adhérence  de  la 
peinture. 

D'autre  part,  il  est  indispensable  que  l'enduit  soit  parfai- 
tement sec  lorsqu'on  entreprendra  l'exécution  du  travail 
décoratif;  à  cet  effet,  il  importe  qu'on  s'en  occupe  immédia- 
tement. On  devra  examiner  s'il  est  nécessaire  d'appliquer 
un  enduit  sur  les  parements  de  la  salle,  qui  sont  en  pierre 
blanche;  il  est  probable  que  la  peinture  pourra  être  exécutée 


—  158  — 

directement  sur  la  pierre  après  que  les  parements  auront  été 
soigneusement  mastiqués. 

Une  fenêtre  ogivale  avec  meneaux,  semblable  à  celles  de 
la  façade  principale,  existe  au  fond  de  la  sali*,  à  l'angle 
sud-ouest;  elle  est  bouchée.  On  devrait  étudier  le  moyen  de 
l'ouvrir,  car  telle  qu'elle  se  présente  aujourd'hui,  elle  gène 
beaucoup  l'exécution  du  travail  décoratif. 

La  grande  porte  avec  entourage  de  style  renaissance 
constitue  un  autre  obstacle;  la  Commission  avait  préconisé 
son  maintien.  Mais,  tout  bien  examiné,  ce  maintien  n'est 
guère  pratique;  il  parait  préférable  de  la  remplacer  par  une 
porte  avec  encadrement  du  même  type  que  celles  percées 
dans  le  même  mur,  d'autant  plus  qu'on  pourra,  è  ce  que  l'on 
assure,  l'utiliser  ailleurs. 

Ert  vue  de  ne  pas  relarder  le  travail  décoratif,  dont  l'exé- 
cution est  vivement  désirée,  il  importe  que  l'on  procède,  de 
suite,  à  la  restauration  du  pan  coupé  et  de  la  porte  qui 
clôturent  le  petit  escalier  au  côté  gauche  de  la  salle. 

Sous  réserve  qu'il  sera  tenu  compte  des  recommandations 
qui  précèdent,  le  projet  a  été  revêtu  du  visa. 
ÉfUie  a.        —  Un  projet  de  travaux  de  peinture  décorative  pour  les 

à  "SKuSÏ6""'  nek  ^e  église  de  Sainte-Catherine,  à  Hoogstraelen  (Anvers), 
décote.  a  £(g  soumis  officieusement  à  la  Commission,  en  mars  1900. 
A  la  suite  d'un  examen  sur  place  de  ce  projet,  le  Collège 
a  demandé  que  la  décoration  fût  tenue  dans  la  plus  grande 
simplicité  ;  il  a  même  émis  le  vœu  qu'elle  soit  bornée  exclu- 
sivement à  la  partie  centrale  des  nervures  et  aux  clefs  de 
voûte. 

-    On  devait  s'attendre  à  ce  qu'un  projet  dans  ce  sens  serait 
soumis  régulièrement  aux  autorités  compétentes.  Il  n'en  a 


—  139  — 

rien  été  e(  le  conseil  de  fabrique  a  fait  procéder  à  l'exécution 
des  travaux.  Ceux-ci  sont  aujourd'hui  terminés.  Il  est  vrai 
qu'ils  ont  été  maintenus  dans  des  conditions  très  modestes  et 
n'ont  dépassé  les  recommandations  indiquées  ci-dessus  qu'en 
ce  que  les  chapiteaux  des  colonnes  et  des  colonnettes  ont 
reçu  une  polychromie  rehaussée  de  quelques  dorures;  les 
nervures  ont  été  bordées  sur  toute  leur  longueur  de  crétages 
(racés  en  noir  sur  les  briques;  la  rencontre  des  comparti- 
ments des  voûtes  avec  les  murs  a  été  délimitée  par  un  filet 
noir. 

En  somme,  le  travail  décoratif  effectué  est  modéré  et  ne 
fait  pas  tort  à  l'aspect  d'ensemble  de  l'édifice.  Mais  il  eût  pu 
ne  pas  en  être  de  même  en  l'absence  de  tout  contrôle  des 
autorités  constituées  à  celte  fin.  C'est  pourquoi  il  importe  de 
rappeler  au  conseil  de  fabrique  qu'à  l'avenir  il  ne  pourra 
plus  faire  effectuer,  à  ce  remarquable  édifice,  aucun  travail, 
quel  qu'il  soit,  avant  d'en  avoir  soumis  régulièrement  le 
projet  et  obtenu  les  autorisations  requises. 

—  Les  quatre  vitraux  clôturant  la  série  des  verrières  du  Égii.« de  L.bin, 

1  Vitraux. 

vaisseau  de  l'église  de  Libin,  dont  le  placement  vient 
d'être  opéré,  ont  fait  l'objet  d'un  examen,  sur  place,  le 
29  juillet  1902,  de  concert  avec  M.  Sibenaler,  secrétaire- 
adjoint  du  Comité  des  correspondants  du  Luxembourg. 

Le  travail  décoratif  dont  il  s'agit  a  été  exécuté  d'une  façon 
satisfaisante.  En  conséquence,  il  y  a  lieu  de  liquider  les 
subsides  promis  par  l'État  en  vue  de  ladite  entreprise. 

—  Il  a  été  procédé,  le  28  juin  1902,  à  l'examen  des  iittei  d«  «me 
modèles,  grandeur  d'exécution,  de  neuf  statues  destinées  Sl*tae*-  ' 
aux  niches  du  second  étage  de  la  façade  ouest  de  l'hôtel  de 

ville  de  Bruxelles. 


—  140  — 

Les  modèles  dont  il  s'agit  n'ayant  soulevé  aucune  obser- 
vation, rien  n'empêche  d'autoriser  les  artistes  à  passer  à 
l'exécution  définitive  en  pierre. 

CONSTRUCTIONS  CIVILES. 

HAiei  de  viii«       La  Commission  a  émis  un  avis  favorable  sur  le  projet 

de  Loot.  ■       * 

relatif  à  la  restauration  de  l'hôtel  de  ville  de  Looz  (Lim- 
bourg).  Elle  s'est  ralliée  à  l'opinion  de  M.  l'architecte  pro- 
vincial en  ce  qui  concerne  :  1°  la  nécessité  de  rechercher  si 
les  plafonds  primitifs  n'ont  pas  été  composés  de  soliveaux  en 
chêne  et  voùtelettes  en  briques  ou  en  pisé;  2°  la  nécessité 
d'adopter  les  poutrelles  en  bois  et  de  rejeter  celles  en  métal  ; 
3°  la  convenance  de  ne  pas  faire  usage  de  consoles  en  plâtre 
pour  simuler  des  corbeaux  sous  les  poutres;  toute  imitation 
doit  être  proscrite  dans  la  restauration  d'un  monument 
ancien  ;  4°  l'importance  qu'il  y  a  au  point  de  vue  de  la  con- 
struction,  de  ne  pas  faire  usage  de  la  pierre  de  sable  pour 
les  souches  des  cheminées.  Contrairement  à  l'avis  de 
M.  l'architecte  provincial,  la  Commission  estime  que  le  devis 
doit  comprendre  les  frais  d'expropriation  des  maisons  à 
démolir  et  la  démolition  de  celles-ci,  attendu  qu'il  n'est  pas 
possible  de  restaurer  le  monument  sans  le  dégager.  La 
Commission  estime,  de  même,  que  les  frais  de  levés  des 
plans  doivent  être  payés  à  part.  Ces  relevés  sont  une  néces- 
sité inhérente  à  la  restauration  des  anciens  monuments;  ils 
constituent  un  travail  très  important  qui  ne  peut  être  mis  à 
la  charge  de  l'architecte.  D'ailleurs  on  paie  5  p.  c.  pour  une 
construction  nouvelle  alors  qu'il  n'y  a  aucun  relevé  à  pro- 
duire pour  en  établir  le  projet.  Le  Collège  admet  parfaite- 


—  Ul  — 

ment  l'article  du  cahier  des  charges  stipulant  que  le  sculpteur 
devra  être  agréé  par  l'architecte  dirigeant.  Il  est  tout  naturel 
que  l'architecte  qui  a  la  responsabilité  de  la  bonne  exécution 
des  travaux  s'entoure  de  toutes  les  garanties  nécessaires 
pour  mettre  sa  responsabilité  à  couvert.  La  Commission  est 
même  d'avis  que  c'est  à  lui  qu'il  appartient  de  choisir  les 
spécialistes  quand  il  s'agit  de  travaux  artistiques.  En  ce  qui 
concerne  le  mode  de  paiement,  l'idée  émanant  de  M.  l'archi- 
tecte provincial  parait  fort  judicieuse  et  il  y  a  lieu  de  s'y 
rallier.  La  Commission  appelle  l'attention  de  l'auteur  du 
projet  sur  la  convenance  d'examiner  s'il  ne  pourrait  placer 
les  water-closel  à  l'intérieur  de  l'édifice,  afin  de  supprimer 
le  petit  bâtiment  spécial  qu'il  propose  d'ériger  à  celle  fin. 
Le  Collège  demande,  en  outre,  qu'il  augmente  la  largeur  du 
palier  du  grand  escalier  d'au  moins  la  longueur  de  l'emmar- 
chemenl.  Avant  de  passer  à  l'exécution  des  travaux,  il 
conviendra  qu'on  soumette  une  nouvelle  étude  de  la  clôture 
dont  les  piliers  et  la  grille  laissent  à  désirer  au  point  de  vue 
de  la  conception.  Sous  réserve  qu'il  sera  tenu  compte  de 
toutes  les  recommandations  qui  précèdent,  le  projet  a  été 
revêtu  du  visa.  Les  travaux  de  restauration  et  d'appropriation 
de  l'hôtel  de  ville  de  Looz  sont  urgents.  Eu  égard  à  la  valeur 
architeelonique  de  ce  petit  monument,  le  Département  de 
l'Agriculture  peut  intervenir  dans  l'ensemble  des  travaux 
projetés. 

—  Il  a  été  procédé,  le  26  juin  1902.  à  l'inspection  des  Ancien  cbAu»» 

*  *  r  de  Turuboot. 

travaux  qui  s'exécutent  aux  abords  de  l'ancien  château  de 
Tarnhout,  servant  actuellement  de  prison  et  de  palais  de 
justice,  travaux  qui  avaient  suscité  des  protestations  de  la 
part  du  Comité  provincial  des  correspondants. 


=  142  — 

MM.  le  chanoine  Van  Casier,  Dierckx  et  Donnel,  membres 
du  Comité  précité,  assistaient  à  l'inspection. 

Les  faits  signalés  par  le  Comité  sont  de  tous  points  exacts  : 
sans  en  avoir  référé  aux  autorités  compétentes,  l'adminis- 
tration communale  a  fait  entamer  le  comblement  des  fossés 
qui  entouraient  l'ancien  castel;  déjà  ceux-ci  sont  réduits 
considérablement  de  largeur  et  la  partie  à  l'entrée,  sous  le 
pont,  est  comblée. 

Ces  fossés  étaient  autrefois  bordés  d'une  ceinture  de  beaux 
arbres;  plusieurs  d'entre  eux  ont  déjà  disparu,  d'autres  sont 
morts  et  devront  être  enlevés  incessamment. 

Le  travail  en  cours  parait  avoir  été  entamé  inconsciem- 
ment, sans  aucune  raison  légitime.  L'emplacement  occupé 
par  les  fossés  ne  pourra  jamais  être  utilisé,  tandis  que  l'on 
est  en  train  de  faire  disparaître  un  ensemble  caractéristique 
et  pittoresque  et  qu'on  mutile  les  proportions  du  monument 
dont  la  base  a  été  construite  pour  rester  apparente.  On  ne 
saurait  davantage  donner  pour  excuse  à  ce  malencontreux 
projet  le  danger  qu'offrait,  pour  la  salubrité  publique,  l'eau 
stagnante  des  fossés.  Il  suffisait  d'empêcher  certains  égouts 
de  se  déverser  dans  les  fossés  et  de  faire  curer  ceux-ci  de 
temps  en  temps.  II  parait  d'autant  plus  déraisonnable  de 
réaliser  ce  projet,  aujourd'hui  que  la  ville  va  être  dotée  d'une 
distribution  d'eau,  dont  une  petite  partie  aurait  pu  être  utilisée 
pour  renouveler  celle  des  fossés. 

D'accord  avec  le  Comité  des  correspondants,  la  Commis- 
sion a  émis  l'avis  qu'il  y  a  lieu  d'engager  l'autorité  commu- 
nale à  faire  arrêter  immédiatement  les  travaux  entamés,  à 
empêcher  que  la  partie  encore  existante  des  fossés  soit 
réduite,  à  rétablir  le  fossé  sous  le  pont  tel  qu'il  était  naguère, 


—  us  — 

à  avoir  soin  de  sauvegarder  les  arbres  non  encore  enlevés, 
à  faire  remplacer  ceux  qui  ont  disparu  par  de  jeunes  plan- 
tations. Il  importe,  en  tous  cas,  que  le  château  reste  baigné 
par  l'eau  sur  tout  son  pourtour  en  vue  de  maintenir  ses 
proportions  imposantes  ;  il  importe  aussi  qu'il  conserve  son 
beau  cadre  de  verdure. 

Les  protestations  qui  se  sont  élevées  ne  pourront  manquer, 
sans  doute,  d'amener  l'administration  communale  à  réflexion 
et  l'engager  à  mettre  tout  en  œuvre  pour  réparer  le  mal  dans 
la  mesure  du  possible.  On  doit,  d'autre  part,  lui  conseiller 
de  faire  curer  à  fond  la  partie  des  fossés  qui  reste  intacte  ; 
on  y  rencontrera  peut-être  des  objets  d'antiquité  d'un  intérêt 
suffisant  pour  former  le  noyau  d'un  modeste  musée  local. 

Les  façades  du  château  sont  badigeonnées;  le  caractère 
monumental  de  l'édifice  en  souffre  notablement.  Il  est  hau- 
tement désirable  que  ce  badigeon  soit  enlevé  et  la  brique, 
dont  se  composent  les  parements,  mise  à  nu.  Cette  opération 
que  terminerait  un  bon  rejointoyage  des  maçonneries, 
rehausserait  sensiblement  la  masse  majestueuse  du  château 
et  de  son  imposant  donjon. 

—  Par  lettre  du  12  mars  1900,  l'administration  commu-  uom^^\éu 

d'Ypret. 

nale  d'Ypres  (Flandre  occidentale)  a  signalé  l'omission,  sur 
la  liste  des  édifices  civils  publics  de  celte  ville,  de  l'ancien 
mont-de-piété,  appartenant  aux  hospices. 

Lors  de  l'inspection  du  15  juillet  1902,  la  délégation  de  la 
Commission  a  constaté  que  cet  édifice,  qui  constitue  un  des 
meilleurs  spécimens  de  l'architecture  locale  du  xvue  siècle, 
est  susceptible  d'être  rangé  dans  la  troisième  classe  des 
monuments  civils  publics.  La  Commission  s'est  ralliée  à  cet 
avis. 


—  W4  — 

Il  est  regrettable  que  l'administration  des  hospices  ait  fait 
exécuter  récemment  à  cette  intéressante  construction  des 
travaux  de  réparation  qui  laissent  à  désirer  au  point  de  vue 
artistique.  Il  importera,  lorsque  des  travaux  y  seront  encore 
jugés  nécessaires,  qu'ils  soient  effectués  sous  le  contrôle  des 
autorités  compétentes. 
Ancien»*        —  L'administrai  ion  communale  d'Y  près  ayant  fait  remar- 

maltoot  4'Ypm.  * 

quer  que  cette  ville  compte  plusieurs  maisons  particulières 
dont  les  façades  présentent  un  réel  intérêt  au  point  de  vue 
artistique  et  qui  méritent  de  figurer  sur  la  liste  des  édifices 
civils  privés,  il  a  été  procédé,  le  15  juillet  1902,  à  l'examen 
desdites  constructions,  savoir  : 

1°  La  maison  du  président  Biebuyck,  rue  de  Dixmude,  52. 
Cette  habitation  date  de  1545.  Malgré  quelques  restaurations 
récentes,  sa  façade  gothique  est,  sans  contredit,  la  plus  belle 
de  la  ville  ; 

2°  L'hôtel  deGand,  rue  des  Chiens,  19.  Façade  à  double 
pignon.  Remontant  au  xvi*  siècle,  elle  peut  être  rangée 
parmi  les  beaux  morceaux  d'architecture  de  la  ville; 

3°  La  maison  de  M.  le  bourgmestre  Colaert,  rue  Saint- 
Jacques,  14.  Elle  est  en  style  Louis  XV,  d'une  belle  ordon- 
nance et  d'un  caractère  de  réelle  grandeur  dans  sa  simplicité; 

4°  Trois  maisons  conliguës,  Marché  au  Bétail,  17,  19 
et  21 .  Anciennes  maisons  *de  corporations,  elles  datent  res- 
pectivement de  1629,  1624  et  1544.  Ces  trois  maisons 
offrent  beaucoup  d'intérêt  à  cause  de  leur  caractère  typique 
de  l'architecture  yproise; 

5°  L'ancienne  Conciergerie,  immeuble  attenant  par  un 
angle  au  Nieuwerck;  il  date  de  1633  et  appartient  à 
M.  C.  Boone,  brasseur.  C'est  un  bon  spécimen  de  Parchi- 


—  14»  — 

(eclure  domestique  du  xvue  siècle.  Quelques  travaux  de 
restauration  y  sont  nécessaires. 

Les  immeubles  dont  il  s'agit  sont  susceptibles  de  figurer 
sur  la  liste  des  édifices  civils  privés  dont  la  conservation  est 
désirable. 

—    L'administration    communale    de    Wulveringhem      chite» 

de  Beanvoorde, 

(Flandre  occidentale)  ayant  sollicité  le  classement,  parmi è  WuWerin*l,eni- 
les  monuments  historiques  du  pays,  du  château  de  Beau- 
voorde,  situé  au  centre  de  cette  localité,  il  a  été  procédé,  le 
15  juillet  1903,  à  l'inspection  de  l'édifice. 

Le  manoir  de  Beauvoorde  est  une  construction  remar- 
quable dont  l'intérêt  est  encore  rehaussé  par  le  grand 
nombre  de  meubles  et  d'objets  d'art  ancien  qui  le  garnissent. 

Le  château  remonte  à  la  seconde  moitié  du  xvie  siècle;  il 
fut  réédifié  en  partie  au  commencement  du  xvne  siècle. 
Il  est  entièrement  entouré  d'eau.  Un  pont  en  maçonnerie 
donne  accès  à  une  petite  avant-cour  protégée  par  des  murs 
crénelés  percés  de  meurtrières.  Son  aspect  est  des  plus 
pittoresque.  La  cour  ainsi  que  le  pignon  sud-ouest  et  la 
tourelle  renfermant  l'escalier  remontent  au  xvue  siècle.  Ils 
constituent,  comme  le  dit  M.  le  baron  Bethune,  un  inté- 
ressant spécimen  de  l'art  avec  lequel  nos  anciens  maçons 
agençaient  la  belle  brique  du  pays.  Quelques  parties  du 
château  ont  été  refaites  par  le  propriétaire  actuel,  M.  Mer- 
ghelinck,  d'après  les  vestiges  existants  ou  des  renseignements 
historiques  qu'il  a  recueillis. 

En  résumé,  l'édifice  dont  il  s'agit  offre  un  intérêt  artis- 
tique et  archéologique  suffisant  pour  qu'il  soit  inscrit  sur  la 
liste  des  édifices  civils  privés  dont  la  conservation  mérite 
d'être  assurée. 


—  446  — 


ÉDIFICES  RELIGIEUX. 


PRE8BYTÊRE8. 


comtracUoB  Des  avis  favorables  ont  été  donnés  sur  les  projets  relatifs  : 
dcprMbjtèm.  \°  a  la  reconstruction  du  presbytère  de  la  paroisse  de 
Saint-Christophe,  à  Liège,  sous  réserve  d'améliorer  l'escalier 
donnant  accès  à  l'étage,  tant  comme  forme  que  comme 
dimensions  et  éclairage,  et  en  évitant  des  marches  au  palier; 
architecte,  M.  Léonard  ; 

T  A  la  construction  du  presbytère  de  Bressoux  (Liège)  ; 
architecte,  M.  Dejuzaine; 

3°  A  la  construction  d'un  presbytère  à  Les  Hayons,  com- 
mune de Dohan  (Luxembourg);  architecte,  M.  Courtois  ; 

4°  A  la  reconstruction  du  logement  du  chapelain  de 
Champion,  sous   Waha    (Luxembourg).    L'attention    des 

administrations  intéressées  a  été  appelée  sur  la  convenance 

d'examiner  s'il  ne  conviendrait  pas  d'établir  le  cabinet  de 

travail  à  la  place  réservée  pour  la  cuisine  et  de  séparer  la 

salle  à  manger  dudit  cabinet  par  une  boiserie  mobile.  En 

cas  de  nécessité,  ces  deux  pièces  seraient  alors  transformées 

en  une  seule;  architecte,  M.  Déroché; 

5°  A  la  reconstruction  du  presbytère  de  Meuwen  (Lim- 
bourg),  à  la  condition  que  l'on  aura  égard  aux  recomman- 
dations consignées  dans  le  rapport  de  M.  l'architecte 
provincial;  architecte,  M.  Martens; 

6°  A  la  reconstruction  du  presbytère  de  Baelen-sur-Nèlhe 
(Anvers);  architecte,  M.  Taeymans; 

7°  A  la  construction  d'un  presbytère  à  Weelde  (Anvers); 
architecte,  M.  Taeymans; 


—  147  — 

8°  A  la  construction  d'un  presbytère  au  hameau  de  Geer- 
degem,  sous  Malines  (Anvers)  ;  architecte,  M.  Van  Boxmeer  ; 

9°  A  la  construction  d'un  mur  de  clôture  au  presbytère 
de  Heysse  (Brabant),  à  la  condition  qu'au  cours  des  travaux, 
l'auteur  diminue  un  peu  l'importance  du  pignon  à  gradins 
qui  surmonte  la  porte  d'entrée  et  qu'il  établisse,  s'il  y  a  lieu, 
uo  petit  auvent  derrière  ce  pignon  pour  justifier  la  présence 
de  celui-ci.  L'auvent  dont  il  s'agit  aura,  d'autre  part,  l'avau* 
tage  de  protéger  l'entrée  de  la  cour  lors  des  intempéries  ; 
architecte,  H.  Barbier; 

10°  A  l'aménagement  du  presbytère  de  Remagne  (Luxem- 
bourg); architecte,  M.  Cupper; 

11°  A  l'exécution  de  travaux  complémentaires  d'appro- 
priation au  presbytère  d'Ollignies  (Hainaut);  architecte, 
H.  Sonnevîlle  ; 

12'  A  l'exécution  de  travaux  de  restauration  au  presby- 
tère de  Wolverthem  (Brabant);  architecte,  M.  Van 
Roelen  ; 

13°  A  l'exécution  de  travaux  de  réparation  au  presbytère 
de  Bouillon  (Luxembourg);  architecte,  M.  Adam; 

U°  A  la  restauration  du  presbytère  de  Borlon  (Luxem- 
bourg); architecte,  M.  Déroché; 

15°  A  l'exécution  de  travaux  de  restauration  au  presby- 
tère de  Spalbeek  (Limbourg);  architecte,  M.  Martens; 

16°  A  la  restauration  du  presbytère  de  Fouleng  (Hainaut); 
architecte,  M.  Fourdin  ; 

17'  A  la  restauration  du  presbytère  de  Thisselt  (Anvers); 
architecte,  M.  Gareels  ; 

1 8°  A  l'exécution  de  travaux  de  réparation  au  presbytère 
de  Mcslin-l'Évèque  (Hainaut);  architecte,  M.  Fourdin; 


—  U8  — 

19°  A  la  restauration  du  presbytère  d'Aische-cn-Refail 
(Namur); 

20°  A  l'exécution  de  travaux  de  réparation  aux  presby- 
tères des  sections  des  Flaches,  Hymiée  et  Fromiée,  sous 
Gerpinnes  (Hainaut)  ;  architecte,  M.  Heuseval  ; 

21°  A  l'acquisition  d'une  maison  et  à  son  appropriation  à 
l'usage  de  presbytère,  à  Hastière- par-delà  (Namur);  archi- 
tecte, M.  Joostens. 


ÉGLISES.  -  CONSTRUCTIONS  NOUVELLES. 

La  Commission  a  visé  les  plans  relatifs  : 
chap«ne  de       1°  A  la  reconstruction  de  la  chapelle  de  Notre-Dame  de 

N.-D.  de  Lorette,  , 

*  A,b-      Lorette,  a  Ath  (Hainaut)  ;  architecte,  M.  Holon; 

deBÎm?0e       2°  A  l'agrandissement  de  l'église  de  Remagne  (Luxem- 
bourg); architecte,  M.  Cupper; 

Efii*  d-Ere.       3°  A  l'agrandissement  et  à  la  restauration  de  l'église 
d'Ere  (Hainaut);  architecte,  M.  Sonneville; 
M»  4°  A  l'exhaussement  de  la  tour  de  l'église  de  Notre- 

de  Noire-Dame-  ° 

m^VagS:    Dame-Auxiliatrice,  à  Pâturages  (Hainaut),  et  à  la  restau- 
ration de  cet  édifice;  architecte,  M.  Bodson; 
objrt»  mobilier*      6°  A  l'exécution  d'objets  mobiliers  destinés  aux  églis  s  de  : 

d'égliaes.  ° 

Longwilly  (Luxembourg)  :  bancs  ; 

Stoumont  (Liège)  :  bancs; 

Gomery,  commune  de  Bleid  (Luxembourg)  :  bancs; 

Kessenich  (Limbourg)  :  confessionnal; 

Mopertingen  (Limbourg)  :  maître-autel  ; 

Genck  (Limbourg)  :  complément  du  mobilier; 

Polleur  (Liège)  :  mobilier  complet  ; 


—  149  — 

Nokere  (Flandre  orientale)  :  complément  du  mobilier; 

Mariakerke  (Flandre  orientale)  :  confessionnal  ; 

Lovendegem  (Flandre  orientale)  :  autel  latéral  ; 

Marcke  (Flandre  occidentale)  :  mobilier  complet; 

Sainte- Waudru,  à  Mons  (Hainaut)  :  autel  de  la  chapelle 
de  Saint- Jean-Baptiste  de  la  Salle  ; 

La  Croyère,  sous  La  Louvière  (Hainaut)  :  mobilier  com- 
plet; 

Minderbout  (Anvers)  :  horloge; 

Borsbeeck  (Anvers)  :  horloge. 

—  Il  a  été  procédé,  le  il  août  1903,  à  Saint-Job,  sous       g^u. 

»  de  Saint  Jobt 

Uccle  (Brabant),  a  l'examen  des  deux  emplacements  pro-    ~««uccie. 
posés  pour  la  nouvelle  église  de  cette  paroisse. 

Le  conseil  communal  d'Uccle  estime  qu'il  y  a  lieu 
d'adopter  l'emplacement  dit  «  Blanchisserie  Schulte  »,  où  se 
trouvait  jadis  le  château  de  Carloo,  à  côté  de  l'église  actuelle, 
parce  qu'il  est  plus  au  centre  de  l'agglomération. 

Le  conseil  de  fabrique,  au  contraire,  préfère  le  terrain 
dit  du  Hamt  situé  sur  une  hauteur,  parfaitement  propre 
à  la  bâtisse,  tandis  que  celui  de  la  Blanchisserie  Schulte  est 
situé  dans  la  vallée  et  donnerait  lieu  pour  les  fondations  à  un 
surcroit  de  dépense  assez  considérable. 

Il  résulte  de  l'examen  qui  a  été  fait  des  deux  emplace- 
ments sus-visés  qu'en  ce  qui  concerne  la  différence  de  leurs 
positions  par  rapport  à  la  délimitation  de  la  paroisse,  il  ne 
vaut  guère  la  peine  d'en  tenir  compte;  ils  ne  sont  distants 
l'un  de  l'autre  que  d'environ  220  mètres.  Si  l'on  tient  compte 
de  la  limite  de  la  paroisse,  c'est  évidemment  le  terrain  du 
Ham  qui  se  rapproche  le  plus  du  centre. 

On  peut,  sans  grands  inconvénients,  ériger  l'église  à  la 


(le  Tri  vurron. 


—  180  — 

Blanchisserie  Schulte,  mais  l'inspection  des  emplacements 
en  cause  a  démontré  que  le  plateau  du  Ram  offre  des  avan- 
tages incontestables  au  point  de  vue  de  la  dépense,  des 
convenances  hygiéniques  et  de  l'aspect  pittoresque  sous 
lequel  s'y  présentera  l'édifice,  au  sommet  d'un  plateau. 

Si  cet  emplacement  est  adoplé  par  les  autorités  compé- 
tentes, il  faudra,  avant  d'entamer  la  construction  de  l'église, 
arrêter  un  plan  complet  des  abords  de  celle-ci  indiquant 
tous  les  moyens  d'accès  au  plateau  sur  lequel  s'élèvera  le 
monument. 

L'église  peut  et  doit  être  orientée  à  l'un  comme  à  l'autre 
emplacement.  La  Commission  est  unanime  pour  préconiser 
l'emplacement  du  Ham. 
EçiiM  —  Le  projet  soumis  en  vue  de  l'agrandissement  et  de  la 

restauration  de  l'église  de  Tervueren  (Brabant),  a  fait  l'objet 
d'un  examen  sur  place,  le  8  août  1902. 

La  superficie  de  l'église  de  Tervueren  est  de  beaucoup 
insuffisante  pour  les  nécessités  de  cette  importante  paroisse. 
On  projette  donc  d'agrandir  cet  édifice  en  démolissant  et  en 
reconstruisant  la  partie  moderne  vers  l'ouest  et  en  la  pro- 
longeant d'environ  2  mètres  sur  la  voie  publique.  Cet 
allongement  serait  insuffisant.  D'autre  part,  ce  serait  une 
faute  d'empiéter  sur  la  rue,  qui  n'est  déjà  pas  trop  large  ;  on 
aboutirait  à  un  mauvais  effet  en  barrant  la  perspective  de 
celte  rue.  II  semble  préférable  d'étudier  le  moyen  d'établir 
un  bas-côté  supplémentaire  au  sud  et  de  borner  l'allonge- 
ment des  nefs,  vers  la  façade  principale,  à  l'alignement  de 
la  voie  publique. 

La  nouvelle  tour  pourra  être  établie  en  tête  du  nouveau 
bas  côté  sud  et  son   rez-de-chaussée  servira  de  porche 


—  151  — 

d'entrée  ;  la  silhouette  de  cette  tour  doit  être  simple*  et 
inspirée  des  nombreux  types  de  clochers  qui  se  rencontrent 
aux  environs  de  Bruxelles. 

Il  importe,  d'autre  part,  que  l'on  respecte  la  simplicité 
qui  caractérise  les  parties  anciennes  de  l'église  en  s'abstenant 
d'y  introduire  des  éléments  architectoniques  dont  l'existence 
primitive  n'est  pas  absolument  démontrée. 

Les  parements  extérieurs  sont  assez  bien  conservés  ;  les 
restaurations  n'y  seront  guère  importantes.  11  faudra  prévoir 
le  dérochage  intérieur  de  l'édifice  dont  les  moulures  et  les 
sculptures  sont  empâtées  par  le  badigeon. 

L'architecte  devra  examiner  s'il  ne  serait  pas  possible  de 
rétablir,  à  l'entrée  du  chœur,  le  jubé  du  commencement  du 
xvi*  siècle  dont  les  colonnes  et  de  nombreux  bas-reliefs 
existent  encore.  Ce  serait  une  opération  intéressante  qui 
rendrait  à  l'intérieur  de  l'édifice  une  grande  partie  de  sa 
beauté  première. 

Si  l'on  parvient  à  reconstituer  le  jubé,  dont  les  anciens 
bas-reliefs  sont  déposés  contre  les  parois  du  beau  porche 
nord,  aujourd'hui  transformé  en  chapelle  du  Saint-Sépulcre, 
on  pourrait  rouvrir  le  porche  et  établir  le  Saint-Sepulcre 
dans  une  chapelle  à  annexer  au  nouveau  bas-côté  sud. 

—  Il  a  été  procédé,  le  7  août  1902,  à  l'examen  de  deux  *•«»•  'a»». 
autels  placés  dans  l'église  d'Àlken  (Limbourg),  pour  l'exé- 
cution desquels  un  subside  a  été  promis  sur  les  crédits  des 
Beaux-Arts. 

Sur  production  des  plans  conservés  au  presbytère  et 
après  examen  des  meubles  précités,  il  a  été  constaté  que 
l'artiste  est  resté  fidèle,  dans  l'exécution  de  son  œuvre,  aux 
projets  approuvés. 


—  182  — 

II  y  a  Heu  d'approuver  aussi  l'exécution  définitive  du  travail 
et  de  liquider  les  subsides  qui  ont  été  alloués  à  cet  effet. 
Éciisede        —  H  a  été  procédé,  le  20  août  1902,  à  l'examen  do 

Wimmertingeo.  r 

maitre-aulel  et  de  la  chaire  de  vérité  placés  dans  l'église  de 
Wimmerlingen. 

M.  l'abbé  Daniels,  membre  du  Comité  des  correspondants 
du  Limbourg,  assistait  à  la  visite. 

Il  résulte  de  cet  examen  que  les  meubles  dont  il  s'agit  ont 
été  exécutés  conformément  aux  dessins  approuvés  et  que  le 
travail  a  été  effectué  d'une  façon  convenable.  En  consé- 
quence,  rien  ne  s'oppose  à  ce  que  le  subside  promis  sur  les 
fonds  des  Beaux-Arts,  en  vue  de  ladite  entreprise,  soit 
liquidé. 

TRAVAUX  DE  RESTAURATION. 

Le  Collège  a  revêtu  de  son  visa  : 
é«r»e  1°  Le  projet  de  travaux  complémentaires  de  restauration 

de  Da  usoit. 

à  effectuer  à  l'église  de  Daussois  (Namur);   architecte, 
M.  Lange  rock; 
cligne  .te       2°  Le  projet  de  travaux  de  réparation  à  exécuter  à  la 

Moalin-kVent. 

chapelle  de  Moulin-à-Vent  (Namur); 
M**  <ie se?.  <    3°  Le  projet  concernant  des  travaux  de   réparation  à 
exécuter  à  l'église  de  Scy  (Namur)  ; 
£*»•«  4°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  de  travaux  de  réparation 

de  Bouillon.  r      *  r 

à  l'église  de  Bouillon  (Luxembourg);  architecte,  M.  Adam; 
£gHse  5°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Borlon  (Luxem- 

bourg); architecte,  M.  Déroché; 

EffiiM  6°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  de  travaux  de  Instaura- 

it CMUillon. 

lion  et  de  décoration  à  l'église  de  Chàlillon  (Luxembourg); 


—  153  — 
7*  Le    projet   de  restauration   de  l'église  de   Seneffe      t*r>* 

de  Seneflfo. 

(Hainaut)  ; 
8°  Les  projets  concernant  l'exécution  de  travaux  d'entre-      é8h«» 

de  section», 

tien  et  d'amélioration  à  effectuer  aux  églises  des  sections  des  ■  GcrPiu,i«- 
F  lâches,  Hymiée  et  Fromiée,  sous  Gerpinnes  (Hainaut); 
architecte,  M.  Heuseval  ; 

9°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Meslin-PÉvèque     Eglise  de 
(Hainaut);  architecte,  M.  Fourdin; 

10°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Wasmuel       egiu* 

r     *  °  de  Wasmuel. 

(Hainaut); 

41*  Le  projet  de  restauration  de  l'église  du  centre  et  du  t#**  d-obe*. 
presbytère  de  Rosseignies,  à  Obaix  (Hainaut)  ;  architecte, 
M.  Simon  ; 

12°  Le  projet  de  restauration  des  toitures  de  l'église  de  ^m^^kng% 
Ronquières  (Hainaut);  architecte,  M.  Gharbonnelle ; 

13°  Le  projet  de  travaux  de  restauration  à  effectuera       frii* 

r     J  de  Tbulia. 

l'église  de  Thulin  (Hainaut)  ;  architecte,  M.  Bodson; 

U°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Fouleng      éihm* 
(Hainaut)  ;  architecte,  M.  Fourdin  ; 

15°  Le  projet  de  restauration  des  toitures  de  l'église  de     Égiuede 

r     4  °  Htote»-Wiheri«. 

Hanles-Wiheries  (Hainaut);  architecte,  M.  Simon; 
16°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  l'église  de  Zer-      égiue 

r      *  "de  Zerkegta*». 

keghem  (Flandre  occidentale)  ; 
17°  Le  projet  concernant  l'exécution  de  travaux  de  restau-       Bgiue 

r      4  do  WoUerUiem. 

ration   à  l'église  de  Wolverthem   (Brabanl);  architecte, 
M.  Van  Roelen  ; 
18°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Saint-Martin,  A  .*•«*•  ,. 

■       *  °  '    de  Saiul-M»itin, 

à  Gand  (Flandre  orientale);  architecte,  M.  Denoyelte;  àG"d* 

19°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  de  travaux  d'entretien       Égii« 

de  Kerkom. 

à  l'église  de  Kerkom  (Limbourg);  architecte,  M.  Serrure; 


—  154- 
ÉfiiM  20°  Le  projet  de  restauration  des  fenêtres  du  chœur  de 

de  Smerrtaebb*. 

l'église  de  Smeerhebbe  (Flandre  orientale);   architecte, 
M.  Delestré  ; 
ÉgitM  SI9  Le  projet  de  restauration  du  plafond  de  l'église  de 

de  Mooleoaeken . 

Montenaeken  (Limbourg);  architecte,  M.  De  Hennin  ; 
tai»  22°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  des  vitrages  de  dix- 

de  Nioove. 

huit  fenêtres  de  l'église  de  Ninove  (Flandre  orientale)  ; 
feu*  de        23°  Le  projet  de  restauration  des  contreforts  et  des  fenè- 

Saiaie-Walberge,  r      ' 

i  Braies.     tres  jg  féglîse  de  Sainte-Walburge,   à   Bruges  (Flandre 

occidentale);  architecte,  M.  Delacenserie ; 
Mm  de         24°  I^e  projet  de  restauration  des  toitures  de  l'église  de 
Domioicains    Notre-Dame-aux-Domimcains,  a  Louvain  (Brabant)  ;  archi- 


à  Louvaia. 


tecte,  M.  Vandenperre  ; 


Mm  25°  Le  compte  des  travaux  de  restauration  exécutés  pen- 

de Noire-Dame, 

dant  l'année  1901,  au  vaisseau  de  l'église  de  Notre-Dame, 
à  Anvers. 


à  Aérer». 


coiiegi.ie  —  Il  a  été  procédé,  le  18  juillet  1902,  à  l'examen,  sur 
place,  des  études  soumises  en  vue  du  rétablissement  des 
colonnettes  dans  les  arcalures  latérales,  à  l'intérieur  du 
chœur  de  la  collégiale  de  Nivelles,  études  demandées  par 
le  rapport  du  Collège  en  date  du  28  décembre  1901. 

MM.  Degroot  et  Dumortier,  membres  du  Comité  des 
correspondants  du  Brabant,  assistaient  à  cet  examen. 

La  première  des  études  précitées,  tracée  d'après  les  colon- 
nettes  d'angles  des  fenêtres  du  chœur  même,  parait  devoir 
obtenir  la  préférence  sur  celle  traitée  avec  soubassements 
d'après  le  type  des  angles  des  anciens  portails. 

La  voûte  d'arête  en  tuf  ancien  qui  vient  d'être  rétablie 
au-dessus  du  chœur,  est  très  réussie. 

Les  profils  des  chapiteaux  et  des  bases  des  colonnettes 


—  158  — 

d'angles  des  fenêtres  récemment  exécutés  ne  sont  pas  tout 
à  fait  conformes  aux  profils  anciens  dont  il  reste  des  spéci- 
mens en  place.  Le  caractère  original  et  le  sentiment  artistique 
qui  se  dégage  des  anciens  modèles,  manquent  aux  nouveaux. 
Il  conviendra  d'y  apporter  les  corrections  nécessaires  pour 
les  mettre  en  rapport  avec  les  types  anciens  ;  pour  cela,  il 
y  a  lieu  de  se  servir  de  gabarits,  en  zinc,  découpés  sur  les 
modèles  primitifs. 

Certains  tailloirs  nouveaux  de  pilastres  débordent  trop  sur 
ceux-ci.  Il  parait  que  ces  tailloirs  sont  copiés  exactement 
sur  les  restes  des  anciens  qu'on  a  dû  renouveler.  L'effet  qu'ils 
produisent  n'est  pas  heureux;  mais,  comme  il  s'agit  d'une 
restauration,  la  direction  des  travaux  a  jugé  prudent  de 
respecter  la  situation  primitive. 

Pour  le  crépissage  tant  de  la  voûte  que  des  murs,  il  faudra 
absolument  s'inspirer  des  anciens  crépis  de  l'époque  dont  on 
retrouve  des  traces  dans  le  monument  même,  au-dessus  du 
chœur  et  du  transept.  En  tous  cas,  il  doit  être  aussi  mince 
que  possible.  On  insiste  tout  particulièrement  pourvue 
l'architecte  surveille  soigneusement  ce  travail  d'enduit  qui 
a  une  grande  importance  au  point  de  vue  archéologique. 
En  cas  de  doute,  il  devra  en  référer  immédiatement  à  la 
Commission. 

La  fenêtre  en  plein  cintre  établie  dans  le  pignon,  au-dessus 
de  la  voûte  du  chœur,  pour  éclairer  le  grenier,  devra  être 
rétablie  dans  son  étal  primitif,  c'est-à-dire  qu'elle  sera  divisée 
en  deux  baies  cintrées  séparées  par  une  colonnette,  comme 
celles  existant  dans  les  pignons  du  transept.  Cette  ouverture 
réclame,  à  cause  de  ses  dimensions  importantes,  une  ferme- 
ture en  bois.  La  direction  des  travaux  devra  étudier  un 


—  156  — 

mode  de  fermeture,  soit  en  arrêtant  les  volets  à  la  hauteur 
du  tailloir  du  chapiteau,  soit  en  les  étendant  jusqu'au  sommet 
des  arcs  et  en  y  ménageant  des  vasistas,  soit  en  établissant 
dans  les  deux  arcs  mineurs  une  partie  pleine  en  pierre  en 
forme  de  linteau  cintré  contre  laquelle  s'arrêteront  les  volets; 
ce  dernier  type  se  rencontre  fréquemment  dans  les  baies 
romanes. 

On  doit  regretter  que  le  chéneau  établi  au  chœur  ait  un 
aspect  moderne. 
ECU»  —  Il  a  été  procédé,  le  24  juillet  1902,  de  concert  avec 

de  Zamlvooidé. 

M.  De  Meyer,  membre  du  Comité  des  correspondants  de  la 
Flandre  occidentale,  à  l'inspection  de  l'église  de  Zandvoorde, 
dont  le  classement  est  sollicité. 

Cet  édifice  se  composait  anciennement  d'un  chœur,  de 
trois  nefs,  d'un  transept  et  d'une  tour  qui  surmontait  la 
croisée.  Il  est. probable  que  les  trois  nefs  élaient  d'égale 
hauteur,  comme  à  la  plupart  des  églises  du  littoral 

Les  deux  nefs  latérales,  les  bras  du  transept,  le  chœur  et 
la  tour  ont  été  démolis,  de  sorte  qu'aujourd'hui  l'édifice  ne 
comporte  plus  que  la  nef  centrale  et  le  croisillon  du  transept, 
lequel  a  été  converti  en  sanctuaire  ;  une  sacristie  a  remplacé 
le  chœur  primitif;  la  tour  qui  précède  la  nef,  à  l'occident, 
ne  date  que  de  quelques  années. 

Il  est  aisé  de  comprendre  que  toutes  ces  mutilations  ont 
singulièrement  atténué  l'importance  de  l'édifice.  Néanmoins, 
ce  qui  en  reste  est  encore  pourvu  de  mérite.  Les  colonnes 
en  pierre  de  Tournai  avec  chapiteaux  à  crochets  qui  sépa- 
raient les  trois  nefs  et  qui  remontent  au  xiur  siècle,  sont 
aujourd'hui  en  partie  noyées  dans  la  maçonnerie,  relative- 
ment récente,  fermant  les  arcades;  ces  supports  sont  inté- 


—  «57  — 

ressants.  La  nef  est  actuellement  éclairée  par  des  baies 
ménagées  dans  le  remplissage  des  arcades;  les  anciens 
oculus  qui  l'éclairaient  autrefois  ont  été  bouchés  vers  l'inté- 
rieur; ils  sont  parfaitement  conservés  à  l'extérieur.  Leur 
profil  mouluré  en  briques  forme  une  tracé  aussi  gracieux 
qu'énergique. 

A  part  les  colonnes  précitées,  tout  l'édifice  était  construit 
en  belles  briques  qui  n'ont  pas  moins  de  0m30  de  longueur. 

Vu  la  valeur  artistique  et  archéologique  que  présentent 
encore  la  nef  et  le  croisillon  du  transept,  il  y  a  lieu  de 
ranger  ces  parties  de  l'église  de  Zandvoorde  dans  la  troisième 
classe  des  monuments  du  culte. 

Tel  qu'il  est  aujourd'hui,  l'édifice  ne  répond  plus  aux 
besoins  de  la  population  de  la  paroisse.  11  doit  nécessaire- 
ment être  agrandi.  Celte  opération  ne  rencontrera  pas  de 
sérieuses  difficultés.  Il  suffira  de  rétablir  les  deux  nefs  laté- 
rales, les  bras  du  transept  ainsi  que  le  chœur  dont  l'arc 
triomphal  est  encore  visible  à  l'extérieur;  enfin,  d'ériger 
une  nouvelle  sacristie.  Un  projet  dans  ce  sens,  basé  sur  un 
relevé  très  exact  de  la  situation  actuelle,  devra  être  étudié  et 
soumis  aux  autorités  compétentes. 

—  Le  conseil  de  fabrique  de  Droogenbosch  ayant  décidé      £fU*e 

de  Droog eobotcb. 

de  faire  dresser  un  projet  d'ensemble  des  travaux  de  restau- 
ration et  d'appropriation  que  nécessite  l'église  de  cette 
localité,  a  prié  la  Commission  de  faire  procéder  à  une  visite 
de  l'édifice. 

Celte  visite,  à  laquelle  assistait  M.  Dumortier,  membre  du 
Comité  des  correspondants  du  Brabant,  a  eu  lieu  le 
31  juillet  1902. 

Les  travaux  que  le  conseil  de  fabrique  se  propose  de  faire 


—  188  — 

exécuter,  sont  les  suivants,  lesquels  se  feront  au  fur  et  à 
mesure  des  ressources  dont  il  pourra  disposer  : 

i°  Restauration  générale  extérieure  et  intérieure  de 
l'édifice; 

2*  Rétablissement  de  la  porte  d'entrée  au  centre  de  la 
façade  principale  où  elle  se  trouvait  jadis  et  suppression  des 
deux  entrées  latérales  qui  ont  été  ouvertes  il  y  a  une  quaran- 
taine d'années  et  qui  provoquent  des  courants  d'air  insup- 
portables ; 

3°  Établir  une  porte  de  sortie  à  la  sacristie,  laquelle  est 
nécessaire  pour  éviter  de  traverser  toute  l'église  pendant  les 
offices  ; 

4*  Avancer  le  banc  de  communion  vers  le  transept  pour 
augmenter  l'espace  dans  le  chœur  ; 

5°  Supprimer  les  stalles  actuelles,  vastes  bacs  informes, 
qui  obstruent  une  grande  partie  du  chœur  et  les  remplacer 
par  des  stalles  en  rapport  avec  le  style  de  l'édifice  ; 

6*  Approprier  le  jubé  qui  occupe  une  petite  annexe  au 
côté  nord  du  chœur  ;  renouveler  les  orgues  et  les  disposer 
de  façon  à  ménager  un  espace  suffisant  pour  les  chantres  qui 
se  tiennent  actuellement  à  l'entrée  du  chœur. 

Le  travail  exposé  au  paragraphe  6°  nécessitera  l'ouverture 
d'une  arcade  dans  le  mur  du  transept  nord  pour  installer  le 
buffet  d'orgue  de  façon  à  laisser  libre  l'arcade  qui  s'ouvre 
vers  le  chœur  et  par  où  l'organiste  et  les  chantres  auront 
vue  sur  l'autel. 

Il  n'y  a  pas  d'inconvénient,  semble-t-il,  à  ce  que  les 
propositions  du  conseil  de  fabrique  soient  admises.  En  con- 
séquence, rien  n'empêche  ce  collège  de  soumettre  ses 
projets  aux  autorités  compétentes.  Ces  études  devront  être 


—  159  — 

basées  sur  un  relevé  complet  et  tout  à  fait  exact  de  la  situa- 
tion actuelle  du  monument. 

Il  conviendra  de  profiter  des  travaux  qu'on  exécutera 
dans  le  chœur  pour  faire  relever  et  disposer  contre  l'un  des 
murs,  à  l'intérieur  de  l'église,  l'importante  dalle  tumulaire 
qui  est  encastrée  dans  le  pavement  du  sanctuaire. 

—  Lors  de  l'examen  du  rapport  récent  de  M.  l'inspecteur      é*u* 
architecte  provincial  de  la  Flandre  occidentale,  concernant 
diverses  questions  relatives  aux  travaux  de  restauration  en 
voie  d'exécution  à  l'église  de  Nieuporl,  il  a  été  décidé  de 
procéder  à  l'inspection  desdits  travaux. 

Cette  inspection  a  eu  lieu  le  30  juin  1902. 

Par  suite  de  certaines  démolitions  opérées  depuis  la  visite 
précédente,  on  peut  constater  aujourd'hui  que  la  voûte  de 
la  croisée  du  transept  était  primitivement  en  bois,  comme 
toutes  les  autres  voûtes  de  l'édifice.  Une  partie  des  nervures 
en  bois  est  encore  en  place,  de  même  que  des  débris  de  bar- 
deaux. Il  n'y  a  donc  plus  de  doute,  cette  voûte  doit  être 
rétablie  en  bois. 

On  vient  de  découvrir  dans  le  mur  est  du  transept  sud 
une  fenêtre  primitive  qui  a  été  bouchée  lors  d'un  remanie- 
ment de  l'édifice  et  remplacée  par  une  autre  baie  plus  vaste. 
La  situation  primitive  devra  être  rétablie. 

L'enlèvement  de  la  couverture  du  transept  sud  a  démontré 
que  le  faite  de  cette  partie  du  monument  est  plus  élevé  d'en- 
viron 0"50  que  celui  des  toitures  adjacentes.  Gomme  il  n'y 
a  eu  là  aucun  remaniement,  il  importe  de  conserver  la  hau- 
teur actuelle  de  la  toiture  et  du  pignon  sud. 

Dans  une  partie  du  même  transept,  à  l'intérieur,  règne 
sous  la  corniche  qui  couronne  le  mur,  une  suite  d'arcatures 


I 


—  160  — 

de  formes  différentes  établies  à  des  hauteurs  inégales.  Une 
partie  du  mur  n'en  a  pas  et  n'a  pu  en  avoir  à  cause  de  la 
hauteur  de  l'arcade  de  la  nef  latérale.  II  y  a  lieu  de  conserver 
celles  de  ces  arcatures  qui  datent  de  la  construction  primi- 
tive; celles  ajoutées  lors  de  remaniements  postérieurs 
devront  disparaître;  elles  sont,  du  reste,  sans  intérêt  et  éta- 
blies à  une  hauteur  telle  qu'elles  sont  interrompues  par  les 
poutres  de  la  charpente. 

On  s'occupe  actuellement  du  rétablissement  des  contre- 
forts primitifs  de  la  nef  sud  latérale  au  chœur,  dont  on  a 
retrouvé  les  anciens  emplacements.  Pour  la  terminaison  de 
ces  contreforts,  on  peut  adopter  le  système  suivi  au  côté 
nord,  c'est-à-dire  un  couronnement  en  forme  de  batière. 

de  frmbUk.  —  H  a  été  procédé,  le  4  août  1902,  à  l'inspection  des 
travaux  de  restauration  en  voie  d'exécution  à  l'église  de 
Lombeek-Notre-Dame  (Brabant). 

Ainsi  que  le  constate  le  procès-verbal  de  réception  n°  1, 
joint  au  dossier,  les  travaux  dont  il  s'agît  s'exécutent  dans  de 
bonnes  conditions.  Il  y  a  donc  lieu  de  délivrer  un  acompte 
à  valoir  sur  le  montant  du  subside  promis  sur  les  fonds  des 
Beaux-Arts,  en  vue  de  celle  entreprise. 

On  ne  saurait  trop  recommander  de  rechercher,  pour 
celle  restauration,  et  surtout  pour  le  chœur,  des  pierres 
d'une  teinte  se  rapprochant  le  plus  possible  de  celle  qu'ont 
acquise  les  pierres  anciennes. 

Quelques-unes  des  pierres  nouvelles  ont  paru  un  peu  trop 
ciselées.  Elles  devraient  recevoir,  par  ci,  par  là,  un  petit 
coup  de  boucharde  et  même  parfais  être  simplement  taillées. 
Il  y  a  nécessité  de  chercher,  pour  ainsi  dire  pour  chaque 
pierre  à  remplacer,  à  reproduire  la  taille  ancienne,  car  il  y 


Noire-Dame. 


—  161  — 

a  dans  les  parements,  notamment  au  chœur,  des  tailles 
différentes  qui  varient  suivant  la  nature  de  la  pierre  mise  en 
œuvre,  laquelle  est  de  provenance  variée. 

La  poursuite  des  travaux  de  restauration  du  chœur  réclame 
la  démolition  immédiate  de  la  sacristie,  laquelle  doit,  en  tout 
état  de  cause,  disparailre.  La  sacristie  nouvelle  devra  être 
écartée  du  chœur,  de  façon  à  n'en  masquer  aucune  partie. 

L'entreprise  en  cours,  qui  comporte  des  travaux  choisis 
parmi  les  plus  urgents,  sera  bientôt  terminée.  Mais  il  reste 
encore  à  faire  bien  d'autres  ouvrages  dont  l'extrême  urgence 
s'accentue  de  jour  en  jour;  il  est  donc  indispensable  de  se 
préparer  immédiatement  à  entreprendre  une  seconde  série 
de  travaux.  La  situation  de  certaines  parties  de  l'édifice  est 
assez  grave  pour  que  l'on  s'en  préoccupe.  Mais  les  ressources 
des  administrations  locales  sont  déjà  épuisées  par  les  travaux 
de  la  première  série.  Il  faut  donc,  de  toute  nécessité,  que 
les  pouvoirs  publics  viennent  largement  en  aide  à  cette 
pauvre  commune. 

Le  temps  accomplit  rapidement  son  œuvre  de  destruction 
et  il  est  à  craindre  que  si  une  interruption  dans  les  travaux 
de  conservation  et  de  restauration  se  produisait,  les  dégra- 
dations s'accentueraient  au  point  qu'il  faudrait  sacrifier,  plus 
tard,  des  sommes  d'argent  considérables  pour  y  faire  face, 
sans  compter  que  l'on  s'exposerait  à  perdre  des  documents 
artistiques  et  archéologiques  précieux.  C'est  là  une  respon- 
sabilité qui  doit  être  écartée;  elle  retomberait  sur  le  pays 
entier.  L'édifice  en  cause  n'appartient  pas  seulement  à  la 
modeste  commune  de  Lombeek-Notre-Dame  ;  c'est  un 
monument  national. 

La  Commission  a,  à  plusieurs  reprises,  fait  ressortir 


—  162  — 

l'immense  intérêt  artistique  et  archéologique  qui  s'attache  à 
cet  édifice,  joyau  de  Fart,  sans  rival  dans  les  communes 
rurales  de  notre  pays  et  qui,  à  bon  droit,  a  été  rangé  parmi 
les  monuments  de  tout  premier  ordre.  On  peut  le  dire  sans 
exagération  :  lorsqu'il  sera  remis  dans  son  étal  primitif, 
grâce  aux  soins  qu'y  apportent  M.  Veraart,  architecte,  et 
M.  Vuy,  entrepreneur,  le  temple  dont  il  s'agit  constituera 
réellement  une  petite  merveille.  Il  est  donc  de  l'intérêt  artis- 
tique du  pays  tout  entier  que  les  pouvoirs  publics  s'imposent 
tous  les  sacrifices  possibles  pour  aider  à  atteindre  ce  but. 
Un  des  premiers  ouvrages  à  entreprendre  est  le  dérochage 
de  l'ancien  porche  nord  qui  remettra  au  jour  des  détails  de 
haute  valeur  artistique,  modèles  précieux  pour  restaurer 
l'intérieur  du  monument  qui  a  été  très  mutilé  au  xvm*  siècle  ; 
l'église  elle-même  devra  également  être  dérochée  à  l'intérieur 
dès  qu'on  le  pourra. 

Le  Secrétaire, 
A.  Massaux. 

Vu  en  conformité  de  l'art.  25  du  règlement. 

Le  Président, 
Ch.  Lagasse-de  Locht. 


COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS. 


RÉSUMÉ    DES    PROQÈS-VERBAUX 


»»»»■■%» 


SÉANCES 
des  20  et  27  septembre;  des  4,  11,  18,  25  et  31  octobre  1902. 


PEINTURE  ET  SCULPTURE. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  : 

1°  La  proposition  de  confier  à  M.  Eyckelbosch,  peintre     &uMde 

Bob  dé-Leninei. 

restaurateur  à  Bruxelles,  le  rentoilage  et  la  restauration  de    T»w«««- 
six  grands  tableaux  enchâssés  dans  les  boiseries  du  chœur 
de  l'église  de  Bois-de-Lessines  (Hainaut)  ; 
2°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  d'un  chemin  de  la  croix  Église  de  si«a. 

1       *  Chemin 

peint  dans  l'église  de  Sluze  (Limbourg)  et  à  la  décoration  *  ■»«*«,*■. 
picturale  de  l'abside  du  chœur  de  cet  édifice;  auteur, 
H.  Tassin  ; 
3°  Le  projet  relatif  à  la  reconstitution  de  la  peinture      èft..« 

de  Nceroelcrtn. 

représentant  le  Jugement  dernier,  de  lare  triomphal  de Peiutoro mural#- 
l'église  de  Neeroeteren  (Limbourg);  auteur,  M.  B ressers; 


—  164  — 

Ê*tite  4°  Le  projet  concernant  l'exécution  de  peintures  décora- 

deCraiebem.  ■       J  r 

dteônS^    l»ves  dans  l'église  de  Crainhem  (Brabanl);  auteur,  M.  Jour- 
dain ; 
%  afi«iiie  S0  Le  dessin  d'an  vitrail  à  placer  dans  l'église  de  Suer- 

de  Soerbenpde.  r  D 

Yiimii.      bempde  (Brabant);  auteur,  M.  Vosch; 

Égii<e  6"  Le  projet  relatif  au  placement  de  vitraux  peints  dans 

de  Moalenaeeen.  .....  «  ,.  .      .  x  ,  , 

vitraux.  |  église  de  Monlenaeken  (Limbourg),  sous  la  reserve  que 
l'auteur,  M.  Jeurisseo,  s'en  tiendra  à  une  seule  couleur 
pour  les  verrières  en  grisaille  ; 

gel»»         7°  Le  projet  relatif  au  placement  de  huit  vitraux,  d'un 

de  Saiiil-Nicolat.  ...  " 

vûnS^îL  aule'  el  "un  Porla"  en  chêne,  dans  l'église  de  Saint- 
Nicolas,  à  Tournai  (Hainaut)  ; 

SciLedeKttifd.  8°  Le  projet  relatif  au  placement  d'une  croix  triomphale 
dans  l'église  de  Kessel  (Anvers),  à  la  condition  que  la  partie 
inférieure  de  la  croix  soit  allongée,  afin  de  placer  la  statue 
du  Christ  un  peu  plus  au-dessus  des  statues  attenantes. 
Vu  les  conditions  imposées  par  les  donateurs,  il  n'y  a 
pas  d'inconvénient  à  ce  que  le  calvaire  repose  sur  une 
trabes  ; 
tifiue  9°  Les  modèles  de  deux  bas-reliefs  destinés  à  un  des 

tf«  Iteo  Bel. 

B.«-reii«fi.    autels  latéraux  de  l'église  de  Den  Eel,  sous  Raevels (Anvers)  ; 
sculpteur,  M  Daems. 
BgiiM  d«  ceiiet.     —  Il  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  été  procédé,  le 

Chemin  ^  r 

d« la mùx.  49  ao£t  i9Q2f  dans  l'église  de  Celles  (Namur),  que  les 
quatre  stations  du  chemin  de  la  croix,  exécutées  par 
M.  Middeleer,  sont  traitées  dans  les  mêmes  conditions  que 
celles  effectuées,  il  y  a  une  vingtaine  d'années,  par  M.  Van- 
derplaetsen . 

En  conséquence,  il  n'y  a  pas  d'inconvénient  à  ce  que 
M.  Middeleer  poursuive  l'achèvement  de  l'œuvre. 


—  168  — 

—  Il  a  élé  procédé,  le  27  septembre  1902,  dans  l'église  DÉ«^«loli 
de  Notre-Dame  du  Sablon,  à  Bruxelles,  à  l'examen  de  la  *£££■• 
polychromie  de  l'autel  de  Sainte-Anne  et  des  échantillons  °  "*"  "' 
des  changements  à  apporter  à  la  polychromie  du  maître- 

aotel. 

La  décoration  de  l'autel  de  Sainte-Anne  (échantillon  avec 
quadrillé  en  or)  semble  bien  comprise,  mais  le  rouge  est  un 
peu  trop  violacé  ;  il  conviendrait  de  le  rapprocher  du  ver- 
millon. L'inscription  de  la  face  latérale  de  la  tombe  devra 
être  encadrée  par  un  filet  d'or,  interrompu  où  les  extré- 
mités des  lignes  de  l'inscription  l'exigent. 

Pour  les  changements  projetés  à  la  polychromie  de  la 
tombe  du  mailre-autel,  la  travée  du  côté  de  l'Évangile 
parait  devoir  être  choisie  ;  pour  les  colonneltes  de  la  table, 
on  adoptera  le  décor  de  la  seconde  colonnette  du  même 
côté;  l'inscription  du  gradin  sera  moins  grande. 

Le  changement  qu'on  propose  d'apporter  au  fond  der- 
rière l'autel  du  Sacré-Cœur  n'est  pas  heureux  ;  il  est  préfé- 
rable  de  conserver  1  échantillon  déjà  adopté.  Pour  que  cet 
autel  produise  l'effet  désirable,  il  importe  de  peindre  les 
piliers  du  côté  de  la  chapelle  sur  toute  leur  hauteur.  Le  fond 
même  dudit  autel  devrait  être  modifié;  il  est  trop  clair. 
Mieux  vaudrait  adopter  un  ton  rouge. 

On  vient  d'installer  le  nouveau  retable  de  l'autel  de 
Sainte-Wivine.  Ce  travail  est  bien  compris;  il  est  plus  heu- 
reux que  les  ouvrages  de  même  nature  précédemment 
exécutés  dans  la  même  église,  tant  au  point  de  vue  de  la 
conception  qu'à  celui  de  l'exécution. 

—  Ensuite  de  la  recommandation  faite  par  le  rapport  de      «§»•« 
la  Commission,  en  date  du  29  juin  1900,  il  a  été  procédé  à      Yitrail' 


—  16«  — 


la  mise  en  place  d'une  lumière  du  vitrail  du  choeur  de 
de  Slevoort  (Limbourg). 

Celle  parlie  de  la  verrière  a  fait  l'objet  d'un  exa 
9  octobre  1902.  Il  en  résulte  que  le  travail  dont  il 
été  exécuté  d'une  façon  convenable.  En  conséquenc 
ne  s'oppose  à  ce  que  la  verrière  soit  définitivement  appi 
et  à  ce  que  son  exécution  complète  soit  poursuivie. 

Le  maitre-autel  et  la  cuve  baptismale  de  la  même 
sont  terminés  et  placés.  Ces  objets  mobiliers  ayant  été 
d'une  façon  satisfaisante,  il  n'y  a  pas  d'inconvénient  à 
la  totalité  du  subside  promis  sur  les  fonds  des  Beau 
soit  liquidée. 
%uM.  —  H  a  été  procédé,  le  8  octobre  1902,  à  l'exa 

<lt Saiul-rwrra,      .  .  .  ,  ■»    ■     •  •  i  i     •  •• 

*  8vu^xro*d*  C1D(1  Vllraux  Points  places  dans  1  abside  et  les  absidi 
l'église  romane  de  Saint-Pierre,  à  Saint-Trond. 

M.  Van  Neuss,  membre  du  Comité  des  correspond 
la  province  du  Limbourg,  assistait  à  cet  examen,  d 
résulte  que  les  verrières  dont  il  s'agit,  œuvres  de  M.  J. 
ont  été  exécutées  dans  de  très  bonnes  conditions. 


Tour  Henri  VIII, 
à  Tournai. 


CONSTUCTIONS  CIVILES. 


La  Commission  a  adopté  toutes  les  propositions  forn^ 
en  vue  de  l'exécution  des  travaux  de  restauration  sté 
ment  nécessaires  pour  assurer  la  conservation  de  la 
Henri  VIII,  à  Tournai  (Hainaul).  Au  cours  de  l'entre 
on  devra  imiter  scrupuleusement  les  hauteurs  d'app 
la  taille  de  la  pierre  et  le  rejoinloyage  primitifs.  La  dir 
des  travaux  devra  se  mettre  en  rapport,  à  celte  fin,  av 
membres  correspondants  du  Collège  qui  résident  à  Tou 


fo 


,,r 


—  (67  — 

MM.  Soil  et  Sonneville,  lesquels  consulteront  la  Commission 
en  cas  de  difficultés. 

—  Pour  satisfaire  à  la  demande  de  l'administration  JvS^J?  Piix 

de  Mechelentar- 

communale  de  Mechelen-sur-Meuse,  il  a  été  procédé,  le      MeaM< 
16  octobre  1902,  à  l'inspection  de  la  nouvelle  justice  de 
paix,  avec  salle  de  délibération  pour  le  conseil  communal 
de  celle  localité. 

Il  résulte  de  cette  inspection,  à  laquelle  assistaient 
MM.  l'abbé  Daniels  et  Van  Neuss,  membres  du  Comité  des 
correspondants  du  Limbourg,  que  l'édifice  dont  il  s'agit  est 
entièrement  terminé  et  que  sa  construction  a  été  faite  avec 
soin.  Ce  petit  monument  a  été  édifié  avec  un  goût  et  une 
recherche  que  l'on  rencontre  rarement  dans  les  construc- 
tions modernes  de  l'espèce.  Conçu  dans  des  données  simples, 
il  se  distingue  par  des  qualités  artistiques  réelles.  Aussi  ne 
peut-on  qu'engager  les  pouvoirs  publics  à  prendre  en  consi- 
dération les  sacrifices  importants  que  s'est  imposés  celte 
modeste  commune  de  1 ,700  habitants,  pour  doter  le  canton 
de  Mechelen  d  une  œuvre  architecturale  propre  à  propager 
le  goût  artistique  dans  nos  campagnes.  Pour  ce  motif,  il  est 
désirable  que  les  subsides  de  l'Autorité  supérieure  soient 
alloués  dans  la  mesure  la  plus  large  possible  et  qu'une 
même  intervention  généreuse  soit  accordée  quand  il  s'agira 
de  doter  l'édifice  d'un  mobilier  en  rapport  avec  le  caractère 
spécial  qui  le  distingue. 

—  A  la  demande  de  la  Société  d'Archéologie  du  canton     eu*.* 

de  Logne. 

de  Durbuy,  il  a  été  procédé,  le  2  octobre  1902,  de  concert 
avec  M.  l'architecte  Fcrnand  Lohest,  à  l'inspection  des 
travaux  de  déblaiement  et  de  fouilles  entrepris  dans  les 
ruines  de  l'ancienne  forteresse  de  Logne. 


—  168  — 

M.  P.  Lohest,  membre  du  Comité  des  correspondants  de 
la  province  de  Liège,  assistait  à  cette  inspection. 

Les  travaux  effectués  depuis  la  dernière  visite  (3  octo- 
bre 1901),  sont  importants  On  a  poursuivi  les  déblais  dans 
divers  endroits  de  la  forteresse,  dans  les  fossés  extérieurs, 
dans  le  grand  fossé  du  donjon,  dans  ce  même  donjon.  On 
a  notamment  fini  de  déblayer  tous  les  parapets  de  ce  dernier 
et  mis  au  jour  la  cuisine.  Certaines  fouilles  ont,  d'autre  part, 
amené  la  découverte  des  assises  d'une  tour  destinée  à 
flanquer  la  grande  courtine  du  côté  de  l'Ourlhe.  On  pour- 
suivra l'élude  de  cet  ouvrage  pour  en  déterminer  exactement 
le  raccordement  à  la  forteresse  ;  celte  tour  est  figurée  au 
plan  annexé  au  dossier. 

Les  travaux  ont  aussi  amené  la  découverte,  dans  la  cour 
du  doujon,  d'une  troisième  citerne  au  fond  de  laquelle  on  a 
trouvé  des  monnaies  intéressantes  en  argent  et  même  en  or. 
Les  fouilles  ont  encore  mis  au  jour  divers  objets  du  moyen 
âge,  parmi  lesquels  des  pièces  de  serrurerie,  des  poteries, 
des  armes,  etc. 

Jusqu'à  présent,  on  n'a  pas  découvert  de  puits. 

Les  déblais  effectués  du  côté  du  village  de  Logne  ont 
amené  la  mise  au  jour  de  deux  chemins  de  ronde  V  et  W, 
en  impasse,  auxquels  on  avait  probablement  accès  par  une 
échelle  placée  en  X  dans  la  caverne  de  la  gatte  d'or  F'. 
Le  premier  de  ces  chemins  de  ronde  est  taillé  en  plein  roc. 

Enfin,  on  a  déblayé  partiellement  l'ouvrage  avancé  A  de 
la  pointe  extrême  nord  du  rocher  sur  lequel  est  assise  la 
forteresse;  on  recherchera  si  ce  bâtiment,  de  forme  rectan- 
gulaire, dont  il  ne  reste  que  le  soubassement,  n'était  pas  une 
chapelle  extérieure. 


—  169  — 

La  grande  courtine  vers  l'Ourthe  est  presque  entièrement 
consolidée.  Ce  travail  de  maçonnerie  est  exécuté  avec  beau- 
coup de  soins;  les  matériaux  en  ont  été  pris  dans  les  ruines; 
leur  taille  est  en  tout  semblable  à  celle  des  pierres  anciennes. 
Il  semble  que  l'aspect  de  celte  courtine  gagnerait  beaucoup 
si  on  enlevait  le  remplissage  en  maçonnerie,  d'ailleurs  de 
construction  médiocre,  qui  bouche  les  meurtrières  à  embra- 
sure du  côté  de  l'Ourthe.  La  monotonie  de  ce  grand  mur, 
qui  se  profile  sur  le  ciel,  en  serait  heureusement  rompue,  et 
la  vue,  de  la  vallée  et  du  chemin  de  fer,  y  gagnerait  beau- 
coup. 

Il  parait  désirable  de  compléter  les  aboutissements  des 
voûtes  du  couloir  H  passant  sous  la  cuisine  ainsi  que  le  côté 
nord  de  la  voûte  S  situé  sous  la  tour  de  guet,  enfin  aussi 
les  bouts  de  la  voûte  du  chemin  de  ronde  L  donnant  accès 
au  donjon.  Ces  réfections  empêcheront  la  désagrégation 
desdites  voûtes,  dont  les  extrémités  sont  ruinées,  mais  elles 
seront  relativement  coûteuses. 

Pendant  l'hiver  prochain,  on  continuera  le  déblaiement 
des  fossés  extérieurs,  du  grand  fossé  du  donjon  et  de  la 
plate-forme  de  (a  tour  de  guet  du  côté  sud  du  château  ;  on 
recherchera  s'il  n'exisfait  pas  plus  de  deux  ouvrages  avancés 
de  ce  côté.  On  recherchera  aussi  la  communication  qui 
parait  avoir  existé  entre  les  cavernes  de  la  gatte  d'or  F'  et  le 
donjon  qui  les  surmonte. 

La  Société  d'Archéologie  désirerait,  pour  débarrasser  le 
grand  fossé  extérieur,  vers  Logne,  pouvoir  prendre  les 
pierres  qui  s'y  trouvent  et  en  faire  une  sorte  de  mur  sec 
provisoire  au  delà  du  mur  d'enceinte  qui  forme  le  glacis 
extérieur.  Ces  pierres  seraient  ainsi  placées  provisoirement 


—  m  — 

6°  Le  projet  relatif  à  la  construction  de  dépendances  au 
presbytère  de  Grand-Rechain  (Liège);  architecte,  M.  Jacob. 

ÉGLISES.  —  CONSTRUCTIONS  NOUVELLES. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  les  projets 
relatifs  à  la  construction  d'églises  : 
È«iue  1°  À  Koekelberg  (Brabant),  à  la  condition  que  Fauteur, 

de  Koekelberg. 

M.  Ramaekers,  examine  les  observations  formulées  dans  le 
rapport  de  M.  l'architecte  provincial  en  chef,  en  date  du 
12  août  1902  ; 
egiise  dortho.  2°  À  Ortho  (Luxembourg),  sous  réserve  de  tenir  compte 
des  recommandations  suivantes  :  a)  suppression  des  arcs 
extérieurs  qui  encadrent  les  fenêtres  de  la  haute  nef;  6)  sup- 
pression du  faux-transept  ;  c)  donner  plus  d'élévation  à 
l'abside  semi-circulaire  et  l'éclairer  directement;  architecte, 
M.  Van  Gheluwe; 
ficus*  3°  À  Longlain,  commune  de  La  Louvière  (Hainaul)  ; 

de  Longlain. 

architecte,  M.  Leborgne  ; 
figure         4'  A  Saint-Lambert,  commune  de  Tourinnes-Saint-Lam- 

Saint-I>ambert( 

àTonrinne».  berl  (Brabant).  L'attention  de  l'architecte,  M.  Barbier,  a  été 
appelée  sur  l'absence  d'entraits  à  la  charpente  et  on  l'a  invité 
à  examiner  s'il  a  la  certitude  que  les  murs  latéraux  résisteront 
à  la  poussée  de  la  charpente. 

Ont  aussi  été  approuvés  les  projets  d'agrandissement  des 
églises  : 
Église  1°  De  Vaux-lez- Rosières,  commune  de  Nives  (Luxem- 

de  Vtux-lcx- 

Roiièret.     bourg);  architecte,  M.  Clipper; 

EgiiM.  2°  D'Appelterre-Eychem  (Flandre  orientale).  Au  cours 

Ey?5em.re    de  l'exécution  des  travaux,  l'architecte,  M.  Vaerwyck,  devra 


—  175  — 

examiner  si  Ton  ne  pourrait  avancer  la  sacristie  vers  Test  et, 
au  moyen  d'an  couloir,  la  relier  au  chœur  même  de  l'église  ; 
on  éviterait,  de  la  sorte,  le  passage  au  travers  de  la  chapelle 
latérale  nord  ; 
3*  De  Chaud  fontaine  (Liège)  ;  architecte,  M.  Wendeler.     éf"**» 

ChMofonta  toc* 

Ainsi  que  les  projets  ci-après  : 

4°  Reconstruction  de  la  flèche  de  1  église  de  Pondrome      é^m 

de  Poodrome. 

(Namur)  ;  architecte,  M.  Lange  ; 

5°  Établissement  d'un  jubé  dans  l'église  de  Jamoigne      é,»^ 
(Luxembourg)  ;  architecte,  M.  Van  Gheluwe. 

Et,  enfin,  les  dessins  d'objets  mobiliers  destinés  aux  ou*  mobilier. 
églises  de  : 

Vosselaere  (Flandre  orientale)  :  stalles  ; 

Fonlin,  sous  Esneùx  (Liège)  :  cloche  ; 

Hyon  (Hainaut)  :  retable; 

Ham-sur-Heure  (Hainaut)  :  cloche; 

Léglise  (Luxembourg)  :  bancs  ; 

Assche  (Brabant)  :  cloches  ; 

Louftémont,  commune  d'An  lier  (Luxembourg)  :  maître- 
autel  et  confessionnaux  ; 

Bernissart  (Hainaut)  :  mobilier  complet. 

—  L'église  de  Familleureux  a  élé  incendiée  par  la  foudre,      fy... 

.     .       .^^**  d«  F««iHe«reoi. 

le  30  juin  4902. 

Une  inspection  des  restes  de  l'édifice,  à  laquelle  MM.  Devil- 
lers  et  Hubert,  membres  du  Comité  des  correspondants  du 
Hainaut,  assistaient,  a  eu  lieu  le  24  septembre  1902. 

Le  chœur  est  la  partie  la  plus  ancienne  du  temple;  il 
formait  primitivement  la  chapelfe  castrale  dédiée  à  la  Sai nie- 
Vierge,  bâtie  en  1186,  selon  ce  que  dit  Lejeune  dans  sa 
notice  sur  Familleureux.  Il  est  construit  d'après  les  principes 


—  174  — 

romans»  mais  l'ogive  y  apparaît  déjà.  La  nef  semble  remon- 
ter au  commencement  du  xvi*  siècle  ;  on  y  a  ajouté  deux 
travées  il  y  a  environ  25  ans. 

Le  chœur  était  recouvert  par  une  voûte  en  bardeaux  ;  la 
nef  était  voûtée  en  briques  avec  nervures  et  arcs  doubleaux 
en  pierre  bleue.  Lors  de  l'agrandissement  de  l'édifice,  vers 
1877,  le  prolongement  des  bas-côtés  a  été  recouvert  par  des 
voûtes  en  plâtrage.  C'est  à  ce  système  économique  de  con- 
struction que  l'on  doit  attribuer  toute  l'étendue  du  désastre 
du  30  juin  1909;  c'est  par  là  que  le  feu  est  descendu  dans 
l'église,  où  le  mobilier  lui  a  procuré  l'aliment  propagateur 
d'une  conflagration  générale. 

L'édifice  était  assuré  pour  60,000  francs.  La  Compagnie 
d'assurance  a  évalué  les  dégâts  à  34,000  francs. 

Les  murs,  en  général,  semblent  encore  solides  et  paraissent 
avoir  conservé  leur  aplomb  ;  les  colonnes,  arcs  et  nervures 
en  pierre  sont  en  grande  partie  calcinés  ;  on  sera  obligé  d'en 
rertiplacer  beaucoup  de  pierres.  En  tous  cas,  il  importe  de 
conserver  tout  ce  qui  peut  être  maintenu  des  maçonneries 
anciennes,  surtout  les  sommiers,  les  naissances  des  groupes 
d'arcs,  de  nervures,  etc.,  au-dessus  des  colonnes. 

Pour  le  renouvellement  partiel  des  colonnes,  des  bases, 
des  chapiteaux,  des  arcs  et  des  nervures,  on  devra  reproduire 
exactement  les  éléments  anciens  en  ayant  soin  d'en  prendre 
des  moulages.  La  base  et  le  chapiteau  de  la  première  colonne 
au  côté  nord,  près  du  chœur,  semblent  primitifs;  c'est  donc 
là  que  l'architecte  devra  emprunter  les  types  pour  les  parties 
des  colonnes  à  renouveler. 

On  devra  remanier  les  quatre  fenêtres  de  la  partie 
moderne  des  nefs,  construites  en  dépit  des  principes  de  Tari 


—  178  — 

ogival,  afin  de  les  mettre  en  harmonie  avec  celles  de  la 
partie  ancienne  desdites  nefs. 

Le  clocher  en  bois  qui  surmontait  la  travée  centrale  de  la 
nef  ayant  élé  détruit,  rien  n'empêche  de  le  rétablir  sur  la 
première  travée  près  de  la  façade.  Où  il  était  situé,  il  consti- 
tuait une  gène  pour  la  sonnerie  des  cloches  pendant  les 
offices,  au  milieu  des  fidèles;  on  pourra  sonner  les  cloches 
du  jubé,  si  le  clocher  est  établi  sur  la  première  travée. 

Il  n'y  a  pas  lieu  de  rétablir  l'escalier  en  bois  qui  se  trouvait 
dans  l'angle  nord-ouest  du  bas-côté  ;  on  aura  accès  au  jubé 
et  au  clocher  par  l'escalier  en  spirale  ménagé  dans  la  tourelle 
de  la  façade  ouest. 

Quelques  pierres  lumulaires  sont  encastrées  dans  le  pave- 
ment de  l'église;  on  devra  les  appliquer  contre  les  murs 
intérieurs  lors  de  la  restauration  du  temple;  ce  sont  des 
documents  intéressants  pour  l'histoire  locale  ;  à  ce  litre,  ils 
doivent  être  conservés  avec  soin. 

Un  bas-relief  intéressant  représentant  les  manants  de 
Houdeng  venant  solliciter  de  Fier-à-bras,  seigneur  de  Velle- 
reille  et  de  Familleureux,  le  pardon  des  outrages  qu'ils  lui 
ont  faits,  ainsi  qu'une  petite  statue  de  la  Sainte-Vierge,  l'un 
et  l'autre  du  xve  siècle,  ont  pu  être  sauvés  lors  de  l'incendie. 
On  les  rétablira  dans  l'église  restaurée  à  leur  place  respective. 

Un  Ecce-Homoen  pierre  est  adosséà  l'extérieur  du  chevet; 
cette  œuvre,  qui  ne  manque  pas  de  mérite,  devra  être  éga- 
lement réintégrée  dans  l'église.  On  fera  bien  de  l'abriter  en 
attendant  que  celte  mesure  puisse  être  prise. 

—  Il  a  été  procédé,  le  13  octobre  1902,  à  l'inspection  des  écu*  de  Bn<c. 
travaux  d'agrandissement  et  de  restauration  de  l'église  de 
Brée. 


—  «76  — 

MM.  l'abbé  Daniels,  Jantiné  el  Van  Neuss,  membres  du 
Comité  des  correspondants  de  la  province  du  Limbourg, 
assistaient  à  celte  inspection. 

L'entreprise  dont  il  s'agit  est  sur  le  point  d'être  terminée. 

Les  travaux  ont  été  exéeutés  avec  tous  les  soins  dési- 
rables. 

Bâtie  en  pierres  jaunes  de  Fauquemont,  l'église  de  Brée 
constitue  un  édifice  d'une  réelle  valeur  artistique,  <F  un  carac- 
tère imposant.  L'intérieur  surtout,  avec  ses  cinq  ne£s, 
présente  un  aspect  majestueux  où  abondent  les  points  de 
vue  pittoresques. 

En  résumé,  l'édifice  est  réussi  sous  tous  les  rapports  et  il 

y  a  lieu  de  féliciter  les  auteurs  qui  ont  si  bien  tiré  parti, 

pour  l'agrandir,  de  la  disposition  du  terrain  et  des  parties 

conservées  de  l'ancienne  église. 

Elu*  —  I-e  projet  soumis  en  vue  de  l'agrandissement  de  l'église 

de  Brnu«fb«ro  .  „ 

de  Brusseghem  a  fait  I  objet  dun  examen,  sur  place,  le 
2  octobre  1903,  de  concert  avec  M.  Dumortier,  membre  du 
Comité  des  correspondants  du  Brabant. 

Après  une  longue  étude,  il  a  été  reconnu  que  le  parti  le 
plus  avantageux  pour  conserver  l'orientation  du  temple  et 
répondre  aux  besoins  d'une  population  qui  s'accroît  sensi- 
blement, était  de  prolonger  les  bas- côtés  vers  l'ouest,  de 
reculer  la  tour  et  d'ajouter  deux  travées  à  la  nef. 

En  raison  de  la  proximité  d'une  voie  charretière  en  contre- 
bas du  mur  qui  ceint  le  cimetière,  l'extension  ne  se  prèle 
pas  du  côté  du  sanctuaire,  tandis  qu'elle  est  praticable  vers 
la  façade  principale  en  absorbant  un  chemin  qui,  adminis- 
trativemenl  condamné,  va  être  reporté  et  élargi  un  peu  plus 
loin. 


—  177  — 

Celte  opération  de  voirie  dotera  même  l'église  d'un  petit 
parvis. 

La  tour  qu'il  s'agit  de  démolir,  a  marqué  les  débuts  de  la 
construction  de  l'édifice.  Elle  remonte  à  la  fin  du  xv* siècle» 
Bâtie  en  moellons  extérieurement,  intérieurement  jusqu'à 
la  hauteur  des  cod  Ire  forts,  les  rides  qui  sillonnent  ses  faces 
massives  ne  sont  pas  imputables  uniquement  à  l'âge.  Ses 
lézardes,  ses  fissures  proviennent  surtout  des  fondations 
défectueuses  et  insuffisantes  qui  la  supportent;  des  ancrages 
la  maintiennent  de  tous  côtés.  Son  mérite  réside  dans  l'an- 
cienneté. Il  conviendra  de  la  rétablir  dans  ses  dispositions 
actuelles  pour  perpétuer  le  souvenir  de  ce  témoin  d'un  passé 
lointain.  L'auteur  ne  dérogera  à  l'ordonnance  générale  que 
par  l'exhaussement  des  contreforts  et  le  placement  des 
cadrans  sous  les  abat-son. 

Le  chœur  pen  lagon  al,  qui  est  la  portion  la  plus  soignée, 
architecluralement  parlant,  ne  manque  pas  de  caractère.  Il 
date,  ainsi  que  les  transepts,  du  commencement  du  xvi*  siècle. 
Son  appareil  est  identique  â  celui  de  la  tour.  L'inéluctable 
travail  du  temps  ne  l'a  pas  épargné.  Il  importera  de  le  sou- 
mettre à  une  restauration  entendue  sitôt  l'achèvement  de 
l'agrandissement. 

Ombrée  par  des  bouquets  d'arbres,  entourée  de  labours 
et  de  maisonnettes,  l'église  de  Brusseghem,  qui  est  rangée 
dans  la  3*  classe  des  monuments,  s'élève  au  sommet  d'un 
plateau  herbu. 

Celte  construction  ogivale,  en  pierres  grises,  a  un  aspect 
ramassé.  La  tour,  que  surmonte  une  flèche  élancée  couverte 
d'ardoises,  constitue  à  peu  près  le  tiers  de  la  superficie  du 
monument.  Les  charpentes,  contemporaines  de  son  érection, 


—  ils  — 

étant  intéressantes  et  en  excellent  état  de  conservation,  leur 
remise  en  œuvre  dans  la  réfection  est  tout  indiquée. 

Il  a  été  recommandé  à  M.  Dhaeyer,  venu  sur  les  lieux, 
de  s'inspirer,  dans  le  remaniement  de  son  projet,  pour  les 
parties  à  créer,  des  types  existant  ou  à  découvrir  dans 
l'église  :  bases  de  colonnes,  chapiteaux,  moulures,  culs-de- 
lampes,  etc. 
ÊfiiM         —  Il  a  été  procédé,  le  39  septembre  1 902,  à  l'examen  de 

deSaiol-MarUo, 

iRentii.  |a  nouvelle  série  de  meubles  installés  dans  l'église  de  Saint- 
Martin,  à  Renaix. 

M.  Serrure,  membre  du  Comité  des  correspondants  de  la 
Flandre  orientale,  assistait  à  cet  examen. 

Les  meubles  en  question  se  composent  : 

Des  autels  de  la  Sainte-Vierge  et  de  Saint-Joseph  ; 

De  quatre  confessionnaux  ; 

De  quatre  crédences  ; 

Du  banc  de  communion  devant  la  chapelle  du  Saint- 
Sacrement  ; 

De  la  clôture  du  chœur  ; 

Des  clôtures  des  chapelles  de  la  Sainte- Vierge  et  de  Saint- 
Joseph  ; 

De  l'autel  du  Saint-Sacrement  ; 

De  la  chaire  à  prêcher. 

Tous  ces  objets  ont  été  exécutés  avec  soin.  En  conséquence, 
rien  n'empêche  de  liquider  les  subsides  y  afférents. 

Il  résulte  de  renseignements  fournis  sur  place  que  l'exé- 
cuteur des  grilles  de  clôture  du  chœur  et  des  chapelles  n'a 
eu  à  sa  disposition,  lors  de  la  rédaction  de  sa  soumission, 
que  des  dessins  d'ensemble,  les  détails  d'exécution  n'étant 
pas  dressés  à  cette  époque.  Il  se  fait  que  ce  soumissionnaire 


—  t79  — 

n'a  pu  se  rendre  exactement  compte  de  l'importance  réelle 
de  son  entreprise;  par  suite,  celle-ci  lai  a  imposé  un  travail 
plus  complexe  que  celui  auquel  il  était  en  droit  de  s'attendre, 
de  sorte  qu'il  se  trouve  en  présence  d'une  perte  d'argent 
au  lieu  d'un  bénéfice. 

Il  semble  équitable  de  lui  en  tenir  compte  en  lui  allouant 
une  certaine  indemnité  à  répartir  entre  les  diverses  adminis- 
trations intervenant  dans  la  dépense,  d'autant  plus  que 
malgré  l'éventualité  d'une  perte  sèche,  ce  modeste  entre- 
preneur s'est  acquitté,  de  la  façon  la  plus  consciencieuse,  de 
l'important  travail  qui  lui  était  confié. 

Dans  l'intérêt  de  la  conservation  de  la  belle  église  de 
Saint-Martin,  dont  la  construction  est  1res  réussie,  il  importe 
de  la  préserver  des  atteintes  de  l'humidité  en  dotant  tout  son 
pourtour  d'un  bon  trottoir  en  pavés  posés  au  mortier  et  de 
paver  la  petite  cour  à  côté  de  la  sacristie. 

Dans  le  même  but,  il  est  prudent  d'établir  des  contre-murs 
autour  du  presbytère  partout  ou  le  terrain  du  jardin  est  en 
contact  avec  les  murs  de  l'habitation. 

—  Il  a  été  procédé,  le  26  octobre  1902,  à  l'examen      t9u$» 

tic  Laroche 

dune  nouvelle  partie  de  meubles  placés  dans  l'église  de 
Laroche. 

MM.  le  comte  de  Limburg-Slirum  et  Sibenaler,  délégués 
du  Comité  des  correspondants  du  Luxembourg,  assistaient 
à  cet  examen. 

Les  orgues,  bien  que  divisées  en  deux  buffets,  donnent 
pleine  satisfaction  tant  au  point  de  vue  du  travail  que  de  la 
sonorité. 

La  chaire  à  prêcher  est  également  reçue,  mais  sous  la 
réserve  de  raccorder  la  balustrade  de  l'escalier  avec  la  cuve 


—  180  — 

et  de  faire  disparaître  la  teinte  noire  trop  visible  du  rejoio- 
toyage  des  pierres. 

La  statue  du  Sacré-Cœur  qui  se  trouve  dans  le  trumeau, 
entre  les  deux  fenêtres  au-dessus  du  maître- autel,  n'est  pas 
suffisamment  éclairée;  c'est  à  peine  si  on  la  remarque.  II  y 
aurait  lieu  de  la  placer  à  un  endroit  plus  apparent,  sur  un 
piédestal  isolé. 

Quant  aux  deux  statues,  dont  une  de  Saint-Nicolas,  patron 
de  l'église  de  Laroche,  placées  actuellement  au-dessus  du 
portail-tambour  de  l'entrée  de  droite,  elles  pourront  provi- 
soirement être  installées  au-dessus  des  deux  portes  du  chœur 
de  l'église  donnant  accès  à  la  sacristie.  En  tous  cas,  on  ne 
peut,  à  aucun  prix,  les  attacher  aux  deux  gros  piliers  du 
transept,  où  elles  briseraient  l'aspect  de  Tare  triomphal. 

Les  couleurs  rouges  et  bleues  du  fond  des  vitraux  du 
chœur  seront  remplacées  par  des  teintes  diaprées  moins 
voyantes. 

La  Vierge  qui  se  trouve  au  centre  du  vitrail  de  gauche, 
qu'il  avait  été  question  de  remplacer  par  une  véritable  Notre- 
Dame  de  Luxembourg,  pourra  être  maintenue  à  raison  de 
son  cachet  artistique.  L'image  de  Notre-Dame  de  Luxem- 
bourg se  trouve  d'ailleurs  déjà  dans  la  partie  supérieure  de 
la  même  verrière. 

Le  monument  élevé  par  le  conseil  communal  et  les  habi- 
tants de  la  ville  de  Laroche  à  la  mémoire  de  feu  M.  Edouard 
Orban  de  Xivry,  Gouverneur  de  la  province  de  Luxembourg, 
œuvre  remarquable  du  sculpteur  Vermeylen,  gagnera  à 
l'exécution  de  quelques  légers  travaux  d'ornementation  en 
ce  qui  concerne  l'épitaphe  ainsi  que  les  armoiries  de  la 
province  et  de  la  ville  de  Laroche  :  celles-ci  pourront  être 


—  181  — 

peintes  de  façon  à  indiquer  les  émaux  et  les  métaux  selon  la 
science  héraldique.  D'autre  part,  les  lettres  composant  l'épi- 
(aphe  seront  en  ton  rouge,  afin  que  le  visiteur  puisse  mieux 
lire  l'inscription,  un  peu  sombre,  par  la  nature  même  de  la 
pierre  employée  (i). 

Le  genre  et  le  style  de  ce  monument  ont  été  inspirés  par 
un  ancien  monument  dont  il  forme  pendant,  lequel  a  été 
érigé,  en  158 S,  à  la  mémoire  de  la  famille  de  Waha  de 
Baillonville. 

Sur  la  proposition  de  M.  le  Président  de  la  Commission, 
la  délégation  a  engagé  les  membres  présents  de  l'adminis- 
tration communale  et  les  fabriciens  à  ne  pas  se  presser  pour 
effectuer  des  travaux  de  polychromie  à  l'importante  église 
de  Laroche  et,  le  cas  échéant,  à  ne  confier  ce  travail  qu'à 
des  artistes  de  talent  en  prenant,  au  préalable,  l'avis  de 
l'architecte  auteur  de  l'édifice  et  de  la  Commission  royale 
des  monuments. 

Le  mobilier  prévu  pour  l'église  de  Laroche  étant  terminé 
et  approuvé,  sauf  en  ce  qui  concerne  la  peinture  des  volets 
du  mailre-autel,  qui  devra  être  refaite,  rien  n'empêche  de 
liquider  le  subside  alloué  sur  les  fonds  des  Beaux-Arts  en 
vue  de  celte  entreprise. 


(0  Voici  le  texte  de  cette  inscription  : 

«  Le  conseil  communal  et  les  habitants  de  la  ville  de  Laroche  ont  élevé 
b  ce  monnment  à  la  mémoire  du  baron  Edouard  Orban  de  Xivry,  le  très 
»  aimé  Gouverneur,  né  en  leur  ville,  le  28  septembre  1858,  frappé  dans 
»  l'exercice  de  ses  fonctions  et  décédé  à  Arlon,  le  26  janvier  1901.  Vous 
i  tons  qui  visitez  cette  église,  priez  Dieu  pour  le  repos  de  l'âme  de  cet 
»  homme  de  bien,  mort  victime  de  &a  charité  envers  un  pauvre  insensé 
•  auquel  il  pardonna  généreusement.  » 


—  18)  — 


TRAVAUX  DE  RESTAURATION. 


Le  Collège  a  revêtu  de  son  visa  : 

ÉeiiM  1°  Le  projet  de  divers  travaux  de  restauration  et  d'amé- 

nagement  à  exécuter  à  régi i se  de  Pétigny  (Namur)  ;  archi- 
tecte, M.  Lange; 

É«iiM  9°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  l'église  de  Léglise 
(Luxembourg)  ;  architecte,  H.  Gupper  ; 

SfiiM  3°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Saint-Joseph, 

luîmUSSL'  à  La  Louvière  (Hainaut);  architecte,  H.  Draily; 

ggiiM  4°  Le  projet  concernant  l'exécution  de  travaux  de  répa- 

ration à  l'église  de  Furnaux  (Namur)  ; 

feu*  5°  Le  projet  de  restauration  des  toitures  de  l'église  d'An- 

d'Auaenelle. 

denelle  (Namur);  architecte,  M.  Simon; 
Égibe  6°  Le  projet  relatif  au  renouvellement  de  la  toiture  de  la 

flèche  de  l'église  de  Vilrival  (Namur)  ; 
Êgiiic  <io  vacbt.     7°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Vucht  (Lim- 

bourg);  architecte,  M.  Marlens; 
Égi»e  8°  Le  projet  concernant  des  travaux  de  restauration  à effec- 

d'Haulrages* 

tuer  à  l'église  d'Haulrages  (Hainaut)  ;  architecte,  M.  Lhœst  ; 
Église  9*  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  l'église  de  Vloer- 

de  Vlocrscgcm. 

segem  (Flandre  orientale),  à  la  condition  que  l'on  aura  égard 
aux  observations  émises  par  M.  l'architecte  provincial; 
Égii»c  10°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Husseignies 

de  Husseignies.  r      *  ^  ° 

(Hainaut).  Au  cours  de  l'exécution  de  l'entreprise,  l'archi- 
tecte, M.  Dufour,  devra  examiner  s'il  ne  serait  pas  possible 
d'augmenter  l'élévation  de  la  nef  centrale  en  établissant  la 
voûte  en  bardeaux  au-dessus  des  entrails  et  en  laissant 
visibles  ces  derniers  ; 


—  185  — 

H*  Le  projet  concernant  l'exécution  de  travaux  de  res-      *«»«, 

■  •  de  NieowenlioTe. 

tauration  à  l'église  de  Nieuwenhove  (Flandre  orientale)  ; 
architecte,  H.  Birmant; 
12°  Le  projet  de  travaux  complémentaires  de  restauration      éciîm 

r     J  r  d'Eitairoboorg. 

à  effectuer  à  l'église  d'Estaimbourg  (Hainaut)  ;  architecte, 
M.  Cordonnier; 
13*  Le  projet  de  restauration  de  la  tour  de  l'église  de      Egiiaa 

■  •  ^  de  Linsmean. 

Linsmeau  (Brabant);  architecte,  M.  Langerock; 

14°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  des  toitures  de      U\<* 
l'église  d'Haulchin  (Hainaut)  ;  architecte,  M.  Simon; 

15°  Le  projet  de  restauration  de  la  tour  de  l'église      êcum 

r     J  °  d'Eeckeren. 

d'Eeckeren  (Anvers)  ; 
16"  Le  projet  d'une  nouvelle  série  de  travaux  de  restau-      Égu*  „ 

r     *  de  Westmalle. 

ration  et  d'agrandissement  à  effectuer  à  l'église  de  Westmalle 
(Anvers)  ;  architecte,  M.  Gife  ; 
17°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  l'église  de  Ver-      u*« 

.  \  deVlnrjck.. 

tryck  (Brabant)  et  à  la  construction  d'une  sacristie  à  cet 
édifice;  architecte,  M.  Langerock; 
18°  Le  projet  d'une  troisième  série  de  travaux  de  restau-      fi*** 

1       *  de  BaintJacqaes, 

ration  à  exécuter  à  la  tour  de  l'église  de  Saint-Jacques,  à     kAntew- 
Anvers;  architectes,  MM.  Blomme  frères  ; 

19*  L'avant- projet  d'une  nouvelle  catégorie  de  travaux  à  ta* 
exécuter  pour  la  restauration  de  l'église  de  Walcourl(Namur). 
On  devra  combiner  l'aménagement  de  la  sacristie  nouvelle 
de  façon  à  utiliser  les  armoires  et  les  boiseries  en  style  du 
xviu'  siècle  qui  se  trouvent  dans  la  sacristie  actuelle.  La 
Commission  n'a  cessé  d'insister,  à  chacune  de  ses  visites, 
dans  ce  sens  ;  l'importance  artistique  de  ces  boiseries  oblige 
à  les  conserver  avec  le  plus  grand  soin  ;  architecte,  M.  Lan- 
gerock; 


—  184  — 
«giiM         20°  Le  projet  relatif  à  la  reconstitution  des  entrées  primi- 

deSiint-BaTOQ,  r     4  r 

àc.nd.  tjves  (je  ja  çpyp^  je  ja  cathédrale  de  Saint-Bavon,  à  Gand 
(Flandre  orientale),  sous  la  réserve  qu'il  sera  tenu  compte 
des  observations  présentées  par  M.  l'architecte  provincial, 
dans  son  rapport  du  6  juin  1902,  à  l'exception  de  l'obser- 
vation n°  1  :  il  parait  préférable,  en  effet,  de  maintenir  la 
largeur  de  l'escalier  telle  qu'elle  figure  au  plan  adopté.  Pour 
ce  qui  concerne  les  garde-corps  en  fer  forgé,  il  importe  de 
les  mettre  en  rapport  avec  la  simplicité  de  l'ensemble  de  la 
construction;  architecte,  M.  Van  Âssche; 

compu.        21°  Les  comptes  des  travaux  de  restauration  exécutés  aux 

de  travaux 
d«  re.Uuratio«.    égjjses  de  l 

Sainl-Gommaire,  à  Lierre  (Anvers)  :  exercice  1901  ; 
Saint-Hubert  (Luxembourg)  :  trois  premières  séries  d'ou- 
vrages. 
.ÉtiiM  —  Le  projet  soumis  en  vue  de  la  restauration  de  l'église 

de  Ramsappellc 

lexNieoport.  <je  Ramscappelle  lez  Nieuport  (Flandre  occidentale),  a  fait 
l'objet  d'un  examen,  sur  place,  le  21  août  1902. 

M.  van  Roymbeke,  membre  du  Comité  des  correspon- 
dants, assistait  à  cet  examen. 

Ainsi  que  le  déclare  M.  van  Ruymbeke  dans  son  intéressant 
et  très  complet  rapport  du  26  mars  1902,  aux  conclusions 
duquel  le  Comité  des  correspondants  s'est  rallié,  beaucoup 
de  travaux  prévus  sont  inutiles,  d'autres  sont  inadmissibles 
et  n'ont  pour  but  que  de  chercher  à  enjoliver,  à  tort,  la 
construction  actuelle,  qui  est  fort  intéressante. 

Le  projet  présenté  doit,  en  conséquence,  faire  l'objet  d'une 
nouvelle  et  sérieuse  étude.  L'auteur  devra  se  borner  à  y 
prévoir  les  travaux  strictement  indispensables  pour  mettre 
l'édifice  en  bon  état  d'entretien  sans  changer  aucune  forme, 


—  185  — 

sans  y  ajouter  aucun  élément  dont  l'existence  primitive  n'est 

pas  absolument  démontrée. 

Avant  de  se  livrer  à  cette  étude,  l'architecte  devra  faire 
dérocher  et  mettre  à  nu,  à  l'intérieur,  quelques  parties  du 
monument,  notamment  une  travée  complète  et  rechercher 
l'ancienne  disposition  de  la  voûte  en  bardeaux  masquée  par 
un  plafonnage  moderne. 

■ 

Les  travaux  à  faire  en  premier  lieu  doivent  consister  dans 
la  restauration  des  toitures,  des  gouttières,  rejointoyage  des 
maçonneries,  etc.  Toutefois,  les  travaux  de  rejointoyage 
devront  être  bornés  au  strict  nécessaire,  c'est-à-dire  au 
remplissage  des  joints  ouverts  et  de  ceux  qui  menacent  de 
s'ouvrir;  tous  les  joints  qui  sont  en  bon  état  doivent  être 
rigoureusement  respectés.  On  ne  pourra  employer  le  ciment 
pour  les  rejoinloyages,  cette  matière  n'est  pas  recomman- 
dable  pour  des  ouvrages  de  l'espèce.  Il  faut  prévoir  un  bon 
mortier  composé  de  chaux  et  de  sable  rude. 

Il  faut  conserver  aux  parements  extérieurs,  aux  seuils, 
cordons,  larmiers,  etc.,  toutes  les  briques  ou  pierres  qui 
sont  susceptibles  d'être  maintenues  sans  inconvénient  ;  par 
conséquent,  on  doit  remplacer  le  moins  possible  de  maté- 
riaux. 

Il  n'y  a  pas  lieu  d'établir  des  corniches  au  pied  des 
toitures  ;  il  n'y  en  a  pas  eu  autrefois  ;  de  simples  gouttières 
sur  crochets  suffisent,  elles  auront  pour  résultat  de  ne  pas 
changer  l'aspect  de  la  construction. 

A  la  façade  est  des  nefs,  l'auteur  trouvera,  dans  les  fenê- 
tres bouchées,  d'excellents  modèles  d'anciens  réseaux  en 
briques  moulurées  pour  le  rétablissement  des  meneaux  et 
réseaux  des  autres  fenêtres  de  l'édifice. 


—  186  — 

On  ne  pourra  employer  la  pierre,  dans  les  travaux  de 
restauration,  que  là  où  il  en  existe  actuellement,  c'est-à-dire 
à  quelques  soubassements  et  aux  angles  des  contreforts.  En 
tous  cas,  remploi  de  la  pierre  bleue  doit  être  évité. 

L'arc  triomphal  doit  être  respecté. 

Il  est  inutile  d'ouvrir  les  deux  fenêtres  aux  extrémités 
occidentales  des  nefs  latérales. 

Le  petit  perron  adossé  à  la  face  nord  de  la  tour  doit  être 
conservé,  c'est  un  souvenir  historique  ;  par  suite,  la  fenêtre 
derrière  ce  perron  restera  blindée. 

L'arc  en  anse  de  panier  de  la  porte  occidentale  et,  en 
général,  tous  les  autres  arcs  que  l'architecte  propose  de 
modifier  doivent  être  conservés  intacts;  il  ne  faut  apporter 
aucune  modification  aux  dispositions  archilectoniques  de 
cet  intéressant  monument;  pour  la  même  raison,  la  partie 
supérieure  de  la  tour  et  la  flèche  doivent  rester  telles  qu'elles 
sont.  Il  ne  faut  pas  de  meneaux  aux  abat-son  et  il  est  inutile 
d'établir  des  larmiers  au-dessus  des  cadrans,  ces  éléments 
n'existant  pas  actuellement. 

Les  ancrages  de  la  tour  doivent  rester  intacts,  sans  ajoute 
d'aucune  ornementation. 

Les  pignons  ne  doivent  subir  aucune  modification  ;  on  les 
restaurera  simplement  sans  les  couvrir  de  rampants  en 
pierre  et  sans  les  surmonter  d'une  croix.  Ce  dernier  emblème 
ne  doit  pas  être  prodigué. 

On  devra  prévoir,  au  projet,  les  moyens  à  employer  pour 
assurer  le  libre  écoulement  des  eaux  pluviales  tout  autour 
de  l'édifice. 

Une  nouvelle  élude  du  projet  de  sacristie  est  indispen- 
sable; il  y  a  lieu,  pour  ce  bâtiment,  de  s'inspirer  du  style 


—  187  — 

local  et  d'y  employer  exclusivement  des  briques  du  type  des 
anciennes. 

Il  est  visible  que  le  pavement  du  chœur  a  été  surélevé; 
on  peut  donc  prévoir  son  abaissement  au  niveau  pri- 
mitif. 

Rien  n'empêche  de  remonter  un  peu  le  plancher  du  jubé; 
son  peu  d'élévation  constitue  une  gène  sérieuse  pour  le 
passage  des  processions. 

Les  surfaces  plates  en  briques  des  murs  doivent  être 
dérochées  ;  elles  seront  ensuite  recouvertes  d'un  léger  enduit 
sons  forme  de  badigeon,  comme  on  le  faisait  autrefois; 
quant  aux  encadrements  moulurés  en  briques  et  aux  meneaux 
des  fenêtres,  aux  colonnes  et  aux  moulures  intérieures,  rien 
ne  m  pèche  de  les  laisser  apparents. 

Les  stalles  et  les  clôtures  entre  les  colonnes  doivent  être 
maintenues  tout  en  les  appropriant  ;  tout  au  plus  pourra-t-on 
enlever  l'enveloppe  en  bois  des  colonnes.  Par  contre,  on 
peut  enlever  les  lambris  insignifiants  appliqués  contre  les 
murs  latéraux  qui  empiètent  sur  le  seuil  primitif  des  fenêtres; 
le  bois  à  en  provenir  pourra  être  utilisé  pour  la  confection 
d'armoires  dans  la  nouvelle  sacristie. 

Les  confessionnaux  trouveront  un  emplacement  très  con- 
venable au  fond  des  nefs  latérales,  sous  les  fenêtres  bouchées. 

Un  Saint-Sépulcre  intéressant  existe  dans  la  nef  latérale 
nord  ;  il  devra  être  conservé  avec  soin  et  l'architecte  étudiera 
un  projet  d'appropriation  de  l'arcade  qui  le  surmonte. 

Deux  statuettes  en  bois  de  la  Sainte- Vierge  et  de  Saint- 
Jean  sont  conservées  dans  l'église;  elles  proviennent  sans 
doute  de  l'ancienne  croix  triomphale  qu'il  conviendra  de 
rétablir. 


—  188  — 

s.iDu£m.io.  —  11  a  été  procédé,  le  22  août  1 902,  à  l'inspection  des 
travaux  de  restauration  en  voie  d'exécution  à  Téglise  de 
Saint-Germain  (Namur). 

Il  résulte  de  cet  examen  que  l'entreprise  s'effectue  dans 
de  très  bonnes  conditions. 

Le  mur  nord  de  la  haute  nef  surplombe  d'environ  23  cen- 
timètres sur  une  certaine  longueur  vers  le  chœur  et  est 
courbé  vers  l'extérieur  à  sa  partie  supérieure  ;  par  suite,  la 
corniche  produit  une  courbe  semblable.  L'architecte  propo- 
sait de  rectifier  cette  courbe  en  employant  des  corbeaux  de 
différentes  saillies.  Ce  travail  ne  produirait  pas  un  bon  effet. 
Les  corbeaux  doivent  avoir  une  saillie  régulière.  On  pourra 
maintenir  plane  la  surface  de  la  toiture  en  ajoutant  au  pied 
de  celle-ci,  à  la  partie  courbe,  de  petits  coyaux  qui  ne  seront 
guère  visibles  de  l'extérieur.  Il  faudra  ancrer  soigneusement 
les  entraits  de  la  charpente  pour  neutraliser  la  poussée  des 
murs. 

Pour  les  plafonds  en  chêne,  l'architecte  devra  avoir  soin 
de  bien  s'inspirer  du  type  des  anciens. 

La  pente  des  toitures  des  bas-côtés  devra  être  ramenée  à 
son  ancienne  inclinaison,  de  façon  à  conserver  aux  fenêtres 
de  la  haute-nef  leur  hauteur  primitive  qui  a  été  diminuée 
par  le  bas. 

Le  crépissage  intérieur  devra  être  très  mince  et  exécuté 
au  mortier  rugueux  comme  on  le  faisait  anciennement,  à 
l'exclusion  du  plâtre  ;  il  ne  faut  pas  que  ce  crépi  soit  tracé 
à  la  règle,  il  importe  qu'il  suive  les  irrégularités  des  murs 
comme  s'il  était  exécuté  à  la  brosse. 

Il  est  nécessaire  que  l'architecte  produise,  à  bref  délai,  un 
plan  d'ensemble  des  abords  de  l'édifice  indiquant  les  trottoirs 


—  189  — 

à  y  établir,  le  déchaussement  du  côté  nord  et  tous  les  moyens 
à  mettre  en  œuvre  pour  éviter  que  les  eaux  pluviales  ne 
séjournent  au  pied  des  murs. 

—  Pour  se  prononcer  sur  le  projet  relatif  à  la  restauration  égiiu  de  f***. 
intérieure  de  l'église  de  Fosses,  la  Commission  a  jugé  utile 
de  faire  établir,  dans  le  chœur  de  cet  édifice,  à  la  place  qu'il 
doit  occuper,  un  fac-similé  de  l'un  des  escaliers  projetés  pour 
donner  accès  au-dessus  des  voûtes  de  la  crypte. 

L'examen  de  ce  fac-similé  a  eu  lieu  le  23  octobre  1902, 
de  concert  avec  MM.  le  chanoine  Sosson,  Baron  del  Marmol, 
Boveroulle  et  Dardenne,  membres  du  Comité  des  correspon- 
dants de  la  province  de  Namur.  Il  en  résulte  que  la  largeur 
indiquée  au  projet  pour  les  escaliers  précités  est  exagérée  ; 
une  largeur  approximative  d'un  mètre  vingt  centimètres 
suffit.  On  devra  établir  ces  escaliers  contre  les  murs  latéraux 
du  chœur  de  façon  à  ménager  le  plus  d'espace  possible  aux 
deux  côtés  de  l'autel  en  vue  de  la  facilité  des  cérémonies  du 
culte.  Pour  la  même  raison,  cet  autel  sera  adossé  au  mur 
du  fond. 

Les  escaliers  devront  avoir  leur  départ  plus  près  du  mur 
du  fond  ;  les  marches  seront  réduites  à  une  profondeur 
strictement  nécessaire  afin  de  réduire,  dans  la  mesure  du 
possible,  le  développement  des  escaliers. 

Il  est  désirable  qu'on  renonce  au  fer  pour  les  garde-corps 
des  escaliers  et  de  la  voûte  au-dessus  de  la  crypte.  Il  importe 
d'adopter  la  pierre,  laquelle  était  en  usage  à  l'époque  romane 
et  de  rester  dans  une  grande  simplicité. 

Les  trois  marches  qui  se  trouvent  à  l'extrémité  des  stalles, 
dans  le  chœur,  devront  être  reculées  vers  l'autel,  au  delà  de 
l'emplacement  choisi  pour  établir  le  banc  de  communion. 


—  190  — 

ÊgiiM.d*        —  Au  cours  des  travaux  de  restauration  du  croisillon  de 

Satote-Gertrade, 

«  Nielle..  )a  co||égiale  de  Sainte-Gertrude,  à  Nivelles,  il  a  été  constaté 
que  le  grand  arc  occidental  dudit  croisillon  a  été  élargi  et 
surélevé  au  xvii*  siècle,  comme  l'arc  oriental  du  même  croi- 
sillon. 

Il  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  été  procédé,  le  90  octo- 
bre 1902,  que  le  rétablissement  de  l'arc  occidental,  dans 
ses  dimensions  primitives,  s'impose  comme  un  complément 
nécessaire  de  la  restauration  commencée.  On  devrait  exécuter 
ce  travail  sans  retard  pour  profiter  des  échafaudages  élevés 
dans  le  croisillon.  Le  dessin  joint  au  dossier  rétablît  l'arc 
primitif. 

Ainsi  que  le  propose  le  conseil  de  fabrique,  ce  complément 
de  l'entreprise  semble  pouvoir  être  effectué  sur  le  pied  des 
conditions  du  cahier  des  charges  des  travaux  en  cours. 

Le  conseil  de  fabrique  demande  aussi  l'autorisation  de 
faire  rejoinloyer  le  pignon  du  chœur,  à  l'extérieur,  travail 
non  prévu.  Rien  n'empêche  d'accéder  à  ce  désir.  Toutefois, 
le  rejointoyage  devra  être  fait  en  recherche,  au  mortier 
ordinaire  et  seulement  aux  endroits  où  les  joints  sont  ouverts, 
en  suivant  l'irrégularité  des  joints,  en  ayant  soin  d'imiter  le 
rejointoyage  primitif  et  de  n'empiéter  en  aucune  façon  sur 
les  matériaux.  Il  importera  de  faire  d'abord  un  essai  de 
rejointoyage  que  des  délégués  iront  voir  avant  de  poursuivre 
ce  travail  très  important  au  point  de  vue  archéologique. 

Les  travaux  de  restauration  entrepris  à  la  collégiale  de 
Nivelles  se  poursuivent  dans  des  conditions  satisfaisantes; 
ils  sont  très  avancés.  Le  chœur  est  presque  terminé.  La 
crypte  est  terminée.  L'un  et  l'autre  rendent  à  celte  antique 
collégiale  l'aspect  sévère  et  harmonieux  propre  au  style 


—  191  — 

roman  dans  lequel  elle  a  été  édifiée.  Le  résultat  obtenu  est 
heureux  au  triple  point  de  vue  artistique,  archéologique  et 
pittoresque. 

On  s'occupe  actuellement  du  croisillon  du  transept.  Pour 
cette  dernière  partie  il  se  présente  certaines  difficultés  pour 
la  solution  desquelles  il  conviendra  de  faire  une  étude  appro- 
fondie basée  sur  des  relevés  très  exacts  en  vue  de  rechercher 
la  situation  primitive. 

Lors  de  la  visite,  il  a  été  question  de  rétablir  les  astragales 
des  deux  piliers  extrêmes  de  la  crypte,  vers  l'orient,  lesquels 
ont  été  abattus.  Ce  rétablissement  n'est  pas  nécessaire,  il 
offrirait  d'ailleurs  des  difficultés;  il  suffit  qu'on  voie  que  ces 
astragales  ont  existé.  On  ne  doit  pas  davantage  s'occuper 
des  petites  avaries  qu'on  remarque  à  certaines  colonnes  de 
la  cryple;  elles  n'ont  aucune  influence  sur  l'aspect  d'en- 
semble du  vénérable  monument. 

A  l'entrée  du  chœur  se  remarquent  des  vestiges  d'archi- 
tecture gothique.  Il  importe  d'opérer  des  investigations  et 
des  fouilles  pour  tâcher  de  retrouver  ce  qu'il  y  avait  là  au 
xin*  siècle  et  en  tirer  parti,  au  besoin. 

Le  Secrétaire, 

A.  Massaux. 
Vu  en  conformité  de  l'art.  25  du  règlement. 

Le  Président, 

Ch.  Lagasse-de  Locht. 


SÉANCE  GÉNÉRALE  PRÉPARATOIRE 

du  4  octobre  1902,  à  2  heures. 


Présidence  de  M.  Lagabse-de  Locht. 


Membres  effectifs  présents  :  MM.  Helleputle  et  Helbig, 
vice- présidents  ;  Acker,  Blommc,  Bordiau,  Cluysenaar, 
Delacenscrie,  Reusens,  Van  Assche,  Van  Wint  et  Vinçolte  ; 
Massaux,  secrétaire. 

Membres  correspondants  présents  :  MM.  Dardenne,  Van 
Leempulten,  Schuermans,  DeCeuIeneer,  Boveroulle,  Hubert, 
Dumortier,  Vau  Biesbroeck,  Serrure  (de  Gand);  Désirée  et 
Sibenaler,  respectivement  secrétaires  des  Comités  du  Bra- 
banl  et  du  Luxembourg. 

Se  sont  fait  excuser  :  MM.  les  Gouverneurs  des  provinces 
du  Brabant  et  de  Namur,  Donnet  et  De  Waele. 

M.  le  Président  se  fait  l'interprète  de  l'assemblée  en  expri- 
mant tous  ses  regrets  de  l'absence  de  MM.  h  s  Gouverneurs 
du  Brabant  et  de  Namur.  Il  remercie  MM.  les  membres 
correspondants  qui  ont  bien  voulu  se  rendre  à  la  réunion. 

H  donne  lecture  du  texte  des  art.  68  et  69  du  règlement 
ayant  rapport  aux  séances  préparatoires. 

M.  le  Gouverneur  de  la  province  de  Namur  a  fait  par- 
venir une  proposition  tendante  à  fixer  dorénavant  la  séance 
générale  à  40  heures.  On  pourrait  déjeuner  en  commun 
vers  2  heures,  de  sorte  que  les  personnes  habitant  la  pro- 


—  \u  — 

vince  pourraient  rentrer  chez  elles  par  l'un  des  premiers 
trains  de  la  soirée.  Il  est  décidé  que  cette  proposition  sera 
soumise  à  l'assemblée  générale  du  6  octobre.  Gomme  amen- 
dement, M.  Scbuermans  propose  de  fixer,  comme  antérieu- 
rement, les  deux  réunions  à  deux  jours  ouvrables  sans 
intervalle.  Renvoi  également  à  l'avis  de  l'assemblée  géné- 
rale. 

M.  Schuermans  demande  que  l'on  supprime  du  para- 
graphe 6  de  l'ordre  du  jour  la  mention  des  travaux  de  con- 
solidation de  l'abbaye  de  Villers,  ou  tout  au  moins  qu'elle 
soit  reportée  à  la  fin  de  l'ordre  du  jour. 

M.  Helleputle,  premier  vice- président,  remplace  M.  La- 
gasse-de  Locht  au  fauteuil  de  la  présidence. 

M.  Lagasse  combat  la  proposition  de  M.  Schuermans, 
mais  ne  voit  pas  d'inconvénient  à  ce  que  la  discussion  sur 
l'abbaye  de  Villers  soit  remise  à  la  fin  de  la  séance. 

L'assemblée  -décide  que  cette  mention  sera  maintenue  à 
l'ordre  du  jour,  mais  qu'elle  sera  reportée  à  la  fin  du  para- 
graphe 6. 

Aucune  autre  proposition  n'étant  produite,  l'ordre  du  jour 
de  la  séance  publique  est  définitivement  approuvé. 

H.  Helleputle,  Président,  remercie  MM.  les  membres 
correspondants,  qui  se  retirent  à  3  1/2  heures. 

Le  Secrétaire,  Le  Président, 

A.  Massadx.  Ch.  Lagasse-de  Locht. 


COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS 


ASSEMBLÉE  GENERALE  &  RÉGLEMENTAIRE  DU  6  OCTOBRE  1902 


Présidence  de  M.  LAGASSE-de   LOCHT, 

Inspecteur  général  des  Ponts  et  Chaussées, 
Président  de  la  Commission  royale  des  Monuments. 


Prennent  également  place  au  bureau  :  MM.  le  baron 
de  Kerchove  d'Exaerde,  Gouverneur  de  la  Flandre  orien- 
tale; Verlant,  Directeur  des  Beaux-Aris,  remplaçant  M.  le 
baron  van  der  Bruggen,  Ministre  de  l'Agriculture  et  des 
Beaux-Arts,  empêché;  Luckx,  Directeur  général  des  cultes, 
remplaçant  M.  Van  den  Heuvel,  Minisire  de  la  Justice, 
également  empêché  ;  Helbig,  artiste  peintre,  vice-président 
de  la  Commission  royale  des  monuments,  à  Liège  ;  le 
chanoine  Reusens,  archéologue,  professeur  à  l'Université  de 
Louvain;  Bordiau,  architecte  à  Bruxelles;  Maquet,  archi- 
tecte à  Bruxelles;  Cluysenaar,  artiste  peintre  à  Bruxelles; 
Acker,  architecte  à  Bruxelles;  De  la  Genserie,  architecte 
à  Bruges;  Blomme,  architecte  à  Anvers;  Van  Assche, 
architecte  à  Gand  ;  Van  Wint,  statuaire  à  Anvers  ;  Vinçotte, 
statuaire  à  Bruxelles,  membres  de  la  Commission  royale 
des  monuments;  le  chevalier  Marchai,  Secrétaire  perpétuel 


—  496  — 

de  l'Académie  royale  de  Belgique,  el  Massaux,  secrétaire 
de  la  Commission  royale  des  monuments. 

Membres  correspondants  présents  : 

Province  d'Anvers  :  MM.  Bilmeyer,  Donnet  et  Yan  Leem- 
pulten. 

Province  de  Brabant  :  MM.  De  Groot,  De  Vriendt, 
Dumortier,  Cardon,  Hanon  de  Louvet,  Janlct,  Langerock 
et  Licot;  Destréc,  secrétaire-adjoint  du  Comité. 

Province  de  la  Flandre  orientale  :  MM.  De  Ceulencer, 
Serrure,  Lybaert  et  Van  Biesbroeck. 

Province  du  Hainaut  :  MM.  Hubert,  Devillers,  Soil  et 
Sonnevillc. 

Province  de  Liège  :  MM.  Schuermans  el  Lohest. 

Province  de  Limbourg  :  MM.  Van  Neuss  et  Jaminé. 

Province  de  Luxembourg  :  MM  *Tandel  et  Sibenaler, 
secrétaire-adjoint  du  Comité. 

Province  de  Namur  :  MM.  fioveroulle  et  Dardenne. 

La  séance  est  ouverte  à  une  heure  et  trois  quarls. 

M.  le  Président.  —  Messieurs,  nous  avons  le  regret  de 
ne  pas  voir  aujourd'hui  à  notre  séance,  MM.  les  Minisires  de 
l'Agriculture  et  des  Beaux-Arts,  el  de  la  Justice,  qui  ont, 
du  reste,  leurs  représentants  parmi  nous,  MM.  les  Directeurs 
généraux  Verlant  et  Luckx,  que  nous  remercions  d'avoir 
bien  voulu  assister  à  la  réunion.  Ces  deux  Minisires,  que 
j'ai  eu  l'honneur  de  voir  samedi,  m'ont  chargé  de  vous  dire 
combien  ils  regreltaienl  de  ne  pouvoir  être  des  nôtres  à 
cause  de  circonstances  fortuites.  Je  vous  exprime  de  leur 
part  tous  les  regrets  qu'ils  éprouvent. 

Un  de  nos  membres  correspondants  très  distingué  a  eu 


—  197  — 

l'honneur,  depuis  notre  dernière  réunion,  d'être  appelé  dans 
les  Conseils  de  la  Couronne;  c'est  l'honorable  M.  Gustave 
Francolle.  Je  répondrai  certainement  à  votre  vœu  unanime, 
Messieurs,  en  vous  priant  de  charger  le  Bureau  d'exprimer 
à  M.  Gustave  Francotte,  au  nom  de  l'Assemblée  générale, 
toute  la  satisfaction  que  vous  avez  éprouvée  de  le  voir 
appeler  à  ce  poste  très  élevé    par  la  confiance  de  Sa 

Majesté. 

S'il  n'y  a  pas  d'opposition  à  cette  proposition,  je  la  consi- 
dère comme  admise.  (Adhésion  générale.) 

Messieurs,  si  M.  le  Ministre  y  avait  été  présent,  il  aurait, 
avec  beaucoup  plus  d'autorité  et  beaucoup  mieux  que  votre 
serviteur,  rendu  un  légitime  hommage  à  feue  Sa  Majesté  la 
Reine  Marie-Henriette.  Comme  je  vous  l'ai  dit  dans  ma 
lettre  du  26  septembre,  nous  ne  pouvions  songer  à  lever 
notre  séance  annuelle  et  réglementaire,  mais  noire  réunion 
amicale  de  ce  soir  n'aura  pas  lieu  en  signe  de  deuil. 

La  Reine  aimait  les  arts  et  les  cultivait,  particulièrement 
la  peinture  et  la  musique.  On  se  souvient  de  la  répartie  très 
judicieuse  dont  elle  honora  un  jour  les  membres  du  Conseil 
de  surveillance  du  Conservatoire  royal  de  Bruxelles  à  propos 
de  l'école  supérieure  de  chant. 

Les  beaux  et  nobles  traits  de  Sa  Majesté,  comme  ceux  du 
Roi,  sont  immortalisés  dans  les  deux  admirables  bustes  de 
notre  éminent  collègue,  M.  Vinçolte. 

Nous  garderons  dans  notre  cœur  le  souvenir  d'une  vie 
consacrée  tout  entière  au  beau  et  au  bien.  (Très  bien!  de 
toutes  parts.) 

MM.  de  la  Tour,  Secrétaire  général  du  Ministère  de  la 
Justice,  et  Beco,  Secrétaire  général  du  Ministère  de  l'Agri- 


—  198  — 

culture,  sont  également  empêchés  d'être  parmi  nous 
aujourd'hui. 

Nous  avons  à  constater  aussi  l'absence,  par  suite  d'indis- 
position, d'un  assez  grand  nombre  de  membres  correspon- 
dants, notamment  de  MM.  Wilmar,  l'abbé  Daniels,  le 
chanoine  Van  Gaster. 

M.  Pely  de  Thozée,  Gouverneur  de  la  province  de  Liège, 
a  bien  voulu  nous  écrire,  ainsi  que  l'honorable  Gouverneur 
du  Brabant,  M.  Vergote,  qui  exprime  ses  très  vifs  regrets, 
à  cause  de  l'étal  de  sa  santé,  de  ne  pouvoir  assister  à  notre 
réunion. 

MM.  le  chevalier  Oscar  Schaetzen,  membre  correspondant, 
et  Helleputte,  notre  premier  vice-président,  sont  retenus 
dans  le  Limbourg  pour  les  obsèques,  à  Marlinne,  de  leur 
ancien  sénateur,  M.  le  comte  de  Borchgrave  d'Àltena. 

M.  van  Ruymbeke,  membre  correspondant,  est  à  Bruges 
comme  juré  à  la  Gour  d'assises  de  Bruges. 

Je  remercie  M.  le  baron  de  Kerchove  d'Exaerde  d'avoir 
bien  voulu,  une  fois  de  plus,  être  parmi  nous.  Déjà,  l'année 
dernière,  il  avait  le  premier  prix  ;  celte  année,  il  aura 
certainement  le  prix  d'honneur  (Rires)  ;  j'espère  qu'il  voudra 
bien  continuer  dans  cette  admirable  voie.  (Nouveaux  rires). 

Ces  communications  faites,  j'accorde  la  parole  à  M.  Mas- 
saux,  notre  Secrétaire,  pour  donner  lecture  de  son  rapport 
sur  les  travaux  de  la  Commission  pendant  le  dernier  exer- 
cice. 

M.  Massaux,  Secrétaire.  —  Messieurs,  la  Commission  n'a 
pas  cessé  un  seul  instant,  pendant  l'année  écoulée,  de  donner 
de  nombreuses  preuves  d'activité. 


\\ 


^^ 


—  199  — 

Le  Bulletin  rend  compte  périodiquement  de  dos  travaux  ; 
il  est  donc  inutile  d'entrer  dans  de  longs  détails  sur  ceux-ci. 
Rappelons  seulement  que  notre  Collège  s'est  réuni  47  fois, 
a  examiné  et  donné  des  avis  sur  plus  de  1,150  affaires  et 
procédé  à  120  inspections  de  lieux. 

Ce  court  exposé  démontre  notamment  que  les  inspections 
ont  été  fréquentes  celte  année.  Nous  sommes  loin  de  nous 
eo  plaindre.  Non  seulement  ces  visites  locales  sont  de  la  plus 
grande  utilité  pour  faciliter  l'examen  et  apprécier  la  néces- 
sité et  l'importance  des  travaux  projetés,  mais  elles  ont  cet 
autre  et  incontestable  résultat  d'aider  à  conserver  à  l'art  de 
chacune  de  nos  provinces  son  génie  propre,  son  caractère 
d'originalité;  elles  mettent  obstacle,  parfois,  à  certaines 
tendances  à  vouloir  apporter  des  changements,  des  ajoutes 
inutiles  aux  édifices  anciens  et  à  en  chercher  les  éléments  dans 
n'importe  quelle  région,  sans  s'inquiéter  des  types  locaux. 

L'intérêt  que  les  autorités  constituées  portent  à  nos  monu- 
ments stimule  l'amour-propre  de  nos  populations  et  amène 
celles-ci  insensiblement  à  aimer  et  à  respecter  ces  témoins 
d'un  autre  âge,  quelquefois  modestes  en  apparence,  mais 
précieux  à  bien  des  titres. 

Les  travaux  de  restauration  de  nos  anciens  monuments  se 
poursuivent  avec  une  activité  telle  qu'il  est  même  devenu 
nécessaire  de  la  modérer.  Aussi,  M.  le  Ministre  de  l'Agri- 
culture nous  a-t-il  écrit,  le  14  mars  dernier,  que  le  nombre 
des  édifices  classés  comme  monuments  et  recommandés  à  la 
générosité  de  son  Département  ne  cessant  de  s'accroître,  le 
chiffre  des  engagements  s'est  élevé  dans  une  proportion 
telle  qu'il  s'est  trouvé  dans  la  nécessité  de  solliciter  des 
ressources  nouvelles. 


—  200  — 

D'autre  part,  il  importe,  poursuit  M.  le  Ministre,  de 
modérer  l'essor  des  entreprises  de  restauration.  Le  nombre 
des  architectes  et  de  leurs  collaborateurs  de  tout  ordre,  en 
mesure  de  s'y  employer  utilement,  n'est  pas  indéfini  et  la 
bonne  exécution  des  restaurations  pourrait  être  compromise 
s'ils  se  trouvaient  surchargés  de  travaux.  C'est  pourquoi 
M.  le  Ministre  nous  a  priés  d'user  de  toute  notre  influence 
pour  relarder  les  entreprises  nouvelles  qui  ne  présenteraient 
pas  un  caractère  de  réelle  urgence  et  pour  faire  distraire 
des  devis,  en  tout  cas,  les  travaux  dont  l'exécution  peut  être 
retardée  sans  danger  ou  sans  dommage. 

Sans  aucun  doute,  nous  nous  attacherons,  de  toutes  nos 
forces,  à  réaliser  le  programme  exposé  ci-dessus.  Ainsi, 
nous  ne  ferons  que  continuer  la  tradition  que  nous  avons 
constamment  poursuivie. 

Il  importe,  d'une  part,  de  classer  les  édifices  dignes  d'être 
considérés  comme  des  monuments,  afin  d'en  sauvegarder  la 
conservation.  D'autre  part,  nous  avons  réagi  jusqu'à  présent 
et  nous  continuerons  à  le  faire  avec  plus  d'énergie  encore, 
contre  la  tendance  à  vouloir  trop  entreprendre  et  à  travailler 
trop  vite  sans  souci  de  l'ordre  du  temps  qu'impose  la  suc- 
cession naturelle  des  consolidations  urgentes  et  des  restau- 
rations nécessaires. 

De  notre  côté,  nous  engageons  nos  correspondants  à  nous 
aider  à  faciliter  notre  tâche,  à  cet  égard,  dans  la  mesure  de 
leurs  moyens. 

S'il  est  possible  de  différer  l'exécution  de  certaines  entre- 
prises de  restauration,  par  contre  il  en  est  dont  l'ajournement 
pourrait  amener  de  graves  inconvénients.  Il  est  à  remarquer 
qu'un  ajournemenl  prolongé  peut  avoir  pour  conséquence 


—  201  — 

de  faire  disparaître  entièrement  des  détails  de  la  construction 
qui  doivent  servir  de  types  pour  la  restauration  ;  la  dispa- 
rition totale  de  ces  éléments  architecturaux  pourrait  conduire 
à  des  erreurs  archéologiques  regrettables  dans  la  restitution 
des  parties  disparues.  D'autre  part,  il  est  non  moins  vrai 
qu'en  laissant  trop  se  dégrader  un  monument  on  est  entraîné, 
lors  de  sa  restauration,  à  un  renouvellement  presque  total  et 
désastreux  des  parements. 

Nous  avons  encore,  dans  ces  derniers  temps,  rencontré 
certaines  difficultés  en  ce  qui  concerne  l'orientation  des 
églises  nouvelles. 

Nous  avons  trop  souvent  fait  ressortir  les  avantages  qu'il 
y  a,  à  divers  points  de  vue,  à  orienter  convenablement  les 
édifices  religieux  pour  les  reproduire  encore  ici.  Cette 
mesure  ne  devrait  jamais  être  perdue  de  vue  ;  elle  devrait 
même  être  imposée  partout.  C'est  aux  architectes  chargés 
de  l'élaboration  des  plans  des  édifices,  à  chercher  à  la  réaliser 
en  tenant  compte  de  la  configuration  du  terrain  mis  à  leur 
disposition.  De  nombreux  exemples  d'églises  anciennes  nous 
démontrent  que  les  architectes  du  moyen  âge  n'étaient 
jamais  embarrassés  dans  des  cas  semblables  et  que  même 
ils  savaient  tirer  parti  de  la  situation  du  terrain,  de  son  irré- 
gularité, de  ses  différences  de  niveau,  pour  donner  à  l'édifice 
uo  aspect  pittoresque  et  un  cachet  original  dont  on  se  préoc- 
cupe malheureusement  trop  peu  de  nos  jours. 

Le  Comité  de  la  Flandre  orientale  a  attiré  notre  attention 
sur  l'effet  désastreux  que  produit  un  réseau  de  fils  télépho- 
niques et  télégraphiques  placé  sur  chevalet  au-dessus  de 
1  ancien  monument  dit  c  Porte  aux  Vaches  »,  à  Ninove. 
Nous  ralliant  aux  protestations  du  Comité,   nous  avons 


—  302  — 

demandé  à  M.  le  Minisire  de  l'Agriculture  de  vouloir  bien 
prier  son  honorable  collègue  du  Déparlement  des  Chemins 
de  fer  de  prescrire  sans  relard  l'enlèvement  de  ces  appareils 
qui  offusquent  la  vue  de  l'observateur  ami  de  l'esthétique  el 
qui  surchargent  irrévérencieusement  un  monument  histo- 
rique, seul  souvenir  légué  par  les  siècles,  des  vieilles  forti- 
fications de  la  ville. 

Il  importerait  qu'à  l'avenir  défense  fut  faite  de  surmonter 
d'engins  de  l'espèce  les  édifices  classés  comme  monuments. 

Grâce  à  la  sollicitude  du  Comité  de  la  Flandre  orientale, 
le  propriétaire  de  l'ancien  manoir  de  Voorde  a  fait  exécuter 
les  travaux  les  plus  indispensables  pour  assurer  la  conser- 
vation de  cet  intéressant  monument. 

Les  démarches  tentées  en  vue  d'assurer  l'existence  des 
belles  ruines  de  l'ancien  manoir  de  Herzele  n'ont  pas  eu 
le  même  succès.  La  seule  combinaison  qui  resterait  à  adopter 
serait  celle  d'acquérir  ces  ruines  aux  frais  de  l'État.  Mais, 
comme  l'État  ne  peut  acheter  toutes  les  constructions  inté- 
ressantes disséminées  dans  le  pays,  il  n'est  pas  possible,  au 
moins  pour  le  moment,  de  donner  à  cette  affaire  la  suite 
désirable. 

L'attention  du  Gouvernement  a  été  appelée,  une  nouvelle 
fois,  sur  l'urgence  de  prendre  des  mesures  pour  sauvegarder 
la  porte  de  Laval,  à  Bouvignes,  dont  l'état  de  délabrement 
signalé  par  le  Comité  de  Namur,  devient  de  jour  en  jour 
plus  inquiétant. 

Les  tentatives  que  nous  avons  faites,  à  diverses  reprises, 
en  vue  de  la  conservation  des  ruines  de  l'abbave  d'Orval, 
n'ont  malheureusement  pas  encore  abouti.  Certaines  parties 
de  ces  admirables  ruines  sont  dans  un  état  si  précaire  que 


—  803  — 

leur  existence  est  menacée  à  tous  les  instants.  En  présence 
du  mauvais  vouloir  du  propriétaire,  il  ne  restera  qu'un  parti 
à  prendre,  celui  d'exproprier  les  parties  les  plus  intéres- 
santes de  l'ancien  monastère  et  une  bande  de  terrain  suffi- 
sante pour  y  donner  accès. 

La  même  insouciance  de  la  part  du  propriétaire  de 
l'ancienne  abbaye  des  dames  nobles  de  Herckenrode,  voue 
insensiblement  à  la  disparition  des  parties  fort  intéressantes 
de  cet  illustre  monastère. 

Nous  nous  sommes  associés  à  un  groupe  d'artistes  et 
d'archéologues  qui  ont  prolesté  récemment  contre  une 
décision  prise  par  la  ville  de  Gand,  de  tracer  une  nouvelle 
rue  qui  fera  disparaître  quelques-unes  des  maisons  de 
l'ancien  Grand-Béguinage  de  celte  ville,  en  ouvrant  une 
brèche  menaçante  dans  ce  qui  reste  encore  de  cet  enclos 
jadis  si  célèbre.  Tous  les  amis  des  arts  s'intéressent  vivement 
aux  restes  si  pittoresques  et  relativement  si  importants 
encore,  malgré  les  tristes  mutilations  d'il  y  a  une  trentaine 
d'années,  de  cet  ancien  refuge  qui  a  rendu  tant  de  services 
et  qui,  grâce  à  eux,  a  Iraversé  les  plus  mauvais  jours  de 
notre  histoire,  même  au  lendemain  de  1793. 

La  rédaction  de  l'inventaire  des  objets  d'art  disséminés 
dans  les  édifices  publics  du  pays,  a  fait  un  grand  pas.  Dans 
plusieurs  provinces,  ce  recueil  pourrait  èlre  soumis  à  l'im- 
pression. 

L'entretien  que  nous  avons  eu,  le  15  février  dernier,  avec 
des  délégués  des  Comités  provinciaux,  qui  sont  chargés  de 
cet  inventaire,  aura  pour  conséquence  de  permettre  de 
consulter  celte  publication  avec  fruit.  On  pourra  arriver  à 
l'unification  au  moyen  des  tables  des  malières. 


—  204  — 

Nous  avons,  Messieurs,  le  triste  devoir  de  rappeler  à 
votre  souvenir  les  noms  des  collaborateurs  que  nous  avons 
perdus  depuis  notre  dernière  réunion. 

Nous  citerons  d'abord  un  ancien  collègue  qui  ne  siégeait 
plus  parmi  nous,  mais  qui  a  été  un  confrère  aussi  distingué 
qu'érudit,  M.  Jamaer,  architecte  honoraire  de  la  ville  de 
Bruxelles,  dont  on  admirera  longtemps  les  remarquables 
travaux. 

Ensuite  M.  Broquel,  vice-président  du  Comité  du  Hainaut, 
qui  a  toujours  donné  des  preuves  d'une  grande  activité  et 
d'un  profond  dévouement  à  nos  travaux. 

Enfin,  M.  le  baron  de  Pitteurs-Hiégaerls,  notre  distingué 
correspondant  du  Limbourg,  décédé  à  un  âge  où  nous  étions 
en  droit  de  penser  que  nous  le  compterions  encore  longtemps 
parmi  nous. 

Il  nous  reste,  Messieurs,  un  autre  devoir  à  remplir,  celui 
d'exprimer  ici  notre  profonde  gratitude  à  MM.  les  Ministres 
de  l'Agriculture  et  de  la  Justice  ainsi  qu'à  MM.  les  secrétaires 
généraux  Beco  cl  de  Lalour  et  à  MM.  les  directeurs  géné- 
raux Verlant  et  Luckx  qui  ne  cessent  de  nous  donner  des 
marques  du  vif  intérêt  qu'ils  portent  à  nos  travaux  et  de 
leur  sollicitude  pour  la  conservation  de  nos  richesses  artis- 
tiques. 

M.  le  Président.  —  Messieurs,  nous  remercions  notre 
Secrétaire  pour  son  rapport,  toujours  fait  avec  la  même 
précision  et  la  même  érudition.  De  plus,  et  je  suis  heureux 
de  pouvoir  le  constater  à  ce  propos,  la  presse  s'est  occupée 
du  rapport  de  Tannée  dernière  et  d'autres  présentés  par 
notre  Secrétaire.  On  y  rencontre  des  considérations  très 


—  205  — 

importantes  sur  la  restauration  des  monuments,  qui  ont 
élé  reproduites  par  toute  la  presse.  Je  suis  charmé  de 
constater,  Messieurs,  que  ces  travaux  sont  appréciés  non 
pas  seulement  par  vous,  mais  également  au  dehors. 

M.  le  Secrétaire.  —  Je  vous  remercie,  Monsieur  le 
Président. 

M.  le  Président.  —  Nous  devrions  maintenant  aborder, 
à  proprement  parler,  notre  ordre  du  jour,  et  ce  que  je  vais 
avoir  l'honneur  de  vous  dire,  Messieurs,  devrait  venir  après 
la  série  des  rapports  des  Comités  provinciaux,  mais  je  crois 
que  nous  devrions  d'abord  examiner  cette  question  d'ordre 
intérieur. 

Vous  vous  rappelez,  Messieurs,  que  l'assemblée  prépa- 
ratoire de  samedi  dernier  —  du  reste  assez  nombreuse,  — 
avait  eu  à  examiner  si  des  propositions  étaient  présentées 
en  dehors  de  celles  qui  vous  ont  été  soumises  par  les  diffé- 
rentes circulaires  envoyées  les  12  juillet  et  8  septembre, 
et  si,  en  vertu  de  l'art.  68  de  notre  règlement,  portant  : 
c  Toute  motion  ou  proposition  qu'un  membre  compte 
faire  à  l'assemblée  générale  doit  être  annoncée  sommaire- 
ment à  la  Commission  au  plus  tard  dix  jours  avant  la 
séance  ».  Nous  avons  reçu  deux  propositions. 

Et  d'abord,  je  commence  par  celle  que  nous  a  faite  un  de 
nos  membres  correspondants  qui  assistait  à  l'assemblée 
préparatoire  de  samedi  dernier,  et  qui  a  manifesté  la  ferme 
intention  d'être  présent  à  notre  réunion  de  ce  jour;  il  s'agit 
de  l'honorable  M.  Schuermans,  Premier  président  honoraire 
de  la  Cour  d'appel  de  Liège.  A  la  suite  d'une  série  de  consi- 
dérations développées  samedi  dernier,  il  a  demandé  que  ce 


—  806  - 

qui  concerne  les  travaux  effectués  à  l'abbaye  de  Villers-la- 
Ville  fut  supprimé  momentanément  de  l'ordre  du  jour.  Cette 
proposition  a  été  rejetée  par  l'assemblée  préparatoire  ;  elle  a 
maintenu  sur  ce  point  l'ordre  du  jour.  Mais,  subsidiaire- 
ment,  M.  Schuermans  avait  demandé  que  la  mention  relative 
à  l'abbaye  de  Villers,  au  lieu  d'être  mise  en  discussion  au 
cours  de  la  séance,  fût  rejetée  à  la  fin,  dans  l'espoir  peut-être 
qu'on  n'y  arriverait  pas,  mais  surtout,  je  pense,  avec 
l'espoir,  pour  l'honorable  correspondant,  de  nous  arriver 
ici  un  peu  plus  tard.  (Rires.)  En  cela,  la  proposition  n'avait 
pour  nous  rien  que  de  très  agréable  ;  afin  de  satisfaire  au 
vœu  de  l'honorable  correspondant,  elle  a  été  admise.  Donc, 
nous  mettrons,  avec  votre  assentiment,  Messieurs,  la  men- 
tion concernant  l'abbaye  de  Villers  à  la  fin  du  6°.  (Assen- 
timent.) 

Une  autre  proposition  a  été  faite  par  M.  le  baron  de 
Montpellier,  l'honorable  Gouverneur  de  la  province  de 
Namur;  elle  consiste  en  un  vœu  appuyé  par  M.  Boveroulle, 
qui  a  exposé  son  vif  regret  d'être  empêché  d'être  parmi 
nous  avant-hier  samedi.  Et  je  profite  de  ce  que  je  parle 
de  cette  province  pour  faire  savoir  que  M.  le  baron  del 
Marmol,  de  Dinant,  a  exprimé  aussi  ses  regrets  de  ne 
pouvoir  assister  à  notre  réunion.  M.  le  Gouverneur  de  la 
province  de  Namur  propose  de  décider  ceci  :  désormais  la 
séance  annuelle,  que  nous  tenons  habituellement  à  celle 
époque  de  l'année  de  une  heure  trois  quarts  à  cinq  heures, 
aurait  lieu  à  onze  heures  du  matin  pour  se  prolonger  jusqu'à 
trois  heures,  heure  à  laquelle  on  se  réunirait  pour  déjeuner, 
ce  qui  remplacerait  le  petit  cliner  annuel  où  nous  nous 
retrouvons  tous  généralement.  M.  de  Montpellier,  en  exprî- 


—  207  — 

mant  ce  vœu,  disait  qu'il  répondait  au  desideratum  de  tous 
les  membres  de  la  province,  et  il  demandait  que  ce  vœu  fût 
soumis  à  l'assemblée  générale. 

L'assemblée  préparatoire  a  autorisé  la  présentation  de  ce 
vœu  de  M.  de  Montpellier;  vous  êtes  appelés,  Messieurs, 
non  pas  à  en  délibérer  —  parce  qu'en  réalité  il  n'y  a  pas  à 
délibérer  à  ce  sujet  —  mais  à  voter  pour  prendre  une 
décision. 

M.  Schuermans  avait  demandé  que  l'on  en  revint  aux 
errements  d'il  y  a  quarante  ans;  tout  en  se  ralliant  à  la 
proposition  de  M.  de  Montpellier,  il  demandait  que  l'on  tint 
deux  jours  de  réunions  consécutives,  le  lundi  et  le  mardi, 
afin  d'empêcher  que  les  participants  ne  fussent  pas  dans 
l'obligation  de  retourner  chez  eux  pour  devoir  revenir 
ensuite.  Nous  avons  dit  à  M.  Schuermans  que,  pour  notre 
part,  nous  ne  pouvions  pas  nous  rallier  à  cet  amendement, 
attendu  que  la  situation  actuelle  n'était  pas  à  comparer  avec 
celle  d'il  y  a  quarante  ans;  aujourd'hui,  les  moyens  de 
communication  sont  bien  plus  développés  qu'autrefois.  Nous 
pourrions,  les  années  suivantes,  si  on  le  désire,  nous  réunir 
à  onze  heures  jusqu'à  deux  heures  et  demie,  afin  de  pouvoir 
aller  ensuite  luncher  ensemble  d'une  façon  amicale.  S'il  n'y 
a  pas  d'opposition  à  celte  proposition  de  M.  de  Montpellier, 
on  pourrait  la  considérer  comme  adoptée;  dans  le  cas 
contraire,  j'accorderai  la  parole  à  qui  la  demandera  pour 
y  faire  opposition. 

M.  le  baron  de  Kerchove  d'Exaerde  (Gand).  —  Si  nous 
nous  réunissions  à  dix  heures,  au  lieu  de  le  faire  à  une 
heure  trois  quarts  ? 


—  208  — 

M.  le  Président.  —  Évidemment,  ce  sérail  mieux;  mais 
est-ce  que  tout  le  monde  pourra  venir  à  dix  heures  ? 

M.  Boveroulle.  —  Nous  pouvons  arriver  ici  à  dix  heures, 
mais  il  n'en  sera  pas  de  même  pour  ceux  qui  devront  venir 
d'Arlon,  par  exemple. 

M.  le  Président.  —  Les  délégués  d'Arlon  pourraient 
venir  dès  la  veille. 

S'il  n'y  a  pas  d'opposition  nous  pourrions  admettre  dix 
heures,  et  alors  on  pourrait  déjeunera  midi. 

H .  Soil  (Tournai).  —  Nous  préférerions,  quant  à  nous,  que 
l'on  maintint  plutôt  l'heure  de  la  réunion  à  deux  heures.  11 
nous  parait,  en  effet,  bien  plus  facile  de  venir  l'après-diner, 
à  deux  heures,  que  de  venir  le  matin  à  dix  heures.  C'est 
l'amendement  que  je  propose. 

M.  le  Président.  —  Nous  ne  pouvons  pas  considérer 
cela  comme  un  amendement;  nous  restons  en  présence  de 
deux  propositions. 

M.  Bilmeyer  (Anvers).  —  Je  crois  que  l'heure  de  dix 
heures  présenterait  certains  inconvénients  ;  je  pense  que, 
dans  ces  conditions,  il  vaudrait  mieux  conserver  le  procédé 
actuel,  mais  en  fixant,  comme  on  l'a  déjà  dit,  l'heure  de  la 
réunion  à  deux  heures. 

M.  Boveroulle  (Namur).  —  M.  le  Gouverneur  deman- 
dait que  l'on  terminât  la  séance  à  deux  heures,  afin  que 
chacun  put  encore  retourner  chez  soi  le  même  jour. 

M.  le  Président.  —  L'on  pourrait  finir  certainement  à 
deux  heures  en  commençant  plus  tôt  qu'actuellement. 


—  209  — 

M.  Boveroulle.  —  Alors  nous  pourrions  aller  luncher 
ensemble,  el  nous  aurions  encore,  nous,  dans  ces  conditions, 
un  Irain  le  jour  même  pour  rentrer  à  Namur;  tandis  qu'en 
fixant  la  séance  de  deux  jusqu'à  quatre  ou  cinq  heures,  il 
nous  est  impossible  de  rester  à  Bruxelles  le  soir. 

M.  le  Président.  —  Sans  doute,  mais  je  vous  fais  remar- 
quer que  cette  séance-ci  est  en  quelque  sorte  une  séance 
obligatoire,  tandis  que  l'autre  est  facultative.  (Rires). 

M.  Boveroulle.  —  Sans  doute,  ce  n'est  pas  une  obligation. 

M.  le  baron  de  Kerchove  d'Exaerde  (Gand).  —  Je 
demande  un  instant  la  parole  pour  présenter  l'observation 
que  voici  :  évidemment,  c'est  cette  réunion  qui  est  la  prin- 
cipale. Il  faut  donc  que  celte  réunion  ait  lieu  à  l'heure  qui 
convienne  au  plus  grand  nombre  possible  de  membres. 
Quant  à  l'autre  réunion,  ils  peuvent  y  assister  ou  non,  de 
même  qu'ils  peuvent  luncher  ou  diner  à  leur  loisir.  Mais  il 
est  indispensable,  ainsi  que  je  viens  de  le  dire,  que  la  réunion 
officielle  ait  lieu  à  l'heure  qui  convienne  le  mieux  pour 
permettre  à  tous,  si  possible,  d'y  être  présents. 

II.  Lohest  (Liège).  —  Pour  ce  qui  concerne  les  délégués 
de  la  province  de  Liège,  comme  pour  ceux  venant  du 
Luxembourg,  la  chose  n'est  pas  des  plus  faciles.  Ainsi, 
aujourd'hui,  je  désirerais  beaucoup  pouvoir  prendre  le  train 
de  quatre  heures  et  demie  pour  rentrer  chez  moi. 

M.  le  Président.  —  Si  plus  personne  ne  demande  la 
parole  à  ce  sujet,  je  vais  mettre  aux  voix  la  proposition  de 
11.  le  baron  de  Montpellier.  Je  prierai  ceux  qui  sont  d'avis 
que  notre  réunion  annuelle  ail  lieu  dorénavant  à  dix  heures 


du  matin  —  c'est  l'amendement  de  M.  le  baron  de  Kerchove 
d'Exaerde  —  et  se  termine  vers  une  heure,  de  vouloir  bien 
lever  la  main. 

L'épreuve  étant  douteuse,  il  est  procédé  à  l'appel  nominal. 

La  proposition  est  admise  par  21  voix  contre  15  non  et 
3  abstentions. 

Rapports  des  Comités  provinciaux  des  membres 
correspondants  sur  leurs  travaux  de  tannée  écoulée. 

M.  le  Président.  —  J'accorderai  maintenant  successive- 
ment la  parole  à  chacun  des  rapporteurs  de  nos  Comités 
provinciaux,  en  leur  rappelant  que,  en  vertu  du  règlement 
(art.  64)t  la  lecture  ou  l'exposé  n'en  devra  pas  durer  plus 
d'un  quart-d'heure. 

La  parole  est  à  M.  le  rapporteur  de  la  province  d'Anvers. 


—  2U  — 


PROVINCE  D'ANVERS. 


M.  F.  Donnet,  rapporteur  : 

Messieurs, 

Pendant  Tannée  qui  vient  de  se  terminer,  le  Comité  des 
membres  correspondants  de  la  province  d'Anvers  a  tenu 
des  séances  régulières/  et  nombreux  ont  été  les  projets  et 
les  plans  sur  lesquels  son  avis  a  été  demandé. 

Deux  nouvelles  églises  doivent  être  érigées  dans  la  pro- 
vince ;  la  première,  dans  la  paroisse  de  la  Sainte-Famille,  à 
Lierre,  et  la  seconde  au  hameau  de  Horendonck,  dépendance 
de  la  commune  d'Esschen.  Les  plans,  dus  respectivement  à 
MM.  les  architectes  Careels  et  Gife,  ont  été  adoptés  moyen- 
nant quelques  légères  modifications. 

D'autre  pari,  nous  avons  souvent  été  appelés  à  examiner 
les  projets  de  travaux  partiels  ou  d'agrandissements  à  exé- 
cuter dans  les  églises  de  notre  ressort.  Les  voûtes  de  l'église 
de  Tongerloo  étaient  en  très  mauvais  état  et  leur  consolidation 
s'imposait.  Nous  avons  donc  sur  ce  point  admis  les  projets 
de  M.  l'architecte  Taeymans. 

La  fabrique  de  l'église  de  Merlaer-Vorst  demandait  de 
pouvoir  exécuter  des  travaux  de  restauration  urgents  à  la 
façade  du  temple.  Les  bâtiments  sont  modernes,  ayant  été 
élevés  en  1848,  et  n'offrent  aucun  mérite  archilectonique  ni 
artistique.  Dans  ces  conditions,  il  n'y  avait  pas  lieu  de 
s'opposer  à  celte  restauration. 


—  î«  — 

Quelques  réparations  inévitables  sont  à  exécuter  à  la  belle 
tour  de  Vorsselaer.  La  fabrique  de  l'église  a  demandé  de 
pouvoir  les  effectuer  sans  loucher  en  quoi  que  ce  soit  aux 
autres  parties  de  l'édifice.  À  ces  conditions,  l'autorisation  a 
été  accordée. 

Une  demande  identique  a  été  faite  par  la  fabrique  de 
l'église  d'Eeckeren,  qui  nous  a  prouvé  qu'il  n'élait  pas 
possible  d  éviter  de  faire  des  réparations  à  la  petite  tour 
surmontant  le  transept.  Nous  avons  recommandé  de  prendre 
une  photographie  des  bâtiments  avant  de  commencer  les 
travaux  pour  être  sûr  que  rien  ne*  serait  modifié  dans  la 
physionomie  de  l'édifice  sacré. 

L'ameublement  des  églises  a  donné  lieu  à  de  nombreux 
examens.  La  question  du  beau  retable  de  Loenhout  n'est  pas 
encore  résolue.  Nous  avions  d'abord  préconisé  son  transfert 
dans  l'église  paroissiale,  pour  éviter  que  l'humidité  et  les 
déprédations  causées  par  les  gamins  du  village  ne  viennent 
y  apporter  des  dommages  irréparables.  Plus  tard,  après 
avoir  consulté  l'artiste  qui  avait  restauré  autrefois  celte  belle 
œuvre  d'art,  nous  avons  pensé  qu'il  vaudrait  peut-être  mieux 
de  la  laisser  dans  la  petite  chapelle  qui  la  renferme.  En 
apportant  au  bâtiment  les  réparations  suffisantes  pour  que 
l'humidité  n'y  puisse  pénétrer,  et  en  le  clôturant  de  façon  à 
empêcher  qu'on  occasionne  des  détériorations  au  retable,  on 
pourrait  conserver  celui-ci  dans  le  milieu  pour  lequel  il  a 
été  créé,  dans  celte  modeste  chapelle  de  Sainl-Quirin,  près 
du  puits  légendaire,  objets  d'un  pèlerinage  annuel  et  de 
dévotions  séculaires.  Toutefois,  le  curé  de  Loenhout  insiste 
pour  que  le  premier  projet  puisse  être  exécuté. 

Une  nouvelle  chaire  de  vérité  devrait  être  placée  dans 


—  213  — 

l'église  de  Saint- Willebrord,  à  Anvers.  Nous  avons  présenté 
quelques  observations  au  sujet  du  projet  qui  nous  avait  été 
soumis.  La  chaire  de  l'église  de  Terhaegen  a  encore  une 
fois  attiré  notre  attention,  et  nous  avons  été  d'avis  que 
l'ouvrage  pouvait  être  accepté  tel  qu'il  venait  d'être  achevé 
et  placé. 

L'église  d'Erlbrand,  sous  Cappellen,  s'est  enrichie  d'un 
nouvel  autel.  Nous  avons  été  l'examiner,  et  nous  avons 
trouvé  que  l'artiste  avait  exactement  exécuté  la  lâche  qu'il 
était  chargé  d'entreprendre. 

Ces  deux  derniers  examens  ont  été  faits  à  la  demande  du 
Comité  central,  qui  nous  avait  prié  de  faire  visite  à  Ertbrand 
el  à  Terhaegen,  et  de  lui  envoyer  ensuite  un  rapport. 

La  fabrique  d'église  de  Hulsen-Baelen  a  l'intention  de 
commander  un  nouvel  ameublement,  consistant  notamment 
en  fonts  baptismaux,  autels,  chaire  de  vérité,  confession- 
naux, etc.  Les  dessins  de  tous  ces  objets  nous  ont  été  soumis. 
Nous  avons  cru  devoir  proposer  d'assez  notables  modifica- 
tions ou  améliorations. 

Le  jubé  de  l'église  de  Willebroeck  est  trop  exigu;  on 
voudrait  pouvoir  l'agrandir.  A  cet  effet  des  plans  nous  ont 
été  présentés  ;  nous  les  avons  acceptés,  après  avoir  recom- 
mandé certains  changements  à  la  balustrade. 

Au  sujet  des  tableaux  qui  ornaient  les  églises,  nous  avons 
plusieurs  fois  aussi  été  consultés. 

L'église  de  Saint- Willebrord,  à  Anvers,  possède  l'épilaphe 
du  peintre  Schut,  qui  provient  de  l'ancienne  église.  On 
voudrait  actuellement  la  restaurer  et  la  placer  dans  la  nou- 
velle. Elle  est  ornée  de  (rois  compositions,  dues  au  pinceau 
du  peintre  lui-même;  elles  sont  en  bon  étal  et  ne  demandent 


—  au  — 

qu'un  simple  nettoyage.  L'encadrement  en  pierres  pourrait 
être  reconstitué,  en  employant  les  débris  subsistant  et  en 
remplaçant  simplement  les  parties  perdues.  La  même  église 
possède  encore  un  grand  tableau  provenant  de  l'atelier  de 
Rubens  et  représentant  Sainl-Willebrord  aux  pieds  de  la 
Vierge.  Il  est  en  bon  état,  et  il  suffirait  de  le  faire  nettoyer 
à  la  mie  de  pain,  et  peut-être  de  remplacer  la  couche  supé- 
rieure de  vernis. 

La  restauration  du  beau  tableau  de  Rubens  à  Notre-Dame 
au  delà  de  la  Dyle,  à  Malines  :  la  Pèche  miraculeuse,  a  été 
achevée  à  l'entière  satisfaction  de  notre  Comité,  sous  la  sur- 
veillance spéciale  de  deux  de  nos  membres. 

M.  le  curé  de  Wyneghem  a  demandé  à  notre  Comité  de 
bien  vouloir  venir  examiner  les  tableaux  que  possède  son 
église.  Nos  membres  y  ont  trouvé  une  dizaine  d'oeuvres, 
dont  quelques-unes  de  valeur.  L'énumération  détaillée  s'en 
trouve  dans  l'inventaire  qui  a  été  dressé.  Des  restaurations 
seraient  nécessaires  pour  plusieurs  toiles  ;  des  conseils  dans 
ce  but  ont  été  donnés  au  curé. 

Depuis  longtemps  l'église  de  Vieux-Turnhout  aurait  voulu 
se  défaire  d'un  tableau  de  De  Craeyer,  de  valeur  secondaire. 
Le  Musée  d'Anvers  ne  désirant  pas  l'acquérir,  notre  Comité 
a  été  d'avis  qu'il  n'y  avait  pas  lieu  de  s'opposer  à  l'achat  que 
l'Étal  voulait  en  faire  pour  ses  collections. 

La  même  décision  a  été  prise  au  sujet  d'un  tabernacle  ou 
coffre  en  écaille,  que  l'église  de  Brecht  voudrait  vendre  et 
qui  n'appartenait  en  aucune  manière  à  son  ameublement 
propre. 

L'église  de  Hulshout  a  été  autorisée  par  M.  le  Ministre  de 
la  Justice  à  céder  au  Musée  d'antiquités  du  Steen  certaines 


—  3i5  — 

«es  d'ameublement  hors  d'usage.  Par  contre,  la  même 
torisalion  que  nous  espérions  recevoir  déjà  Tannée  der- 
ire,  après  un  long  temps  d'attente,  pour  le  lutrin  de 
mmel,  n'a  pas  encore  été  accordée.  Sous  la  tour  de  l'église 
Dolen  est  remisée  une  statue  équestre  de  Saint-Martin,  de 
bur  relative,  et  qui  n'a  jamais  été  placée  dans  le  temple, 
fabrique  voulait  en  être  débarrassée.  Elle  a  sollicité  la 
rmissioD  de  l'aliéner;  la  décision  favorable  vient  d'inter- 
ûir. 

Plusieurs  nouvelles  cures  ont  été  érigées  dans  notre 

wince.  Chaque  fois  les  projets  nous  en  ont  été  soumis. 
a  clé  le  cas  pour  les  communes  de  Weelde,  de  Baelen 

de  Geerdegem.  Nous  avons  aussi  approuvé  les  plans 

grandisse  ment  de  la  cure  de  Merxplas. 

foire  action  a  du  aussi  s'exercer  lors  de  la  construction 

la  restauration  de  monuments  civils. 

*  question  relative  à  l'éclairage  du  Musée  Fraikin,  qui  a 

installé  dans  les  combles  de  l'hôtel  de  ville  d'Herenthals, 

I  pas  encore  tranchée.  Nous  voudrions  voir  disparaitre 

iffrcuses  fenêtres  qui  déparent  la  toiture  de  ce  coquet 

ce.  Aucun  plan  d'appropriation  n'a  encore  eu  l'heur 

tenir  l'approbation  nécessaire. 

ir  contre,  nous  avons  adopté  les  projets  qui  nous  ont  été 

lis  en  vue  de  la  construction  de  nouveaux  hôtels  de 

à  Lille,  à  Morckboven,  à  Brasschaet,  à  Vlimmeren  et  à 

>le. 

idministration  communale  de  Borgerhout,  en  vue  de 

fermer  un  quartier  écarté,  s'est  rendue  acquéreur  d'un 

use  cube  de  maçonnerie,  ayant  autrefois  formé  le  corps 

Doulin  à  vent.  Avant  de  le  démolir,  elle  nous  a  demandé 


1 


—  216  — 

si  rien  ne  s'opposait  à  celle  disparition.  Nous  avons  cru  qu'il 
fallait  autoriser  celte  démolition,  puisqu'au  point  de  vue  du 
pittoresque  cet  édifice  moderne  ne  possédait  aucun  caractère 
et  que  nul  souvenir  historique  ne  s'y  rattachait. 

Nous  venons  de  faire  distribuer  le  premier  fascicule  de 
nos  inventaires.  Ceux-ci  occupent  l'ordre  dans  lequel  ils  ont 
été  dressés.  Rien  n'empêche,  pour  les  tirés  à  part,  de  les 
classer  par  canton,  ou  dans  tel  ordre  qui  serait  recommandé 
en  vue  d'un  travail  d'ensemble.  Depuis  notre  dernier  rapport, 
quelques  nouveaux  inventaires  ont  été  composés,  notam- 
ment ceux  des  églises  d'Oolen,  Norderwyck,  Morckho- 
ven,  Merlaer-Vorst,  Wyneghem,  Achter-Oolen,  Meerbeeck, 
Schoonbroeck,  Relhy  et  Desschel. 

Les  membres  de  notre  Comité,  qui  forment  la  Commission 
direclrice  du  musée  du  Steen,  se  sont  vus  adjoindre  quatre 
délégués  de  l'administration  communale  d'Anvers.  Nous 
avons  continué  la  série  de  nos  achats,  tout  en  regrettant 
que,  faute  de  place,  un  grand  nombre  d'objets  ne  puissent 
.  être  exposés  ni  présentés  d'une  façon  rationnelle. 

Les  membres  du  Comité  central  se  sont  rendus  souvent 
dans  notre  province;  plusieurs  d'entre  nous  ont  tenu  chaque 
fois  à  les  accompagner.  Ces  visites  avaient  pour  but  d'inspec- 
ter à  Wommelghem  les  travaux  d'agrandissement  projetés  à 
l'église,  d'examiner  de  nouveaux  vitraux  récemment  placés 
dans  l'église  Saint-Roch,  à  Deurne,  de  contrôler  les  impor- 
tantes restaurations  en  voie  d'exécution  à  la  splendide  église 
collégiale  de  Saint-Gommaire,  à  Lierre,  de  donner  un  avis 
au  sujet  de  peintures  murales  exécutées  dans  l'église  d'Hoog- 
slraeten,  de  choisir  parmi  les  modèles  de  stations  d'un  chemin 
de  croix  ceux  qui  pourraient  le  plus  heureusement  être 


—  217  — 

placés  dans  l'église  des  SS.-Mîchel-et-Pierre,  à  Anvers.  Enfin, 
ensemble,  nous  avons  encore  été  visiter  le  château  de  Turn- 
bout  et  ses  abords,  et  nous  avons  longuement  étudié  et 
discuté  la  question  si  brûlante  du  dégagement  de  l'ancienne 
Boucherie  d'Anvers. 

Le  principal,  et  peut-on  dire  le  seul  monument  intéressant 
que  renferme  la  capitale  de  la  Campine,  est  sans  contredit 
son  antique  château,  construit  principalement  au  xv°  siècle, 
à  la  lisière  de  la  grande  forêt  ducale,  et  restauré  au  xvne 
siècle.  Il  servit  longtemps  de  rendez-vous  de  chasse  pour 
nos  Souverains,  et  la  Cour  y  séjourna  fort  souvent. 

Les  bâtiments  n'offrent  pas  un  intérêt  extraordinaire,  mais 
toutefois,  leur  masse  imposante,  dominée  par  le  lourd  donjon, 
s'élevant  au  centre  d'un  vaste  étang  que  bordaient  des  arbres 
séculaires,  formait  un  ensemble  majestueux  et  plein  de  carac- 
tère. L'administration  communale  de  Turnhout,  sous  prétexte 
que  l'eau  des  fossés  dégageait  des  miasmes  délétères,  a  pris 
la  malencontreuse  décision  de  faire  combler  l'étang.  De  plus, 
une  grande  partie  des  arbres  environnants  ont  disparu; 
d'autres,  souffreteux,  ne  tarderont  pas  à  devoir  être  enlevés. 
L'exécution  des  travaux  projetés  devait  avoir  pour  résultat 
d'isoler  le  château,  qui  aurait  ainsi  perdu  tout  caractère  et 
toutes  proportions,  au  milieu  d'une  plaine  de  sable,  miséra- 
blement clôturée  par  des  bâtisses  ou  des  murs  de  la  plus 
désespérante  vulgarité.  Mis  au  courant  malheureusement 
an  peu  tard,  nous  nous  sommes  rendus  à  Turnhout  et  nous 
avons  pu  constater  que  le  mal  était  déjà  en  grande  partie 
consommé.  Le  Comité  central,  prévenu  par  nous,  a  pleine- 
ment confirmé  nos  protestations,  et  a  d'urgence  demandé 
aux  autorités  compétentes  que  l'on  fasse  immédiatement 


-  218  — 

slaler  tous  les  travaux,  que  l'on  ordonne  de  rouvrir,  au 
moins  en  grande  partie,  les  fossés  comblés,  et  que  Ton 
prenne  les  mesures  nécessaires  pour  la  conservation  des 
arbres.  Nous  espérons  que  de  cette  manière  cet  acte  injusti- 
fiable de  vandalisme  pourra  être  heureusement  empêché. 

Il  nous  reste  à  vous  dire  un  mot,  Messieurs,  de  l'ancienne 
t  Vleeschhuis  »  d'Anvers,  et  des  diverses  questions  qui  se 
rattachent  à  la  conservation  et  au  dégagement  de  cet  édifice 
remarquable.  Les  membres  du  Comité  central  sont  venus 
plusieurs  fois  à  Anvers  pour  étudier  la  chose  sur  place,  et 
une  solution  interviendra  sans  doute  à  bref  délai. 

Pour  la  restauration,  on  a  été  d'avis  qu'il  y  avait  lieu  d'en 
faire  le  moins  possible;  desimpies  travaux  sans  conséquence 
ont  été  autorisés  à  titre,  pourrait-on  dire,  d'échantillon.  Car 
en  général  les  bâtiments  sont  dans  un  étal  de  conservation 
parfaite,  revêtus  d'une  patine  admirable,  et  il  serait  à  crain- 
dre que  des  restaurations  trop  apparentes  ne  nuisent  à  l'effet 
général,  et  par  enchaînement  n'arrivent  à  provoquer  une 
transformation  complète.  Mais  il  existe  encore  un  projet  plus 
important.  La  ville  d'Anvers  voudrait  dégager  le  monument 
et  tracer  une  nouvelle  rue  aboutissant  au  quai. 

Comme  vous  le  savez,  les  bâtiments  du  «  Vleeschhuis  •, 
édifiés  d'après  les  plans  de  l'architecte  Herman  de  Waghe- 
maker  le  Vieux,  ont  été  terminés  en  1501.  Ils  ont  été 
construits  au  milieu  d'une  agglomération  de  maisons  peu 
importantes,  bordant  des  rues  étroites.  Pour  gagner  de  la 
place,  la  façade  occidentale  a  été  portée  au  moyen  d'une 
arche  au-dessus  de  l'ancien  quai,  jusqu'au  bord  du  fossé  du 
Bourg.  De  l'autre  côté  de  ce  fossé  fort  étroit,  s'élevait  le  mur 
de  l'enceinte,  couronné  d'une  foule  de  constructions  parasites. 


—  219  — 

Il  est  clair  que  l'architecte,  dans  l'élaboration  de  ses 
plans,  a  dû  tenir  compte  de  la  disposition  des  lieux  ;  l'étude 
des  caractères  architecloniques  de  l'édifice  le  prouve  à  l'évi- 
dence. En  effet,  on  devra  constater  qu'une  grande  simplicité, 
une  sévérité  de  lignes  fort  apparente,  ont  été  employées  pour 
toute  la  partie  supérieure  de  la  façade,  pour  le  fronton 
principal,  pour  les  tours  si  élégantes.  II  est  clair  que  cette 
partie  de  l'édifice  était  destinée  à  être  vue  de  loin,  au-dessus 
des  toits  des  constructions  avoisinanles.  Par  contre,  dans 
les  parties  basses,  qui  se  trouvaient  à  proximité  du  specta- 
teur et  à  portée  immédiate  de  sa  vue,  dans  les  meneaux  des 
fenêtres,  dans  les  encadrements  des  portes,  sur  les  contre- 
forts, l'architecte  a  prodigué  une  ornementation  beaucoup 
plus  riche.  Les  documents  de  l'époque  attestent  encore  que, 
peu  après  la  construction  de  l'édifice,  les  bouchers  achetaient 
des  maisons  voisines  pour  les  reconstruire  en  un  style 
approprié  à  celui  de  leurs  halles,  preuve  évidente  qu'ils  son- 
geaient non  à  les  isoler,  mais  à  leur  donner  un  cadre  digne 
d'elles. 

On  veut  maintenant  tracer  une  rue  qui  partirait  de  la 
façade  occidentale  pour  aboutir  au  quai,  en  face  du  Musée 
du  Steen.  Ni  au  point  de  vue  de  l'utilité,  ni  à  celui  du 
pittoresque,  ni  à  celui  des  véritables  traditions  artistiques, 
cette  nouvelle  voie  ne  serait  justifiable. 

En  effet,  celte  rue,  d'une  longueur  insignifiante,  serait 
parallèle  à  deux  autres  existant  à  quelques  pas  de  là  ;  celles-ci 
suffisent  amplement  à  assurer  la  circulation  très  réduite 
d'un  quartier  sans  mouvement  ni  passage  actif. 

Le  spectateur,  l'étranger,  qui  voudrait  jouir  du  pittoresque 
créé  par  la  nouvelle  rue,  devrait,  d'une  part,  spécialement 


—  MO  — 

se  rendre  dans  le  quartier  de  la  Boucherie  et  de  là  il  pourrait 
apercevoir  le  Steen  avec  ses  ajoutes  malheureuses  ;  en  sens 
inverse,  il  pourrait  gagner  la  plate-forme  étroite  qui  s'étend 
devant  ce  Musée  et  de  là  il  réussirait,  il  est  vrai,  de  décou- 
vrir la  Boucherie,  mais  celle-ci  ne  lui  apparaîtrait  qu'enca- 
drée par  les  deux  cubes  de  maçonnerie,  hauts  de  16  à 
17  mètres,  qui  s'élèveront  à  front  de  quai  aux  deux  coins  de 
la  nouvelle  artère. 

On  ne  pourra  donc  faire  valoir  ni  l'utilité,  ni  le  pittoresque 
en  faveur  du  projet  actuellement  en  discussion. 

Qu'on  démolisse  les  bâtiments  modernes,  qui  des  deux 
côtés  flanquent  la  façade  principale,  soit.  Qu'on  dégage 
celle-ci  ;  nous  l'admettons.  Mais  qu'on  ne  donne  pas  à  l'em- 
placement nouveau  à  créer  une  largeur  plus  grande  que 
celle  de  l'ancien  fossé;  on  rétablira  ainsi  les  conditions  topo- 
graphiques exactes  dont  l'architecte  a  dû  tenir  compte  lors 
de  la  construction. 

Du  reste,  ce  dégagement  des  monuments  du  moyen  âge 
est  en  général  contraire  aux  principes  constitutifs  qui  prési- 
daient aux  styles  employés  à  celte  époque. 

C'est  cette  même  idée  qu'exposait  si  justement  dans  une 
récente  étude,  M.  Henri  Ghabeuf.  Appréciant  des  opinions 
émises  par  Taine,  il  écrivait  :  •  Cette  théorie  du  vide  autour 
des  édifices  n'est  pas  nouvelle,  mais  je  ne  la  crois  pas  plus 
vraie  pour  cela.  D'abord,  l'argument  tiré  de  l'art  antique 
n'est  pas  péremploire,  les  Grecs  et  les  Romains  n'avaient 
nullement  pour  les  grands  espaces  le  goût  que  leur  attribue 
l'auteur.  Le  forum  romain  n'était  pas  la  place  immense  que 
nous  imaginons,  et  dans  celui  de  Trajan,  la  fameuse  colonne 
à  la  spirale  de  marbre  sculpté,  se  dressait  dans  un  atrium 


—  m  — 

beaucoup  plus  exigu  que  la  place  Vendôme,  à  Paris.  C'est 
l'école  classique  des  dernières  années  du  xvi6  siècle,  qui  a 
inauguré  le  système  des  grands  vides  en  architecture,  et  la 
place  dont  le  Bernin  a  jeté  l'ellipse  à  quadruple  colonnade 
au-devant  de  Saint-Pierre  de  Rome,  est  le  type  le  plus  réussi 
d'un  genre  nouveau  que  l'on  peut  iouer  ou  blâmer,  mais  qui 
est  en  tout  cas  une  conception  étrangère  à  l'art  antérieur. 
Pour  ce  qui  est  des  cathédrales  gothiques,  leur  structure, 
tout  à  l'échelle  humaine,  exige  qu'elles  demeurent  en  contact 
avec  l'homme.  Et  ici  la  loi  morale  est  d'accord  avec  la  loi 
géométrique.  Et  si  ces  lois  sont  vraies  pour  les  édifices  reli- 
gieux, elles  ne  le  sont  pas  moins  pour  les  constructions  civiles 
conçues  dans  le  même  style.  » 

Monlalembert  Ta  très  justement  précisé  :  «  L'isolement  est 
funeste  aux  admirables  édifices  du  moyen  âge;  ils  ne  sont 
pas  faits  pour  le  désert,  comme  les  pyramides,  mais  pour 
planer  au-dessus  des  habitations  humaines  serrées  à  leurs 
pieds.  » 

Mais  au  tracé  de  la  nouvelle  rue  il  existe  encore  un  incon- 
vénient. Entre  la  Boucherie  et  le  quai  s'élevait  un  ensemble 
de  constructions  que  l'on  désignait  sous  l'ancienne  enseigne 
du  c  Gans  ».  C'étaient  autour  d'une  succession  de  cours,  des 
bâtiments  appartenant  à  toutes  les  époques,  dans  la  con- 
struction desquels  on  relevait  des  parties  en  style  ogival, 
d'autres  en  style  renaissance  et  d'autres  encore,  il  faut 
l'avouer,  sans  aucun  style.  Mais,  au  dire  des  artistes  qui 
s'opposèrent  énergiquement  à  leur  disparition,  l'ensemble 
formait  un  motif  d'une  coloration  des  plus  harmonieuse, 
dans  lequel  pouvaient  se  discerner  de  nombreux  détails, 
dignes  de  fixer  le  pinceau.  La  disparition  des  ajoutes  mo- 


—  2*2  — 

deroes  et  une  habile  restauration  auraient  pu  donner  à  ces 
derniers  restes  du  vieil  Anvers  une  indéniable  valeur  archéo- 
logique. Mais  ce  bien  était  la  propriété  d'un  particulier,  et 
en  quelques  jours  tous  ces  bâtiments  sont  tombés  sous  la 
pioche  des  démolisseurs. 

Toutefois,  la  limite  extérieure  de  cette  propriété  était  for- 
mée par  l'ancien  mur  du  bourg  d'Anvers.  Ce  rare  vestige 
de  la  première  enceinte  de  la  ville  primitive  date  de  diverses 
époques.  La  base,  d'une  épaisseur  de  près  de  deux  mètres, 
fut  construite  en  pierres  de  Tournai  probablement  au  xe  siè- 
cle. Plus  haut  se  superposent  diverses  parties  formées  de 
pierres  blanches  ou  de  briques,  qui  ont  été  ajoutées  au  cours 
des  siècles,  toujours  avant  le  xv*.  A  la  veille  de  la  démolition, 
quand  on  a  évacué  les  magasins  du   «  Gans  »  et  quand, 
déjouant  une  consigne  féroce,  nous  avons  réussi  à  pénétrer 
dans  ces  bâtiments  déserts,  nous  avons  pu  constater  avec 
une  joyeuse  surprise  que  la  partie  supérieure  de  deux  des 
tours  existait  encore.  Une  courtine  les  joignait  et  Tune  de 
ces  tours,  en  parfait  étal  de  conservation,  était  encore  cou- 
verte de  son  toit  conique  et  doublée  de  son  chemin  de  ronde 
entièrement  intact.  Hélas,  ces  restes  précieux  de  l'architec- 
ture militaire  médiévale  ont  eu  le  sort  des  bâtiments  dans 
lesquels  ils  élaienl  encastrés  ;  ils  ont  été  brutalement  anéan- 
tis. Aujourd'hui  n'existe  plus  que  le  mur  d'une  hauteur 
d'environ  trois  mètres.  11  est  évident  qu'au  point  de  vue  du 
pittoresque,  il  n'offre  plus  grand  intérêt.  Si  on  le  veut,  c'est 
un  fruste  amas  de  pierres,  dans  lesquelles  les  voisins,  au  gré 
de  leurs  nécessités,  ont  ménagé  des  escaliers,  des  armoires 
ou  d'autres  dégagements.  Mais  au  point  de  vue  historique 
ces  restes  ont  une  valeur  immense.  Ce  sont  les  derniers  et 


—  223  — 

incontestables  vesliges  du  bourg  primitif,  berceau  de  la  ville 
d'Anvers  ;  ils  ont  été  témoins  de  tous  les  événements  heureux 
et  malheureux,  qui  pendant  quatre  siècles  se  sont  déroulés 
dans  la  capitale  du  Marquisat  du  Saint-Empire;  enfin  ils 
persistent  comme  un  suprême  témoignage  d'origine,  pour 
rappeler  à  tous  les  débuts  modestes  de  celte  cité  superbe 
qui  s'étend  orgueilleusement  au  loin.  Faut-il  condamner 
aussi  à  la  destruction  cet  ancien  rempart  ?  Au  Comité  central 
à  se  prononcer  à  ce  sujet. 

Toutefois  ici  surgit  une  question  intéressante.  A  qui  appar- 
tient l'ancienne  enceinte  ?  Il  nous  semble,  qu'en  étudiant  les 
sources  historiques  on  devrait  certainement  pouvoir  établir 
sur  ce  point  le  droit  de  propriété  de  la  ville,  à  laquelle  elle 
aurait  été  cédée  par  nos  anciens  ducs  de  Brabant.  C'est  à 
rechercher.  Mais  même  s'il  était  prouvé  que  le  mur  appar- 
tenait aux  riverains,  ne  pourrions-nous  pas  intervenir  auprès 
des  particuliers  pour  les  empêcher  de  détruire  un  monument 
digne  d'être  conservé?  La  question  n'est  pas  nouvelle.  Et 
déjà,  lors  du  Congrès  international  d'Archéologie  qui  tint 
ses  assises  à  Anvers  en  1866,  ce  point  important  fut  débattu. 
Vous  connaissez  sans  doute  le  travail  important  que  présenta 
sur  ce  sujet  avec  une  rare  compétence,  notre  confrère  M.  le 
président  Schuermans  :  «  Il  n'est  pas  douteux,  écrivait-il, 
que  le  droit  de  réglementer  celte  matière  appartient  au  légis- 
lateur et  même  au  pouvoir  communal  » .  Puis,  développant 
sa  pensée,  il  ajoutait  aussi  :  «  Ici  encore,  du  reste,  pour  ne 
pas  rendre  trop  onéreuses  aux  particuliers,  ce  qui  serait  une 
injustice,  les  restrictions  opposées  à  l'usage  de  leurs  pro- 
priétés, le  Gouvernement  aurait  une  action  bien  plus  directe, 
en  intervenant  par  voie  de  subsides  conditionnels  ou  même 


-  224  — 

d'acquisition,  voire  même  d'ex  propria  lion,  comme  cela  a  été 
reconnu  à  propos  des  arènes  de  Nismes,  dont  une  partie 
était,  on  ne  sait  en  quel  temps,  entrée  dans  le  domaine 
privé,  et  qu'un  procès  en  expropriation,  plus  équitable 
qu'une  revendication,  en  a  fait  sortir.  » 

Il  nous  semble  que  celle  question  mériterait  d'être  étudiée 
sur  toutes  ses  faces  ;  car  en  bien  des  circonstances,  uoe 
intervention  opportune  ne  pourrait  que  produire  les  résul- 
tais les  plus  heureux. 

Ce  droit  de  protection  dévolu  à  la  Commission  des  monu- 
ments serait  fort  important  et  son  exercice  pourrait  plus 
d'une  fois  sauver  de  la  destruction  ou  d'une  restauration 
maladroite  des  monuments  dignes  de  conservation. 

N'avons-nous  pas  vu  mettre  récemment  en  vente  à  Anvers 
la  belle  tour  qui  porte  le  nom  de  tour  Van  Slraelen. 
Construite  entre  les  années  1550  et  1560  aux  frais  d'un 
marchand  étranger  établi  à  Anvers,  Fernando  de  Bernuy, 
elle  fut  complétée  et  achevée  après  1565  par  son  nouveau 
propriétaire,  l'infortuné  bourgmestre,  Antoine  Van  Slraelen. 
Ce  monument,  conservé  intact  tant  à  l'extérieur  qu'à  l'inté- 
rieur, où  se  remarquent  encore  de  fort  intéressantes  boiseries 
sculptées,  offre  un  intérêt  considérable  pour  l'histoire  de 
l'architecture  dans  nos  provinces,  attendu  qu'il  peut  servir 
à  indiquer  d'une  façon  précise  le  moment  où  nos  architectes 
ont  abandonné  les  principes  de  l'art  ogival,  pour  adopter 
ceux  de  la  renaissance  classique.  La  base  de  la  tour  et  ses 
divers  étages  inférieurs,  les  ornements  de  l'encadrement  de 
la  porte  d'entrée,  sont  conçus  en  un  style  gothique  dans 
lequel  se  remarque  déjà  l'influence  du  plein  cintre  classique, 
tandis  que  l'étage  supérieur,  la  toiture  avec  sa  girouette  aux 


—  285  — 

motifs  héraldiques  et  l'aménagement  intérieur,  sont  franche- 
ment conçus  en  renaissance. 

Ce  monument  appartenait  à  un  particulier  ;  il  a  couru  les 
risques  d'enchères  publiques  ;  heureusement  des  acheteurs 
intelligents  ont  promis  de  le  conserver  sans  y  apporter  des 
modifications  quelconques. 

Celte  intervention  que  nous  voudrions  au  besoin  voir  se 
produire  chez  des  particuliers,  nous  devrions  quelquefois 
plus  efficacement  la  faire  sentir  au  profit  de  monuments 
classés.  Dans  ce  cas  se  trouve  la  tour  de  l'église  Saint- 
Charles,  qui  forme  un  des  spécimens  les  plus  remarquables 
de  ce  genre  de  constructions  édifiés  en  style  renaissance. 
Construite  entre  les  années  1614  et  1621,  sur  les  plans  du 
père  François  d'Aiguillon,  elle  a  heureusement  échappé  au 
terrible  incendie  de  1718.  C'est  à  ce  monument  que  des 
réparations  urgentes  étaient  nécessaires.  On  les  a  exécutées 
d'une  façon  déplorable.  Tous  les  ornements  ou  les  détails 
d'architecture  un  peu  délabrés  ont  été  consolidés  au  moyen 
de  fortes  armatures  en  fer,  bien  apparentes,  et  ce  qui  pis 
est,  toute  la  partie  inférieure  de  la  tour  jusqu'au  second 
étage  a  été  à  grands  coups  de  brosse  revêtue  d'un  enduit 
bien  uniforme,  d'une  couleur  grise  noire  des  plus  tristes. 
Et  ce,  quand  de  l'autre  côté  du  temple,  on  pouvait  prendre 
pour  modèle  la  riche  façade  en  pierres  apparentes. 

Dans  un  de  nos  précédents  rapports  nous  vous  parlions 
de  la  si  gracieuse  chapelle  Saint-Nicolas  que  la  puissante 
corporation  des  merciers  fit  édifier  au  commencement 
du  xv^  siècle  d'après  les  plans,  croit-on,  de  l'architecte 
Pierre  A ppelmans.  Nous  vous  avions  exposé  le  triste  état  dans 
lequel  se  trouvait  ce  bijou  architectural,  transformé  en  dépôt 


—  M6  - 

de  linoléum,  nous  vous  avions  narré  nos  recherches  dans  les 
combles  de  l'édifice  pour  sauver  les  restes  mutilés  du  mobi- 
lier sacré,  abandonnés  au  milieu  d'un  monceau  de  débris 
sans  nom.  Grâce  à  nos  communes  démarches,  la  chapelle 
avait  été  évacuée  et  des  négociations  étaient  entreprises  entre 
le  Ministre  compétent  et  l'administration  des  hospices,  pro- 
priétaire du  bâtiment,  pour  y  installer  le  dépôt  des  archives 
de  l'État.  C'eût  été  le  salut  de  la  chapelle.  Mais  ces  négocia- 
tions viennent  d'être  brusquement  rompues  et  l'administra- 
tion des  hospices  s'est  empressée  d'autoriser  le  retour  de 
son  ancien  locataire,  suivi  de  tout  son  stock  de  linoléum. 
Et  pour  que  l'édifice  fut  digne  de  le  recevoir,  on  en  a  fait 
rapidement  la  toiletté.  Le  petit  porche  renaissance  a  été 
recouvert  d'un  plâtrage  bien  épais,  sans  oublier  d'en  revêtir 
en  même  temps  les  médaillons  si  finement  sculptés  qui 
l'ornent;  les  anciens  petits  carreaux  sertis  de  plombs  vétustés 
garnissant  les  baies  ogivales,  ont  été  remplacés  par  de 
grandes  vitres  bien  claires.  Messieurs,  si  vous  n'intervenez 
pas  promplement,  la  liste  des  actes  de  vandalisme  si  longue 
déjà  pour  Anvers  s'enrichira  d'une  page  nouvelle. 

Ailleurs  encore,  à  la  Grand'Place,  l'administration  com- 
munale est  devenue  propriétaire  d'une  maison  portant  autre- 
fois pour  enseigne  de  Alouwe.  C'était  le  siège  de  l'ancienne 
corporation  des  tonneliers,  dont  les  insignes  étaient  sculptés 
sur  divers  cartouches  ornant  la  façade.  Deux  dates  pouvaient 
s'y  lire,  celle  de  1579  indiquant  la  reconstruction  après 
l'incendie  provoqué  par  les  sanglantes  journées  de  la  furie 
espagnole  et  celle  de  1628,  placée  lors  d'une  restauration 
postérieure.  Le  bâtiment  était  encore  en  parfait  état;  il 
suffisait  de  rétablir  l'ordonnance  des  fenêtres  et  de  compléter 


—  227  — 

le  fronton.  C'était  trop  peu.  On  a  procédé  à  une  démolition 
complète.  Aujourd'hui  s'élève  en  cet  endroit  une  construction 
nouvelle,  édifiée,  nous  devons  l'avouer,  de  façon  heureuse 
par  un  architecte  de  talent,  mais  néanmoins  notre'  ville 
compte  un  vieil  édifice  de  moins  qui  aurait  mérité  d'être 
conservé,  ne  fùl-ce  qu'en  considération  des  souvenirs  histo- 
riques qui  y  étaient  attachés. 

Mais,  Messieurs,  il  est  temps  que  nous  arrêtions  ici  ce 
rapport  trop  long  déjà.  Permettez-nous,  en  terminant,  de 
formuler  un  vœu . 

L'administration  communale,  la  dépulation  permanente, 
les  autorités  des  diverses  communes  de  la  province,  se  font 
un  devoir  de  nous  soumettre  leurs  plans  et  projets  de  con- 
struction ou  de  restauration.  Nous  les  examinons  conscien- 
cieusement et  émettons  un  avis  motivé,  arrêté  après  discussion 
approfondie.  Puis,  nous  faisons  parvenir  tout  le  dossier  au 
Comité  central.  Celui-ci,  à  son  tour,  se  prononce.  Mais  le  plus 
souvent  la  décision  prise  ne  nous  est  pas  connue.  N'y  aurait-il 
pas  moyen  de  nous  en  faire  part?  Si  nos  observations  sont 
approuvées,  nous  serons  toujours  flattés  d'être  en  commu- 
nauté d'idées  avec  nos  confrères  du  Comité  central  ;  dans  le 
cas  contraire,  nous  ne  pourrions  que  nous  instruire  en  pre- 
nant connaissance  des  motifs  qui  ont  décidé  ces  mêmes 
confrères  à  émettre  un  avis  opposé  au  nôtre. 

Puis,  dans  bien  des  cas,  la  communication  de  la 
décision  finale  nous  éviterait  des  situations  parfois  embar- 
rassantes, dans  lesquelles  nous  nous  trouvons  inévitable- 
ment, quand  les  intéressés  viennent  nous  consulter  ou 
nous  parler  de  projets  qu'ils  nous  avaient  soumis  en  premier 
ressort. 


—  238  — 

M.  le  Président.  —  Monsieur  Donnel,  nous  vous  remer- 
cions et  nous  vous  félicitons  pour  votre  beau  rapport,  rempli 
de  choses  extrêmement  intéressantes.  Il  n'a  qu'un  défaut, 
vous  l'avez  dit  vous-même  :  c'est  d'avoir  dépassé  le  quart- 
d'heure  réglementaire. 

Vous  avez  parlé  de  deux  points  très  intéressants  :  des 
inventaires,  dont  il  sera  question  au  3°  de  l'ordre  du  jour  et, 
ensuite,  du  massacre  de  la  tour  de  l'église  Saint-Charles,  un 
monument  qui  est,  comme  vous  le  dites  fort  bien,  l'un  des 
spécimens  les  plus  remarquables  de  ce  genre  de  construc- 
tions. Lorsque  nous  avons  appris  que  l'on  tentait  de 
détruire  la  tour  de  telle  façon,  nous  avons  envoyé  une 
délégation  qui  a  émis  son  avis  à  ce  sujet,  avis  très  catégo- 
rique, que  nous  avons  signalé  à  M.  le  Ministre  de  la  Justice. 
Le  projet  consistait  à  détruire  en  quelque  sorte  une  façade 
extrêmement  importante  du  monument,  sans  que  personne, 
ni  Ministre,  ni  Comité  provincial,  ni  Comité  central,  eût  été 
pressenti.  Il  y  a  là  un  véritable  abus. 

Quant  au  vœu  que  vous  avez  émis  en  terminant,  c'est 
à  examiner;  nous  ne  demandons  pas  mieux,  évidemment, 
que  vous  soyez  avertis  chaque  fois  que  nous  sommes 
de  votre  avis  ou  même  d'un  avis  différent.  Seulement,  il 
peut  se  présenter  des  cas  où  cela  peut  offrir  des  inconvé- 
nients, notamment  celui-ci  :  quid,  si  notre  avis  n'est  pas 
suivi?  Les  autorités  supérieures  veulent  bien  se  rallier  à 
notre  opinion,  mais  elles  n'y  sont  pas  contraintes. 

La  parole  est  à  M.  le  rapporteur  du  Brabant. 


—  229  — 


PROVINCE  DE  BRABANT. 


M.  Dumortier,  en  remplacement  de  M.  Destrée,  rappor- 
teur : 

Messieurs, 

En  conformité  de  l'art.  64  de  votre  règlement  organique, 
nous  avons  l'honneur  de  vous  faire  rapport  sur  les  travaux 
du  Comité  des  correspondants  du  Brabant  pendant  l'année 
19O1-1902. 

Ainsi  que  nous  l'avons  constaté  déjà  les  années  précé- 
dentes, notre  Comité  cherche  à  rendre  chaque  jour  plus 
efficace  la  mission  de  surveillance  et  de  direction  que  la 
vigilance  du  Gouvernement  a  si  heureusement  confiée  à  la 
Commission  royale  des  monuments.  Dans  toutes  les  déci- 
sions que  nous  avons  été  appelés  à  prendre,  dans  tous  les 
avis  que  nous  avons  eu  à  émettre,  nous  ne  nous  sommes 
préoccupés  que  d'assurer  le  maintien  du  patrimoine  artis- 
tique du  pays. 

C'est  cette  préoccupation  si  légitime  qui  nous  fait  ardem- 
ment désirer  que  les  restaurations  ne  soient  jamais  de 
néfastes  reconstructions.  Les  monuments  que  les  siècles 
nous  ont  légués  et  que  mine  l'inlassable  action  du  temps  ne 
doivent  subir  que  les  plus  indispensables  réfections.  Ils 
tiennent  de  leur  âge  un  charme  que  des  mains  sacrilèges 
trop  hardies  leur  arracheraient.  Les  siècles  leur  ont  donné 
une  chaude  patine  qui  dit  leur  histoire,  leur  vie,  car  ces 


—  330  — 

grands  êtres  de  pierre  vivent  à  côté  des  générations 
humaines  fuyantes  et  rapides  et  en  expriment  en  quelque 
sorte  la  philosophie. 

Le  souci  de  les  conserver  tous  nous  a  poussés  à  vous 
proposer  de  classer  un  certain  nombre  d'édifices  parmi  les 
monuments.  Ce  classement  donne  la  conscience  de  la  valeur 
artistique  de  ces  constructions  aux  administrations  publiques 
qui  en  ont  la  garde  et  étend  les  bienfaits  de  votre  tutelle 
éclairée.  C'est  ainsi  que  nous  avons  attiré  votre  attention  sur 
Tintérêt  qui  s'attache  à  l'église  du  hameau  de  Rhode-Sainle- 
Brice-sous  Meysse.  La  multiplicité  et  la  disposition  des 
toitures  de  chacune  de  ces  parties,  remontant  à  des  époques 
très  différentes  de  notre  histoire,  lui  donnent  un  aspect 
caractéristique  et  original  qui  justifie  à  notre  sens  son  clas- 
sement parmi  les  monuments  de  la  troisième  classe. 

11  en  est  de  même  de  l'église  de  Nosseghem,  qui,  bien 
que  dénaturée  par  de  malencontreuses  transformations  opé- 
rées au  xvme  siècle,  a  conservé  des  restes  importants  de  la 
construction  primitive,  lesquels  sont  d'un  dessin  architec- 
tural fort  simple  mais  de  belles  proportions. 

L'église  de  Wesembeek  présente  également  des  parties 
qui  offrent  un  sérieux  intérêt.  Le  chœur,  dont  l'extrémité 
forme  la  moitié  d'un  pentagone,  appartient,  en  effet,  à  la 
dernière  période  de  l'art  gothique. 

Les  murs  de  l'édifice,  renforcés  de  contreforts,  ont  leurs 
parements  extérieurs  bien  dressés  et  appareillés  en  pierre  de 
Dieghem,  tandis  que  les  quatre  fenêtres  qui  subsistent  sur 
les  six  baies  anciennes,  ont  été  garnies  de  meneaux  refaits 
il  y  a  quelque  vingt-cinq  ans  et  fort  maladroitement  dessi- 
nés. 


—  23!  — 

Les  désastres  accumulés  dans  les  réfections  entreprises 
vers  cette  époque  sont,  du  reste,  fort  grands  ;  les  édifices 
anciens  étaient  mal  étudiés  et  peu  connus,  et  les  architectes 
appelés  à  restaurer  et  à  agrandir  les  églises,  se  mettaient  au 
travail  avec  la  superbe  assurance  que  fait  naître  l'inconscience 
des  difficultés.  Un  aussi  grave  reproche  ne  peut  plus  être 
adressé  aux  restaurateurs  d'aujourd'hui.  Entreprises  dans  le 
seul  but  de  sauver  les  édifices  qui  s'effritent  sous  l'irrésistible 
morsure  du  temps,  ces  restaurations  sont  généralement  bien 
étudiées  et  ne  reçoivent  votre  approbation  que  si  elles  res- 
pectent complètement  l'admirable  harmonie  des  monuments 
du  passé. 

Mais  un  projet  bien  étudié  n'assure  pas  nécessairement 
une  exécution  parfaite. 

Les  questions  artistiques  les  plus  délicates  peuvent  surgir 
à  tous  les  moments  dans  la  restauration  des  édifices  anciens, 
sans  qu'il  ait  été  possible  de  les  prévoir  au  début  des  travaux. 
Or,  l'auteur  du  projet  se  défend  difficilement  contre  les  exi- 
gences et  les  fantaisies  d'un  client  et  est  ainsi  quelquefois 
entraîné  à  prendre  des  décisions  néfastes  que  l'intervention 
des  services  techniques  provinciaux  lente  le  plus  souvent 
seule  de  prévenir.  Il  faut  savoir  reconnaître  que  la  surveil- 
lance qui  s'exerce  au  cours  des  plus  délicats  ouvrages 
architecturaux  est  aujourd'hui  encore  insuffisante. 

Profitons  de  nos  confraternelles  et  annuelles  réunions 
pour  souhaiter  que  la  Commission  royale  des  monuments 
recherche  le  moyen  d'assurer  un  contrôle  artistique  effectif 
sur  les  travaux  entrepris  à  nos  monuments  les  plus  impor- 
tants. 

Vos  délégués  font  actuellement  déjà  quelques  visites  sur 


—  232  -» 

les  chantiers,  mais  ces  visites,  pour  avoir  des  effets  réellement 
utiles,  devraient  èlre  plus  fréquentes.  Peut-être  pourriez-vous 
recourir  à  vos  représentants  régionaux  pour  étendre  sur  des 
travaux  délicats  d'art  la  surveillance  autorisée  d'hommes 
compétents.  Néanmoins  les  progrès  sont  manifestes  dans  les 
travaux  de  restauration  ;  mais  dans  les  constructions  nou- 
velles on  découvre  trop  rarement  des  créations  empreintes 
d'une  réelle  et  saine  originalité. 

Pour  atteindre  ce  but,  il  faut  inspirer  aux  jeunes  archi- 
tectes le  souci  constant  de  leur  personnalité  artistique  d'une 
individualité  intangible.  Qu'ils  craignent,  après  avoir  puisé 
chez  les  maîtres  les  principes  nécessaires  de  la  science,  de 
se  borner  à  imiter  ces  maîtres,  à  s'enrégimenter  dans  leurs 
écoles.  Ils  ne  connaîtront  pas  comme  d'autres  les  affres  du 
doute  sur  la  valeur  de  leurs  productions  ;  ils  auront  la 
satisfaction  sûre  et  paisible  de  réussir  rapidement,  mais  ils 
ne  pourront  jamais  aspirer  aux  triomphes  que  procure  seule 
l'audace  enivrante  d'être  le  créateur  d'une  nouvelle  expres- 
sion d'art. 

Les  maîtres,  dans  la  maturité  de  leur  âge,  souhaitent 
ardemment  ce  renouveau.  Ils  y  puiseraient  la  sécurité  de 
voir  leur  œuvre  que  des  imitations  serviles  diminueraient 
confiée  à  d'habiles  continuateurs,  qu'ils  attendent  et  qu'ils 
espèrent.  Car  les  élèves  seulement  consciencieux  ne  créent 
pas  une  œuvre;  ils  la  fabriquent,  cherchant  leurs  inspirations 
dans  des  modèles  stéréotypés  qui  affaiblissent  le  monument 
imité  presque  autant  qu'ils  réduisent  la  valeur  du  nouvel 
édifice. 

Pour  obtenir  cette  originalité  si  souhaitable,  il  n'est  pas 
nécessaire  de  recourir  à  des  complications  d'ornementation 


—  233  — 

qui  font  sourire  et  paraissent  un  constant  démenti  aux  prin- 
cipes de  construction  qui  «  contentent  l'intelligence  par  des 
promesses  d'éternité  > . 

Pendant  toute  l'année  1904-1902,  notre  Comité  s'est 
occupé  avec  activité  de  la  rédaction  d'un  inventaire  complet 
des  objets  d'art  épars  dans  la  province.  Toutes  les  églises 
des  communes  de  l'arrondissement  de  Bruxelles  ont  été 
minutieusement  visitées  et  nous  sommes  en  mesure,  pour 
cet  arrondissement,  de  publier  un  relevé  complet  de  toutes 
les  richesses  artistiques  échappées  aux  effroyables  ravages 
des  guerres  civiles  et  des  invasions. 

Dans  le  but  d'augmenter  l'intérêt  de  celte  publication  et 
d'en  faire  un  recueil  que  consulteraient  avec  intérêt  les 
artistes  et  les  archéologues,  nous  avons  l'intention  d'y 
introduire  des  reproductions  phototypiques  des  objets  les 
plus  intéressants,  soit  au  seul  point  de  vue  de  l'histoire  de 
l'art,  soit  à  celui  de  la  valeur  artistique  propre  des  créations 
des  maitres  anciens. 

Dans  la  réunion  à  laquelle  vous  avez  convié  vos  délégués 
provinciaux,  ce  complément  graphique  du  catalogue  des 
objets  d'art  a  été  unanimement  approuvé  et  n'a  suscité 
d'objections  qu'en  ce  qui  concerne  la  dépense  qu'entraînerait 
l'impression  d'une  publication  enrichie  de  dessins  ou  de 
phototypies.  Cette  préoccupation  est  fort  légitime,  mais  avec 
quelque  persévérance  on  parvient  toujours  à  vaincre  la 
résistance  des  pouvoirs  publics,  qui  finiront  tous  par  consen- 
tir aux  légers  sacrifices  qu'on  leur  demande  en  présence  du 
résultat  à  attendre. 

Notre  Comité  ne  rencontre  du  reste  pas  celte  difficulté  ; 
car  la  province  de  Brabanl  met  généreusement  à  sa  dispo- 


—  234  — 

sition  un  crédit  annuel  suffisant  pour  assurer  rira  pression 
d'un  inventaire  illustré  de  reproductions  des  meilleures 
œuvres  de  nos  maîtres  d'anlan. 

Avec  la  connaissance  complète  des  chefs-d'œuvre  créés 
par  nos  ouvriers  illustres,  nailra  peut-être  chez  quelques 
artistes  la  compréhension  de  l'art  que  réclament  les  temples 
saints,  imprégnés  de  silence  et  de  paix.  Cette  compré- 
hension fait  actuellement  tout  à  fait  défaut  et  les  sculptures 
modernes  notamment,  qu'il  est  bien  difficile  de  qualifier 
du  nom  pompeux  d'objets  d'art,  ne  paraissent  avoir 
d'autre  rôle  que  de  servir  à  rehausser  l'éclat  de  nos  trop 
rares  statues  anciennes,  figurant  des  saints  vénérés,  qui 
éclairent  les  voûtes  assombries  «  de  leur  immobilité  rayon- 
nante » . 

Le  respect  que  méritent  les  objets  anciens  n'a  pas  empêché 
de  malheureuses  restaurations.  N'a-l-on  pas  vu  de  trop 
habiles  praticiens  détruire  par  leur  imbécile  intervention  les 
précieuses  reliques  artistiques  du  passé  :  ajouter  à  des  boi- 
series animées  par  le  ciseau  d'un  maître  sculpteur  des 
appliques  ridicules,  repeindre  des  tableaux  qui  ne  récla- 
maient qu'un  simple  nettoyage,  pousser  l'audace  de  leur 
naïve  outrecuidance  jusqu'à  corser  les  tons  fondus  et  savam- 
ment dégradés  des  maîtres. 

Si  les  commissions  comme  les  nôtres  n'ont  pas  le  pouvoir 
de  faire  naître  des  artistes,  il  leur  est  aisé  de  s'opposer  à  des 
restaurations  maladroites,  quelquefois  criminelles,  des  objets 
d'art  existants.  La  mesure  que  nous  avons  préconisée  et  qui 
a  reçu  votre  pleine  approbation,  de  joindre  à  toute  demande 
de  restauration  d'objets  d'art  la  photographie  de  cet  objet, 
parait  notamment  de  nature  à  mettre  obstacle  à  l'exploitation 


—  835  — 

industrielle  qui  se  cache  si  souvent  derrière  l'œuvre  des 
restaurateurs.    , 

La  photographie  obligera  ces  derniers  à  se  tenir  dans  les 
limites  d'un  travail  strictement  nécessaire,  empêchera  les 
modifications  dangereuses  qui  détruisent  le  caractère  d'une 
œuvre.  En  présence  de  ce  témoin  incorruptible,  les  restau- 
rateurs seront  plus  soigneux  et  plus  patients. 

Les  efforts  que  nous  faisons  pour  maintenir  intact  le  trésor 
artistique  de  la  Belgique  ne  devraient-ils  pas  s'étendre  à  la 
défense  de  ses  beautés  naturelles  ? 

L'initiative  privée  a  bien  créé  quelques  utiles  organismes 
destinés  à  s'opposer  aux  ravages  inconsidérés  que  sèment 
l'art  de  l'ingénieur  et  l'esprit  d'industrialisme,  mais  ces 
sociétés  sont  prévenues  tardivement  et  leur  intervention  se 
résume  trop  souvent  en  des  plaintes  malheureusement  inu- 
tiles devant  le  fait  accompli. 

La  Commission  des  monuments  et  ses  correspondants 
provinciaux  paraissent  particulièrement  bien  placés  pour  per- 
mettre aux  pouvoirs  publics  de  s'entourer  d'avis  d'hommes 
compétents  avant  d'autoriser  ou  d'entreprendre  des  travaux 
qui  entraînent  la  disparition  souvent  sans  nécessité  absolue, 
de  vallons  discrets,  de  sources  moussues,  de  drèves  sécu- 
laires, dont  le  charme  pénétrant  donne  des  impressions 
d'art,  peut-on  dire  aussi  vives  que  les  plus  purs  chefs- 
d'œuvre  humains.  Il  s'y  ajoute  même  une  douceur  émue 
que  le  paysage  familier  fait  nailre  par  une  sorte  d'évocation 
de  l'âme  de  la  terre  natale.  Et  c'est  mal  aimer  son  pays  que 
de  laisser  inutilement  détruire  les  chênes  de  ses  bois,  les 
ormes  de  ses  routes,  les  fleurs  de  ses  prés,  qui  sont  bien 
aussi  un  peu  ses  enfants. 


—  236  — 

M.  le  Président.  —  Comme  toujours,  le  rapport  de 
M.  Désirée  est  extrêmement  bien  Tait. 

Permettez- moi,  Monsieur  Du  mortier,  de  vous  dire  un 
mot  en  ce  qui  concerne  la  surveillance  des  travaux.  Nous 
avons  été  d'accord  avec  le  Ministre,  et  nous  avons  même  été 
beaucoup  plus  loin  que  précédemment  dans  cette  voie-là, 
comme  vous  l'avez,  du  reste,  reconnu  vous-même.  Ainsi, 
Tannée  dernière,  la  Commission,  —  on  vous  l'a  dit 
dans  le  rapport,  —  a  fait  121  visites  et,  plus  d'une  fois, 
beaucoup  d'entre  vous  le  savent,  nous  avons  chargé  des 
membres  correspondants  d'aller  voir  l'exécution  des  travaux. 
Seulement,  il  ne  faut  pas  oublier  que  les  membres  de  la 
Commission  centrale,  comme  d'ailleurs  les  membres  corres- 
pondants, sont  des  hommes  très  occupés,  qui  ne  peuvent 
être  absorbés  exclusivement  par  ces  inspections. 

Au  sujet  des  inventaires  futurs,  si  vous  voulez  bien  me  le 
permettre,  je  dirai  deux  mots  :  vous  avez  pu  remarquer, 
Messieurs,  dans  le  rapport  que  M.  Dumortier  vient  de  vous 
lire  pour  M.  Destrée,  qu'une  surveillance  des  travaux  se  fait 
en  Brabant  témoignant  de  l'influence  très  grande  que  peut 
avoir  un  Comité  lorsqu'il  le  veut  bien  et  lorsqu'il  se  trouve  en 
possession  d'une  idée  pratique.  Ces  Messieurs  ont  émis  cette 
autre  idée  d'exiger  dorénavant,  soit  pour  les  objels  d'art,  soit 
pour  les  monuments,  d'avoir  dans  le  dossier  une  photogra- 
phie. Nous  avons  fait  une  proposition  en  ce  sens  par  la 
circulaire  qui  a  été  envoyée  dernièrement  et  dont  beaucoup 
de  journaux  ont  donné  la  reproduction  C'est  une  innova- 
tion dont  l'idée  appartient  au  Comité  provincial  du  Brabant; 
nous  l'en  félicitons,  en  signalant  ce  fait  comme  un  exemple 
à  suivre  parles  autres  Comités. 


—  237  — 

Maintenant,  je  devrais  donner  la  parole  au  rapporteur  de 
la  Flandre  occidentale,  qui  n'est  pas  parmi  nous.  Ces  Mes- 
sieurs du  Comité  auraient  bien  pu  nous  envoyer  un  secré- 
taire-adjoint si  le  titulaire  effectif  était  empêché.  On  s'est 
borné  à  nous  envoyer  le  rapport  de  M.  van  Ruymbeke;  par 
ce  fait  même,  le  rapport  ne  sera  pas  discuté.  Je  vous  pro- 
pose purement  et  simplement  de  l'insérer  à  sa  place  dans 
notre  Bulletin,  sans  le  lire  à  l'assemblée,  afin  que  cela  serve 
d'exemple,  pour  l'avenir,  aux  autres  Comités.  (Adhésion.) 


—  338  — 


PROVINCE  DE  LA  FLANDRE  OCCIDENTALE. 


Messieurs, 

Si  pendant  l'année  qui  vient  de  finir,  notre  Comité  n'a 
pas  eu  à  s'occuper  de  travaux  aussi  importants  que  ceux 
des  autres  années,  nous  ne  croyons  cependant  pas  que  le 
nombre  d'affaires  soumises  à  l'approbation  et  à  l'élude  des 
membres  correspondants  de  notre  province,  ait  diminué. 

Félicitons-nous  en,  car  c'est  une  preuve  que  nos  efforts 
ne  sont  pas  inutiles  et  que  le  revirement  de  l'opinion 
publique  vers  le  bon  goût  se  dessine  de  plus  en  plus. 

Ce  sont  les  restaurations  qui  occupent  toujours  la  pre- 
mière place  dans  les  travaux  du  Comité. 

Parmi  celles-ci,  il  convient  de  citer  celles  de  la  Porte 
des  Baudets  à  Bruges,  des  Petites  Halles  de  Courtrai,  du 
triforium  de  l'église  Notre-Dame  à  Bruges,  des  tours  des 
églises  de  Moere  et  de  Poperinghe,  des  églises  de  Rum- 
bekc,  Ramscappelle,  Lampernisse,  Zande,  Locre,  Leysele, 
Notre-Dame  à  Courtrai  et,  enfin,  la  restauration  du  jubé  et 
du  tabernacle  de  l'église  Saint-Nicolas,  à  Dixmude. 

Ce  dernier  travail,  qui  est  encore  à  l'état  de  projet, 
mérite  une  mention  toute  spéciale. 

Le  jubé,  construit  en  1567  par  Jean  Bertet,  est  un  véri- 
table chef-d'œuvre  de  décoration  architecturale  et  florale, 
et  compte  certainement  parmi  les  plus  beaux  spécimens 
connus. 


—  239  — 

Il  fat  garni  à  l'origine  de  49  statues,  posées  dans  autant 
de  niches  à  baldaquin,  réparties  sur  les  quatre  faces. 

II  n'en  reste  malheureusement  plus  que  24,  recouvertes 
de  nombreuses  couches  de  chaux,  sous  lesquelles  on  trouve 
une  polychromie  des  plus  riches  et  des  plus  brillantes. 

Les  statues  sont  d'époques  différentes.  Un  de  nos  mem- 
bres rapporteurs,  envoyé  à  Dixmude,  a  découvert  sur  Tune 
d'elles  le  nom  d'Urbain  Taillebert  (1600),  et  celui  de 
Wouter  van  Volmcrbeke,  en  caractères  gothiques,  sur  une 
Sainte-Barbe;  d'autres  sont  considérées  comme  contempo- 
raines du  jubé,  œuvres  peut-être  de  Jean  Bertet  ou  de 
Jean  Bottelgier,  qui  contribuèrent  à  son  exécution. 

Le  tabernacle  est  une  œuvre  de  marbrerie  du  style  de  la 
renaissance,  orné  de  sculptures  et  de  24  statues.  II  est  en 
très  mauvais  état  de  conservation  et  sa  restauration  équi- 
vaudrait à  une  reconstruction  totale. 

Les  statues,  très  gravement  mutilées,  sont  en  albâtre;  de 
quelques-unes  il  ne  reste  plus  que  d'insignifiants  fragments. 

Aussi,  notre  Comité  a  estimé  qu'il  serait  utile  que  les 
travaux  de  restauration  soient  soumis  à  la  surveillance  du 
membre  rapporteur. 

S'il  nous  est  permis  de  nous  réjouir  le  plus  souvent 
d'heureux  projets  de  restauration,  il  nous  est  parfois  pénible 
de  devoir  constater  que  certaines .  administrations,  dans 
un  but  louable,  nous  le  voulons  bien,  sacrifient  l'art  et 
commettent  ainsi  de  véritables  actes  de  vandalisme. 

Il  en  est  ainsi  de  l'administration  fabricienne  de  Notre- 
Dame,  à  Courtrai,  qui,  dans  le  but  d'agrandir  l'espace 
réservé  aux  fidèles,  a  réussi,  contrairement  à  l'avis  de  la 
majorité  des  membres  de  notre  Commission,  à  obtenir 


—  240  — 

de  l' Autorité  supérieure  le  dépouillement  des  marbres  du 
transept  et  des  deux  premières  travées  du  chœur. 

Ce  travail  est  actuellement  terminé. 

Il  avait  été  entendu  que,  pour  ne  pas  isoler  le  maître- 
autel,  on  maintiendrait  le  revêtement  en  marbre  autour  du 
sanctuaire  et  qu'on  grouperait  dans  celui-ci  les  divers 
objets  d'ameublement  en  style  renaissance  :  stalles,  lutrins, 
clôture,  que  possède  l'église  et  qui  méritent  d'être  conservés. 

Au  lieu  de  cela,  la  fabrique  décide  l'enlèvement  de  tous 
les  marbres  du  sanctuaire.  Ce  n'est  pas  tout.  Il  parait  que 
l'on  vise  maintenant  aussi  l'enlèvement  des  marbres  de 
revêtement  du  rnaitre-aulel,  des  trois  autels  des  absides  et 
des  lambris  qui  les  relient. 

A  l'origine,  la  fabrique  n'invoquait  que  des  motifs  d'uti- 
lité pratique;  aujourd'hui  qu'elle  a  obtenu  satisfaction  sur 
ce  point,  elle  formule  de  nouvelles  exigences,  qui  seront 
suivies  d'autres. 

Nous  osons  espérer  que  la  Commission  royale  s'opposera 
à  ce  projet  et  qu'elle  refusera  toute  concession  nouvelle  à 
la  fabrique. 

Celte  administration  témoigne,  d'autre  part,  du  peu  de 
souci  qu'elle  prend  des  choses  de  l'art  et  de  la  conservation 
du  monument,  en  négligeant  les  soins  à  donner  à  divers 
tableaux  remarquables,  notamment  au  chef-d'œuvre  de 
Van  Dyck,  et  en  proposant  un  système  inadmissible  au 
point  de  vue  archéologique,  pour  consolider  les  voûtes  du 
chœur. 

L'ameublement  des  églises  de  Wervicq,  Marcke,  Hoog- 
staede,  Slype,  Waermaerde  et  Westvleleren  et  le  placement 
où  la  restauration  de  vitraux  dans  trois  églises  de  notre 


—  341  — 

province,  ont  donné  lieu  à  d'intéressants  travaux  de  nos 
membres. 

Le  projet  des  nouvelles  peintures  murales  de  l'église 
d'Iseghem  et  la  restauration  des  anciennes  peintures  murales 
de  l'église  Notre-Dame,  à  Bruges,  et  de  quelques  tableaux, 
ont  également  fait  l'objet  d'études  très  approfondies. 

Enfin,  Messieurs,  la  Commission  royale  a  bien  voulu 
décider  le  classement  de  divers  monuments  dont  nous  ne 
citerons  que  la  Porte  des  Baudets  à  Bruges,  les  églises  de 
Wulveringhem,  Zande,  Zandvoorde,  Houcke,  Mannekens- 
vere  et  Ramscappelle,  et  bien  que  notre  Comité  ait  exprimé 
l'avis  qu'en  multipliant  l'inscription  sur  la  liste  des  monu- 
ments, on  diminuait  la  valeur  de  la  classification,  diverses 
constructions  appartenant  à  des  particuliers  ont  été  inscrites 
sur  la  liste  des  édifices  privés  dont  la  conservation  mérite 
d  être  assurée. 

La  parole  est  maintenant  à  M.  le  rapporteur  de  la  Flandre 
orientale. 


—  uè  — 


PROVINCE  DE  LA  FLANDRE  ORIENTALE. 


M.  Adolf  de  Ceuleneer,  rapporteur  : 

Messieurs, 

Depuis  le  rapport  dont  j'ai  eu  l'honneur  de  vous  donner 
lecture  à  l'assemblée  générale  de  Tan  dernier,  aucune  modi- 
fication ne  s'est  produite  dans  la  composition  du  Comité. 
Malgré  nos  instances  réitérées,  il  n'a  pas  été  pourvu  au 
remplacement  de  deux  de  nos  membres,  alors  que  ces 
places  sont  vacantes  depuis  plusieurs  années.  Comme  il 
arrive  à  plus  d'un  collègue  d'être  empêché  d'assister  régu- 
lièrement à  nos  réunions,  le  nombre  restreint  de  nos 
membres  fait  que  bien  des  fois  les  assistants  aux  séances 
sont  à  peine  en  nombre  suffisant  pour  pouvoir  délibérer 
d'une  manière  efficace. 

Depuis  le  mois  d'octobre  dernier,  le  Comité  a  tenu  dix 
séances.  Il  n'a  été  appelé  à  émettre  son  avis  que  sur  deux 
points,  de  bien  minime  importance,  relatifs  au  mobilier  des 
églises. 

La  fabrique  de  l'église  de  Vosselaere  demandait  l'autori- 
sation d'aliéner  quelques  vingt-huit  chandeliers  du  xix'  siècle 
n'ayant  pas  la  moindre  valeur  artistique.  Celle  de  l'église  de 
Munckzwalm  désirait  remplacer  un  banc  de  communion  qui 
datait  du  xvin*  siècle.  Le  Comilé  a  émis  l'avis  qu'il  était 
préférable  de  le  restaurer,  vu  qu'il  n'était  pas  dénué  d'an 
certain  caractère  artistique. 


—  245  — 

D'un  autre  côté,  le  Comité  a  été  invité  par  la  Commission 
centrale  à  déléguer  un  de  ses  membres  pour  examiner  si 
l'on  pouvait  autoriser  la  réception  de  nouveaux  autels  établis 
dans  diverses  églises  de  village.  Notre  Comité  a  pu  ainsi 
proposer  la  réception  de  trois  autels  nouveaux  de  l'église  de 
Semmerzaeke,  de  deux  de  celle  de  Petit-Sinay  et  des  nou- 
veaux maitre-aulels  des  églises  de  Ressegem  et  de  Letler- 
haulem. 

Comme  les  années  précédentes,  le  Comité  a  usé  de  la 
part  d'initiative  qui  lui  est  reconnue  pour  appeler  l'attention 
des  pouvoirs  compétents  sur  des  points  qui  lui  paraissaient 
présenter  quelque  intérêt  archéologique  pour  les  monuments 
de  notre  province.  C'est  ainsi  que  nous  avons  adressé  à  la 
Commission  centrale  un  rapport  sur  l'état  du  manoir  de 
Voorde  et  sur  les  travaux  de  réparation  absolument  indis- 
pensables effectués  par  le  propriétaire  de  ces  intéressants 
débris  de  ferme  fortifiée  du  xvie  siècle.  J'ai,  du  reste,  déjà 
eu  l'occasion  d'insister  sur  leur  valeur  archéologique  dans 
mes  rapports  de  1900  et  de  1901. 

Dans  une  de  nos  dernières  séances,  un  de  nos  membres 
nous  a  fait  part  d'un  projet  de  restauration  du  de  Craeyer 
de  l'église  de  Borsbeke.  Je  ne  sache  point  qu'une  décision 
quelconque  soit  intervenue  à  ce  sujet;  mais  le  Comité  estime 
qu'on  ne  saurait  prendre  assez  de  précautions  lorsqu'il  s'agit 
de  toucher  à  des  tableaux  ayant  une  valeur  artistique  véri- 
table, comme  c'est  le  cas  ici. 

Nous  nous  sommes  adressés  aussi  à  la  Commission  cen- 
trale pour  lui  signaler  l'abus  qui  s'était  produit  par  rapport 
à  la  Koeienpoort  de  Ninove. 

Le  Département  des  chemins  de  fer,  postes  et  télégraphes 


—  244  — 

avait  cherché  à  embellir  celle  construction  en  la  faisant 
servir  de  support  à  un  poteau  téléphonique.  Nous  avons 
cru  bien  faire  en  proposant  que  dans  la  suite  on  ne  couronne 
plus  nos  monuments  de  ce  complément  tout  moderne,  qui  ne 
parait  aucunement  indispensable  à  l'effet  artistique  qu'ils 
peuvent  produire. 

Nous  avons  aussi  prié  la  Commission  royale  de  chercher 
les  moyens  qui  auraient  pour  résultat  que  le  caractère 
archéologique  de  l'ancienne  tour  de  Saint- Martin,  de  Renaix, 
ne  fût  point  détérioré  par  les  changemenls  que  le  proprié- 
taire actuel  se  proposait  de  faire  subir  à  ce  monument.  II 
avait,  en  effet,  l'intention  d'établir  dans  celte  tour  un  café  et 
de  remplacer  la  flèche  par  un  belvédère,  du  haut  duquel  on 
aurait  pu  contempler  le  panorama  de  la  jolie  cité  renai- 
sienne.  On  le  voit,  la  race  des  Vandales,  que  déjà  en  1839 
l'illustre  Montalembert  poursuivait  de  ses  sarcasmes  cl  de 
ses  invectives,  n'est  pas  près  de  s'éteindre  en  Belgique,  pas 
plus  que  dans  les  autres  pays. 

D'un  autre  côté,  nous  nous  sommes  adressés  au  collège 
échevinal  de  la  ville  de  Gand  pour  demander  que  l'Hôtel  de 
la  Banque  nationale,  que  l'on  se  propose  de  construire  à 
côté  du  Geeraards  Duivelsteen  et  en  face  de  l'entrée  latérale 
de  Saint-Bavon,  ait  un  caractère  architectural  qui  ne  con- 
traste pas  trop  avec  le  style  de  ces  deux  édifices. 

L'administration  de  la  ville  de  Gand  avait  fait  entourer 
la  cathédrale  et  la  partie  finalement  dégagée  de  l'église 
Saint-Nicolas  d'une  pelouse  qui  s'étendait  jusqu'aux  murs 
de  ces  édifices  religieux.  Nous  avons  cru  devoir  rappeler 
au  Collège,  qu'a  fin  de  préserver  les  murs  de  toute  infiltration 
et  de  toute  humidité,  il  était  nécessaire  d'établir  entre  les 


—  245  — 

murs  et  le  gazon  an  accotement  en  pierres  d'au  moins 
50  centimètres  de  largeur. 

Gomme  les  années  précédentes,  les  membres  du  Comité 
ont  été  invités  à  maintes  reprises  à  se  joindre  aux  délégués 
de  la  Commission  royale  pour  les  inspections  que  ceux-ci 
venaient  faire  dans  la  Flandre  orientale. 

C'est  ainsi  qu'un  de  nos  collègues  a  pris  part  à  l'examen 
de  la  restauration  de  la  remarquable  église  de  Sainte- Wal- 
burge  et  du  splendide  hôtel  de  ville  d'Audenarde.  D'autres 
inspections  ont  eu  pour  objet  le  maintien  de  la  tour  de 
l'église  de  Maldegem,  le  nouveau  mobilier  de  l'église  de 
Saint-Nicolas,  le  nouveau  chemin  de  la  croix  installé  dans 
l'église  d'Huysse,  les  trois  nouveaux  autels  de  celle  de 
Vosselaere  et  le  nouveau  maître  autel  de  l'église  de  Nokere. 
Un  de  nos  membres  s'est  joint  aussi  aux  délégués  de  la 
Commission  royale  pour  examiner  si  les  murs  de  l'église  de 
Denderleeuw  étaient  suffisamment  secs  pour  recevoir  une 
peinture  décorative  et  pour  apprécier  les  travaux  de  restau- 
ration effectués  aux  peintures  murales  de  Guffens  et  Swerls, 
qui  décorent  l'église  Notre-Dame,  de  Saint-Nicolas. 

C'est  naturellement  à  Gand  que  les  inspections  ont  été  les 
plus  fréquentes.  Je  citerai  l'examen  du  groupe  de  M.  Van 
Biesbroeck,  établi  au  Parc,  des  statuettes  qui  décorent 
l'extérieur  de  l'hôtel  de  ville,  du  projet  de  transformation 
pour  la  distribution  des  locaux  du  Palais  de  Justice,  de 
l'entrée  de  la  crypte  de  Saint-Bavon  et  des  plans  de  peinture 
décorative  pour  la  salle  des  séances  de  l'Académie  royale 
flamande.  Mais  je  tiens  à  appeler  surtout  l'attention  sur  les 
Iravaux  de  restauration  et  d'agrandissement  de  la  Halle  aux 
Draps.  Plus  d'un  membre  a  cru  devoir  présenter  des  obser- 


—  246  — 

valions  sur  la  tendance  ullra-conservalrice  qui  semble 
inspirer  ces  travaux.  C'est,  en  effet,  devenu  une  mode  chez 
certains,  je  ne  dirai  pas  archéologues,  mais  chez  certains 
artistes  qui  croiraient  commettre  un  crime  de  faire  dispa- 
raître une  pierre  antique  quelque  vermoulue  qu'elle  soit,  dût 
même  la  stabilité  de  l'édifice  en  pâtir  quelque  peu  :  Un  mur 
en  ruine  est  d'un  effet  si  pittoresque  ! 

La  question  de  la  méthode  à  suivre  en  fait  de  restauration 
d'anciens  monuments  a  déjà  été  maintes  fois  débattue.  Dans 
nos  premières  assemblées  générales,  on  se  livra  à  ce  sujet  à 
des  discussions  aussi  vives  qu'approfondies,  et  le  souvenir 
en  est  encore  resté  vivace  quoique  bon  nombre  d'années  se 
soient  écoulées  depuis  (i).  La  gilde  de  Saint-Thomas  et  de 
Saint-Luc  s'en  occupa  non  moins  sérieusement  pendant  ses 
premières  réunions  (*),  et  il  n'existe  peut-être  pas  de  cercle 
archéologique  en  Belgique  qui  ne  l'ait  soumise  à  un  labo- 
rieux examen,  de  même  que  tous  les  congrès  archéologiques 
de  Belgique  et  de  France  s'en  sont  occupés  (s). 

La  discussion  de  la  sixième  question  portée  à  l'ordre  du 
jour  de  l'assemblée  générale  d'aujourd'hui,  ne  manquera 
point,  j'en  ai  l'intime  conviction,  de  répandre  une  nouvelle 
lumière  sur  la  solution  de  celte  question  brûlante  et  d'ameuer 
peut-être  des  conclusions  riches  en  résultat,  grâce  à  la 
grande  pratique  et  à  la  longue  expérience  des  membres  qui 


(1)  Lettre  de  M.  Weale  aui  membres  de  la  Commission,  1862;  assemblée 
générale  de  1852,  p.  48.  Bull,  des  Comm.  d'art  et  d'arckéol.,  III,  109; 
IV,  101;  V,  201;  VU,  369. 

(t)  Id.,  Vil,  p.  23;  VIII,  p.  8;  IX,  pp.  18,  32;  X,  pp.  18,  35. 

(s)  Aussi  Compte  rendu  des  Congrès  archéologiques  de  France  :  36, 
p.  349;  40,  p.  600;  41,  p.  352;  42,  p.  383. 


—  247  — 

y  prendront  part.  Inutile  d'ajouter  que  la  question  s'est 
compliquée,  dans  ces  derniers  temps,  d'un  élément  nouveau. 
Je  songe  à  ce  que  j'appellerai  l'école  toute  jeune,  donc  toute 
vivace  et  toute  vigoureuse,  du  pittoresque  dans  l'art. 

Nous  avons  eu  à  nous  livrer  aussi  à  un  autre  examen  non 
moins  important  et  au  sujet  duquel  tous  les  hommes  com- 
pétents ont  été  d'un  avis  unanime.  Je  veux  parler  de  l'état 
vraiment  déplorable  dans  lequel  se  trouvent  les  splendides 
peintures  murales  de  Gluysenaer  qui  décorent  l'escalier  de 
la  salle  des  pas-perdus  de  notre  université.  Ayant  l'honneur 
d'être  de  la  maison,  vous  voudrez  bien  me  permettre  d'en 
dire  quelques  mots,  d'autant  plus  que  cet  examen  a  provoqué 
des  observations  qui  sont  d'une  application  générale.  Depuis 
bon  nombre  d'années  ces  peintures,  dont  la  haute  valeur  a 
été  si  justement  appréciée  par  Riegel  dans  ses  Études  sur 
la  peinture  murale  en  Belgique  (i),  et  qui  dans  leur  ensemble 
représentent  les  grandes  époques  de  l'histoire  de  l'humanité, 
se  détérioraient,  s'effritaient  de  plus  en  plus,  et  à  maintes 
reprises  le  conseil  communal  eut  à  s'occuper  de  la  recherche 
des  moyens  qui  pourraient  préserver  cette  grande  œuvre 
artistique  d'une  destruction  complète.  Mais  rien  n'y  fit, 
l'élément  destructeur  continuait  son  œuvre. 

Lors  de  l'inspection  faite  par  les  délégués  de  la  Commis- 
sion royale  le  25  février  dernier,  la  question  fut  longuement 
disculée.  Je  me  permis  de  faire  remarquer  que  la  ventilation 
était  des  plus  mauvaises. 

La  grande  porte  n'est  que  rarement  ouverte,  et  encore 


(4)  H.  Rœgkl.  Qcsch.  der  Wandmalerei  in  Belgiën  seit  1856.  Berlin, 
1882,  p.  83. 


—  248  — 

• 

seulement  pour  peu  de  temps,  à  l'occasion  des  cérémonies 
académiques.  L'air  ambiant  y  est  toujours  froid  et  humide, 
au  point  qu'en  été,  c'est  à  peine  si  l'on  se  hasarde  à  s'y 
arrêter  pendant  quelques  instants,  alors  qu'il  serait  si  facile, 
—  et  cette  observation  peut  s'appliquer  aussi  à  nos  églises,  — 
d'ouvrir  —  à  l'exemple  de  ce  qui  se  pratique  partout  en 
Angleterre  et  peut-être  aussi  dans  d'autres  pays,  —  large- 
ment, pendant  les  journées  chaudes  et  sèches,  la  porte  à 
deux  battants  durant  une  bonne  partie  de  la  journée.  En 
Angleterre,  on  empêche  l'entrée  des  curieux  au  moyen 
d'une  cloison  peu  élevée  et  à  jour.  Seulement  mon  obser- 
vation n'était  fondée  qu'en  partie.  Une  cause  de  détérioration 
plus  importante  encore  fut  indiquée  par  un  des  membres 
les  plus  compétents  de  la  Commission  royale.  Ayant 
remarqué  que  la  peinture  la  plus  endommagée  était  celle 
dont  le  mur  était  exposé  â  l'ouest,  il  demanda  à  examiner 
l'état  extérieur  de  ce  mur  qui  devait  surtout  avoir  à  souffrir 
des  intempéries  et  des  vents  humides  de  l'ouest.  Les  délégués 
se  rendirent  dans  l'immeuble  contigu  à  l'université,  et  quelle 
ne  fut  pas  notre  surprise  de  devoir  constater  que  ce  mur 
était  resté  à  nu  depuis  la  construction  de  1817.  Les  briques 
portaient  une  efllorescence  si  forte  qu'on  aurait  cru  le  mur 
entier  recouvert  de  flocons  de  neige.  La  cause  principale  de 
l'humidité  était  donc  nettement  indiquée.  Si  dans  un  établis- 
sement qui  a  compté  de  tout  temps  dans  son  corps  profes- 
soral des  ingénieurs  si  distingués,  on  n'a  pas  songé 
depuis  1817  à  inspecter  l'état  extérieur  des  murs  de  l'édifice, 
cachés,  il  est  vrai,  de  toute  part  par  les  constructions  a  voi- 
sinantes, que  penser  dès  lors  de  quantité  de  monuments, 
églises,  édifices  civils  de  toute  sorte  qui,  au  point  de  vue  de 


—  249  — 

l'inspection,  se  trouvent  dans  des  conditions  bien  moins 
favorables?  Ceci  m'amène  à  émettre  Ta  vis  qu'il  serait 
peut-être  désirable  que  la  Commission  des  monuments  fit 
publier  une  plaquette  indiquant  brièvement  les  précautions 
essentielles  à  prendre  pour  la  conservation  des  monuments 
et  des  œuvres  d'art.  Rien  que  dans  ce  rapport,  j'ai  dû  appeler 
l'attention  sur  les  murs  exposés  à  l'ouest,  sur  la  mauvaise 
ventilation  surtout  de  nos  églises,  sur  les  pelouses  établies 
tout  contre  les  murs  des  édifices.  Je  tiens  à  dire  que  toutes 
ces  observations  m'ont  été  suggérées  par  les  inspections 
faites  en  commun  avec  les  délégués  de  la  Commission  cen- 
trale, preuve  évidente  de  la  grande  utilité  de  ce  mode 
d'inspection.  Dans  le  même  ordre  d'idées,  je  pourrais  vous 
rappeler  aussi  l'étude  si  suggestive  de  mon  savant  collègue 
et  ami,  M.  Vander  Mensbrugge,  recteur  actuel  de  notre 
université,  et  dont  un  exemplaire  a  été  envoyé  dans  le 
temps  à  tous  les  membres  des  Comités  provinciaux  par  les 
soins  de  la  Commission  royale,  qui  a  prouvé  qu'un  des 
meilleurs  moyens  de  conserver  les  tableaux  consistait  à 
étendre  un  vernis  sur  la  face  postérieure  des  toiles.  Toutes 
ces  indications,  et  bien  d'autres  encore,  constitueraient  un 
ensemble  des  plus  précieux,  dont  l'application  entraverait 
bien  des  détériorations  et  préviendrait  bien  des  désastres 
souvent  irréparables  si  elles  étaient  connues  des  personnes 
chargées  de  la  conservation  des  églises  et  des  œuvres  d'art. 

Je  termine  ce  rapport,  peut-être  déjà  un  peu  trop  étendu, 
par  quelques  mots  sur  les  publications  de  notre  Comité. 

Les  procès-verbaux  de  nos  séances  ont  été  régulièrement 
publiés.  Nous  en  sommes  au  troisième  volume. 

Dans  mon  rapport  de  l'an  dernier,  j'avais  émis  l'espoir  que 


—  250  — 

j'aurais  pu  vous  annoncer  maintenant  que  la  reproduction 
des  blasons  des  membres  du  chapitre  de  la  Toison  d'or 
de  1539,  peints  par  Lucas  d'Heere,  serait  en  bonne  voie 
d'exécution.  Mais  voyez  comme  nous  jouons  de  malheur  ! 
En  1891,  le  Gouvernement  veut  bien  nous  informer  qu'il 
interviendra  pour  les  3/7  dans  les  dépenses  qu'on  prévoyait 
devoir  èlre  de  5,000  francs.  La  Province  déclarait  qu'elle 
ne  pouvait  prendre  de  décision  aussi  longtemps  que  la  ville 
refusait  d'intervenir.  Le  bourgmestre  d'alors,  que  certains 
de  ses  amis  taxaient,  au  point  de  vue  de  l'art,  d'américa- 
nisme, nous  écrivait  que  la  situation  financière  de  la  com- 
mune ne  permettait  pas  l'allocation  d'une  somme  de 
fr.  1,428-58,  alors  même  qu'elle  devait  se  répartir  sur  trois 
exercices.  Le  collège  actuel,  présidé  par  M.  Braun,  ayant 
des  tendances  artistiques  que  je  qualifierai  de  plus  effectives 
et  de  plus  réelles,  le  Comité  se  hasarda,  quoique  timidement, 
à  revenir  à  la  charge,  preuve  nouvelle  de  la  ténacité  de  ces 
flamands  gantois.  El  voilà  que  le  collège,  sensible  à  noire 
demande,  y  donne  son  acquiescement,  et  nous  confirme  par 
lettre  du  H  décembre  dernier,  celle  du  18  mai  1891,  par 
laquelle  il  nous  annonçait  qu'il  interviendrait  pour  les  2/7. 
La  cause  paraissait  gagnée,  car  dès  le  20  décembre  le  Gou- 
vernement nous  informait  qu'il  maintenait  sa  décision  de 
4891  et  fixait,  par  conséquent,  le  taux  de  son  intervention 
aux  3/7.  Nous  estimions  l'adhésion  de  la  Province  comme 
certaine,  d'autant  plus  que  l'honorable  Gouverneur,  qui  de 
tout  temps  a  donné  tant  de  preuves  de  dévouement  aux 
travaux  du  Comité,  était  acquis  à  notre  projet  de  publi- 
cation. Mais  ne  voilà-l-il  pas  qu'en  sa  séance  du  3  juillet 
dernier,  le  conseil  provincial  adopte  le  rapport  du  conseiller 


—  Î8I  — 

M.  Herman  De  Baets,  concluant  que  «  sans  méconnaître 
1'inlérét  que  peut  présenter  cet  objet,  il  estime  que  l'état  des 
finances  de  la  Province  ne  permet  pas  d'allouer  le  crédit 
sollicité  »  (fr.  376-19  pendant  trois  ans!).  Je  n'apprécierai 
pas  ces  incidents  en  disant  que  la  ville  de  Gand,  depuis 
4891,  est  devenue  plus  riche  et  la  province  plus  pauvre, 
car  je  connais  les  ressources  si  restreintes  de  notre  com- 
mune, mais  non  la  situation  opulente  ou  précaire  de  la 
Flandre  orientale.  Faisant  bonne  mine  en  mauvaise  fortune, 
le  Comité  se  résignera  à  remettre  l'exécution  de  son  projet 
héraldique  à  des  temps  meilleurs. 

Ce  n'est  heureusement  pas  sur  celte  malheureuse  issue  de 
démarches  qui  ont  duré  plus  de  dix  ans,  —  et  dire  que  nous 
chavirons  au  moment  où  nous  croyions  avoir  atteint  le  port, 
—  ce  n'est  pas  sur  cette  triste  fin  que  je  dois  clore  mon 
rapport. 

Dans  chacune  de  nos  assemblées  générales,  il  a  été 
question  du  Répertoire  arcliéologique.  Le  15  février  dernier, 
notre  Comité  a  délégué  deux  de  ses  membres  à  la  séance  de 
la  Commission  royale  pour  s'entendre  sur  la  confection 
uniforme  du  Répertoire.  J'eus  l'honneur  d'y  présenter  un 
projet  de  rédaction,  accompagné  d'un  spécimen.  On  fut 
unanimement  d'avis  que  pour  que  ce  Répertoire  pût  être 
réellement  utile,  il  était  nécessaire  d'illustrer  le  texte  de  la 
reproduction  des  principaux  monuments.  A  la  suite  de  ce 
vœu,  notre  Comité  sollicita  l'intervention  pécuniaire  de  la 
Province. 

Dans  sa  séance  du  17  juillet,  le  conseil  provincial  voulut 
bien  décider  que  «  la  somme  de  1,000  francs,  inscrite 
•  annuellement  au  budget  de  la  Province  à  titre  d'inler- 


—  252  — 

»  vention  dans  les  frais  du  Comité,  sera  augmentée  pendant 
»  cinq  années  consécutives  d'une  somme  de  400  francs  par 
»  an,  afin  de  nous  aider  à  publier  un  répertoire  illustré  des 
»  principaux  monuments  et  objets  d'art  delà  province». 
Le  Comité  est  heureux  de  pouvoir  témoigner  sa  sincère 
gratitude  au  conseil  provincial  de  la  Flandre  orientale  pour 
sa  généreuse  intervention  et  pour  l'intérêt  qu'il  porte  à  nos 
travaux,  et  nous  ne  pouvons  que  souhaiter  que  cet  exemple 
soit  suivi  par  les  autres  provinces.  Grâce  à  cette  décision, 
nous  voilà  donc  riches  de  2,000  francs  pour  la  publication 
du  Répertoire.  Mais  cette  somme  ne  sera  pas  suffisante. 

L'honorable  président  de  la  Commission  royale  a  bien 
voulu  laisser  entendre,  à  la  séance  du  15  février  dernier, 
que  peut-être  la  Commission  pourrait  prélever  une  certaine 
somme  sur  son  budget  à  titre  d'intervention  dans  les  frais 
de  la  publication  du  Répertoire  archéologique.  Je  ne  doute 
guère  que  cette  promesse  ne  se  réalise,  et  alors  le  Comité 
pourra  directement  mettre  la  main  à  l'œuvre.  C'est  le  sou- 
hait que  j'exprime  en  terminant  ce  rapport. 

M.  le  Président.  —  Vous  avez,  Monsieur  De  Geu- 
leneer,  dépassé  le  quart-d'heure  accordé  réglementaire- 
ment à  chaque  rapporteur.  Aussi,  je  ne  voudrais  pas 
m'étendre,  à  mon  tour,  sur  les  observations  que  vous  avez 
présentées  avec  tant  d'humour  et  tant  de  lucidité;  vous  me 
permettrez  cependant  de  faire  une  remarque  ou  plutôt 
une  réserve  sur  ce  que  vous  m'attribuez.  Je  ne  me  sou- 
viens pas  du  tout  d'avoir  promis  à  votre  Comité,  lors  de 
la  séance  du  15  février  dernier,  que  l'on  pourrait  imputer 
quoi  que  ce  soit  sur  le  crédit  de  la  Commission  centrale  pour 


—  Î53  — 

la  publication,  —  si  intéressante  qu'elle  soit,  —  de  l'inven- 
taire dont  vous  parlez.  Je  pense,  si  je  l'avais  fait,  que 
j'aurais  commis  un  abus  administratif;  à  coup  sûr,  j'aurais 
encouru  les  foudres  de  MM.  les  Directeurs  de  la  Justice  et 
des  Beaux-Arts  ici  présents  (rires).  Si  je  l'avais  dit,  je 
devrais  faire  mon  meâ  culpâ,  parce  que  je  ne  vois  vraiment 
pas  comment  on  pourrait  faire  un  pareil  transfert.  C'est,  au 
reste,  une  question  à  examiner;  nous  y  reviendrons  tantôt, 
à  propos  du  3°  de  notre  ordre  du  jour. 

La  parole  est  maintenant  à  M.  le  rapporteur  du  Hainaut. 


—  254  — 


PROVINCE  DU  HAINAUT 


M.  Hubert,  rapporteur  : 

Messieurs, 

Dans  le  cours  de  cet  exercice,  nous  avons  eu  le  profond 
regret  de  perdre  notre  cher  et  estimé  vice-président, 
M.  Augustin  Broquet.  Docteur  en  droit  et  candidat  notaire, 
il  fut  tour  à  tour  :  administrateur  des  hospices,  conseiller 
communal,  échevin,  bourgmestre  et  commissaire  d'arron- 
dissement. 

Il  a  rempli  brillamment  ces  diverses  fonctions  et  s'est 
fait  remarquer  par  ses  goûts  artistiques,  l'étendue  de  ses 
connaissances  historiques  et  archéologiques  et  son  grand 
zèle  pour  la  conservation  de  nos  monuments  nationaux. 

Ces  aptitudes  le  firent  nommer,  par  arrêté  royal  du 
23  octobre  1879,  membre  correspondant  de  notre  Commis- 
sion, en  remplacement  de  Barthélémy  Dumorlier. 

Cinq  ans  plus  tard,  en  raison  de  sa  grande  expérience 
des  affaires  administratives,  ses  collègues  lui  conférèrent  la 
vice-présidence  du  Comité,  laissée  vacante  par  le  décès  du 
vicaire  général  Voisin. 

Durant  le  quart  de  siècle  qu'il  a  passé  parmi  nous,  nous 
n'avons  cessé  d'admirer  son  zèle,  son  assiduité,  la  part  très 
importante  qu'il  a  prise  à  nos  discussions  et  à  nos  travaux, 


—  255  — 

de  même  que  l'urbanité,  l'amabilité  et  la  bonté  de  son 
heureux  caractère. 

*  * 

La  perte  de  ce  regretté  collègue  a  fait  un  nouveau  vide 
dans  notre  Comité,  où  MM.  Bourlard  et  Dosveld,  décédés 
depuis  plus  de  trois  ans,  n'ont  pas  été  remplacés.  D'autres 
membres  étant  empêchés  par  leur  état  de  santé  d'assister  à 
nos  réunions,  plusieurs  de  nos  séances  réglementaires  n'ont 
pu  avoir  lieu,  parce  que  nous  n'étions  pas  en  nombre. 
Nécessairement  nos  travaux  en  ont  souffert  et  particuliè- 
rement la  préparation  de  l'inventaire  des  œuvres  d'art  de  la 
province.  Mais  nous  avons  assisté  à  toutes  les  visites  des 
délégués  de  la  Commission  centrale.  Nous  avons  ainsi 
inspecté  : 

A  Charleroi,  les  travaux  exécutés  à  l'église  de  la  ville 
basse.  C'est  dans  cet  édifice  que  sont  les  deux  grands  et 
beaux  tableaux  de  François  Joseph  Navez,  natif  de  Char- 
leroi :  t  Notre-Dame  des  affligés  »,  et  de  son  gendre,  Jean 
Portaels  :  «  Scène  de  la  vie  de  Saint-Antoine  de  Padoue  >  ; 

A  Binche,  les  travaux  de  restauration  de  l'hôtel  de  ville, 
qui  ont  remis  l'édifice  dans  le  style  ogival.  Il  avait  été 
transformé  et  déguisé  dans  le  style  de  la  renaissance,  lors 
d'une  première  restauration  faite  après  l'incendie  de  la  ville 
par  les  troupes  du  roi  de  France  Henri  II  ; 

A  Ollignies,  six  nouvelles  verrières  ; 

A  Bois-de-Lessines,  un  chemin  de  la  croix  et  des  tableaux 
qui  sont  en  mauvais  état  ; 

A  Bois-d'Haine,  la  suppression  d'un  grillage  en  fer  ; 

A  Soignies,  les  travaux  de  restauration  de  la  nef  de  la 


—  256  — 

collégiale.  Les  autres  parties  seront  restaurées  après  un 
complément  d'étude.  C'est  une  de  nos  plus  anciennes 
églises  romanes;  elle  était  fortifiée,  dit  la  tradition.  Elle 
renferme  des  stalles  de  chœur  qui  sont  des  meilleures  du 
pays  et  un  jubé  qui  a  du  mérite,  c'est  de  plus  un  don  fait  à 
l'église.  Bien  qu'ils  soient  de  style  renaissance,  tout  milite 
en  faveur  de  leur  conservation.  Ce  sont  de  précieux  souve- 
nirs locaux  qui  intéressent  notre  histoire  nationale  de  l'art; 
en  même  temps  ce  sont  des  originaux  que  ne  sauraient 
remplacer  des  imitations.  La  question  d'unité  de  style  est 
secondaire  en  pareil  cas  ; 

A  Mons,  à  l'église  de  Sainte- Waudru,  le  programme 
d'ensemble  de  tous  les  ouvrages  à  y  effectuer.  Ce  pro- 
gramme comprend  éventuellement  la  reproduction  d'une 
face  du  splendide  jubé  de  Du  Brœucq,  à  laquelle,  depuis 
longtemps,  la  Commission  s'intéresse  beaucoup  ; 

A  Braine-le  Comte,  deux  autels  et  un  lambris  ; 

A  Hautrage,  les  travaux  de  restauration  à  effectuer  à 
l'église  ; 

A  Marchienne-au-Pont,  la  nouvelle  église  ; 

A  Heppignies,  le  clocher  dont  une  partie  menace 
ruine  ; 

A  Marcinelle,  l'emplacement  de  la  nouvelle  église  du 
quartier  de  La  Villette  ; 

A  Neuville,  un  autel  placé  dans  l'église  de  La  Gage; 

A  Familleureux,  l'église  qui  a  été  incendiée  et  dont  la 
reconstruction  est  projetée.  Son  assurance  contre  l'incendie 
était  insuffisante  et  il  n'y  avait  pas  de  paratonnerre.  Ces 
deux  éléments  de  conservation  sont  souvent  négligés,  les 
administrations  locales  n'y  attachant  pas  toujours  assez 


—  287  — 

d'importance.  Ils  pourraient  utilement  faire  l'objet  d'une 
surveillance  de  l'Autorité  supérieure. 


* 
*  * 


La  Commission  centrale  a  chargé  le  Comité  d'examiner 
l'église  de  Saint-Vaast,  dont  le  classement  est  demandé.  D'un 
premier  examen,  il  semble  résulter  que  la  nef  et  le  chœur 
sont  de  l'époque  romane,  dont  il  nous  reste  bien  peu  de 
spécimens,  et  que  la  tour  est  de  style  ogival  tertiaire. 


* 


Des  fouilles  ont  été  commencées  à  Grandmetz,  dans  une 
pièce  de  terre  appartenant  à  l'honorable  président  de  notre 
Comité,  M.  le  Baron  R.  du  Sart  de  Bouland,  Gouverneur 
du  Hainaut,  qui  se  propose  de  les  continuer.  Elles  ont 
permis  d'y  constater  la  présence  des  ruines  d'une  ancienne 
villa  gallo-romaine  que  l'on  suppose  avoir  été  détruite  par 
un  incendie.  Notre  collègue  M.  Soil  en  a  publié  la  relation 
dans  le  dernier  volume  des  Annales  de  la  Société  historique 
el  archéologique  de  Tournai  (1901) 


* 
*  * 


Les  travaux  de  restauration  de  l'abbaye  d'Aulne  et  de  la 
cathédrale  de  Tournai  se  continuent.  Le  projet  de  dégage- 
ment des  abords  de  celle-ci  est  en  bonne  voie,  grâce  à  la 
sollicitude  et  au  bienveillant  appui  de  M.  le  Ministre  de 
la  Justice,  qui»  dans  son  excellent  discours  d'ouverture  de 


—  888  — 


notre  dernière  assemblée,  a  attiré  l'attention  sur  la  grande 
utilité  du  dégagement  des  monuments  historiques. 


Beaucoup  des  renseignements  qui  précèdent  étant  surtout 
d'intérêt  local,  ne  sont  qu'indiqués  sommairement;  mais  ils 
se  trouvent  détaillés  au  compte  rendu  publié,  comme  ceux 
des  années  précédentes,  dans  ï Exposé  de  la  situation  admi- 
nistrative de  la  province.  Toutefois,  qu'il  nous  soit  permis  de 
rappeler  le  vif  désir  que  nous  y  exprimons  en  faveur  de  la 
réalisation  d'un  vœu  présenté  par  la  Commission  à  M.  le 
Ministre  de  l'Agriculture,  celui  de  voir  le  Gouvernement 
subsidier  la  restauration  des  façades  des  anciennes  maisons 
particulières  qui  présentent  un  intérêt  d'art,  d'archéologie 
ou  d'histoire. 

Comme  l'a  dit  la  Commission,  beaucoup  de  ces  façades 
sont  mutilées  par  des  réparations  économiques  ;  d'autres 
disparaissent,  parce  que  les  propriétaires  ne  sont  pas 
toujours  à  même  de  faire  le  nécessaire  pour  les  conserver. 
Elles  sont  souvent  alors  remplacées  par  des  œuvres  vul- 
gaires, mais  moins  coûteuses  à  entretenir. 

On  pourrait  en  citer  de  nombreux  exemples.  Nous  n'en 
rappellerons  qu'un  seul.  Il  y  a,  sur  la  place  de  Chièvres, 
des  restes  d'une  ancienne  résidence  d'une  famille  illustre, 
devenue  dans  les  temps  modernes  une  propriété  particu- 
lière et  qui  a  passé  en  bien  des  mains.  Elle  est  connue  sous 
la  dénomination  de  «Château  des  comtes  d'Egmont»,  et 
rappelle  toute  une  période  tragique  de  notre  histoire.  En 
1874,  comme  elle  était  de  nouveau  à  vendre,  l'attention  du 


—  2S9  — 

Ministre  de  l'Intérieur  fat  appelée  sur  l'intérêt  historique 
que  présente  ce  monument  ;  de  son  côté,  le  Cercle  archéo- 
logique de  Mons  émit  le  vœu  que  le  château  de  Chièvres  fut 
conservé,  et  en  publia  une  façade  que  j'avais  dessiné  alors  (i). 
Le  nouvel  acquéreur  devant  en  faire  réparer  les  toitures, 
surtout  celles  de  l'avanl-corps,  et  des  fenêtres  du  grenier, 
sollicita  un  subside  de  400  francs.  N'ayant  pu  l'obtenir,  il 
fit  disparaître  ces  fenêtres  ;  et  quant  au  couronnement  de 
l'avanl-corps  qui,  sous  un  aspect  original,  rappelait  le 
passage  du  golhiqne  à  la  renaissance,  il  le  remplaça  par 
une  vulgaire  plate-forme  en  zinc. 

Il  est  réellement  très  regrettable  que,  pour  la  modique 
somme  de  400  francs,  on  n'ait  pu  conserver,  sous  une  forme 
convenable,  les  restes  d'un  château  qui,  au  point  de  vue 
historique,  sont  d'un  intérêt  réel  pour  la  ville  de  Chièvres, 
le  Hainaut  et  le  pays  tout  entier. 

Comme  le  disait  encore  la  Commission,  si  le  Gouverne- 
ment et  les  administrations  locales  intervenaient,  de  telles 
façades  pourraient  être  conservées,  restaurées  et  grevées 
d'une  sorte  de  servitude  qui  les  mettrait  pour  l'avenir  à 
l'abri  des  changements. 

La  ville  de  Bruges  a  ouvert  franchement  cette  voie  ;  celle 
de  Bruxelles  l'a  suivie,  mais  pour  la  restauration  de  la 
Grand' Place  seulement.  L'administration  communale  de 
Tournai,  l'une  des  plus  zélées  pour  les  constructions  archi- 
tec tu  raies,  tout  en  protestant  de  sa  sympathie  pour  la 
conservation  des  anciennes  façades,  ne  s'est  pas  cependant 


(«)  Bulletin  des  séances  du  Cercle  archéologique  de  Mons,  3'  série,  p.  261 . 


—  260  — 

décidée  à  voler  le  principe.  On  voit,  par  le  peu  de  résultats 
obtenus  jusqu'ici,  combien  l'intervention  sollicitée  serait 
utile. 

Depuis  25  ans,  la  ville  de  Bruges  a  contribué,  moyennant 
une  dépense  de  89,207  francs,  à  la  restauration  de  79  con- 
structions, soit  1,130  francs  pour  chacune,  et  annuellement 
3,568  francs.  Cette  contribution  n'est  guère  élevée,  et 
cependant  Bruges  est  une  de  nos  plus  grandes  cités  et 
c'est  à  coup  sur  celle  qui  renferme  le  plus  d'anciennes 
maisons  ;  la  charge  serait  donc  légère  pour  les  autres 
localités.  Partout,  le  résultat  serait  considérable.  Il  le  serait 
au  double  point  de  vue  de  l'esthétique  et  des  finances,  car 
il  n  est  pas  de  localité  qui  ne  s'impose  des  sacrifices  pour 
son  embellissement,  et  il  n'est  pas  d'embellissement  plus 
apparent  et  moins  coûteux  que  la  restauration  de  ces 
anciennes  façades. 

A  très  peu  de  frais,  tout  en  donnant  de  la  variété  et  du 
pittoresque  aux  cités,  ces  façades  de  style  divers  contribue- 
raient à  la  direction  du  goût,  à  l'étude  de  l'archéologie,  à 
celle  de  l'histoire  nationale  et  au  développement  du  patrio- 
tisme. 

Tel  est,  Messieurs,  le  résumé  succinct  de  nos  travaux  de 
l'exercice. 

■ 

M.  le  Président.  —  Nous  vous  remercions  pour  votre 
rapport,  Monsieur  Hubert. 


—  261  — 


PROVINCE  DE  LIÈGE 


M.  Lohbst-de  Waha,  rapporteur  : 

Messieurs) 

Le  rapport  sur  les  travaux  du  Comité  de  Liège,  pendant 
Tannée  écoulée,  n'aura  pas  le  développement  que  je  lui 
souhaiterais.  Le  nombre  très  restreint  d'affaires  qui  lui  ont 
été  soumises,  et  surtout  leur  peu  d'importance,  ne  demandent 
pas  un  long  exposé. 

On  nous  propose  trop  souvent  et  «  on  nous  impose  des 
»  besognes  peu  artistiques  »  et  nous  aurions  c  le  désir  qu'on 

>  nous  saisisse  de  travaux  d'une  importance  capitale  dont 
»  nous  ne  sommes  jamais  avisés.  On  nous  consulte  chaque 

>  fois  qu'il  s'agit  d'acquisitions  ou  de  travaux  insignifiants, 
»  qui  concernent  des  monuments  qui  n'ont  ni  valeur  ni  carac- 

>  1ère,  et,  on  n'a  pas  recours  à  nos  lumières  quand  on 
*  bouleverse  nos  monuments  les  plus  remarquables  » .  Telle 
csl  l'appréciation  de  notre  Président,  M.  le  Gouverneur  de 
la  province  de  Liège,  que  je  fais  mienne  en  l'occurrence, 
d'autant  mieux  que,  précédemment,  j'ai  déjà  eu  l'occasion 
de  parler  en  ce  sens. 

Notre  bonne  ville  de  Liège  voit  s'élever  des  édifices  et 
mouuments,  tels  que  hôtel  des  Postes,  écoles,  commis- 
sariats, sans  que  le  Comité  ait  été  consulté  ;  d'autres  sont 
restaurés,  décorés,  meublés,  sans  même  que  l'on  s'en  doute. 


—  262  — 

Je  me  vois  même  dans  un  singulier  embarras  pour 
exprimer  toute  ma  pensée,  parce  que  je  suis  dans  la  crainte 
d'entrer  dans  un  domaine  où  je  ne  serai  pas  accueilli, 
malgré  ma  bonne  intention,  de  poursuivre  le  but  commun 
de  tous  les  Comités  et  de  la  Commission  des  Monuments 
elle-même.  Je  ne  puis  cependant  me  résoudre  à  ne  pas 
constater  qu'il  s'exécute  actuellement  à  Liège  des  travaux 
d'une  importance  capitale  et  dont  l'intérêt  esthétique  est 
incontestable.  Nous  voulons  parler  du  pont  nouveau  de 
Fragnée.  Néanmoins,  l'administration  des  Ponts  et  Chaus- 
sées, suivant  l'exemple  donné  par  le  Ministre  des  chemins 
de  fer,  n'a  pas  paru  se  souvenir  qu'il  y  avait  un  Comité  de 
correspondants  de  la  Commission  royale  des  Monuments 
composé  de  Liégeois  assurément  très  aptes  à  examiner  les 
questions  d'intérêt  local,  où  leur  compétence  peut  être  utile 
et  tout  au  moins  à  fournir  des  renseignements  et  des  indi- 
cations dont  les  administrations  auraient  profil  à  tenir 
compte.  —  Je  cite  pour  mémoire,  la  restauration  du  fronton 
du  Palais  de  Justice,  ancien  palais  des  Princes  Évéques,  qui 
n'a  jamais  été  présenté  au  Comité,  même  à  titre  officieux. 
—  L'insignifiance  d'un  grand  nombre  de  projets  inscrits  à 
nos  ordres  du  jour  désintéresse  les  membres  du  Comité  au 
lieu  d'encourager  leur  assiduité. 

Lorsqu'un  objet  vraiment  digne  d'intérêt  est  inscrit, 
les  réunions  sont  nombreuses.  Tel  a  été  le  cas  pour  le 
projet  de  restauration  du  portail  de  Saint-Jacques,  dont  j'ai 
déjà  eu  à  signaler  l'état  lamentable  l'année  dernière. 

L'intervention  du  Comité  n'est  pas  étrangère  à  la  restau- 
ration de  ce  portail.  Depuis  plusieurs  années,  les  rapports 
annuels  mentionnaient  l'état  de  délabrement  de  ce  monu- 


—  263  — 

ment  et  faisaient  appel  à  la  sollicitude  des  administrations 
compétentes.  Ces  appels  ont  été  entendus,  des  plans  produits 
et  l'on  peut  espérer  un  bon  résultat  si  l'on  sait  éviter  recueil 
de  la  reconstruction  au  lieu  de  la  restauration  et  si  l'on 
arrive  a  retrouver  les  pierres  de  même  nature  que  celles 
qui  ont  été  employées  au  xvi9  siècle.  Pour  cette  restauration, 
les  observations  qui  ont  été  faites  en  celle  enceinte  sur 
l'emploi  et  le  choix  des  matériaux,  trouveront  leur  place  et 
leur  utilité.  Les  parties  nouvelles  seront  nombreuses  et  il 
importe  qu'elles  ne  détonnent  pas  dans  l'ensemble  de  la 
restauration. 

Une  seconde  affaire  importante  est  arrivée  à  une  solution 
partielle.  Depuis  que  l'église  de  Xhignesse  a  été  classée,  les 
administrations  fabricienne  et  communale  ont  souscrit  tout 
ce  qu'elles  pouvaient,  vu  leurs  maigres  ressources.  Les 
plans  sont  terminés,  approuvés,  mais  ce  n'est  pas  avec  les 
3,000  francs  que  ces  administrations  s'engagent  à  four  dît, 
que  l'on  peut  entreprendre  la  restauration. 

En  inscrivant  cette  intéressante  et  exceptionnelle  église 
romane  dans  la  seconde  classe,  il  avait  paru  que  la  Commis- 
sion royale  se  disposait  à  prêter  son  appui,  dans  une  certaine 
mesure,  comme  elle  l'avait  fait  pour  l'église  de  Saint- 
Séverin  ?  Or,  il  n'y  a  pas  à  se  le  dissimuler,  si  une  inter- 
vention pécuniaire  ne  se  produit  pas  à  bref  délai,  non 
seulement  les  frais  de  restauralion-s'accroitront,  mais  celle-ci 
deviendra  impossible. 

Il  est  superflu  de  faire  mention  des  autres  objets  dont  le 
Comité  a  eu  à  s'occuper,  autels,  confessionnaux,  chaires  de 
vérité,  ameublement,  vitraux,  etc.,  etc.,  auxquels  des  avis 
favorables  n'ont  pas  été  refusés. 


—  264  — 

Les  travaux  ont  été  poursuivis  aux  forteresses  ou  châteaux 
de  Moha,  Franchimont  et  Logne  et,  comme  les  années  pré- 
cédentes, les  membres  du  Comité  ont  été  invités  à  participer 
à  de  nombreuses  inspections  auxquelles,  plusieurs  de  nos 
collègues  ont  assisté. 

Enfin,  l'inventaire  des  constructions  civiles  et  religieuses 
intéressantes  est  à  peu  près  rédigé.  Celui  des  objets  d'art 
est  encore  incomplet,  mais  il  pourra  être  terminé  en  quelques 
mois,  d'autant  plus  facilement  que,  en  ce  qui  concerne  la 
ville  de  Liège,  il  a  été  publié  dans  la  collection  des 
mémoires  couronnés  par  la  Société  d'Émulation.  Le  lauréat 
était  M.  Renier,  membre  correspondant. 

M.  le  Président.  —  Nous  remercions  M.  Lohest  au  sujet 
de  son  intéressant  rapport. 

Pour  1  église  de  Xhignesse,  la  Commission  royale  des 
monuments  Ta  vivement  recommandée  auprès  du  Ministre 
compétent,  comme  elle  Ta  fait  pour  l'église  Saint-Séverin. 

Quant  à  la  question  si  importante  que  vous  soulevez, 
savoir  si  les  Comités  provinciaux  peuvent  être  consultés  ou 
non  au  sujet  des  grands  monuments,  tels  que  ceux  en  con- 
struction actuellement  à  Liège  :  l'Hôtel  des  Postes,  le 
Pont  de  Fragnée,  etc.,  c'est  chose  capitale;  on  peut  se 
demander  si  la  Commission  centrale  et  les  Comités  des 
correspondants  doivent  être  consultés  à  ce  sujet?  Nous 
sommes  chargés  de  la  conservation,  mais  non  pas  de  la 
création  des  monuments.  Remarquez-le  :  nous  sommes 
partisans  d'être  consultés  au  sujet  des  nouveaux  monuments  ; 
c'est  l'objet  d'une  motion  de  M.  Maquet  au  sein  de  la 
Commission  centrale  qui  a  été  transmise  aux  Ministres.  En 


—  26S  — 

fait,  nous  avons  été  consultés  pour  les  nouveaux  musées  de 
Mons,  de  Gand  et  de  Liège.  Quant  à  l'Hôtel  des  Postes  de 
Liège,  il  ne  faut  pas  oublier  que  c'est  un  de  vos  collègues 
du  Comité  de  Liège,  M.  Jamar,  qui  a  été  chargé  de  ce 
travail.  Il  aurait  pu  prendre  officieusement  votre  avis  et 
celui  de  la  Commission  royale. 

Ainsi  procède  notre  éminent  collègue,  M.  Maquet,  chaque 
fois  qu'il  est  appelé  à  édifier  un  monument  important. 

En  ce  qui  concerne  l'exécution  du  fronton  du  Palais  des 
Évèques  du  côté  de  la  place  Saint-Lambert,  il  ne  faut  pas 
oublier  que,  dans  une  visite  à  Liège,  à  laquelle  vous  n'as- 
sistiez pas  malheureusement,  la  question  a  été  débattue 
d'une  façon  si  approfondie  que  nous  ne  nous  étonnons  pas 
que  M.  le  Gouverneur  n'ait  pas  jugé  à  propos  de  consulter 
de  nouveau  votre  Comité. 

La  parole  est  à  M.  le  rapporteur  du  Limbourg. 


—  266  — 


PROVINCE  DU  LIMBOURG 


M.  Van  Neuss,  en  remplacement  de  M.  l'abbé  Daniels, 
rapporteur  : 

Messieurs, 

Le  Comité  du  Li  m  bourg  n'a  pas  à  vous  faire  celle  année 
un  long  rapport  et  je  n'abuserai  donc  pas  de  votre  bienveil- 
lante attention. 

Notre  Comité  n'a  été  consulté  sur  aucun  projet  de  con- 
struction, de  reconstruction  ou  de  restauration  de  monu- 
ments, et  aucune  autre  question,  rentrant  dans  le  cadre  de 
sa  compétence,  n'a  été  soumise  à  son  examen. 

On  a  fait  ressortir,  à  plus  d'une  occasion,  dans  celte 
assemblée,  combien  il  peut  parfois  être  utile  ou  nécessaire 
de  faire  appel  aux  connaissances  locales  des  Comités  pro- 
vinciaux dans  l'instruction  des  affaires  sur  lesquelles  la 
Commission  royale  doit  se  prononcer  souverainement. 

Après  ce  qui  a  été  dit  et  répété  à  ce  propos,  nous  ne 
voulons  pas  revenir  sur  la  question  autrement  que  pour 
exprimer  encore  une  fois  nos  regrets  d'être  tenus,  par 
continuation,  à  l'écart  dans  l'étude  préliminaire  des  projets, 
même  de  ceux  auxquels  nous  portons  manifestement  le  plus 
vif  intérêt.  En  règle  générale,  nous  restons  parfaitement 
étrangers  aux  projets  de  restauration  d'édiGccs,  de  place- 
ment, dans  les  églises,  de  meubles  artistiques,  d'autels,  de 


—  267  — 

vitraux,  etc.,  jusqu'à  l'agréable  moment  où  nous  sommes 
prévenus  de  l'arrivée  dans  la  province  de  la  Commission 
royale  des  monuments.  Alors,  dans  des  entretiens  aussi 
charmants  qu'instructifs  avec  MM.  les  membres  de  cette 
Commission  et,  souvent,  avec  son  distingué  Président,  nous 
faisons,  sur  le  tard,  la  connaissance  de  travaux  exécutés 
d'après  des  plans  que  nous  n'avons  jamais  vus. 

Si  nous  devons  finir  par  accepter  définitivement  cette 
situation,  nous  l'accepterons  avec  une  philosophique  rési- 
gnation, mais  on  voudra  bien  convenir  que  la  résignation  à 
jouer  un  rôle  aussi  effacé  ne  peut  manquer  de  produire  à 
la  longue  un  effet  très  déprimant  au  point  de  vue  du  zèle  de 
nos  membres  les  plus  dévoués.  —  Soit  dit  tout  cela  sans 
aigreur  pour  personne,  mais  non  sans  un  grain  d'envie 
lorsque  nous  voyons  d'autres  Comités  provinciaux  être 
largement  associés  à  tous  les  travaux  qui  s'exécutent  dans 
leur  ressort. 

Cette  année,  les  occasions  n'ont  pourtant  pas  fait  défaut 
dans  le  Limbourg  pour  entretenir  un  peu  l'activité  du 
Comité  provincial.  Les  administrations  fabriciennes  et  les 
administrations  communales  sont  dans  notre  province  de 
plus  en  plus  soucieuses  de  la  conservation  des  monuments 
du  passé  et,  depuis  notre  dernière  réunion  générale,  elles 
ont  mis  en  avant  plusieurs  projets  de  construction,  de  res- 
tauration et  d'ameublement.  Nous  avons  pris  à  ce  sujet  des 
renseignements  dans  les  bureaux  du  Gouvernement  pro- 
vincial et,  d'après  ces  renseignements,  nous  pouvons  citer  : 
le  placement,  dans  la  nouvelle  église  de  Kessenich,  d'un 
maître-autel,  d'un  banc  de  communion  et  d'une  chaire  de 
vérité;  dans  l'église  de  Wimmerlingen,  récemment  détruite 


—  268  — 

par  un  incendie  et  reconstruite  aussitôt,  le  placement  d'un 
maitre-autel  et  d'une  chaire  de  vérité. 

Les  églises  de  Widoye,  de  Geystingen  et  de  Loramel  ont 
été  dotées  d'un  maitre-autel,  et  la  belle  église  de  Neeroe- 
teren,  d'une  chaire  de  vérité. 

Les  églises  d'Àlken,  de  Zolder  et  de  Corthys  ont  été 
pourvues  de  divers  objets  d'ameublement,  parmi  lesquels 
deux  autels  latéraux. 

La  construction  de  meubles  artistiques  pour  les  églises 
de  Genck,  de  Neerhaeren,  d'Àlken,  de  Loramel  et  pour 
l'église  Saint-Jean-Baptiste,  à  Tongres,  est  à  l'élude. 

En  ce  qui  concerne  la  restauration  partielle  ou  totale  de 
monuments,  nous  nous  trouvons  aussi  devant  plusieurs 
projets  ou  avant-projets  en  instruction,  notamment  :  la  res- 
tauration du  chœur  de  l'église  de  Halen,  la  restauration  de 
la  tour  de  l'ancienne  abbaye  de  Saint-Trond  qui  orne  la 
pittoresque  Grand'Place  de  celte  ville,  el  les  travaux  à  faire 
pour  assurer  la  conservation  de  la  gracieuse  porte  renais- 
sance qui  se  trouve  au  pied  de  la  tour.  Ajoutons  encore  à 
cette  liste,  que  nous  pourrions  allonger,  la  restauration  de 
l'intéressante  église  de  Berg  près  de  Tongres,  les  sculptures 
intérieures  à  faire  dans  l'église  de  Neeroeleren,  le  délicat 
projet  de  restaurer  et  de  déplacer  le  jubé  monumental  de 
Tessenderloo  et,  finalement,  les  décisions  à  prendre  au  sujet 
des  peintures  murales  découvertes  dans  les  églises  de  Zep- 
peren  et  du  Bôguinage  de  Tongres. 

La  Commission  royale  des  monuments  nous  fait  le  plaisir 
de  nous  convoquer  très  régulièrement  et  en  lemps  utile  à 
ses  visites  dans  la  province.  Nous  lui  en  exprimons  toute 
notre  reconnaissance.  Des  délégués  de  notre  Comité  ont 


--  269  — 

accompagné  les  membres  de  la  Commission  dans  les  visites 
suivantes  : 

À  Peer,  pour  l'examen  d'un  autel  latéral  placé  dans  l'église 
paroissiale; 

A  Saint-Trond,  pour  l'examen  du  mobilier  placé  dans 
l'église  Saint-Pierre  et  d'un  chemin  de  la  croix  et  de  vitraux 
dans  l'église  Saint- Martin  ; 

À  Zepperen,  pour  l'examen  des  travaux  de  restauration 
intérieure  de  l'église  ; 

Dans  les  églises  d'Alken  et  de  Geystingen,  pour  le  place- 
ment d'objets  mobiliers  et,  enfin,  à  Bilsen  et  à  Looz,  où  les 
délégués  de  notre  Comité  ont  eu  la  satisfaction,  pour  la 
première  fois,  croyons-nous,  de  prendre  connaissance  de 
projets  en  instruction  et  non  encore  exécutés.  Il  s'agissait, 
à  Bilsen,  d'examiner  sur  place  des  questions  relatives  à 
l'agrandissement  et  à  la  restauration  de  l'église  et,  à  Looz, 

d'examiner  un  avant-projet  pour  la*  restauration  de  l'hôtel 
de  ville. 

La  rédaction  de  notre  inventaire  des  objets  d'art  continue 
d'avancer.  Nous  nous  proposons  de  profiter  des  derniers 
beaux  jours  de  l'année  pour  visiter  les  communes  qu'il  nous 
reste  à  voir  dans  le  canton  de  Saint-Trond.  Nous  n'avons 
découvert,  cette  année,  dans  nos  visites,  que  des  objets  d'un 
intérêt  secondaire. 

Comme  détail,  un  peu  étranger  à  notre  mission,  nous 
dirons  que  pendant  notre  tournée  à  Dilsen,  nous  avons 
fortuitement  rencontré,  sur  le  territoire  de  cette  commune, 
contre  la  voie  romaine  qui  longe  la  rive  gauche  de  la  Meuse, 
des  restes  non  douteux  d'une  villa,  relais  de  poste  ou  autre 
établissement  gallo-romain.  Nous  avons  recueilli  notamment 


—  270  — 

de  nombreux  débris  de  tuiles  et  des  morceaux  de  vases  en 
terre  samienne  et  un  fragment  de  lèle  avec  un  sigle  devenu 
illisible  par  suite  d'usure. 

Deux  de  nos  membres  ont  assisté  à  la  réunion  que  la 
Commission  royale  a  convoquée  à  Bruxelles  en  vue  d'adopter 
un  plan  uniforme  pour  l'impression  de  l'inventaire  des 
objets  d'art  conservés  dans  des  édifices  publics.  Il  a  paru 
utile  à  nos  délégués  de  communiquer  dans  cette  assemblée, 
à  litre  de  spécimen,  quelques  articles  de  la  minute  de  notre 
inventaire,  tels  que  la  description  de  statues,  de  meubles, 
d'objets  d'orfèvrerie,  etc.,  et  il  s'est  trouvé  que  nos  descrip- 
tions sont  en  général  conformes  au  plan  qui  a  été  adopté  pour 
l'impression. 

Dans  quelques  provinces,  les  Comités  ont  fait  précéder 
l'inventaire  d'une  courte  notice  descriptive  des  églises  ou 
monuments  où  les  objets  se  trouvent.  C'est  là  une  extension 
donnée  à  l'inventaire  qui  n'a  pas  été  prévue  dans  le  Li Hi- 
bou rg.  Mais,  dans  l'intérêt  de  l'uniformité,  nous  sommes 
disposés  à  combler  la  lacune  que  notre  travail  pourrait  pré- 
senter sous  ce  rapport. 

La  question  de  la  création  d'un  musée  provincial  que 
notre  Comité  ne  cesse  de  recommander,  est  toujours  arrêtée 
par  des  difficultés  financières.  Avec  l'espoir  que  ces  diffi- 
cultés puissent  être  résolues,  nous  nous  appliquons  à  enri- 
chir les  collections  naissantes  qu'un  fonctionnaire  intelligent 
a  réunies,  avec  le  zèle  le  plus  louable,  dans  les  locaux  du 
Gouvernement  provincial. 

Avant  de  terminer  notre  rapport,  nous  avons  le  devoir, 
Messieurs,  de  rendre  hommage  à  la  mémoire  d'un  de  nos 
membres  les  plus  éclairés,  M.  le  baron  de  Pitleurs-d'Ordangc, 


—  271  — 

dont  nous  avons  eu  à  déplorer  la  perte  dans  le  courant  de 
Tannée  et  qui  n'est  pas  encore  remplacé. 

M.  le  Président.  —  Monsieur  Van  Neuss,  vous  avez  bien 
raison,  au  nom  de  votre  Comité  provincial,  de  vous  plaindre, 
d'autan l  plus  que  nous  savons  tous  que  le  Comité  du  L im- 
bourg est  l'un  des  plus  actifs;  vous  savez  que  la  faute  com- 
mise ne  peut  pas  être  imputée  à  la  Commission  royale.  Il  ne 
dépend  pas  de  nous  que  vous  soyez  consultés  tout  d'abord. 
C'est  à  l'administration  provinciale  que  vous  devriez  adresser 
votre  réclamation. 

La  parole  est  à  M.  le  rapporteur  du  Luxembourg. 

M.  Sibenaler,  rapporteur.  —  Monsieur  le  Président, 
M.  Tandcl  étant  indisposé,  je  vais  avoir  l'honneur  de  donner 
lecture  du  rapport  en  son  nom. 

M.  le  Président.  —  Parfaitement. 


—  272  — 


PROVINCE  DU  LUXEMBOURG. 


M.  Sibenaler,  en  remplacement  de  M.  Tandel,  rap- 
porteur : 

Messieurs, 

Depuis  tantôt  deux  ans,  ensuite  du  cruel  événement  du 
26  janvier  1901,  qui  lui  a  enlevé  son  Président  d'honneur, 
le  Comité  des  correspondants  du  Luxembourg  n'a  pu  faire 
preuve  de  grande  activité  ;  aucun  projet  ne  lui  a  été  soumis 
de  la  part  de  l'Autorité  supérieure. 

Quelques  inspections  ont  eu  lieu  de  concert  avec  les 
délégués  de  la  Commission  royale  des  Monuments.  En  voici 
l'énumération  succincte  : 

Réception  du  banc  de  communion  et  des  statues  placées  à 
l'église  de  Berlrix  ; 

Examen  d'un  tableau  à  restaurer  à  l'église  de  Rossignol  ; 

Examen  de  vitraux  placés  à  l'église  de  Bastogne; 

Nouvelle  visite  de  l'église  de  Saint-Hubert  ; 

Visite  de  l'ancienne  chapelle  de  Frassem; 

Choix  de  l'emplacement  proposé  pour  la  nouvelle  église 
de  Pin  ; 

Examen  du  maitre-aulel  et  des  autels  latéraux  de  l'église 
de  Rendeux-Haut  ; 

Examen  de  quatre  vitraux  placés  dans  les  nefs  latérales 
de  l'église  de  Libin. 

En  dehors  de  ces  inspections,  le  Comité  luxembourgeois 


—  à73  — 

s'est  occupé  de  l'inventaire  des  objets  d'art  existant  dans  la 
province.  Ce  travail  est  préparé,  il  est  même  déjà  fait  pour 
l'arrondissement  d'Arlon-Virton,  mais  il  manque  malheu- 
reusement quelques  documents  pour  l'achever. 

Toutefois,  il  serait  désirable  que  la  Commission  des 
Monuments  donnât  un  plan  général  d'ensemble  pour  effec- 
tuer ce  travail,  afin  d'obtenir  l'uniformité  pour  lout  le 
royaume. 

Je  crois  utile  de  faire  connaître  de  quelle  façon  il  a  été 
procédé  dans  le  Luxembourg  au  récolement  des  objets 
d'art  : 

Feu  M.  Orban  de  Xivry,  le  très  regretté  Gouverneur 
de  la  province,  a  adressé  une  circulaire  aux  conseils  de 
fabrique  d'église  avec  un  questionnaire  formulé  de  la 
manière  suivante  : 

Quel  est  le  patron  de  l'église  que  vous  administrez? 

En  quelle  année  l'église  a-t-elle  été  construite  et  quel  est 
son  style? 

Exisle-L-il  des  paratonnerres  ou  des  gargouilles  artistiques? 

Y  a-t-il  des  grilles  de  défense  ? 

Existe- 1- il  des  vitraux  et  à  quelle  époque  sont-ils  attribués? 

Existe-l-il  des  monuments  funéraires  dans  l'église  ? 

Indiquez  le  nombre  et  les  inscriptions,  si  possible. 

Les  pierres  lumulaires  servent-elles  de  dallage?  —  Dans 
l'affirmative,  peut-on  encore  lire  les  inscriptions  qui  s'y 
trouvent? 

Existe-l-il  des  blasons,  des  inscriptions  épigraphiques  ou 
des  marques  anciennes  ? 

Indiquez  la  nature  de  ces  blasons,  inscriptions  ou 
marques. 


—  274  — 

Ne  trouve-ton  pas  dans  les  combles  de  l'église  des  objets 
qui  pourraient  avoir  une  certaine  valeur  archéologique? 

N'y  a-t-il  rien  de  remarquable  en  fail  de  cryptes,  con- 
fessionnaux, boiseries,  stalles,  chaires  à  prêcher,  bancs 
d'oeuvre,  siège  du  célébrant? 

N'existe-t-il  rien  de  curieux  en  fail  d'orfèvrerie,  de  lumi- 
naire, de  dais,  d'autel,  de  ciboires,  fonts,  bénitiers,  lutrins, 
ornements,  habits? 

N'y  a-t-il  pas  de  peintures  murales  anciennes,  des 
tableaux,  des  meubles  ou  des  statues? 

Tous  ces  questionnaires,  dûment  remplis,  ont  été  classés 
et  remis  aux  membres  du  Comité  provincial  des  correspon- 
dants du  Luxembourg. 

On  a  assigné  ù  ces  membres  un  certain  nombre  de 
communes  et  de  sections  de  communes  en  tenant  compte 
de  leur  résidence  et  des  facilités  de  communication  avec 
ces  localités.  Chaque  membre  s'est  rendu  sur  les  lieux,  aGn 
de  contrôler  les  renseignements  contenus  dans  les  question- 
naires mis  à  sa  disposition  et  a  fail  un  rapport  spécial  en  y 
comprenant  les  autres  édifices  civils,  religieux,  publics  ou 
privés  ayant  un  caractère  monumental,  archéologique,  his- 
torique ou  curieux. 

Tous  ces  rapports,  à  l'exception  d'un  seul  qui  ne  m'est 
pas  encore  parvenu,  sont  classés  et  l'on  n'attend  plus  que 
les  instructions  de  la  Commission  royale  des  Monuments  pour 
faire  le  travail  de  fusion  d'une  manière  méthodique  permet- 
tant de  consulter  utilement  et  rapidement  l'inventaire  général. 

Notre  Comité  préconise  le  classement  alphabétique  par 
nom  des  localités  où  les  objets  inventoriés  se  trouvent  et 
pour  chaque  province  en  particulier. 


—  275  — 

D'autres  questions,  dont  les  détails  sonl  trop  longs  pour 
trouver  place  dans  ce  rapport,  ont  été  traitées  dans  la 
dernière  réunion  du  Comité. 

Afin  de  ne  pas  abuser  de  vos  moments,  je  remettrai  le 
procès-verbal  de  celte  réunion  à  M.  le  Président,  qui  jugera, 
sans  doute,  utile  de  le  publier  dans  le  Bulletin  de  la  Com- 
mission royale. 


COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS. 


Réunion  du  Comité  provincial  du  Luxembourg. 


SÉANCE   DU   13  AOUT   1902. 

Présents  :  MM.  le  comte  C.  de  Briey,  gouverneur,  prési- 
dent; Tandel,  vice- président;  Van  de  Wyngaert,  membre- 
secrétaire;  Cupper,  Déome,  le  R.  P.  Goffinet,  Wilmarî, 
membres,  et  Sibenaler,  secrétaire-adjoint. 

M.  le  Gouverneur  entretient  le  Comité  de  l'inventaire  à 
former  des  objets  d'art  appartenant  aux  établissements 
publics  et  des  édifices  civils,  privés,  religieux  ou  autres, 
ayant  un  caractère  monumental,  archéologique,  historique 
ou  curieux.  Il  dépose  le  dossier  contenant  tous  les  rapports 
fournis  par  les  membres  correspondants,  à  l'exception  de 
celui  de  M.  Kurth,  qui  n'est  pas  encore  parvenu. 

M.  le  Gouverneur  promet  d'insister  personnellement 
auprès  de  M.  Kurth,  afin  que  le  dossier  dont  il  s'agit  puisse 


—  276  — 

èlre  complété  le  plus  tôt'  possible  et  le  travail  de  fusion 
entrepris,  ainsi  que  la  Commission  royale  des  Monuments, 
par  l'organe  de  son  Président,  M.  Ch.  Lagasse  de  Locht,  en 
a  exprimé  le  désir  à  diverses  reprises. 

M.  le  Gouverneur  fait  également  connaître  que  M.  le 
Ministre  de  la  Justice  s'intéresse  spécialement  à  la  question 
de  restauration  de  l'église  de  Saint-Hubert.  La  question  de 
dérochement  du  plâtras  intérieur  de  l'édifice  a  donné  lieu  à 
des  divergences  clopinions  qui  ont  amené  l'arrêt  complet 
des  travaux,  en  attendant  une  nouvelle  décision. 

M.  Déome  proteste  conlre  l'idée  de  polychromer  l'église 
de  Saint-Hubert  sauf  quelques  parties  spécialement  réservées 
à  cet  usage;  mais  le  travail  devrait  être  confié  à  de  vrais 
artistes. 

M.  Van  de  Wyngaert  trouve  que  l'harmonie  des  couleurs 
dans  les  matériaux  employés  pour  la  construction  de  l'église 
de  Saint- Hubert  est  parfaite  et  qu'il  serait  regrettable  de 
recouvrir  ce  beau  travail  d'architecture  d'un  nouveau  plâ- 
trage et  de  couleur. 

Le  R.  P.  Goflinel  est  du  même  avis  et  attire  l'attention 
de  la  Commission  des  Monuments  sur  ladite  église,  plus 
spécialement  depuis  sa  dernière  visite.  Les  murs  du  chœur 
u'étaient  pas  décrépis,  personne  n'a  pu  savoir  s'ils  sont 
polychromes  comme  ceux  des  nefs  et  des  colonnes.  Ces 
dernières  sont  admirables  parce  que  la  polychromie  tient  au 
choix  et  à  la  disposition  des  matériaux  employés  et  non  à 
une  peinture  à  l'huile. 

Si  le  chœur  est  semblablemenl  construit,  c'est  à  fortiori 
que  tiendront  à  leur  opinion  les  adversaires  de  la  poly- 
chromie à  l'huile. 


—  277  — 

Mais  si  les  murs  du  chœur  sont  en  pierres  grises,  vient 
la  plus  grave  question  :  Que  faire? 

1°  Évidemment  rechercher  si  les  constructeurs  ont  voulu 
cette  différence  pour  en  tirer  bon  parti  ou  s'ils  l'ont  subie  à 
regrel.  En  ce  dernier  cas,  examiner  ce  qu'ils  ont  fait  pour 
sortir  de  leur  embarras  ; 

2°  Prendre  une  décision  et  juger  s'il  faut  polychromer  le 
chœur  seulement,  les  nefs  seulement,  le  tout. 

Le  ft.  P.  Gofiinet  demande  s'il  n'y  aurait  pas  moyen 
d'engager  plusieurs  villages  à  tenir  propres  et  convenables 
les  abords,  les  alentours  de  leurs  églises?  D'y  faire  quelques 
embellissements  et  de  les  entretenir,  surtout  d'en  écarter 
les  choses  encombrantes,  inconvenantes,  etc. 

La  plus  pauvre  église,  bien  soignée  extérieurement,  inspi- 
rerait non  seulement  la  piété,  mais  l'ordre  et  la  bonne  tenue 
des  maisons  particulières. 

Cette  observation  doit  s'appliquer  à  beaucoup  de  villages 
et  plus  spécialement  à  Saint-Hubert,  dont  les  abords  mal 
entretenus  de  l'admirable  église,  ne  permettent  même  pas 
l'écoulement  régulier  des  eaux  pluviales.  D'autre  part,  les 
cryptogames  s'introduisent  entre  les  pierres  de  la  façade  et 
les  font  éclater. 

M.  Tandel  dit  que  le  cas  a  été  de  même  pour  beaucoup 
d'églises  de  son  arrondissement,  mais  qu'à  force  d'intervenir 
auprès  des  communes,  il  a  obtenu  le  dégagement  général 
des  édifices  du  culte. 

H.  Gupper  insiste  également  sur  cette  question  et 
signale  plus  spécialement  les  églises  de  Bande  et  de 
Sibret,  où  les  eaux  pluviales  coulent  dans  les  fondations, 
provoquent   l'humidité   et    hâteront   la    destruction.  Il   y 


—  278  — 

aurait  lien  de  construire  des  filets  d'eau  et  des  trottoirs. 

M.  Cupper  signale  aussi  qu'il  est  question  d'agrandir  le 
chœur  de  l'église  de  Bourcy.  Il  prie  le  Comité  d'émettre  un 
vœu  auprès  de  la  Commission  royale  des  Monuments  pour 
qu'une  visite  soit  ordonnée  avant  d'entamer  les  travaux.  La 
voûte  du  chœur  est  polychromée  et  il  y  aurait  peut-être 
lieu  de  prescrire  des  travaux  de  conservation. 

M.  le  Gouverneur  promet  d'en  référer  à  la  Commission 
royale  des  Monuments  et  insistera  tout  spécialement  pour 
que  les  desiderata  du  Comité  soient  pris  en  considération. 

M.  Tandel  fuit  connaître  qu'il  existe  à  l'église  du  village 
de  Lacuisine  des  verres  à  vilre  d'une  crudité  peu  en  rapport 
avec  l'édifice  du  culte.  11  y  aurait  peut-être  lieu  d'engager 
le  conseil  communal  à  faire  poser  des  vitraux  et  au  besoin 
des  grisailles  dont  le  prix  est  peu  élevé. 

M.  Cupper  a  eu  l'occasion  de  constater  à  diverses  reprises 
que  les  matériaux  employés  dans  la  construction  des  bâti- 
ments civils  sont  de  mauvaise  qualité  et  de  provenance 
étrangère  au  pays.  Il  fait  valoir  l'excellence  des  produits  de 
nos  carrières  et  les  désavantages  des  matériaux  étrangers 
à  la  région  :  On  fait  usage  de  pierres  provenant  du  Grand- 
Duché,  de  briques  qui  ne  peuvent  supporter,  sans  s'effriter, 
les  rigueurs  de  notre  climat  et  des  ardoises  de  qualité 
inférieure,  alors  que  celles  qui  proviennent  de  nos  établis- 
sements du  Luxembourg  belge  sont  préférables  à  tous  les 
points  de  vue.  Il  y  aurait  certainement  lieu  de  favoriser 
l'industrie  nationale. 

Les  constructions  se  font  sous  la  direction  des  étrangers 
sans  autre  contrôle  de  la  Commission  royale  des  Monuments 
que  l'approbation  des  plans  et,  parfois,   la  réception  des 


—  279  — 

travaux.  A  son  avis,  un  membre  compétent  de  ladite  Com- 
mission devrait  être  désigné  pour  surveiller  les  travaux  au 
cours  de  leur  exécution  et  qui  aurait  pour  mission  de 
s'assurer  également  de  la  qualité  des  matériaux  employés. 

M.  le  Gouverneur  fait  part  au  Comité  de  l'entrevue  qu'il 
a  eue  avec  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture  au  sujet  de  la 
conservation  des  ruines  d'Orval.  Les  difficultés  en  vue 
d'arriver  à  une  entente  avec  le  propriétaire,  M.  Wauters, 
sont  en  grande  partie  aplanies.  II  verra  lui-même  le  pro- 
priétaire et  tâchera  d'obtenir  une  solution  favorable. 

Le  R.  P.  Goffinet  remercie  M.  le  Gouverneur  pour  l'intérêt 
qu'il  porte  aux  précieux  restes  de  la  célèbre  abbaye  d'Orval. 
Il  le  prie  également  d'intervenir  auprès  de  M.  Kurlh  pour 
obtenir  le  renvoi  des  archives  concernant  Saint-Hubert  et 
qui  appartiennent  au  dépôt  des  archives  de  l'État,  à  Arlon. 
Depuis  longtemps,  il  cherche  à  les  consulter  cl  on  lui  répond 
invariablement  qu'elles  sont  chez  M.  Kurlh. 

M.  le  Gouverneur  en  parlera  à  M.  l'archiviste  de  l'État  et 
l'engagera  à  réclamer  les  documents  dont  il  s'agit. 


• 
*  * 


Il  est  remis  à  chaque  membre  présent  une  lettre  de 
convocation  pour  assister  à  l'assemblée  générale  annuelle  de 
la  Commission  royale  dos  Monuments  et  de  ses  correspon- 
dants, qui  aura  lieu  à  Bruxelles,  le  lundi  6  octobre  pro- 
chain. 

M.  le  Gouverneur  propose  de  déléguer,  comme  d'habi- 
tude, MM.  Tandel,  vice-président  du  Comité,  et  Sibenaler, 
secrétaire-adjoint,  pour  assister  à  ladite  assemblée. 


—  280  — 

Celte  proposition  est  ratifiée  à  ruoanimité. 
L'ordre  du  jour  étant  épuisé  et  plus  personne  ne  deman- 
dant la  parole,  la  séance  est  levée  à  3  heures. 

M.  le  Président.  —  Nous  vous  remercions  beaucoup 
pour  ce  rapport,  Monsieur  Sibenaler,  cl  nous  pourrons 
rencontrer  tout  ce  que  vous  venez  de  dire  lorsque  nous 
discuterons  la  troisième  question  à  l'ordre  du  jour. 

La  parole  est  maintenant  à  M.  le  rapporteur  de  la  province 
de  Namur. 


—  28Î  — 


PROVINCE  DE  NAMUR 


H.  Dàrdenne,  rapporteur  : 

Messieurs, 

Nous  n'avons  que  peu  de  chose  à  vous  exposer  celte 
année  ;  les  travaux,  dans  notre  province,  subissent  un 
temps  d'arrêt  dont  la  cause  toutefois  nous  est  absolument 
étrangère  :  dans  la  plupart  des  cas,  c'est  le  nerf  des  con- 
structions qui  fait  défaut,  les  crédits  disponibles  étant  depuis 
longtemps  engagés. 

Depuis  notre  dernière  réunion,  nous  n'avons  tenu  que 
deux  séances  ;  les  ordres  du  jour  comprenaient  douze 
points  : 

Quatre  mobiliers  d'église  (La  Plante,  Sart-en-Fagne,  Cul- 
des-Sarts,  des  Tombes)  ; 

Un  placement  de  vitrail  (Resteigne)  ; 

Une  construction  d'église  (Han-sur-Lesse)  ; 

Trois  restaurations  d'églises  (Gonrieux,  Roly,  Vierves); 

Une  décoration  d'église  (Haslière-Lavaux). 

Ajoutons  à  ce  maigre  exposé  les  travaux  de  Walcourt. 
Celle  restauration  se  faisant  sous  la  direction  et  le  contrôle 
directs  de  la  Commission  royale,  nous  ne  sommes  guère  à 
même  de  relater  la  situation  que  par  le  rapport  de  fin 
d'année  de  l'architecte  dirigeant,  rapport  mentionnant  d'une 
façon  sommaire  et  traditionnelle  les  gros  travaux  exécutés, 


—  28*  — 

le  cube  des  pierres  employées,  les  menues  dépenses  d'atelier, 
de  taille,  etc. 

La  question  de  la  tour  de  l'église  de  Dinant  reste  toujours 
en  suspens  ;  il  parait  cependant  qu'il  y  a  urgence  à  s'en 
occuper.  Quel  que  soit  le  projet  qui  sorte  des  méditations  ou 
négociations  en  cours,  il  nous  sera  sans  doute  permis  de 
formuler  ici  notre  vœu  le  plus  cher  :  c'est  de  voir  maintenir 
la  flèche  originale  qui  s'est,  durant  sa  longue  existence,  si 
bien  identifiée  avec  son  entourage,  accommodée  à  son 
milieu,  associée  aux  souvenirs  des  touristes  et  des  archéo- 
logues. Nous  n'en  pouvons  rien  si  nous  avons  au  cœur  une 
si  vive  affection  pour  la  «  citrouille  •,  et  c'est  plein  de 
confiance  que  nous  supplions  qu'on  la  conserve  à  notre 
vénération  (i). 

Puisque  nous  parlons  de. Dinant,  nous  nous  permettrons, 
au  nom  de  tous  les  membres  de  notre  Comité  —  sauf 
M.  del  Marmol,  qui  se  trouvait  sur  place,  —  d'exprimer 
nos  regrets  de  n'avoir  pu  assister  à  l'examen  de  réceplion 
de  la  dernière  verrière  placée  dans  la  collégiale  de  celle 
ville  :  mais  la  nouvelle  de  la  démarche  de  MM.  les  délégués 
de  la  Commission  centrale  arriva  trop  tardivement  à  Namur 
pour  nous  être  transmise  en  temps  utile. 

Le  seul  travail  intéressant,  bien  que  d'ordre  secondaire, 
qui  s'exécute  actuellement  dans  notre  province,  c'est  l'agran- 
dissement de  la  vénérable  et  intéressante  église  de  Saint- 


0)  A  la  dernière-heure,  nous  ayons  appris  officieusement  que  nos  désirs 
seront  exaucés  :  la  flèche  subira  une  réfection  complète  mais  conservera, 
parait- il,  sa  forme  primitive.  S'il  en  est  ainsi,  nous  manquerions  à  notre 
devoir  le  plus  élémentaire  en  n'offrant  point  ici  nos  plus  sincères  remer- 
ciements aux  promoteurs  et  défenseurs  de  cette  mesure. 


—  283  — 

Germain.  Après  des  vicissitudes  diverses,  dos  menaces 
d'abandon  et  des  reprises  du  projet,  l'accord  se  fil  enfin. 
Les  travaux,  entrepris  avec  une  sage  lenteur,  se  poursuivent 
régulièrement  sous  l'œil  vigilant  et  la  haute  sollicitude  de  la 
Commission  royale  ;  nous  sommes  dès  maintenant  assurés 
qu'ils  donneront  pleine  et  entière  satisfaction  à  tous  les 
intéressés,  aux  paroissiens,  d'une  part,  aux  touristes  et  aux 
amateurs  de  l'autre. 

Quant  aux  restaurations  de  Gonrieux,  de  Roly  et  de 
Vierves,  ce  ne  sont  là  que  des  travaux  d'ordre  minime,  exé- 
cutés à  des  constructions  qui  n'avaient  avant  et  n'auront 
après  aucun  caractère  monumental. 

Enfin,  la  décoration  de  l'église  de  Haslière-Lavaux  est 
une  de  ces  choses  dont  on  voudrait  n'avoir  jamais  eu  à 
s'occoper,  tant  le  projet  présenté  était,  à  tous  les  points  de 
vue,  banal  et  insuffisant. 

A  propos  de  mobiliers  d'églises,  nous  devons  prolester 
contre  la  facilité,  disons  plutôt  l'espèce  d'acharnement  avec 
lequel  on  fait  disparaître  nombre  de  pierres  tombales  du 
plus  haut  intérêt  historique  ou  archéologique.  Il  y  a  bon 
nombre  d'années  que  ces  monuments  ont  été  cités,  étudiés 
ou  décrits,  avec  un  soin  tout  particulier  et  une  remarquable 
érudition,  par  notre  savant  et  passionné  collègue  M.  Alf. 
Bequel  (i).  Bien  que  ces  mausolées  aient  été  jadis  signalés  à 
l'attention  des  communes  et  des  fonctionnaires  de  divers 
degrés  préposés  à  leur  garde  ou  à  leur  conservation,  il 


(0  Nombre  de  frottis  exécutés  par  M.  Bequet  lui-même  sont  exposés  au 
musée  archéologique  de  Namur  ;  en  outre,  quantité  de  notices  leur  sont 
consacrées  dans  les  Annales  de  la  Société  archéologique  de  Namur. 


—  284  — 

arrive  presque  chaque  jour  que  nous  ayons  à  constater  de 
nouvelles  disparitions.  Or,  nous  considérons  ces  pierres 
tumulaires  comme  faisant  partie  du  domaine  public  et  nous 
voudrions  que  des  mesures  quelconques,  mais  avec  sanction 
efficace,  fussent  prises  à  bref  délai,  pour  assurer  la  conser- 
vation de  ces  intéressants  et  souvent  curieux  monuments. 

La  commune  de  Bouvignes  s'est,  dernièrement,  adressée  à 
l'administration  provinciale  de  Namur  pour  s'enquérir  de  la 
suite  donnée  au  projet  de  restauration  de  la  «  Porte  de 
Laval  »,  qui  s'écroule  chaque  jour  davantage,  et  dont  la 
disparition  est  prochaine  si  l'on  n'y  porte  remède.  Cependant 
cette  porte  rappelle  un  des  plus  beaux  souvenirs  de  l'histoire 
locale,  un  haut  fait  d'armes  reconnu  et  récompensé  par 
Charles-Quint  lui-même. 

A  ce  titre,  nous  estimons  que  ce  modeste  édicule  a  des 
titres  suffisants  pour  solliciter  avec  succès  la  bienveillante 
sollicitude  des  pouvoirs  publics  et  l'octroi  d'un  léger  subside. 

Bien  que  nous  ayons  déjà  touché,  dans  nos  précédents 
rapports,  la  question  des  mobiliers  d'église,  nous  ne  pouvons 
nous  empêcher  d'y  revenir  pour  déplorer  plus  que  jamais 
l'insuffisance  et  la  pauvrelé  des  plans  qu'on  nous  soumet 
après  approbation  des  mandataires  communaux  et  des  fabri- 
ciens.  Malgré  nos  refus  et  nos  observations,  c'est  toujours 
le  même  système  qui  prédomine,  le  même  style  —  et 
lequel?  —  vide  et  banal,  l'absence  de  caractère,  la  simi- 
litude de  conception,  disons  le  mot,  le  même  mercantilisme. 
D'ordinaire,  ces  projets  nous  sont  présentés  sous  forme  de 
simples  croquis  parfois  teintés  de  chic,  avec  un  certain 
aspect  imagier,  mais  sans  plans  de  détails,  cotes  d'épais- 
seurs,  modes  d'assemblage,   projets  tracés  en  grandeur 


—  285  — 

d'exécution,  bref,  sans  aucun  détail  constructif  qui  permette 
de  se  faire  une  idée  suffisamment  exacte  du  meuble  à  con- 
struire, des  garanties  de  solidité  qu'il  présente,  des  indices 
de  durée  qu'il  comporte,  du  caractère  a rchi tectonique  qu'il 
revêt.  Et  cependant  il  y  a  là  de  bien  graves  intérêts  à 
sauvegarder  :  ceux  des  autorités  qui  commandent  et  qui 
naturellement  paient  des  deniers  publics  ;  et,  d'autre  part, 
ceux  des  entrepreneurs  qui  devraient  se  rendre  un  compte 
exact  des  engagements  qu'ils  prennent,  des  responsabilités 
qu'ils  encourent.  A  notre  humble  avis,  celte  grave  question 
ne  se  résoudra  que  par  une  entente  complète  entre  tous  les 
pouvoirs  qui  interviennent  en  celte  circonstance.  Aussi 
longtemps  que  cet  accord  ne  se  fera  point,  on  trouvera  des 
administrateurs  assez  peu  soucieux  des  intérêts  de  leurs 
concitoyens  et  de  l'accomplissement  de  leur  mandat,  pour 
accepter  des  plans  insignifiants  ou  incomplets,  — des  entre- 
preneurs disposés  à  fournir  quand  même  les  meubles 
projetés,  —  des  fonctionnaires  enfin,  intervenant  toujours 
trop  tard,  pour  constater  toujours  avec  le  même  regret  et 
le  même  écœurement,  les  faits  accomplis;  tous  aidant  ainsi, 
à  leur  insu,  à  doter  nos  églises  de  mobiliers  de  pacotille  que 
la  génération  prochaine  devra  remplacer,  au  grand  détri- 
ment des  finances  publiques.  Inspirons-nous  davantage  de 
la  manière  d'agir  de  nos  devanciers  et  tâchons  enfin  d'avoir 
à  cœur  de  léguer  à  nos  descendants  des  œuvres  au  moins 
solides  et  durables  ;  si  nous  ne  pouvons  aspirer  à  briguer 
leurs  éloges  ou  leurs  félicitations,  évitons  au  moins  leurs 
récriminations.  Et  alors,  ce  sera  sans  crainte  et  sans 
reproche,  avec  le  calme  et  la  dignité  du  devoir  accompli, 
que  nous  quitterons  la  carrière,  laissanl  à  la  génération 


—  286  -- 

prochaine  le  soin,  non  de  démolir  ou  de  renouveler,  mais 
bien  de  conserver  et  de  continuer  notre  œuvre. 

Une  autre  question  importante,  c'est  remploi  des  maté- 
riaux de  construction.  Lorsqu'il  s'agit  de  restauration,  il  est 
évident  qu'il  importe  avant  tout  de  remplacer  les  éléments 
devenus  défectueux,  par  des  éléments  similaires,  sains  et 
durables,  de  procéder  de  telle  façon,  que  le  côté  matériel 
de  la  réfection  disparaisse;  bref,  que  la  restauration,  autant 
que  possible,  passe  inaperçue,  laissant  l'illusion  de  la  persis- 
tance de  l'œuvre  primitive. 

Mais,  pour  ce  qui  concerne  les  constructions  nouvelles, 
nous  voudrions  qu'on  imposât  aux  architectes,  comme 
première  condition  préalable  à  la  rédaction  des  plans, 
l'emploi  des  matériaux  naturels  fournis  par  la  localité  elle- 
même.  Si  toutefois  cette  localité  se  trouvait  absolument  trop 
pauvre,  si  elle  ne  récelait  que  des  matériaux  inutilisables, 
on  devrait  au  moins  se  confiner  dans  la  région,  sans  aller 
chercher  au  loin  soit  des  éléments  d'un  prix  de  revient 
très  élevé,  soit  dés  éléments  n'offrant  pas  des  garanties 
suffisantes  de  durée  ou  de  résistance  au  climat  local.  Plus 
que  jamais,  nous  sommes  persuadés  que  c'est  là  l'unique 
moyen  d'arriver  à  donner  à  nos  églises,  maisons  commu- 
nales, écoles  ou  presbylères,  une  physionomie  spéciale,  un 
caractère  local,  le  moyen  enfin  de  les  approprier,  par  leur 
aspect  et  leur  silhouette,  au  site  dans  lequel  ils  s'élèvent. 
Nous  avons  assez  subi,  en  définitive,  ces  constructions 
transplantées  d'une  extrémité  à  l'autre  de  notre  province, 
restant  toujours  et  partout  semblables,  parfois  identiques  à 
elles-mêmes.  Bref,  nous  voudrions  voir  les  architectes 
adopter  celle  maxime  :   «  À  chaque  homme  son  habit,  à 


—  287  — 

chaque  commune  ses  constructions.  »  Ce  système,  appliqué 
de  façon  soutenue,  finirait  par  doter  nos  communes  de 
bâtiments  qui  seraient  à  elles,  qui  constitueraient  les  élé- 
ments de  leur  physionomie  spéciale,  leur  personnalité,  si 
nous  pouvons  nous  exprimer  ainsi.  Et  puis,  c'est,  à  notre 
avis,  nous  devons  bien  l'avouer,  le  seul  moyen  de  faire 
disparaître  cette  fâcheuse  coutume,  beaucoup  trop  fréquente, 
de  tirer  de  nouveaux  plans  des  vieux  papiers.  Quand  on 
voit  le  parti  que  certains  architectes  ont  su  tirer  du 
judicieux  emploi  de  certains  matériaux  que  la  nature  leur 
offrait  pour  ainsi  dire  à  pied-d'œuvre,  les  heureux  effets  de 
couleur  qu'ils  leur  ont  fait  produire,  la  variété  des  formes 
qu'ils  ont  dû  créer  pour  les  mettre  en  valeur,  l'heureuse 
harmonie  qu'ils  ont  su  faire  régner  entre  ces  éléments 
souvent  si  divers,  le  caractère  à  la  fois  neuf,  pittoresque  et 
élégant  qu'ils  ont  su  donner  à  leurs  constructions,  on  se 
prend  à  déplorer  avec  amertume  que  celte  idée  ne  se 
généralise  pas  davantage  (i).  Aussi,  faisons-nous  un  chaleu- 
reux appel  à  tous  nos  collègues,  pour  que  tous  nous 
marchions  la  main  dans  la  main  à  la  conquête  de  cet  idéal. 
Puissions-nous  finir  bientôt  par  triompher  de  celte  honteuse 
inertie  contre  laquelle  nous  luttons  depuis  tant  d'années. 
Nous  ne  désespérons  pas  toutefois  de  voir  un  jour  dispa- 
raître ces  plans  de  bâtiments  communaux  quelconques, 
tirés  à  nombre  d'exemplaires,  à  l'instar  des  épreuves  photo- 
graphiques fournies  par  un  seul  et  même  cliché.  Un  appui 
qui  nous  viendra  puissamment  en  aide  et  sur  lequel  on 


(i)  Voir  les  gares  récentes  de  certaines  lignes  de  l'État,  la  Poste  de 
flny,  etc. 


—  288  — 

n'eût  peut- être  pas  compté  jadis,  c'est  la  clientèle  bourgeoise. 
De  ce  côté,  la  tendance  est  manifeste  et  jusque  dans  nos 
plus  modestes  bourgades  on  voit  s'élever  des  constructions 
qui  témoignent  d'une  évidente  recherche  du  nouveau.  Que 
les  communes  ne  se  laissent  pas  devancer  par  les  parti- 
culiers et  que  leurs  mandataires  imposent  leurs  désirs  aux 
architectes  de  leur  choix  ;  que  ceux-ci,  avant  de  jeter  aucune 
ligne,  même  d'avant-projet,  se  rendent  dans  la  localité,  qu'ils 
se  renseignent  sur  place  de  la  situation  et  de  ses  ressources, 
qu'ils  examinent  ensuite  quelque  vieille  construction  de 
l'endroit  et  ils  pourront  se  rendre  un  compte  exact  des 
ressources  naturelles,  de  la  convenance  ou  de  la  résistance 
des  matériaux.  Dès  lors,  ils  seront  fixés  sur  le  mode  de 
construction  à  adopter,  ils  n'auront  plus  à  étudier  que  les 
lignes  ou  les  formes  les  mieux  appropriées  aux  matériaux  à 
mettre  en  œuvre. 

Nous  demanderons,  pour  terminer,  qu'il  nous  soit  permis 
de  soulager  notre  cœur  d'un  poids  qui  l'oppresse,  et  ce 
faisant,  nous  aurons  rempli  notre  devoir  en  dégageant  notre 
responsabilité.  Voici  à  quel  propos.  Il  existe  dans  notre 
province  une  église  rurale  de  construction  récente,  que 
nous  ne  nous  lassons  point  d'admirer,  une  église  remar- 
quable à  tous  égards,  signée  d'un  grand  nom,  d'un  nom 
qui  brillera  longtemps  encore  dans  l'histoire  de  l'art  belge, 
une  église  enfin,  que  l'architecte  avait  étudiée,  caressée  plus 
peut-être  que  d'autres  édifices  de  haute  importance.  Malheu- 
reusement ceux  qui  assistèrent  à  l'éclosion  du  projet,  ceux 
qui  aidèrent  à  sa  réalisation,  disparurent  avant  l'achèvement 
de  l'œuvre,  disons  plutôt  du  chef-d'œuvre  :  l'église  fût,  en 
effet,  construite  mais  non  entièrement  meublée.  Il  y  a 


—  289  — 

quelques  années,  on  y  plaça  un  «  Chemin  de  croix  »,  vul- 
gaire moulage  en  plaire,  bariolé  d'indigne  façon  ;  nous  avons 
vainement  protesté  contre  cette  profanation.  Aujourd'hui,  il 
s'agit  d'un  autel  à  installer  dans  notre  petit  bijou  d'église. 
Or,  le  plan  de  l'autel  a  été  dressé  par  l'architecte  lui-même, 
non  pas  uniquement  dans  ses  grandes  lignes,  mais  bien  dans 
tous  ses  détails;  les  plans  sont  donc  là,  prêts  à  être  utilisés; 
cl  si  d'ailleurs  il  surgissait  quelque  difficulté  d'exécution, 
les  élèves  du  maître  sont  là,  prêts  à  la  résoudre.  Nous 
estimons  que  l'adoption  de  ce  projet,  à  l'exclusion  de  tout 
autre,  était  un  hommage  de  reconnaissance  dû  à  la  mémoire 
du  grand  architecte  dont  nous  pleurons  encore  la  perte.  La 
réalisation  de  ce  plan  pouvait  seule  conserver  à  l'édifice  son 
caractère  d'unité,  en  identifiant  le  meuble  principal  à  la 
construction  elle-même.  Eh  bien!  nous  regrettons  que  celte 
idée  n'ait  point  été  partagée  et  que  pour  une  mesquine 
question  de  finance,  parait-il,  —  question  qu'on  eût  peut-être 
pu  résoudre  par  d'autres  voies,  —  nous  regrettons  que  le 
plan  du  regretté  Beyaert  ait  été  écarté  et  remplacé  par 
celui  d'une  personne  complètement  étrangère  à  l'église  des 
Tombes,  personne  dont  nous  ne  songeons  nullement  à  con- 
tester le  talent  de  sculpteur;  mais,  à  notre  avis,  il  ne 
devait  entrer  dans  l'église  de  Beyaert  qu'un  autel  de 
Beyaert. 

Enfin,  nous  sommes  heureux  de  vous  annoncer  que 
la  rédaction  de  l'inventaire  des  objets  d'art  de  notre 
province  est  entrée  dans  sa  phase  d'exécution  ;  la  grande 
majorité  des  matériaux  sont  réunis  ;  nous  nous  occu- 
perons incessamment  du  groupement  et  de  la  coordi- 
nation. 


—  290  — 

M.  le  Président.  —  Nous  vous  félicitons,  Monsieur  Dar- 
denne,  pour  votre  beau  rapport. 

M.  IIelbig  (Liège).  —  Les  faits  que  vous  déplorez,  Mon- 
sieur le  rapporteur,  nous  les  déplorons  aussi,  peut-être  plus 
que  vous.  Nous  avons  voulu,  nous,  établir  une  situation  : 
c'est  que  ce  ne  sont  pas  les  administrations  qui  peuvent 
modifier  cet  état  de  choses  ;  ce  sont  les  artistes  qu'il  faut 
former  pour  cela.  C'est  par  eux  qu'il  est  possible  de  régé- 
nérer l'art  ;  nous  aurons  beau  prendre  les  mesures  les  plus 
rigoureuses  et  les  meilleures  pour  l'élaboration  d'une  œuvre 
d'art;  nous  n'aboutirons  à  aucun  résultat  désirable  par  des 
moyens  administratifs.  11  faut  des  artistes;  il  faut  que  l'édu- 
cation d'un  grand  nombre  d'artistes  soit  faite  à  ce  point  de 
vue,  car  si  nous  avons  assez  souvent  de  beaux  plans  d'église, 
en  réalité,  nous  avons  fort  peu  de  plans  d'ameublement 
convenables  ;  cela  est  négligé,  dans  l'enseignement,  d'une 
façon  presque  complète.  11  nous  faut  insensiblement  arriver, 
sous  ce  rapport,  à  un  meilleur  état  de  choses;  toutefois, 
d'après  mon  expérience  personnelle,  nous  sommes  cepen- 
dant à  ce  sujet  en  voie  d'amélioration,  malgré  ce  défaut  de 
formation  que  je  vous  signalais  à  juste  litre  et  que,  je  le 
répète,  nous  regrettons  autant  que  vous. 

M.  le  Président.  —  Nous  arrivons,  Messieurs,  au  troi- 
sième objet  de  notre  ordre  du  jour  :  «  Invenlaires  des  objets 
d'art  appartenant  aux  établissements  publics».  Ce  point  a 
été  traité  dans  presque  chacun  des  rapports  qui  nous  ont 
été  présentés  aujourd'hui  par  nos  membres  correspondants. 
Jusqu'à  ce  moment,  c'était  la  province  de  Namur  qui  était 
la  plus  en  retard  sous  ce  rapport.  Vous  avez  pu  vous 


—  291  — 

convaincre  qu'elle  était  entrée  dans  la  bonne  voie  à  cet 
égard. 

M.  Sibenaler,  au  nom  du  Comité  du  Luxembourg,  nous 
a  lu  le  rapport  de  M  Tandel;  il  a  exprimé  le  vœu  que  la 
Commission  royale  donnât  des  instructions  afin  de  voir 
achever  le  plus  vite  possible  les  différents  inventaires.  Ce 
n'est  pas  d'aujourd'hui  que  nous  demandons  cela.  Vous  vous 
rappelez,  en  effet,  que,  dès  le  15  février  de  cette  année, 
nous  avons  demandé  aux  correspondants  de  déléguer  deux 
de  leurs  membres,  dans  chaque  Comité,  pour  s'entendre 
sur  ce  point-là.  Depuis,  nous  avons  demandé  aux  divers 
Comités  de  nous  faire  parvenir  les  propositions  qui  auraient 
été  faites  depuis  le  1S  février.  Je  ne  sais  pas  si  notre 
demande  a  été  bien  comprise  à  cet  égard;  en  tout  cas, 
personne  ne  nous  a  répondu  jusqu'ici.  Mais,  afin  de  ne  pas 
allonger  outre  mesure  celte  séance  par  des  questions  trop 
détaillées,  je  vous  proposerai,  Messieurs,  comme  résolution 
pratique,  pour  ce  troisième  objet  de  l'ordre  du  jour,  de 
décider  que  la  Commission  centrale  s'occupera  de  convoquer 
à  nouveau  chez  elle  une  nouvelle  réunion  ;  seulement,  dès 
à  présent  je  vous  demanderai  de  vous  y  faire  représenter 
par  voie  de  délégués,  car  nous  serions  dans  l'impossibilité 
de  vous  abriter  tous  sous  notre  toit. 

Voilà,  Messieurs,  quelle  serait  la  meilleure  résolution  à 
prendre  actuellement  concernant  cette  question.  Si,  d'autre 
part,  des  membres  avaient  des  éclaircissements  à  donner  à 
ce  sujet,  je  suis  prêt  à  leur  accorder  la  parole. 

M.  Helbig  (Liège).  —  Je  demande  la  parole  pendant 
quelques  instants  seulement  sur  ce  sujet-là. 


—  292  — 

Il  importe,  on  Ta  déjà  dit,  qu'il  y  ait,  sous  ce  rapport,  un 
système  uniforme;  je  puis,  à  ce  propos,  recommander  tout 
spécialement  un  ouvrage  qui,  malheureusement,  est  écrit 
en  langue  allemande,  mais  qui,  cependant,  peut  servir  de 
document,  de  modèle,  surtout  au  point  de  vue  de  la  division 
et  de  l'exactitude,  c'est  l'ouvrage  de  M.  Glemen,  sur  le  pays 
rhénan.  C'est  un  ouvrage  excellent  et  que  je  puis  conseiller 
en  toute  confiance  à  tous  ceux  qui  s'occupent  de  ces  inven- 
taires. Je  crois  qu'ils  ne  trouveront  pas  de  meilleur  modèle 
à  suivre.  Ceux  qui  savent  le  flamand  peuvent  générale- 
ment lire  l'allemand,  et  les  Wallons,  qui  ne  savent  pas  le 
flamand,  mais  qui  connaissent  une  langue  germanique, 
pourront  très  souvent  aussi  le  comprendre.  Mais,  dans  tous 
les  cas,  ils  pourront  voir,  par  la  simple  division  de  ce  travail, 
combien  il  peut  être  utile  à  tous  sous  tous  les  points  de 
vue. 

M.  le  Président.  —  Vous  avez,  Messieurs,  entendu  le 
conseil  de  M.  Helbig,  tout  particulièrement  désigné  pour 
vous  le  donner;  j'espère  que  vous  voudrez  bien  en  profiter. 

M.  Bordiau  (Bruxelles).  —  Je  crois  savoir  que  la  pro- 
vince d'Anvers  et  celle  de  la  Flandre  orientale  ont  toutes  les 
deux  terminé  leur  travail;  je  fais  la  proposition  de  réunir 
ces  Messieurs  le  plus  tôt  possible  afin  qu'ils  nous  montrent 
ce  qu'ils  ont  déjà  fait  et  qu'ils  nous  disent,  en  même  temps, 
ce  qu'ils  se  proposent  encore  de  faire  pour  qu'il  y  ail  une 
certaine  uniformité  dans  le  travail,  quoique  je  pense  que  le 
travail  soit,  sous  ce  rapport,  presque  fini  partout. 

M.  le  Président.  —  Pas  partout. 


—  293  — 

M.  Bordiau.  —  11  l'est,  dans  tout  cas,  dans  plusieurs 
provinces. 

H.  le  Président.  —  Votre  conclusion,  Monsieur  Bordiau, 
est  aussi  de  faire  une  réunion  prochaine,  comme  suite  à 
celle  du  13  février. 

Si  plus  personne  ne  demande  la  parole,  je  prie  les 
Comités  provinciaux  de  vouloir  bien  nous  envoyer  deux 
délégués.  Ceux  d'enlr'eux  qui  auraient  à  peu  près  terminé 
leur  travail,  peuvent  nous  apporter  leurs  projets. 

M.  Van  Leemputten  (Anvers).  —  Pour  la  province 
d'Anvers,  vous  avez  tout  reçu. 

M.  le  Président.  —  C'est  entendu. 

Nous  abordons  maintenant,  Messieurs,  la  quatrième 
question,  en  vertu  d'une  décision  de  l'Assemblée  générale 
de  l'année  dernière.  Elle  est  ainsi  conçue  :  «  Les  formes 
de  structure  simulée,  que  l'artiste  conçoit  pour  exprimer 
son  impression  personnelle,  doivent-elles  jouer  le  rôle  prin- 
cipal dans  l'aspect  des  monuments?  » 

L'année  dernière,  M.  Bilmeyer  avait,  je  pense,  demandé 
des  explications  à  ce  sujet.  Je  suis  tout  disposé  à  lui 
accorder  la  parole,  s'il  le  désire? 

M.  Bilmeyer  (Anvers).  —  Si,  l'année  dernière,  j'ai 
demandé  la  parole  à  ce  sujet,  c'était  parce  que  j'avais 
constaté  que  plusieurs  personnes  ne  comprenaient  pas  la 
question. 

M.  le  Président.  —  N'avez-vous  rien  préparé  à  ce  sujet, 
Monsieur  Bilmeyer  ? 


—  294  — 

M.  Bilmever.  —  La  question  demande  si  les  formes 
de  structure  simulée  doivent  jouer  le  rôle  principal  dans 
l'aspect  des  monuments.  A  la  question  ainsi  posée,  je  répon- 
drai catégoriquement  :  Non. 

Aux  explications  de  notre  honorable  Président  j'ajouterai 
celles-ci  : 

Prenant  en  considération  les  diverses  formes  de  structure, 
vous  avez  les  formes  simulées,  les  formes  transposées  cl  les 
formes  réelles. 

Ces  dernières  se  définissent  ainsi  :  elles  accusent  un 
moyen  effectif  de  construction  ;  elles  sont  l'expression  vraie 
de  l'organisme  architectural.  A  mon  avis,  celte  expression 
est  la  seule  dont  on  doit  tenir  compte,  principalement  et 
à  priori  quand  il  s'agit  de  la  restauration  de  monuments. 
Pour  les  constructions  modernes,  c'esl  encore  ce  principe 
qui  devrait  dominer,  car  ce  sont  les  matériaux  employés  et 
leur  mise  en  œuvre  rationnelle  qui  forment  les  bases  fonda- 
mentales de  loutc  architecture  bien  raisonnée. 

De  ce  qui  précède,  il  y  aurait  lieu  de  recommander 
les  formes  réelles  dans  toute  restauration  et  construction 
moderne,  et  de  condamner  les  formes  simulées  et  transpo- 
sées, surtoul  si  elles  ont  pour  seul  but  une  satisfaction  le 
plus  souvent  imaginaire  et  personnelle  de  l'artiste. 

M.  le  Président.  —  Si  plus  personne  ne  demande  la 
parole  à  ce  sujet,  je  considérerai  cette  question  comme  ne 
devant  plus  être  reproduite  cette  année  ni  Tannée  prochaine. 
(Assentiment.) 

Nous  passons  à  la  question  suivante  :  t  Qu'enseignent 
les  découvertes  de  peintures  murales  faites  dans  les  monu- 


—  295  — 

menls  de  la  Belgique  ?  »  Cette  question  a  également  été 
remise  à  Tordre  du  jour  en  vertu  de  la  décision  unanime  de 
l'Assemblée  générale  du  7  octobre  1901. 

Au  sujet  de  celte  question,  nous  avons  une  triple  consta- 
tation à  faire  :  M.  van  Ruymbeke  nous  avait,  Tannée 
dernière,  promis  de  faire  une  étude  complète  sur  ce 
dont  il  nous  avait  parlé,  c'est-à-dire  de  la  décoration  de 
Téglise  de  Sainte-Walburge,  à  Furnes,  où  il  y  a  des  pein- 
tures extrêmement  intéressantes.  Malheureusement,  M.  van 
Ruymbeke  est  empêché  d'èlre  parmi  nous  par  le  fait  qu'il 
fait  partie  du  jury  de  la  Cour  d'assises  de  Bruges,  siégeant 
actuellement.  Peut-être  aussi  n'a-t-il  pas  pu  terminer  son 
travail. 

H.  Helbig  (Liège).  —  Je  puis  vous  donner  l'affirmation 
que  le  travail  de  M.  van  Ruymbeke  est  terminé. 

M.  le  Président.  —  C'est  étrange,  qu'il  ne  nous  Tait  pas 
envoyé.  Nous  considérerons  sa  communication  comme  faite 
et  nous  l'insérerons  au  Bulletin. 

M.  Bordiau  (Bruxelles).  —  Il  me  semble  que,  préala- 
blement, nous  devrions  avoir  une  discussion. 

M.  le  Président.  —  Nous  l'aurons  quand  même. 

M.  Bordiau.  —  Nous  devrions,  d'après  moi,  attendre 
pour  insérer  ce  travail  au  Bulletin. 

M.  le  Président.  —  Si,  dès  à  présent,  ce  travail  est 
inséré  au  Bulletin,  vous  aurez  tout  le  temps  voulu  pour  le 
lire  et  le  discuter. 

M.  Bordiau.  —  Ce  serait  irrégulier. 


—  296  — 

M.  le  Président.  —  M.  Van  Caster  ne  serait  pas  de  cet 
avis,  je  pense. 

M.  Bordiau.  —  Je  trouve  qu'avant  de  rien  insérer  au 
Bulletin  nous  devrions  avoir  une  discussion  à  ce  sujet. 

M.  le  Président.  —  MM.  De  Groote  et  Bilmeyer  ont  été 
sollicités  par  nous  de  faire  également  rapport  sur  ce  sujet. 
Aucun  de  ces  messieurs  n'est  probablement  prêt? 

M.  Bilmeyer  (Anvers).  —  Il  en  a  été  question  dans  la 
dernière  réunion  du  Comité,  et  la  Commission  royale  sera 
saisie  des  propositions  du  Comité. 

M.  le  Président.  —  Donc,  contrairement  à  ce  que  j'avais 
dit  d'abord,  on  serait  d'avis  de  ne  pas  publier  dès  à  présent 
au  Bulletin  le  travail  de  M.  van  Ruymbeke?  C'est,  du 
moins,  ce  que  propose  M.  Bordiau.  Je  demande  si  tout  le 
monde  est  d'avis  de  retarder  la  publication  du  travail  de 
M.  van  Ruymbeke  jusqu'à  ce  qu'une  discussion  ait  eu  lieu 
sur  ce  sujet.  J'ajoute  que,  quant  à  moi,  je  pense  que  le 
rapport  de  M.  van  Ruymbeke  constituerait  un  élément  très 
utile  de  discussion. 

M.  Bordiau.  —  Vous  aurez  assez  d'éléments  sans  cela. 

M.  le  Président.  —  Je  ne  le  pense  pas  ;  on  n'en  a  jamais 
assez,  bien  entendu  au  point  de  vue  scientifique.  Il  me 
semble  que  précisément  ce  travail  viendrait  à  point,  à  moins 
qu'on  ne  veuille  commencer  la  discussion  dès  à  présent, 
sans  les  documents  attendus.  Il  me  semble  plutôt  que  la 
question  doive  être  remise  à  l'assemblée  prochaine. 

M.  Bordiau.  —  Il  n'y  a  rien  qui  brûle. 


—  297  — 

M.  Helbig  (Liège).  —  L'année  dernière  on  s'est  déjà 
préoccupé  de  cette  question,  mais,  malheureusement,  au 
moment  où  j'avais  dû  quitter  la  séance. 

H.  le  Président.  —  J'en  ai  exprimé  le  regret. 

M.  Helbig.  —  Aujourd'hui,  j'en  suis  réduit  à  exprimer, 
à  mon  tour,  le  regret  de  ne  pas  voir  parmi  nous  M.  Van 
Caster.  (Rires.) 

Je  ne  songe  pas,  en  ce  moment,  à  entrer  dans  le  fond  de 
la  question,  mais  je  tiens  seulement  à  faire  une  observation  : 
c'est  que  M.  Van  Caster,  en  participant  à  la  discussion  à  l'Aca- 
démie d'archéologie  à  Anvers,  a  rappelé  un  certain  nombre 
d'arguments  que  j'avais  déjà  fait  valoir.  Il  a  notamment  fait 
observer,  avec  beaucoup  de  raison,  que  je  m'étais  tenu  sur 
le  terrain  de  la  question  de  principe,  et  que  lui,  de  son  côté, 
s'était  tenu  sur  le  terrain  des  faits.  Gela  n'a  pas  empêché  que 
j'ai  appuyé  cependant  les  indications  quant  aux  principes, 
d'un  certain  nombre  de  faits  qui  me  semblaient  acquis. 
M.  Van  Caster  en  a  indiqué  aussi  quelques-uns,  mais  il  en  a 
omis  d'autres,  quoique  je  ne  veuille  pas  du  tout  compléter 
ce  qu'il  a  pu  dire  sous  ce  rapport.  Il  y  aurait,  de  ma  part, 
mauvaise  grâce  à  vouloir  le  faire  pendant  son  absence.  Je 
me  réserve  de  le  faire  plus  tard,  puisque  la  question  doit 
être  remise  à  l'ordre  du  jour,  et  que  j'espère  qu'elle  sera 
traitée  d'une  façon  complète  l'année  prochaine.  Aujourd'hui, 
je  n'ai  donc  qu'une  chose  à  faire  :  exprimer  mes  réserves  à 
cet  égard,  car  il  n'entre  nullement  dans  mon  intention  de 
formuler  les  objections  que  j'aurais  à  présenter  à  ce  sujet 
en  l'absence  de  M.  Van  Casier,  avec  lequel  j'ai  toujours 
eu  d'excellentes  relations,  que  je  tiens  à  continuer.  Il  y 


—  298  — 

a  là  une  question  de  délicatesse  que  chacun  comprendra. 

M.  le  Président.  —  La  question  sera  d'autant  plus 
volontiers  mise  à  l'ordre  du  jour  que  vous  nous  promettez 
de  prendre  part  à  la  discussion. 

M.  Helbig.  —  Je  vous  remercie. 

M.  le  Président.  —  Si  personne  ne  fait  d'opposition,  la 
question  figurera  à  l'ordre  du  jour  de  notre  prochaine 
réunion. 

On  demande  que  le  travail  de  M.  van  Ruymbeke  ne  soit 
pas  publié  au  Bulletin.  J'avoue  ne  pas  bien  comprendre  en 
quoi  l'insertion  pourrait  nuire  à  la  discussion. 

M.  Bordiau.  —  Il  faut  laisser  la  question  entière. 

M.  Helbig  (Liège).  —  Je  tiens,  messieurs,  à  vous  mettre 
d'accord,  et  je  crois  pouvoir  arriver  à  ce  résultat  en  vous 
annonçant  que  M.  van  Ruymbeke  m'a  proposé  son  travail 
pour  la  Revue  de  FArt  chrétien.  Lorsque  ce  travail  aura 
paru  dans  ce  recueil,  vous  pourrez  en  tenir  compte  ou  non, 
selon  votre  désir. 

M.  le  Président.  —  C'est  aussi  mon  avis.  Je  demanderai 
néanmoins  si  l'on  est  d'avis  de  ne  pas  insérer  le  travail  au 
Bulletin  ? 

M.  Jaminé  (Hasselt).  —  Je  crois  que  l'on  pourrait  parfai- 
tement publier  le  travail  au  Bulletin.  Gomment  voulez-vous 
qu'une  discussion  ait  lieu  si  on  ne  l'a  pas  l'année  prochaine 
et  si  ce  rapport  n'est  pas  inséré  cette  année-ci  au  Bulletin? 
Il  faudrait  commencer,  lors  de  notre  prochaine  séance 
annuelle,  une  discussion  sur  un  fait  qui  n'aura  pas  été  exposé. 


-  299  — 

Il  me  semble  donc  qu'il  faudrait  faire  avant  celte  date  une 
publication  du  rapport  dont  il  s'agit. 

M.  Bordiau  (Bruxelles).  —  Ce  n'est  pas  d'une  publi- 
cation spéciale  que  vous  entendez  parler,  mais  d'une 
impression  au  Bulletin  de  la  Commission  ? 

M.  Jaminé.  —  Parfaitement. 

H.  le  Président.  —  C'est  sous  le  nom  de  l'auteur  que 
paraîtrait  le  rapport. 

M.  Bordiau  (Bruxelles).  —  Que  Ton  publie  le  rapport 
d'une  autre  manière,  je  l'admets,  mais  qu'on  ne  l'insère  pas 
dans  le  Bulletin,  car  il  recevrait  ainsi,  en  quelque  sorte, 
une  consécration  officielle. 

Je  demande  que  la  question  reste  absolument  entière, 
avant  que  tous  les  éléments  du  débat  ne  soient  réunis  et 
qu'on  ne  publie  absolument  rien  sous  ce  rapport. 

M.  le  Président.  —  J'ai  entendu  dire  tout  à  l'heure  que 
M.  van  Ruymbeke  avait  promis  de  remettre  son  travail  pour 
être  inséré  dans  la  Bévue  de  lArt  chrétien.  Dans  l'intérêt 
même  de  nos  discussions,  il  me  semble  qu'il  n'y  aurait  aucun 
inconvénient  à  ce  que  cette  publication  eut  lieu  aussi  dans 
notre  Bulletin,  d'autant  plus  qu'elle  n'engage  personne. 

M.  Bordiau  (Bruxelles).  —  C'est  la  consécration  officielle 
incontestablement  d'une  opinion  personnelle. 

M.  le  Président.  —  Pardon  ;  c'est  sous  le  nom  de  l'auteur 
que  le  travail  sera  publié. 

M.  Bordiau.  —  Il  ne  devrait  pas  être  publié  dans  un 
bulletin  officiel. 


—  500  — 

M.  le  Président.  —  Je  vois  des  membres,  comme 
MM.  Darderme  et  Jaminé,  qui  ne  me  paraissent  pas  de  cet 
avis.  Dans  ces  conditions,  nous  sommes  bien  obligés  de  pro- 
céder à  un  vote,  qui  pourrait  se  faire  à  mains  levées. 

M.  Van  Leemputten  (Anvers).  —  La  question  n'ayant  pas 
été  discutée  jusqu'ici,  il  vaudrait  beaucoup  mieux  ne  pas 
publier  n'importe  quoi  à  ce  sujet;  c'est  une  question  très 
importante  que  celle  dont  il  s'agit. 

M.  Helbig  (Liège).  —  La  publication  dans  le  Bulletin 
n'engage  absolument  personne  de  la  Commission  royale  des 
Monuments,  si  ce  n'est  l'auteur  du  rapport. 

M.  Bordiau  (Bruxelles).  —  On  annonce  une  discussion 
qui  devait  commencer  il  y  a  deux  ans.  On  peut  donc  bien 
l'entamer  aujourd'hui  sans  que  le  rapport  soit  publié. 

M.  le  Président.  —  Il  ne  faut  pas  oublier  ceci  :  c'est  que, 
comme  je  l'ai  dit  au  commencement  de  la  séance,  M.  van 
Ruymbeke  a  été  malheureusement  retenu  aujourd'hui  à 
Bruges  par  des  devoirs  civiques.  Sans  cette  circonstance,  il 
nous  aurait  probablement  lu  son  travail  et  la  discussion 
aurait  tout  au  moins  commence  aujourd'hui,  mais  il  est  peu 
vraisemblable  qu'elle  aurait  pu  être  terminée.  C'est  un  des 
sujets  les  plus  compliqués  que  l'on  puisse  aborder. 

Je  dis  aussi  que  si  nous  publions  dès  à  présent  ce  rapport 
au  Bulletin*  nous  ajouterons  un  document  de  plus  pour  la 
discussion  ;  mais  il  serait  publié  sous  la  responsabilité  exclu- 
sive de  celui  qui  le  signera.  Personne  d'autre  que  lui  ne 
sera  engagé. 

M.  Dumortier  (Bruxelles).  —  Ne  pourrait-on  pas,  si  on 


—  301  — 

le  demandait  à  la  direction  de  tArt  chrétien,  obtenir,  si 
elle  publie  le  rapport,  un  certain  nombre  de  tirés  à  part  et 
les  distribuer  avant  la  séance  de  Tannée  prochaine  ;  comme 
cela  nous  n'aurions  pas  d'insertion  à  faire  au  préalable  dans 
notre  Bulletin?  Gela  ne  nous  coûterait  rien  ou  peu  de  chose. 

M.  Helbig  (Liège).  —  Je  tiendrai  des  tirés  à  part  à  la 
disposition  de  Fauteur;  il  en  fera  l'usage  qui  lui  conviendra 
et  il  se  fera  certainement  un  plaisir  d'envoyer  un  exemplaire 
à  chacun  de  vous. 

M.  Dumortier  (Bruxelles).  —  L'auteur  a  tout  intérêt  à  ce 
que  son  travail  soit  lu,  et  les  membres  de  la  Commission, 
comme  ceux  des  Comités  et  les  correspondants,  pourront 
ainsi  le  posséder  plus  tôt. 

M.  Jàminé  (Hasselt).  —  C'est  surtout  au  point  de  vue  du 
principe  qu'il  importe  qu'une  décision  soit  prise  en  ce  qui 
concerne  le  point  de  savoir  si,  préalablement  à  sa  commu- 
nication aux  membres,  le  rapport  sera  envoyé  à  un  journal 
quelconque  aux  fins  d'y  paraître. 

Il  y  a  deux  ans,  celle  question  avait  déjà  figuré  à  l'ordre 
du  jour;  mais,  au  moment  de  commencer  la  discussion,  on 
a  réclamé  des  explications  au  Président  pour  savoir  ce  que 
l'on  voulait  exactement  dire,  el  cette  année  personne  n'a  fait 
de  rapport.  Je  crois  que  nous  pourrions  ainsi  allonger  notre 
ordre  du  jour  d'une  série  de  questions  comme  celles-là  et 
n'avoir  jamais  aucune  discussion  à  ce  sujet 

M.  le  Président.  —  Monsieur  Bordiau,  maintenez-vous 
votre  proposition  de  ne  pas  insérer  maintenant  le  travail  au 
Bulletin? 


—  302  — 

M.  Bordiàu.  —  Que  Ton  publie  le  rapport  si  Ton  veuf, 
mais  qu'on  ne  l'insère  pas  au  Bulletin.  On  ne  doit  pas,  je  le 
répèle,  donner  une  consécration  officielle  à  un  rapport  qui 
comprend  des  faits  constituant  une  appréciation  personnelle. 

M.  le  Président.  —  Il  y  a  une  proposition  d'insérer  au 
Bulletin  le  travail  de  M.  van  Ruymbeke  avant  l'année  pro- 
chaine. Je  vais  consulter  l'assemblée  à  ce  sujet. 

M.  Helbig  (Liège).  —  Il  apparlient  à  M.  van  Ruymbeke 
de  décider  cette  question  ;  il  reste,  en  effet,  maître  de  son 
œuvre.  Mais,  quant  à  moi,  je  déclare  que  s'il  me  donne  sou 
travail,  je  l'insérerai  dans  la  Reçue  de  FArt  chrétien. 

M.  le  Président.  —  Parfaitement;  cela  n'empêche  pas 
que  nous  pouvons  l'insérer  aussi  dans  le  Bulletin.  Sous  toute 
réserve  de  l'adoption  de  cette  proposition,  M.  van  Ruymbeke 
reste  toujours  libre  de  remettre  son  travail  à  CArt  chrétien. 
Il  n'y  a  aucun  doute  à  cet  égard.  Cependant,  s'il  en  subsis- 
tait un,  je  demanderais  à  ceux  qui  désirent  voir  insérer 
dans  le  Bulletin  le  travail  de  M.  van  Ruymbeke,  sous  sa 
responsabilité  bien  entendu,  de  bien  vouloir  lever  la  main. 

M.  le  Président.  —  Il  n'y  a  pas  de  doute  que  la  majorité 
est  d'avis  que  l'insertion  au  Bulletin  peut  avoir  lieu.  Cepen- 
dant, s'il  y  avait  contestation  à  cet  égard,  —  pour  que  Ion 
ne  puisse  pas  dire  que  nous  avons  remporté  facilement 
une  victoire,  —  nous  pourrions  faire  l'appel  nominal.  C'est 
inutile,  n'est-ce  pas? 

M.  Bordiau.  —  Absolument! 

M.  le  Président.  —  Nous  arrivons,  Messieurs,  au  6mt  et 
dernier  objet  de  l'ordre  du  jour. 


—  303  — 

M.  le  Président.  —  Vous  vous  le  rappellerez  :  je  vous 
ai  dit,  au  commencement  de  la  séance,  qu'à  la  suite  d'une 
proposition  de  M.  Schuermans,  —  heureusement  arrivé 
parmi  nous  —  l'Assemblée  préparatoire  avait  décidé  que  la 
partie  de  la  question  relative  aux  travaux  effectués  à  l'abbaye 
de  Villers  serait  reportée  à  la  fin  de  la  séance. 

Est-ce  que  quelqu'un  s'oppose  à  ce  qu'il  en  soit  ainsi? 

Si  personne  ne  s'y  oppose,  je  considérerai  la  proposition 
comme  définitivement  adoptée.  Voici  les  termes  de  la  ques- 
tion :  •  Les  travaux  effectués  ou  en  cours  d'exécution,  d'une 
part  aux  maisons  et  monuments  de  la  Grand'PIace  de 
Bruxelles,  au  château  des  Comtes  à  Gand  et  aux  abbayes 
de  Villers  et  d'Aulne  ;  d'autre  part,  aux  églises  romanes  de 
Nivelles  et  de  Soignies,  ainsi  qu'aux  églises  gothiques  de 
Walcourl  et  de  Nieuport,  revètent-ils  un  caractère  à  la  fois 
pittoresque,  scientifique  et  artistique?  » 

Je  n'ai  pas  besoin,  Messieurs,  de  vous  donner  de  longues 
explications  au  sujet  de  cette  question.  Vous  l'aurez  remar- 
qué :  on  fait,  en  ce  moment  surtout,  des  travaux  à  toute 
une  série  de  monuments.  On  désigne  expressément  le  genre 
de  travaux  à  exécuter  à  chaque  monument;  on  demande 
s'ils  satisfont  à  ce  que  désire  l'école  «  des  pittoresques  » ,  et 
si,  en  même  temps j  ces  restaurations  satisfont  à  ce  qu'on  a 
le  droit  de  leur  demander  au  double  point  de  vue  scienti- 
fique (archéologique)  et  artistique.  Dans  cette  polémique 
qui  a  surgi  entre  «  les  pittoresques  »  et  leurs  adversaires, 
réside,  à  mon  avis,  un  malentendu.  Ainsi,  l'on  ne  peut 
pas,  dans  nombre  de  cas,  ne  faire  exclusivement  que 
«  du  pittoresque  »  et  sacrifier  à  cette  tendance  l'art  et 
l'archéologie.  On  peut,  on  doit  satisfaire  en  même  temps  à 


—  504  — 

Tari,  à  la  science  et  au  pittoresque  dans  une  œuvre  belle 
et  complète. 

A-t-on  réussi,  à  ce  triple  point  de  vue,  dans  les  cas 
invoqués  par  la  question?  C'est  à  quoi  revient  celle-ci. 

Je  donnerai  la  parole  à  ceux  qui  voudront  s'occuper  à 
cet  égard  de  l'un  ou  l'autre  des  monuments  ici  mentionnés. 
Quelqu'un  demande-t-il  la  parole? 

Personne  n'a-t-il  de  remarques  à  faire  sur  les  travaux 
effectués  ou  en  cours  d'exéculion  à  la  Grand'Place  de 
Bruxelles,  au  château  des  Comtes  à  Gand,  à  l'abbaye 
d'Aulne,  aux  églises  romanes  de  Nivelles  et  de  Soignies? 

En  ce  qui  concerne  l'église  de  Nivelles,  voici  mon 
avis  : 

Après  l'avoir  souvent  visitée,  j'estime  que  la  restauration 
du  chœur  et  du  transept  est  très  satisfaisante,  au  triple 
point  de  vue  pittoresque,  scientifique  et  artistique. 

En  ce  qui  concerne  les  églises  gothiques  de  Walcourl  et 
de  Nieuport,  les  correspondants  qui  pourraient  s'en  occuper 
ne  sont  pas  ici. 

En  tous  cas,  ceux  d'entre  nous  qui  ont  vu  ces  restau- 
rations en  ont  été  satisfaits. 

Nous  en  arrivons  maintenant  à  la  question  dont  M.  Schuer- 
mans  désirait  s'occuper  spécialement. 

La  parole  est  à  M.  Schuermans. 

M.  Schuermans  (Liège).  —  Je  demanderai,  Monsieur  le 
Président,  à  ne  parler  que  tantôt,  quand  nous  aurons 
entendu  d'autres  membres. 

M.  le  Président.  —  Quelqu'un  demande-t-il  la  parole? 
M.  Licot,  qui  est  encore  présent  à  la  séance,  et  qui  est  une 


—^305  — 

au  lo  ri  té  en  la  matière,  ne  désire-t-il  pas  parler?  Nous 
Tentendrions  avec  plaisir. 

Eh  bien  !  si  personne  ne  demande  la  parole,  je  vais  me 
permettre  de  dire  deux  mots  delà  question.  Je  prie  M.  Helbig 
de  bien  vouloir  me  remplacer. 

(1/.  Helbig,  Vice- Président,  prend  place  au  fauteuil  de  la 
Présidence.) 

M.  Lagasse-oe  Locht  (Bruxelles).  —  Messieurs,  au  sujet 
de  l'abbaye  de  Villers  précisément  se  présente  le  triple  point 
de  vue  dont  nous  parlions  tantôt. 

L'abbaye  de  Villers  a  fait  couler,  dans  notre  pays, 
beaucoup  plus  d'encre  que  n'importe  quel  autre  monument; 
on  en  a  même  parlé  à  la  Chambre.  Et  il  n'est  pas  mauvais, 
je  crois,  que  quelques  mots  soient  dits  à  cet  égard  avant  la 
communication  de  M.  Schuermans. 

Nous  serions  heureux  qu'à  Villers  l'on  pût  satisfaire  tout 
le  monde.  Tant  mieux,  si  les  c  pittoresques  »  pouvaient  con- 
tinuer à  y  jouir  du  <  charme  inimitable  des  ruines  » ,  c'est  le 
mot  dont  ils  se  sont  servis.  Tant  mieux  encore  si  les  artistes, 
les  savants  pouvaient  aussi  s'y  déclarer  satisfaits. 

La  restauration  de  la  brasserie,  déjà  en  très  grande  partie 
réalisée  d'une  façon  remarquable  par  M.  Licot,  devrait 
pouvoir  être  achevée  complètement. 

Le  réfectoire  aussi  devrait  être  complètement  restauré.  Ce 
sont  là  deux  morceaux  d'architecture,  très  beaux,  qui  gagne- 
raient beaucoup  à  revivre  sous  les  mains  consciencieuses  de 
l'artiste  éminent  qui  dirige  les  travaux  de  Villers. 

En  restaurant  complètement  le  réfectoire;  on  aurait  un 
local  qui  servirait  de  musée  pour  les  restes  découverts  dans 


—  306  — 

les  décombres  de  Villers  et  qui»  aujourd'hui,  se  trouvent 
relégués  dans  une  dépendance.  Heureusement,  la  clef  en  est 
bien  gardée.  A  l'intérieur  de  1  église  abbatiale  nous  voudrions 
réédifier  le  mausolée  du  Duc  Henri  et  de  la  Duchesse,  dont 
on  a  retrouvé  les  lombes.  On  a  tous  les  éléments  de  celte 
restauration  dans  les  documents  historiques  concernant 
l'abbaye  (i).  M.  Licol  le  sait  :  M  le  Ministre  des  Beaux-Arts 
l'a  chargé  de  formuler  un  programme  complet  des  travaux 
de  diverse  nature  resta  ni  à  effectuer  à  Villers.  En  passant, 
je  forme  le  vœu  que,  malgré  la  maladie  qui  parfois  l'étreinl, 
il  hâte,  le  plus  possible,  la  présentation  de  ce  programme. 
D'accord  avec  lui,  je  viens  d'en  esquisser  les  grandes  lignes. 

Voilà  pour  satisfaire  les  architectes  et  les  savants  archéo- 
logues. 

Quant  aux  pittoresques,  qu'ils  se  rassurent  :  il  n'est  pas 
question  de  ressusciter  l'église  de  ses  ruines.  Mais,  pour 
les  satisfaire,  faut-il  la  laisser  s'anéantir  absolument?  Ne 
faul-il  pas  reconslituer  quelques  bandeaux  dans  la  voûte, 
afin  d'empêcher  que  certains  contre-forts,  destinés  à  subir 
les  poussées  de  la  voûte,  manquant  de  quoi  répondre  à 
leur  destination  primitive,  ne  produisent  juste  l'effet  con- 
traire et  n'achèvent,  en  poussant  au  vide,  d'abattre  ce  qui 
reste  encore  des  murs  magnifiques  et  vénérables  de  la 
splendide  abbatiale? 

Je  le  sais  :  on  objecte  la  beauté  de  l'actuelle  ruine.  Mais 
ici  vraiment  on  oublie  ce  que  savent  tous  les  vieux  amis  de 


(i)  Outre  la  gravure  figurant  dans  les  Trophées  de  Butkkns  et  dans  le 
grand  Théâtre  sacré,  il  y  a,  dans  un  manuscrit  de  la  Bibliothèque  de 
Bourgogne,  cité  par  M.  Schuerraans,  une  aquarelle  représentant  le  tombeau 
tel  qu'il  était  au  xviue  siècle. 


+-  507  — 

Vitlers  dont  nous  sommes,  MM.  Schuermans,  Licol  el  moi  : 
nous  avons  connu  la  haute  nef  de  l'église  revèlue  de  sa 
voûte.  Il  y  a  à  peine  25  ans  que  cette  voûte  s'est  effondrée 
tout  entière. 

Si  cette  voûte  était  rétablie  partiellement  dans  un  but 
confortatif,  les  ruines  de  Villers  en  seraieîil-elles  moins 
belles?  Selon  moi,  elles  seraient  comme  je  les  ai  connues 
jadis,  beaucoup  plus  grandioses  et  plus  impressionnantes. 
Elles  s  offriraient  sous  un  aspect  plus  charmant,  plus  «  inimi- 
table »  aux  amateurs  du  pittoresque. 

Je  vais  plus  loin,  Messieurs.  Qui  de  vous  ne  s'est  arrêté, 
étreint  par  l'admiration,  devant  l'abside  fière  et  simple  de 
l'abbatiale?  Combien  le  feneslrage  en  est  imposant!  Et 
pourtant,  la  lumière  crue  tombant  de  haut  el  directement 
dans  le  chœur  non  voûté  embarrasse,  interfère,  diminue 
et  détruit  presque  les  rayons  du  soleil  pénétrant  à  travers 
les  baies  latérales.  Toutes  les  nuances  dues  aux  jeux  de  la 
lumière  venant  de  ces  baies  grandes  et  sveltes  du  chœur 
ont  disparu  avec  la  voûte.  Rétablissons  celte  voûte,  ne  fût-ce 
que  par  dessus  le  chevet,  et  voici  que  l'œuvre  géniale 
reprend  tous  ses  aspects,  ceux  qu'a  voulus  l'artiste  et  ceux 
aussi  qu'ont  entrevus  el  devinés  les  rêves  féconds  de  son 
imagination.  Dites  :  quel  c  pittoresque  »  y  trouvera  sérieu- 
sement à  redire? 

Ce  qui  est  beau,  ce  qui  est  grand,  ce  qui  est  simple  revêt 
nécessairement  la  forme  pittoresque.  Ainsi,  il  n'y  a  point  de 
contradiction  réelle  entre  la  recherche  de  cette  forme  et  une 
restauration  rationnelle.  Tout  est  affaire  de  tact  el  de  mesure. 
Il  ne  saurait  y  avoir,  en  l'espèce,  de  principe  absolu.  Il 
convient,  dans  chaque  cas,  de  se  livrer  à  une  élude  complète 


—  308  — 

et  d'arriver  à  des  résultats  contre  lesquels  viennent  s'éraoos- 
ser  les  traits  divers  de  la  critique  totale.  L'artiste  restaurateur 
peut,  s'il  est  de  force,  rendre  de  grands  services  non  seule- 
ment à  l'art,  mais  à  l'archéologie  et  aux  «  pittoresques», 
l'attends  de  pied  ferme  la  contradiction. 

Autre  observation  :  rien  n'est  plus  délicat  qu'une  restau- 
ration. Quelques  critiques  se  sont  imaginés  que  les  restaura- 
tions réclamées  par  les  artistes  avaient  surtout  pour  but  un 
gain  d'argent.  Ces  critiques  me  permettront  de  le  leur  dire  : 
ils  n'ont  pas  l'àme  artiste  ;  sans  quoi  ils  n'invoqueraient  pas 
un  argument  à  la  fois  si  pitoyable  et  si  faux.  Il  fait  pitié  aux 
yeux  de  l'artiste  véritable.  Il  est  faux  pour  quiconque 
connaît  vraiment  la  question.  Les  études  préalables  à  une 
restauration,  les  soins  à  apporter  dans  l'exécution  des  tra- 
vaux sont  sans  proportion  avec  la  rémunération  coutumière. 
On  ne  travaille  pas  ici  au  mètre  carré  et  au  mètre  cube. 
Telle  restaurai  ion  dont  la  dépense  s'est  élevée  à  une  trentaine 
de  mille  francs  et  qui  a  valu  à  l'artiste  quinze  cents  francs 
de  rémunération  (5  °/0),  lui  a  coulé,  avec  nombre  de  tracas 
et  de  veilles,  des  milliers  de  francs  tirés  de  son  propre 
fonds,  à  cause  des  recherches  d'érudition  et  des  esquisses 
répétées  après  lesquelles  ont  été  dessinés  seulement  les 
premiers  traits  de  l'avant-projet. 

C'est  donc  une  utopie,  c'est  presque  une  calomnie,  que 
d'attribuer  au  désir  de  gagner  de  l'argent  la  tendance  des 
partisans,  dans  la  juste  mesure,  de  la  restauration  des 
monuments. 

Dernière  observation  :  on  a  beaucoup  critiqué  l'emploi,  à 
Villers,  d'une  pierre  neuve  jaunâtre  pour  l'encadrement  de 
certaines  baies  de  fenêtres  ;  on  a  dit,  même  à  la  Chambre 


—  309  — 

des  Représentants,  que  l'emploi  de  ces  matériaux  était  d'un 
effet  désastreux. 

J'ai  voulu  en  avoir  le  cœur  net;  voici  l'expérience  que 
j'ai  ordonnée. 

On  a  pris,  çà  et  là,  dans  des  encadrements  ruinés,  des 
morceaux  de  pierre  jaune  ancienne  (1).  J'ai  fait  dresser,  sur 
le  sol,  deux  encadrements  de  baies,  l'un  composé  avec  ces 
pierres  jaunes  anciennes  ;  l'autre  avec  des  pierres  jaunes 
nouvelles.  On  a  demandé  à  ceux  qui  n'étaient  point  au 
courant  de  l'expérience  de  quel  côté  étaient  les  anciens 
matériaux  et  de  quel  côté  étaient  les  nouveaux. 

Personne  n'a  pu  faire  la  distinction. 

On  a  fait  un  autre  essai.  L'entourage  d'un  fenestrage 

a  été  composé  d'un    mélange  de    pierres  anciennes    et 

nouvelles.  Encore  un  coup,  on  n'a  pu  distinguer  les  unes 

des  autres. 
D'où  provient  donc  l'effet  soi-disant  désastreux  invoqué 

jusqu'au  sein  du  Parlement?  L'œil,  habitué  trop  vite  hélas  I 
au  ton  grisâtre  d'une  ruine  désolée,  s'est  effarouché,  avant 
toute  réflexion,  à  la  vue  d'une  couleur  jaune  réapparaissant 
et  se  détachant  sur  l'aspect  terne  et  misérable  des  baies 
dépouillées  de  leur  encadrement.  Est-ce  qu'un  aspect  terne 
et  misérable  saurait  jamais  appartenir  à  quelque  forme  pitto- 
resque? Encore  un  coup,  dans  ce  cas  particulier,  les  artistes, 
les  savants  et  les  t  pittoresques  »  sérieux  ne  sauraient  être 
en  désaccord. 

Voilà,  Messieurs,   en   quelques    mots    improvisés,    ma 
réponse  aux  objections  qui  ont  fait  le  plus  de  tapage. 

(*)  Sar  la  provenance  de  ces  pierres  jaunes,  voir  Bulletin  des  Commis- 
siont  royales  d'art  et  d'archéologie,  tome  XVil,  1878,  p  275. 


-^310  — 

-  Si  ces  observations  ne  donnent  lieu  à  aucune  communi- 
cation immédiate,  je  demanderai  à  M.  le  Président  d'accorder 
la  parole  à  M.  Schuermans  pour  nous  faire  l'exposé  qu'il 
nous  a  annoncé. 

M.  Helbig,  ff.  de  Président.  —  M.  Schuermans  a  la 
parole. 

.  M.  Schuermans  (Liège).  —  Messieurs,  dans  mes  publica- 
tions sur  Villers,  j'avais  imprimé  ceci  (i)  :  «  Reprise, 
»  comme  par  accès  périodiques  de  fouilles  indiscrètes  (a) 
»  dans  les  caveaux  encore  existants  en  l'église  ». 

Conséquent  avec  cette  prémisse,  j'ai  essayé,  à  votre 
assemblée  préparatoire,  de  faire  supprimer  Villers  du  n°  t> 
de  l'ordre  du  jour. 

J'avais  eu  la  hardiesse  grande  de  proposer  à  la  Commis- 
sion des  monuments  une  déclaration  d'incompétence.  Je 
n'ai  pas  réussi  ;  mais  ma  correspondance  en  fait  foi  :  j'avais 
prévu  mon  échec,  et  je  m'en  suis  consolé  par  la  concor- 
dance de  mon  effort  avec  mes  écrits. 

Vous  m'avez  mis  en  demeure  de  m'exéculer  ;  je  m'exécute. 

La  question  posée  est  celle-ci  :  les  travaux  effectués  ou 
en  cours  deooécution  à  Villers  revélent-ils  un  caractère  scien- 
tifique? 

Je  ne  parlerai  que  de  cela,  m'abstenant  de  tout  examen 
au  point  de  vue  pittoresque  ou  artistique,  autres  membres  de 
la  question. 

V 

(i)  Annales  de  la  Société  archéologique  de  V arrondissement  de  Nivelles, 
Vil  (1899),  p.  43,  travail  intitulé  :  Abbaye  de  Villers.  Les  reliques  de  la 
B.  Julienne  de  Cornillon. 

(i)  a  Le  mot  indiscrètes  n'est  pas  assez  sévère  ;  mais  à  quoi  bon  signaler 
»  l'irréparable?  Ce  serait  an  scandale  inutile,  t 


—  311  — 

Même  je  ne  parlerai  que  de  l'église  de  l'abbaye;  de  plus, 
ne  disposant,  de  par  le  règlement,  que  d'un  temps  très 
restreint,  je  m'abstiendrai  de  discuter  le  système  scientifique 
qui  a  présidé  aux  travaux  de  Villers  :  je  m'occuperai  de  cela 
à  mon  heure. 

Aujourd'hui,  je  me  bornerai  à  quelques  faits  principaux, 
en  m'abs tenant  systématiquement  des  personnalités. 

Les  quinze  minutes  réglementaires  ne  me  seront  pas  de 
trop,  rien  que  pour  cela  seul. 

J'ai  donc  à  parler  de  Villers  au  point  de  vue  scienti- 
fique. 

Puisque  science  il  y  a,  je  constate  que  le  dernier  mot  de 
la  science  est  ici  le  travail  sur  l'abbaye  de  Villers,  publié  en 
1899,  par  M.  Edgar  de  Prelle  de  la  Nieppe,  dans  notre 
Bulletin  des  Commissions  royales  dart  et  d'archéologie  (i). 

Vu  l'importance  de  la  matière,  ce  travail  avait  été  soumis 
à  un  contrôle  très  sérieux,  je  dirai  même  sévère,  de  la  part 
du  Comité  de  ce  Bulletin,  dont  je  fais  partie.  Tandis  que 
l'un  des  rapporteurs,  un  maitre  en  archéologie  religieuse, 
examinait,  au  point  de  vue  de  sa  spécialité,  le  mémoire  où  il 
a  indiqué  des  corrections  importantes,  moi,  de  mon  côté,  je 
me  suis -appliqué  à  n'y  rien  laisser  passer  qui  ne  fût  appuyé 
par  certains  inédits,  découverts  récemment  en  des  biblio- 
thèques et  archives  de  Belgique  et  de  l'étranger. 

Voici  la  conclusion  du  travail  de  M.  de  Prelle  de  la 
Nieppe  : 

1°  L'est  de  l'église  a  été  commencé  par  saint  Bernard 


(i)  Bulletin  des  Commissions  royales  (Fart  et  d'archéologie,  XXXVIII 
(1899),  page  37. 


_  314  — 

lui-même,  puis  achevé  (jusqu'à  un  certain  point,  transept 
compris),  ayant  1200; 

2*  Le  nord  de  l'église  (chapelles  latérales)  a  été  construit 
avant  1300. 

Ces  données,  qui  sont  celles  de  Gramaye  et  de  Sanderus, 
comme  de  la  Chronique  de  Villers,  ne  sont  pas  celles  des 
monographes  de  Villers,  du  siècle  passé,  antérieurs  à  M.  de 
Prelle  (dont  l'œuvre  a  paru  en  1899  seulement). 

I.  —  Parmi  les  faits  antérieurs  à  l'acquisition  de  l'État  en 
1895,  je  n'ai  pas  à  critiquer  les  travaux  effectués  à  Villers 
par  les  précédents  propriétaires,  qui,  d'ailleurs,  se  sont 
bornés  à  faire  office  de  destructeurs. 

Cependant  je  découvre  un  document  officiel  dont  je  me 
reprocherais  de  ne  pas  vous  signaler  la  tendance  anti-scienli- 
fique. 

Je  lis  dans  un  rapport  adressé  au  Département  de  Tinté- 
rieur  par  le  Comité  des  correspondants  du  Brabant  (que  mes 
honorables  collègues  m'excusent  de  les  critiquer;  ils  savent 
que  je  ne  parle  que  l'épée  dans  les  reins)  :  «  Le  monument 
(l'église  de  l'abbaye  de  Villers)  gagnerait  par  la  suppression 
des  chapelles  du  xve  siècle,  accolées  au  côté  nord  • . 

Depuis  la  découverte  provoquée  par  moi  —  je  m'en  fais 
un  titre  d'honneur  —  de  cerlain  document  tiré  des  archives 
de  l'archevêché  de  Malines,  il  n'est  plus  permis  aujourd'hui 
d'ignorer  que  les  neuf  chapelles  nord  ne  sont  pas  du  xv' 
siècle;  qu'elles  furent  consacrées  en  1243,  1251,  1280  et 
par  conséquent  avaient  été  bâties  avant  1300,  et  ce  en  verlu 
d'un  bref  papal  de  l'an  1234  qui  permit  à  l'abbé  de  Villers 
d'enterrer  les  bienfaiteurs  du  monastère,  dans  les  chapelles 
fondées  par  eux,  ce  qui  eut  lieu  pour  plusieurs. 


—  313  — 

Indépendamment  de  la  profanation  des  sépultures  de  ces 
chapelles  que  ne  légitimerait  ici  aucune  nécessité  publique, 
supprimer  de  pareilles  annexes  serait  un  acte  de  lèse- 
archéologie,  comme  le  serait  la  démolition  du  portique  de 
Lambert  Lombard  à  Saint-Jacques  de  Liège,  autre  construc- 
tion adventive  des  siècles  ultérieurs. 

Si  Ton  veut  revoir  dans  toute  sa  simplicité  grandiose,  le 
type  primitif  de  l'église,  celui  qu'a  créé  saint  Bernard 
lui-même  quand,  de  l'abbaye  de  Foigny,  près  de  Vervins, 
où  il  s'était  établi  à  celte  fin,  il  présidait  à  la  construction  de 
nos  abbayes  de  Villers,de  Gambron,  etc.,  qu'on  édifie  quelque 
part  un  fac-similé  complet  de  l'église  de  Villers,  sans  ses 
chapelles  nord.  Mais  qu'on  ne  touche  pas  à  ces  dernières! 

Je  pense  bien  que  cette  motion  ne  trouvera  pas  de  contra- 
dicteurs. Or,  comme  cela  se  détache  fort  nettement  de  ce  qui 
me  reste  à  dire,  je  vous  propose,  Monsieur  le  Président,  de 
m'interrompre  ici  et  de  donner  la  parole  aux  membres  qui 
voudraient  me  contredire. 

M.  le  Président.  —  Il  en  sera  ainsi,  si  personne  n'y  voit 
d'inconvénient.  Quelqu'un  demande-l-il  la  parole? 

M.  Licot.  —  Je  n'ai  qu'un  mot  à  dire  :  Jamais  je  n'ai 
songé  à  supprimer  les  chapelles  septentrionales. 

M.  Schuermans.  —  Je  saisis  cette  occasion  de  me  mettre 
complètement  d'accord  avec  M.  Licot  :  le  rapport  cité  est 
du  7  avril  1878,  époque  où  M.  Licol  ne  faisait  pas  encore 
partie  du  Comité  brabançon. 

II.  —  Avant  l'acquisition  par  l'État,  en  1893,  l'aire  du 
sol,  dans  l'église  de  Villers,  était  surhaussée  par  l'accumu- 
lation de  trois  mille  mètres  cubes  de  débris,  etc. 


—  3U  — 

Là  se  trouvaient  enfouis  une  quantité  de  menus  indices 
révélateurs  des  emplacements  respectifs  des  chapelles,  tom- 
beaux, etc. 

La  preuve  de  cette  surabondance  est  dans  une  lettre 
adressée  à  M.  Galesloot  et  imprimée  par  celui-ci  dans  le 
Messager  des  sciences  historiques  (i),  où  je  lis  :  c  En  faisant 
des  fouilles  dans  le  transept,  j'ai  découvert  de  nombreux 
fragments  et  il  m'a  été  impossible  de  les  apporter  tous  à 
Bruxelles;  mais  les  quelques  débris  d'ornements  que  je 
possède...  sont  sculptés  avec  une  habileté  prodigieuse.  Ils 
proviennent  des  dais  qui  surmontaient  les  niches  dont 
le  soubassement  du  tombeau  (du  duc  Jean  III)  était 
garni  » . 

En  1883,  on  retrouvait  donc  encore  dans  le  sol  de  menus 
restes  du  monument  dû  au  ciseau  de  Golart  Garnet... 

Aujourd'hui,  une  controverse  s'est  élevée  sur  l'empla- 
cement de  la  chapelle  de  Saint-Bernard  ;  si  les  choses  étaient 
restées  entières,  il  aurait  suffi  de  mettre  la  main,  dans  le 
sol,  sur  quelque  menu  débris  de  bronze,  de  jaspe,  d'onyx, 
de  fleur  sculptée  en  marbre  noir,  de  peinture  murale, 
d'inscription  lapidaire,  comme  les  auteurs  en  décrivent  dans 
la  chapelle  en  question. 

Plus  rien  ;  le  sol  avait  été  soigneusement  nettoyé... 

Voici,  à  mon  avis,  ce  qu'il  aurait  fallu  faire,  non  pas  certes 
pour  les  dix-sept  mille  mètres  cubes  de  déblais  de  l'abbaye 
entière,  mais  au  moins  pour  les  trois  mille  de  l'église  :  cribler 
au  tamis  les  terres  enlevées;  puis  déposer  les  tas  en  jlfis. 
endroits  distincts  pour  les  différentes  chapelles. 

(i)  LI,  année  1883,  p.  484. 


I 


—  318  — 

Aujourd'hui,  quand  on  veut  connaître  le  sort  des  débris, 
on  apprend  qu'ils  ont  servi,  en  1893  et  1894,  à  combler  la 
partie  du  vivier  de  l'abbaye  qui  était  à  gauche  du  chemin 
moderne  vers  la  station. 

L'impossibilité  de  déterminer  désormais  l'emplacement  de 
la  chapelle  cherchée  a  suscité  les  fouilles  indiscrètes  de  1895 
et  de  1898... 

III.  —  Voici  comment  les  travaux  de  Villers  pra- 
tiquent aujourd'hui  le  respect  des  sépultures  ;  laisser  scru- 
puleusement en  place  les  ossements  des  défunts,  à  moins 
que  des  nécessités  (par  exemple,  de  travaux  publics)  n'en 
exigent  impérieusement  le  déplacement  ;  dans  ce  cas,  on 
creuse  une  nouvelle  fosse  à  proximité. 

Ces  égards  pour  la  dépouille  de  simples  moines,  les  tra- 
vaux de  Villers  auraient  dû  les  avoir,  je  dirai  non  pas 
surtout,  mais  même  pour  celle  des  anciens  souverains  et 
celle  des  fondateurs  de  l'abbaye... 

Ce  n'est  pas  ce  qui  a  eu  lieu. 

Ici,  je  suis  forcé  de  citer  personnellement  feu  l'architecte 
De  Wit,  de  résidence  à  Villers  ;  mais  c'est  pour  rendre  hom- 
mage à  l'exactitude  de  ses  renseignements,  soigneusement 
contrôlée  par  moi,  et  à  son  grand  souci  de  correction  admi- 
nistrative dont  je  puis  fournir  la  preuve. 

Voici  les  détails  que  je  tiens  personnellement  de  lui  : 

Le  tombeau  double  de  Henri  II,  duc  de  Brabant,  et  de  sa 
femme  Sophie  de  Thuringe,  est  placé  des  deux  côtés  de  la 
ligne  séparalive  entre  le  chœur  où  est  le  mailre-autel,  et  la 
chapelle  de  Saint-Jean-Baptiste;  ce  tombeau  est  composé 
de  deux  loges  :  l'une,  la  plus  honorable  et  par  conséquent  la 
principale,  plus  large,  fut  occupée  la  première;  l'autre, 


—  346  — 

secondaire,  plus  étroite,  occupée  plus  tard,  est  le  compar- 
timent du  côté  de  la  chapelle. 

Le  25  avril  1895,  les  travaux  de  Villers,  dans  le  tréfonds 
du  sol  de  la  chapelle  citée  de  Saint-Jean-Baptiste,  atteignirent 
un  mur  en  moellons  qui  Tut  défoncé. 

Derrière  ce  mur,  on  trouva  une  loge  de  caveau,  avec 
ossements  entourés  de  plâtre,  qui  furent  transportés  dans  un 
hangar  dépendant  de  l'habitation  de  M.  De  Wit,  et  qui  furent 
placés  dans  une  caisse  que  j'ai  vue  et  qui,  à  mon  avis,  ne 
protégeait  pas  suffisamment  son  contenu  contre  la  dent  des 
rats... 

Les  travaux  continuèrent  et,  le  4  mai  seulement,  attei- 
gnirent le  compartiment  du  même  caveau  correspondant  au 
chœur,  ou,  au  moins,  on  laissa  reposer  en  paix  les  restes 
qu'on  y  découvrit. 

On  me  présenta  le  squelette  du  hangar  comme  étant  celui 
du  duc  Henri  II. 

Malgré  la  maigreur  de  mes  connaissances  en  physiologie 
(dues  uniquement  à  un  cours  très  ancien  de  médecine  légale), 
rien  qu'à  la  conformation  du  bassin,  je  reconnus  un  squelette 
féminin  :  d'ailleurs  le  caveau  secondaire,  moins  large,  occupé 
après  l'autre,  tout  indiquait  Sophie  de  Thuringe,  qui  mourut 
longtemps  après  son  mari,  à  l'étranger  :  de  là  la  nécessité 
d'un  transport  lointain  ayant  nécessité  le  coulage,  par 
mesure  hygiénique,  d'une  couche  de  plâtre  dans  le  cercueil. 

Je  communiquai  à  M.  De  Wit  le  procès-verbal  de  l'enter- 
rement de  Sophie  de  Thuringe  à  Villers,  où  un  contemporain 
de  cet  enterrement  (ce  qui  a  été  reconnu  à  l'examen  paléo- 
graphique de  la  pièce),  constate  de  visu  le  placement  des 
restes  de  Sophie  la  défunte  dans  le  compartiment  de  caveau 


—  317  — 

qu'on  défonça  en  avril  1895.  Je  donnerai  en  note  ce  docu- 
ment important  qui  fait  partie  de  ceux  que  j'ai  découverts  (<)• 

Vérification  faite  à  loisir,  M.  De  Wit  prit  des  mesures 
comparatives  sur  chacun  des  deux  squelettes  et  m'informa 
qu'il  se  rendait... 

Dans  le  hangar,  reposait  donc  bien  Sophie  de  Thuringe, 
la  princesse  —  détail  qui  certes  intéressera  les  personnes 
pieuses  —  de  qui  provient  la  statuette  miraculeuse  de  Hal 
qu'elle  tenait  de  sa  mère,  sainte  Elisabeth. 

Et  ces  ossements  de  Sophie  de  Thuringe,  voilà  ce  que 
pendant  quatre  ans  on  a  exhibé  comme  étant  le  squelette 
d'un  duc  deBrabant... 

Quatre  ans,  oui  quatre  ans!  En  mai  1899,  les  ossements 
de  Sophie  de  Thuringe  étaient  encore  dans  le  hangar. 

Qu'on  ne  vienne  donc  pas  parler  de  dépôt  provisoire,  en 
attendant  soit  des  travaux  au  caveau,  soit  un  plan  pour  le 
cénotaphe... 

IV.  —  Ici  un  épisode  assez  original. 

D'aucuns  qui  avaient  lu  le  cours  d'histoire  nationale  de 
l'abbé  Namèche,  se  sont  avisés  de  soutenir  que  Sophie  de 
Thuringe  avait  été  enterrée,  non  pas  à  Villers,  en  1275,  mais 
à  Marbourg,  en  1 284,  dans  l'église  consacrée  à  sa  mère, 
sainte  Elisabeth  de  Hongrie. 

On  ajoutait  que  notre  tradition  de  posséder  en  Belgique 


0)  De  obitu  et  sepultura  gloriosi  Henrici  ducis  Brabantiœ  et  uxoris  ejns 
Sophie,  béate  Elysabeth  filie.  «  Anno  Domini  M0CC°XLVIII0  Kalendis 
febrnarii,  obiit  Henricus  gloriosus  dax  Brabantie.  Postea  anno  Domini 
M-CC*LXXVe,  IIII  Kalendas  junii,  obiit  domina  Sophia,  filia  sancte  Elisa- 
beth eJQS  uxor.  Reconditi  in  mansoleo  jnxta  altare  sancti  Johannis  Baptiste. 
lia  quod  corpus  domini  ducis  versus  majus  altare,  corpus  vero  ducisse 
versus  altare  sancti  Johannis  Baptiste.  In  singulis  loculis  snnt  locata  ». 


—  348  — 

la  sépulture  de  la  duchesse  Sophie,  était  controuvée  et  sévè- 
rement jugée  à  Tétranger  ;  que  les  archives  de  Marbonrg 
sont  pleines  de  documents  réduisant  à  néant  de  pareilles 
prétentions;  que  si  nous  maintenions  celles-ci,  il  y  aurait 
des  protestations... 

On  ajoutait  encore  que,  si  le  tombeau  de  Villers  contient 
une  sépulture  de  femme,  il  s'agit  sans  doute  de  Marie  de 
Souabe,  première  épouse  de  Henri  II. 

Voyez  donc  ça  !  Sophie  de  Thuringe,  la  jeune  veuve 
éprouvée  par  un  deuil  récent,  ne  s'étant  pas  réservé  pour 
elle-même  la  loge  ménagée  à  côté  de  son  époux,  mais  ayant 
eu  le  souci  d'y  faire  placer  le  corps  de  sa  devancière,  morte 
depuis  douze  ans  et  exhumée  pour  la  circonstance  ! 

C'était  tellement  absurde  que  je  ne  résistai  pas  à  ma 
curiosité  :  j'en  référai  au  redoutable  archiviste  de  Marbourg. 

Or,  pas  un  mot  de  vrai  i 

Loin  de  posséder  des  documents  sur  Sophie  de  Thuringe, 
l'archiviste  m'en  demande  et  je  les  lui  ai  fournis,  abon- 
dants. 

Depuis  longtemps,  ajoute-l-il,  on  est  fixé  en  Allemagne 
sur  Terreur  du  comte  de  Montalemberl  (copié  par  Namèche). 
À  Marbourg,  il  avait  pris  le  tombeau  d'Alhéïde  de  Brunswick, 
morte  en  1284,  pour  celui  de  sa  belle-mère,  enterrée  à  Vil- 
lers depuis  l'an  1275... 

L'archiviste  de  Marbourg  m'a  fait  remarquer  d'ailleurs  que 
l'obituaire  de  l'Ordre  teutonique,  à  Marbourg,  pour  la  com- 
mémoration de  Sophie  de  Thuringe,  omet  la  mention  hic 
sepulta  (ici  enterrée),  caractérisant  les  tombeaux  qui  corres- 
pondent à  des  sépultures  effectives. 

Ici,  loin  de  critiquer  les  travaux  de  Villers^  je  lesféli- 


—  319  — 

cite  :  ils  Font  échappé  belle  en  résistant  aux  suggestions 
aoliscientifiques  qui  ont  pu  leur  venir  de  ce  côté. 

V.  —  J'ai  ressenti  du  malaise  en  lisant  certains  dithy- 
rambes de  la  presse  à  propos  des  travaux  de  Villers. 

Assurément  je  n'impute  pas  aux  auteurs  de  ces  travaux 
une  participation  à  ce  qu'ont  publié  les  journaux,  ni  surtout 
à  la  phrase  malencontreuse  que  voici,  imprimée  après  la 
description  du  tombeau  violé  de  Henri  II  :  c  Les  travaux 

>  vont  être  repris  sous  peu  dans  le  bas-côté  du  transept 

>  méridional,  où  Ton  ESPÈRE  mettre  au  jour  les  restes  de 

>  Jean  III,  duc  de  Brabant.  » 

Annoncer  qu'on  allait,  sous  l'autorité  du  Gouvernement, 
pour  satisfaire  à  la  curiosité  des  badauds,  violer  la  sépulture 
d'un  de  nos  anciens  souverains  ! . . . 

Il  y  avait  là  de  quoi  émouvoir  le  Gouvernement,  qui  estima, 
avec  raison,  que  sa  responsabilité  était  en  jeu;  un  arrêté 
royal  du  3  juillet  1895  créa  un  Comité  chargé  :  1°  «de  sur- 
»  veiller  les  fouilles  pratiquées  dans  les  ruines  de  l'ancienne 

>  abbaye  de  Villers  »  et  2°  c  de  donner  son  avis  sur  les 

>  mesures  à  prendre  au  sujet  des  découvertes  qui  pourraient 
»  être  faites  dans  les  ruines  » . 

Il  y  a  certes  lieu  d'approuver  le  Gouvernement  au  sujet 
de  celte  institution. 

Mais  j'ai  été  curieux  de  constater  combien  de  fois  ce 
Comité  s'est  réuni;  trois  fois  :  le  18  juillet  4895,  le  3  sep- 
tembre 1896  et  le  2  décembre  1897... 

M.  le  Directeur  des  Bâtiments  civils  nous  a  appris,  à 
rassemblée  préparatoire,  qu'il  y  a  eu,  durant  les  cinq  der- 
nières années,  une  quatrième  réunion  dudil  Comité... 

Est-ce  suffisant?  Comment  un  comité,  non  résidant,  peut-il 


—  530  — 

ainsi  réaliser  efficacement  la  première  de  ses  charges,  la 
surveillance? 

Quant  à  la  seconde  des  dites  charges  :  avis  à  donner  au 
sujet  des  découvertes  qui  pourraient  être  faites  dans  les  ruines, 
c'était  bien,  en  1898,  le  moment  d'en  provoquer  l'exercice. 

Alors  sévissait,  chez  les  gens  pieux,  une  fièvre  aiguë  ;  ils 
voulaient,  à  tout  prix,  retrouver  les  ossements  de  la 
B.  Julienne  de  Corn i lion,  dans  le  tréfonds  du  sol  où  ils  n'ont 
jamais  été  (i)  :  à  sa  mort,  en  effet,  sa  dépouille  fut  immédia* 
le  ment  placée  parmi  les  reliques  du  monastère  et  plus  tard, 
en  4599,  on  se  serait  bien  gardé,  liturgiquement,  de  faire 
«  rentrer  sous  terre  »  des  reliques  déjà  honorées  du  prélimi- 
naire canonique  de  la  sanctification  :  l'élévation  sur  les 
autels. 

De  plus,  on  se  faisait  illosioa  en  recherchant  un  squelette 
entier  :  depuis  le  xvie  siècle,  les  reliques  des  saints  du  monas- 
tère, dont  Julienne,  avaient  été  irrémédiablement  confondues 
en  un  amalgame  indistinct. 

Au  lieu  de  soumettre  la  demande  d'opérer  des  fouilles  à 


(i)  C'est  surtout  dans  la  dernière  chapelle,  la  neuvième  à  gauche  en 
entrant,  que  certains  auteurs  du  xiz*  siècle  se  sont  appliques  à  retrouver 
celle  où  l'abbé  Henrion,  en  1599,  transféra  les  reliques  du  monastère. 

Pendant  les  trois  siècles  antérieur*,  il  y  a  unanimité  pour  désigner,  au 
contraire,  la  première  à  gauche  en  entrant  : 

xvi*  siècle,  Gbimayb  (contemporain,  puisqu'il  dédie  son  livre  à  l'abbé 
Henrion,  auteur  de  la  translation  de  1599)  :  c  Templum  ingressis,  ad 
laevam,  primuin  in  ordine  (c'est-à-dire  dans  la  série,  en  rang). 

xtii*  siècle,  Sakdbbus  :  Templum  ingresBis  ad  laevam  occurrunt 
sacella.  Primum  in  ordine...  ». 

xvm*  siècle,  Papbbboch  :  «  Sacellum  ad  sinistram  occurrit  ingredien- 
tibus  Villariense  templum...  ». 

C'est  la  thèse  reprise  au  seuil  du  xx*  siècle,  par  M.  Edgar  db  Prblls 
db  hk  Nibppb,  dam  son  travail  de  1899. 


—  321  — - 

lavis  du  Comité  de  1895,  qui  lui  aurait  dit  tout  cela,  le 
Gouvernement  y  accéda  d'emblée,  influencé  peut-être  par 
récrit  d'un  haut  personnage  ecclésiastique  qui,  juste  en 
1898,  parlant  de  l'incertitude  entre  plusieurs  chapelles  pour 
y  découvrir  les  reliques  cherchées,  s'écriait  :  c  Qu'on  les 
fouille  toutes  !  » 

Sous  le  couvert  de  l'autorisation  gouvernementale,  on  se 
mit  à  bouleverser  les  tombeaux  des  chapelles,  à  tort  et  à 
travers.  C'est  ainsi  que,  dans  la  chapelle  de  Malève,  on  est 
allé  troubler  dans  sa  tombe  le  porte-bannière  de  Brabanl  à  la 
bataille  de  Woeringen,  Raes  de  Grez  dont  on  avait  d'abord 
pris  les  restes  pour  ceux  de  sainte  Julienne.  (Hilarité)... 

Ici,  un  squelette  d'homme,  pris  pour  celui  d'une  femme, 
à  l'inverse  de  Sophie  de  Thuringe  pour  Henri  II... 

El,  d'après  ce  que  j'ai  compris  dans  les  explications 
données  sur  ce  point  avant-hier,  il  n'aurait  été  accordé  que 
des  autorisations  simplement  orales. 

Moyen  commode  certes  pour  un  membre  du  Gouverne- 
ment de  se  dégager  de  toute  responsabilité  ministérielle  :  ne 
pas  laisser  de  trace  de  ses  actes  ! 

Mais  comment  la  Direction  des  bâtiments  civils  n'a-t-elle 
pas  empêché  des  tiers  non  munis  d'un  ordre  écrit,  en  due 
forme,  d'opérer  des  fouilles  dans  l'église  de  Villers? 

Le  quart  d'heure  réglementaire  est  accompli;  aussi  bien 
ai-je  dit  tout  ce  que  j'avais  à  dire  aujourd'hui. 

M.  Licot  (Schaerbeek).  —  Dans  les  travaux  de  Villers,  il 
s'est  agi  tout  d'abord  d'effectuer  le  déblai  des  matériaux 
accumulés  sur  le  sol  par  suite  des  effondrements.  Il  y  avait 
des  décombres  sur  toute  l'étendue  de  l'abbaye.  Dans  l'église 


—  5M  — 

notamment,  ils  s'élevaient  jusqu'à  6  mètres  à  peu  près.  On 
peut  s'en  assurer  sur  les  lieux.  Nous  avons  fait  un  tracé  sur 
murs,  à  l'aide  de  lignes  rouges,  indiquant  les  hauteurs 
qu'atteignait  le  monceau  de  décombres.  C'est  en  les 
enlevant  que  nous  avons  découvert  des  ossements  en  divers 
lieux.  Mais  avec  la  plus  grande  circonspection,  avec  la  plus 
grande  déférence,  nous  avons  remis  ces  ossements  soit  dans 
les  caveaux  d'où  ils  provenaient,  soit  là  où  ils  avaient  été 
découverts. 

Le  corps  de  Henri  II  était  dans  un  caveau.  Il  a  été  déposé 
quelque  temps  dans  la  salle  servant  de  musée  archéologique. 

M.  Schuermàns.  —  Il  est  resté  dans  le  tombeau. 

M.  Licot.  —  C'était  le  corps  de  la  duchesse. 

M.  Schuermàns.  —  Vous  vous  exposez  à  des  démentis,  à 
l'aide  de  pièces  officielles  de  l'époque. 

M.  Lagasse-de  Locht  (Bruxelles).  —  Je  ne  veux  dire  que 
quelques  mots  au  sujet  du  corps  qui  a  été  déposé  dans  le 
bâtiment  attenant  à  l'habitation  de  feu  M.  De  Wit,  et  qui 
sert  provisoirement  de  musée  archéologique.  Peu  importe 
que  ce  soit  le  corps  du  duc  ou  celui  de  la  duchesse.  Seule- 
ment, le  corps,  déposé  là,  y  est  resté  dans  les  meilleures 
conditions  possibles,  sous  la  garde  consciencieuse  de  feu 
De  Wit,  auquel  M.  Schuermàns  a  rendu  un  juste  hommage. 

Si  la  Commission  des  fouilles  ne  s'est  pas  réunie  plus 
souvent,  c'est  qu'elle  n'en  a  pas  vu  la  nécessité. 

Lorsque  des  ossements  ont  été  découverts,  immédiate- 
ment après  on  les  a  remis  en  place,  ainsi  que  Fa  dit 
M.  Licot. 


—  323  — 

On  a  fait  des  caveaux  là  où  il  n'y  en  avail  pas,  pour 
recueillir  certains  ossements  éparpillés. 

11  esl  arrivé  une  fois,  suivant  la  remarque  de  M.  Schuer- 
mans,  qu'une  fouille  a  été  pratiquée  avec  l'autorisation 
supérieure,  mais  cela  s'est  passé  à  l'insu  et  sans  l'intermé- 
diaire soit  du  Comité  des  fouilles,  soit  du  service  des  Bâti- 
ments civils.  Je  le  répèle,  ce  cas  s'est  présenté  une  seule 
fois  et  ne  se  reproduira  plus. 

M.  Schuermans  (Liège).  —  Voici,  Messieurs,  la  traduc- 
tion du  document  dont  je  vous  parlais  tantôt  au  sujet  de  la 
sépulture  du  duc  Henri  II  et  de  la  duchesse  : 

«  Mort  et  sépulture  de  Henri  H  et  de  sa  femme,  fille 
de  S.  Elisabeth. 

»  L'an  1247,  aux  calendes  de  février,  est  mort  le  duc 
Henri.  Ensuite,  l'an  1275,  le  4  des  calendes  de  juin,  est 
morte  Sophie,  fille  de  S.  Elisabeth,  sa  femme.  Ils  furent 
enterrés  dans  un  mausolée  près  l'autel  de  S. -Jean-Baptiste, 
le  corps  du  duc  vers  le  maitre-autel,  le  corps  de  la  duchesse 
vers  l'autel  de  S.-Jean-Bapiisle,  chaque  corps  dans  un 
caveau  distinct.  » 

Voilà  un  document  péremploire  et  qui  nous  permet 
d'affirmer  que  le  corps  prétendu  du  duc  qui  a  reposé 
quelque  temps  dans  le  musée  provisoire  annexé  à  l'habi- 
tation de  feu  De  Wit,  est  le  corps  de  Sophie  de  Thuringe, 

la  duchesse. 

On  discute  à  perte  de  vue  sur  l'emplacement  de  la 
chapelle  de  Saint-Bernard.  On  prétend  aujourd'hui,  contrai- 
rement au  témoignage  des  historiens,  que  la  chapelle  où, 
en  1599,  on  a  déposé  les  reliques  du  monastère,  se  trouvait 
au  nord  du  transept. 


—  324  — 

Je  donne  en  noie  (i)  les  passages  de  Gramaye,  qui  peut 
être  considéré  comme  élant  du  xvi*  siècle  ;  de  Sanderus,  au 
siècle  suivant,  et  de  Papebroch,  au  xvma  siècle.  Les  auteurs 
de  ces  trois  siècles  sont  unanimes  pour  reconnaître  que  Fou 
rencontre  la  première  chapelle  dont  ils  parlent,  à  feutrée 
de  l'église,  en  y  pénétrant  par  le  fond,  à  gauche. 

Je  ne  veux  certes  pas  prétendre  que  tous  les  débris  de 
Villers  eussent  dû  être  passés  au  crible;  mais  n'eùt-il  pas 
fallu  trier  à  part  les  débris  de  chaque  chapelle  ?  Cela  certai- 
nement aurait  tranché  la  question  en  ce  qui  concerne  la 
chapelle  de  Saint-Bernard,  au  sujet  de  laquelle  on  discute 
tant  aujourd'hui. 

En  effet,  lorsque  l'on  a  procédé  à  des  fouilles  dans  le 
monument,  on  y  a  trouvé  des  marbres,  des  bronzes,  des 
inscriptions,  des  peintures,  et  de  tous  ces  débris  on  n'a  abso- 
lument rien  laissé.  Tout  a  été  transporté,  en  1893  et  en  1894, 
dans  un  endroit  appelé  le  Vivier,  à  l'entrée  de  l'abbaye,  du 
côté  du  village,  et  là  tout  a  été  jeté  pêle-mêle. 

On  ne  me  dira  pas  que  les  anciens  propriétaires  n'avaient 
rien  laissé  debout.  Us  étaient  loin  d'avoir  enlevé  tous  les 


(i)  Voici,  sans  commentaires,  les  trois  passages  annoncés,  où  il  s'agit 
bien  certainement  de  rentrée  de  l'église,  par  le  fond,  à  gauche  : 

Gramaye  :  a  Templmn  ingressis  ad  îaevam,  varia  sacella;  prinram  in 
ordiue...  » 

Sanderus  :  «  Templuin  iugressis  ad  laevam  in  oculos  occurrunt  varia 
sacella,  Primumin  ordine...  » 

Papebroch  :  a  Sacellum  ad  tinistram  occurrit  ingredientibus  eccle- 
aiam...  » 

Dans  ces  trois  passages,  absolument  concordants,  il  s'agit  de  la  chapelle 
de  Saint  -Bernard,  qu'on  rencontrait  la  première  à  gauche  en  entrant  dans 
l'église  par  le  fond;  il  est  impossible  d'appliquer  cela,  comme  on  Ta 
essayé,  à  la  chapelle  de  la  Sainte-Trinité,  qui  était  la  dernière  à  gauche, 
lorsqu'on  pénétrait  dans  le  temple  par  l'entrée  de  l'ouest. 


—  3*23  — 

débris.  J'en  trouve  la  preuve  dans  une  lettre  adressée  à 
M.  Galesloot  et  qui  a  paru  dans  le  Messager  des  Sciences  de 
Gaod.  Dans  cette  lettre,  M.  Licot  lui-même  affirme  qu'il  a 
été  dans  le  chœur  de  l'église  de  Villers  découvert  un  grand 
nombre  de  débris  provenant  des  sépultures,  notamment  des 
fragments  de  marbre  noir  qui  avaient  dû  appartenir  au 
tombeau  de  Jean  III. 

M.  Licot  (Schaerbeek).  —  Il  a  élé  fait  présent  du  tombeau 
de  Jean  III  au  musée  archéologique  de  Nivelles  ;  ce  n'est  pas 
dans  le  chœur,  mais  dans  le  transept  qu'on  l'a  trouvé. 

M.  Lagasse-de  Locht  (Bruxelles).  —  Voici  ce  que  je  vou- 
drais répondre  très  brièvement  à  M.  Schuermans  : 

Il  y  a  eu,  à  l'abbaye  de  Villers,  17,000  mètres  cubes  de 
débris  déblayés  et  enlevés.  M.  Schuermans  n'a  pas  demandé 
qu'on  les  passât  tous  au  tamis.  Il  a  eu  soin  de  dire  qu'il  ne 
s'agissait  que  des  débris  des  chapelles.  Or,  précisément  tous 
ces  débris  provenant  des  chapelles  ont  été  examinés  avec  un 
soin  scrupuleux,  extraordinaire,  non  seulement  par  M.  Licot, 
mais  encore  par  M.  De  Wit,  en  qui  M.  Schuermans  avait,  à 
juste  litre,  pleine  confiance.  On  peut  le  dire  :  M.  De  Wit  s'est 
dévoué,  pendant  toute  sa  carrière  trop  courte,  à  l'abbaye  de 
Villers.  Il  y  a  été  victime  de  son  dévouement.  Tout  a  été 
minutieusement  et  consciencieusement  examiné  par  cet 
homme  aussi  dévoué  que  savant  et  modeste.  Ne  l'oublions 
pas  :  les  déblais  ont  été  faits  partout  et  notamment  là  où 
reposaient  les  restes  du  duc  Henri  II  et  de  la  duchesse 
Sophie  de  Thuringe. 

En  cet  endroit,  on  a  retrouvé  de  nombreux  débris  du 
mausolée  des  deux  illustres  époux   On  peut  les  voir,  bien 


—  526  — 

classés,  dans  le  musée  provisoire  dont  il  a  déjà  été  question. 
Ailleurs,  l'on  a  relire  une  ardoise  sur  laquelle  l'horaire  du 
couvent  était  écrit  en  écriture  romane.  Ce  curieux  spécimen  a 
été  envoyé  à  la  Bibliothèque  royale  el  a  fait  l'objet  d'un 
travail  très  remarquable  de  M.  l'avocat  Sheridao.  On  n'a 
rien  trouvé  de  plus  qui  soit  intéressant  au  point  de  vue  histo- 
rique et  scientifique.  Il  faut,  quoiqu'on  ait  dit  M.  Schuer- 
mans,  attribuer  ce  maigre  résultat  aux  dévastations 
incroyables  des  propriétaires  anciens.  Pendant  quarante  ou 
cinquante  années,  nous  avons  pu,  nous  les  anciens  fidèles  de 
Villers,  mesurer  la  progression  sans  cesse  croissante  des 
dévastations  barbares.  Contrairement  à  l'avis  de  mon  savant 
contradicteur,  nous  pouvons  l'affirmer  :  tout  ce  qu'il  a  été 
possible  de  sauver  des  restes  de  l'abbaye,  a  été  conserve 
précieusement.  Je  regrette,  comme  lui,  que  l'on  n'ait  pas 
trouvé  plus  de  débris  capables  d'aider  à  terminer  les 
discussions  sur  Villers. 

Ceux  qui  auront  bien  étudié  le  dernier  travail  de  M.  Edgar 
de  Prelle  de  la  Nieppe  sur  Villers,  seront  édifiés  au  sujet  du 
véritable  emplacement  de  la  chapelle  de  Saint- Bernard,  où  se 
trouvaient  dans  le  temps  les  reliques  spéciales  du  monas- 
tère. 

M.  Schuermans. —  Je  partage  complètement  ce  sentiment 
au  sujet  de  l'emplacement  de  la  chapelle  de  Saint-Bernard. 

M.  Licot.  —  Vous  parlez  de  la  chapelle  de  Saint-Bernard. 
11  n'y  a  plus  de  doute  à  cet  égard  et  je  tâcherai  de  vous  le 
prouver  dans  un  travail  que  je  publierai  très  prochaine- 
ment. 

M.  Schuermans.  —  Je  serai  très  heureux  de  le  lire. 


—  327  « 

M.  Licot.  —  En  faisant  état  des  documents  inédits  dont 
parlait  tout  à  l'heure  M.  Schucrmans. 

M.  Schuermans.  —  J'invoquerai  plus  lard  tous  ces  docu- 
ments inédits.  Je  liens  à  ce  que  la  sténographie  prenne  bien 
noie  de  ma  menace. 

M.  Helbig,  ff.  de  Président.  —  Je  pense  que  celte  discus- 
sion, très  intéressante,  peut  être  considérée  comme  actuel- 
lement épuisée,  en  présence  surtout  de  cette  déclaration 
à  laquelle  nous  adhérons  tous,  que  les  fouilles  ont  été 
consciencieusement  exécutées. 

Il  me  reste,  avant  de  lever  la  séanee,  à  remercier 
M.  le  chevalier  Marchai  d'avoir  bien  voulu  mettre  ce  local  à 
notre  disposition,  et  k  nous  ajourner  à  l'année  prochaine. 

—  La  séance  est  levée  à  cinq  heures  et  demie. 


» 


* 


"  t,  i 


IMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS. 


RÉSUMÉ    DES    PROCÈS-VERBAUX. 


SEANCES 
38  8,  15,  22  et  29  novembre;  des  6,  18,  20  et  27  décembre  1902. 


PEINTURE  ET  SCULPTURE. 

Des  avis  favorables  ont  été  émis  sur  : 

1°    La  proposition  de  confier  à   M.   Van  Landuyt  la 

tauralion  de  trois  (ableaux  qui  se  trouvent  dans  l'église 

Molhem-Bollebeek  (Brabant); 

2°  Le  projet  de  peintures  décoratives  à  exécuter  dans 
glise  de  Somzée  (Namur);  auteur,  M.  Enderlé-Maréchal  ; 
3°  Le  projet  relatif  à  la  décoration  picturale  de  l'église 
Îaslièrc-Lavaux  (Namur)  ; 

4°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  de  peintures  murales 
ns  l'église  d'Iseghem  (Flandre  occidentale),  sous  la 
serve  de  prolonger  la  litre  sur  toute  l'étendue  du  mur  de 
id,  afin  de  mieux  relier  l'ensemble  du  travail  décoratif; 
leur,  M.  Wybo; 


Église 
de  Nolbem- 

Bollebcek 
Tableaux. 


Église 
de  Somxée. 
Décoration. 


Église 
d'Haslicre* 

La  vaux. 
Décoration. 

Église 

d'Iseghem. 

Décoration. 


-  330  — 

Égiite  S0  Les  dessins  de  vitraux  à  placer  dans  l'église  d'Iseghem 

viiwnx.      (Flandre  occidentale),  à  la  condition  qu'au  cours  de  l'exé- 
cution du  travail  il  sera  tenu  compte  des  observations 
présentées  par  M.  le  baron  Bethune;  auteur,  M.  Dobbelaere; 
Égi^ d0         6°  Les  dessins  de  vitraux  à  placer  dans  l'église  de  Rebecq- 

RebecqoRognon . 

viimi.      Rognon  (Brabant);  auteur,  M.  Teller; 
c.ibédraie        7°  Le  projet  relatif  à  la  reconstitution  de  l'ancien  vitrail 

de  Bruges* 

vura.l  de  |a  chapelle  de  Saint-Joseph,  en  l'église  cathédrale  de 
Bruges  (Flandre  occidentale).  II  y  a  toutefois  trop  de 
symétrie  et  de  lourdeur  dans  la  partie  inférieure  des  drape- 
ries des  anges  du  tympan.  Vu  l'importance  de  cette  verrière, 
il  y  a  lieu  d'en  compléter  d'abord  une  lumière.  Lorsque 
cette  partie  du  travail  sera  terminée  et  mise  en  place,  le 
Collège  la  fera  examiner  par  des  délégués;  auteur, 
M.  Goucke; 

Égiiseda  8°  Les  projets  de  deux  vitraux  peints  destinés  à  l'église 
*îiiSui  "'  ^e  Saint-Martin,  à  Hal  (Brabant);  auteur,  M.  Casier; 

Égiiw  9°  Le  projet  d'un  vitrail  à  placer  dans  le  chœur  de 

de  Zcpperea.  ' 

viuaii.  l'église  de  Zepperen  (Limbourg),  sous  la  réserve  que 
l'auteur,  M.  Bardenhewer,  supprimera  les  banderolles  des 
réseaux  et  les  remplacera  par  des  motifs  plus  sérieux.  Au 
cours  de  l'exécution,  il  importera  de  soigner  tout  particu- 
lièrement le  dessin  et  la  coloration  ainsi  que  le  choix  du 
verre,  qui  doit  être  très  translucide.  Lorsque  cette  verrière 
sera  exécutée  et  mise  en  place,  elle  sera  examinée  par  des 
délégués  avant  que  les  autres  vitraux  ne  soient  exécutés; 
Égii.e  de  10°  Le  projet  de  vitrail  destiné  à  la  baie  centrale  du 
kvur!'i?'  chœur  de  l'église  de  Sainte-Gertrude,  à  Nivelles  (Brabant). 
Celle  étude  a  reçu  l'entière  approbation  du  Collège,  qui 
a  adressé  ses  félicitations  à  l'auteur,  M.  Casier,  pour  ce 


—  331  — 


travail  difficile  et  consciencieux.  L'attention  du  peintre  a 
cependant  été  attirée  sur  l'utilité  de  tracer  une  seconde 
bande  dans  la  robe  du  Christ,  afin  d'en  rompre  la  monotonie. 
Le  programme  des  verrières  à  placer  ultérieurement  dans 
le  chœur  de  la  collégiale  de  Nivelles  parait  pouvoir  être 
admis.  L'auteur  a  été  engagé  toutefois  à  s'assurer  si  Pépin 
de  Landen  est  bien  rangé,  comme  le  Collège  le  croit,  parmi 
les  Bienheureux  ; 

41°  La  nouvelle  soumission  de  M.  Wilmotte,  en  date  du 
30  juin  4902,  concernant  le  travail  de  restauration  du 
tabernacle  en  cuivre  de  l'église  de  Bocholt  (Limbourg).  La 
Commission  a  insisté  tout  particulièrement  pour  que  le 
travail  projeté  soit  borné  au  strict  nécessaire.  Lorsque  la 
restauration  sera  terminée,  le  Collège  fera  procéder  à 
l'examen  de  l'œuvre  d'art  dont  il  s'agit.  Aucune  pièce  de 
celle-ci  ne  pourra  être  nettoyée  ni  patinée.  Le  tabernacle  de 
Bocholt  étant  une  œuvre  de  dinanderie  importante,  on  ne 
peut  qu'engager  l'État  à  se  montrer  très  généreux  dans 
l'allocation  de  ses  subsides. 

—  Il  a  été  procédé,  le  17  novembre  4902,  dans  l'église 
de  Lembecq  lez  Hal,  à  l'examen  de  la  fresque  représentant 
le  Jugement  dernier,  exécutée  par  M.  De  Geetere  au-dessus 
de  Parc  triomphal. 

II  résulte  de  cet  examen,  auquel  assistait  M.  Dumortier, 
membre  du  Comité  des  correspondants  du  Brabant,  que 
l'œuvre  d'art  dont  il  s'agit  a  été  exécutée  d'une  façon  très 
satisfaisante. 

En  conséquence,  rien  ne  s'oppose  à  ce  que  le  subside 
promis,  sur  les  fonds  des  Beaux-Arts,  en  vue  de  ce  travail 
décoratif»  soit  liquidé. 


Église 
de  Bocholt. 
Tabernacle. 


Eglise 

de  Lembecq 

lez  Hal. 

Fresque. 


—  332  — 

unitmiié        —  A  la  demande  de  l'administration  communale  de 

Je  Garni. 

Peinture*,  QAn^9  j|  a  £(é  procédé,  le  1"  décembre  1902,  à  un  nouvel 
el  minutieux  examen  des  peintures  du  grand  vestibule  de 
l'université  de  cette  ville. 

MM.  l'échevin  Bodart,  l'architecte  de  la  ville  et  son 
adjoint,  ainsi  que  MM.  Serrure,  De  Geulenecr  et  Lybaert, 
membres  du  Comité  des  correspondants  de  la  Flandre 
orientale,  assistaient  à  cet  examen. 

Cette  visite  a  démontré,  comme  les  précédentes,  que  l'état 
de  dégradation  des  peintures  doit  être  attribué  à  plusieurs 
causes,  notamment  aux  fuites  d'eau  provenantes  chéneaux 
entre  la  rotonde  et  le  vestibule;  à  la  non- protection  exté- 
rieure contre  les  pluies,  du  mur  exposé  à  l'ouest;  à  l'atmos- 
phère de  la  salle,  qui  est  froide  et  humide;  au  manque 
d'aérage,  etc. 

Mais  la  cause  principale  de  l'état  de  choses  signalé  pro- 
vient évidemment  des  fuites  d'eau  par  les  chéneaux.  Les 
traces  très  visibles  et  très  importantes  de  ces  infiltrations 
existent  encore  dans  le  mur  où  les  peintures  sont  le  plus 
endommagées;  ces  traces  se  voient  surtout  du  côté  delà 
rotonde;  il  y  en  a  même  une  assez  récente  où  l'enduit  est 
encore  humide 

Ainsi  qu'on  l'a  déjà  déclaré,  le  8  août  1902,  des  travaux 
très  importants  onlété  effectués  aux  gouttières  et  aux  toitures, 
précisément  aux  endroits  où  les  infiltrations  se  produisaient. 

Sans  s'arrêter  aux  assertions  désagréables  pour  la  Com- 
mission, de  la  lettre  de  l'administration  communale,  le 
Collège  se  bornera  à  faire  remarquer  que  si  cette  adminis- 
tration avait  fait  procéder  plus  tôt  à  l'examen  minutieux 
qu'elle  devait  faire,  elle  aurait,  sans  aucun  doute,  mis  plus 


—  533  — 

de  retenue  dans  sa  réponse.  Du  reste,  les  représentante  de 
ce  Collège  qui  assistaient  à  la  dernière  visite,  n'ont  pu  man- 
quer de  reconnaître  la  justesse  des  conclusions  des  rapports 
précédents.  Les  observations  qui  ont  été  produites  surplace 
parun  membre  correspondant  de  la  Commission  royale  et 
par  l'architecte  de  la  ville  au  sujet  de  l'exécution  des  fresques 
sont  sans  doute  très  intéressantes.  Il  n'en  est  pas  moins  vrai 
que  les  faits  graves  signalés  par  la  Commission  subsistent 
et  qu'ils  ont  été  reconnus  comme  vrais  par  l'administration 
communale  elle-même,  puisqu'elle  y  a  porté  remède  après 
les  constatations  de  la  Commission  royale. 

Les  travaux  effectués  après  l'envoi  du  rapport  du 
15  mars  1902,  ne  sont  nullement  des  ouvrages  d'entretien 
et  d'amélioration,  comme  on  l'affirmait,  mais  des  réfections 
très  importantes.  M.  le  Président  a  tenu  à  s'en  assurer 
personnellement  en  cheminant  le  long  d'une  corniche  d'un 
bâtiment  universitaire  pour  se  rendre  ainsi,  lors  de  la  visite 
du  1er  décembre,  en  l'aimable  compagnie  de  M.  l'architecte 
adjoint,  jusque  dans  la  noue  profonde  existant  entre  le 
vestibule  décoré  et  la  rotonde.  M.  l'Inspecteur  général 
Lagasse-de  Locht  y  a  constaté  que  le  revêtement  en  zinc  a 
été  renouvelé  en  grande  partie  et  surhaussé  d'environ  Om40, 
afin  de  parer  aux  infiltrations  résultant  des  accumulations 
d'eau  antérieures  dans  ce  vaste  bac  à  neige.  Il  y  a  constaté 
aussi  les  soins  apportés  pour  que  le  débouché  de  la  descente 
d'eau  soit  toujours  mis  à  l'abri  des  débris  d'ardoises,  de 
feuilles,  etc.,  qui  bien  souvent  auparavant  l'ont  obstrué. 
Telle  est  l'importance  des  travaux  ainsi  effectués  depuis  le 
13  mars  1902  que  M.  le  Président  a  félicité,  sur  place, 
AI.  l'architecte  adjoint  au  sujet  de  leur  bonne  exécution. 


—  334  — 

Au  surplus,  si  tout  avait  été  si  parfait  avant  mars  dernier, 
pourquoi  serait-on  occupé  aujourd'hui  encore  à  enduire,  à 
l'extérieur,  le  mur  exposé  à  l'ouest?  Pourquoi  améliore-l-on 
la  ventilation  par  les  jours  latéraux  du  vestibule? 

La  Commission  ne  considère  pas  comme  une  opération 
parfaite  l'enduit  extérieur  du  mur  exposé  à  l'ouest.  Elle  aura 
pour  conséquence  d'enfermer  dans  le  mur  l'humidité  qui  s'y 
est  accumulée.  Il  eût  mieux  valu,  comme  l'indiquaient  les 
rapports  antérieurs,  recouvrir  ce  mur  d'ardoises  ou  de  zinc; 
ce  recouvrement,  en  empêchant  l'humidité  de  s'introduire 
graduellement  dans  les  maçonneries,  n'aurait  mis  aucun 
obstacle  à  l'évaporation  de  celle  qui  peut  encore  s'y  trouver 
concentrée  aujourd'hui. 
Ëgiue  —  Suivant  le  conseil  donné  par  la  Commission,  dans  son 

de  Biesme-  ■ 

MTiHm  rapport  du  12  avril  1901,  M.  le  curé  de  Biesme-Colonoise 
(Namur)  a  cherché  à  débarrasser  les  colonnes  et  les  arcades 
de  l'église  de  cette  localité  du  plâtrage  qui  y  a  été  appliqué 
aux  siècles  écoulés. 

Ce  travail  a  fait  découvrir,  sur  le  piédroit  nord  de  Tare 
triomphal,  des  restes  de  peintures  murales  qui  paraissent 
remonter  à  la  première  moitié  du  xviê  siècle. 

En  dessous  est  représenté  l'Agneau  de  Dieu  laissant 
échapper  le  saint  sang  dans  un  calice  et  surmonté  d'une 
bannière  avec  banderolle. 

Plus  haut  est  représenté  le  prophète  David  avec  la  harpe 
et,  enfin,  des  anges  et  des  ornements. 

Au-dessus  des  banderolles  on  lit,  en  caractères  gothiques, 
ces  paroles  des  Psaumes  : 

fiûubûte  eum  in  d)oro  et  tgmpano. 
faubatr  cum  in  cortie  rt  organo. 


—  535  — 

Sur  le  piédroit  sud  du  même  arc  triomphal,  il  y  a  eu 
également  des  peintures  murales,  mais  celles-ci  ont  disparu. 
Il  semble,  d'après  quelques  vestiges  de  couleur,  que  la 
décoration  se  continuait  vers  les  bras  du  transept. 

Les  recherches  opérées  dans  d'autres  parties  de  l'édifice 
n'ont  pas  abouti. 

Les  peintures  dont  il  s'agit  ne  sont  pas  d'une  valeur  artis- 
tique marquante.  Leur  principal  intérêt  est  de  permettre  de 
constater  que  nos  édifices  religieux  du  moyen  âge  ont  été 
décorés  de  peintures  murales,  même  dans  les  localités  les 
plus  reculées  de  nos  provinces. 

II  n'y  a  aucune  mesure  à  prendre  à  l'égard  de  ces  vestiges 
de  décoration.  Ces  restes  doivent  être  conservés  tels  qu'ils 
ont  été  retrouvés. 

Si,  au  cours  des  travaux  de  restauration  et  d'agrandisse- 
ment de  l'église,  que  l'on  sera  amené  à  exécuter  dans  un 
avenir  peu  éloigné,  les  peintures  dont  il  s'agit  créaient  un 
obstacle  sérieux  à  ces  travaux,  il  n'y  aurait  pas  grand 
inconvénient  à  les  sacrifier;  mais,  dans  ce  cas,  il  faudrait 
en  prendre  des  calques  et  en  faire  une  aquarelle,  à  échelle 
réduite,  pour  un  de  nos  musées,  afin  d'en  conserver  le 
souvenir. 

La  porte  clôturant  l'escalier  du  jubé  est  composée  de 
fragments  de  planches  sur  lesquelles  se  remarquent  des 
peintures;  ce  sont  probablement  des  débris  de  volets  d'un 
retable.  Ces  restes,  malheureusement  très  mutilés,  offrent 
un  certain  intérêt.  Gomme  ilssontexposésàd'autres  sérieuses 
mutilations,  il  conviendrait  de  les  déposer  au  musée  de  Namur. 

Il  serait  intéressant  de  faire  dérocher  la  jolie  porte  du 
xvi*  siècle  qui  ferme  la  chapelle  des  fonts,  déjà  signalée  dans 


—  336  — 

le  rapport  du  12  avril  1901 ,  et  d'en  faire  exécuter  une  bonne 
photographie.  C'est  une  œuvre  de  sculpture  de  réelle  valeur 
artistique,  exécutée  dans  le  goût  de  celle  du  baplistère  de 
l'église  de  Malorme,  mais  de  moindre  importance. 
Égiiu         —  Il  résulte  d'un  examen  auquel  il  a  été  procédé,  que  les 

de  Galonné.  '  r  »  T 

vitraux,     vitraux  placés  dans  l'église  de  Calonne  (Hainaut),  ont  élé 
exécutés  d'une  façon  satisfaisante. 

En  conséquence,  rien  ne  s'oppose  à  ce  que  le  subside 
promis  par  le  Déparlement  de  l'Agriculture,  pour  ce  travail, 
soit  liquidé, 
j  ■*"?.         —  AJa  demande  de  MM.  Comère  et  Capronnier,  il  a  été 

de  Sainl-Pierrf,  • 

^vuS?1'  procédé,  dans  l'atelier  de  ces  artistes,  à  l'examen  de  deux 
vitraux  anciens  du  chœur  de  l'église  de  Saint-Pierre,  à 
Anderlecht  (Brabant),  dont  la  restauration  est  terminée. 

Il  résulte  de  cet  examen  que  les  artistes  précités  ont 

apporté  tous  leurs  soins  et  une  entière  conscience  dans 

l'exécution  de  leur  entreprise.  Il  y  a  lieu  de  les  féliciter  à 

propos  de  ce  travail  important  dont  la  réussite  est  complète. 

ÉgiiMdAyeacux.     —  Il  a  été  procédé,  le  8  décembre  1902,  à  l'examen  des 

Vitraux. 

vitraux  placés  dans  le  chœur  et  à  l'extrémité  des  basses-nefs 
de  l'église  d'Ayeneux  (Liège). 

Il  a  élé  constaté  que  les  œuvres  précitées  ont  élé  bien 
exécutées  et  qu'on  peut  donner  suite  à  la  liquidation  du 
subside  alloué  par  l'État  en  vue  de  ce  travail. 


CONSTRUCTIONS  CIVILES. 

La  Commission  a  émis  des  avis  Favorables  sur  : 
Abbaye d'Auine.      1°  La  proposition  de  M.  l'architecte  Cloquet  de  faire 
exécuter  d'urgence  certains  travaux  de  consolidation  aux 


—  337  — 

ruines  de  l'abbaye  d'Aulne  (Hainaut).  Il  y  a  lieu  d'autoriser 
ces  travaux  dans  la  mesure  indiquée  par  M.  Cloquet,  c'est- 
à-dire  en  les  étendant  à  la  travée  entière  au  pied  du  colla- 
téral sud  avec  son  arc-boulant  ; 
2°  Le  projet  relatif  à   la   restauration  des  façades  de  J  hjk.1 de  7nie 

■       J  *  de  Saint-Nicolas. 

l'ancien  hôtel  de  ville  de  Saint-Nicolas  (Flandre  orientale), 
ainsi  que  des  façades  latérales  et  postérieure  du  bâtiment  y 
attenant  dit  «  Ciperagie  ».  II  doit  être  entendu  qu'au  cours 
de  l'exécution  des  travaux,  il  sera  tenu  rigoureusement 
compte  de  toutes  les  observations  présentées  par  M.  l'archi- 
tecte provincial,  dans  son  rapport  du  14  novembre  1902; 
3°  Le  projet  des  travaux  complémentaires  de  restauration     Ancienne 

■        *  r  halle  aux  viandes 

à  effectuer  à  l'ancienne  halle  aux  viandes  de  Termonde  deTcrmoDdc- 

(Flandre  orientale).  Il  doit  être  entendu  qu'à  la  façade  en 

pierre  de  l'édifice,  les  lucarnes  seront  construites  en  pierre 

et  qu'à  la  façade  en  briques,  les  lucarnes  seront  établies  en 

briques.  Il  y  aura  lieu  de  mettre  en  œuvre  la  pierre  de 

Baelegem  partout  où  sa  hauteur  d'assises  le  permel,  mais 

où  cela  ne  sera  pas  possible,  on  pourra  employer  la  pierre 

de  Refroy,  à  la  condition  que  le  banc  de  provenance  en  soit 

bien  choisi.  Quant  à  la  pierre  de  La  Rochette,  elle  doit  être 

écartée  dans  le  cas  actuel  ;  elle  ne  doit  être  autorisée  que 

pour  des  parements  unis  et  encore  elle  ne  se  marierait  pas 

avec  la  pierre  de  Baelegem,  sa  coloration  étant  différente. 

Puisqu'il  est  démontré  que  la  flèche  de  la  tour  était  autrefois 

garnie  de  huit  lucarnes,   il  est  logique  de  les  rétablir; 

architecte,  M.  Sterckx. 

—  Il  a  été  procédé,  le  1er  décembre  1902,  de  concert      Ancien 

*  Granri-Begmnagi) 

avec  M.  Compyn,  ingénieur  de  la  ville  de  Gand,  à  l'examen     deG,mi 
de  l'ancien  Grand-Béguinage  de  celle  localité  au  point  de 


—  338  — 

vue  du  prolongement  de  la  rue  Courte  du  Béguinage  jusqu'à 
la  rue  de  la  Porte  de  Bruges. 

MM.  Serrure  et  Lybaert,  membres  du  Comité  des  cor- 
respondants de  la  Flandre  orientale,  assistaient  à  celle 
visite. 

Après  un  examen  attentif  des  lieux,  il  a  été  reconnu  que 
ce  prolongement  très  utile,  notamment  pour  les  dégagements 
vers  la  rue  Haute,  ne  ferait  pas  de  tort  à  ce  qui  reste  encore 
de  l'enclos  du  Béguinage,  attendu  qu'il  aura  lieu  au  travers 
de  constructions  modernes.  Par  conséquent,  il  n'y  a  pas 
utilité  à  en  entraver  la  réalisation.  Mais  il  ne  peut  être 
question  d'autoriser  l'élargissement  de  la  rue  Courte  du 
Béguinage  actuelle  par  l'empiétement  sur  les  jardinets,  la 
largeur  de  celte  rue  étant  suffisante.  Il  importe  de  laisser 
subsister  le  mur  clôturant  les  jardinets  à  la  place  qu'il  occupe 
aujourd'hui.  C'est  un  des  rares  vestiges  qui  contribuent  à 
rappeler  le  caractère  tout  spécial  qu'avait  le  Grand-Bégui- 
nage avant  les  mutilations  déplorables  qu'il  a  subies  il  y  a 
une  trentaine  d'années 
Ancienne  f«me      —  L'attention  de  la  Commission  ayant  été  appelée  sur  la 

du  Cbâtelet,  *  r  r 

h  M.rbai».  valeur  historique  que  paraît  présenter  l'ancienne  ferme  du 
Chàtelet,  à  Marbais,  il  a  été  procédé  à  son  inspection  le 
30  octobre  1902. 

MM.  Dumortier  et  Désirée,  délégués  du  Comité  des 
correspondants  du  Brabant,  assistaient  à  celle  visite.    . 

La  ferme  du  Chàtelet  est  l'ancienne  résidence  féodale 
de  Marbais. 

C'est  une  place  fort  ancienne  formant  un  rectangle  com- 
plet. On  y  arrive  de  plein  pied  du  côté  sud  ;  au  nord,  elle 
surplombe  la  vallée  de  la  Thyle  et  l'ancien  moulin  banal  de 


—  359  — 

la  baronnie  ;  des  deux  autres  côtés  ses  abords  sont  également 
escarpés. 

Le  manoir  était  jadis  entouré  de  fossés  dont  une  petite 
partie  subsiste  encore,  mais  dont  on  retrouve  le  tracé  à  peu 
près  complet;  le  pont-levis  a  disparu. 

L'enceinte  subsiste  presque  en  entier  ainsi  que  la  tour 
circulaire  du  sud,  à  gauche  de  la  porte  d'entrée  et  la  base 
d'une  seconde  tour  vers  l'ouest;  plusieurs  autres  tours  ont 
été  démolies. 

Les  tours  sont  appareillées  en  assises  assez  régulières  de 
pierre  schisteuse  noire  et  rongée  par  le  temps.  Ces  tours 
remontent,  sans  aucun  doute,  à  une  époque  très  reculée  ; 
elles  sont  peut-être  contemporaines  des  châteaux  de  Bouillon 
et  de  Laroche. 

Un  donjon  carré,  situé  dans  la  cour,  à  gauche  de  l'entrée, 
de  construction  plus  récente,  est  bâti  en  moellons  provenant 
des  environs  et  appareillés  selon  le  système  des  constructions 
de  l'abbaye  de  Villers,  qui  en  est  voisine.  Les  courtines 
étaient  construites  en  même  pierre  et  appareillées  de  même. 

Un  bâtiment  faisant  saillie,  à  droite  de  l'entrée,  passe  pour 
avoir  été  la  chapelle  du  château.  Il  est  appareillé  en  grandes 
assises  de  pierre  calcaire  bien  taillée,  d'un  ton  gris  jaunâtre. 
La  tradition  qui  le  représente  comme  ayant  été  la  chapelle, 
parait  avoir  quelque  fondement.  Cette  construction  rectan- 
gulaire, orientée,  a  conservé  d'anciennes  petites  baies  murées 
terminées  en  plein-cintre  dont  le  tympan  est  fermé  par  un 
linteau  qui  occupe  tout  le  cintre,  type  de  construction  qui 
se  remarque  aussi  à  l'abbaye  de  Villers.  En  l'absence  d'autres 
détails  caractéristiques  d'architecture  et  vu  l'appareil  exté- 
rieur, il  est  difficile  de  déterminer  l'âge  de  cette  construction, 


—  340  — 

mais  si  Ton  peut  s'en  rapporter  à  la  forme  des  baies 
bouchées,  on  peut  croire  que  Ton  se  trouve  en  présence 
(Tune  construction  romane. 

En  résumé,  l'ancien  château  de  Marbais  constitue  un  resle 
très  intéressant  au  point  de  vue  historique;  il  n'est  pas  moins 
instructif  pour  1  étude  des  conslruclions  féodales  de  notre 
pays,  ce  manoir  ayant  conservé  à  peu  près  totalement  son 
périmètre  primitif.  Il  figure  déjà  sur  la  liste  des  édifices 
civils  privés  dignes  d'être  conservés.  S'il  appartenait  à  une 
administration  publique,  il  devrait  être  classé  comme  monu- 
ment national. 

L'édifice  en  question  constitue  actuellement  un  usufruit. 
Il  appartient  à  un  grand  nombre  de  propriétaires.  A  la  mort 
de  l'usufruitier  il  sera  certainement  mis  en  vente  publique 
et  sera  adjugé  vraisemblablement  à  vil  prix.  Il  sera  peut-être 
possible  alors  de  l'acquérir  pour  y  installer  un  service 
public  quelconque.  Ce  serait  le  seul  moyen  d'en  assurer  la 
conservation. 

Vu  l'importance  du  monument,  il  est  désirable  d'en  faire 
exécuter,  dès  maintenant,  des  vues  par  le  service  photo- 
graphique des  ponts  et  chaussées,  à  une  échelle  suffisante 
pour  se  rendre  compte  des  détails  de  la  construction  et  d'en 
déposer  un  exemplaire  dans  les  archives  de  la  Commission. 

ÉDIFICES  RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

consirociion  .     Des  avis  favorables  ont  été  donnés  sur  les  projets  relatifs  : 

ei  restauration 

riP  presbytère».       j<>  \ja  restauration  du  presbytère  de  Hulshout  (Anvers); 
architecte,  M.  Taeymans; 


—  341  — 

2*  À  la  restauration  du  presbytère  de  Beyghem  (Brabanf); 
architecte,  M.  Thomisse; 

3°  À  l'exécution  de  travaux  de  réparation  au  presbytère 
de  Brouckom  lez  Looz  (Li  m  bourg); 

4°  A  l'exécution  de  travaux  de  réparation  au  presbytère 
de  Rothem  (Limbourg);  architecte,  M.  Ghrisliaens; 
5-  À  la  restauration  du  presbytère  de  Laer  (Liège); 

4 

architecte,  M.  Janssen  ; 

6°  A  l'appropriation  du  presbytère  de  Ramelot  (Liège)* 
architecte,  M.  Feuillal; 

7°  A  la  construction  d'une  clôture  au  presbytère  de 
Beersse  (Anvers)  ; 

8°  A  la  construction  d'une  grille  de  clôture  au  presbytère 
de  Vorsselaer  (Anvers)  ; 

9e  A  la  reconstruction  du  mur  de  clôture  du  presbytère 
de  Meerle  (Anvers);  architecte,  M,  Taeymans. 


ÉGLISES.  -  CONSTRUCTIONS  NOUVELLES. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  les  projets 
relatifs  : 

1°  A  la  construction  d'une  église  à  Han-sur-Lesse  (Namur),     Ëgiuede 

lUa-sur-Lesse. 

sous  réserve  de  terminer  la  flèche  en  pointe  et  de  mettre  la 
fenêtre  du  jubé  en  rapport  avec  les  autres  baies  de  la  tour  ; 
architecte,  M.  Léonard; 

2°  A  la  reconstruction  de  l'église  de  Familleureux  (Hai-      Égiue 
naut),  incendiée  !c  30  juin  (902.  Il  a  été  recommandé  aux 
autorités  locales  de  veiller  à  ce  que  les  travaux  soient  effectués 
avec  les  plus  grands  soins.  Le  Collège  se  propose,  du  reste, 


—  542  — 

de  les  faire  examiner,  en  temps  opportun,  par  des  délégués; 
architecte,  M.  Selvais  ; 
&"«  3°  A  la  reconstruction  de  l'église  de  Wamont  (Liège); 

de  Wamoot 

architecte,  M.  Corthouls; 
Église  4°  A  la  construction  d'une  église  à  Longchamps  (Luxem- 

de  Longchsmpe.  v  *  r 

bourg);  architecte,  M.  Wûrlh; 
Eglise  5°  A  l'exécution  de  travaux  d'amélioration  à  l'église  en 

de  Beigoée.  t 

construction  à  Beignée,  sous  Ham-sur-Heure  (Hainaut); 
architecte,  M.  Dosveld  ; 
SgkM d« Beyne.     6°  A  l'exécution  de  travaux  complémentaires  à  la  nouvelle 
église  de  Beyne,  sous  Beyne-Heusay  (Liège);  architecte, 
M.  Monseur; 
Égnse  7°  A  l'établissement  de  grillages  à  l'entrée  de  l'église  de 

de  Soheit-Tinlot.  ©  ©  ~© 

Soheil-Tinlot  (Liège);  architecte,  M.  Taurel; 
Église  8°  A  la  reconstruction  du  jubé  de  l'église  de  Willebroeck 

deWUiebroeek.  *  ^ 

(Anvers);  architecte,  M.  Careels; 

9°  A  l'exécution  d'objets  mobiliers  destinés  aux  églises  de  : 

Slekene  (Flandre  orientale)  :  deux  confessionnaux  ; 

Bavichove  (Flandre  occidentale)  :  maitre-autel; 

Westvleteren  (Flandre  occidentale)  :  maitre-autel  ; 

•Sclayn  (Namur)  :  cloche; 

Bertogne  (Luxembourg)  :  mobilier  complet; 

Ramillies  (Brabant)  :  cloche; 

Seneffe  (Hainaut)  :  buffet  d'orgue; 

Sommethonne  (Luxembourg)  :  mobilier  complet  ; 

Sainte- Walburge,  à  Audenarde  (Flandre  orientale)  :  trois 
couronnes  de  lumières. 
Eglise  —  L'attention  de  la  Commission  ayant  été  attirée  sur  an 

deLaBulislère.  J 

projet  de  l'administration  communale  de  La  Buissière  ayant 
pour  but  de  mettre  en  vente  une  parcelle  de  terrain  à  bâtir, 


—  343  — 

situé  à  proximité  de  l'église  de  cette  localité,  il  a  été  procédé 
à  une  inspection  des  lieux,  le  6  novembre  1902,  de  concert 
avec  MM.  De vi  11ers  et  Hubert,  membres  du  Comité  des 
correspondants  du  Hainaut. 

Il  résulte  de  cet  examen  que  la  parcelle  de  terrain  dont  il 
s'agit  est  située  entre  le  chemin  de  fer  et  l'église.  Son 
exiguïté  est  telle  que  si  on  y  érigeait  une  construction,  celle-ci 
n'aurait  même  pas  de  cour. 

Mais,  ce  qui  serait  beaucoup  plus  grave,  c'est  que  celte 
construction  masquerait  la  vue  de  l'église,  dont  elle  ne  serait 
éloignée  que  de  quelques  mètres;  d'autre  part,  le  terrain 
étant  en  déclivité  vers  l'église,  le  nouveau  bâtiment  nuirait 
beaucoup  à  l'éclairage  intérieur  du  temple. 

Située  entre  la  gare  et  l'église,  la  future  construction 
serait,  sans  doute,  affectée  à  un  cabaret  duquel,  étant  donnée 
sa  situation  en  contre-haut  de  l'église,  on  pourrait  voir  à 
l'intérieur  de  celle-ci  sans  compter  que  les  bruits  qui  en 
proviendraient  troubleraient  considérablement  l'exercice  du 
culte. 

Il  semble  que  l'autorité  locale,  en  proposant  la  mise  en 
vente  du  terrain  précité,  n'a  pas  réfléchi  aux  inconvénients 
graves  qui  s'en  suivraient  non  seulement  pour  l'église  mais 
aussi  pour  l'aspect  de  la  localité  et  qu'après  un  nouvel 
examen  elle  abandonnera  son  projet.  Il  est  à  remarquer, 
du  reste,  que  la  vente  du  terrain  en  question  ne  lui  rappor- 
terait qu'une  misérable  somme  de  quelques  centaines  de 
francs,  ce  qui  serait  bien  loin  de  compenser  l'effet  désastreux 
que  produirait  une  construction  sur  ce  coin  qui  ne  manque 
pas  de  pittoresque. 

Il  y  a  lieu  d'espérer  que  ce  projet  malencontreux  ne  se 


—  344  — 

réalisera  pas.  Aussi,  ne  peut-on  qu'engager  les  pouvoirs 
compétents  à  s'y  opposer. 
église  —  A  la  demande  de  M.  le  curé  d'Henri-Chapelle  (Liège), 

d'Ilcori-Cliapelle.  r  v        °  ' 

il  a  été  procédé,  le  27  novembre  1902,  à  l'inspection  de 
l'église  de  cette  localité. 

Il  est  question,  depuis  longtemps,  d'agrandir  cet  édifice 
qui,  à  ce  que  l'on  assure,  ne  suffit  plus  aux  besoins  de  la 
population. 

Le  chœur,  le  transept  et  la  haute  nef  sont  en  style  ogival 
rappelant  la  dernière  période  de  ce  style;  ils  portent  la  date 
1630.  Les  bas-côtés  ont  été  érigés  en  1718,  date  qui  y  est 
inscrite  et  dans  le  style  du  temps.  La  tour  est  romane.  C'est 
une  construction  massive,  d'une  grande  solidité.  Sa  face 
ouest  est  recouverte  d'ardoises.  A  sa  face  sud  on  remarque 
deux  petites  baies  d'abat-son  dont  l'une  est  blindée;  l'autre 
est  en  partie  bouchée;  à  l'étage  intermédiaire  se  remarque 
une  meurtrière.  La  face  nord  ne  présente  aucun  détail 
caractéristique. 

Toute  l'église  est  en  bon  état  de  conservation. 

L'agrandissement  ne  peut  èlre  opéré  du  côté  du  chœur, 
lequel  offre  de  l'intérêt  et  par  la  date  de  sa  construction  et 
par  ses  proportions  qui  sont  très  bien  comprises. 

A  première  vue,  il  semble  qu'il  n'y  a  guère  d'autre  moyen 
que  de  prolonger  l'église  vers  l'ouest  en  démolissant  la  tour. 
On  doit  toutefois  reconnaître  qu'il  serait  regrettable,  au  point 
de  vue  archéologique,  de  devoir  sacrifier  cette  tour,  qui  est 
peut-être  la  construction  la  plus  ancienne  de  toute  la  contrée. 
Il  est  donc  indispensable  d'inviter  l'architecte  à  étudier,  avec 
les  plus  grands  soins,  s'il  n'y  a  pas  moyen  d'éviter  celte 
éventualité  en  recherchant  un  autre  mode  d'agrandissement 


—  34»  — 

de  l'édifice.  Peut-être  y  arriverait-il  en  élargissant  les  bas- 
culés. 

En  tous  cas,  quel  que  soit  le  mode  d'agrandissement 
auquel  on  s'arrêtera,  il  est  désirable  qu'il  ne  soit  apporté 
aucun  changement  à  l'architecture  des  parties  à  conserver 
de  l'ancien  temple. 

Si  la  tour  est  conservée,  on  pourra  en  améliorer  considé* 
'rablement  l'aspect  en  remplaçant  sa  couverture  vulgaire  par 
une  flèche  en  rapport  avec  son  importance  architeclonique 
et  ses  vastes  proportions. 

—  II  a  été  procédé,  le  25  novembre  1902,  à  l'inspection       ggti» 

de  Floriffoux. 

des  emplacements  proposés  pour  l'église  de  Floriffoux,  dont 
la  reconstruction  est  projetée. 

MM.  Boveroulle  etSoreil,  membres  du  Comité  des  corres- 
pondants de  la  province  de  Namur,  assistaient  à  cette 
inspection. 

Il  résulte  de  renseignements  recueillis  sur  place  que 
l'église  actuelle  ne  suffit  plus  aux  nécessités  de  la  population. 
C  est  une  construction  des  plus  médiocres,  érigée  avec  par- 
cimonie; elle  est  d'ailleurs  en  mauvais  état.  Son  agrandisse- 
menlne serait  possiblequ'au  moyen  de  dépenses  importantes  ; 
le  résultat  obtenu  ne  serait  guère  en  rapport  avec  ces  sacri- 
fices financiers. 

Le  seul  parti  à  prendre  parait  être  celui  d'une  reconstruc- 
tion totale. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  est  indispensable  qu'une  solution 
immédiate  intervienne,  la  situation  actuelle  ne  pouvant  se 
prolonger  plus  longtemps. 

Trois  emplacements  ont  été  préconisés  : 

4°  Celui  de  l'église  actuelle.  Ce  serait,  semble-l-il,  le  plus 


—  346  — 

convenable  s'il  élait  possible  d'y  orienter  l'édifice  en  ajoutant 
à  cet  emplacement  la  parcelle  de  pré  que  M.  de  Dorlodot 
offre  de  céder  gratuitement  pour  agrandir  le  cimetière.  Mais, 
étant  donnée  la  situation  de  ce  terrain,  il  parait  difficile  d'y 
ériger  la  nouvelle  construction  en  l'orientant  ; 

2°  Le  terrain  donné  par  M.  Philippot-Préler.  Cet  empla- 
cement, que  préconise  le  conseil  de  fabrique,  est  très  conve- 
nable. Il  est  situé  à  proximité  de  l'ancienne  église,  du' 
cimetière,  de  la  cure,  de  la  maison  communale  et  de  l'école. 
De  plus,  il  permet  d'orienter  l'église,  ce  qui  constitue  un 
grand  avantage  au  point  de  vue  de  son  éclairage  et  de  sa 
conservation.  Sa  situation  sur  une  hauteur  est  tout  indiquée 
pour  le  nouvel  édifice,  lequel  dominera  ainsi  toute  l'agglo- 
mération et  se  présentera  d'une  façon  très  pittoresque, 
surtout  du  côté  de  la  vallée  de  la  Sambre  ; 

3°  L'emplacement  proposé  par  le  conseil  communal.  Ce 
terrain,  appartenant  à  M.  le  baron  Snoy,  est  situé  près  delà 
ferme  Valentin.  Ainsi  que  le  déclare  M.  l'architecte  provin- 
cial, par  suite  de  son  rapprochement  de  la  Sambre,  il  faut 
tenir  compte  des  crues  d'eau  possibles  et  des  inconvénients 
qui  proviendront  des  brouillards  qui  régnent  souvent  dans 
la  vallée.  D'autre  part,  cet  emplacement  est  trop  éloigné  du 
presbytère;  il  nécessiterait  le  déplacement  de  celui-ci,  donc 
une  nouvelle  dépense  qui  peut  être  évitée.  Il  faut  tenir 
compte  aussi  que  des  travaux  très  importants  seraient  néces- 
saires pour  y  asseoir  l'édifice  et  préserver  la  construction 
des  atteintes  de  l'humidité. 

Gomme  conclusion,  il  y  a  lieu  de  charger  l'architecte, 
auteur  du  projet,  d'examiner  s'il  pourrait  établir  la  nouvelle 
église  à  l'emplacement  de  l'ancienne  en  l'orientant  et  en 


Weter. 


—  347  — 

empiétant,  à  celle  fin,  sur  la  prairie  voisine  offerte  par 
M.  de  Dorlodot.  Si  ce  parti  n'est  pas  réalisable,  il  importera 
de  faire  choix  de  l'emplacement  proposé  par  le  conseil  de 
fabrique,  dans  le  verger  de  M.  Philippot-Préler. 

Les  raisons  invoquées  par  le  conseil  communal  pour 
rejeter  cet  emplacement  ne  sont  pas  sérieuses  :  l'accès  n'y 
sera  d'aucune  difficulté;  il  suffira  d'aménager  convenable- 
ment les  abords  du  nouveau  temple,  ce  dont  le  projet  de 
reconstruction  soumis  devra  tenir  compte. 

—  Il  a  été  procédé,  le  10  décembre  1902,  à  l'inspection    ^{^^ 
de  l'église  de  Saint-André,  à  Attenrode-Wever  (Brabant), 
dont  l'état  de  délabrement  a  été  signalé  par  le  Comité  pro- 
vincial des  correspondants. 

Le  chœur  est  la  partie  la  plus  ancienne  de  l'édifice  ;  il 
parait  remonter  aux  premières  années  du  xvie  siècle.  Ses 
fenètre$  ogivales  à  meneaux  et  réseaux  en  pierre  sont  d'un 
bon  tracé.  Sa  voûte  est  en  bois,  mais  elle  a  été  plafonnée  au 
xixe  siècle. 

La  nef  unique  et  la  tour  datent  vraisemblablement  du 
xvii4  siècle.  Elles  n'offrent  pas  d'intérêt,  sauf  la  flèche  qui 
est  très  élégante. 

La  nef  est  recouverte  par  un  plafond  reposant  sur  des 
poutres. 

L'église  d'Àllenrode  est  insuffisante  pour  les  besoins  de  la 
population;  sa  surface  devrait  être  doublée.  Il  importe 
d'autant  plus  d'en  poursuivre  sans  retard  l'agrandissement, 
que  certaines  de  ses  parties  sont  en  fort  mauvais  élat.  En 
attendant  que  l'on  procède  à  cette  entreprise,  il  serait 
prudent  de  faire  examiner  avec  soin  la  charpente  dont 
les  poutres  sont,  à  ce  qu'il   parait,  entrées  en  décom- 


—  348  — 

position  à  leurs  points  de  contact  avec  les  maçonneries. 

Tenant  compte  de  l'intérêt  qu'offre  le  chœur,  l'agrandis- 
sement devra  s'opérer  vers  l'ouest.  La  qualité  médiocre  des 
briques  employées  aux  parements  de  la  tour  sera  un  obstacle 
à  la  conservation  de  celle-ci.  Mais  il  conviendra  de  donner 
à  la  nouvelle  tour  les  mêmes  proportions  que  celles  de  la 
tour  actuelle  afin  de  pouvoir  remettre  en  œuvre  l'ancienne 
flèche  dont  la  silhouette  est  très  heureuse. 

L'église  possède  une  ancienne  croix  triomphale  accom- 
pagnée des  statues  de  la  Sainte-Vierge  et  de  Saint-Jean. 
Celte  œuvre  d'art  devra  être  conservée  avec  soin  et  remise, 
après  l'agrandissement  de  l'édifice,  à  sa  place  normale. 

TRAVAUX  DE  RESTAURATION. 

Le  Collège  a  visé  : 
£gii«  1°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  de  travaux  de  restauration 

d6  Cerfoniaine. 

à  l'église  de  Cerfontaine  (Namur);  architecte,  M.  Frère; 
ÉgiiMdAUe.       2°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  d'Aile  (Namur); 
égiuo  de  Beho.      3°  Le  projet  concernant  la  restauration  de  l'église  de  Beho 

(Luxembourg)  et  la  construction  d'une  sacristie  à  cet  édifice; 

architecte,  M.  Cupper; 
M*  de  vedrin.  *  i°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Vedrin  (Namur), 

sous  la  réserve  qu'il  sera  tenu  compte  des  recommandations 

formulées  par  M.  l'architecte  provincial; 
Église  8°  Le  projet  de  restauration  des  glacis  de  la  tour  de 

logeai.  j.£g|jse  (je   Bjsseghem  (Flandre  occidentale);   architecte, 

M.  Carelte; 
Êgii,e  de  vicnci.     6°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  la  tour  de  l'église 
de  Vierves  (Namur);  architecte,  M.  Van  Gheluwe; 


—  349  — 

V  Le  projet  de  travaux  de  restauration  à  exécuter  à  ë^c d-Eugie*. 
leglise  d'Eugies  (Hainaut);  architecte,  M.  Dufrasne; 
8°  Le  projet  concernant  des  travaux  de  réparation  à      ËgUie 

de  Moostreux. 

effectuer  à  l'église  de  Monstreux  (Brabant);   architecte, 
H.  Van  Halen  ; 
9*  Le  projet  de  travaux  de  grosses  réparations  à  exécuter      Égu« 

r      *  °  r  de  Moni-Sainte- 

à  l'église  de  Mont-Sainte-Geneviève  (Hainaut)  ;  architecte,    Geneviève. 
H.  Simon; 
10°  Le  projet  de  restauration  de  la  tour  de  l'église  de      u**> 

r     *  '  °  dcRamelot. 

Ramelot  (Liège);  architecte,  M.  Feuillat; 
11°  Le  projet  de  travaux  complémentaires  de  restauration      Égiue 

"  de  Nolr*»Dame- 

à  effectuer  à  l'église  de  Notre-Dame-Auxiliatrice,  à  Pâturages   £ pjïïSJS 
(Hainaut);  architecte,  M.  Bodson; 
12°  Le  projet  de  restauration  de  la  toiture  de  la  tour  de      écu» 

1  de  Hermalle- 

leglise  de  Hermalle-sous-Argenteau   (Liège);   architecte,  MU$ Kx^ym- 
M.  Lambrecht; 
13°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Rothem      éjum 

de  Rothem. 

(Limbourg)  ; 
14°   Le  compte  des  travaux  de  restauration  exécutés      Egn« 

.  de  Notre-Dame, 

pendant  le  premier  semestre  de  4902,  à  l'église  de  Notre-     à *■*«■. 
Dame,  à  Anvers. 
—  Le  24  novembre  1898  et  le  6  décembre  1900,  la      Égn.e 

do  Nalinues. 

Commission  a  signalé  l'étal  déplorable  et  dangereux  dans 
lequel  se  trouve  l'église  de  Nalinnes,  faute  d'entretien. 

Depuis  quatre  ans,  cette  triste  situation  n'a  fait  qu'empirer. 

Il  résulte  d'une  nouvelle  inspection  qui  vient  d'être  faite 
de  l'édifice  et  à  laquelle  assistaient  MM.  Cador,  Devillers  et 
Hubert,  membres  du  Comité  des  correspondants  du  Hainaut, 
que  le  danger  d'écroulement  d'une  grande  partie  des  pare- 
ments de  la  tour  est  très  grand.  Ces  parements  se  détachent 


—  350  — 

du  noyau  de  la  maçonnerie  el  des  boursouflures  inquiétantes 
se  remarquent  surtout  vers  l'ouest. 

D'autre  part,  le  vaisseau  est  également  en  très  mauvais 
état.  Les  murs,  principalement  ceux  exposés  au  nord,  sont 
transpercés  par  l'humidité;  les  eaux  pluviales  séjournent  au 
pied  des  maçonneries,  où  il  n'y  a  nul  moyen  d'écoulement. 
Ajoutons  que  les  toitures  sont  délabrés  et  laissent  filtrer  les 
eaux,  comme  on  peut  le  voir  aux  plafonds  ;  les  gouttières 
sont  en  partie  détruites  et  déversent  les  eaux  sur  les  pare- 
ments. 

Si  l'on  ne  prend  pas  de  promptes  mesures  pour  remédier 
à  cette  situation  déplorable,  situation  que  l'on  ne  rencon- 
trerait même  pas  dans  les  plus  pauvres  localités  de  notre 
pays,  non  seulement  il  arrivera  des  accidents  regrettables, 
mais  l'église  deviendra  inhabitable  tant  elle  est  humide  et 
malsaine.  Cette  dernière-  éventualité  s'est  déjà  réalisée  pour 
ce  qui  concerne  la  sacristie,  de  laquelle  on  a  dû  évacuer  les 
objets  principaux  servant  au  culte. 

L'administration  communale  ne  semble  pas  se  rendre 
compte  de  la  responsabilité  grave  qu'elle  encoure  en  mainte- 
nant une  situation  semblable  C'est  ainsi  qu'elle  a  fait  naguère 
placer  un  grillage  pour  fermer  l'entrée  de  l'ancien  cimetière 
et  empêcher  la  circulation  du  côté  menacé  de  la  tour  avec 
une  inscription  :  «  Fermé  pour  cause  de  danger  public  ou 
sûreté  » .  Ce  grillage  est  déplacé  et  l'inscription  est  réléguée 
dans  un  coin. 

Il  y  a  lieu  d'inviter  une  nouvelle  fois  les  autorités  locales 
à  s'entendre  d'urgence  pour  soumettre  aux  pouvoirs  publics 
des  propositions  en  vue  de  remédier  à  un  état  de  choses  qui 
peut,  d'un  jour  à  l'autre,  compromettre  et  la  sécurité  publique 


—  351  — 

et  un  édifice  très  intéressant  qui  figure  dans- la  troisième 
classe  des  mouuments  du  culte. 

Les  travaux  les  plus  urgents  à  entreprendre  sont  les 
suivants  : 

1°  Restaurer  les  parements  extérieurs  des  murs,  surtout 
ceux  de  la  tour  ; 

2°  Vérifier  l'appui  de  la  flèche,  laquelle  s'incline  vers 
l'ouest  ; 

3°  Réparer  les  toitures  ; 

4°  Établir  partout  des  chéneaux  aux  toitures  avec  tuyaux 
de  descente,  égouts  et  aqueducs  souterrains  ainsi  que  des 
trottoirs  sur  tout  le  pourtour  de  la  construction  ; 

5°  Enlever  le  plâtrage  intérieur  des  murs,  restaurer 
ceux-ci  et  les  récrépir  au  moyen  d'un  bon  mortier. 

—  Il  a  été  procédé,  le  4  décembre  1902,  à  l'examen  detoiMd-Huuèn. 

par-delfe. 

Tare  triomphal  de  l'église  d'Hastière-par-delà,  dont  le  mau- 
vais état  avait  été  signalé. 

MM.  le  baron  del  Marmol,  Boveroulle  et  Dardenne,  mem- 
bres du  Comité  des  correspondants  de  la  province  de 
Namur,  assistaient  à  cet  examen. 

On  remarque,  en  effet,  dans  ledit  arc,  plusieurs  lézardes 
assez  sérieuses,  mais  son  état  ne  parait  pas  inquiétant  au 
point  qu'il  faille  le  démolir  et  le  reconstruire.  Il  suffira  de 
faire  des  coulées  de  ciment  dans  les  crevasses  et  aux  endroits 
où  les  joints  sont  ouverts  entre  les  claveaux.  II  est  à  remar- 
quer, d'ailleurs,  que  cet  arc  ne  porte  aucune  charge,  le 
pignon  qui  le  surmontait  ayant  été  démoli  naguère  par 
mesure  de  précaution. 

Il  serait  d'autant  plus  regrettable  de  devoir  reconstruire 
l'arc  précité,  qu'il  porte  des  restes  de  peinture  murale  qui 


—  352  — 

paraissent  (rès  anciens  et  que,  par  conséquent,  il  y  a  intérêt 
à  conserver. 

L'arc  opposé  dans  le  transept,  à  rentrée  de  la  haute-nef, 
offre  également  plusieurs  lézardes  ;  il  y  aura  lieu  d'y  faire  la 
même  opération  qu'à  l'arc  triomphal. 

Le  projet  relatif  à  la  construction  d'une  sacristie  et  à  l'éta- 
blissement d'un  trottoir  autour  de  l'église  est  à  l'étude;  il 
sera  soumis,  à  bref  délai,  à  l'avis  des  autorités  compé- 
tentes. 

Par  suite  de  l'existence  à  l'entrée  du  vaste  chœur  de  l'église 
d'Hastière-par-delà  de  la  crypte  restée  ouverle,  les  fidèles, 
placés  dans  la  nef,  se  trouvent  à  une  très  grande  distance 
du  maitre-autel  établi  au  fond  de  l'abside.  M.  le  curé  de  la 
paroisse  a  émis  l'idée  de  placer  un  petit  autel,  composé  d'une 
simple  table,  dans  le  transept,  en  avant  de  l'ouverture  de  la 
crypte.  Cet  autel  servirait  dans  les  cas  ordinaires  pour  les 
offices,  tandis  que  le  maitre-autel  serait  réservé  pour  les 
solennités.  Il  n'y  a  pas  d'inconvénient  à  ce  que  celle  propo- 
sition soit  adoptée. 
Égiu«  —  Il  a  été  procédé,  le  <0  novembre  1904,  à  l'inspection 

d'AUombcrg. 

de  l'église  d'Alsembcrg,  pour  l'achèvement  de  la  restauration 
et  de  l'ameublement  de  laquelle  un  projet  complet  est 
présenté. 

M.  Dumortier,  membre  du  Comité  des  correspondants  du 
Brabant,  assistait  à  cette  inspection. 
La  dépense  totale  des  travaux  prévus  s'élèveà  fr.  148,139-63 
Ce  chiffre  n'est  pas  en  rapport  avec  les  ressources  locales. 
Par  conséquent,  il  y  a  lieu,  semble-t-il,  d'extraire  du  devis 
une  série  d'ouvrages  comprenant  les  travaux  de  restauration 
qui  sont  considérés  comme  les  plus  urgents,  sur  l'exécution 


—  355  — 

desquels  il  n'y  a  rien  d'hypothétique  et  ceux  comportant  les 
objets  mobiliers  strictement  indispensables  pour  l'exercice 
régulier  du  culte.  Ce  parti  est  d'autant  plus  à  conseiller 
que  les  travaux  de  restauration  de  cette  belle  église 
offrent,  en  certains  points,  des  difficultés  sérieuses  pour 
la  solution  desquelles  une  étude  plus  approfondie  est  indis- 
pensable. 

Il  est  entendu  que  cette  série  d'ouvrages  comprendra  ceux 
repris  aux  paragraphes  2°  et  3°  du  rapport  du  13  juin  1900 
(voir  Bulletin,  page  155),  ayant  trait  à  la  restauration  de  la 
chapelle  nord  latérale  au  chœur  et  au  grand  arc  sous  la 
tour. 

Tous  les  parements  intérieurs  en  pierre  peuvent  rester 
apparents;  on  rétablira  en  pierre  les  parties  détruites  de  ces 
parements  et  on  pourra  compléter,  aussi  en  pierre,  les  petites 
parties  qui  ont  été  refaites  autrefois  en  briques.  Mais  il  y  a 
lieu  de  crépir  tous  les  parements  en  briques  ainsi  que  les 
panneaux  des  voûtes.  S'il  reste  encore  des  parties  de  pare- 
ments en  pierre  à  décrépir,  on  devra  avoir  soin  de  ne  pas 
ouvrir  les  joints  comme  on  l'a  fait,  à  tort,  aux  parements 
déjà  décrépits.  Tous  les  joints  en  bon  état  devront  être 
respectés. 

Pour  le  rejointoyage  des  parements  en  pierre,  on  peut 
adopter  le  système  échantillonné  dans  la  première  travée 
de  la  haute-nef  près  de  la  tour,  où  les  joints  sont  parfaitement 
visibles.  Le  mortier  à  employer  sera  le  mortier  blanc  ordi- 
naire non  teinté. 

La  restauration  intérieure  du  chœur  offre  surtout  des 
difficultés  à  cause  de  remaniements  qui  y  ont  été  opérés.  Il 
sera  indispensable,  avant  tout,  d'y  faire  des  sondages  pour 


—  384  — 

rechercher  la  situation  primitive,  notamment  aux  cordons 
sous  les  fenêtres  et  aux  arcatures. 

Quant  à  l'extrémité  de  la  basse-nef  sud,  vers  le  chœur, 
où  l'on  suppose  qu'il  a  existé  une  tribune,  il  convient  de 
maintenir  strictement  la  situation  actuelle,  de  conserver  avec 
soin  toutes  les  amorces  et  autres  vestiges  mis  à  découvert; 
on  pourra  toutefois  enduire  lès  parties  de  parements  qui  sont 
en  briques. 

Le  rétablissement  de  cette  tribune  ne  serait  possible  qu'en 
faisant  disparaître  la  belle  grille  en  fer  forgé  qui  clôture  celte 
partie  du  temple  et  en  mutilant  la  verrière  latérale,  don  de 
l'ancien  curé  Mariën. 

Le  cordon  qui  régnait  sous  les  fenêtres  de  la  haute-nef 
a  été  détruit;  on  pourra  le  rétablir,  mais  on  recherchera 
quel  était  son  profil  primitif;  le  fragment  de  cordon  rétabli 
sous  l'une  des  fenêtres  parait  trop  volumineux  et  trop 
saillant. 

Des  traces  de  peinture  se  remarquent  sur  les  colonnes  de 
la  nef;  ces  vestiges  semblent  démontrer  qu'il  y  avait  là  des 
figures  isolées,  probablement  les  figures  des  Apôtres.  Il 
conviendra  d'étudier  le  moyen  de  les  rétablir,  lorsque  les 
ressources  le  permettront.  Il  conviendra  aussi  de  conserver 
soigneusement  tous  les  restes  de  polychromie  trouvés  dans 
l'église. 
Egii*  —  Le  projet  soumis  en  vue  de  la  restauration  du  portail 

âuege.    'de  l'église  de  Saint-Jacques,  à  Liège,  a  fait  l'objet  d'an 
examen,  sur  place,  le  24  novembre  1902. 

MM.  Renier,  Lohest,  Bormans,  Schoolmeeslers,  Drion  et 
Jamar,  membres  du  Comité  provincial  des  correspondants, 
assistaient  à  cet  examen. 


—  358  — 

Il  n'est  pas  douteux  que  le  portail  est  une  œuvre  de  mérite 
contestable,  conçue  dans  le  style  de  la  renaissance  par  Lam- 
bert Lombard,  plutôt  peintre  qu'architecte. 

II  est  certain  que  ce  portail  a  été  accolé  au  porche  de 
l'église.  Peut-être  même  a-t-il  été  substitué  à  un  portail 
ancien  du  style  gothique  de  la  dernière  époque  auquel 
appartient  la  majeure  partie  de  l'église. 

A  ce  point  de  vue,  l'établissement  de  ce  portail  constitue 
une  erreur  de  l'artiste,  improvisé  architecte,  un  sacrifice 
irrationnel  qu'il  a  fait  à  l'influence  italienne. 

On  ne  peut  le  contester  non  plus  :  la  restauration  ne 
pourra  s'effectuer  sans  que  l'ouvrage  soit  en  grande  partie 
démoli,  sans  qu'il  perde  beaucoup  aux  yeux  des  amateurs 
exclusifs  du  pittoresque. 

Suit-il  de  ce  qui  précède  qu'il  faille  démolir  le  portail 
renaissance  de  Saint-Jacques  et  le  remiser  tel  quel  dans 
quelque  musée?  N'y  a-t-il  pas  à  côté  des  considérations 
architecturales,  artistiques  et  pittoresques,  l'histoire  de 
l'illustre  et  splendide  église  de  Saint-Jacques?  Elle  est  écrite, 
en  traits  ineffaçables,  dans  le  sévère  narthex  roman  ;  dans 
les  richesses  sculpturales  des  nefs,  des  chapelles,  des 
tribunes  scabinales;  dans  l'harmonie  délicate  des  grandes 
lignes  et  des  détails  du  jubé  et  du  buffet  d'orgue;  dans  les 
arcs  ogivaux  du  porche  nord  appuyés  sur  des  culs-de-lampe 
de  pure  renaissance;  enfin,  dans  le  portail  où  les  plans  de 
Lambert  Lombard,  abandonnant  totalement  le  style  de 
l'édifice,  ont  ouvert  celui-ci  au  public  de  la  fin  du  xvie  siècle 
par  une  entrée  décorée  en  pierre  à  l'aide  de  motifs  empruntés 
à  l'artistique  ébénisterie  liégeoise  de  l'époque. 

La  Commission  tient  compte  de  l'histoire  des  monu- 


—  556  — 

ments;  elle  a  le  devoir  de  s'en  préoccuper  pour  l'exercice 
de  sa  mission.  Elle  remarque  que,  d'après  les  plans  de 
l'architecte  et  suivant  le  désir  de  la  ville  de  Liège  il  s'agit 
de  restaurer  le  portail  et  non  point  de  le  reconstruire. 
Elle  estime,  dès  lors,  que  ledit  projet  de  restauration  peut 
èlre  admis. 

II  est  indispensable  toutefois  que,  dans  l'exécution,  on 
se  borne  à  renouveler  les  pierres  qui  sont  absolument 
hors  d'état  d'être  maintenues  en  place.  On  doit  éviter, 
à  tout  prix,  que  la  restauration  n'aboutisse  à  une  recon- 
struction. 

Avant  tout,  il  convient  de  faire  exécuter  des  photographies 
à  grande  échelle  des  diverses  parties  du  portail.  Ensuite,  il 
faudra  prendre  des  moulages  nombreux,  même  des  parties 
frustes,  à  titre  de  renseignements  et  de  guides  ainsi  que 
pour  le  contrôle  des  travaux. 

Il  est  incontestable  que  le  succès  de  l'entreprise  dépendra 
du  choix  du  sculpteur. 

Une  des  principales  causes  qui  ont  amené  la  dégradation 
extrême  du  monument,  c'est  la  qualité  médiocre  de  la  pierre 
employée.  Il  importera  de  l'extraire  des  bancs  connus 
comme  fournissant  de  la  pierre  non  gélive  et  tout  à  fait 
saine.  Il  importera  tout  autant  de  faire  surveiller  l'extraction, 
sur  place,  par  un  agent  très  expert. 

Il  n'y  a  pas  de  doute  que  le  portail  a  été  polychrome  à 
l'extérieur;  des  traces  de  couleur  en  font  foi.  Il  y  aura  donc 
lieu,  avant  de  mettre  la  main  à  l'œuvre,  de  relever  avec  soin 
et  de  bien  étudier  les  traces  de  polychromie  et  de  dorure, 
pour  qu'on  puisse  rétablir  la  décoration  après  la  restauration 
de  la  partie  architecturale. 


—  357  — 

Il  est  visible  que  la  base  du  portail  est  enterrée  ;  il  impor- 
tera de  ramener  le  sol  à  son  niveau  primitif  en  abaissant  le 
pavage  de  la  place  en  pente  douce  vers  le  monument.  Il 
faudra  aussi  réduire  la  courbe  du  terre-plein  qui  réunit  le 
portail  à  la  tour  de  l'église. 

La  Commission  exprime  le  vœu  que  les  travaux  du  portail 
de  Saint-Jacques  soient  l'objet,  dans  leur  ensemble,  dune 
surveillance  spéciale  émanant  d'un  Comité  local  dont  ferait 
partie  l'architecte  et  où  les  diverses  autorités  seraient  repré- 
sentées :  le  conseil  communal,  le  Comité  provincial  des 
correspondants  de  la  Commission  royale,  le  conseil  de 
fabrique.  Tous  les  doutes  que  suggérerait  l'exécution  du 
travail  délicat  confié  à  M.  l'architecte  Léonard  pourraient 
ainsi  être  examinés  avec  soin  et  soumis  au  jugement  de  la 
Commission  royale  elle-même.  On  signalera  dès  à  présent 
comme  pouvant  être  soumises  en  premier  ressort  à  l'avis  de 
la  susdite  Commission  locale  deux  questions  :  le  renouvelle- 
ment ou  non  du  médaillon  central  et  le  remplissage  des 
niches  vides  par  de  nouvelles  statues. 

Le  Collège  croit  devoir  subordonner  le  présent  avis  à  la 
réserve  suivante  :  si  l'on  venait,  au  cours  des  travaux,  à  faire 
des  découvertes  plus  importantes  encore  que  celles  auxquelles 
s'attend  la  Commission,  découvertes  établissant  les  grandes 
lignes  d'un  ancien  portail  gothique,  toute  la  question  devrait 
être  soumise  de  nouveau  à  ses  délibérations. 

En  ce  qui  concerne  le  projet  d'exhaussement  de  la 
chapelle  latérale  nord  ou  plutôt  de  son  achèvement,  comme 
il  s'agit  de  faire  ici  la  même  opération  que  celle  effectuée,  il 
y  a  quelques  années,  à  la  chapelle  sud,  il  n'y  a  aucun  incon- 
vénient à  ce  que  le  travail  projeté  soit  autorisé. 


—  358  — 

En  somme,  le  devis  présenté,  au  montant  de  fr.  40,715-13, 
comprend,  en  totalité,  des  travaux  urgents  et  nécessaires 
susceptibles  d'être  subsidiés  sur  les  crédits  des  Beaux- Arts. 

I*  Secrétaire, 
A.  Massaux. 

Vu  en  conformité  de  l'art.  25  du  règlement. 

Le  Président, 
Gh.  Lagasse-de  Locht. 


NÉCROLOGIE 


La  mort  vient  de  creuser  un  nouveau  vide  au 
sein  de  la  Commission  royale  des  monuments. 


M.  Jean-André-Alfred  CLUYSENÂAR 


ARTISTE  PEINTRE 


Membre  de  la  dite  Commission 


est  décédé  à  'Bruxelles  le  23  novembre  iço2. 


^^^^^0»0w^^^^^^»#»*%*»^^^ 


De  nombreux  discours  ont  été  lus  à  la  maison 
mortuaire  le  jour  des  funérailles.  Nous  repro- 
duisons celui  prononcé,  au  nom  de  la  Commission 
royale  des  monuments,  par  M.  Jules  Helbig, 
Vice-Président  de  ce  Collège. 


360  — 


«  Messieurs, 

»  C'est  au  nom  de  mes  collègues,  membres  de  la 
Commission  royale  des  monuments,  que  j'accomplis  le 
douloureux  devoir  de  déposer  auprès  de  la  dépouille 
mortelle  d'Alfred  Cluysenaar,  l'expression  de  regrets  pro- 
fondément sentis  et  l'hommage  d'affectueux  souvenirs. 

»  Alfred  Cluysenaar,  par  ordre  de  date,  était  le  dernier 
membre  entré  dans  notre  Collège.  L'arrêté  royal  qui  porie 
sa  nomination  est  daté  du  30  mai  1901.  Il  venait  remplacer 
Albrecht  De  Vriendt,  enlevé  si  prématurément  à  l'art  belge, 
à  l'utile  coopération  qu'il  nous  apportait  et,  j'ose  le  dire,  à 
l'amitié  de  ses  collègues. 

>  Nous  fumes  heureux  de  le  voir  remplacer  si  dignement. 

»  Alfred  Cluysenaar,  peintre  d'histoire,  venait  pour  ainsi 
dire  reprendre  au  milieu  de  nous,  le  siège  occupé  autrefois 
pendant  de  longues  années  par  son  digne  père,  l'architecte 
Cluysenaar,  le  constructeur  des  galeries  Saint-Hubert  de 
Bruxelles. 

»  Son  fils,  artiste  de  race,  naturellement  désigné  au  choix 
du  Gouvernement  par  la  haute  situation  qu'il  avait  conquise 
dans  l'École  de  peinture  contemporaine  et  la  tendance  élevée 
qui  caractérisait  son  talent,  successeur  de  son  père  à  la 
Commission  royale  des  monuments,  on  pouvait  dire  de  lui 
qu'il  y  entrait  «  par  droit  de  conquête  et  par  droit  de 
»  naissance  » . 

»  11  y  sut  bientôt  gagner  toutes  les  sympathies  de  ses 
nouveaux  collègues  par  la  nature  courtoise  et  aimable  de 


—  361  — 

ses  relations,  la  droiture  de  son  jugement,  par  l'autorité 
qu'il  ne  tarda  pas  à  acquérir  dans  l'examen  de  toutes  les 
questions  où  la  peinture  et  l'art  monumental  étaient  en  jeu 
et  enfin  par  le  concours  précieux  qu'il  apportait  à  notre 
Collège  dans  l'inspection  des  monuments,  toutes  les  fois  que 
sa  santé  déjà  ébranlée,  lui  permettait  d'y  prendre  part. 

»  Cependant  cet  état  de  santé,  qui  ne  l'éloignait  que 
rarement  de  nos  séances,  ne  semblait  pas  devoir  inspirer  de 
sérieuses  inquiétudes  et,  assez  récemment  surtout,  la  guéri- 
son  semblait  assurée,  sa  constitution  paraissait  avoir  triomphé 
des  indispositions  que  l'on  s'était  habitué  à  regarder  comme 
passagères. 

»  Aussi  espérions- nous  conserver  longtemps  parmi  nous 
an  collaborateur  dévoué,  assidu  et  affectueux  lorsque  la 
divine  Providence  en  décida  autrement  :  ce  fut  pour  ses 
collègues  un  coup  aussi  douloureux  qu'inattendu  lorsqu'ils 
apprirent  que  la  mort,  l'implacable  mort,  venait  de  le 
frapper  au  milieu  des  siens,  mettant  un  terme  prématuré  à 
ses  travaux,  à  ses  projets  d'avenir,  à  ses  espérances! 

»  Je  viens  de  rappeler  en  peu  de  mots  ce  que  fut 
Cluysenaar  au  sein  de  la  Commission  royale  des  monuments, 
le  vide  et  les  regrets  qu'il  y  laisse. 

i  Je  ne  sais  si  c'est  à  moi  et  si  c'est  le  moment  aussi  de 
rappeler  la  place  qu'il  a  conquise  dans  l'École  de  peinture 
belge.  Les  monuments  et  plusieurs  musées  du  pays  et  de 
l'étranger  possèdent  ses  titres  de  gloire.  Les  panneaux  de 
l'Université  de  Gand  et  le  musée  royal  de  Bruxelles  conser- 
veront pendant  des  siècles,  je  l'espère,  plusieurs  des  œuvres 


—  362  — 

les  plus  marquantes  du  peintre.  Eu  ce  moment  les  journaux 
de  toutes  nuances  rappellent  avec  des  éloges  mérités,  bon 
nombre  de  travaux  qui  marquent  pour  ainsi  dire  les  étapes 
de  la  carrière  de  l'artiste.  Je  crois  seulement  devoir  insister 
sur  ses  qualités  de  portraitiste.  Un  assez  grand  nombre  de 
familles  haut  placées  conservent  des  portraits  dus  à  son 
pinceau,  et  parmi  ceux-ci  il  en  est  d'excellents. 

>  Gomme  la  plupart  des  maîtres,  Gluysenaar  s'est  cru 
appelé  à  l'apostolat  de  l'enseignement.  Son  atelier,  déjà, 
était  une  sorte  d'école.  Détail  professeur  à  l'Institut  supérieur 
des  Beaux-Arts  d'Anvers,  où  il  enseignait  la  peinture  déco* 
rative  monumentale,  et  c'était  là  un  cours  qui  convenait 
parfaitement  à  la  direction  de  son  esprit.  Il  était  Directeur 
de  l'Académie  de  Saint-Gilles,  où  son  enseignement  produisit 
bientôt  des  résultats  remarquables. 

»  Ses  succès  comme  artiste  et  comme  professeur  reçurent 
la  consécration  méritée  des  distinctions  les  plus  hautes  et 
les  plus  flatteuses.  En  1895,  il  fut  élu  membre  de  l'Académie 
royale  de  Belgique. 

»  Mais,  dans  la  carrière  de  ce  laborieux,  il  est  un  point 
qui  semble  commander  tout  particulièrement  le  respect  de 
tous  ceux  qui  font  connu  et  qui  ont  suivi  ses  travaux.  C'est 
le  respect  qu'il  avait  lui-même  pour  son  art  et  les  convictions 
auxquelles  il  est  resté  fidèle.  C'est  la  dignité  de  sa  vie 
d'artiste. 

»  Il  se  croyait,  et  non  sans  raison,  appelé  à  continuer  les 
grands  maîtres  que  dans  les  années  radieuses  de  sa  jeunesse 
il  avait  admirés  à  Paris,  en  Italie,  en  Allemagne  et  notam- 
ment dans  un  séjour  prolongé  à  Rome.  Les  visions  du  grand 
art,  de  l'art  monumental  le  poursuivaient;  son  imagination 


—  363  — 

était  hantée  par  les  grandes  scènes  de  l'histoire  et  de  la 
Bible  :  les  cavaliers  destructeurs  de  l'Apocalypse  était  un 
sujet  qu'il  aimait  d'une  véritable  prédilection,  parce  que 
c'était  là  une  scène  qui  lui  permettait  en  quelque  sorte 
d'entrer  en  lutte  avec  les  artistes  penseurs  comme  Albert 
Durer  et  Cornélius.  C'était  avec  les  maîtres  de  cette  taille 
qu'il  aurait  aimé  à  vivre  et  à  se  mesurer... 

»  Mais  hélas,  à  notre  époque  où  la  peinture  semble  se 
transformer  en  peu  d'années,  où  souvent,  affaire  d'engoue- 
ment et  de  mode»  elle  prend  les  allures  les  plus  étranges  et 
les  plus  déconcertantes  et  où  il  se  trouve  même  un  public 
pour  accepter  toutes  les  tentatives  et  toutes  les  nouveautés, 
des  hommes  de  la  nature  de  Cluysenaar  sont  vite,  sinon 
dépassés,  du  moins  délaissés  et  demeurent  dans  une  sorte 
d'isolement.  Peu  disposés  à  courir  après  les  succès  du  jour, 
au  moyen  de  concessions  et  de  transformations  que  leur 
conscience  d'artiste  désapprouve,  ils  demeurent  en  quelque 
sorte  victimes  de  la  fidélité  à  leurs  convictions.  J'admire  trop 
les  hommes  de  cette  trempe  pour  songer  à  les  plaindre  et 
lorsque  la  mort  vient  couronner  leur  carrière  en  leur 
imposant  le  repos  de  la  tombe,  je  m'incline  respectueusement 
et  je  crois  voir  celte  tombe  entourée  d'une  sorte  de  rayonne- 
ment. Je  m'imagine  que  ces  âmes  d'artiste  qui  n'ont  pu 
donner  un  corps  à  leurs  plus  beaux  rêves,  en  verront  la 
réalisation  dans  cette  autre  vie  à  laquelle  je  crois  et  que  la 
foi  que  je  professe  me  permet  d'espérer  pour  leur  âme  !  » 


RAPPORT 

sur  les  travaux  de  la  section  artistique  de  la 
commission  royale  des  échanges  internationaux  pendant 
l'année  1900. 

Les  résultais  donnés  par  les  voyages  de  recherche,  en 
Belgique,   d'objets  d'art  dignes  d'être  reproduits  par  le 

m 

moulage,  nous  ont  encouragés  à  continuer  ce  système 
d'investigations;  elles  ont  été  particulièrement  nombreuses 
en  1900  et  non  moins  fructueuses  que  pendant  les  deux 
années  précédentes. 

Presque  tous  les  monuments  et  objets  d'art  examinés  ont 
été  photographiés;  nous  avons  reconnu  l'opportunité  de 
faire  mouler  un  certain  nombre  d'entre  eux,  tant  pour  com- 
pléter les  collections  exposées  dans  notre  musée  que  pour 
fournir  de  nouveaux  aliments  au  service  des  Échanges  inter- 
nationaux; pour  d'autres,  d'un  intérêt  secondaire,  il  nous  a 
paru  que  la  photographie  suffisait  à  les  représenter  dans  nos 
collections. 

L'un  des  plus  importants  de  ces  monuments  est  le  jubé  de      Lierre. 
l'église  Saint-Gommaire,  à  Lierre. 

Contemporain  de  ceux  de  Dixmude  et  de  Notre-Dame  de 
Walcourt,  il  est  conçu,  comme  eux,  dans  ce  style  issu  du 
gothique,  contourné,  fouillé,  ouvragé  au  delà  de  toute 
description,  qui  fut  en  usage  pendant  la  première  moitié  du 
xvr  siècle. 


—  366  — 

Il  nous  parait  indispensable  d'exposer  un  monument  de 
ce  genre  :  placé  en  regard  de  la  cheminée  du  Franc  de 
Bruges  et  du  portail  de  la  salle  échevinale  d'Àudenarde,  qui 
datent  de  la  même  époque,  il  démontrerait  éloquemment  la 
lutte  de  l'esprit  national  contre  l'influence  étrangère;  les 
éléments  gothiques  y  abondent  :  les  supports  du  jubé  de 
Lierre,  comme  ceux  du  jubé  de  Dixmude,  sont  eucore  des 
groupes  de  colonnetles  cylindriques,  mais  les  chapiteaux 
sont  d'un  modèle  nouveau;  plusieurs  petits  pinacles  se 
réunissent  pour  former  le  dais  d'une  statuette;  l'arc  ogive  y 
est  encore,  mais  déformé;  les  moulures  se  relèvent  en 
pointes  d'accolades,  dessinent  des  courbes  et  des  contre- 
courbes  variées,  surchargées  d'une  multitude  d  ornements 
végétaux  dont  l'exécution  étonne  l'œil  ;  la  recherche  visible 
d'originalité  dans  cette  riche  décoration  dénote  l'effort 
opiniâtre  de  l'artiste  s'obstinant  à  rajeunir  un  style  épuisé, 
tandis  que  Lancelot  Blondeel  et  les  exécuteurs  de  ses  plans 
laissent  dans  son  repos  l'art  de  l'autre  siècle  et  tendent  les 
bras  aux  nouveautés  fastueuses  que  leur  apporte  l'art  plate- 
resque. 

La  comparaison  de  ces  deux  monuments  serait,  nous  le 
répétons,  d'un  enseignement  profond,  et  cette  considération 
nous  a  fait  inscrire  le  moulage  du  jubé  de  Lierre  sur  la  liste 
de  nos  principaux  desiderata,  malgré  la  dépense  élevée  que 
doit  entraîner  son  exécution. 

Die*.  Une  autre  dépense  assez  forte,  mais  qui  ne  nous  parait 

pas  moins  justifiée,  devra  être  faite  pour  le  moulage  de 
quelques  stalles  de  l'église  Saint-Sulpice,  à  Diest. 


—  367  — 

Cette  église  en  possède  vingt-qualre,  datant  de  la  (in  de 
la  période  ogivale;  presque  toutes  ont  des  miséricordes  d'un 
haut  pittoresque. 

Notre  musée  possède  deux  ensembles  de  stalles  :  celles 
de  Vilvorde,  du  xvna  siècle,  et  celles  de  Dordrecht,  du  xvia  ; 
nous  proposons  d'y  ajouter,  pour  représenter  ce  genre  de 
meuble  au  xve  siècle,  un  groupe  de  quatre  stalles  de  Saint- 
Sulpice.  Il  nous  parait  presque  inutile  d'insister  sur  l'oppor- 
tunité de  montrer  ainsi  des  séries  de  meubles  d'églises  de 
différentes  époques  et  sur  la  grande  utilité  des  renseigne- 
ments que  des  collections  de  cette  nature  peuvent  fournir 
aux  architectes  chargés  de  dresser  des  plans  d'ameublement 
des  édifices  du  culte. 

A  l'extérieur  de  la  même  église,  il  y  aurait  à  prendre 
certaines  statues,  notamment  un  beau  Saint-Denis,  et 
plusieurs  gargouilles;  signalons  en  passant  que  la  gargouille 
de  i  la  Recevresse  »  d'Aviothest  le  seul  spécimen  que  nous 
possédions  jusqu'à  présent  de  ce  détail  d'architecture  dont 
les  artistes  du  moyen  âge  ont  tiré  si  grand  parti. 

La  c  Porte  du  Béguinage  » ,  dans  la  même  ville,  est  loin 
d'être  dénuée  d'intérêt  :  elle  se  compose  d'une  voûte  en 
anse  de  panier,  entre  deux  colonnes  doriques;  l'entable- 
ment, légèrement  cintré  au-dessus  de  la  clef  de  voûte, 
supporte  un  motif  décoratif  composé  d'une  niche  à  plein 
cintre  reliée  par  une  sorte  d'attique  courbe  à  une  spirale  qui 
surmonte  chaque  colonne  ;  sur  chaque  spirale  est  posé  un 
vase;  la  niche  est  couronnée  et  accostée  de  guirlandes  de 
fleurs  et  contient  une  grande  statue  de  la  Vierge. 

L'église  du  Béguinage  possède  quelques  sculptures  inté- 
ressantes, entre  autres  une  figure  assise  de  Sainte-Anne, 


-r  368  — 

polychromée,  et  une  fort  belle  Vierge  du  xiv*  siècle  en 
marbre  blanc,  avec  le  bord  des  vêtements  doré.  Celte  figure 
rappelle  celle  de  Notre-Dame  d'Anvers,  dont  nous  avons  le 
moulage;  il  serait  intéressant  de  la  reproduire  et  de  juxta- 
poser ces  deux  œuvres. 

Nous  croyons,  bien  que  cela  sorte  des  attributions  de 
notre  Comité,  devoir  attirer  l'attention  de  l'Autorité  supé- 
rieure sur  l'étal  déplorable  dans  lequel  se  trouve  l'église  du 
Béguinage  :  les  toitures  sont  percées  en  maint  endroit,  la 
pluie  a  pourri  les  plafonds  et  tombe  dans  l'église.  Les  hôtes 
du  lieu  sont,  parait-il,  dénués  de  toutes  ressources;  nous 
pensons  qu'une  intervention  des  pouvoirs  publics  s1  impose 
ici;  en  tous  cas,  nous  signalons  le  fait  à  nos  honorables 
collègues  de  la  Commission  royale  des  monuments. 

Noirhu.  Nous  leur  signalons  aussi,  bien  que  sans  le  moindre 
espoir  d'y  voir  porter  remède,  l'état  dans  lequel  on  laisse 
tomber  le  château  de  La  Motte,  à  Noirhat. 

C'est  avec  autant  d'indignation  que  de  pitié  que  l'on 
contemple  l'œuvre  de  destruction  qu'on  a  laissée  s'accomplir 
là  sans  vouloir  faire  le  moindre  effort  sérieux  pour  l'enrayer; 
—  car  on  ne  peut  considérer  comme  sérieux  moyens  d'en- 
tretien quelques  bouts  de  planches  clôturant  plus  ou  moins 
certaines  fenêtres,  quelques  tuyaux  de  zinc  placés  aux 
gouttières,  quelques  réfections  exécutées  à  la  toiture,  —  le 
tout  beaucoup  trop  tard,  alors  que  l'intérieur  était  déjà 
totalement  dévasté  par  les  eaux  pluviales. 

Cette  jolie  demeure  Louis  XV,  qui  eût  pu  être  restaurée 
ou  tout  au  moins  conservée  il  y  a  vingt  ans,  ne  sera  bientôt 


—  369  — 

plus  qu'un  monceau  de  ruines  informes.  Les  murs  lézardés 
s'inclinent  de  (ouïes  parts;  leur  chute  est  imminente.  Si 
encore  ces  ruines  étaient  vides!  Mais  non  :  il  y  a  là  des 
détails  artistiques  délicieux,  des  documents  précieux  pour 
l'exposé  de  l'art  de  la  sculpture  sur  bois  et  de  la  ferron- 
nerie. Outre  un  terme  d'escalier  dont  nous  avons  obtenu, 
—  grâce  à  une  haute  intervention,  —  l'autorisation  de 
prendre  le  moulage,  il  existe  toute  une  série  de  portes 
décorées  de  ces  ravissantes  guirlandes  de  fleurs  dont  les 
artistes  contemporains  de  Louis  XV  savaient  parsemer  les 
boiseries  diverses,  avec  autant  de  grâce  que  de  variété. 

Les  panneaux  supérieurs  des  vantaux  de  la  porte  princi- 
pale ont  de  fort  jolies  sculptures  ;  les  panneaux  inférieurs 
ont  été  rabotés  par  les  essieux  des  chariots,  car  le  vestibule 
d'honneur  a  servi  de  hangar  au  fermier  voisin  ! 

Aux  fenêtres,  de  charmantes  grilles  sont  rongées  par  la 
rouille;  un  autre  grillage  non  moins  intéressant  clôture  le 
chœur  de  la  petite  chapelle  ;  dans  celle-ci,  la  tribune  fermée, 
du  premier  étage  de  laquelle  les  châtelains  entendaient  la 
messe,  existe  encore  entière;  si  le  propriétaire  voulait 
consentir  à  la  laisser  enlever,  elle  pourrait  devenir  l'une  des 
pièces  les  plus  intéressantes  de  la  Section  des  anciennes 
industries  d'art  de  nos  musées. 

Dans  les  jardins  enfin,  un  reste  de  statue  à  peu  près 
informe,  dans  lequel  on  peut  encore  reconnaître  une  Léda, 
semble  prouver  que  l'on  ne  s'est  pas  plus  soucié  des  œuvres 
d'art  proprement  dites  que  de  la  décoration  artistique  du 
château. 

Il  est  temps  encore  de  sauver  quelques  pièces  :  cinq  ou 
six  portes,  la  tribune  et  certains  des  ouvrages  de  ferronnerie 


—  570  — 


cités  plus  haut;  mais  il  importe  de  s'aboucher  sans  retard 
avec  le  propriétaire,  car  l'état  du  bâtiment  ne  permettra 
bientôt  plus  de  s'en  approcher. 


« 


oHfeyiiuem.  M.  le  Baron  van  den  Bossche  a  bien  voulu  nous  autoriser 
à  photographier  les  deux  termes  monumentaux,  en  style 
Louis  XV,  de  l'escalier  d'honneur  de  son  château  de 
Heylissem. 


« 


court-  L'église  de  Court-Saint-Étienne  possède  un  tfiestre», 

Saint-Etienne.  °  r 

c'est-à-dire  un  reliquaire,  mentionné  déjà  par  MM.  Tarlier 
et  Wauters  (i)  et  par  M.  Goovaerts  (2).  C'est  un  édicule 
rectangulaire  couvert  d'une  toiture  à  deux  versants.  Saint- 
Etienne,  le  patron  du  lieu,  y  est  représenté  trois  fois  :  à  l'un 
des  pignons,  au-dessous  d'un  buste  du  Père  Éternel  bénis- 
sant, et  au  milieu  de  chacune  des  deux  faces,  entre  Saint- 
Paul  et  Saint- Pierre,  d'un  côté;  entre  Saint-Laurent  et  Sainte- 
Gertrude,  de  l'autre.  Le  second  pignon  présente  les  instru- 
ments de  la  Passion  surmontés  d'un  buste  du  Père  Étemel 
identique  au  premier.  Chaque  figurine  de  saint  est  placée 
sous  une  arcalure  dont  l'intrados  est  gjrni  d'une  branche  de 
feuillage  et  qui  retombe  sur  deux  colonnettes  minuscules; 
des  colonnettes  plus  fortes  marquent  les  trois  divisions  de 
chaque  face  et  soutiennent  les  angles.  Les  rampants  des 


(4)  La  Belgique  ancienne  et  moderne  ;  canton  de  Wavre,  p.  134. 

(«)  Une  ancienne  description  de  Court-Saint-Étienne.  Bull,  de  laComm. 
royale  d'histoire,  tome  VI,  n°  3,  5m*  série. 

Voir  aussi  :  Weale,  Catalogue  des  objets  d'art  religieux,  etc.,  exposés 
à  l'hôtel  Liedekerke,  à  Malin  es.  Septembre  1864,  n°  484. 


—  571  — 

pignons  sont  hérissés  de  crochets  en  feuilles  de  chicorée; 
un  élégant  crétage  court  sur  le  faite  et  se  répèle  le  long  de 
chaque  chéneau;  le  toit  se  compose  de  plaques  d'argent  en 
losange  avec  dessins  repoussés  extrêmement  gracieux;  enfin 
une  boule  de  cristal  est  posée  à  l'amortissement  de  chaque 
pignon;  une  troisième  marque  le  centre  de  Pédicule. 

Le  corps  du  reliquaire  et  les  statuettes  sont  en  argent;  les 
colonneltes,  les  arcatures,  les  crétages  et  les  rampants  à 
crochets  sont  en.  cuivre  doré.  Le  tout  ne  mesure  que 
59  centimètres  de  longueur  sur  27  de  largeur  et  40  centi- 
mètres de  hauteur. 

Ce  petit  monument  mérite  d'être  conservé  avec  le  plus 
grand  soin  ;  mais  son  importance  artistique  n'est  pas  assez 
grande  pour  que  nous  puissions  en  proposer  le  moulage. 

L'église  de  Léau  possède  aussi  un  reliquaire,  —  celui-ci  Léau. 
de  Saint-Léonard  —  d'un  tout  autre  genre  que  le  précédent 
et  d'une  inestimable  valeur,  ainsi  que  de  nombreux  objets 
d'or  et  d'argent  :  monstrances,  calices,  ciboires,  etc.,  d'un 
grand  mérite  artistique  ;  nous  ne  nous  attarderons  pas  à  les 
décrire,  nous  réservant  d'y  revenir  plus  tard,  lorsqu'il  nous 
sera  permis  de  songer  à  organiser  sur  des  bases  sérieuses 
nos  collections  de  reproductions  galvanoplastiques. 

Nous  avons  été  attirés  dans  celte  église  par  les  nombreuses 
sculptures  qu'elle  renferme. 

Nous  avons  déjà  les  moulages  de  plusieurs  d'entre  elles  : 
une  statue  de  la  Vierge,  trois  figures  de  saints  debout,  une  de 
Saint-Georges  à  cheval,  une  de  Saint-Léonard  assis;  enfin, 
le  superbe  retable  du  xiv*  siècle  qui  retrace  la  vie  du  patron 


—  572  — 

de  l'église  (i)  ;  nous  proposerons  de  reproduire  encore  par- 
tiellement le  retable  dit  :  «  de  Saint-Roch  »  (s)  qui  comporte 
six  grandes  figures  dont  deux,  celle  de  Sainte-Catherine  et 
celle  de  la  Vierge,  sont  d'un  fort  beau  style  Nous  préconi- 
serons aussi  le  moulage,  lorsque  nos  ressources  le  permet- 
tront, d'un  grand  retable  (3)  dont  nous  n'avons  qu'une 
minuscule  figurine;  il  se  compose  de  trois  compartiments  : 
au  centre  est  une  statue  de  la  Vierge  ;  d'un  côté,  le  Portement 
de  la  croix  ;  de  l'autre,  la  Déposition  de  croix,  et,  au  dessous 
de  la  Vierge,  la  Mise  au  tombeau  ;  trois  petits  sujets  sont 
disposés  dans  les  dais  :  la  Présentation  au  temple,  la  Fuite 
en  Egypte  et  Jésus  parmi  les  Docteurs.  L'architecture  de  ce 
retable  est  fort  intéressante  ;  elle  passe  pour  avoir  été  dessinée 
par  Mathieu  de  Layens  ;  de  fait,  les  crochets  de  chardon  qui 
suivent  la  moulure  supérieure  de  l'encadrement  ont  une 
physionomie  toute  particulière  et  présentent  une  parenté 
frappante  avec  ceux  des  arcades  du  jubé  de  Saint-Pierre,  à 
Louvain. 

La  figurine  de  femme  que  nous  possédons  provient  de  la 
predella  à  double  étage  sur  laquelle  le  retable  est  posé;  bien 
que  cette  predella  ne  nous  paraisse  pas  appartenir  au  retable, 
elle  n'en  est  pas  moins  digne  d'être  moulée. 

Nous  proposerons  encore  la  reproduction  du  c  Rosaire  » 
de  Léau  ;  la  Vierge,  à  double  face,  s'y  détache  sur  un  fond 
de  glaives  et  de  flammes,  entourée  d'une  couronne  de  roses 
que  six  anges  soutiennent;  nous  n'avons  pas  encore  de 


(0  Bull,  des  Comm.  roy.  d'art  et  d'archéol.,  XXIX  (1890),  p.  440. 
(t)  Jd.f  p.  443. 
(»)  Id.f  p.  445. 


—  373  — 

spécimen  de  ce  genre  de  sculpture  et  celui-ci  est  d'une 
exécution  remarquable. 

Citons  enfin  un  fort  beau  lutrin-aigle  en  laiton,  compa- 
rable à  celui  de  l'église  de  Freeren,  que  notre  atelier  de 
moulage  a  reproduit. 

L'église  Saint  Gorgon,  à  Hougaerde,  possède  aussi  un    Hougurd*. 
lutrin  en  laiton  très  élégant;  il  figure  le  Pélican  symbolique 
dressé  sur  le  bord  de  son  nid.  Le  support  est  moderne. 

L'oiseau  mesure  67  centimètres  de  hauteur  sur  54  centi- 
mètres de  largeur  entre  les  extrémités  des  ailes.  L'arête 
qui  sert  à  retenir  l'anliphonaire  porte  l'inscription  : 

1AN  .  VELDENER  .  ME  .  FECIT  AN0  .  1573  .  8  DECEBR. 

D'autre  part  sur  la  douille,  qui  est  coulée  d'une  pièce  avec 
cette  partie,  on  lit  : 

MATHIAS  .  INGHELS  .  DEDIT  .  QS  .  OB  .  3  .  1568  .  D. 

Ces  deux  inscriptions,  parfaitement  conservées,  sont  en 
caractères  identiques;  on  peut  conclure  de  la  différence  des 
dates  que  le  lutrin  fut  offert  à  l'église  en  exécution  d'une 
disposition  testamentaire  de  Mathias  Inghels,  cinq  ans  après 
la  mort  de  celui-ci. 

La  même  église  possède  des  fonts  baptismaux  fort  anciens, 
probablement  du  xme  siècle.  Ils  se  composent  de  trois  blocs 
de  pierre  bleue  constituant  respectivement  le  socle,  le  sup- 
port et  la  cuve. 

Celle  ci  est  hémisphérique,  bordée  d'une  moulure  très 
simple  et  cantonnée  de  quatre  masques  humains  en  haut 
relief;  chacun  de  ces  masques  surplombe  une  colonnelte 


—  574  — 

cylindrique  engagée  dans  le  pédoncule,  de  même  forme, 
massif  et  trapu.  Deux  Glets  à  profil  triangulaire  leur  tiennent 
lieu,  l'un  de  base,  l'autre  de  chapiteau.  Le  plan  du  soubas- 
sement épouse  les  contours  du  support;  au  bas  de  chaque 
colon  nette,  sur  le  socle,  est  sculpté  en  haut  relief  un  petit 
animal  chimérique. 

L'ensemble  mesure  97  cenlimètres  de  largeur  sur  iœ23 
de  hauteur,  non  compris  le  couvercle. 

Le  Comité,  se  rangeant  à  l'avis  de  ses  délégués,  a  décidé 
le  moulage  de  ce  curieux  monument. 

BniM-  Un  certain  nombre  de  communes  belges  ont  encore  leur 
ancien  pilori  :  on  en  trouve  à  Mespelaer,  à  Rijmenam,  a 
Gestel,  à  Eename,  etc.;  ils  ne  consistent  en  général  qu'en 
une  simple  colonne  de  pierre,  dénuée  d'intérêt  sculp- 
tural. 

Celui  de  Braine-le  -Château  est  un  monument  complet  : 
au  sommet  de  quatre  hauts  degrés,  construits  sur  un  plan 
hexagonal,  se  dresse  une  épaisse  colonnette  cylindrique  à 
base  moulurée  hexagone;  une  astragale  sépare  du  fut  une 
sorte  de  bourrelet  qui  tient  la  place  du  chapiteau  et  sur  le 
pourtour  duquel  se  déploie  une  banderolle  portant  une 
inscription  gravée  en  creux;  trois  moulures  s'étagent  eo 
pyramide  au-dessus  du  bourrelet  et  le  relient  à  une  plate- 
forme hexagonale  sur  chaque  angle  de  laquelle  s'élève  une 
colonnette;  les  fûts  de  ces  colonneltes  sont  cylindriques; 
leurs  bases  sont  hexagones»  de  même  que  leurs  chapiteaux; 
ceux-ci  reçoivent  les  retombées  d'arcatures  en  anse  de 
panier,  à  redents,  au-dessus  desquelles  règne  un  rebord 


—  575  — 

saillant.  Une  colonnette  qui  se  dressait  au  centre  de  la 
plateforme  a  disparu. 

Ce  monument  est,  pensons-nous,  unique  en  Belgique. 
Nous  en  avons  décidé  la  reproduction,  persuadés  qu'elle 
constituera  une  pièce  de  haut  intérêt  à  la  fois  pour  notre 
musée  et  pour  les  établissements  avec  lesquels  nous  sommes 
en  relations  d'échange. 

Notre  délégué  a  vu  dans  le  cimetière  de  Braine-le-Chàleau 
trois  petites  pierres  anciennes,  d'une  sculpture  naïve,  repré- 
sentant :  le  Sauveur  couronné  d'épines  ;  le  Portement  de  la 
croix  et  le  Christ  en  croix  ;  une  quatrième  pierre  semblable, 
qui  figure  l'Érection  de  la  croix,  se  trouvait  dans  la  cour 
d'un  café  de  la  localité. 

Dans  l'église  de  Braine,  sous  une  baie  ouverte,  —  sorte 
d'enfeu  à  jour  entre  le  chœur  et  une  petite  pièce  contigué,  — 
est  une  fort  belle  statue  couchée,  en  albâtre.  C'est  un 
chevalier  en  armure;  ses  pieds  s'appuient  contre  un  lion; 
deux  angelots  soutiennent  le  coussin  brodé  sur  lequel  repose 
la  tète.  Cette  sculpture  est  aussi  belle,  —  et  mieux  conser- 
vée, —  que  la  statue  gisante  du  comte  de  Lalaing,  dont  nous 
avons  le  moulage. 

Dans  sa  Notice  historicité  et  généalogique  sur  les  Sei- 
gneurs de  Braine-le-Châleau  et  Haut-litre,  Stroobant 
dit  :  c  Maximilien,  comte  de  Hornes  et  de  Hautekerke, 
chevalier  de  la  Toison  d'or  et  chambellan  de  Charles- 
Quint,  mourut  le  3  février  1542  et  fut  enterré  à  Braine- 
le-Châleau  sous  un  monument  en  marbre  blanc  qui 
ne  porte  aucune  inscription  » .  Nul  doute  que  cette 
mention  ne  se  rapporte  à  la  statue  dont  nous  venons  de 
parler. 


—  376  — 

Nous  souhaitons  vivement  voir  entrer  dans  nos  collections 
le  moulage  de  cette  belle  sculpture. 

jodoign*.  Nous  ne  pouvons  en  dire  autant  du  monument  funéraire 
du  comte  et  de  la  comtesse  de  Glimes,  placé  actuellement 
dans  la  petite  chapelle  Noire-Dame,  à  Jodoigne. 

Le  sarcophage  est  un  cube  de  pierre  insignifiant,  dont  la 
monotonie  est  à  peine  atténuée  par  des  écussons,  d'un  relief 
peu  prononcé.  Les  gisants,  dont  les  pieds  sont  appuyés  sur 
le  lion  et  le  chien  traditionnels,  sont  des  figures  assez 
banales. 

La  photographie  qui  en  a  été  prise  représentera  suffisam- 
ment ce  monument  dans  nos  collections. 

Loofaio.  Il  existe,  par  contre,  dans  l'église  Saint-Pierre,  à  Louvain, 
deux  tombeaux  qui  seront  pour  notre  musée  des  pièces 
capitales  :  celui  de  Henri  Ier,  duc  de  Brabant,  qui  se  trouve 
au  centre  d'une  des  petites  chapelles  du  pourtour  du  chœur, 
et  celui  de  Malhilde  et  de  Marie,  sa  femme  et  sa  fille, 
rélégué  sous  un  enfeu  pour  lequel  il  n'a  certainement  pas 
été  fait. 

Tout  nous  permet  d'espérer  que  les  moulages  de  ces  deux 
beaux  monuments  du  xni°  siècle  ne  tarderont  pas  à  prendre 
place  dans  notre  musée. 

Signalons,  en  passant  à  Louvain,  les  magnifiques  stalles 
de  l'église  Sainte-Gertrude. 

Nous  émettons  aussi  le  vœu  de  nous  trouver  bientôt  en 
mesure  de  prendre  un  moulage  complet  du  portail  roman 


—  377  — 

de  l'hôpital  Saint-Pierre.  Le  jardinet  clôturé  d'un  grillage  au 
fond  duquel  il  se  trouve  à  l'abandon  ne  le  protège  que  bien 
insuffisamment  contre  le  vandalisme  inconscient  des  enfants; 
déjà  plusieurs  fragments  des  sculptures  des  impostes  ont 
disparu  ;  nous  possédons  heureusement  les  moulages  de  ces 
parties;  ils  nous  aideront  à  reconstituer  l'ensemble  complet 
dès  que  nos  ressources  nous  permettront  d'exécuter  celte 
importante  reproduction. 

*  * 

L'église  de  Boendael  possède  un  grand  retable  complet,     bonum. 
—  ou  plutôt  complété  —  et  deux  panneaux  provenant  d'un 
autre  retable  (i). 

Le  premier,  placé  maintenant  sur  le  maitre-aulel,  repré- 
sente en  trois  compositions  le  martyre  de  Saint-Crislophe. 
C'est  une  œuvre  du  xvie  siècle;  les  figures  sont  de  propor- 
tions un  peu  courtes;  il  y  a  de  nombreuses  restaurations. 

Les  deux  panneaux  séparés  décorent  les  autels  latéraux; 
ils  ont  trait  au  martyre  de  Saint-Adrien.  Les  compositions 
sont  très  pittoresques;  les  figures  ne  sont  pas  sans  parenté 
avec  celles  du  retable  de  Saint-Georges,  de  Jan  Borman.  Ces 
compositions  seules  méritent  d'être  reproduites  par  le  mou- 
lage. Les  fonds  d'architecture  et  les  encadrements  sont 
modernes. 

*  * 

Notre  délégué  a  examiné  et  photographié  les  deux  retables  vmm-n-viiie. 
superposés,  sur  l'autel  latéral  droit  de  l'église  de  Vil lers- Ja- 
Ville  (3).  Il  nous  parait  très  regrettable  que  le  restaurateur 


(1)  Bull,  des  Comm.  roy.  d'art  et  d'archéol.,  XXIXX  (1890),  p.  43G. 
(t)  Op.  cit.,  XXX  (1891),  p.  133. 


L*e»ko«t. 


HultWut. 


—  378  — 

ait  adopté  une  disposition  présentant  le  double  défaut  de 
dénaturer  la  forme  du  retable  inférieur  et  de  réunir  en  une 
seule  deux  œuvres  d'époques  différentes. 

Nous  émettons  le  vœu  que  ces  sculptures,  d'un  réel  mérite, 
soient  remises  en  bon  état.  Nous  n'estimons  pas,  toutefois, 
qu'il  y  ait  lieu  de  les  reproduire  par  le  moulage,  notre  musée 
possédant  des  compositions  analogues  d'un  mérite  supérieur. 

Le  retable  représentant  le  martyre  de  Saint-Quirin,  placé 
dans  une  chapelle  isolée,  à  Loenhout  (i),  est  une  œuvre  du 
xvr  siècle  assez  originale  et  qui  mérite  d'être  conservée  avec 
soin  ;  mais  la  photographie  que  nous  en  avons  prise  suffira 
pour  le  représenter  dans  nos  collections. 

L'église  de  Hulshoul  possède  un  beau  retable  du  xv*  siècle 
représentant  des  scènes  de  la  Passion.  Le  moulage  de  cette 
œuvre  figure  depuis  longtemps  dans  nos  collections,  sous  la 
fausse  dénomination  de  «  Retable  de  Thielen  »  (2). 

La  vérité  est  que  l'église  de  Thielen  possédait  des  volets 
peints  anciens  de  valeur,  provenant  d'un  retable  dont  la 
partie  principale  avait  disparu;  pour  utiliser  ces  volets,  on 
a  exécuté  une  copie  des  groupes  du  retable  de  Hulshout;  les 
moulages  de  ces  groupes,  après  avoir  servi  à  faire  cette 
copie,  ont  été  versés  dans  nos  collections  et  renseignés 
comme  provenant  de  Thielen.  L'erreur  a  été  rectifiée  dans 
le  catalogue-tarif  des  échanges. 


(1)  Bull,  des  Comm.  roy.  d'art  et  tfarchéol.,  XXXII  (1893),  p.  248. 
(«)  Op'.  cit ,  XXXI  (1892),  p.  475. 


—  379  — 

Il  existe  dans  la  même  église  un  autre  retable,  consacré  à 
la  vie  de  son  patron,  saint  Malhieu;  il  n'atteint  pas  au  mérite 

artistique  du  précédent  (<)• 

* 

L'église  de  Buvrinnes  possède  aussi  —  outre  le  très  beau    Baronet, 
tabernacle  dont  nous  avons  le  moulage,  —  deux  retables 
anciens  :  l'un,  en  pierre,  a  pour  sujet  la  Passion  ;  l'autre,  en 
bois,  retrace  la  légende  de  Saint-Pierre. 

Ce  dernier  est  assez  connu  ;  il  a  été  décrit  dans  le  Bulletin 
des  Commissions  royales  d'art  et  d'archéologie  (2)  et  dans 
les  Annales  du  Cercle  archéologique  de  Mons  (3),  qui  en  ont 
donné  une  planche,  d'un  dessin  assez  naïf. 

Ce  retable,  de  réelle  valeur,  a  été  surmonté,  en  1854, 
d'un  couronnement  pseudo-gothique  prétentieux  et  de  mau- 
vais goût;  il  gagnerait  à  en  être  débarrassé. 

Le  retable  en  pierre  date  du  xvie  siècle  ;  les  figures,  courtes 
et  d'une  exécution  peu  caressée,  sont  encore  alourdies  par 
d'épaisses  couches  de  couleur  blanche.  De  plus,  on  a  trouvé 
bon  de  placer  dans  la  main  de  plusieurs  des  personnages  de 
la  scène  du  Calvaire  de  petits  drapeaux  en  papier  découpé, 
d'un  effet  franchement  malheureux. 

Notre  délégué  a  remarqué  encore,  dans  l'église  de 
Buvrinnes,  une  jolie  statuette  gothique  de  Saint-Pierre  assis, 
coiffé  de  la  tiare;  elle  est  vraiment  curieuse  et  mériterait 
d'être  moulée,  si  la  fabrique  voulait  bien  nous  la  confier 
dans  ce  but. 

*  * 

(1)  Bull,  des  Comm.  roy.  d'art  et  dfarchéoL,  XXX  (1891),  p.  65. 
(1)  Op.  cit,  XXX  (1891),  p.  135. 
(»)  Tome  III  (1862),  p.  302. 


—  380  — 

boumu.  Le  beau  retable  accolé  au  mur  dans  le  bras  gauche  du 
transept  de  I  église  de  Boussu  (i)  porte  aussi  un  couronne- 
ment moderne  de  mauvais  goût,  qu'il  conviendrait  de 
supprimer.  Ce  retable  est  probablement  contemporain  de 
l'église,  qui  date  de  1501;  il  est  antérieure  celui  de  Lombeek- 
Nolre-Dame,  mais  appartient  sans  conteste  à  la  même  école. 

La  disposition  des  petits  groupes  étages  le  long  de  l'enca- 
drement et  suivant  les  contours  des  trois  cintres  est  très 
originale.  La  sculpture  est  d'un  fort  bon  style  et  mérite  à 
tous  égards  d'être  reproduite  pour  notre  musée,  où  elle 
marquera  la  transition  entre  le  retable  de  Léau  et  celui  de 
Lombeek. 

La  chapelle  seigneuriale  attenante  à  l'église  de  Boussu 
renferme  deux  monuments  funéraires.  L'un  est  un  sarco- 
phage sur  lequel  plusieurs  figures  sont  agenouillées;  il  ne 
présente  pas  un  intérêt  exceptionnel.  L'autre,  qui  fait  face  à 
l'autel,  est  très  important  et  tout  à  fait  remarquable.  II  se 
compose  d'une  grande  arcade  à  plein  cintre  entre  deux 
piédroits,  à  chacun  desquels  est  accolée  une  colonne  corin- 
thienne sur  piédestal;  deuxanges  planent  dans  les  écoinçons; 
sous  l'arcade  est  un  sarcophage  entre  les  pieds  duquel  on 
voit,  représenté  en  grandeur  naturelle,  un  cadavre  nu, 
étendu  sur  une  natte  ;  ce  corps  décharné  est  d'un  réalisme 
effrayant. 

Sur  le  sarcophage,  au  pied  d'un  crucifix,  sont  agenouillés 
les  défunts  :  un  seigneur  et  son  fils  à  gauche;  sa  femme  et 
sa  fille,  à  droite.  Une  plaque  de  marbre  blanc,  postérieure 


(i)  Annales  du  Cercle  archéologique  de  Mont,  t.  XI,  p.  263,  et  Bull 
des  Comm.  roy.  d'art  et  d'archéol.,  t.  XXXIII,  1894,  p.  90. 


—  381  — 

au  monument,  rappelle  qu'en  cet  endroit  reposent  «  haull, 
noble  et  puissant  seigneur  mess  ire  Jean,  comle  de  Boussu, 
baron  de  Raikem  » ,  etc.,  etc.,  «  capitaine  général  en  diverses 
armées  de  Sa  Ma"  impérialle  Charles  Gint  »...,  décédé 
à  Boussu  le  12  Février  1567,  et  «  madame  Anne  de  Bour- 
goigneson  épouse,  laquelle  trespassa  Tan  1 55 1 ,  le  25  Mars  » . 

Sur  l'entablement  sont  posés  :  au  centre,  un  buste  du 
Père  éternel  entouré  d'anges  et,  dans  l'axe  de  chaque 
colonne,  une  figure  d'homme  debout  portant  un  écu  armorié. 

Sept  têtes  de  chérubins  décorent  l'archivolte  et  seize 
blasons  sont  accolés,  par  couples,  à  l'intrados  de  l'arcade. 
Le  tout  est  en  marbres  de  différentes  couleurs. 

C'est  un  monument  très  original,  très  complet  et  d'un 
bon  style,  dont  le  moulage  constituera  Tune  des  meilleures 
pièces  de  nos  collections. 

II  y  aura  lieu  d'en  profiter  pour  mouler  également  un 
bas-relief  encastré  dans  la  muraille  de  la  même  chapelle  et 
qui  représente  la  Vierge,  assise,  à  laquelle  un  chevalier  est 
présenté  par  ses  patrons.  Une  inscription  de  cinq  lignes 
donne  le  nom  de  «  Signevr  de  Tvin  dit  de  Bovssvt  »  et  la 
date  de  1430. 

Deux  monuments  funéraires  sont  placés  dans  l'église  de    c©oi««mp. 
Coolscamp;  ils  nous  ont  été  signalés  par  M.  van  Overloop, 
conservateur  en  chef  des  musées  royaux  du  Cinquantenaire. 

L'un  est  un  sarcophage  cubique  décoré  sur  ses  quatre 
faces  de  figures  de  pleurants  taillées  en  bas-relief.  Le  gisant, 
couvert  de  son  armure,  les  pieds  appuyés  contre  un  lion, 
est  un  seigneur  de  Lichlervelde  mort  en  1435. 


—  382  — 

L'autre  monument  consiste  en  une  grande  dalle  fixée  au 
mur  de  gauche  de  l'église;  elle  porte  les  effigies,  en  bas- 
relief,  d'un  seigneur  de  Lichlervelde  et  de  Goolscamp  mort 
en  1375  et  de  sa  femme. 

Le  chevalier  porte  l'armure  ;  la  télé  s'emboîte  dans  le 
€  petit  bacinet  »  sans  nasal,  qui  recouvre  le  front  et  les 
tempes  et  auquel  s'attache  un  €  camail  »  de  mailles,  cachant 
les  joues,  le  menton  et  les  épaules.  La  dame  porte  une 
coiffure  à  bordure  de  passementerie  encadrant  le  visage  et 
une  longue  robe  très  simple  avec  manches  étroites  recou- 
vrant une  partie  de  la  main,  à  la  manière  de  nos  c  mitaines» . 
Au-dessus  de  chaque  figure  est  un  dais  peu  saillant,  formé 
de  trois  gables  avec  rampants  à  crochets  et  fleuron,  se 
détachant  sur  un  fond  de  fenestrations. 

Cette  dalle  est  absolument  remarquable  et  son  moulage 
fournira  des  documents  utiles  au  point  de  vue  de  l'histoire 
du  costume. 

Nous  préconisons  aussi  le  moulage  du  premier  de  ces 
monuments,  qui  est  un  excellent  morceau  de  sculpture  et  un 
curieux  exemple  de  tombeau  à  pleurants. 

*  * 

cour-iur-Heure.  La  toute  petite  église  de  Cour-su r-Heure  est  presque 
entièrement  lambrissée  de  chêne  sculpté  de  l'époque  de 
Louis  XV;  c'est  un  ensemble  fort  intéressant,  à  la  conser- 
vation duquel  il  importe  de  veiller.  Nous  n'y  avons  toutefois 
pas  trouvé  de  motifs  à  reproduire  par  le  moulage. 

* 

iiebaiz.         Notre  délégué  a  examiné,  au  presbytère  de  Rebaix,  un 
calvaire  dont  la  restauration  était  projetée. 


—  585  — 

Il  date  de  la  fin  du  xve  siècle;  les  arêtes  de  la  croix  sont 
ornées  de  crochets  de  feuilles  de  chicorée;  ses  quatre  ex l ré- 
mités sont  fleurdelisées  et  chacune  d'elles  porte,  dans  un 
médaillon  carré  aux  côtés  en  accolades,  la  représentation 
symbolique  d'un  Évangéliste.  Celte  croix  étant  vermoulue, 
on  a  enlevé  à  la  scie  le  milieu  de  la  traverse  et  une  partie 
du  montant  et  on  a  rapproché  les  morceaux  en  les  fixant  sur 
une  autre  croix  qui  sert  en  quelque  sorte  de  doublure  et  de 
support. 

La  figure  du  Christ  est  franchement  mauvaise;  celle  de. 
Saint-Jean  est  un  peu  meilleure,  quoique  la  tète  soit  assez 
maladroite  et  la  pose  maniérée;  par  contre,  la  Vierge  est 
fort  bien  traitée.  Nous  proposerions  même  de  la  faire  mouler 
si  nous  n'avions  déjà  un  assez  grand  nombre  de  statuettes 
gothiques  de  la  Vierge. 

L'administration  communale  de  Tournai  avait  conçu  le  tomwl 
projet  d'envoyer  à  l'exposition  de  l'Art  public,  à  Paris,  un 
moulage  de  la  fameuse  entrée  de  la  cathédrale  dite  <  la  Porte 
Manlile  » .  Il  est  regrettable  que  ce  projet  ait  été  abandonné  : 
nous  aurions  pu  saisir  cette  occasion  pour  faire  entrer  dans 
nos  collections  un  exemplaire  de  ce  moulage. 

Nous  estimons,  en  effet,  que  la  place  de  cette  superbe 
porte  romane  est  marquée  dans  notre  musée,  et  nous  devrons 
faire  en  temps  opportun  les  sacrifices  nécessaires  pour  en 
posséder  la  reproduction. 

* 

Nous  avons  le  moulage  de  la  balustrade  du  jubé  de  l'église      Moha- 
de  Moha,  à  l'exception  des  deux  panneaux  extrêmes  ;  il  nous 


—  384  — 

parait  opportun  de  combler  cette  lacune  et  d'ajouter  à  ce 
moulage  celui  des  colonnes  qui  supportent  le  jubé. 

Ces  colonnes  sont  d'ordre  composite  ;  leur  fût  est  cannelé 
depuis  le  quart  environ  de  sa  hauteur  jusqu'au  chapiteau  ; 
sa  partie  inférieure  est  décorée  de  branches,  de  fruits  et  de 
petits  masques  humains  en  haut  relief;  le  dé  du  piédestal 
est  orné  de  panneaux  rectangulaires  à  cadre  mouluré. 
L'exécution  est  délicate  et  l'ensemble  d'une  grande  élégance. 

* 
*  * 

Aoiuisnei.  M.  le  Baron  de  Waha  de  Bâillon  vil  le  a  bien  voulu  faire  à 
notre  délégué  les  honneurs  de  son  château  d'Ouhar,  à 
Anlhisnes,  et  l'autoriser  à  photographier  une  cheminée 
ancienne  qui  s'y  trouve.  Celle  cheminée  provient  d'un  autre 
château  de  la  localité  ;  elle  est,  malgré  le  déplacement,  dans 
un  état  de  conservation  des  plus  satisfaisants. 

Les  montants  sont  formés  d'une  haute  volute  portée  par 
une  griffe  et  surmontée  d'une  tète  de  monslre  marin  formant 
console;  un  lerme-caryalide  fait  avant-corps  sur  chaque 
retour;  la  frise,  décorée  de  rinceaux,  est  couronnée  d'une 
corniche  moulurée.  Le  toul  est  en  pierre  blanche  de  France. 

Celle  cheminée  a  conservé  sa  ferronnerie  ancienne,  ainsi 
qu'une  bonne  partie  des  briques  du  fond  de  l'àtre,  décorées 
de  jolis  bas-reliefs  et  encadrant  une  taque  en  fonte  d'un  beau 
travail. 

M.  le  Baron  de  Waha  nous  a  gracieusement  autorisés  à 
en  faire  prendre  le  moulage;  nous  l'inscrivons  sur  la  liste  de 
nos  desiderala,  nous  réservant  de  faire  exécuter  au  préalable 
d'autres  travaux  plus  urgents. 

* 


—  588  — 

Notre  Secrétaire  s'est  rendu  à  Maestricht  pour  y  examiner    mmutiai. 
le  grand  portail  de  l'église  Saint-Servais.  Il  a  ouvert  des 
négociations  avec  la  Direction  du  Rijksmuseum  d'Amsterdam 
à  l'effet  d'obtenir  pour  notre  musée,  par  voie  d'échange,  un 
exemplaire  du  moulage  de  ce  portail. 


Chargé  de  dresser  une  liste  des  moulages  qu'il  convien- 
drait d'acquérir  à  l'étranger  pour  compléter  nos  collections, 
le  Secrétaire  de  notre  Comité  a  été  invité  à  se  rendre  à 
Paris,  où  il  a  visité,  dans  ce  but,  les  Musées  du  Trocadéro, 
du  Louvre,  de  Cluny  et  de  l'École  des  Beaux-Arts. 

Les  résultais  de  celle  mission  onl  fait  l'objet  d'un  rapport 
spécial,  qui  a  été  publié  (1). 


Desiderata. 

Tant  ensuite  des  différents  voyages  que  nous  venons  de 
résumer  que  sur  la  proposition  de  ses  membres,  noire  Comité 
a  porté  sur  la  liste  de  ses  desiderata  les  moulages  des 
monuments  et  objets  d'art  suivants  : 

PROVINCE   D'ANVERS. 

Lierre.  Église  Sainl-Gommaire  :  Jubé. 

PROVINCE   DE  BRABANT. 

Diest.  Église  Saint- Sulpice  :  Quatre  stalles;  vingt  misé- 
ricordes ;  statuettes  et  gargouilles. 

0)  Bull,  ies  Comm.  roy.  d'art  et  (TarchéoL,  XXXIX  (1900),  p.  157. 


—  386  — 

Diest.  Église  du  Béguinage  :  Statue  de  la  Vierge. 

Noirhat.  Château  de  La  Moite  :  Portes  sculptées  ;  tribune 
de  la  chapelle. 

Léau.  Église  Saint-Léonard  :  Retable  dit  «  de  la  Vierge  »  ; 
deux  figures  du  retable  dit  «  de  Saint-Roch  »  ;  rosaire; 
lutrin. 

Hougaerde.  Église  Saint-Gorgon  :  lutrin;  fonts  baptis- 
maux. 

B  raine- le-Chàteau.  Pilori;  statue  tombale  de  Maximilien 
de  Hornes. 

Louvain.  Église  Saint-Pierre  :  Tombeaux  de  Henri  1",  de 
Malhilde  et  Marie  de  Brabanl. 

Louvain.  Hôpital  Saint-Pierre  :  Portail  roman. 

Boendael.  Église  :  Deux  groupes  du  martyre  de  Saint- 
Adrien. 

PROVINCE   DE   HAINAUT. 

Buvrinncs.  Église  :  Statuette  de  Saint-Pierre. 
Boussu.  Église  :  Relable;  monument  funéraire  de  Jean  de 
Boussu  ;  bas-relief  commémoratif. 
Tournai.  Cathédrale  :  Porte  Manlile. 

FLANDRE   OCCIDENT  A'  E. 

Goolscamp.  Église  :  Tombeau  et  dalle  funéraire. 
Ypres.  Église  Saint-Martin  :  Chapiteaux. 

PROVINCE   DE   LIÈGE. 

Anlhisnes.  Château  d'Ouhar  :  Cheminée. 

Huy.  Église  primaire  :  Portail  dit  «  Bethléem  ». 

Moha.  Église  :  Colonnes  et  panneaux  extrêmes  du  jubé. 


—  387  — 


ÉTRANGER. 


France.    Monuments  divers.   (Voir   le  rapport   spécial 
prérappelé.) 
Italie.  Arc  de  Trajan,  à  Bénévent. 
Pays-Bas.  Portail  de  l'église  Sain  (-Servais,  à  Maestricht. 


Atelier  de  moulage. 

Le  personnel  de  notre  atelier  a  exécuté  les  moulages 
suivants  : 

Croix  triomphale  et  statuette  de  Saint-Jean,  du  Calvaire 
de  l'église  de  Walhain-Saint-Paul  ; 

Statue  dite  «  Jeune  homme  casqué  »  (marbre  antique),  de 
la  collection  de  Somzée,  à  Bruxelles; 

Terme  d'escalier  du  château  de  La  Motte,  à  Noirhat  ; 

Pierre  tombale  aux  effigies  de  Jean  de  Melun  et  de  ses 
deux  femmes;  pierre  tombale  de  Béatrice  de  Beausarl, 
épouse  de  Hugues  de  Melun,  et  de  son  fils  Guillaume; 
statuette  de  Saint-Jean,  avtc  console  et  support;  écusson  des 
seigneurs  de  Melun,  au  château  d'Antoing. 


Photographies. 

Notre  fonds  de  reproductions  photographiques  s'est 
enrichi  de  cent  quarante-deux  clichés,  dont  une  partie 
d'après  des  moulages  de  nos  collections  et  les  autres  d'après 
les  monuments  originaux  dont  la  liste  suit  : 

Court-Saint-Étienne.  Châsse  (quatre  vues); 


—  388  — 

Noirhat.  Tribune  de  la  chapelle  du  château  de  La  Motte; 
Moha.  Jubé  (deux  vues); 

Anthisnes.  Cheminée  du  château  d'Ouhar  (deux  vues); 
Hougaerde.  Fonts  baptismaux;  lutrin; 
Rebaix.  Calvaire; 

Audenarde.  Fragments  d'un  retable  conservés  au  musée 
communal; 
Givry.  Retable  ; 
Flobecq.  Retable; 
s'Heeren  Elderen.  Retable; 
Cour-sur-Heure.  Chapelle  latérale  ; 
Lierre.  Jubé  de  Sainl-Gommaire  (deux  vues); 
Bréda.  Plaque  tombale  de  G.  van  Gaelen  ; 

Clonmacnoise  (Irlande).  Croix  de  cimetière  anciennes 
(trois  vues)  ; 

Loozen.  Retable. 

Herbais.  Retable. 

Oplinter.  Retable  (au  Musée  d'Antiquités); 

Estinnes-au-Mont.  Retable; 

Boendael.  Trois  retables  ; 

Hérenlhals.  Retable. 

Strengnâs.  Retable; 

Braine-le-Chàteau.  Pilori;  statue  de  Maximilien  de  Hornes; 

Lcau.  Retables  :  de  la  Vierge,  de  Sainte- Anne,  de  Saint- 
Roch;  retable  moderne;  lutrin;  rosaire;  ostensoir;  reli- 
quaire ; 

Villers-la- Ville.  Deux  retables; 

Hulshout.  Deux  retables; 

Buvrinnes.  Retable  de  Saint-Pierre;  ensemble  de  l'autel  ; 
retable  de  la  Passion  ;  statuette  de  Saint-Pierre  ; 


—  389  — 

Louvain.  Tabernacle  de  Saint-Jacques;  stalles  de  Sainle- 
Gerlrudc  (deux  vues);  tombeau  du  duc  Henri  Ier,  à  Saint- 
Pierre  ; 

Freiberg  (Saxe).  Porlail  du  Dôme; 

Coolscamp  Deux  monuments  funéraires; 

Boussu.  Retable;  monument  funéraire;  bas-relief; 

Heylissem.  Termes  d'escalier  (quatre  vues). 

Nos  collections  de  phololypies  de  monuments  anciens  se 
sont  accrues  des  vues  suivantes  : 

Tour  de  l'église  de  Saint-Léonard  en  Gampine; 

Tour  de  l'église  d'Hoogstraeten  ; 

Portail  de  l'église  et  hôtel  de  ville  d'Hoogstraeten  ; 

Hôtel  de  ville  de  Lierre  ; 

Église  Saint-Gommaire,  à  Lierre  (trois  vues); 

Église  Sainl-Amand,  à  Gheel, 
exécutées  par  AI.  C.  Àubry. 

Maison  des  Templiers  et  portail  de  l'église  Saint-Pierre, 
à  Ypres  ; 

Façade  de  l'église  Noire-Dame;  porte  d'Ostende  ;  maisons 
anciennes  Marché  aux  Poissons,  à  Bruges, 
exécutées  par  M.  G.  D'Hoy. 


Dons,  Acquisitions  et  Échanges, 

Sa  Majesté  le  Roi  nous  a  fait  don  d'un  moulage  d'une 
chapelle  de  l'église  de  Drontheim  (Norvège),  très  intéressant 
monument  du  xiu*  siècle. 


—  390  — 

Le  cooseil  de  fabrique  de  l'église  Notre-Dame-au-Lac,  à 
Tirlemont,  nous  a  ofTert  les  moulages  de  deux  fragments  d'un 
trumeau  de  portail  de  cette  église. 

Nous  avons  acquis,  à  Rome,  les  moulages  d'une  tète  de 
Silène,  d'une  statue  de  Vénus  dite  <  Esquiline  »  et  d'une 
statue  de  Pugiliste  au  repos. 

Nous  avons  obtenu  par  voie  d'échange  : 

Du  Musée  de  moulages  de  sculptures  classiques,  de  Munich , 
un  exemplaire  de  la  Némésis,  de  la  collection  de  Somzée; 

Une  tète  antique  de  l'école  de  Praxitèle; 

Une  tète  avec  partie  de  torse  d'une  statue  dénommée  —  à 
tort  —  c  Alhéna  mycénienne  » ,  qui  est  en  réalité  une  œuvre 
étrusque. 

Du  Musée  du  Louvre,  un  exemplaire  de  l'A  urige  vainqueur, 
trouvé  à  Delphes. 

Des  négociations  sont  en  cours  en  vue  d'un  important 
échange  avec  le  Musée  Royal  de  Sculpture  de  Dresde. 


Vers  la  fin  de  cette  année,  notre  Secrétaire  nous  a  présenté 
son  projet  de  création  d'un  <  Office  central  des  Échanges 
artistiques  internationaux  ». 

Nous  avons  la  conviction  que  celte  institution  est  appelée 
à  rendre  les  plus  grands  services  à  tous  les  établissements 
qui  voudront  y  adhérer;  nous  avons,  en  conséquence, 
transmis  le  projet  au  Gouvernement,  avec  l'espoir  qu'il 
tiendra  à  en  favoriser  la  réalisation. 


—  391  — 

Sur  l'invitation  de  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture,  nous 
l'avons  communiquéaussi  à  nos  correspondants  de  l'étranger, 
ouvrant  entre  eux  un  référendum  dont  notre  prochain  rap- 
port annuel  fera  connaître  les  résultats. 

Le  Secrétaire, 

Henry  Rousseau. 
Vu: 

POUR  LE   PRÉ8JDENT   : 

Le  Membre  délégué, 
Ad.  Delvigne. 


397  — 


ANOERNACH. 

* 

Eglise  Notre-Dame. 

8.  —  Portai]  méridional. 

Quatre  colonnes  supportent  une  arcature  à  tores  orne- 
mentés. Le  tympan  présente,  en  bas-relief,  deux  anges 
portant  un  médaillon  sur  lequel  est  figuré  l'Agneau 
divin. 

xih*  siècle.  —  Trachyte,  tuffeau  et  marbre. 

Hauteur  6"80.  Largeur  5m80. 

9.  —  Cuve  baptismale. 

Bassin  dodécagone;  aux  angles,  douze  colonnettes,  dont 
les  chapiteaux  sont  taillés  dans  la  pierre  supérieure  ;  celle-ci 
est  de  forme  circulaire  et  décorée  d'une  frise  sculptée. 

Première  moitié  du  xin6  siècle.  —  Trachyte. 

Hauteur  0-68.  Largeur  0m89. 

BOPPARD. 

Église  des  Carmélites. 

10.  —  Dalle  tumulaire  de  Marguerite  von  Eltz. 

De  forme  rectangulaire,  avec  hémicycle  à  la  tète.  Au 
milieu  est  sculptée  la  figure  du  Père  Éternel  avec  le  corps 
du  Christ,  d'après  la  composition  d'Albert  Durer.  L'enca- 
drement porte  des  blasons  armoriés. 

Exécutée  en  1519  par  von  Loyen  Hering,  de  Eichstedt.  — 
Marbre  jaune  clair. 

Hauteur  2m4i.  Largeur  lmli. 


—  398  — 

BRAUWEILER. 

Église  (ancienne  abbatiale). 

10  a  et  6.  —  Deux  médaillons  circulaires  avec  les  figures 
de  la  Vierge  et  de  Saint-Nicolas.  —  1514. 

CAPPENBERG. 

Église  paroissiale 

11.  —  Dalle  tumulaire  des  deux  fondateurs  Otto  et 
Goltfried  de  Gappenberg. 

Les  deux  gisants  sont  vêtus  de  même  d'une  chemise  de 
mailles  recouverte  d'une  tunique  sans  manches  et  d'un  man- 
teau ;  leur  ceinture  est  ornée  de  petits  fleurons  ;  sur  la  hanche 
gauche  est  accroché  l'écu,  recouvrant  le  glaive,  dont  on  voit 
dépasser  la  poignée.  Ils  portent  ensemble  un  édicule  en 
forme  d'église  gothique.  Leurs  pieds  s'appuient  sur  des 
lions.  Au-dessus  de  leurs  têtes  s'avancent  deux  baldaquins 
en  demi-octogones  avec  arcalures  trilobées  surmontées  de 
gables  à  crochets. 

xiv0  siècle.  —  Grès. 

Hauteur  2"41.  Largeur  lm48. 

12.  —  Tombeau  du  comte  Gottfried  de  Gappenberg. 

Le  gisant,  sous  une  arcade  à  plein  cintre,  porte  une  tunique 
plissée  avec  longue  ceinture  décorée  de  fleurons,  à  laquelle 
pendent  une  courte  dague  à  droite,  un  glaive  à  gauche.  Son 
manteau,  jeté  sur  les  épaules,  est  retenu  par  deux  grosses 
billes  en  forme  de  fleurs.  Il  tient  de  la  main  droite  une  croix 
grecque,  de  la  gauche  un  écu.  Au-dessus  de  l'épaule  gauche 
est  sculpté  le  Pélican  symbolique  sur  le  bord  de  son  nid. 


—  399  — 

Les  retombées  de  l'arcade  s'appuient  contre  de  petits  contre- 
forts à  pinacles  que  supportent  des  culs-de-lampe  à  figurés 
humaines.  Au-dessus  planent  deux  anges  portant  une  cou- 
ronne; au  bas,  un  lion  couché.  La  sculpture  est  assez  rade 
et  la  figure  un  peu  courte. 

xiv6  siècle.  —  Grès. 

Hauteur  2m22.  Largeur  l-Og. 

■ 

COESPELD. 

Église  Saint-Jacques. 

13.  —  Portail  occidental. 

Arcade  à  plein  cintre  formée  de  quatre  archivoltes  en 
boudins,  séparées  par  des  bandes  d'ornements  très  élégam- 
ment travaillés.  Comme  supports,  de  chaque  côte  quatre 
colonnes  cylindriques  avec  bases  formées  de  deux  tores 
séparés  par  une  scotie  et  chapiteaux  de  fantaisie  à  rinceaux 
délicatement  ouvragés,  avec  figures  d'animaux.  Le  cadre  de 

la  baie  est  formé  de  deux  épaisses  colonnes  qui  se  continuent 

»  .        .        * 

en  moulures  sous  l'arcade,  dessinant  une  archivolte  trilobée. 
Dans  les  écoinçons  sont  sculptés  un  dragon  et  un  lion. 

Ce  portail  est  des  plus  remarquable  comme  style,et  comme 
exécution. 

Vers  1200.  —  Grès  westphalien. 

Hauteur  5m00.  Largeur  4*40. 


M'  i    '    . 


CUES-SUR-MOSELLE. 


Église  de  C  Hôpital. 

14.  —  Dalle  tumulaire  de  Clara  Krifts  (f  1473)»,  steurdu 
cardinal  Nicolas  Cusanus.  < 


—  400  — 

Figure  gisante  en  bas-  relief  ;  au-dessus  de  la  lé  le,  deux 
anges  portent  des  armoiries. 
Fin  du  xv«  siècle.  —  Grès. 
Hauteur  2"10.  Largeur  i"05. 

ENGER. 

Eglise  capitulaire. 

15.  —  Dalle  îumulaire  de  Wiltekiod,  duc  de  Saxe  (t  807). 
Le  gisant,  d'un  relief  très  peu  accusé,  porte  une  tunique 

plissée  et  un  bonnet  avec  couronne  basse  :  il  tient  un  sceptre. 
L'original  porte  des  traces  de  peintures  et  d'incrustations. 

(Le  moulage  de  celte  dalle  figure,  sous  le  n°  1017,  dans 
la  Section  d'Art  monumental  des  Musées  du  Cinquantenaire). 

xue  siècle.  —  Pierre. 

Hauteur  2ra00.  Largeur  0"6 1 . 

FRANCFORT-SUR-MEIN. 

Cathédrale. 

16.  —  Dalle  tumulaire  du  roi  Gunthers  de  Schwarzbourg 
(fl349). 

Le  défunt,  qui  tient  son  casque  à  la  main,  pose  les  pieds 
sur  deux  lions  debout.  L'encadrement  et  l'arcade  supérieure 
sont  sculptés  et  ornés  de  figures. 

Exécuté  en  1352.  —  Pierre. 

Hauteur  3n30.  Largeur  lm68. 

FRECKENHORST. 

Eglise  paroissiale  catholique, 

il.  —  Fonts  baptismaux. 

Cuve  cylindrique  posée  sur  une  plinthe  moulurée  de  même 


( 

;   i 


R A  PPORT 

AU    COMITÉ     DE    LA     SECTION     ARTISTIQUE    DE    LA    COMMISSION 
ROYALE   DES   ÉCHANGES   INTERNATIONAUX. 


L'art  ancien  de  l'Allemagne  occidentale.  (Exposition  de  Dûsseldorf,  1902.) 


Messieurs, 

L'Exposition  historique  de  l'Art,  à  Dûsseldorf,  dont  le 
succès  a  été  si  grand  et  si  mérité,  avait  des  litres  nombreux 
à  noire  intérêt. 

Ses  organisateurs  s'étaient  proposé  de  donner  un  aperçu 
du  développement  progressif  des  arts  plastiques  dans  l'ouest 
de  l'Allemagne  et  plus  spécialement  dans  la  Prusse  Rhénane 
el  dans  la  Westphalie.  L'archileclure,  la  sculpture,  la  pein- 
ture elles  branches  qui  s'y  rattachent  :  céramique,  orfèvrerie, 
verrerie,  etc.,  y  étaient  représentées  par  d'importants  mou- 
lages, des  photographies,  des  copies,  et  par  une  quantité 
considérable  d'objets  originaux  de  grande  valeur,  car  les 
collections  privées,  aussi  bien  que  les  musées  et  les  trésors 
d  églises,  avaient  été  largement  mises  à  contribution,  et 
ceux  qui  connaissent  l'amour  ombrageux  des  collectionneurs 
pour  leurs  «  pièces  »  ne  savent  ce  qu'il  faut  le  plus  admirer, 
du  zèle  intelligent  et  persuasif  des  commissaires  qui  ont 
réussi  à  faire  confier  tant  de  merveilles  à  une  exhibition 
publique,  ou  du  goût  érudit  et  des  idées  généreuses  de  ceux 
qui,  ayant  pu  les  réunir,  n'ont  pas  hésité  à  courir  les  risques 


—  394  — 

de  s'en  séparer  pendant  plusieurs  mois  pour  les  exposer  à 
l'admiration  universelle. 

Les  peintures  décoratives,  les  tapisseries,  les  émaux,  les 
verres,  les  poteries  diverses,  sont  étudiées  spécialement  par 
certaines  sections  des  Musées  royaux  du  Cinquantenaire;  je 
m'attacherai  donc  exclusivement  aux  objets  qui  intéressent 
directement  le  Comité  artistique  des  Échanges,  soit  pour  ses 
collections  propres,  soit  dans  ses  rapports  avec  la  Section 
d'Art  monumental  des  Musées. 

*  * 

En  première  ligne  viennent  les  moulages. 

L'initiative  de  faire  et  d'exposer  ces  reproductions  fut 
prise  par  la  t  Cenlral-Gewerbe-Verein  »  de  Dûsseldorf,  qui 
y  consacra  d'abord  une  somme  de  C00  marks;  puis  le  Gou- 
vernement Royal  de  la  Prusse  accorda  un  subside  de 
50,000  marks  et  les  Landtag  provinciaux  rhénan  et  westpha- 
lien  votèrent  respectivement  20,000  et  15,000  marks  de 
subvention.  Les  organisateurs  se  trouvèrent  ainsi  à  la  tète 
d'un  capital  de  85,000  marks  —  soit  107,000  francs  —  au 
moyen  duquel  ils  firent  exécuter,  tant  par  les  ateliers  des 
Musées  royaux  que  par  la  Société  industrielle  de  Dûsseldorf 
et  par  des  mouleurs  particuliers,  les  soixante-cinq  moulages, 
pour  la  plupart  d'une  grande  importance,  dont  j'ai  cru 
devoir  donner  ici  le  catalogue  détaillé. 

AIX-LA-CHAPELLE. 

Cathédrale. 

t.  —  Clôture  de  la  Chapelle  des  âmes,  dans  le  cloître. 
Suite  de  sept  arcades  trilobées  supportées  par  des  colonnes 


—  395  — 

cylindriques  avec  chapiteaux  à  crochets  et  bases  à  deux 
tores,  posées  sur  un  mur  de  soubassement  peu  élevé.  L'arcade 
centrale,  servant  de  porte,  est  encadrée  de  deux  piliers 
cantonnés  sur  trois  côtés  de  colonnes  engagées  de  même 
modèle  que  les  premières;  celle  de  la  face  antérieure  est 
surmontée  d'une  colon  nette,  motif  répété  aux  deux  extré- 
mités de  la  clôture.  L'ensemble  est  couronné  d'une  frise  de 
21  arcalures  aveugles  trilobées.  Le  fond  et  les  fûts  des 
colonnes  sont  en  pierre  calcaire,  la  frise  et  les  arcades  en 
granit  jaunâtre. 

Fin  du  xii*  siècle. 

Hauteur  3m66.  Longueur  9ro22. 

(Ce  moulage  a  été  exécuté  et  exposé  aux  frais  exclusifs  de 
la  maison  de  construction  J.-P.  Radermacher,  d'Aix-la- 
Chapelle). 

2.  —  Sarcophage  dans  lequel  Frédéric  Barberousse  fit 
déposer,  en  1165,  les  restes  de  Charlemagne,  qui  y  demeu- 
rèrent jusqu'en  1215  ;  à  celle  date,  Frédéric  II  les  plaça  dans 
la  châsse  d'or,  où  ils  se  trouvent  encore. 

Le  pourtour  du  sarcophage  représente,  en  haut- relief, 
l'Enlèvement  de  Proserpine.  Il  est  en  marbre  blanc  et  parait 
dater  de  la  fin  du  na  siècle. 

Hauteur  0-85.  Largeur  2m23.  Profondeur  0m95. 

3.  —  Louve  assise,  de  la  fin  de  l'époque  romaine.  — 
Bronze. 

Hauteur  0m85.  Largeur  0B7o.  Profondeur  0œ95. 

4.  —  Couronnement  de  fontaine,  sur  une  base  quadran- 
gulaire  portant  les  restes  de  figures  personnifiant  les  quatre 


—  396  — 

fleuves  du  Paradis  terrestre.  D'après  l'inscription,  l'auteur 
ou  le  donateur  serait  l'abbé  Udalricus. 

x«  siècle.  —  Bronze. 

Hauteur  0m90.  Largeur  0m63. 

5.  —  Lutrin-aigle. 

Support  triangulaire  richement  décoré,  couronné  d'une 
sphère  sur  laquelle  se  tient  l'aigle  aux  ailes  éployées. 
xv*  siècle.  —  Bronze. 
Hauteur  2  mètres.  Largeur  On>80. 

6/  —  Couronnement  d'autel  dit  «  la  Table  d'or  • . 

Dix-sept  bas-reliefs  représentent  :  au  centre,  le  Christ  entre 
la  Vierge  et  Saint-Michel  ;  à  l'en  tour,  les  figurations  symbo- 
liques des  Évangélistes  et  dix  scènes  de  la  Passion.  Les 
encadrements  sont  enrichis  d'émaux  ;  appliques  ciselées  et 
pierreries. 

Date  approximativement  de  l'an  1000.  —  Or  repoussé. 

Hauteur  lm29.  Largeur  lm76. 

ALTENBERG-SUR-LAHN . 

Église  du  cbître. 

7.  —  Tombeau  de  Sainle-Gertrude,  fille  de  Sainte-Elisa- 
beth (f  1297). 

La  sainte  est  étendue  sur  le  sarcophage  au  dessous  d'un 
baldaquin  ;  près  de  la  tète,  deux  anges  dont  l'un  porte  une 
couronne  et  l'autre  un  encensoir. 

Achevé  en  1334;  restauré  en  1827.  — Grès. 

Hauteur  0m73.  Largeur  2m20.  Profondeur  4"05. 


—  405  — 

et  la  couronne.  L'Enfant  Jésus,  couvert  d'un  petit  manteau, 
tient  une  colombe. 

Vers  Fan  1300.  —  Pierre. 

Hauteur  4  "26. 

LAACH. 

Église  abbatiale. 

34.  —  Monument  funéraire  de  Henri  II,  comte  palatin. 
La  statue  du  défunt  fondateur  de  l'abbaye  repose  sur  un 

sarcophage  orné  de  motifs  décoratifs  encadrant  trois  médail- 
lons à  figures  de  moines.  L'original  est  recouvert  d'une  riche 
polychromie  moderne. 

Au-dessus  s'élève  un  élégant  baldaquin  porté  par  six 
colonnes  que  réunissent  entre  elles  des  arcs  trilobés  avec 
écoinçons  sculptés  à  jour.  Le  baldaquin  se  compose  de 
gables  ajourés;  le  couronnement,  de  nervures  libres  recour- 
bées pour  former  coupole. 

xiii*  siècle.  —  Tuf  et  pierre  calcaire. 

Sarcophage.  Hauteur  lm20.  Profondeur  3  mètres. 

Baldaquin.  Hauteur  6m40.  Largeur  3"I5. 

LIMBOURG-SUR-LÀHN. 

Cathédrale. 

35.  —  Fonts  baptismaux. 

Cuve  octogone  décorée  de  feuillage,  sur  un  socle  bas 
portant  des  tètes  d'animaux.  Les  angles  sont  soutenus  par 
huit  colonnettes  trapues  avec  chapiteaux  historiés  de  sujets 
en  haut  relief  représentant  :  le  Baptême  de  Jésus  ;  le  Christ, 
Maître  et  Juge,  et  diverses  figures  symboliques. 


—  406  — 

Milieu  du  xiii0  siècle.  —  Grès. 
Hauteur  lm05.  Largeur  lro60. 

36.  —  Monument  funéraire  du  comte  Conrad  Cuzi- 
bold  (f  948). 

Le  gisant,  couvert  de  longs  vêtements  et  tenant  entre  les 
mains  le  bâton  de  Justice,  repose  sur  une  dalle  encadrée  de 
feuillages  sculptés.  Celle-ci  est  portée  par  six  colonnetles 
dont  quatre  aux  angles  et  deux  au  milieu  des  longs  côtés; 
une  figure  de  moine  est  adossée  à  chacune  des  premières, 
un  lion  et  un  ours  aux  deux  autres. 

Milieu  du  xiii*  siècle.  —  Grès  rouge. 

Hauteur  lm25.  Largeur  1"14.  Profondeur  2n25. 

LIPPSTADT. 

Ruines  de  l'église  du  monastère. 

37.  —  Petit  monument  reclangulaire  à  colonnes. 

A  chaque  angle  se  trouvent  cinq  colonnes  groupées;  trois 
autres  colonnes  marquent  le  milieu  de  chacun  des  longs 
côtes  et  une  seule  celui  des  faces  étroites;  elles  sont  réunies 
entre  elles  par  des  arcatures  ogivales  et  supportent  une 
plateforme  à  forte  saillie. 

Seconde  moitié  du  xm°  siècle.  —  Grès  westphalien. 

Hauteur  2"77.  Largeur  1"67.  Profondeur  2m17. 

MINDEN. 

Cathédrale. 

3S.  —  Ancienne  clôture  du  chœur  (?). 

•  -.■ 

Cette  sculpture,  qui  se  trouve  aujourd'hui  au-dessus  de 


^407  — 

la  porte,  au  fond  du  porche  du  Dôme,  constitue  une  sorte 
de  longue  frise  à  personnages. isolés. 

Au  milieu  est  place  le  Christ,  bénissant  à  la  manière  latine 
et  tenant  de  la  main  gauche  un  livre  ouvert  où  se  lisent 
l'alpha  et  l'oméga;  à  sa  droite,  la  Vierge,  qui  tient  une 
branche  fleurie,  puis  Saint-Pierre,  avec  la  clef  emblématique 
et  un  livre;  à  la  gauche  du  Christ,  Saint-Paul,  tenant  aussi 
un  livre  fermé.  Tous  quatre  sont  assis  sous  des  baldaquins 
en  forme  d'arcades  ogivales  avec  deux  petits  contreforts 
portés  par  des  culs-de-lampe  de  feuillage.  Ils  sont  séparés 
entre  eux  par  une  colonnetle  avec  base  à  deux  tores,  dont 
l'un  à  griffes,  et  chapiteaux  de  feuillages  élégamment  traités. 

Du  côté  droit  du  Christ  se  trouvent  encore  quatre  person^ 
nages  et  six  du  côté  gauche,  tous  sous  des  arcades  et  entre 
des  colonneltes  semblables  aux  précédentes;  ces  figures  sont 
plus  modernes  et  de  proportions  trop  courtes. 

Les  colonnettes  sont  posées  sur  une  plinthe  décorée 
d'entrelacs  de  galons  et  supportent  une  frise  à  palmettes 
encadrées. 

Les  quatre  premières  figures  et  la  partie  ornementale  sont 
vraiment  très  intéressantes.  Malheureusement  celte  sculpture 
asubi,  dans  le  déplacement,  desmutilalionsassez  importantes. 

Si  l'acquisition  de  ce  moulage  était  décidée,  elle  pourrait 
être  bornée  aux  figures  du  Christ,  de  la  Vierge,  de  Saint- 
Pierre  et  de  Saint-Paul. 

Milieu  du  xme  siècle.  —  Pierre. 

Hauteur  4m2S.  Largeur  7  mètres. 

59-40.  —  L'Église  et  la  Synagogue;  statues  très  mutilées. 
Chacune  de  ces  figures  est  placée  dans  une  niche,  aux 


—  408  — 

côtés  d'une  petite  porte  do  Dôme  de  Minden  ;  elles  ont  beau- 
coup souffert  des  intempéries,  mais  leurs  restes  n'en  sont 
pas  moins  plein  de  caractère. 

La  statue  qui  personnifie  l'Église  est  couronnée;  de  la 
main  gauche,  cachée  sous  le  manteau  qu'elle  relève,  elle 
tient  un  calice  à  coupe  sphérique  ;  le  bras  droit  est  cassé  au 
poignet.  La  figure  de  la  Synagogue  a  les  yeux  bandés  et  la 
tète  penchée  sur  l'épaule  gauche;  elle  a  perdu  les  deux 
mains,  en  même  temps  que  son  attribut  :  la  hampe  brisée. 

Vers  l'an  1240.  —  Pierre. 

Hauteur  lm24  chacune. 

41.  —  Retable  à  volels  sculptés. 

Ce  retable  se  compose  de  deux  parties  distinctes,  qui 
diffèrent  de  style  et  d'époque  : 

1°  La  predella;  deux  rangées  superposées  de  quatorze 
petites  arcatures  trilobées  sur  colonneltes  minuscules;  sous 
chaque  arcade  est  une  figurine  assise.  Il  y  eu  a  huit  au 
milieu,  sur  une  porte  carrée  (de  tabernacle  ou  d'armoire  à 
reliques),  ce  sont  :  le  Christ  couronnant  la  Vierge;  un  saint 
à  droite,  un  à  gauche,  quatre  au  dessous.  Les  vingt  figures 
réparties  sur  les  deux  côtés  représentent  des  apôtres  et  des 
saints. 

Vers  le  milieu  du  xin*  siècle.  —  Bois. 

Hauteur  0m69.  Largeur  2m85. 

2°  Le  retable  proprement  dit  ;  il  est  de  forme  rectangu- 
laire; la  partie  centrale  est  occupée  par  un  groupe  en  haut- 
relief,  le  Couronnement  de  la  Vierge,  dans  un  encadrement 
légèrement  elliptique  décoré  en  bas-relief  de  trente-huit 
figures,  à  mi-corps,  d'anges  musiciens  et  chanteurs.  Le 


—  401  — 

forme.  Une  bande  avec  inscription  gravée  la  divise,  sur  sa 
hauteur,  en  deux  zones  inégales.  Celle  du  bas,  la  plus  petite, 
porte  en  bas-relief  une  série  de  lions  accroupis,  vus  alterna- 
tivement de  face  et  de  profil.  La  zone  supérieure  présente 
une  suite  d'arcades  surbaissées  portant  sur  des  colonnettes, 
et  sous  lesquelles  sont  sculptées  des  compositions  qui  repré- 
sentent :  l'Annonciation,  la  Nativité,  le  Baptême  du  Christ, 
la  Crucifixion,  la  Résurrection  et  la  Descente  aux  limbes, 
l'Ascension,  la  Cène.  Au-dessus  règne  une  frise  à  palmettes 
encadrées. 

xii*  siècle  (1198?).  —  Grès. 
Hauteur  lm26.  Largeur  lm14. 


GUSTORF. 

Église  paroissiale  catholique. 

18  à  21  —  Ensemble  de  quatre  bas-reliefs  portant  chacun 
un  sujet  sous  une  arcade  à  plein  cintre. 

Les  deux  plus  grands  représentent  l'Annonciation  aux 
Bergers  et  l'Adoration  des  Mages;  sur  ce  dernier  l'on  voit 
aussi  les  Femmes  au  Sépulcre;  les  deux  plus  petits  portent  : 
le  Christ  et  trois  Apôtres. 

Ce  sont  peut-être  les  restes  de  la  clôture  du  chœur  de 
l'ancienne  église  romane  démolie.  Les  originaux  sont  recou- 
verts d'une  riche  polychromie  sous  une  peinture  à  l'huile, 
celle-ci  moderne. 

Milieu  du  xu*  siècle.  —  Granit  ou  tuf. 

Hauteur  0*90.  Longueur  totale  6m30. 


—  402  — 


HOERDB. 

( 

Église  paroissiale  catholique. 

24.  —  Dalle  tumulaire  du  comte  Dielrich  von  derMarck- 
Clève,  morl  à  Elbcrfeld  eo  1398. 

■ 

Le  gisant,  en  armure,  a  les  pieds  posés  sur  un  dragon; 
près  de  la  tète,  deux  belles  figures  d'anges  portant  des 
armoiries.  L'encadrement  esl  mouluré  et  forme  un  arc  sur- 

m  t  *    *  ' 

ê      f 

baissé. 

Vers  1400. —Grès. 
Hauteur  2*20.  Largeur  1"13. 

COLOGNE. 

Cathédrale. 

23-24.  —  Couronnement  de  deux  joues  extrêmes  des 
stalles  du  chœur. 

Feuillages  d'un  beau  travail,  avec  deux  figures  de  guer- 
riers; dans  le  haut,  deux  figurines  accroupies. 

Vers  1280  (?).  —  Bois  de  chêne. 

Hauteur  0~35.  Largeur  1*14. 

Église  Sainte-Cécile. 

25.  Tympan  du  portail  septentrional. 

Au-dessus  de  la  figure,  à  mi-corps,  de  Sainte-Cécile  plane 
un  ange  descendant  du  ciel  ;  de  chaque  côté,  un  saint  à 
genoux;  leur  tète  se  détache  sur  un  nimbe  en  forme  de 
coquille.  Dans  l'original,  les  yeux  des  figures  sont  en  verre 
incrusté. 


—  405  — 

Milieu  du  xif  siècle.  —  Grès. 
Hauteur  J"43.  Largeur  2"80. 

Église  Sainl-Géréon. 

26.  —  Statue  de  la  Vierge  portant  Jésus. 
Sur  la  tète,  légèrement  inclinée,  sont  posés  le  voile  et  la 
couronne  ;  l'Enfant  lient  une  pomme. 
Cette  figure  est  remarquablement  bien  drapée. 
Milieu  du  xiv*  siècle.  —  Bois. 
Hauteur  lm89. 

27-28.  —  Deux  joues  de  stalle?. 

La  partie  supérieure  dessine  une  double  volute,  avec 
syrènes  dans  les  écoinçons.  Les  figures  de  Sainte-Hélène  et 
de  Saint-Géréon  sont  taillées  en  ronde  bosse. 

Vers  1300.  —  Bois  de  chêne. 

Hauteur  2m20.  Largeur  0œ60. 

Église  Sainte- Marie-au-CajUole. 

29.  —  Monument  funéraire  de  Sainte-Pleclrude. 

Ce. tombeau,  placé  dans  la  crypte  de  l'église,  se  compose 
d'un  sarcophage  uni  sur  socle  mouluré,  avec  frise  de  feuil- 
lage sculpté.  Dans  la  dalle  supérieure  est  taillée  en  faible 
relief  la  figure  de  la  sainte;  elle  porte  une  robe  plissée  et 
tient  à  la  main  une  banderolle  avec  inscription;  cette  figure 
est  également  encadrée  de  feuillage. 

L'ensemble  de  ce  tombeau,  d'un  travail  délicat,  constitue 
un  monument  fort  intéressant. 

xii€  siècle.  —  Pierre. 

Hauteur  Um83.  Largeur  2m37.  Profondeur  lm03. 


—  404  — 

50.  —  Statue  de  la  Vierge  portant  Jésus. 

Elle  est  couverte  d'un  voile  et  d'un  manteau  fort  joliment 
drapés.  De  la  main  droite,  la  Vierge  offre  une  pomme  à 
l'Enfant  Jésus,  qui  tient  un  objet  en  forme  de  cœur. 

Première  moitié  du  xive  siècle.  —  Bois. 

Hauteur  t"86. 

31.  —  Double  porte  romane. 

Chacun  des  deux  vantaux,  encadré  d'une  moulure  en 
demi-boudin  avec  ornements  sculptés,  est  divisé  sur  sa  hau- 
teur en  huit  rangées  superposées  de  panneaux  avec  sujets 
en  haut-relief;  aux  premier,  quatrième  et  septième  rangs 
en  partant  du  haut  se  trouve  un  seul  panneau  rectangulaire 
en  largeur;  chacun  des  autres  rangs  est  occupé  par  deux 
panneaux  étroits  en  forme  de  rectangles  en  hauteur.  Les 
vingt-six  compositions  ont  trait  à  la  vie  du  Christ,  depuis 
l'Annonciation  jusqu'à  la  Séparation  des  Apôtres;  elles  sont 
entourées  d'une  bordure  plate  à  ornements  gravés,  parsemée 
de  vingt-sept  ornements  très  saillants,  en  forme  de  citrons, 
placés  aux  angles  des  panneaux. 

Exécutée  à  Cologne  au  xie  siècle.  —  Bois  de  chêne  portant 
des  traces  de  polychromie. 

Hauteur  4m74.  Largeur  2m24. 

Église  Sainte- Ursule. 

32.  —  Le  Portement  de  la  Croix  ;  bas-relief. 
Travail  flamand,  vers  1800.  —  Grès. 
Hauteur  i"25.  Largeur  lra27. 

33.  —  Statue  de  la  Vierge  avec  Jésus. 

Elle  porte  une  robe  drapée  à  petits  plis  réguliers,  le  voile 


—  409  — 

Christ  et  la  Vierge,  assis  sur  une  longue  chéière  avec 
accotoirs  en  forme  de  contreforts  à  pinacles,  portent  de 
hautes  couronnes  à  grands  fleurons.  Au-dessus  de  ce 
médaillon  s'avance  un  dais  formé  d'une  partie  horizontale  et 
de  deux  rampants  avec  arcades  en  accolades  à  redents.  De 
chaque  côté  du  motif  central  sont  placées  deux  statuettes 
d'apôtres  debout,  en  haut-relief,  et  quatre  autres  dans  chaque 
volet.  Chacune  de  ces  figures  est  abritée  par  un  baldaquin 
de  style  ogival.  Elles  sont  posées  sur  un  soubassement 
commun  dans  lequel  sont  découpés  à  jour  quatorze  médail- 
Ions  circulaires  encadrant  chacun  la  figurine  à  mi-corps 
d'un  homme  tenant  un  phylactère. 

L'original  est  bien  conservé  ;  il  présente  de  nombreuses 
traces  de  la  polychromie  ancienne. 

Commencement  du  xv€  siècle.  —  Bois  de  chêne. 

Hauteur  1*31.  Largeur  #mS8  (ouvert). 

MUNSTER. 

Cathédrale. 

42.  —  Portail  méridional,  appelé  «  le  Paradis  ». 

Celte  pièce  est  la  plus  importante  de  la  série  des  moulages. 

Le  porche  est  couvert  d'une  triple  voûte  d'arêtes  dont  les 
nervures  ogivales  retombent,  en  avant,  sur  deux  grosses 
colonnes  cylindriques  à  chapiteaux  décorés  de  rinceaux  à 
jour  avec  figures  d'animaux  ;  en  arrière,  ces  nervures  sont 
supportées  par  deux  groupes  de  trois  colonneltes  accolées 
au  mur  du  fond.  Celui-ci  présente,  au  centre,  une  arcade 
en  ogive  surmontant  une  double  porte  rectangulaire  ;  au 
trumeau  central  est  appliquée  une  colonnette  qui  sert  de 
piédestal  à  une  grande  statue  de  Saint-Paul  tenant  un  livre 


—  410  — 

cl  un  glaive  ;  celle  figure,  très  élégante  et  dont  les  draperies 
imitent  les  plis  archaïques,  est  de  la  première  moitié  du 
XVIe  siècle.  Au-dessus,  sous  la  pointe  de  l'ogive,  une  figure 
assise  du  Christ  bénissant,  avec  grand  nimbe  crucifère; 
celle-ci  est  d'époque  romane. 

Sur  les  linteaux  sont  appliquées  deux  frises  romanes,  un 
peu  postérieures  à  la  statue,  représentant  chacune  deux 
sujets  :  à  gauche,  l'Adoration  des  Mages  et  la  Circoncision; 
à  droite,  un  groupe  de  cavaliers  dont  l'un  est  désarçonné, 
puis  ce  même  cavalier  transporté  dans  une  maison  (la 
Conversion  de  Saint-Paul?). 

De  chaque  côté  de  l'entrée,  toujours  au  fond,  se  dessine 
une  fausse  arcade  ogivale  sous  laquelle  sont  rangées  quatre 
figures  debout  ;  trois  autres  figures  leur  font  suite  sur  chacun 
des  murs  latéraux;  ce  sont  :  à  gauche,  un  chevalier,  Sainte- 
Marie-Madeleine  et  la  fondatrice  de  l'église  ;  à  droile,  Saint- 
Laurent  avec  le  fondateur  et  un  évêque  ;  ces  figures  sont  du 
xme  siècle;  sous  leurs  pieds  court  une  bande  de  rinceaux 
historiés. 

Au-dessus  de  chacune  des  grosses  colonnes  de  Pavant-corps 
est  posée,  sur  une  console,  une  figure  moderne  d'apôtre. 

Ce  monument,  dont  l'ensemble  date  de  la  première  moitié 
du  xme  siècle,  a  été  complété  et  restauré  deux  siècles  plus  tard. 

Hauteur  7ra25.  Largeur  15m20.  Profondeur  6m30. 

MÙNSTERMAIFELD. 

Église  paroissiale  catholique. 

43.  —  Slatue  de  la  Vierge. 

Elle  lient  un  bouquet  de  fleurs  et  porte  sur  le  bras  Jésus, 
qui  a  dans  la  main  le  fragment  d'un  oiseau. 


—  411  — 

Première  moitié  du  xivf  siècle.  —  Tuffeau. 
Hauteur  im75. 

44.  —  Statue  de  la  Vierge. 

Couverte  d'un  voile,  elle  porte  l'Enfant  Jésus,  qui  tient  une 
grappe  de  raisin  et  un  oiseau,  en  partie  brisé.  Le  sceptre 
placé  dans  la  main  droite  de  la  Vierge  est  une  restauration. 

La  draperie  est  largement  traitée. 

Commencement  du  xiv*  siècle.  —  Grès. 

Hauteur  4m8S. 

OBERMARSBERG. 

Église  Saint-Nicolas. 

45.  —  Portail  méridional. 

L'arcade  ogivale,  en  tiers-point,  est  composé  de  six  archi- 
voltes qui  prennent  naissance  sur  une  étroite  moulure  tenant 
lieu  d'imposte,  et  se  continuent  verticalement  au  dessous 
sous  forme  de  colonnettes,  posées  sur  un  soubassement 
mouluré. 

L'archivolte  extérieure,  en  quart  de  rond,  est  décorée  de 
palmettes  encadrées;  la  seconde,  en  boudin,  est  ornée  de 
billeltes;  la  troisième  est  une  arête  à  angle  droit;  la  quatrième 
et  la  sixième  sont  des  tores  unis;  la  cinquième  est  couverte 
de  rinceaux  ;  les  colonnettes  qui  prolongent  celle-ci  et  la 
première  sont  seules  séparées  du  soubassement  par  une  base. 

Les  deuxième,  quatrième  et  sixième  colonnettes  ont  des 
chapiteaux  avec  animaux  et  feuillages,  auxquels  la  moulure 
imposte  sert  de  tailloir.  La  sixième  archivolte  se  divise  en 
deux  branches  au-dessus  du  chapiteau  et  tandis  que  l'une 
d'elles  suit  le  contours  ogival,  l'autre  se  recourbe  en  arc 


—  412  — 

trilobé  ;  le  lobe  du  milieu  est  développé  au  point  d'entourer 
presque  entièrement,  comme  un  cadre  circulaire,  une  sta- 
tuette assise  de  Saint-Nicolas  qui  décore  le  tympan.  Le 
linteau  de  la  porte  dessine  un  arc  trilobé  surbaissé,  avec 
fleuron  aux  deux  angles. 

Seconde  moitié  du  xiue  siècle.  —  Grès  weslpbalien. 

Hauteur  6m50.  Largeur  S^SO. 

OBERWESEL. 

Église  Notre-Dame. 

46.  —  Tombeau  du  doyen  Johannes  Lutern  (f  1515). 

Le  défunt,  qui  tient  un  calice,  est  au  dessous  d'un  balda- 
quin de  la  dernière  époque  gothique;  de  chaque  côté,  dans 
une  gorge,  est  placée  une  figure  sur  une  console  de  style 
renaissance.  Inscription  encadrée  d'ornements  dans  le  bas. 

Premier  quart  du  xvi*  siècle.  —  Grès. 
Hauteur  2*56.  Largeur  lm10 

47.  —  Tombeau  du  Chevalier  Johann  von  Schônburget 
de  sa  femme. 

Le  chevalier  est  couvert  de  son  armure  ;  la  dame  porte  de 
riches  vêtements,  bien  drapés. 

Tous  deux  sont  placés  sous  une  arcade  portée  par  deux 
pilastres  renaissance.  Inscription  et  armoiries  dans  le  bas. 

Premier  quart  du  xvie  siècle.  —  Grès  clair. 

Hauteur  2m36.  Largeur  1mH. 

48.  —  Tombeau  d'un  saint. 

Sur  un  large  socle  décoré  de  sculptures  et  sous  un  balda- 
quin ogival  se  trouvent  les  figures,  en  bois  polychrome,  de 


—  413  — 


quatre  femmes  et  d'un  ange,  entourant  le  corps  du  Christ. 

Commencement  du  xiv*  siècle.  Le  socle  et  le  baldaquin  du 
xvf  siècle.  —  Grès. 

Hauteur  2"12.  Largeur  1-00.  Profondeur  0m56. 


SOEST. 

Église  Saint-Palrocle. 

49.  —  Tympan  du  portail  septentrional. 

En  forme  de  demi-cercle;  au  milieu,  la  figure  du  Christ 
bénissant,  la  main  gauche  posée  sur  un  livre;  la  (ète  se 
détache  sur  un  nimbe  crucifère;  autour  de  lui,  les  symboles 
des  Évangélisles  :  le  lion  et  l'ange  à  sa  droite,  l'aigle  et  le 
taureau  du  côté  opposé.  Les  trois  premiers  ont  la  tète  nimbée. 

Une  bordure  de  palmettes  encadrées  à  la  partie  inférieure. 

Fin  du  xne  siècle.  —  Pierre  calcaire. 

Hauteur  lm12.  Largeur  2*25. 

Eglise  Sainte-Marie-sur-la-Colline. 

50.  —  Tympan. 

Il  est  de  même  forme  que  le  précédent  et  porte  au  centre, 
dans  un  médaillon  quadrilobé,  le  Christ  en  croix,  Saint-Jean, 
la  Vierge  et  deux  anges;  dans  le  haut,  le  soleil  et  la  lune. 
Dans  les  angles  du  bas  sont  représentés  en  bas-relief  :  à 
gauche  la  Nativité  ;  à  droite  les  soldats  païens  endormis  et 
les  saintes  Femmes,  conduites  par  un  ange,  auprès  du 
Saint  Sépulcre. 

Le  cadre  du  médaillon  quadrilobé  et  la  bordure  inférieure 
portent  des  inscriptions. 


—  4U  — 

xin0  siècle.  —  Pierre. 
Hauteur  4"10.  Largeur  î"20. 

Église  Saint-Pierre. 

51 .  —  Tympan  du  portail  méridional. 

Le  sujet  est  ici  le  martyre  de  Saint-Jean  l'Évangélisle  ;  on 
le  voit  plongé  dans  une  chaudière  d'huile  bouillante,  par 
ordre  de  Domilien,  qui  assiste  au  supplice.  Deux  soldats 
romains  sont  auprès  de  lui;  un  ange  assiste  le  Saint. 

Cette  sculpture,  qui  date  de  la  fin  du  xue  siècle,  est  d'une 
exécution  peu  caressée. 

Hauteur  0m73.  Largeur  \mkl. 

52.  —  Tympan  du  portail  septentrional. 

Ogive  obtuse  à  gros  tore  d  écailles  imbriquées.  Le  fond 
présente  un  joli  cadre  de  feuillage  et  une  rangée  d'arcatures 
à  plein  cintre. 

L'original  porte  des  traces  de  polychromie  ancienne  et  de 
restaurations. 

xn^  siècle.  —  Pierre. 

Hauteur  lm50.  Largeur  2m60. 

TRÊVES. 

Cathédrale. 

53.  Portail  méridional. 

Arcade  à  plein  cintre,  avec  supports  octogones  et  moulures 
décorées.  Dans  le  tympan,  la  figure  assise  du  Christ  bénis- 
sant, entre  la  Vierge  et  Saint-Pierre,  ceux-ci  debout. 

xii-  siècle.  —  Granit. 

Hauteur  6m55.  Largeur  4m70. 


—  415  -^ 

54.  —  Clôture  du  chœur. 

Sous  des  arcatures  aveugles  à  colonnelles  engagées  sont 
(aillées  huit  niches  dont  chacune  contient  la  figure,  en  haut 
relief,  d'un  apôtre  debout.  L'un  d'eux  porte  un  livre;  les 
autres,  des  manuscrits  roulés.  Les  écoinçons  sont  remplis  de 
feuillage. 

L'ornementation  des  archivoltes,  celle  des  fûts  et  des 
chapiteaux  des  colonnettes  est  la  même  pour  les  huit  com- 
partiments. 

Fin  du  xii1  siècle.  —  Pierre  calcaire. 

Hauteur  lm30.  Largeur  4m60. 

55.  —  Tombeau  du  Prince-Électeur  Richard  von  Greif- 
fenklau. 

Sur  un  soubassement  portant  une  inscription  s'élève  une 
grande  niche  entre  deux  pilastres  d'une  décoration  fort 
riche.  Dans  la  niche  sont  les  statues  du  Christ  en  croix,  de 
la  Madeleine,  de  Sainte-Hélène,  de  Saint-Pierre  et  du  défunt, 
ce  dernier  agenouillé,  en  vêtements  de  cérémonie.  Les 
pilastres  se  répètent  en  petit  dans  la  zone  supérieure,  où  ils 
encadrent  quatre  écussons  armoriés  ;  les  armes  et  les  insignes 
du  Prince-Électeur  couronnent  le  tout. 

Ce  monument  date  du  premier  quart  du  xvi*  siècle.  Le 
soubassement  est  en  grès  gris  de  Lorich,  près  Trêves  ;  le 
reste  en  tuffeau  gris  de  Weibern. 

Hauteur  6m87.  Largeur  lm96.  Profondeur  0m58. 

56.  —  Tombeau  du  Prince-Électeur  Johann  von  Melzen- 
hausen. 

Ce  monument  se  compose  de  trois  niches  à  plein  cintre 
avec   couronnement,  sur  une  haute  predella   qui   porte 


—  416  — 

1'înscriplion  ;  les  deux  niches  latérales  n'ont  guère  que  le 
tiers  de  la  largeur  de  celle  du  milieu. 

Quatre  pilastres  font  saillie  sur  le  soubassement;  ils  sont 
couverts  d'ornements  et  portent  à  mi-hauteur,  dans  un 
médaillon  circulaire,  une  tête  vue  de  profil  ;  des  écussons 
armoriés  portés  par  de  petits  génies  remplacent  les  chapi- 
teaux. 

Ces  motifs  servent  de  piédestaux  aux  quatre  grands 
pilastres  qui  encadrent  les  niches  ;  ceux-ci  sont  aussi  enrichis 
d'ornements  et  de  médaillons  avec  profils.  Chacun  des  deux 
pilastres  des  extrémités  supporte  un  piédestal  avec  une 
statuette  :  à  gauche,  Sainl-Géréon  appuyé  sur  un  écu  alle- 
mand ;  à  droite,  Saint-Georges  transperçant  le  dragon  de  sa 
lance.  Sur  la  face  de  chaque  piédestal,  an  écusson  pareil  à 
ceux  du  soubassement. 

Les  deux  pilastres  de  la  niche  centrale  reprennent  au-des- 
sus de  leur  chapiteau  et  soutiennent  une  sorte  d'attique  à 
corniche  moulurée  tressaillante;  au  milieu  de  cetallique, 
une  figure  à  mi-corps  de  vieillard  déployant  deux  banderolles; 
aux  extrémités,  qui  font  avant-corps  au-dessus  des  pilastres, 
deux  écussons  analogues  à  ceux  mentionnés  plus  haut.  Sur 
ces  avant-corps,  une  statuette  de  la  Vierge  à  gauche,  de 
Saint-Jean  à  droite.  Entre  les  deux,  un  fronton  cintré  avec 
les  armoiries  du  défunt  dans  le  tympan  et  comme  couron- 
nement la  statuette  du  Christ  nu,  couronné  d'épines,  debout 
sur  un  globe;  les  piédestaux  des  deux  premières  statuettes 
se  relient  au  motif  central  par  deux  dauphins  que  chevauchent 
des  génies. 

Dans  les  niches  sont  placées  :  au  milieu  la  grande  statue 
en  pied  du  Prince  de  Metzenhausen,  en  grand  costume 


—  417  — 

d'évéque,  les  mains  jointes,  la  crosse  avec  sudarium  passée 
dans  le  bras  gauche;  à  sa  droite,  Saint-Pierre  avec  sa  clef, 
à  sa  gauche,  Saint-Paul  avec  le  glaive;  ces  deux  dernières 
figures  sur  des  piédestaux  on  forme  de  colonneltes  cannelées. 

Ce  monument  est  1res  élégant  et  fort  bien  conservé. 

Vers  1541 .  —  Grès  jaune- verdàtre  de  Wasserliesch,  près 
Trêves. 

Hauteur  6m70.  Largeur  3m57.  Profondeur  0*73. 

Église  Notre-Dame. 

57.  —  Portail  principal. 

Grande  arcade  à  six  archivoltes,  à  plein  cintre,  percée 
d'une  porte  rectangulaire.  Dans  le  tympan,  de  nombreuses 
figures  d'une  sculpture  un  peu  maigre,  représentent  :  au 
milieu  la  Vierge  assise,  tenant  sur  les  genoux  Jésus  et 
foulant  aux  pieds  le  basilic;  à  sa  droite,  les  Mages  agenouillés, 
puis  les  bergers;  à  sa  gauche,  la  Présentation  de  Jésus  au 
temple  et  le  Massacre  des  Innocents. 

Cinq  des  archivoltes  sont  décorées  de  statuettes  :  celle  qui 
encadre  le  tympan  porte  huit  anges  debout,  qui  tiennent 
alternativement  un  encensoir  et  une  couronne;  la  suivante, 
huit  évoques,  debout  aussi  ;  la  troisième,  huit  cardinaux  assis; 
la  quatrième,  huit  rois  musiciens  et,  à  la  clef  d'arc,  un  ange 
tenant  un  phylactère;  la  cinquième  présente  les  cinq  Vierges 
sages  à  droite,  les  cinq  Vierges  folles  à  gauche  ;  enfin  l'archi- 
volte extérieure  forme  une  gorge  décorée  de  grandes  feuilles 
d'acanthe  à  crochets. 

Les  ébrasements  du  portail  présentent  chacun  quatre 
niches  avec  dais  trilobés  surmontés  de  gables.  A  gauche,  les 
deux  niches  du  fond  sont  vides  ;  la  troisième  contient  une 


—  418  — 

figure  en  pied  personnifiant  l'Église  :  une  femme  couronnée 
tenant  une  croix  et  un  calice  (ces  attributs  sont  modernes). 
Dans  la  niche  correspondante  du  côté  droit,  est  figurée  la 
Synagogue  :  la  couronne  tombe  de  sa  tète,  sa  main  droite 
laisse  échapper  les  tables  de  la  Loi,  l'autre  tient  le  reste  de 
la  hampe  brisée  traditionnelle.  A  sa  droite  est  une  statue  de 
Saint-Jean  TÉvangélisle,  qui  porte  un  calice  ;  la  niche  prés 
de  la  porte  est  vide. 

La  dernière  niche  vers  l'extérieur  de  chaque  côté  est  vide 
aussi  et  présente  un  fond  de  grandes  feuilles  à  crochets  d'une 
belle  exécution. 

Dans  les  soubassements  sont  taillées,  à  droite  et  à  gauche, 
quatre  arcades  trilobées  avec  fleurons  dans  les  écoinçons, 
portant  sur  des  colonnettes  avec  chapiteaux  de  feuillages  à 
crochets  et  bases  à  deux  tores. 

De  chaque  côté  fait  saillie  sur  le  nu  du  mur  un  fort  pilastre 
cantonné  de  trois  colonnes  avec  chapiteaux  à  deux  rangs  de 
larges  feuilles  de  vigne.  La  colonne  de  face,  d'un  diamètre 
au  moins  double  des  autres,  quoique  de  même  hauteur,  est 
surmontée  d'un  socle  qui  porte,  du  côté  gauche,  la  statue  de 
Noë  :  vieillard  à  longue  barbe  appuyé  sur  un  bâton  ;  devant 
lui  est  le  bûcher  rappelant  son  sacrifice  d'actions  de  grâce; 
sur  la  colonne  de  droite,  Abraham  s'apprèlant  à  sacrifier 
Isaac  ;  l'ange  qui  arrête  son  bras  apparaît  dans  l'angle  supé- 
rieur du  mur  de  fond,  au-dessus  de  l'arcade.  Ces  deux 
grandes  figures  sont  abritées  sous  des  dais  à  trois  arcs  trilo- 
bés, surmontés  de  gables  et  d'édicules  en  forme  de  tourelles 
cylindriques  percées  de  meurtrières  et  couvertes  de  toits 
coniques.  Un  gros  pilastre  auquel  ces  motifs  sont  adossés 
porte  encore,  à  droite  et  à  gauche,  deux  statues  de  prophètes. 


—  «9  — 

L'ensemble  est  imposant  d'aspect;  la  décoration  architec- 
turale est  d'une  exécution  particulièrement  remarquable. 
Milieu  du  xni8  siècle.  —  Grès  de  Jaumont. 
Hauteur  8m0O.  Largeur  8ro55. 

K8.  —Portail  latéral. 

Haute  arcade  à  plein  cintre,  à  six  archivoltes  ;  les  quatre 
plus  grandes  sont  décorées  de  feuillages  variés,  d'une 
inexprimable  délicatesse  d'exécution.  Les  deux  autres  sont 
ornées  chacune  de  huit  figurines  d'anges  portant  des  flam- 
beaux, des  couronnes,  des  encensoirs  et  d'autres  attributs. 

Cinq  figures  presque  en  ronde  bosse  remplissent  le  tympan  : 
au  milieu,  la  Vierge,  entre  le  Christ  à  sa  droite  et  Saint-Michel 
à  sa  gauche,  qui  lui  posent  ensemble  une  couronne  sur  la 
télé;  de  chaque  côté,  un  ange  debout. 

Sur  le  nu  des  ébrasemenls  ressortcnl  six  colonnetles  cylin- 
driques, avec  anneaux  ornementés  à  mi-hauteur,  et  chapi- 
teaux de  feuillages  ajourés;  la  colonne  attenant  au  piédroit 
est  séparée  de  la  suivante  par  une  bande  de  feuillage  grimpant. 

La  décoration  de  ce  portail  est  réellement  merveilleuse  ; 
il  n'existe  guère  d'exemples  d'ouvrages  de  pierres  travaillées 
avec  une  aussi  prodigieuse  habileté;  l'archivolte  extérieure, 
notamment,  est  comparable  à  une  œuvre  d'orfèvrerie. 

Milieu  du  xiu*  siècle. 

Hauteur  6B20.  Largeur  5m48. 

WESTERNKAPPELN. 

Église  paroissiale  catholique. 

59.  —  Portail  méridional. 

Arcade  ogivale  obtuse  à  quatre  archivoltes  en  boudins. 
Celle  du  fond  est  décorée  d'un  feuillage  largement  traité  ;  la 


—  420  — 

suivante,  de  billeltes;  la  troisième  est  un  tore  uni,  assez 
étroit,  séparé  par  une  gorge  peu  profonde  d'une  plate-bande 
unie  aussi  ;  un  gros  tore  anneié  sans  ornemeols  forme  l'archi- 
volte extérieure.  De  grandes  pierres  d'une  seule  pièce  forment 
à  la  fois  le  tympan  et  le  linteau  ;  ce  dernier  dessine  une  ligne 
brisée,  la  partie  horizontale  du  milieu  étant  reliée  par  deux 
obliques  aux  piédroits. 

Au  milieu  du  tympan  est  taillée  en  haut-relief  une  figure 
assise  du  Sauveur  bénissant;  dans  chaque  angle,  un  homme 
en  prières. 

Les  piédroits  se  composent  de  moulures  en  boudins.  Dans 
les  ébrasements  sont  creusées  deux  niches  à  plein  cintre  dont 
chacune  abrite  une  statue  posée  sur  une  colon nel te  formant 
piédestal.  De  chaque  côté  devaient  se  trouver  deux  colon- 
nettes  cylindriques,  dont  il  ne  subsiste  que  les  chapiteaux  à 
feuillages  et  quelques  fragments  de  bases. 

Toute  cette  partie  a  beaucoup  souffert  :  les  moulures  da  sou- 
bassement sont  tout  à  fait  dégradées,  les  crochets  des  chapiteaux 
sont  abattus  ;  les  mains  et  les  tètes  des  statues  ont  disparu, 
leurs  corps  sont  presque  informes;  néanmoins  l'ensemble  de 
ce  petit  portail  se  fait  remarquer  par  la  largeur  de  l'exécution 
etson  absolue  simplicité  lui  donne  un  réel  aspect  de  grandeur. 

Seconde  moitié  du  xui*  siècle.  —  Grès  westphalien  gris- 
verdàtre. 

Hauteur  5"00.  Largeur  4m50. 

WETZLAR. 

Cathédrale. 

59a.  —  Pelite  maquette  à  l'échelle  de  l  h  80. 

La  cathédrale  est  figurée  dans  son  élat  primitif,  avec  les 


—  421  — 

restes  de  la  lour  romane  y  accolée,  la  tour  gothique  du 

sud-ouest,  le  chœur  du  xme  siècle,  la  grande  nef  et  le 
transept  du  xiv*. 

C'est  un  petit  modèle  très  intéressant;  il  est  à  espérer  que 

nous  serons  bientôt  en  mesure  d'exposer  des  reproductions 

similaires  de  nos  belles  cathédrales. 

XANTEN. 

Cathédrale. 

60.  —  Groupe  de  la  Visitation  (contre  un  pilastre  du 
chœur). 

Les  figures,  de  grandeur  naturelle,  sont  habillées  de  dra- 
peries aux  petits  plis  archaïques.  Sur  le  socle  sont  sculptés 
une  figure  de  Juif  avec  un  porc,  un  dragon  et  un  lion. 

Vers  l'an  1300.  —Grès. 

Hauteur  2n,20  (avec  le  socle).  Largeur  0ra85. 

61  à  64.  —  Quatre  joues  de  stalles. 

La  partie  inférieure  est  décorée  d'arcalures  trilobées 
aveugles  ;  le  dessus  est  formé  de  forts  branchages  sculptés  à 
jour,  largement  traités,  avec  de  petits  animaux  :  un  chien, 
un  aigle,  un  singe  et  un  dragon. 

Seconde  moitié  du  xiu°  siècle.  —  Bois  de  chêne. 

Hauteur  2*20.  Largeur  chacun  0m90. 


Voilà,  Messieurs,  pour  ce  qui  concerne  les  moulages;  avant 
d'aborder  les  objets  originaux,  je  tiens  à  vous  dire  un  mot 
des  photographies. 

Le  conseiller  intime  Meydenbauer  avait  exécuté,  au  moyen 


i 
L 


—  422  — 

d'un  procédé  de  son  invention,  soixante-quinze  photogra- 
phies ne  mesurant  pas  moins  de  un  mètre  sur  un  mètre 
quatre-vingt-dix  chacune,  d'après  les  monuments  les  plus 
remarquables  de  la  province  rhénane  (40  vues),  de  la  West- 
phalie  (26  vues)  et  du  district  de  Wiesbaden  (9  vues). 

Ces  planches  énormes  sont  d'un  haut  intérêt  et  peuvent 
certainement  rendre  les  plus  grands  services  pour  l'élude 
des  monuments  qu'elles  représentent;  je  n'en  ai  pas  moins 
pensé  avec  quelque  fierté  au  succès  qu'obtiendrait  dans  une 
exposition  analogue  notre  superbe  collection  de  photolypies, 
due  à  l'iniative  de  M.  Gloquel  ;  il  s'en  faut  encore  de  quatre- 
vingt  quatre  vues  qu'elle  atteigne  le  chiffre  de  deux  cents 
auquel  votre  Comité  s'est  arrêté  provisoirement  ;  je  pense 
qu'il  n'est  guère  de  musées,  —  s'il  en  est,  —  qui  puissent 
nous  opposer  une  galerie  plus  belle  et  plus  intéressante. 

Je  cite  pour  mémoire  quelques  agrandissements,  très 
utiles  aussi,  de  photographies  d'objets  d'art  inscrits  à 
l'inventaire  monumental  de  la  Westphalie.  Ces  belles  repro- 
ductions sont  dues  à  M.  le  conseiller  Ludorff,  conservateur 
provincial.  

Je  ne  puis  me  dispenser,  Messieurs,  de  vous  parler  à 
présent  des  objets  d'art  originaux  ;  il  va  sans  dire  que  je  ne 
tenterai  même  pas  l'énuméralion  des  3,200  pièces  exposées; 
mais  il  en  est  qui  se  rattachent  si  intimement  à  la  nature  de 
nos  collections  qu'ils  ne  peuvent  être  ici  passés  sous  silence. 

Il  est  tout  d'abord  une  catégorie  de  ces  objets  qui  relève 
directement  de  l'art  monumental  :  ce  sont  les  châsses;  il  y  en 
a,  —  tel  notre  merveilleux  reliquaire  de  Sainte-Gertrude,  — 
qui  sont  de  véritables  cathédrales  en  miniature. 


—  423  — 

De  l'admirable  collection  de  châsses  exposées  à  Dûssel- 
dorf,  celles  qui  offrent  le  plus  de  caractères  architectoniques 
appartiennent  l'une  à  la  cathédrale,  l'autre  à  1  église  Saint- 
Jean,  à  Osnabriick. 

La  première  (n°  582)  renferme  les  reliques  de  Sainte^ 
Cordula.  Elle  figure  une  nef  rectangulaire  dont  chaque 
façade  est  percée  de  cinq  baies  ogivales  à  deux  rangs  super- 
posés de  quatre  lumières  chacun  ;  les  réseaux  dessinent  trois 
œils  quadrilobés;  une  statuette  debout  est  placée  devant  les 
première,  troisième  et  cinquième  ogives;  ces  baies  sont 
séparées  entre  elles  par  un  contrefort  à  trois  glacis;  des 
contreforts  de  même  modèle,  placés  dans  Fsrxe  des  diago- 
nales, renforcent  les  angles  de  l'édifice. 

Chacun  des  pignons  est  occupé  par  une  haute  fenêtre 
ogivale  à  claire- voie  divisée  dans  sa  hauteur,  par  une 
galerie  de  cinq  quatrefeuilles,  en  deux  étages  à  six  lumières 
chacun.  Les  meneaux  du  bas  dessinent  des  arcs  surbaissés; 
ceux  de  l'étage  supérieur  forment  deux  ogives  à  roses 
quadrilobées;  une  grande  rose  à  six  lobes  à  redents  entou- 
rant un  œil  à  trois  flammes  occupe  le  tympan  de  la  grande 
ogive. 

La  toiture  est  à  deux  versants,  portant  chacun  cinq 
fenêtres  cintrées  aveugles  à  trois  divisions  et  œil  quadrilobé; 
les  rampants  des  pignons  sont  unis;  ils  portent  à  l'extrémité 
inférieure  une  grande  feuille  arrondie  et  comme  amortisse- 
ment une  minuscule  colon  nette  annelée. 

L'ensemble  est  rehaussé  de  fleurettes  de  métal,  de  pierre- 
ries et  de  nombreux  cabochons  de  formes  variées. 

xv*  siècle.  —  Argent. 

Hauteur  0m42.  Largeur  0m62.  Profondeur  0m30. 


—  424  — 

La  châsse  de  l'église  Saint-Jean  (n°  586)  est  du  même 
genre,  maïs  plus  simple.  Chaque  face  présente  trois  fenêtres 
ogivales  à  trois  lumières  et  trois  œils  quadrilobés;  la  grande 
fenêtre  de  chaque  pignon  est  à  quatre  lumières  et  l'œil  a  cinq 
lobes  à  redents.  Des  contreforts  sont  disposés  comme  dans 
la  châsse  précédente,  mais  ils  n'ont  que  deux  glacis  ;  celui  du 
bas  porte  une  sorte  de  pinacle  en  forme  de  tourelle  adossée  à 
la  partie  supérieure  du  contrefort  ;  dont  le  couronnement 
dessine  un  petit  toit  en  saillie. 

L'édicule  repose  sur  un  soubassement  mouluré  dont  le 
contour  suit  les  ressauts  des  contreforts.  La  toiture,  à  deux 
versants,  simule  des  ardoises  arrondies,  en  imbrication.  Une 
côte  saillante,  —  sorte  de  fort  tasseau  mouluré,  —  corres- 
pond à  Taxe  de  chaque  contrefort  des  façades  et  porte  à 
l'amortissement  un  bouquet  de  feuilles.  Les  rampants  des 
pignons  sont  moulurés  et  portent  un  amortissement  iden- 
tique. 

Une  figurine  de  femme  en  prières  est  agenouillée  à  l'un  des 
pignons.  De  multiples  fleurettes  et  des  cabochons  enri- 
chissent le  monument. 

xive  siècle.  —  Argent. 

Hauteur  0m54.  Largeur  0m55.  Profondeur  0n33. 

Le  musée  royal  ancien  de  Berlin  exposait  aussi  une  châsse 
de  forme  monumentale;  celle  de  Sainl-Palrocle  (nr  315). 

Chaque  face  présente  sept  arcades  ogivales  aveugles 
trilobées  à  l'intérieur;  celle  du  milieu,  plus  grande,  est 
dessinée  dans  une  sorte  de  portail  en  avant-corps  avec  gables 
à  crochets  de  feuillage,  flanqué  de  contreforts  avec  pinacles 
en  forme  de  tourelles  à  quatre  étages  ;  ce  portail  reproduit 
le  motif  des  pignons. 


—  428  — 

Le  soubassement  fait  saillie  sous  ehaque  arcade,  formant 
an  piédestal  qui  porte  une  statuette;  les  quatre  statuettes 
principales  ont  en  outre  un  socle  décoré  de  quatrefeuilles 
à  jour;  elles  représentent  :  à  l'un  des  pignons  la  Vierge,  à 
l'autre  le  Christ,  tous  deux  assis  sur  un  trône;  à  Tune  des 
faces  Saint-Palrocle,  à  l'autre  Saint-Bruno;  dans  les  petites 
arcades  sont  les  figurines  des  douze  apôtres. 

La  toiture,  à  deux  versants,  est  faite  de  petites  plaques 
arrondies  ;  une  légère  balustrade  de  quatrefeuilles  à  jour, 
court  sur  les  chéneaux;  le  crétage,  semé  de  feuilles,  porte 
cinq 'fleurons  en  bouquets  de  feuillage,  dont  deux  aux  amor- 
tissements des  rampants  des  pignons.  Dans  les  gables  qui 
surmontent  les  quatre  grandes  ogives,  une  rose  quadrilobée 
encadre  une  figurine.  L'ensemble  est  élégant  quoique  un 
peu  maigre  de  proportions. 

Commencement  du  xiv'siècle.  — Restaurations  modernes. 
—  Argent. 

Hauteur  0m74.  Largeur  1m76.  Profondeur  0"47. 

La  châsse  dite  «  des  Macchabées  »,  qui  appartient  à 
l'église  Saint-André,  à  Cologne  (n°  4G5),  présente  aussi 
l'aspect  général  d'un  édicule;  mais  elle  est  entièrement 
couverte  de  bas-reliefs. 

Six  contreforts  décorés  d'arcades  aveugles  divisent  cha- 
cune de  ses  faces  en  cinq  compartiments  subdivisés  à  leur 
tour  en  deux  panneaux  superposés.  Sur  chacun  des  deux 
versants  de  la  toiture,  des  tasseaux  en  moulures  ornées 
tracent  les  mêmes  divisions.  La  châsse  comporte  ainsi 
quarante  sujets  en  argent  repoussé,  retraçant  des  épisodes 
de  la  vie  du  Christ  et  du  martyre  des  sept  frères  torturés 
par  Antiochus  Epiphane.  Chaque  contrefort  est  surmonté 


—  426  — 

d'une  figurine  en  ronde  bosse  :  anges  à  ceux  des  extrémités, 
personnages  porteurs  de  phylactères  aux  autres. 

Les  pignons  sont  renforcés  de  deux  contreforts;  dans 
l'angle  rentrant  qu'ils  forment  avec  ceux  des  extrémités  des 
faces  s'élève  un  piédestal  en  forme  de  colonnelle  torse 
cannelée,  portant  une  statuette  dont  le  dais,  en  arc  accolade, 
sert  de  support  à  une  figurine  plus  grande  assise  à  chaque 
angle  de  la  corniche.  Les  pignons  sont  aigus  ;  les  rampants, 
qui  portent  des  crochets  en  feuilles  de  chicorée,  ont  pour 
amortissement  une  tète  ailée. 

Dans  les  champs  des  pignons  sont  représentés,  en  bas- 
relief  :  d'un  côté  l'Entrée  des  Macchabées  dans  le  ciel,  plus 
haut  l'Assomption  et,  dans  l'angle  du  gable,  le  buste  du  Père 
Éternel  bénissant;  à  l'autre  pignon,  la  récompense  de  la 
mère  des  Macchabées,  le  Couronnement  de  la  Vierge  et  le 
même  buste. 

Le  soubassement  porte  des  inscriptions  en  capitales 
romaines. 

Exécuté  à  Cologne  vers  la  fin  du  xv*  siècle.  —  Argent  et 
cuivre  doré. 

Hauteur  0m97.  Largeur  l^O.  Profondeur  0*87. 

Les  églises  de  Cologne  exposaient  encore  quatre  autres 
châsses  fort  belles;  celle  de  Sainte-Ursule  (n°  511),  qui 
appartient  à  l'église  de  ce  nom,  se  fait  remarquer  par  une 
disposition  particulière  assez  rare  :  le  toit  en  voûte  en 
berceau. 

Les  pignons,  à  plein  cintre,  se  répètent  au  milieu  de 
chacune  des  faces,  qui  présentent  six  arcades  également  à 
plein  cintre  avec  pilastres  d email  à  dessins  variés;  le  tout 
enrichi  de  plaques  d'argent  repoussé,  de  médaillons  émaillés 


—  437  — 

circulaires  et  rectangulaires  et  de  nombreux  cabochons. 

Exécuté  à  Cologne  à  la  fin  du  xae  siècle. 

Hauteur  0-50.  Largeur  4*20.  Profondeur  Om40. 

Toutes  les  autres  châsses  sont  des  édicules  avec  toiture 
à  double  versant. 

Celle  de  Saint-Albin  (n°  504)  qui  appartient  à  l'église 
Sainte-Marie  «  in  den  Schnurgasse  • ,  présente  à  chaque  face 
six  arcades  trilobées  retombant  sur  des  colonnetles  jumelles 
émaillées. 

Aux  pignons,  deux  arcs  trilobés  sont  superposés;  les 
angles- redents  de  Tare  inférieur  sont  soutenus  par  des 
colon  nettes  plus  grandes;  dans  les  arcades  sont  peintes  des 
figures  modernes  de  saints,  qui  malheureusement  ne  s'har- 
monisent guère  avec  l'ensemble  du  vénérable  monument. 

Sur  chaque  versant  de  la  toiture  quatre  panneaux  rectan- 
gulaires en  cuivre  repoussé  représentent,  en  bas  relief,  des 
scènes  de  la  vie  de  Saint- Albin. 

L'ornementation  de  cette  châsse  :  émaux,  pierres  taillées, 
cabochons  multiples,  est  d'une  richesse  inimaginable. 

Travail  colonais.  —  Vers  1200. 

Hauteur  0T7%  Largeur  4m53.  Profondeur  Oœ51. 

La  châsse  de  Sainl-Maurin  (n°  505)  qui  appartient  à  la 
même  église,  offre  sur  chaque  face,  en  retrait  sur  le  chéneau, 
sept  arcades  à  plein  cintre  sur  pilastres;  aux  deux  extré- 
mités une  saillie  en  forme  d'ante,  à  face  émaillée,  présente 
une  figure  allégorique. 

Sur  chaque  versant  du  toit,  cinq  médaillons  en  losanges 
quadrilobés  encadrent  des  scènes  de  martyres  en  argent 
repoussé.  Un  fort  joli  crétage  de  cuivre  découpé  et  rehaussé 
au  centre  d'un  fleuron  à  cinq  branches  couronne  le  faite. 


—  428  — 

Les  chéneaux,  les  écoiuçons  et  les  pilastres  sont  en 
plaques  d'émail  avec  nombreux  cabochons. 

Travail  colonais  de  la  fin  du  xn0  siècle. 

Hauteur  0n60.  Largeur  im32.  Profondeur  0"42. 

L'église  paroissiale  de  Saint-Héribert,  à  Cologne-Deulz, 
conserve  les  reliques  de  son  patron  dans  une  châsse  tout  à 
fait  remarquable  (n°  524). 

De  même  forme  que  les  précédentes,  elle  présente  sur 
chaque  face  six  divisions  rectangulaires,  occupée  chacune 
par  la  figurine,  en  argent  repoussé,  d'un  apôtre  assis  et 
séparées  par  des  trumeaux  d'émail  avec  figures  de  prophètes. 

Les  pignons  sont  recouverts  de  bas-reliefs  d'argent 
repoussé  représentant  :  d'un  côté  la  Vierge  assise,  cou- 
ronnée, tenant  le  sceptre  de  la  main  droite;  l'Enfant  Jésus 
assis  sur  son  genou  gauche  donne  la  bénédiction  latine; 
deux  anges  se  tiennent  à  ses  côtés  ;  au  pignon  opposé  se 
trouve  la  figure  de  Saint-Héribert;  ces  deux  compositions 
sont  surmontées  d'une  arcade  trilobée  surbaissée. 

Sur  chaque  versant  de  la  toiture  sont  fixés  six  médaillons 
d'émail  figurant  des  scènes  de  la  vie  du  Saint.  Le  crélage, 
en  cuivre,  se  répète  sur  les  rampanls  des  pignons,  entrecoupé 
de  cabochons  de  cristal. 

De  nombreuses  pierres  précieuses  rehaussent  ce  petit 
monument  dont  toute  l'ornementation,  d'émail,  de  cuivre  et 
d'argent  repoussé,  est  d'une  incomparable  richesse. 

Exécuté  à  Cologne  au  milieu  du  xue  siècle. 

Hauteur  0,n64.  Largeur  lm54.  Profondeur  0œ45. 

La  chasse  de  Sainte-Prudence  (n°  214),  à  l'église  parois- 
siale de  Beckum,  est  plus  simple  mais  non  moins  belle. 

Les  six  niches  de  chacune  de  ses  faces  longues  dessinent 


—    429    -r- 

des  arcades  trilobées  sur  colonnettes  jumelles;  chacune 
d'elles  contient  une  statuette  d'argent  repoussé;  à  l'un  dos 
pignons  se  trouve  Saint-Fabien,  à  l'autre  Saint-Sébastien. 
Le  crétage  des  rinceaux  est  d'une  rare  élégance  ;  il  porte  trois 
fleurons  en  forme  de  gros  boutons  entr'ouverts. 

Cette  châsse,  exécutée  au  commencement  du  xiu*  siècle, 
est  fortement  restaurée. 

Hauteur  0m47.  Largeur  lm05.  Profondeur  0m72. 

Les  faces  de  la  chasse  de  Safnl-Suitbert  (n°  449),  à  l'an- 
cienne collégiale  de  Kaiser werth,  offrent  la  même  disposition 
d'arcs  trilobés  sur  colonnes  jumelles,  avec  figures  d'apôtres. 

Sur  chaque  versant  du  toit  quatre  bas-reliefs  rectangu- 
laires ont  pour  sujets  des  scènes  de  la  vie  du  Christ. 

Aux  pignons  se  voient  d'une  part  la  Vierge  entre  deux 
saintes  femmes,  d'autre  part  Saint-Suitbert  entre  Sainte- 
Plectrude  et  le  roi  Pépin.  Le  crétage  des  rinceaux  pleins 
parait  un  peu  lourd  ;  ses  cinq  fleurons  figurent  des  bouquets 
de  feuillage  surmontés  de  boules  de  cristal. 

Cette  châsse  date  de  1264;  elle  a  subi  certaines  restau- 
rations. 

Hauteur  0m76.  Largeur  lm60.  Profondeur  0B45. 

L'église  paroissiale  catholique  de  Siegbourg  n'exposait 
pas  moins  de  cinq  châsses  toutes  restaurées  par  l'orfèvre 
P.  Beumers,  de  Dùsseldorf. 

La  première  renferme  les  reliques  de  Sainl-Anno  (n°625). 
Elle  présente  sur  ses  faces  la  disposition  déjà  décrite  de  six 
arcs  trilobés  sur  colonnettes  géminées;  les  arcades  sont 
vides;  dans  les  écoinçons  apparaissent,  sous  de  petits  arcs 
à  plein  cintre,  les  figurines  à  mi-corps  des  Apôtres  et  des 
Évangélistes,  en  métal  repoussé  sur  fond  d'émail. 


—  450  — 

Chaque  versant  de  la  couverture  porte  cinq  panneaux 
rectangulaires,  vides  aussi.  Des  pilastres  renforcent  les 
angles. 

Les  arcades  trilobées  des  pignons  sont  vides  comme  les 
autres.  Toutes  les  archivoltes  portent  des  inscriptions. 

S.ur  le  faîtage  et  les  rampants  des  gables  court  un  crétage 
de  rinceaux  avec  figurines,  d'une  exécution  habile  mais  un 
peu  lourd. 

Les  colonnettes  et  les  chéneaux  sont  en  émail;  les  pierres 
précieuses  sont  répandues  à  profusion. 

Exécuté,  probablement  à  Cologne,  en  1182. 

Hauteur  0"78.  Largeur  lra07.  Profondeur  0B46. 

La  chasse  des  Saints-Maurice  et  Innocent  (n°  626)  ne 
présente  pas  davantage  de  sujets  animés. 

Sept  colonnettes  cylindriques  d'émail  répartissent  ces  faces 
en  six  divisions  carrées  ;  au-dessous  des  bases  et  au-dessus 
des  chapiteaux  court  un  bandeau  avec  inscriptions. 

Les  versants  du  toit  sont  à  sept  panneaux  chacun,  avec 
encadrements  plats  de  métal  gravé  rehaussés  de  bossages 
hémisphériques.  Le  crétage  de  feuillage  entremêlé  de  petites 
boules  de  cristal  est  d'un  joli  travail. 

A  chaque  pignon,  une  arcade  aveugle  trilobée;  rampants 
des  gables  en  plaques  d'émail  et  de  métal  alternées,  ces 
dernières  portant  des  pierres  enchâssées.  Le  soubassement 
est  en  forme  de  doucine  à  palmettes. 

A  Cologne,  vers  l'an  1200. 

Hauteur  0*74.  Largeur  l'HS.  Profondeur  0œ51. 

La  châsse  de  Sainl-Benignus(n°  628)  a  les  mêmes  pignons 
que  la  précédente.  Ses  faces  offrent  six  arcades  à  plein  cintre 
sur  colonnettes  cylindriques  isolées,  en  émail.  Les  versants 


—  431  — 

du  toit  sont  à  quatre  panneaux,  sans  ornements.  Le  crétage 
de  pal  mettes  encadrées  parait  massif. 

Les  archivoltes  portent  des  inscriptions;  les  écoinçons  en 
plaques  d'argent  repoussé,  sont  enrichis  de  pierreries. 

Vers  l'an  1200. 

Hauteur  0m6I.  Longueur  ln02.  Profondeur  0m40. 

La  châsse  de  Sainte-Apollinaire  (n°  629)  est  entièrement 
garnie  de  plaques  de  cuivre  repoussé  et  doré. 

Les  sept  arcades  ogivales  de  chacune  de  ses  faces  ont  un 
fond  strié  en  losanges.  Les  plaques  de  la  toiture  sont  aussi 
des  losanges  et  portent  en  relief  alternativement  une  fleur  de 
lis  et  un  aigle  aux  ailes  éployées. 

Le  crétage  dessine  une  galerie  d'arcatures,  avec  cinq 
cabochons  de  cristal  sur  tiges  d'inégales  hauteurs;  des 
branches  de  feuillage  courent  le  long  des  rampants  des 
pignons. 

Un  contrefort  oblique,  renforçant  chaque  angle,  porte 
aussi  un  ornement  sphérique  en  cristal. 

Exécuté  en  1446. 

Hauteur  0œ62.  Largeur  1m52. 

Enfin  la  châsse  de  Saint-Honoré  (n°  627),  du  même  type 
général  que  les  autres,  se  fait  remarquer  par  l'importance 
donnée  à  la  toiture  :  elle  a  près  du  double  de  la  hauteur  des 
faces  latérales.  Celles-ci  présentent  chacune  six  arcades  à 
plein  cintre  sur  colonnettes  jumelles  cylindriques  à  chapi- 
teaux cubiques  ;  elles  sont  occupées  par  les  figurines  assises 
des  Apôtres,  en  argent  repoussé;  des  bustes  de  Saints 
ressortent  en  haut-relief  au-dessus  de  chaque  couple  de 
colonnettes.  Toute  cette  partie  est  d'un  caractère  archaïque 
particulièrement  prononcé. 


—  432  — 

Au  milieu  de  chaque  face  s'élève  un  fronton  triangulaire 
équilatéral  dont  le  tympan  est  occupé  par  un  buste  en  haut 
relief. 

A  chaque  pignon,  une  arcade  trilobée  avec  archivolte  à 
inscription  ;  de  nombreuses  pierres,  et  un  très  grand  cabo- 
chon dans  l'angle  des  gables.  Le  crétage  se  répèle  sur  les 
rampants  des  deux  frontons  et  des  deux  pignons. 

Sur  le  toit,  quatre  bas-reliefs  au  repoussé  représentent 
des  scènes  de  la  vie  de  Jésus  :  l'Annonciation,  la  Nativité,  etc. 

Le  catalogue  renseigne  cette  châsse  comme  datant  du 
xiii6  siècle;  je  dois  émettre  un  doute  à  ce  sujet,  tout  au  moios 
pour  ce  qui  concerne  les  parties  verticales,  c'est-à-dire  le 
coffre  proprement  dit,  qui  ne  me  parait  pas  postérieur  au 
commencement  du  xu°  siècle. 

Hauteur  0m53.  Longueur  0W61.  Profondeur  0m3i. 

La  dernière  châsse  à  mentionner  appartient  à  l'église  de 
Xanten  (ancienne  abbatiale)  ;  on  y  conserve  les  reliques  de 
Saint-Victor.  (N°  719). 

La  disposition  des  faces  est  nouvelle  :  on  y  voit  (rois 
niches  rectangulaires  entre  pilastres  en  émail,  à  chapiteaux 
foliacés  ;  ces  niches  contiennent  chacune  la  figure  debout 
d'un  apôtre,  en  or  repoussé  ;  elles  alternent  avec  des  trumeaux 
revêtus  d'une  plaque  de  métal  offrant,  en  repoussé,  un  cadre 
dont  les  côtés  verticaux  sont  en  forme  d'accolade  et  les  autres 
en  demi-cercle. 

A  l'un  des  pignons  se  voit  le  Christ  ;  à  l'autre  une  grande 
croix  avec  pierres  dans  un  médaillon  ovale.  Ce  coffre  est  un 
travail  rhénan  de  l'année  1129. 

La  toiture  date  du  xiv°  siècle  ;  chaque  versant  porte  cinq 
médaillons  quadrilobés  avec  la  figure  d'une  Vierge  sage  ou 


—  433  — 

d'une  Vierge  Folle,  en  bas-relief.  Le  fond  poMe  de  fort  jolis 
ornements  végétaux  repousses.  Le  crétage  esl  une  galerie 
de  quatrefeuilles,  sans  fleurons. 

Cette  châsse  fut  restaurée  d'abord  en  1394,  puis  après  les 
pillages  de  1593  et  1604,  enfin  en  1749. 

Hauteur  0*61.  Longueur  lm42.  Profondeur  0m48. 


Chacune  des  seize  châsses  que  je  viens  de  citer  présente, 
vous  le  voyez,  Messieurs,  des  éléments  archi tectoniques  qui 
m'ont  paru  justifier  une  description  un  peu  étendue. 

Dans  presque  toutes  celles  qui  furent  exécutées  à  Cologne 
nous  retrouvons  un  même  motif,  sorte  de  marque  d'origine  : 
les  chéneaux  des  faces  et  les  rampants  des  gables  décorés  de 
rectangles  d'émail  alternant  avec  des  feuilles  rectangulaires 
de  métal  dans  lesquelles  sont  serties  des  pierres  précieuses 
an  nombre  de  cinq  :  une  à  chaque  angle,  une  plus  grosse 
au  centre. 

Ces  plaques  d'émail,  de  même  que  les  colonnettes,  les 
pilastres,  les  écoinçons,  les  médaillons  de  même  matière,  aux 
dessins  délicats  variés  à  l'infini,  attestent  la  vigoureuse 
floraison  à  Cologne,  au  xn*  et  au  xiue  siècles,  d'une  industrie 
d'art  émule  de  celle  qui  a  consacré  la  gloire  séculaire  de 
Limoges. 


On  admirait  à  l'Exposition  de  Dûsseldorf,  outre  les  châsses 
dont  je  viens  de  parler,  une  grande  quantité  de  reliquaires  : 
chefs,  bras,  cylindres  de  cristal  sur  pieds  d'or  ou  d'argent, 
coffrets  de  formes  diverses.  Je  dois,  à  regret,  passer  sous 


—  434  — 

silence  ces  trésors  de  joaillerie,  de  même  qie  les  autels  por- 
tatifs, calices,  ciboires,  ostensoirs... 

Parmi  ces  derniers  pourtant  je  ferai  exception  eu  faveur 
d'une  merveilleuse  monstrance,  haute  d'un  mètre,  exécutée 
à  Amsterdam  au  milieu  du  xvi*  siècle  et  qui  appartient  à 
régi i se  paroissiale  de  Calcar.  (N°  325). 

Le  pied,  couvert  d'ornements  repoussés,  a  la  forme  d'un 
carré  quadrilobé  ;  la  tige,  octogone,  est  coupée  à  mi-hauteur 
d'un  gros  nœud  décoré  de  losanges  ;  le  cylindre  de  cristal 
renfermant  la  lunette  occupe  le  centre  d'une  plateforme  sur 
laquelle  se  dressent  dix  contreforts  en  forme  de  tourelles  à 
deux  étages,  avec  pinacles  aigus  garnis  de  crochets,  portant 
comme  amortissements  une  sphère;  sur  cette  dernière  sont 
posés  :  aux  deux  contreforts  les  plus  éloignés  du  centre  (et 
les  moins  élevés)  une  figure  d'ange;  aux  quatre  suivants  un 
ange  portant  un  instrument  de  la  Passion;  aux  quatre  plus 
grands,  une  médaille  avec  monogramme  découpé  à  jour. 
Chacun  des  contreforts  porte  en  outre,  accolées  à  sa  face 
externe,  deux  minuscules  figurines  de  saints  en  haut  relief; 
ils  sont  reliés  entre  eux  par  des  motifs  d'ornements  formant 
arcs-boutants. 

Le  couronnement  de  la  partie  centrale  se  compose  d'une 
nouvelle  ordonnance  de  contreforts  gothiques  étages  sur  deux 
rangs  et  surmontés  d'une  coupole  entièrement  à  jour  sur 
laquelle  se  dresse  le  crucifix.  Le  tout  est  parsemé  de  nom- 
breuses figurines  et  de  motifs  architectoniques  divers  :  gables, 
arcs  en  accolade  à  crochets  avec  tympans  ajourés,  etc.,  etc., 
qu'il  serait  oiseux  de  détailler. 

Je  ne  puis  comparer  cet  ostensoir,  au  point  de  vue  de 
l'habileté  du  travail  de  l'orfèvre,  qu'à  notre  chasse  de  Nivelles 


—  455  — 

toute  réserve  faite,  bien  entendu,  quant  à  la  grande  différence 
de  valeur  artistique  et  archéologique,  qui  est  incontestable- 
ment en  faveur  de  cette  dernière. 


La  même  église  de  Galcar  possède  un  objet  Tort  original 
appelé  c  Marienleuchler  »  (flambeau  de  Marie),  qui  présente 
une  combinaison  du  lustre  et  du  Rosaire. 

Il  se  compose,  dans  le  bas,  d'une  sorte  de  cul-de-lampe 
hexagone  dont  chaque  face  est  décorée  d'une  figure  assise, 
en  bas-relief,  et  dont  la  partie  inférieure  forme  un  petit  culot 
avec  torse  d'ange.  A  chaque  angle  s'attache  une  branche  de 
rinceaux  portant  à  son  extrémité  six  plateaux  de  candélabres 
avec  pointes. 

Sur  cette  espèce  de  socle  suspendu,  si  je  puis  m'exprimer 
ainsi,  se  dresse,  debout  sur  un  croissant  de  lune,  une  statue 
à  double  face  de  la  Vierge  portant  Jésus,  entourée  d'une 
gloire  elliptique  de  flammes  et  de  glaives;  dans  le  haut 
planent  deux  anges  qui  portent  la  couronne  de  Marie  sur 
laquelle  descend  le  Saint-Esprit  :  une  colombe  environnée 
de  rayons. 

La  Vierge  est  encadrée  de  deux  grandes  branches  naissant 
du  cul-de-lampe;  elles  projettent  des  rameaux  en  rinceaux 
dans  les  enroulements  desquels  douze  figures  d'hommes,  à 
mi-corps  et  en  ronde  bosse,  rappellent  la  généalogie  du 
Christ. 

Au  sommet,  sous  l'anneau  de  suspension,  le  Père  Éternel 
portant  le  globe  terrestre,  bénit  à  la  manière  latine. 

Ce  curieux  et  précieux  monument  ne  mesure  pas  moins 
de  3  mètres  50  de  hauteur;  commencé  en  1503  par  Hein- 


—  436  — 

rich  Bemst,  qui  y  consacra  huit  années,  il  fut  achevé,  après 
la  mort  de  celui-ci,  par  Kerstken  de  Ringenbacht. 

L'église  paroissiale  d'Erkelenz  possède  aussi  un  lustre  en 
bois  avec  figure  double  de  la  Vierge  de  grandeur  naturelle, 
du  même  genre  que  le  précédent  et  de  même  dimension. 
Sculpté  en  1517,  il  fut  peint  par  Johann  Erwein,  de  Cologne, 
en  1553  ;  sa  polychromie  actuelle  est  moderne.  (N°  377). 

L'église  paroissiale  de  Siersdorf  exposait  une  curieuse 
arcade,  dénommée  «  Lettnerbogen  » .  (N°641). 

Elle  se  compose  d'un  arc  elliptique  fait  de  rinceaux  à  jour, 
sur  deux  faisceaux  de  quatre  colonneltes  cylindriques  bra- 
celées,  à  cannelures  perlées;  leurs  chapiteaux  —  corbeilles 
de  feuillage  avec  tailloirs  octogones  —  supportent  deux 
statuettes  :  d'un  côté  l'empereur  Auguste  (?)  (i)  ;  de  l'autre, 
une  sibylle. 

Dans  les  rinceaux  se  voient  :  au  bas,  deux  monstres 
chimériques;  plus  haut  deux  chevaliers  qui  les  attaquent  à 
coups  de  lance;  enfin  Saint-Jean  d'un  côté,  de  l'autre  le 
donateur,  que  l'on  croit  être  Jean  de  Gohr;  tous  deux  prient 
agenouillés  et  lèvent  la  tète  vers  une  figure  de  la  Vierge 
entourée  d'une  gloire  de  glaives  et  de  flammes  qui,  placée 
sur  un  socle  pareil  aux  chapiteaux,  couronne  l'édifice. 

Celui-ci  date  du  milieu  du  xvie  siècle;  il  mesure  4m90  de 
hauteur  sur  2n,80  de  largeur. 

L'église  paroissiale  catholique  de  Calcar  dont  j'ai  déjà  parlé, 
exposait  encore  trois  retables. 


(i)  D'après  le  catalogue  ;  ne  s'agit-il  pas  d'Auguste  Ier,  Électeur  de  Saxe, 
•qui  naquit  en  1526  et  régna  de  1553  à  1586? 


—  437  — " 

Le  premier  (n°  32Î)  est  consacré  aux  Saints-Grépin  et 
Crépinien;  il  se  compose  de  trois  niches  rectangulaires 
encadrées  de  quatres  colonnelles  très  ornées  avec  figurines, 
vases,  médaillons,  animaux,  etc.  Le  long  du  cadre  sont 
disposés  des  supports  et  de  pelits  dais  pour  des  statuettes, 
qui  ont  disparu  ;  les  baldaquins  des  niches  sont  faits  de 
motifs  décoratifs  à  rinceaux  entremêlés  d'angelots,  sculptés 
à  jour  et  d'un  travail  très  habile. 

Dans  la  niche  centrale  est  la  statue  de  la  Madeleine;  dans 
les  deux  autres,  celles  des  Saints-Pierre  et  Paul;  le  milieu 
estsurélevé  et  forme  un  compartiment  rectangulaire  à  fronton 
cintré,  dans  lequel  un  groupe  en  ronde  bosse  représente  le 
Baptême  du  Christ;  à  côté  de  lui  se  tient  un  ange  et,  en 
avant,  deux  angelots  musiciens.  Les  quatre  colonnettes 
supportaient  des  figures  dont  deux  seulement  subsistent. 

Au-dessus  du  cadre  des  niches  latérales  sont  posées  les 
statues  des  Sainls-Crcpin  et  Crépinien,  armés  tous  deux  de 
larges  épées;  l'un  a  entre  les  pieds  la  meule  qu'on  leur 
attacha  au  cou  avant  de  les  précipiter  dans  la  rivière;  l'autre 
tient  un  livre.  Il  me  parait  étonnant  que  le  sculpteur  ait 
réservé  cette  place  à  ces  deux  grandes  figures,  qui  écrasent 
son  œuvre. 

Le  retable  est  fermé  par  des  volets  peints  ;  trois  sujets  en 
peinture  décorent  aussi  la  predella. 

Cette  œuvre  date  de  la  première  moitié  du  xvie  siècle. 

Sa  hauteur  est  de  3mS5;  sa  largeur  de  2m10  sans  les- 
volets. 

L'ornementation  est  extrêmement  riche  et  les  figures  d'un 
bon  style.  :  ' 

Le  second  retable  (n°322)  est  analogue  au  précédent 


—  438  — 

comme  dimensions  et  comme  dispositions  ;  il  lui  est  postérieur 
de  quelques  années. 

Dans  celui-ci  les  statues  de  la  Madeleine,  de  Saint-Pierre 
et  de  Saint-Paul  sont  remplacées  respectivement  par  celles 
de  Saint-Jean-Baptiste,  de  Saint-Jean  l'Évangélisle  et  de 
Saint-Sévère;  celles  des  Saints-Grépin  et  Crépi nien,  par  les 
Évangélistes  Luc  et  Mathieu. 

Le  troisième  retable,  dit  «  de  la  famille  Brower,  »  se 
compose  d'une  huche  en  bois  sculpté  ;  il  est  relevé  de  dorures 
sur  fond  noir;  deux  bas-reliefs  d'albâtre  y  sont  encastrés; 
les  donateurs  sont  représentés  sur  les  volets.  II  fut  exécuté 
en  1539,  probablement  à  Amsterdam. 

Sa  hauteur  n'est  que  de  1m60  ;  sa  largeur  de  0m87. 

Citons  encore,  parmi  les  retables,  deux  ouvrages  fla- 
mands : 

L'un  appartient  à  la  chapelle  catholique  d'EImpt  (n°  368). 
Il  est  en  chêne  sculpté  et  polychrome,  fermé  par  des  volets 
peints  dont  l'intérieur  représente  des  scènes  de  la  Passion; 
à  l'extérieur  la  messe  de  Saint-Grégoire  d'un  côté,  Abraham 
et  Melchisedech  de  l'autre. 

La  partie  principale  contient  trois  grandes  compositions  : 
le  Portement  de  la  Croix,  le  Calvaire  et  la  Déposition  de 
Croix;  dans  les  compartiments  inférieurs:  l'Annonciation, 
la  Visilation,  la  Nativité,  l'Adoration  des  Mages,  la  Circon- 
cision et  la  Présentation  au  Temple. 

Ce  retable  date  du  commencement  du  xvi6  siècle;  il  est 
haut  de  2m50  et  large  de  2m20. 

L'autre  retable,  qui  appartient  à  l'église  Saint-Géréon,  à 
Cologne  (n°  487)  est  un  peu  plus  petit  :  2m20  sur  2m05. 
C'est  à  peu  près  la  seule  différence  que  l'on  constate  entre 


—  439  — 

ces  deux  œuvres  de  l'École  d'Anvers;  les  sujets  sont  les 
mêmes,  tant  pour  les  volets  peints  que  pour  la  partie  sculptée 
et  polychromée  ;  il  ne  peut  y  avoir  de  doute  quant  à  leur 
origine  commune.  Toutefois,  le  retable  d'Elmpt  est  dans  un 
encadrement  rectangulaire  tandis  que  la  partie  supérieure 
de  la  huche  du  retable  de  Cologne  forme  une  suite  de  courbes 
et  de  contrecourbes  d'un  dessin  à  peu  près  identique  au 
couronnement  de  notre  retable  de  Pailhe  (Musée  des  Anti- 
quités) ;  il  est,  je  pense,  postérieur  de  quelques  années  à  la 
sculpture  d'Elmpt. 


Le  lutrin  exposé  par  l'église  Sainte- Marie,  à  Dorlmund 
(o°343)a  unsupport  de  pierre,  formé  d'un  piédestal  octogone 
sur  une  plinthe  carrée,  surmonté  d'un  pilier  chevronné  en 
relief,  également  à  huit  faces,  avec  base  et  chapiteau  de 
moulures  ;  il  est  couronné  d'un  aigle  en  laiton,  sur  une  demi- 
sphère  entourée  d'une  couronne  d'ornements  coulés  en 
relief. 

Il  est  haut  de  lm53  et  date  du  xve  siècle. 

L'église  évangélique  de  Saint-Reinold,  dans  la  même  ville, 
possède  un  lutrin-aigle  avec  support  triangulaire  à  contre- 
forts, entièrement  en  laiton,  haut  d'environ  2  mètres;  il  date 
de  la  fin  du  xv°  ou  du  commencement  du  xvie  siècle. 

Celui  de  l'église  paroissiale  d'Erkelenz  (n°375)  mérite  une 
mention  spéciale. 

Il  est  entièrement  en  laiton,  comme  le  précédent;  trois 
lions  accroupis  supportent  les  angles  d'un  socle  bas,  de 
forme  triangulaire,  aux  faces  décorées  de  qualreféuilles  et 
de  trèfles  découpés  à  jour.  A  chaque  angle  se  dresse  un 


—  440  — 

contrefort  avec  pinacle  à  crochets,  relié  par  un  arc-boulant 
ajouré  de  quatrefeuilles  à  un  édicule  central. 

Celui-ci  est  également  à  trois  faces,  chacune  percée  d'une 
arcade  très  légèrement  ogivale  à  l'extrados,  trilobée  à  l'intra- 
dos, avec  redents  en  forme  de  trèfle;  une  statuette  est  placée 
au-dessous. 

L'arcade  est  couronnée  d'un  gable  qui  se  détache  sur  un 
fond  à  jour  de  feneslrations,  surmontées  d'une  galerie  de 
quatrefeuilles  avec  joli  crélage. 

Couronnant  le  tout,  un  aigle  sur  un  socle  octogone  mouluré 
porte  sur  l'extrémité  de  ses  ailes  ouvertes  l'arête  d'évangé- 
liaire,  élégamment  travaillée  à  jour. 

L'ensemble  mesure  2  mètres  de  hauteur. 

Ce  lutrin  date  du  xv°  siècle;  je  me  propose  d'en  faire 
une  étude  comparative  avec  les  moulages  que  nous  possé- 
dons, notamment  avec  celui  de  l'église  Saint-Martin,  à 
Hal. 

Le  lutrin  de  l'église  catholique  Saint-Max,  à  Dûsseldorf, 
appartenait  jadis  à  l'abbaye  d'Altenberg,  près  Cologne; 
suivant  l'inscription  que  porte  sa  base,  il  fut  exécuté  pour 
cet  établissement  en  1449. 

Le  pied  triangulaire  avec  contreforts,  entre  lesquels  se 
trouvaient  des  figures  aujourd'hui  perdues,  est  couronné 
d'un  globe  portant  l'aigle. 

Sa  hauteur  est  de  2  mètres;  il  parait  contemporain  du 
précédent. 

L'église  paroissiale  catholique  de  Marienfeld  possède  un 
lutrin  en  bronze  du  commencement  du  xvie  siècle,  d'un 
modèle  original  (n°  528).  La  base,  circulaire,  est  portée  par 
trois  lions  couchés  sur  une  plinthe  de  pierre;  le  fùtcylin- 


—  441  — 

driqoe  est  annelé  et  l'aigle  du  couronnement  est  posé  sur  un 
livre. 

L'ensemble  est  haut  de  im45. 

*  * 

De  nombreux  groupes  et  slaluelles  fort  artistiques  seraient 
à  mentionner;  mais,  sous  peine  d'allonger  démesurément 
ce  rapport,  je  dois  me  borner  à  citer  deux  pièces  très  impor- 
tantes : 

Une  grande  statue  en  chêne,  Saint-Michel  terrassant  le 
démon  (n°  471). 

Le  saint  est  vêtu  d'une  armure  et  d'un  ample  manteau 
jeté  sur  les  épaules  ;  il  lient  de  la  main  gauche  une  croix  de 
procession  fleurdelisée  et  brandit  de  l'autre  son  glaive  flam- 
boyant. Il  porte  un  charmant  visage  d'adolescent  encadré 
d'une  épaisse  chevelure  bouclée. 

Cette  figure,  très  élégante,  a  2m20  de  hauteur;  elle  a 
conservé  sa  polychromie  primitive  du  xv°  siècle. 

Elle  appartient  à  l'église  Saint-André,  à  Cologne. 

L'autre  sculpture,  très  originale,  porte  le  nom  de 
c  Palmesel  »  (l'Ane  des  Rameaux)  (n°  1484). 

Elle  représente  le  Christ  entrant  à  Jérusalem,  monté  sur 
un  âne;  il  bénit  de  la  main  droite  et  tenait  de  la  gauche  une 
palme,  qui  a  disparu. 

Cette  figure,  haute  de  im72,  est  en  bois  de  tilleul  poly- 
chrome; elle  date  du  commencement  du  xvie  siècle  et, a 
appartenu  jusqu'en  1840,  croit-on,  à  l'église  Sainte-Colombe, 
à  Cologne;  elle  est  montée  sur  une  planche  à  roulettes 
(celles-ci  renouvelées);  jadis,  le  jour  de  la  fêle  des  Ramoaux, 
le  fossoyeur  la  traînait  dans  la  procession  de  l'église. 


—  442  — 


Elle  fait  parlie  actuellement  de  la  collection  du  chanoine 
Schniitgen,  du  chapitre  de  Cologne,  collection  qui  est  par 
elle-même  tout  un  musée  dont  près  de  six  cents  pièces  occu- 
paient à  Dûsseldorf  une  salle  spéciale. 


*  * 


Je  ne  puis  songer  à  reproduire  ici,  Messieurs,  toutes  mes 
notes  concernant  quantité  d'autres  sculptures  des  plus  inté- 
ressantes ;  mais  je  ne  puis  terminer  sans  dire  quelques  mois 
d'une  branche  qui  devrait  être  mieux  représentée  encore 
dans  nos  collections  :  le  mobilier  civil  et  religieux. 

J'ai  cité  parmi  les  moulages  quelques  joues  de  stalles; 
l'église  paroissiale  de  Wissemberg  en  exposait  deux  origi- 
nales fort  jolies  (n«  700  et  701). 

La  partie  inférieure  est  un  panneau  plein  dans  l'épaisseur 
duquel  est  taillée  à  plein  bois  une  arcade  aveugle,  ogival  à 
l'extrados,  trilobée  au  dedans.  Au  bord  du  panneau  est 
appliquée  une  colonnelte  avec  chapiteau  très  simplement  et 
très  élégamment  décoré  de  trois  larges  feuilles  de  chêne 
formant  crochets*  remontants. 

La  parlie  supérieure  se  compose  d'une  moulure  verticale 
en  forme  de  gorge  entre  deux  listels  ;  ses  deux  extrémités 
se  recourbent  en  volutes  vers  l'intérieur  et  portent  quelques 
feuilles;  la  gorge  est  ornée  de  rosettes. 

Entre  les  deux  volutes  se  trouve,  à  Tune  de  ces  pièces, 
un  chevalier  à  genoux  en  prières  devant  la  Vierge;  celle-ci, 
assise  sur  un  siège  sans  dossier,  tient  Jésus  debout  sur  son 
genou  gauche.  A  l'autre  stalle,  le  même  chevalier,  armé 
pour  le  combat,  monte  un  cheval  caparaçonné  d'une  longue 
draperie. 


—  uz  — 

Ces  sculptures,  de  la  fin  du  xme  siècle  ou  des  premières 
années  du  xive,  onl  2  mètres  de  hauteur. 

Deux  stalles  en  chêne  (n0>  227  et  228)  appartenant  au 
musée  d'art  industriel  de  Berlin  présentent  avec  ces  frag- 
ments une  certaine  analogie  dans  la  disposition  générale  des 
côtés;  l'arcade  ogivale  du  panneau  inférieur  retombe  sur 
deux  grêles  colonnettes  à  chapiteaux  de  feuillage;  la  colon- 
nette  du  bord  est  aussi  fort  maigre;  deux  oiseaux  occupent 
les  écoinçons. 

La  partie  supérieure  comporte  une  moulure  en  arc  à  plein 
cintre  dont  le  sommet  touche  le  fond  des  stalles  tandis  que 
Tune  des  extrémités  repose  sur  la  colonnette  du  bord  du 
panneau  du  bas  et  que  l'autre  soutient  l'angle  de  la  toiture 
inclinée;  deux  autres  moulures  de  même  forme  et  disposées 
dans  le  même  sens  partent  des  extrémités  du  grand  arc  et  se 
rencontrent  sur  son  point  de  centre.  L'intervalle  entre  les 
arcs  est  évidé;  ils  sont  décorés  de  feuilles  d'arum,  de  même 
que  les  écoinçons  de  l'arc  principal. 

Ces  meubles  proviennent  de  l'abbaye  d'Altenberg  et  datent 
de  la  fin  du  xiu"  siècle. 

Au  même  musée  appartiennent  : 

1°  Un  ensemble  de  quatre  stalles  en  chêne  (n°  226)  de 
même  époque  et  de  même  provenance  ;  elles  sont  décorées 
de  feuillage,  de  figures  grotesques  d'hommes  et  d'animaux 
et  des  symboles  des  évangélistes  ; 

2*  Un  prie-Dieu  en  forme  de  pupitre  (n°  225);  sur  la 
plus  grande  face,  des  moulures  dessinent  trois  ogives 
aveugles  dont  le  bas  est  découpé  en  forme  d'arc  trilobé  à 
bordure  moulurée;  les  champs  des  ogives  sont  occupés  par 
des  rinceaux  de  vigne  avec  feuilles  et  grappes.  Les  côtés  onl 


—  444  — 

la  même  décoration,  mais  avec  une  seule  ogive;  les  angles 
sont  renforcés  de  colonneltes. 

Ce  meuble,  travail  allemand  de  la  seconde  moitié  du 
xiue  siècle,  provient  de  l'église  Saint-Jean,  à  Herford.  Il 
mesure  lm30  de  hauteur  sur  4m37  de  largeur  et  0*72  de 
profondeur. 


La  collection  exposée  par  M.  Thewalt,  bourgmestre- 
adjoint  de  Gologne-Deutz,  comprend  environ  250  meubles, 
vases,  statuettes  et  objets  divers  de  grande  valeur,  parmi 
lesquels  deux  remarquables  bahuts. 

L'un  (2025)  n'a  qu'une  tablette  dans  le  dessous  ;  la  partie 
supérieure  est  fermée  par  deux  portes  carrées  décorées 
d'écussons  allemands  entourés  de  rinceaux  en  bas-reliefs; 
elles  sont  séparées  par  une  niche  renfermant  la  figurine  d'un 
chevalier  qui  porte  une  bannière.  Les  plaques  des  serrures 
sont  travaillées  à  jour;  les  pentures  de  même;  celles  du  haut 
portent  des  rinceaux,  celles  du  bas  des  quatrefeuilies. 
Au-dessous  des  portes,  deux  tiroirs  décorés  de  même  avec 
menottes  cordiformes. 

C'est  un  meuble  westphalien  de  la  fin  du  xv°  siècle. 

L'autre  bahut  (2026)  est  en  style  gothique  dans  le  bas, 
renaissance  au  dessus. 

Chacune  des  deux  portes  de  la  zone  inférieure  est  divisée 
en  quatre  panneaux  à  parcheminures  par  un  assemblage  en 
croix,  rehaussé  d'appliques  de  fer  très  joliment  travaillées  à 
jour. 

Les  deux  portes  du  haut  sont  décorées  de  médaillons  avec 
profils,  entre  deux  animaux  chimériques  ;  une  petite  niche  à 


—  445  — 

plein  cintre  les  sépare;  à  chaque  extrémité  une  niche  de 

même  forme  mais  plus  grande  contient  la  figurine  d'un 

homme  d'armes;  ces  niches  sont  flanquées  de  colonnettes 

en  forme  de  balustres  ouvragés. 

La  décoration  de  ce  meuble  n'est  pas  sans  analogie  avec 

celle  du  retable  des  Saints-Crépin  et  Crépinien,  de  Galcar; 

il  provient  de  la  même  localité  et  parait  dater  de  la  même 

époque. 

* 
*  * 

Ce  n'est  pas  sans  regrets,  Messieurs,  que  j'arrête  ici  cette 
étude  sommaire  des  merveilles  exposées  à  Dùsseldorf;  si 
incomplète  qu'elle  soit,  je  dois  vous  prier  pourtant  d'en 
excuser  la  longueur  :  devant  l'imminente  dispersion  de  ces 
trésors  artistiques,  j'ai  cru  devoir  dresser  une  sorte  de 
catalogue  de  ceux  d'entre  eux  qui  nous  intéressent  particu- 
lièrement par  leur  nature,  dans  l'espoir  de  donner  à  ce 
rapport  le  caractère  d'un  document  qui  pût  être  utilement 
consulté  dans  l'avenir. 

* 
«  * 

II  me  reste  à  vous  rendre  compte,  Messieurs,  des  résultats 
pratiques  de  mon  voyage. 

M.  le  Conseiller  Ludorff,  Conservateur  Provincial  des 
Monuments  pour  la  Weslphalie,  qui  a  donné  l'adhésion  du 
Musée  de  Munster  au  projet  d'Office  central  des  Échanges 
artistiques  internationaux,  met  dès  à  présent  à  notre  disposi- 
tion une  série  de  moulages  comprenant  : 

Le  tombeau  des  comtes  Otto  et  Goltfried  de  Gappenberg 
(oMi); 


—  446  — 

Le  portail  occidental  de  l'église  Saint-Jacques  h  Goesfeld 
(n°13); 

Les  fonts  baptismaux  de  Freckenhorst  (n°  17); 

L'ancienne  clôture  de  chœur  actuellement  placée  dans  le 
porche  du  Dôme  de  Minden  (n°  38)  ; 

Les  statues  de  l'Église  et  de  la  Synagogue,  qui  décorent 
un  porche  secondaire  du  même  monument  (n°  39  et  40). 

M.  Frauberger,  Directeur  du  Musée  d'Art  industriel  de 
Dùsseldorf,  a  pris  un  vif  intérêt  à  l'exposé  du  projet  d'Office 
prémenlionné.  Il  en  donnera  connaissance  à  la  prochaine 
réunion  de  son  Comité  et  m'a  exprimé  l'espoir  de  pouvoir 
nous  apporter  bientôt  l'adhésion  de  la  Société  Centrale  d'Art 
industriel  de  Dùsseldorf;  cette  accession  paraîtra  d'une 
grande  importance  si  l'on  considère  que,  selon  toute  proba- 
bilité, cette  Société  disposera  bientôt  des  différents  moulages 
que  je  vous  ai  décrits  —  et  j'espère  à  mon  tour  que  notre 
Comité  aura  ainsi  la  satisfaction  d'avoir  contribué  le  premier 
à  la  diffusion  de  ces  remarquables  reproductions  monumen- 
tales. 

Le  Secrétaire, 
Henry  Rousseau. 
Vu  : 

POUR   LE   PRÉSIDENT    : 

Le  Membre  Délégué, 
Ad.  Delvigne. 


RAPPORT 

AU    COMITÉ    DE    LA    SECTION    ARTISTIQUE    DE    LA    COMMISSION 
ROYALE   DES   ÉCHANGES  INTERNATIONAUX. 


Moulages  de  monuments  français  au  Trocadéro. 
Moulages  des  fouilles  de  Delphes  au  Louvre. 


Messieurs, 

À  la  suite  de  mon  voyage  à  Paris,  en  1900,  j'ai  eu  l'hon- 
neur de  vous  soumettre  une  liste,  —  que  votre  Comité  a  bien 
voulu  ratifier,  —  des  moulages  de  monuments  français  dont 
l'acquisition  paraissait  à  désirer,  pour  compléter  progressi- 
vement les  collections  réunies  par  la  Commission  des 
Échanges  et  exposées  dans  les  locaux  des  musées. 

Cette  liste  comprenait  un  choix  de  monuments  intéres- 
sants à  des  titres  divers,  mais  qui  ne  pouvaient  évidemment 
être  tous  acquis;  une  sélection  était  à  opérer;  je  suis 
retourné,  dans  ce  but,  au  musée  de  Sculpture  comparée  du 
Trocadéro. 

m  m 

Des  six  portails  du  xn6  siècle  mentionnés  dans  mon  rap- 
port de  1900,  je  n'en  ai  retenu  qu'un  seul,  pour  le  moment 
du  moins  :  celui  de  l'église  Saint-Lazare,  à  Àvallon. 

J'ai  dit  dans  ce  rapport  que  les  bas-reliefs  du  tympan,  — 


—  448  — 

j'ajouterai  :  et  ceux  du  linteau,  —  sont  mutilés  à  tel  point 
que  Ton  n'en  distingue  plus  les  sujets  ;  j'estime  que  cette 
lacune  ne  doit  pas  nous  arrêter  :  ce  n'est  pas  pour  ce  détail 
de  sculpture,  mais  bien  pour  l'ensemble  architectural  que 
l'acquisition  de  ce  portail  est  désirable;  cet  ensemble  est 
d'un  puissant  intérêt. 

L'arcade  est  formée  de  cinq  archivoltes,  l'une  appliquée  à 
plat  au  fond  du  tympan,  les  autres  en  forme  de  tores.  La 
première  est  décorée  de  palmettes  ;  la  seconde,  d'une  grosse 
branche  ondulée  lançant  alternativement  à  droite  et  à  gauche 
des  rameaux  qui  portent  des  fruits  en  cônes  ;  la  troisième,  de 
grandes  fleurs  à  huit  pétales,  épanouies;  la  quatrième,  de 
rinceaux  qui  rappellent  à  la  fois  certains  ornements  romains 
et  certains  détails  décoratifs  de  l'art  plateresque  ;  la  dernière 
et  la  plus  développée,  de  ceps  de  vigne  entrelacés  et  chargés 
de  grappes;  ce  dernier  motif,  bordé  d'un  rang  de  grecques, 
se  continue  verticalement  le  long  de  l'arête,  arrondie,  du  mur 
de  façade. 

Comme  supports  il  y  a,  outre  les  piédroits  ornés  de 
rinceaux,  trois  colonnetles  de  chaque  côté  :  une  torse  entre 
deux  cylindriques;  elles  ont  le  fût  lisse,  à  l'exception  de  la 
colonnette  torse  du  côté  droit,  qui  est  formée  de  cordes 
entrelacées,  motif  employé  fréquemment  par  les  décorateurs 
coptes  et  les  Scandinaves. 

Les  six  chapiteaux  sont  du  genre  corinthien.  Les  bases 
diffèrent  entre  elles  :  celles  des  colonnettes  torses  sont  à  deux 
tores  séparés  par  une  scolie;  celles  des  colonnettes  cylin- 
driques du  côté  gauche  de  l'ébrasement  ont  un  gros  tore 
orné  de  rinceaux;  du  côté  droit,  elles  sont  à  peu  près 
cubiques,  et  historiées. 


—  449  - 

Les  piédestaux  ne  sont  ni  moins  variés  ni  moins  originaux  : 
leur  moulure  supérieure  est  arrondie  en  forme  de  tore  et 
décorée  de  feuilles  encadrées  de  cercles;  au-dessous,  une 
partie  cubique  en  légère  saillie  sur  le  dé  présente  diverses 
figures  d'animaux;  les  dés  eux-mêmes  sont  couverts  de 
rinceaux,  d'en I relacs,  de  losanges,  ele  ;  ils  sont  posés  sur 
une  petite  base  formée  de  deux  tores  séparés  par  une  gorge 
et  d'un  socle  bas;  puis  vient  une  seconde  base  du  même 
modèle,  mais  plus  forte;  le  tout  est  posé  sur  une  plinthe 
assez  haute  dont  l'arête  supérieure  est  taillée  en  biseau. 

Il  y  a  là,  vous  le  voyez,  Messieurs,  une  réunion  peu  com- 
mune de  différents  motifs  décoratifs  de  l'époque  romane  ; 
cette  considération  m'a  porté  à  donner  au  portail  d'Avallon 
la  préférence  sur  d'autres,  plus  complets  peut-être,  mais 
moins  documentaires. 

Il  sera  bien  intéressant  de  le  comparer  à  l'encadrement 
de  porte  de  Sainte-Gertrude,  de  Nivelles;  aux  faces  de 
pilastres  de  Hubinne,  aux  frises  de  Saint- Jacques,  de  Liège; 
à  la  croix  de  Ruthwell  ;  j'ajouterai  que,  comme  silhouette  et 
comme  dimensions  autant  que  comme  style,  il  ferait  un 
pendant  superbe  au  moulage  de  la  Porte  Mantile,  de  Tournai, 
dont  vous  avez  depuis  longtemps  décidé  d'enrichir  les 
collections  des  échanges. 

* 
*  • 

Du  xme  siècle,  j'ai  retenu  l'un,  au  moins,  des  trumeaux 
de  la  cathédrale  d'Amiens  :  celui  de  la  porte  Saint- Honoré, 
qui  est  en  vente  chez  le  mouleur  Pouzadoux. 

Du  xive  siècle,  le  portail  de  Saint-André,  de  Bordeaux. 

Du  xv6,  la  croix  de  carrefour  de  Saint-Cirgues,  monument 


—  4ÎS0  — 

original  qui  fera  équilibre  à  notre  pilori  de  Braine-le- 
Ghâfeau. 

Du  xvi9  siècle,  j'ai  maintenu  le  jubé  de  Saint-Etienne,  de 
Limoges,  —  une  entrée  de  salle  magnifique. 

Pour  le  xvn*,  nous  avons  la  porte  de  l'hôtel  de  ville  de 
Toulon. 

Cette  nomenclature,  Messieurs,  n'exclut  évidemment  pas 
d'une  façon  radicale  les  autres  moulages  indiqués  sur  raa 
liste  de  1900;  il  en  est  beaucoup  dont  l'acquisition  s'impo- 
sera plus  tard  sans  offrir  toutefois,  quant  à  présent,  le 
caractère  d'urgence  des  achats  dont  je  viens  de  parler. 

*  * 

Mon  voyage  à  Paris  avait  un  autre  but  que  cette  révision  : 
j'avais  à  examiner  les  moulages,  récemment  exposés  au 
Louvre,  des  monuments  découverts  dans  les  fouilles  de 
l'École  française  à  Delphes,  —  fouilles  desquelles  était  sortie 
déjà  la  belle  statue  de  l'Aurige  vainqueur. 

Il  y  a  là,  sur  un  palier  voisin  de  la  <  Victoire  de  Samo- 
thrace  » ,  des  bas-reliefs  :  les  Dioscures,  le  vaisseau  Argo, 
Athénaet  Thésée,  Hercule  elKykuos,la  Gigantomachie,  etc., 
et  des  statues  :  Ajias,  Sisyphos,  et  d'autres  encore.  Certaines 
de  ces  sculptures  sont  d'un  caractère  archaïque  prononcé; 
d'autres  appartiennent  à  une  époque  relativement  avancée. 

Deux  monuments  sur  lesquels  je  tiens  à  attirer  l'attention 
spéciale  de  votre  Comité,  Messieurs,  sont  la  partie  supérieure 
de  la  t  Colonne  des  Danseuses  »  et  la  «  Façade  du  Trésor 
des  Cnidiens  • . 

La  colonne  est  un  de  ces  monuments  cornmémoratifs  ou 
ex-voto  dont  les  peuples  de  la  Grèce  avaient  semé  les  abords 


—  451  — 

du  grand  lemple  d'Apollon  Delphien  ;  quelques-uns  d'entre 
eux  ont  déjà  revu  le  jour  :  la  colonne  des  Naxiens,  avec  son 
chapiteau  ionique  surmonté  d'un  sphinx  de  plus  de  deux 
mètres  de  hauteur;  le  <  Trophée  de  Paul- Emile  »,  piédestal 
colossal  supportant  un  cavalier  qui  combat  un  fantassin 
renversé;  enfin,  cette  «colonne  de  Danseuses  »  d'une 
si  franche  originalité. 

Son  fût  cannelé  jaillit  d'une  touffe  d'acanthe;  en  trois 
endroits  sur  sa  hauteur,  de  larges  feuilles  de  la  même  plante 
l'entourent  comme  de  gigantesques  bracelets;  au  sommet 
enfin,  l'acanthe  s'épanouit  en  un  bouquet  dont  les  feuilles 
immenses  se  recourbent  de  quatre  côtés,  tandis  que  le  jet 
central  s'élève  encore  et  est  entouré  de  quatre  gracieuses 
figures  de  femmes,  drapées  de  jupes  légères;  un  trépied  de 
métal  couronnait  le  monument. 

Telle  est,  du  moins,  la  restauration  dessinée  par  M.  Tour- 
nais, architecte  du  Gouvernement  français. 

Le  fragment  dont  le  moulage  est  au  Louvre  est  le  principal  : 
le  grand  bouquet  d'acanthe  formant  chapiteau,  surmonté  de 
ce  qui  reste  du  joli  groupe  des  danseuses. 

Les  bons  creux  de  ce  moulage  n'existent  pas  encore;  il 
n'est  pas  douteux  qu'ils  ne  soient  exécutés  bientôt  et  je  vous 
proposerai  alors,  Messieurs,  d'en  acquérir  l'une  des  premières 

épreuves. 

* 

En  même  temps  que  ces  monuments,  les  explorateurs  de 
Delphes  ont  retrouvé  les  emplacements  de  ces  nombreux 
édicules  dans  lesquelles  les  villes  grecques  entassaient  des 
trésors,  sous  la  protection  immédiate  du  dieu,  aux  abords 


—  4S2  — 

de  la  voie  sacrée  qui  menait  à  son  Temenos,  en  serpentant 
sur  le  flanc  du  Parnasse. 
Les  trésors  des  Thébains,  des  Sicyoniens,  des  Béotiens, 

gMégariens,  des  Corinthiens,  des  Cyrénéens  se  sont 
révélésNfisuns  par  quelques  pierres,  les  autres  en  restituant 
la  presque  touKJité  de  leurs  fragments  épars. 

De  ce  nombre\sont  les  trésors  d'Athènes  et  de  Cnide.  Ce 
dernier  date  de  la  Seconde  moitié  du  vie  siècle  avant  J.-C.  ; 
il  a  été  reconstitué  presqojren  entier  et  son  moulage  figure  au 
Louvre.  v 

C'est  un  petit  temple  à  antes  :\4J  ne  mesure  guère  que  six 
mètres  au  nu  extérieur  des  murs,  et  st^pt  mètres  environ  de 
la  plinthe  à  l'angle  supérieur  du  fronton. 

Entre  les  antes,  deux  caryatides  sur  piédestal  soutiennent 
l'architrave  ;  elles  sont  un  peu  lourdes  d'aspect,  ma^s  typiques  : 
les  plis  symétriques  de  leurs  draperies,  les  quatre^  mèches 
de  cheveux  descendant  sur  chaque  épaule  marquer^  |eur 
archaïsme;  sur  le  front,  la  chevelure  ondulée  semble  axvojr 
été  fortement  enduite  de  pommade  :  chaque  dent  du  peigi»e 
y  a  laissé  un  sillon  bien  net.  Les  oreilles,  très  fortes  et  per- 
cées de  grands  trous,  ont  dû  porter  des  bijoux.  L'un  des 
genoux  est  légèrement  infléchi,  le  poids  du  corps  portant 
sur  l'autre  jambe;  elles  se  répètent  textuellement  :  chacune 
d'elles  est  l'exacte  contre-partie  de  l'autre,  comme  si  elle  se  j 
trouvait  placée  devant  une  glace.  Quelle  intéressante  compa- 
raison  à  faire  avec  nos  gracieuses  caryatides  de  l'Erechthéïon  ! 

Elles  portent  des  chapiteaux  d'un  type  inconnu  jusqu'ici  : 
une  corbeille  cylindrique  entourée  de  personnages  en  bas- 
relief  en  constitue  la  moitié  inférieure;  une  astragale  la 
sépare  d'une  échine  en  forme  de  doucine,  autour  de  laquelle 


—  453  — 

courent  des  lions;  un  petit  listel  termine  la  doucinc  et  reçoit 
un  tailloir  carré. 

Les  chapiteaux  des  antes  se  composent  simplement  d'un 
talon  à  raies  de  cœur  supportant  un  mince  abaque. 

L'architrave  n'a  d'autre  décoration  qu'une  petite  rosace 
près  de  chaque  angle,  en  dehors  des  axes  des  antes. 

La  frise,  à  sujets,  se  développe  entre  deux  fortes  moulures 
ornées  :  au-dessous,  un  rang  de  perles  sous  un  rang  de 
grands  oves  avec  fers  de  lance  ;  au-dessus,  un  autre  rang  de 
perles  bordant  un  talon  à  raies  de  cœur. 

Le  fronton  se  compose  d'un  larmier  et  d'une  doucine 
presque  plate,  à  palmetles;  le  tympan  est  profond  et  peuplé 
de  figurines  en  ronde  bosse  mais  un  peu  aplaties,  comme  un 
bas-relief  découpé.  Il  subsiste  actuellement  :  dans  l'angle 
gauche,  un  homme  ayant  un  genou  en  terre,  les  bras 
appuyés  sur  l'autre  genou  ;  puis  un  cheval  et,  vers  le  milieu, 
sept  ou  huit  petits  personnages  debout,  dans  quelques-uns 
desquels  on  peut  reconnaître  des  guerriers  ;  celui  du  milieu, 
un  peu  plus  grand  que  les  autres,  parait  porter  une  brassée 
de  javelots;  son  voisin  lui  en  prend  un,  tout  en  mar- 
chant vers  l'ennemi,  qui  doit  venir  de  la  droite  du  spec- 
tateur. 

La  restauration  proposée  par  M.  Tournaire  donne  :  dans 
chaque  angle  un  personnage  couché  à  plat  ventre,  la  tète 
vers  le  centre  du  fronton  ;  puis,  à  partir  de  la  gauche,  un 
cheval  attelé  à  un  char,  deux  personnages  debout  de  profil 
à  gauche;  deux  autres  de  profil  à  droite;  au  centre  l'homme 
aux  javelots,  le  guerrier  qui  prend  son  arme;  puis  deux 
personnages,  un  rang  de  chevaux  dirigés  vers  la  droite,  un 
guerrier  qui  lance  le  javelot  tout  en  marchant;  un  autre 


—  *54  — 

tombé  sur  le  dos,  qu'un  ennemi  accable  de  coups;  enfin, 
l'homme  couché,  déjà  cilé. 

Cette  composition  est  en  partie  hypothétique;  néanmoins 
ce  qui  reste  de  la  sculpture  permet  de  constater  que  le 
tympan  ne  présentait  pas  autant  de  symétrie  que  les  frontons 
d'Egine,  contemporains  de  celui-ci. 

La  composition  qui  décore  la  frise  est  très  animée  :  on  y 
voit  d'abord  en  partant  de  l'angle  gauche  (par  rapport  au 
spectateur),  huit  personnages  assis,  —  cinq  tournés  vers  la 
droite  et  trois  leur  faisant  face,  —  qui  paraissent  tenir 
conseil*;  —  une  lacune;  —  un  groupe  de  quatre  chevaux 
avec  leur  conducteur,  marchant  vers  la  gauche  ;  deux 
guerriers  casqués  et  armés  du  bouclier  rond,  s'élançant  en 
courant  vers  la  droite;  deux  autres  leur  font  face  et  les 
reçoivent  à  coups  de  javelots;  un  nouveau  groupe  de  quatre 
chevaux,  ceux-ci  dirigés  vers  la  droite  de  la  frise,  à  l'angle 
de  laquelle  un  homme  se  tient  debout.  Les  scènes  guerrières 
se  continuent  sur  les  façades  latérales  du  monument. 

La  restauration  dessinée  par  M.  Tournaire,  dans  l'ouvrage 
sur  les  fouilles  de  Delphes,  modifie  complètement  cette 
ordonnance  :  elle  place  au  centre  les  personnages  assis,  au 
nombre  de  cinq  seulement,  et  aux  deux  extrémités,  attelés 
chacun  à  un  char,  les  deux  groupes  de  chevaux  ;  à  gauche 
un  personnage  drapé  monte  sur  ce  char;  à  droite,  un  homme 
en  descend  ;  à  chaque  angle  de  la  frise,  un  homme  debout 
contient  l'ardeur  des  chevaux. 

Il  est  à  supposer  que  réminent  architecte  a  dessiné  cette 
restauration  avant  d'avoir  retrouvé  les  fragments  qui  ont 
permis  de  reconstituer  la  frise  telle  qu'elle  se  présente 
actuellement,  et  ce  détail  a  son  importance  ;  en  effet,  la 


—  455  — 

composition  de  M.  Tournaire  est  symétrique;  celle  du  mou- 
lage ne  Test  pas  du  tout;  elle  offre  autant  de  variété  et 
d'animation  que  celle,  —  bien  postérieure,  —  du  mausolée 
d'Halica  masse.  Le  groupe  des  personnages  assis  fait  pres- 
sentir le  «  groupe  des  dieux  »  de  la  frise  du  Parthénon. 

Il  me  reste  à  dire,  pour  terminer  cette  description,  que  le 
chéneau  à  palmettes  du  fronton  se  termine,  à  chaque  angle, 
par  une  figure  de  quadrupède  en  bas-relief;  il  fait  retour  sur 
les  faces  latérales  et  reçoit,  de  distance  en  dislance,  des 
gargouilles  à  tètes  de  lions. 

Les  acrotères  des  angles  extrêmes  portent  des  figures 
courantes  drapées,  aux  talons  ailés  ;  celui  du  sommet  du 
fronton,  un  sphinx. 

Sous  le  porche  enfin  est  percée  une  porte  à  chambranle 
mouluré,  avec  palmettes  et  rang  de  perles;  deux  fortes 
consoles  accostent  les  angles  du  linteau. 

Tel  est,  Messieurs,  le  monument  dont  j'ai  l'honneur  de 
vous  proposer  l'acquisition.  C'est  un  ensemble  plein  d'intérêt, 
un  point  de  comparaison  des  plus  utiles;  j'estime  qu'il  nous 
est  indispensable. 

Un  échange  n'est  pas  réalisable;  nous  devrons  donc 
l'acheter.  Les  pièces,  prises  séparément  et  non  ajustées, 
coûtent  2,000  francs;  le  monument  complet,  avec  les 
plaques  d'épaisseur,  entièrement  ajusté  et  tout  prêt  à  être 
monté  dans  le  musée,  coûte  3,330  francs. 

Je  pense,  Messieurs,  que  c'est  dans  ces  dernières  condi- 
tions que  nous  devons  faire  cet  achat  :  exécutés  ici,  les 
ajustements  ne  nous  coûteraient  pas  moins  cher  et  peuvent 


—  456  — 

donner  lieu  à  des  tâtonnements,  voire  à  des  erreurs  des 
plus  regrettables;  faits  à  Paris,  ils  nous  donnent  toute  sécu- 
rité et  toute  facilité  pour  le  montage  et  en  réduisent  de 
beaucoup  les  frais. 

L'exécution  de  ce  moulage  demandera  six  mois;  com- 
mandé dès  à  présent,  il  nous  parviendrait  en  mai  ou  juin  de 
l'année  prochaine.  11  pourrait  être  monté  immédiatement 
dans  le  Musée  qui  serait  le  premier,  après  celui  du  Louvre, 
à  posséder  ce  curieux  spécimen  d'un  monument  disparu 
depuis  des  siècles  et  restitué  presque  intact,  par  la  terre  qui 
le  conservait,  aux  patients  et  érudits  explorateurs  de  l'École 
française  d'Athènes. 

Le  Secrétaire, 
Henry  Rousseau. 
Vu  : 
pour  le  président  : 

Le  Membre  délégué. 
Ad.  Delvigne. 


RAPPORT 

AU    COMITÉ    DE    LA    SECTION    ARTISTIQUE    DE    LA    COMMISSION 
ROYALE   DES  ÉCHANGES   INTERNATIONAUX. 


Les  Musées  de  Cologne  et  d'Aix-la-Chapelle. 


Messieurs» 

* 

II  est  vraiment  utile,  au  moment  où  le  transfert  des  Musées 
va  permettre  de  donner  aux  collections  des  Échanges  et 
d'Art  monumental  une  organisation  nouvelle  et  définitive, 
d'examiner  ce  que  Ton  a  fait  dans  les  Musées  de  l'étranger 
et  d'y  puiser  toutes  les  indications  qui  peuvent  aider  non 
seulement  à  compléter  judicieusement  ces  collections,  mais 
encore  à  les  disposer  méthodiquement;  l'expérience  d'aulrui 
jointe  à  la  nôtre  nous  montrant  les  exemples  à  suivre,  les 
erreurs  à  éviter,  nous  pourrons  arriver  à  réaliser  un  classe- 
ment et  des  dispositions  qui  répondent  au  but  essentiel  de 
l'institution  d'un  Musée  de  moulages  :  un  enseignement  large 
et  fécond  —  parce  qu'intuitif  —  de  fart  monumental. 

J'envisage  donc  les  missions  que  vous  me  faites  l'honneur 
de  me  confier  à  ce  double  point  de  vue  :  acquisitions  à  faire  ; 
dispositions  à  retenir,  non  pour  les  copier,  mais  pour  s'en 
inspirer  à  l'occasion. 


—  458  — 

Dans  cet  ordre  d'idées,  je  vous  signalerai  tout  d'abord  les 
deux  salles  pompéiennes  du  Musée  Wallraf-Richarlz,  à 
Cologne. 

Décorées  dans  le  style  léger  qui  florissait  dans  la  ville  de 
plaisance  des  Romains  au  moment  de  sa  brusque  destruc- 
tion, elles  renferment  notamment  des  moulages,  bromes,  de 
sculptures  antiques  en  métal. 

Il  me  parait  y  avoir  là,  Messieurs,  un  principe  à  retenir; 
en  effet,  quel  intérêt  n'acquerrait  pas  le  Musée  si  les  moulages 
placés  dans  les  petites  salles  y  étaient  présentés  dans  un 
entourage  de  leur  époque?  II  ne  s'agit  pas,  bien  entendu, 
de  composer  une  architecture  conçue  dans  tel  ou  tel  style, 
mais  bien  d'étendre  à  l'intérieur  des  salles  le  principe  admis 
déjà  pour  leurs  entrées  et  de  réaliser  cette  décoration  syn- 
chronique  au  moyen  d'éléments  moulés  sur  des  originaux 
authentiques. 

Certes  cela  ne  sera  pas  toujours  facile,  ni  même  possible 
dans  certains  cas  ;  mais  j'estime  qu'il  importera  de  ne  laisser 
échapper  aucune  occasion  de  recourir  à  ce  mode  d'exposition 
à  la  fois  plus  attrayant  et  plus  instructif. 

Déjà  la  générosité  du  Roi  a  doté  le  Musée  d'Art  monu- 
mental d'un  intérieur  de  chapelle  gothique  primaire,  pris 
dans  l'église  de  Dronlheim;  en  ce  moment  même,  nos 
ouvriers  achèvent  de  mouler  riotérieur  des  deux  chapelles 
que  sépare  le  Tabernacle  dans  l'église  de  Hal  ;  ce  sont  là, 
Messieurs,  les  noyaux  d'une  nouvelle  série  de  reproductions 
d'ensembles  que  nous  pourrons  compléter  jusqu'à  un  certain 
point  dans  l'avenir. 

Je  n'ai  pas  grand'chose  à  dire  des  moulages  d'antiques  du 
Musée  Wallraf-Richartz  ;  ce  sont,  pour  la  plupart,  les  clas- 


—  459  — 

siques  bien  connus  :  le  Discobole  de  Myron,  la  Pallas  de 
Vellelri,  les  bustes  d'Auguste,  de  Lucius  Verus,  etc.  ;  j'y 
ai  remarqué  aussi  le  «  Satyre  versant  à  boire  » ,  de  l'école 
de  Praxitèle,  et  la  c  Le  m  nia  » ,  d'après  Phidias,  dont  les 
moulages  viennent  précisément  de  nous  être  envoyés  par 
les  Musées  royaux  de  Berlin. 

Je  ne  vous  ferai  donc  aucune  proposition,  Messieurs,  pour 
ce  qui  concerne  les  reproductions  de  cette  catégorie,  estimant 
que  le  seul  moulage  d'après  l'antique  à  acquérir  quant  à 
présent  est  celui  du  Portique  du  Trésor  des  Gnidiens,  qui  a 
ait  l'objet  d'un  de  mes  précédents  rapports. 

.** 

Passons  au  moyen  âge. 

Le  Musée  de  Cologne  possède  le  moulage  de  la  partie 
supérieure  de  la  statue  de  Sainte-Plectrude,  couchée  sur  son 
tombeau,  dans  la  crypte  de  l'église  Sainte-Marie  au  Gapilole; 
j'ai  décrit  le  moulage  complet  de  ce  monument  dans  mon 
rapport  sur  l'Exposition  de  Dûsseldorf  et  j'en  proposerai 
l'acquisition  aussitôt  que  je  la  saurai  réalisable. 

A  mentionner  encore  :  un  bas-relief  du  xiu*  siècle  repré- 
sentant le  Christ  entre  Saint-Pierre  et  Saint-Eucharius  (l'ori- 
ginal en  pierre  se  trouve  à  Neuthor,  près  de  Trêves),  et  deux 
statues  aux  formes  un  peu  grêles  :  l'Église  et  la  Synagogue, 
qui  se  trouvent  au  portail  méridional  de  la  cathédrale  de 
Strasbourg. 

Pour  ce  qui  concerne  l'art  de  la  Renaissance  allemande, 
je  n'ai  à  proposer,  Messieurs,  que  la  confirmation  d'un  projet 


—  460  — 

inscrit  depuis  longtemps  sur  la  liste  de  nos  desiderata  :  l'achat 
des  moulages  de  deux  statues  de  Pierre  Yischer  appartenant 
à  la  série  des  personnages  de  la  race  des  Habsbourg  qui  font 
un  cortège  triomphal  au  tombeau  de  Maximilien  Ier,  dans  la 
Hofkirche  dinnsbruck  (i). 

Ces  figures  représentent  respectivement  Théodoric,  roi 
des  Osl-Golhs,  mort  en  826,  et  Arthur,  roi  d'Angleterre, 
mort  en  542;  toutes  deux  furent  exécutées  en  1513.  Il  y 
aura  lieu  d'y  joindre  celle  de  Rodolphe,  comte  de  Habsbourg, 
mort  en  1252.  Ces  moulages  se  vendent  chez  Kreitlmayr,  à 
Munich,  au  prix  de  750  marks  chacun. 

La  renaissance  italienne  est  assez  largement  représentée 
dans  le  musée  Golonais  ;  j'y  ai  remarqué  plus  d'un  moulage 
dont  l'acquisition  serait  à  souhaiter. 
•  Ce  sont  d'abord  quatre  fragments  d'une  des  trois  portes 
d'Andréa  Pisano,  placées  au  Baptistère  Saint-Jean  entre  les 
années  1330  et  1356;  ils  représentent  :  la  Naissance  de 
Saint-Jean-Baptiste,  ses  funérailles  et  deux  sujets  allégo- 
riques :  la  Foi  et  l'Espérance. 

Puis  six  des  panneaux  de  la  frise  des  orgues  du  Dôme  de 
Florence,  par  Luca  délia  Robbia  ;  l'ensemble,  actuellement 
au  musée  de  Sainte-Marie-des  Fleurs,  se  compose  de  dix 
bas-reliefs  décorés  d'anges  chanteurs  et  musiciens. 

Un  beau  médaillon  en  marbre  d'Antonio  Rossellino  :  la 


(<)  Voir  :  Les  statues  de  bronze  entourant  le  tombeau  de  l'empereur 
Maximilien  Ier  à  Iunsbruck  ;  notice  par  Eug.  van  Overloop.  —  Bruxelles, 
Hayez,  impr.,  1902. 


—  461  — 

Vierge  en  adoration  devant  Jésus,  Saint-Joseph  derrière  elle, 
des  pâtres  au  fond. 

Un  bas-relief  de  Verrocchio  :  la  Vierge,  coiffée  à  la  mode 
du  temps  de  l'artiste,  posant  la  main  droite  sur  l'épaule  de 
Jésus,  debout  sur  un  meuble  à  côté  d'elle. 

L'admirable  «  Pieta  *,  de  Saint-Pierre  de  Rome,  que 
Michel-Ange  exécuta  à  l'âge  de  24  ans  et  qui  est  peut- 
être  la  plus  émouvante  des  œuvres  de  cet  admirable 
artiste. 

Enfin  le  gracieux  «  Mercure  soulevé  par  le  souffle  du 
vent  »,  de  Jean  Bologne. 

Tous  les  sculpteurs  que  je  viens  de  nommer  sont  repré- 
sentés déjà  dans  nos  collections,  et  l'acquisition  des  mou- 
lages dont  l'énumération  précède  peut  être  ajournée  jusqu'à 
ce  que  nous  ayions  pu  obtenir  certaines  reproductions  d'une 
utilité  plus  immédiate  ;  je  ferai  exception  toutefois  pour  la 
•  Pieta  »  de  Michel-Ange,  que  nous  avons  sous  la  main  : 
notre  mouleur,  M.  Simon,  en  a  fait  l'achat  pour  son  compte 
personnel  et  serait  disposé  à  nous  la  céder;  ce  moulage  se 
vend  600  francs  à  l'École  des  Beaux-Arts  de  Paris. 


* 


Je  mentionne  pour  mémoire  et  sans  rien  proposer  en  ce 
qui  les  concerne,  quelques  moulages  de  sculptures  modernes: 
une  c  Hébé  »  de  Thorwaldsen,  deux  «  Victoires  »  de  Rauch, 
c  Agar  et  Ismaël  »  par  Witlig,  des  bustes  du  même  auteur 
et  de  Tilgner,  un  portrait  du  prince  Léopold  de  Dessau,  par 
Schadow;  une  maquette  pour  le  monument  de  Frédéric- 
Guillaume  III,  dont  la  statue  équestre  est  de  Blaser,  le 


—  462  — 

piédestal  de  Schievelhein,  les  statues  et  bas-reliefs  qui  le 
décorent,  de  différents  artistes. 

*  • 

Quelques  roots  à  présent,  Messieurs,  des  objets  originaux. 

Nombreux  sont,  au  musée  municipal  de  Cologne,  les 
fragments  de  l'architecture  romaine  provenant  des  états 
successifs  de  la  ville,  depuis  la  Colonia  Agrippinensis, 
élevée,  après  les  Ubiens,  par  les  vétérans  de  la  mère  de 
Néron,  jusqu'à  la  Colonia  dont  les  Francs  s'emparèrent.  Si 
intéressante  que  soit  leur  étude,  je  ne  m'y  attarderai  pas  ; 
elle  serait  inutile  ici,  puisque  nous  avons  à  notre  disposition 
un  grand  nombre  de  moulages  de  monuments  romains;  je 
me  borne  à  noter  en  passant  d'intéressants  sarcophages  et 
des  stèles  d'une  belle  conservation. 

Quelques  pierres  tumulaires  encore,  celles-ci  de  l'époque 
mérovingienne;  les  unes  portent  la  croix  ansée,  d'autres  la 
croix  en  forme  de  tau;  puis  des  chapiteaux,  provenant  pro- 
bablement du  dôme  primitif,  commencé  sous  le  règne  de 
Gharlemagne  el  consacré  cinquante-neuf  ans  après  sa  mort, 
par  l'archevêque  Willibert;  ces  chapiteaux  procèdent  direc- 
tement de  l'ordre  corinthien  des  Romains. 

Quelques  fragments  permettent  d'étudier  les  éléments 
constructifs  dans  leurs  transformations  successives  depuis 
le  commencement  du  xi*  siècle  :  bases  à  deux  tores  séparés 
par  une  scolie;  chapiteaux  cubiques,  ou  bien  en  forme  de 
corbeille  entourée  de  feuillage  rappelant  encore  le  corin- 


—  463  — 

thien,  ou  agrémentés  de  figures  d'hommes  ou  d'animaux, 
comme  le  pélican  avec  ses  petits. 

Gomme  sculptures,  de  curieuses  cuves  baptismales  du 
xê  ou  du  xi*  siècle,  portant  à  l'extérieur  les  quatre  tètes  que 
Ton  rencontre  habituellement  à  cette  époque,  ainsi  que  les 
lions  et  les  dragons  symboliques;  puis  des  fragments  de 
reliefs  d'une  sculpture  naïve  mais  énergique;  l'un  porte 
des  ornements  d'un  beau  style  ;  d'autres,  des  personnages  : 
un  prêtre  entre  un  charpentier  et  un  dragon  qui  tient  une 
sphère  dans  la  gueule;  plus  loin,  un  autre  dragon  qui  dévore 
un  homme,  un  autre  homme  couché,  un  combat  entre  un 
lion  et  un  dragon;  des  bases  de  colonnes  formées  d'ani- 
maux, etc.,  etc. 

* 
«  * 

D'autres  chapiteaux  encore  montrent  les  formes  diverses 
appliquées  à  ce  membre  caractéristique  de  l'architecture 
depuis  les  entrelacs  de  galons  et  les  rubans  perlés  jusqu'à 
la  luxuriante  végétation  créée  par  les  tailleurs  de  pierre  de 
l'époque  gothique  ;  d'autres  fragments  indiquent  le  tracé  des 
arcs,  la  décoration  des  frises,  etc.  Beaucoup  de  morceaux 
historiés  :  un  tympan  décoré  des  figures  de  la  Vierge,  de 
Saint-Jean  et  de  deux  évéques;  une  vingtaine  de  consoles 
du  début  du  xve  siècle,  avec  des  ouvriers  au  travail  (comme 
à  celles  de  notre  hôtel  de  ville  de  Bruxelles),  des  moines, 
des  musiciens,  des  animaux  à  tète  humaine  et  autres  créa- 
tions hybrides  qui  rappellent  nos  écoinçons  de  l'église  du 
Sablon  et  de  la  Chapelle  des  Comtes  à  Courlrai;  sculptures 
habiles  et  d'une  haute  fantaisie,  dans  lesquelles  la  verve 
fantastique  et  parfois  trop  hardie  des  artistes  du  xive  et  du 
XVe  siècle  s'est  donnée  libre  carrière. 


—  464  — 

La  sculpture  de  la  fin  du  xiv*  siècle  est  représentée, 
notamment,  par  trois  belles  pierres  avec  figures  en  haut- 
relief  :  des  chevaliers  couverts  d'armures. 

Celle  de  la  première  moitié  du  xv*  siècle,  par  plusieurs 
statues,  entre  autres  celles  de  Marsilius  et  de  Marcus  Agrippa 
qui  décoraient  antérieurement  la  tour  du  Giirzenich. 

De  la  fin  du  xv9  siècle,  plusieurs  statues  encore,  dont  une 
fort  belle  Vierge  de  grès,  à  vêtements  d'un  beau  pli  ;  comme 
sculptures  décoratives,  les  armoiries  de  la  ville  portées  par 
deux  anges  ;  ce  motif  provient  de  la  Chapelle  du  Conseil, 
située  sur  la  place  de  l'Hôtel  de  Ville. 

Quelques  jolis  bas-reliefs  du  xvie  siècle  enfin,  entre  autres 
la  Cène  et  le  Christ  au  Jardin  des  Oliviers,  une  Sainte- 
Véronique  et  la  Résurrection  de  Lazare. 

Tous  ces  ouvrages  sont  en  pierre;  la  sculpture  sur  bois 
peut  être  étudiée  aussi  dans  ce  Musée,  sur  des  spécimens  de 
différentes  époques. 

Deux  figures  d'un  Calvaire,  la  Vierge  et  Saint-Jean,  carac- 
térisent son  étal  au  xn6  siècle  :  leur  exécution  rude  et 
sommaire  est  rachetée  par  une  évidente  et  naïve  sincérité. 

Parmi  les  sculptures  exposées  dans  les  galeries  du  cloître, 
il  faut  remarquer  aussi  la  statue  d'un  évèque  de  Cologne, 
datant  du  xn*  siècle  environ;  puis  une  très  belle  Vierge 
assise,  évidemment  française,  mais  qui  sans  doute  a  appartenu 
à  une  église  de  Cologne  :  la  tète  est  couverte  d'un  voile  sur 
lequel  est  posée  la  couronne  à  gros  fleurons  ;  le  costume  se  ; 
compose  d'une  robe  et  d'un  manteau  d'un  pli  élégant  et 
naturel  ;  l'Enfant  Jésus,  debout  sur  le  genou  gauche  de  sa 


—  465  — 

Hère,  est  aussi  velu  d'une  robe  tombant  jusqu'aux  pieds  ;  il 
tient  un  petit  globe  de  la  main  gauche  et  regarde  en  souriant 
un  fruit  que  lui  offre  la  Vierge  ;  celle-ci  est  légèrement  pen- 
chée à  droite,  dans  une  attitude  aisée  et  gracieuse  ;  les  yeux, 
fendus  en  amande,  et  la  bouche,  ont  un  sourire  bien 
maternel.  Le  pied  gauche  est  posé  sur  le  Basilic. 

L'art  allemand  du  xive  siècle  est  caractérisé  encore  dans 
trois  hauts-reliefs  typiques  en  marbre,  qui  proviennent  d'un 
ancien  maître-autel  du  Dôme  de  Cologne  :  l'Annonciation, 
l'Adoration  des  Mages  et  la  Présentation  au  temple.  Les 
visages  sont  d'un  large  ovale,  les  chevelures  ondulées  aux 
tempes,  les  vêtements  amplement  drapés;  les  proportions 
sont  un  peu  courtes  et  les  altitudes  légèrement  affectées. 

Une  jolie  Vierge,  de  la  fin  du  même  siècle,  a  conservé 
toute  sa  belle  polychromie  primitive. 

De  la  fin  du  xv*  siècle,  deux  fort  belles  figures  d'anges  en 
habits  sacerdotaux,  debout  et  tenant  des  phylactères;  ils 
portent  un  long  surplis  recouvert  d'une  chasuble  à  franges 
et  d'une  chape  brodée  de  passementerie,  retenue  par  une 
bille  en  losange  quadrilobé;  les  ailes,  courtes,  sont  éployées, 
la  chevelure  tombe  en  longues  boucles  sur  les  épaules  ;  la 
tète  est  ceinte  d'un  diadème  avec  petit  mascaron  ;  ces  figures 
sont  en  bois  de  tilleul. 

Notons  encore  les  statuettes  de  Sainte-Agnès  et  de  Sainte* 
Dorothée,  groupées  sous  un  élégant  baldaquin  provenant  du 
tabernacle  du  Dôme. 


—  466  — 

J'ai  mentionné  dans  mon  rapport  sur  l'Exposition  de 
Dûsseldorf  des  retables  de  l'école  de  Galcar;  le  M  osée 
Wallraf-Richartz  en  possède  un  très  intéressant,  surtout 
par  son  réalisme;  il  est  en  chêne  et  représente  la  Déposition 
de  Croix,  le  Spasimo  et  le  Christ  au  tombeau  ;  tous  les  per- 
sonnages—  d'attitudes  fort  naturelles —  portent  des  costumes 
du  xvi*  siècle  et  les  soldats  romains  sont  armés  de  mousquets! 

Unejautre  figure  bien  réaliste  de  la  même  époque  est  un 
Saint-Quirin  en  pierre  provenant  de  Neuss  (Bas-Rhin). 

Le  même  Saint,  accompagné  des  saints  Éloi  et  Léonard, 
est  encore  représenté  dans  un  milieu  de  retable  daté  de  1519, 
exécuté  en  Souabe;  cette  pièce  est  posée  sur  un  gradin 
portant  les  armoiries  des  barons  de  Zimmern  et  des  comtes 
de  Henneberg,  pour  l'un  desquels  Pierre  Vischer  fit  un 
tombeau  de  bronze  dont  le  moulage  figure  dans  nos  collec- 
tions (n°  1793). 

Du  xviie  siècle  enfin,  le  beau  monument  funéraire  e& 
marbre  de  Henri  deReuschenberg(morten  1603).  Au-dessus 
de  la  statue  du  défunt,  un  haut-relief  représente  le  Christ 

dans  les  limbes. 

* 

L'École  d'Anvers,  dont  j'ai  signalé  des  œuvres  à  Dûssel- 
dorf, est  aussi  représentée  dans  le  Musée  municipal  de 
Cologne;  j'y  ai  remarqué  notamment  un  très  joli  retable  qui 
a  pour  sujet  l'Apparition  du  Christ  à  la  Madeleine,  et  quatre 
figures  d'hommes  porteurs  de  phylactères,  qu'il  serait  inté- 
ressant de  comparer  aux  retables  de  même  origine,  de  la 
chapelle  du  Château  de  Ponthoz  et  du  Musée  archéologique 


—  467  ~ 

d'Arlon  (t).  L'un  de  ces  hommes  a  le  nez  surmonté  de  grosses 
besicles  ;  il  est  imberbe  ;  un  autre  porte  la  barbe  courte,  le 
troisième  l'a  plus  longue  et  pointue  ;  le  dernier  la  porte  très 
longue  et  tressée,  signe  dislinctif  que  les  sculpteurs  attri- 
buaient jadis  aux  persécuteurs  des  chrétiens.  Leurs  coiffures 
bizarres  :  turbans,  bonnets  pointus,  chapeaux  à  larges  bords 
dentelés,  —  leurs  manteaux  très  amples  à  plis  nombreux, 
un  justaucorps  à  bords  découpés  agrémentés  de  glands,  avec 
manches  bouffantes  à  crevés,  —  les  font  reconnaître  pour 
des  œuvres  d'une  époque  bien  proche  encore  de  celle  à 
laquelle  Jean  Borman  florissait  dans  le  Brabant  et  antérieure 
à  toute  immixtion  des  influences  espagnole  ou  italienne  dans 
l'art  de  la  renaissance  aux  Pays-Bas. 

Ce  sont  là,  Messieurs,  des  figures  qui  intéressent  tout 
particulièrement  notre  art  national;  il  importerait  que  nous 
en  possédions  les  moulages;  ceux-ci  n'existent  pas  encore; 
mais,  grâce  à  l'extension  toujours  croissante  de  nos  relations 
internationales,  je  ne  désespère  pas  d'obtenir  qu'ils  soient 
exécutés  un  jour  à  notre  intention. 

AIX-LA-CHAPELLE. 

Le  Musée  Suermondt. 

Le  Musée  municipal  d'Aix-la-Chapelle  a,  comme  celui  de 
Cologne,  des  salles  décorées  en  styles  divers  plus  ou  moins 
en  rapport  avec  les  collections  qu'elles  contiennent.  Il  a,  lui 
aussi,  son  salon  pompéien,  dans  lequel  sont  rassemblés  les 
objets  d'art  de  l'antiquité,  y  compris  les  Égyptiens!  Ce 

(4)  Bull,  dts  Comm.  royales  d'art  et  (Tarchéol.,  XXX  (1891),pp.  99  et  216. 


—  468  — 

n'est  pas  précisément  cela,  je  me  hâte  de  le  dire,  que  j'avais 
en  vue  en  parlant  tantôt  des  installations  futures. 

Près  du  «  Triomphe  de  Galathée  »,  peinture  murale  copiée 
à  la  Maison  des  chapiteaux  peints  (Casa  dei  capitelli  colorali) 
de  Pompéi,  des  armoires  renfermant  des  statuettes  d'Isis,  des 
fragments  de  sarcophages  et  de  momies,  un  bateau  des  morts, 
des  étoffes  et  autres  tissus  coptes,  etc.  (La  suite  des  collec- 
tions égyptiennes  est  exposée  dans  une  autre  salle;  je  n'ai 
rien  à  y  signaler  qui  intéresse  spécialement  notre  Comité). 

La  même  salle  contient  des  objets  mycéniens  :  restitu- 
tions en  galvanoplastie,  armes,  etc.;  des  vases  grecs,  des 
figurines  de  Tanagra,  des  poteries  diverses  ;  des  statuettes 
de  marbre  et  de  bronze,  des  monnaies  et  autres  objets  de 
l'époque  romaine  et  enfin  quelques  moulages. 

Parmi  ces  derniers  :  le  sarcophage  qui  renferma  pendant 
un  demi-siècle  les  restes  de  Charlemagne  (moulage  signalé 
à  Dùsseldorf)  ;  la  Méduse  Rondanini,  réplique  romaine  d'une 
œuvre  de  l'époque  de  Praxitèle  (à  la  Glyptothèque  de 
Munich);  puis  des  torses  et  des  bustes  bien  connus  :  le 
Satyre  aux  crotales  des  Uffizi,  Laocoon,  Vilellius,  etc. 

*  * 

La  salle  consacrée  à  l'époque  romane  est  décorée  de  copies 
de  peintures  murales  du  xne  siècle;  le  plafond,  du  xui*,  est 
copié  d'une  maison  de  Zurich,  la  «  Zum  Loch  ». 

Parmi  les  moulages  : 

La  fameuse  t  Table  d'or  » ,  sorte  de  retable  en  or  repoussé 
(mentionné  aussi  à  Dùsseldorf;; 

Les  beaux  fonts  baptismaux  d'Hildesheim,  bronze  du 
xme  siècle  (acquisition  décidée  en  principe,  en  séance  du 


—  469  — 

9  décembre  dernier,  sur  la  proposition  de  M.  le  chevalier 
Marchai)  ; 

Une  partie  de  la  grande  couronne  de  lumière  suspendue 
dans  l'Octogone  de  la  cathédrale  d'Aix; 

Quelques  jolies  statuettes,  entre  autres  la  figurine  équestre 
de  Charlemagne,  du  musée  Carnavalet  à  Paris. 

Des  fragments  divers  :  tète  de  la  statue  de  Sainte-PIec- 
trude  ; 

Deux  panneaux  de  la  porte  du  Dôme  d'Hildesheim  (que 
nous  avons  toute  entière); 

Des  panneaux  des  châsses  du  Trésor  de  la  cathédrale, 
dont  je  parlerai  tantôt; 

Des  reproductions  d'objets  historiques  comme  le  candé- 
labre et  la  crosse  de  Saint-Bernward,  etc. 

Les  collections  de  l'époque  gothique  comprennent  un 
nombre  relativement  considérable  de  statuettes  de  saints, 
presque  toutes  du  xve  siècle.  Parmi  les  huit  ou  dix  figures 
de  la  Vierge  portant  Jésus,  il  en  est  une  du  xiv*  siècle  qui 
mérite  une  mention  spéciale  :  la  Vierge  est  assise  sur  un 
siège  sans  dossier;  elle  ne  porte  ni  voile  ni  couronne;  de  la 
main  gauche  elle  soutient  l'Enfant  Jésus  qui,  debout  sur  son 
genou,  touche  d'une  main  la  poitrine  de  sa  Mère  et  lient  dans 
l'autre  le  globe  terrestre;  entre  le  pouce  et  l'index  de  la 
main  droite,  les  autres  doigts  écartés,  la  Vierge  tient  avec 
précaution,  —  presque  avec  crainte,  —  un  grand  sceptre 
fleurdelisé,  probablement  moderne  ;  la  tète  est  un  peu  forte  ; 
le  visage,  largement  modelé,  les  joues  pleines;  la  bouche 
petite  et  les  yeux  aux  paupières  inférieures  légèrement 


—  470  — 

retroussées  ont  an  sourire  charmant  ;  un  peu  étonné  et 
presque  un  peu  railleur  à  la  fois;  c'est  la  jeune  mère  heu- 
reuse et  fière  de  son  enfant. 

On  remarque  encore  dans  Tune  des  salles  gothiques  quel- 
ques beaux  meubles  anciens»  —  parmi  des  imitations 
modernes,  —  provenant  de  la  chambre  à  coucher  du  docteur 
Franz  Bock,  l'un  des  principaux  bienfaiteurs  du  musée. 

Comme  moulages  : 

Le  lutrin-aigle  du  Dôme  (vu  à  Dûsseldorf); 

La  partie  supérieure  du  tombeau,  en  bronze,  d'Arnold  de 
Mérode,  qui  se  trouve  également  au  Dôme  d'Aix  ;  le  défunt  y 
est  représenté  agenouillé  devant  la  Vierge;  Saint-Michel  se 
tient  derrière  lui,  Saint-Bartholomé  du  côté  opposé. 

Je  passe  sur  quelques  autres  moulages  de  peu  d'impor- 
tance. 

*  • 

Le  musée  Suermondt  possède  une  remarquable  sériç  de 
meubles  de  la  Renaissance  :  secrétaires  avec  appliques  de 
fer  doré,  armoires,  chaises,  etc. 

Une  nombreuse  série  de  figures  de  la  Vierge,  de  Sainte- 
Anne,  de  Saint-Pierre,  de  Saint-Sébastien,  de  Saint-Chris- 
tophe, etc.,  en  bois  et  en  pierre,  du  xvie  siècle  pour  la 
plupart;  une  intéressante  collection  de  fragments  d'archi- 
tecture et  des  boiseries,  parmi  lesquelles  je  mentionnerai 
spécialement  une  remarquable  porte  en  chêne  sculpté,  avec 
dessus  vitré,  du  commencement  du  xviue  siècle  et  une 
chaire  hexagonale  en  chêne  également,  décorée  de  fenes- 
tralions  et  de  réseaux  d'un  dessin  très  riche;  elle  provient 


—  471  — 

de  Golkerad,  près  Erkelenz,  et  date  du  commencement  du 
xvi*  siècle. 

Comme  moulages,  il  y  a  à  signaler  : 

Le  beau  buste-reliquaire  de  Saint-Servais,  de  l'église  de 
Maeslricht  (original  en  argent  doré,  du  xvi°  siècle,)  et  quatre 
reliefs  d'un  retable  de  la  même  époque,  provenant  de  l'école 
de  Cal  car  et  appartenant  à  l'église  Saint- Victor,  à  Xanten. 

Le  Dôme. 

J'ai  mentionné,  Messieurs,  tant  à  l'exposition  de  Dûsseldorf 
que  dans  le  musée  Suermondt,  des  moulages  dont  les  origi- 
naux se  trouvent  dans  la  cathédrale  d'Aix-la-Chapelle,  me 
réservant  d'en  faire  la  description  d'après  les  originaux. 

La  clôture  de  la  Chapelle  des  Ames,  dans  le  cloître,  a 
été  décrite  assez  minutieusement  pour  qu'il  soit  inutile  d'y 
revenir. 

Le  sarcophage  romain  qui  renferma  les  restes  de  Charle- 
magne  représente,  je  l'ai  dit,  t  l'Enlèvement  de  Proserpinc  » . 

Sur  un  char  à  quatre  chevaux  dont  Mercure  tient  les 
rênes,  Plu  ton,  protégé  par  Minerve,  entraine  vers  les  Enfers 
la  fille  de  Cérès;  celle-ci  poursuit  le  ravisseur;  elle  est  dans 
un  char  tiré  par  des  serpents  ailés  que  guide  Hora,  symbole 
du  Temps  et  de  la  Rapidité,  et  excités  par  Iris,  qui  vole 
devant  eux  ;  dans  le  bas  se  voient  deux  des  tètes  de  Cerbère 
elle  haut  du  corps  du  géant  Encelade,  enseveli  sous  l'Etna; 
au-dessus  des  coursiers  de  Platon  plane  un  Amour  qui  porte 
le  flambeau  de  l'Hyménée;  sous  leurs  pieds  gît  Tellus.  Diane 
et  Vénus,  le  front  ceint  de  diadèmes,  se  tournent  vers  Cérès; 
entre  les  deux  déesses,  un  Amour  est  agenouillé  près  d'une 


—  473  — 

corbeille  de  fleurs  ;  un  autre  se  trouve  dans  le  char  du  dieu 
des  Enfers,  un  autre  encore  auprès  de  Minerve. 

Sur  l'un  des  petits  côtés  sont  représentés  un  jeune  homme 
et  deux  jeunes  filles  ;  sur  le  second,  un  autre  jeune  homme, 
un  génie  qui  porte  une  corne  d'abondance,  un  pâtre. 

La  Louve,  en  bronze,  date  de  l'époque  romaine  ;  elle  a 
donné  son  nom  à  l'entrée  principale  du  Dôme,  la  t  Wolfs- 
thûr  »  près  de  laquelle  elle  est  placée  ;  elle  décorait  jadis, 
parait-il,  une  fontaine,  au  milieu  du  parvis  du  Dôme  actuel; 
des  jets  d'eau  s'échappaient  de  ses  mamelles  et  de  sa 
gueule. 

Les  dix-sept  plaques  de  la  «  Table  d'or  »  représentent  :  le 
Christ  juge  du  monde,  la  Vierge,  Saint-Michel,  les  quatre 
Évangélistes  figurés  par  leurs  symboles,  l'Entrée  du  Christ 
à  Jérusalem,  la  Cène,  le  Lavement  des  pieds,  Jésus  au  Mont 
des  Oliviers,  son  Arrestation,  la  Flagellation,  le  Couronne- 
ment d'épines,  le  Portement  de  la  Croix,  la  Crucifixion  et 
les  saintes  Femmes  au  Sépulcre.  Jadis  ces  plaques,  qui 
peut-être  avaient  constitué  dans  le  principe  un  antependium, 
étaient  isolées  et  déposées  dans  le  Trésor  du  Dôme;  c'est  au 
moyen  d'un  don  fait  par  le  Dr  von  Olfers  que  l'on  a  pu  les 
assembler  pour  en  former  un  dessus  d'autel,  sur  le  modèle 
du  célèbre  «  paUotto  *  donné  vers  855  par  l'archevêque 
Angilbert  Pusterla  à  l'église  Sainl-Àmbroise  de  Milan  ;  leur 
encadrement  d'or  ciselé  et  enrichi  de  pierreries  esl  donc 
moderne. 

La  couronne  de  lumière,  chef-d'œuvre  de  l'orfèvre  Wibert, 
fut  offerte  à  la  cathédrale  en  1168  par  Frédéric  Barberousse 
et  sa  femme  Béatrix. 

*  * 


—  473  — 

Je  vous  ai  entretenu  longuement  —  trop  longuement 
peut-être,  Messieurs,  —  des  châsses  exposées  à  Diïsseldorf; 
je  ne  puis  cependant  parler  du  Dôme  d'Aix-la-Chapelle  sans 
mentionner  ses  deux  principaux  reliquaires,  aussi  célèbres  ' 
par  leur  beauté  que  par  les  restes  vénérés  qu'ils  ren- 
ferment. 

La  châsse  de  Gharlemagne  présente  sur  chacune  de  ses 
faces  longues  huit  arcades  à  plein  cintre  portées  par  des 
colonnettes  couplées  encadrant  des  figures  assises,  en  argent 
repoussé;  d'autres  figures  décorent  les  pignons;  chaque 
versant  du  toit  porte  quatre  panneaux  rectangulaires;  ils 
figurent,  en  bas-relief,  cinq  batailles  du  grand  empereur  en 
Espagne,  sa  confession,  l'acquisition  des  saintes  reliques  à 
Constantinople  et  la  consécration  du  Dôme  à  la  Vierge. 

La  châsse  de  Marie,  dite  aussi  c  des  quatre  grandes 
reliques  » ,  présente,  au  milieu  de  ses  faces,  un  avant-corps 
à  gâbje  répétant  les  pignons  ;  à  droite  et  à  gauche  de  cet 
avant-corps,  trois  Apôtres  sont  représentés  assis  dans  des 
niches  dont  l'arc  est  remplacé  par  deux  rampants  ;  des 
faisceaux  de  colonnettes  séparent  ces  niches  entre  elles;  de 
grandes  figures  sont  assises  aux  quatre  pignons,  sous  des 
arcs  trilobés;  celle  de  la  Vierge  avec  Jésus  est  la  plus  remar- 
quable. Chaque  versant  de  la  toiture  porte  six  arcades 
trilobées  avec  colonnettes  jumelles  surmontées  de  petits 
bustes  ;  sous  les  arcades,  des  bas-reliefs  retracent  des  scènes 
de  la  vie  de  la  Vierge  et  de  Jésus. 

La  première  de  ces  châsses  fut  exécutée  vers  la  fin  du 
xii9  siècle,  probablement  sous  la  direction  de  maitre  Wibert 
sinon  par  lui-même  ;  la  seconde  est  du  xm*  siècle,  par  ou 
sous  la  direction  de  maître  Johannes.  Toutes  deux  portent 


—  474  — 

celle  riche  ornementation  de  plaques  d'émail  que  j'ai  signalée 
I  déjà  dans  la  plupart  des  châsses  de  Dûsseldorf. 

Elles  ont  été  moulées,  au  moins  partiellement;  le  Musée 
Suermondt  en  possède  des  fragments. 

« 

La  conclusion  naturelle  de  ce  rapport,  Messieurs,  est  la 
proposition  d'inscrire  à  la  liste  des  desiderata  les  moulages 
qu'il  parait  désirable  d'acquérir,  autant  que  possible  par  voie 
d'échange  ;  il  y  aura  lieu  d'attendre  toutefois,  pour  entamer 
des  négociations  officielles  à  ce  sujet,  la  décision  de  la  Société 
Centrale  d'Art  industriel  de  Dûsseldorf;  cette  Compagnie 
sera  très  probablement  chargée,  comme  je  l'ai  fait  entrevoir, 
de  la  vente  et  sans  doute  aussi  de  l'échange  des  reproductions 
d'objets  d'art  de  l'Allemagne  occidentale. 

Le  Secrétaire, 

Henry  Rousseau. 
Vu: 

POUR   LE   PRÉSIDENT   #. 

Le  Membre  Délégué, 
Ad.  Delvigne. 


TABLE    DES   MATIERES. 


Paget. 

Liste  des  membres  effectifs  et  correspondants  de  la  Commission 
royale  des  monuments  en  1902 5 

Commission  royale  des  monuments.  —  Résumé  des  procès-ver- 
baux des  séances  des  mois  de  janvier  et  de  février  1902  43 

Marques  et  monogrammes  de  faïenciers  andennais,  précédés  du 
tableau  chronologique  des  fabriques  de  faïence  d'Andenne, 
d'après  des  documents  authentiques  inédits,  suivis  d'une 
notice  sur  Jacques  Richardot,  sculpteur -faïencier,  par 
M.  E.-J.  Dardenne,  membre  correspondant  de  la  Commission 
royale  des  monuments,  à  Andenne 35 

Commission  royale  des  monuments.  —  Résumé  des  procès-ver- 
baux des  séances  des  mois  de  mars  et  d'avril  1902       .       .      69 

Commission  royale  des  monuments.  —  Résumé  des  procès-ver- 
baux des  séances  des  mois  de  mai  et  de  juin  1902 .       .       .103 

Commission  royale  des  monuments.  —  Résumé  des  procès-ver- 
baux des  séances  des  mois  de  juillet  et  d'août  1902       .        .135 

Commission  royale  des  monuments.  —  Résumé  des  procès-ver- 
baux des  séances  des  mois  de  septembre  et  d'octobre  1902    .    163 

Commission  royale  des  monuments.  —  Séance  générale  prépara- 
toire du  4  octobre  1902.  Procès-verbal 193 

Commission  royale  des  monuments.  —  Assemblée  générale  et 
réglementaire  du  6  octobre  1902.  Présidence  de  M.  Lagàsse- 
deLocht 195 

Commission  royale  des  monuments.  —  Résumé  des  procès-ver- 
baux des  séances  des  mois  de  novembre  et  de  décembre  1902.    329 


—  476  — 


Pagw. 

,    559 


Nécrologie 

Rapport  sur  les  travaux  de  la  section  artistique  de  la  Commission 
royale  des  échanges  internationaux  pendant  Tannée  4900,  par 
M.  Henry  Rousseau .565 

Rapport  au  Comité  de  la  section  artistique  de  la  Commission 
royale  des  échanges  internationaux.  —  L'art  ancien  de 
l'Allemagne  occidentale  (Exposition  de  Dûsseldorf,  1902), 
par  M.  Henry  Rousseau 595 

Rapport  au  Comité  de  la  section  artistique  de  la  Commission 

royale  des  échanges  internationaux.  —  Moulages  de  monu- 
ments français  au  Trocadéro.  —  Moulages  des  fouilles  de 

Delphes  au  Louvre,  par  M.  Henry  Rousseau.        .        .        .447 

Rapport  au  Comité  de  la  section  artistique  de  la  Commission 

royale  des  échanges  internationaux.  —  Les  musées  de  Cologne 

et  d'Aix-la-Chapelle,  par  M.  Henry  Rousseau       .       .       .457 


PLANCHES. 


Pagci. 


Faïences,  marques  et  monogrammes  de  faïenciers  andennais, 

pi.  1  à  V 67 

Plan  de  l'ancienne  forteresse  de  Logne 167 


i 


BULLETIN 


DE? 


MM1SSI0NS  ROYALES 


D'ART  ET  D'ARCHÉOLOGIE 


BULLETIN 

COMMISSIONS  ROYALES 

D'ART   ET   D'ARCHÉOLOGIE. 

QUARANTE-DEUXIÈME    ANNÉE. 


BRUXELLES 

IMPRIMERIE  VAN  LAKGHEKDONCK,   HUE  DES  CHARTREUX,  60 


1903 


|THE  NEW  YORK 

PUBLIC  LIBRARY 


ASTOR,  LCNOX  A  NO 
TILDEN  F0UNDAT1ON6. 

19r-9 


* 


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LISTE 

Ï>E8 

MEMBRES  EFFECTIFS  ET  CORRESPONDANTS 

DB'  LA  - 

COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS 

EN    4  903 


MEMBRES   EFFECTIFS   : 

Président  :  M.  Lagasse-de  Locht  (Ch.),  Inspecteur  général  des 

ponts  et  chaussées  avec  rang  de  Directeur  général, 
à  Bruxelles. 

Vice- Présidents  :  MM.  Hellbputtb  (G.),  professeur  à  l'Université 
de  Louvain,  membre  de  la  Chambre  des  représentants,  à  Vlier- 
beek  lez  Louvain,  et  Helbig  (J.),  artiste  peintre,  à  Liège. 

Membres  :  MM.  Acrer,  architecte,  à  Bruxelles. 

Blohme  (L.),  architecte,  à  Anvers. 
Bordiad  (G.),  architecte,  à  Bruxelles. 
Gardon  (Ch.-L.),  artiste  peintre,  à  Bruxelles. 
Delacenserie    (L.),    architecte,    directeur    He 

l'Académie  des  Beaux-Arts,  à  Bruges. 
Maquet(H.),  architecte,  à  Bruxelles. 
Beusens  (E.),  chanoine,  archéologue,  à  Louvain. 
Van  Assche(A.),  architecte,  à  Gand. 
Van  Wint  (B.),  statuaire,  à  Anvers. 
Vinçotte  (Th.),  statuaire,  à  Bruxelles. 

Secrétaire  :  Massaux  (A.),  à  Etterbeek. 


—  6  — 


COMITÉS   DBS   CORRESPONDANTS   : 

ANVERS. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Vice-Président  :  M.  Smerens  (Th.),  président  honoraire  du  tribunal 

de  lr"  instance,  à  Anvers. 

Membres  :  MM.  Bilmeyer  (J.),  architecte,  à  Anvers, 

De  Bbaeckelebr(J.),  statuaire,  à  Borgerhout. 
de  Vinok  de  Winnezeele  (Bon),  archéologue,  à 

Anvers, 
Dibrckx,   ancien   membre  de  la   Chambre  des 

représentants,  à  Turnhout, 
Mast  (E.),  archéologue,  à  Lierre. 
Nève  (L.),  ingénieur,  à  Saint-Léonard  (Brecht). 
Van  Ca8TER  (le  chanoine),  archéologue,  à  Malioes. 
Van  der  Ouderaa,  artiste  peintre,  à  Anvers. 
Van  Leemputtbn  (F.),  artiste  peintre,  à  Anvers. 

Membre-Secrétaire  :  M.  Donnet(F.),  administrateur  de  l'Académie 

royale  des  Beaux-Arts,  à  Anvers. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Jacobs  (H.),  chef  de  bureau  à  l'Adminis- 
tration provinciale,  à  Anvers. 

BRABANT. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 
Vice-Président  :  M.  Van  Even  (E.),  archiviste  delà  ville,  à  Louvain. 

Membres  :  MM.  De  G  root  (G.),  statuaire,  à  Bruxelles. 

Delvionb  (le  chanoine),   archéologue,   curé  de 

Saint- Josse-ten-Noode. 
De  Vriendt  (J.),  artiste  peintre,  directeur 

l'Académie  des  Beaux-Arts  d'Anvers. 


i 


—  7  — 

MM .  Hanon  de  Louvet,  archéologue,  à  Nivelles. 
Janlbt  (E;),  architecte,  à  Bruxelles. 
Jakssens  (W.),  architecte,  à  Bruxelles. 
Lanqerook  (P.),  architecte,  à  Louvain. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Désirée  (H.),  chef  de  bureau  à  l* Admi- 
nistration provinciale,  à  Bruxelles. 

FLANDRE  OCCIDENTALE. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Bethune  (Bon  J.-B.),  archéologue,  Gouverneur 
de  la  Flandre  occidentale,  à  Bruges. 

Membres  :  MM.  Bethune  (B°o  F.),  chanoine-archidiacre,  à  Bruges. 

De  Geyne  (L.),  architecte,  à  Court  rai. 

De  Meter  (D.)t  docteur  en  médecine,  à  Bruges. 

Vandebxbrsch  (A.),  avocat,  à  Bruges. 

Membre. Secrétaire  :  M.  Van  Ruymbeke  (J.),  archéologue,  bourg- 
mestre d'Oedelem. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Van  de  Walle  (R.),  commis  de  2me  classe 
à  l'Administration  provinciale,  à  Bruges. 


FLANDRE  ORIENTALE. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 
Vice-Président  :  M.  Serrure  (E.),  architecte-archéologue,  à  Ganl. 

Membres  :  MM.  C loquet  (L.),  architecte,  professeur  à  l'Université 

de  G and. 

De  Waele  (J.),  architecte,  professeur  à  l'Aca- 
démie des  Beaux-Arts,  à  Gand. 

LtB4Ert  (T.),  artiste  peintre,  professeur  à  l'Insti- 
tut supérieur  des  Beaux* Arts,  d'Anvers,  à  Gand. 

Tttgadt  (L.),  artiste  peintre,  ancien  directeur  de 
l'Académie  des  Beaux-Arts,  à  Gand. 


—  8  — 

MM.  Van  Biesbroeck    (L.),   statuaire,    professeur  à 
l'académie  des  Beaux-Arts,  à  Gand. 
Van  dbr  Haeghen  (F.),  bibliothécaire,  directeur 
de l'Université de  Gand,  à  Saint-Denis-Westrem. 

Membre-Secrétaire  :  M.  De  Ceulenber  (à.),  professeur  de  l'Uni- 
versité, à  Gand. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  De  Landtshber  (J.),   chef  de   division  à 

l'Administration  provinciale,  à  Gand. 

HAINAUT. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 
Vice-Président  :  M.  Hubert,  architecte-ingénieur,  à  Mons. 

Membres  :  MM.  Cador   (A.),   ancien    architecte    de    la  ville,   à 

Charleroi. 

Devillers  (L.  ),  conservateur  honoraire  des 
archives  de  l'État,  président  du  Cercle  archéolo- 
gique, à  Mons. 

Soil  (E.),  juge  d'instruction,  à  Tournai. 

Sonneville  (C),  architecte,  à  Tournai. 

Van  Ba*telaer  (D.),  archéologue,  à  Saint-Josse- 
ten-Noode. 

LIÈGE. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 
Vice-Président  :  M.  Renier  (J.),  artiste  peintre,  à  Verviers. 

Membres  :  MM.  Bormans,  administrateur  inspecteur  de  l'Univer- 
sité de  l'État,  à  Liège. 

Drion  (M. -P.),  directeur  de  l'Académie  royale  des 
Beaux-^Arts,  à  Liège. 

Fb  an  cotte  (G.),  Ministre  de  l'industrie  et  du 
travail,  à  Bruxelles. 


-  »  — 

MM.  Jamab  (E.),  architecte,  à  Liège» 

Schuerhans  (H.),  premier  président  honoraire 

de  la  Cour  d'appel,  a  Liège. 
Sohoolmeesters  (E.),  archéologue,  vicaire  géné- 
ral, à  Liège. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Levers  (A.),  chef  de  division  au  Gouverne- 
ment provincial,  à  Liège. 


LIMBOURG. 

Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Vice- Président  :  M.  Van  Neuss(H.),  ancien  conservateur  des  archives 

de  l'État,  à  Hasselt. 

Membres  :  MM.  Courroit  (J.),  statuaire,  professeur  à  l'Académie 

de  dessin  et  à  l'école  industrielle,  à  Hasselt. 
Daniels  (l'abbé  P.),  archéologue,  à  Zolder. 
De  Grûnne  (Of  G.),  sénateur,  à  Russon. 
Jaminé  (L.),  architecte  provincial,  à  Hasselt, 
Schaetzen  (Chevalier  0.),  ancien  membre  de  la 

Chambre  des  représentants,  à  Ton  grès. 
Serrure  (E.),  architecte  de  la  ville,  à  Saint-Trond. 

Membre-Secrétaire  :  M.   De  Borman  (Chevalier  C),  membre  de  la 

Députation  permanente,  à  Schalkhoven. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Van  Weddingen  (A.),  commis  de  lr«  classe 

au  Gouvernement  provincial,  à  Hasselt. 


LUXEMBOURG. 


Président  :  M.  le  Gouverneur  de  la  province. 

Vice- Président    :    M.    Tandel,    commissaire   d'arrondissement,   à 

Arlon. 


—  10  — 

Membres  :  MM.  Cuppbr  (J.),  architecte  provincial,  à  Bastogne. 

Deome,  avocat,  à  Neufchàteau. 
dr  Mathblin,  statuaire,  à  Liège. 
Kurth  (G.),  professeur  d'histoire  à  l'Université 

de  Liège. 
van  Limburg-Stirum  (O   A.),  membre  de  la 

Chambre  des  représentants,  à  Bruxelles. 
Wilmar,  archéologue,  à  Amonines. 

Membre-Secrétaire  :  Van  dr  Wyngaert  père,  directeur  de  l'école 

industrielle,  à  Arlon. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Sibenaler  (J.-B.),  chef  de  bureau  au  Gou- 
vernement provincial,  à  Arlon. 

NÀMUR. 

Président  :  M.  lb  Gouverneur  db  la  province. 

Vice- Président  :  M.    Bequet  (A.),  président  de  la  Société  archéo- 
logique, à  Namur. 

Membres  :  MM.   Boveroulle,  architecte  provincial,  à  Namur. 

Dardenne,   ancien  régent  d'école    moyenne,   à 

Andenne. 
Del  Marmol  (Bon  F.),  archéologue,  à  Dinant. 
Lkanne  (F.\  architecte  honoraire  de  la  ville  de 

Namur,  à  Etterbeek. 
Soreil,  ingénieur,  à  Mnredsous  (Sosoye). 
Sosson,  chanoine  titulaire,  à  Namur. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Vandenneuker,  directeur  à  l'Administra- 
tion provinciale,  à  Namur. 


—  Il  — 


COMITÉ  SPÉCIAL  DES  OBJETS  D'ART. 


Président  :  M.  Hellbputte  (G.),  architecte,  professeur  à  l'Univer- 
sité de  Louvain,  membre  de  la  Chambre  des  représentants,  à 
Vlierbeek  lez  Louvain. 

Membres  :  MM.  De  Geoot  (G.),  statuaire,  à  Bruxelles. 

Helbig  (J.)»  artiste  peintre,  à  Liège. 
Heknebicq  (A.),  artiste  peintre,  à  Bruxelles. 
M  arc  h  al  (le  Chevalier  Edm.)>  secrétaire  perpétuel 
de  l'Académie  royale  de  Belgique,  à  Bruxelles. 
Reusen8    (le   chanoine    Edm.),    archéologue,    à 

Louvain. 
ViNÇ0TTE(Th.),  statuaire,  à  Bruxelles. 

Secrétaire  :  M.  Massaux  (A.),  à  Etterbeek. 


COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS 


RÉSUMÉ    DES    PROCÈS-VERBAUX 


^^*M**^**W^#^^*^*V^*^ 


SÉANCES 
des  3,  10,  17,  24  et  31  janvier;  des  7,  14,  21  et  28  février  1903. 


PEINTURE  ET  SCULPTURE. 

Des  avis  favorables  onl  été  émis  sur  : 

1°  La  proposition  de  faire  restaurer  divers  tableaux  qui     Église* 

1  ^  Grlnberflita. 

ornent  l'église  de  Grimberghen  (Brabant).  Il  semble  résulter  T,bl**«- 
du  rapport  de  M.  Cardon,  membre  du  Comité  des  corres- 
pondants, que  les  travaux  à  exécuter  aux  œuvres  d'art 
signalées  n'en  traîneront  pas  à  des  frais  importants.  Dans  ces 
conditions,  il  semble  qu'il  y  a  lieu  de  restaurer  en  même 
temps  tous  les  tableaux  désignés.  Cette  mesure  parait  utile 
pour  éviter  des  dégradations  plus  importantes; 
2°  La  proposition  de  faire  procéder  à  la  restauration  du       ëcu* 

de  SieenhafféU 

tableau  de  De  Crayer  qui  orne  le  maitre-autel  de  l  église  de     Tab|<»»- 
Sic  enliuiïel  (Brabant).  Se  ralliant  aux  conclusions  du  rapport 
de  M.  Cardon,  le  Comité  mixte  des  objets  d'art  est  d'avis 


—  H  — 

qu'il  y  aura  lieu  de  commencer  par  fixer  les  parties  de  la 
peinture  menaçant  de  se  détacher  et  rentoiler  le  tableau. 
Cette  dernière  opération  devra  être  faite  par  un  spécialiste. 
Lorsque  ces  ouvrages  préliminaires  seront  effectués,  la  Com- 
mission fera  examiner  le  tableau  par  des  délégués  afin  de 
déterminer  quels  sont  les  autres  ouvrages  qu'il  y  aurait  lieu 
d'y  faire  exécuter; 
blinde        5°  La  proposition  de  faire  restaurer  le  monument  Schut 

Saint-WiJlebrord,  r      r 

objATd"ri.  el  un  tableau  d'autel  attribué  à  Rubeos  qui  se  trouvent  dans 
l'église  de  Saint-Willebrord,  à  Anvers,  en  tenant  strictement 
compte  des  recommandations  faites  par  le  Comité  provincial 
des  correspondants.  Il  doit  être  entendu  que  ces  ouvrages 
s'exécuteront  sous  la  surveillance  du  dit  Comité; 
Mm  4°  Le  projet  relatif  à  l'exécution  de  peintures  murales 

m^nïlT     dans  l'église  de  Rhisnes  (Namur);  auteur,  M.  Meunier; 
dépara"  ^°  ^c  projet  concernant  la  décoration  picturale  de  l'église 

Décoration.    je  purnode  (Namur),  à  la  condition  que  le  ton  des  pilastres 
reste  uni  sans  aucune  ornementation;  auteur,  M.  Scboal; 
ÉfiiM  6°  Les  dessins  de  deux  vitraux  peints  à  placer  dans  la  nef 

de  Sainf-Sulplce, 

v.ulux      latérale  droite  de  l'église  de  Saint-Sulpice,  à  Diesl  (Brabant); 

auteurs,  MM.  Stalms  et  Janssens; 
Égiiaede         7°  Les  projets  relatifs  au  placement  de  sept  vitraux  le 

Saiole-Waadru,  r      '  r 

v.îJTax.  long  des  nefs,  du  pourtour  et  dans  la  chapelle  de  Saint- 
Ghislain,  en  l'église  de  Sainte- Waudru,  à  Mons  (Hainaut); 
auteur,  M.  Ladon; 
cathédrale  8°  Le  projet  relatif  au  placement  de  quatre  vitraux  peints 
vuraux.  fans  |e  bas-côté  sud  de  la  cathédrale  de  Bruges.  H  n'y  a 
pas  d'inconvénient  à  ce  qu'on  varie  le  ton  des  arcatures  des 
soubassements  de  fenêtre  à  fenêtre,  mais  non  de  lumière  à 
lumière.  II  y  aura  lieu,  eu  exécution,  de  simplifier  le  plus 


—  15  — 

possible  les  fleurages  au-dessus  des  dais.  Contrairement  à 
l'avis  de  M*r  le  baron  Bethune,  la  Commission  estime  que 
les  trois  personnes  de  la  Sainte-Trinité  doivent  avoir  le 
nimbe  cruciforme;  mais  elle  partage  sa  manière  de  voir 
qu'il  y  a  lieu  de  donner  pour  vis-à-vis  à  la  figure  représen- 
tant la  Synagogue  la  figure  représentant  l'église  de  Jésus- 
Christ;  auteur,  M.  Dobbelaere; 
9*  Le  projet  relatif  au  placement  d'un  vitrail  peint  dans     Egitoda 

....  .  StiBto-Walb«rf«, 

le  chœur  nord  de  l'église  de  Sainte- Walburge,  a  Âudenarde  kA^?,rd<- 
(Flandre  orientale)  ;  auteur,  M.  Ladon; 
10*  L'échantillon  de  restauration  de  la  croix  triomphale    x  **»* 

1  de  Rebaix. 

de  l'église  de  Rebaix  (Hainaul).  Tout  en  respectant  les  tons  °*ix t*»**- 
anciens  découverts  sous  les  couches  de  couleur  moderne, 
l'auteur,  M.  Manesse,  devra  donner  au  bleu  un  ton  moins 
noir,  un  peu  plus  verdàtreet  plus  harmonieux.  Son  attention 
a  été  appelée  également  sur  le  ton  brun,  qui  a  aussi  trop  de 
tendance  au  noir; 
il0  Le  modèle  de  la  statue  destinée  à  la  justice  de  paix  ju.u«. de p»«x 

J  r  do  BindM. 

de  Binche  (Hainaut),  moyennant  quelques  petites  observa-      Sul"°* 
tions  de  détails  dont  l'auteur,  M.  Mascré,  s'est  engagé  à  tenir 
compte  avant  de  livrer  son  œuvre  à  la  fonte. 
—  Il  a  été  procédé,  par  les  soins  du  Comité  mixte  des      égti* 

r  r  de  Sterrebeck. 

objets  d'art,  à  l'examen  des  tableaux  de  l'église  de  Slerrebeek,     T,w°««. 
dont  le  mauvais  état  a  été  signalé  par  le  Comité  des  corres- 
pondants du  Brabant. 

Les  tableaux  en  question  sont  au  r  ombre  de  six.  Deux 
surtout,  qui  sont  dépourvus  de  cadre  et  qui  sont  relégués 
dans  la  chapelle  des  fonts,  sont  dans  un  état  déplorable;  ils 
sont  recouverts  de  crasse,  troués,  les  bords  rongés  aux 
endroits  où  ils  ont  été  cloués  sur  les  châssis. 


—  16  — 

Sans  avoir  une  importance  marquante  au  point  de  vue 
artistique,  les  tableaux  de  l'église  de  Sterrebeek  ne  sont  pas 
cependantsansoffrirquelqueiutérét.  En  tous  cas,  ils  méritent 
de  recevoir  les  soins  que  comporte  leur  conservation. 

Il  faudrait,  en  tout  premier  lieu,  procéder  au  renloilage 
des  deux  plus  endommagées  de  ces  œuvres.  Ce  travail 
devrait  être  confié  à  un  spécialiste  qui  ne  s'occuperait  que 
du  renloilage,  M.  Mommen,  de  Bruxelles,  par  exemple. 
Il  pourrait  être  chargé  d'examiner  si  semblable  opération  ne 
doit  pas  être  effectuée  à  Tune  ou  l'autre  des  autres  toiles  et 
si  l'œuvre  peinte  sur  panneau,  le  Christ  en  croix,  ne  devrait 
pas  être  parquetée,  opération  qui  rentre  également  dans  les 
aptitudes  du  même  spécialiste. 

Ces  travaux  préliminaires  étant  effectués,  il  serait  procédé 
à  un  nouvel  examen  des  peintures  précitées  et  on  ferait  choix 
d'un  restaurateur  qui  aurait  pour  mission  de  nettoyer  les 
œuvres  avec  soin  et  de  retoucher  les  parties  endommagées. 
Celte  opération  devra,  en  lous  cas,  être  bornée  au  strict 
nécessaire  pour  assurer  la  conservation  de  la  peinture.  Par 
conséquent,  elle  ne  s'élèvera  pas  à  un  chiffre  bien  iraporlant. 

Le  conseil  de  fabrique  devrait  être  invité  à  s'entendre 
avec  M.  Mommen,  qui  fournirait  un  devis  de  la  dépense  à 
résulter  des  ouvrages  qui  rentrent  dans  sa  spécialité.  En 
transmettant  cette  estimation  aux  autorités  compétentes,  les 
administrations  locales  feraient  connaître  le  montant  de  leur 
intervention  dans  la  dépense. 

Mu^  de  Gud.      —  Le  tableau  de  feu  De  Taeye  représentant  Charles  Martel 

à  la  bataille  de  Poitiers,  a  été  examiné,  le  12  février  1903, 

dans  une  des  salles  du  nouveau  musée  de  la  ville  de  Gand. 

Cette  toile,  qui  mesure  9  mètres, sur  6,  était  dégagée  de 


—  17  — 

son  châssis  et  étendue  sur  le  parquet.  Elle  date  de  1858. 
Cela  n'empêche  pas  qu'elle  ne  révèle  déjà  des  fêlures  et  des 
retouches  tracées  par  une  main  maladroite. 

Un  ren toilage  complet  ne  semble  pas  nécessaire. 

Il  suffit  de  renouveler,  à  l'aide  de  patagons,  les  bords 
déchiquetés,  en  réparant,  après  le  dévernissage,  les  petites 
fentes,  qui  seront  ensuite  repassées  à  la  couleur.  L'application 
d'un  vernis  clôturera  les  opérations. 

S'il  ne  s'agissait  que  de  retouches,  M.  Louis  Maeterlinck 
pourrait  être  commis  à  les  pratiquer,  mais  comme  la  tâche 
à  accomplir  ne  laissera  pas  que  d'être  beaucoup  plus  com- 
plexe et  plus  difficullueuse,  il  sera  nécessaire,  si  la  commande 
lui  est  maintenue,  qu'il  s'adjoigne  un  spécialiste  de  grande 
expérience  tel  que  M.  Pelle  ou  un  autre  de  celte  force. 

La  remise  en  état  devra  être  faite  d'une  haleine  et  le  coût 
total  peut  en  être  évalué  à  500  francs  au  bas  mot. 

—  M.  le  curé  de  Deux-Acren  (Hainaut)  ayant  soumis  un       Êgii.ô 

de  Deux-Acreo. 

projet  de  décoration  du  chœur  et  du  transept  de  son  église,    Décoralion- 
il  a  été  décidé  que,  pour  se  prononcer  en  toute  compétence, 
un  examen  se  ferait  sur  place. 

L'édifice  est  conçu  en  partie  en  style  ogival  secondaire  et 
en  partie  en  style  ogival  tertiaire. 

C'est  un  des  plus  notables  spécimens  d'architecture  de 
cette  époque  que  l'on  rencontre  dans  la  région. 

La  tour  romane  élevée  entre  le  chœur  et  la  nef  principale, 
offre  une  masse  carrée  terminée  par  une  pyramide  à  quatre 
pans  flanquée  de  contreforts  très  élevés. 

L'église  n'est  pas  moins  intéressante  par  les  objets  mobiliers 
qu'elle  offre  à  l'attention  des  visiteurs. 

A  côté  de  fonts  baptismaux  romans  des  plus  remarquables, 


-  AS  — 

elle  conserve  des  lambris  en  chêne,  style  Louis  XV,  qui  en 
garnissent  toutes  les  parois,  deux  couronnes  de  lumières 
pédiculées  hexagonales,  en  fer  battu,  de  la  seconde  moitié 
du  xvc  siècle;  une  Vierge  miraculeuse  polychromée  en  bois, 
du  xue  siècle,  taillée  dans  un  seul  bloc  de  chêne  de  0m83. 

Le  trésor  renferme  aussi  plusieurs  pièces  de  grande  valeur 
appartenant  au  xvie  siècle. 

Les  trois  fenêtres  de  l'abside  ont  reçu  leur  décoration 
artistique  il  y  a  trente  ans.  Ces  verrières  méritent  une 
mention  honorable.  Elles  laissent  pénétrer  dans  celte  partie 
du  temple  une  clarté  douce  et  mystérieuse  qui  impressionne 
l'âme  et  invite  au  recueillement. 

Il  conviendra  que  l'auteur  du  projet  des  peintures  murales 
tienne  compte  du  cadre  artistique  où  ses  aptitudes  seront 
appelées  à  évoluer.  L'élude  qu'il  a  élaborée  paraît  acceptable 
dans  son  ensemble.  On  y  critiquera  toutefois  la  draperie  du 
soubassement  qui  gagnerait  à  être  monochrome,  verte  de 
préférence;  le  fond  du  décor  du  chœur  qui  est  terne  et  sans 
vie,  enfin  le  manque  d'harmonie  des  couleurs  de  l'œuvre 
présentée  et  des  vitraux. 

Sous  la  lour  ou  avant-chœur,  l'artiste  adoptera  la  même 
tonalité  que  dans  le  sanctuaire,  puisque  celui-ci  en  forme  la 
continuation. 

Le  fond  du  transept  devra  être  traité  plus  sobrement  que 
les  autres  parties  de  l'édifice. 
H6iei  —  Les  travaux  de  décoration  de  la  salle  du  Conseil  pro- 

du  Gouvernement 

^Gand8.1,     vincial,  ceux  du  promenoir,  de  même  que  les   tableaux 
Décoration.    a||£g0rjqUes  en  grisaille  placés  dans  les  panneaux  du  palier 

de  la  cage  de  l'escalier  d'honneur  de  l'hôtel  du  Gouvernement 
provincial,  à  Gand,  à  l'examen  desquels  il  a  été  procédé,  le 


Vitraux 


—  IS- 
IS février  1903,  sont  convenablement  exécutés.  En  consé- 
quence, rien  ne  s'oppose  à  ce  que  MM.  Heins  et  Vermeulen 
reçoivent  le  montant  de  leur  entreprise,  soit  7,956  francs. 

La  Commission  exprime  le  regret  que  les  dimensions  des 
cadres  des  panneaux  du  palier  de  l'escalier  n'aient  pas  été 
mesurées  d'une  façon  assez  précise  et  qu'on  ait  dû,  après 
coup,  compléter  les  panneaux  en  grisaille,  chacun  par  une 
bande  d'un  mauvais  effet. 

—  Il  résulte  d'une  communication  de  M.  le  curé  de      égu«e 

de  Diepeubcek. 

Diepenbeek  (Limbourg),  que  les  vitraux  dont  il  est  question 
dans  le  rapport  du  22  octobre  1902,  sont  placés  dans  le 
chœur  de  l'église  paroissiale. 

L'examen  auquel  il  a  été  procédé  de  ces  verrières,,  de 
concert  avec  MM.  Van  Neuss  et  l'abbé  Daniels,  membres  du 
Comité  des  correspondants,  a  démontré  que  ce  travail  est 
exécuté  en  dehors  des  principes  de  la  peinture  sur  verre 
préconisés  par  le  Collège.  En  effet,  la  composition  de  ces 
verrières  offre  un  médaillon  central  représentant  la  figure 
d'un  Saint  à  mi-corps,  entourée  d'un  encadrement  massif 
imitant  des  formes  plastiques.  Le  fond  même  de  la  fenêtre 
est  couvert  de  verre  à  peu  près  blanc  que  ceint  une  large 
bordure  aussi  peu  translucide  que  les  médaillons. 

Oo  ne  saurait  guère  approuver  semblable  travail  que 
l'autorité  fabricienne  n'a  d'ailleurs  laisser  placer,  parait-il, 
que  par  suite  d'un  malentendu  émanant  de  l'auteur  des 
vitraux  et  qui  avait  permis  à  la  Fabrique  de  croire  que  les 
projets  avaient  reçu  l'approbation  officieuse  de  la  Commission 
des  monuments  et  enfin  parce  qu'il  y  avait  urgence  à  rem- 
placer le  vitrage  délabré  qui  garnissait  les  baies  du  sanctuaire. 
Celui-ci  n'ayant  aucun  caractère  artistique  ni  monumental 


—  20  — 

et  le  remplacement  des  verrières  devant  causer  une  forte 
dépense  que  le  conseil  de  fabrique  n'est  pas  à  même  de  faire, 
on  peut  les  laisser  en  place,  mais  il  n'est  pas  possible  de 
recommander  semblable  travail  au  point  de  vue  d'un  subside 
à  imputer  sur  le  budget  des  Beaux-Arts. 
M.o«««M,Mu       —  Il  a  été  procédé,  le  19  janvier  4903,  dans  l'atelier  de 

Baroa 

0rbàVrioî!rrj'  M-  Vermeylen,  à  l'examen  des  modèles  du  groupe  el  du  lion 
destinés  au  monument  à  ériger,  à  Arlon,  à  la  mémoire  de 
M.  le  Baron  Edouard  Orban  de  Xivry,  ancien  gouverneur 
de  la  province  du  Luxembourg. 

Ces  modèles  ont  donné  lieu  à  une  observation  :  la  crinière 
du  lion  est  trop  peu  naturelle;  elle  est  composée  de  masses 
compactes  qui  ont  besoin  d'être  allégées. 

Sous  réserve  qu'il  sera  tenu  compte  de  cette  observation, 
l'artiste  peut  être  autorisé  à  passer  à  l'exécution  définitive 
du  monument. 


CONSTRUCTIONS  CIVILES. 

ArtMiuctopeiie  M.  Vander  Haegen,  brasseur,  rue  de  la  Porte  de  Bruges, 
i*^g™«e.  à  Gaod  (Flandre  orientale),  ayant  sollicité  l'autorisation  de 
percer  dans  la  façade  de  l'ancienne  chapelle  de  la  Leugemeete, 
sa  propriété,  en  celle  ville,  trois  baies  de  vitrines  et  une  baie 
de  porte  et  d'approprier  l'intérieur  en  maison  d'habitation, 
il  a  été  procédé,  sur  place,  le  12  février  1903,  à  l'examen 
de  cette  proposition. 

MM.  Lybaert,  De  Ceuleneer  et  Van  Biesbroeck,  membres 
du  Comité  des  correspondants,  assistaient  à  cet  examen. 

La  nouvelle  destination  de  l'édifice  devra  entraîner  fort 
probablement  la  destruction  des  restes  de  peintures  murales 


—  21  — 

qu'il  contient.  Ces  restes  se  rapportent  au  xive  siècle.  Ils 
sontépars,  très  clairsemés  et  très  mal  conservés.  On  distingue 
ou  plutôt  on  devine  quelques  rameaux  d'un  arbre  de  Jessé, 
les  linéaments  d'un  Saint-Jean,  à  la  gauche  du  chevet  de 
l'ancienne  chapelle  et  les  traces  d'un  pied  sur  la  façade  qui 
longe  la  rue. 

En  somme,  puisqu'il  existe  des  calques  et  des  photogra- 
phies des  peintures  faits  au  temps  où  on  pouvait  encore  les 
déchiffrer,  la  Commission,  d'accord  avec  ses  correspondants, 
est  d'avis  que  le  Gouvernement,  en  autorisant  tels  travaux 
que  de  besoin,  ne  commettra  point  de  faute  archéologique 
ou  artistique. 

—  Pour  répondre  au  désir  exprimé  par  M.  le  Ministre  de     château 
l'Agriculture,  il  a  été  procédé,  le  29  décembre  1902,  à  '«■««■«*• 
l'inspection  des  travaux  effectués  au  château  de  Franchimont. 

Ces  travaux,  jusqu'ici,  ont  consisté  en  de  simples  déblais; 
plus  de  vingt  mille  mètres  cubes  de  décombres  ont  été  enlevés 
et  déposés  dans  un  endroit  judicieusement  choisi.  Le  résultat 
immédiat  de  ces  déblais  effectués  dans  les  meilleures  condi- 
tions sans  qu'aucune  des  murailles  ait  été  compromise,  a  été 
la  découverte  de  presque  toutes  les  dispositions  du  château, 
de  manière  qu'il  est  aujourd'hui  possible  de  se  faire  une  idée 
précise  de  ce  qu'était  cette  célèbre  forteresse  au  temps  de  sa 
vitalité  et  de  son  éclat. 

Le  dégagement  des  fossés  nord  et  est  a  permis  de  déter- 
miner la  forme  et  les  dimensions  de  la  grosse  tour  nord-est, 
de  retrouver  les  vestiges  du  vieux  pont  de  pierre,  de  même 
plusieurs  embrasures  de  canon  donnant  sur  des  locaux 
encore  ignorés. 

Quant  au  château  lui-même,  abstraction  faite  de  son  intérêt 


—  22  — 

historique  el  archéologique,  il  produit  actuellement,  vu  de 
la  cour,  l'effet  le  plus  saisissant.  Franchimout  apparait 
maintenant  comme  une  des  ruines  les  plus  importantes  et 
les  plus  impressionnantes  du  pays. 

En  ce  qui  concerne  la  reprise  des  travaux,  vraisembla- 
blement au  retour  du  printemps,  il  a  été  décidé  qu'il  importait 
de  poursuivre  le  dégagement  complet  des  parties  basses  du 
monument,  c'est-à-dire  les  fossés  ouest  et  sud  en  contournant 
les  bastions  dont  plusieurs  sont  encore  inaccessibles. 

Le  cube  restant  à  enlever  serait  d'environ  dix  mille  mètres. 

D'après  M.  Lobest,  il  reste  encore  10,000  francs  environ 
sur  les  crédits  alloués.  Celte  somme  a  été  réservée  pour  qu'en 
tout  état  de  cause  il  y  ait  de  quoi  subvenir  aux  consolidations 
les  plus  urgentes.  La  délégation  est,  en  effet,  d'avis  d'affecter 
celle  somme  aux  réfections  qui  s'imposent  telles  aux  bastions, 
à  la  chapelle,  au  donjon,  au  mur  d'enceinte,  à  l'escalier  des 
princes,  etc.  Ces  consolidations  effectuées  avec  les  moellons 
de  décombre,  peuvent  se  faire  en  même  temps  que  le  restant 
des  déblais,  dont  on  utiliserait  une  partie  en  économisant  des 
frais  de  transport. 

En  beaucoup  d'endroits,  spécialement  à  la  chapelle  et  au 
donjon,  il  faudra  faire  des  coulis  de  ciment  et  prendre  toutes 
les  précautions  pour  éviter  l'infiltration  des  eaux  et  assurer 
leur  écoulement.  Ces  coulis  et  surtout  le  rejoiotoiemeot 
seront  effectués  en  échantillons  qui  seront  soumis  à  l'examen 
du  Collège. 

Il  est  encore  un  travail  éminemment  souhaitable  :  c'est  de 
reconstituer,  en  dessin,  ce  castel  du  xv*  siècle.  Les  restes 
en  sont  encore  nombreux  aujourd'hui;  toute  la  disposition 
terrienne  subsiste  et  le  donjon  a  presque  toute  sa  hauteur; 


;—  23  — 

en  outre,  de  nombreux  vesliges  ont  été  rencontrés  au  cours 
des  travaux  et  des  documents  importants  ont  été  assemblés. 
Il  y  aurait  là  matière  à  un  travail  graphique  d'une  importance 
archéologique  exceptionnelle,  car  il  donnerait  aux  historiens 
l'aspect  peu  connu  d'une  forteresse  du  moyen  âge  en  Belgique. 
Ce  serait  l'indispensable  complément  et  comme  la  conclusion 
des  travaux  entrepris. 

M.  Lohest  semble  tout  particulièrement  désigné  à  accom- 
plir  cette  tâche. 

On  ne  peut  se  dispenser  d'attirer  de  nouveau  l'attention 
de  l'autorité  supérieure  sur  la  nécessité  d'organiser,  dans  le 
plus  bref  délai  possible,  un  sérieux  gardiennal  du  monument 
par  les  soins  de  l'Administration  des  Bâtiments  civils,  à 
l'instar  de  ce  qui  se  pratique  à  Bouillon,  à  Laroche  et  ailleurs. 

Faute  d'un  préposé  énergique,  des  actes  de  déprédation 
se  commettent  fréquemment  et  c'est  peut-être  là,  pour  ce 
château,  une  cause  de  destruction  plus  sûre  que  les  intem- 
péries. 

Des  touristes  malveillants,  assurés  du  manque  absolu  de 
surveillance,  ne  se  font  pas  scrupule  d'arracher  des  moellons 
et  de  renverser  des  pans  de  mur.  Tout  récemment  une  porte 
a  été  enfoncée,  un  étançonnemenl  renversé  et  différents 
objets  provenant  des  fouilles  et  appartenant  à  l'État  ont  été 
volés. 

—  A  la  demande  de  l'Administration   communale  de  Pone  de  utti, 

à  Bouvigoet. 

Bou vignes,  il  a  été  procédé,  le  10  février  1903,  à  l'examen 
des  restes  de  la  porte  de  Laval. 

MM  Boveroulle,  Dardenne,  del  Marmol  et  Soreil,  membres 
du  Comité  des  correspondants  de  la  province  de  Namur, 
assistaient  à  cet  examen. 


—  u  — 

De  l'enceinte  de  la  ville,  il  ne  subsiste  que  l'entrée  repré- 
sentée par  deux  grosses  tours  massives,  tronquées  par  la 
vétusté  et  que  relie  un  passage  voûté. 

L'effort  lent  et  irrésistible  du  temps  les  désagrège,  les 
penche  de  plus  en  plus  vers  le  moment  fatal.  C'est  assez  dire 
qu'il  est  plus  que  temps  de  donner  le  signal  des  réparations 
que  leur  état  exige.  Sans  quoi  seront  anéantis  ces  vestiges 
si  célèbres  dans  le  pays,  peuplésde  tant  de  souvenirs  glorieux, 
témoins  de  tant  d'événements  qui  remplissent  les  pages  de 
l'histoire. 

Il  ne  peut  être  question  de  songer  à  rétablir  dans  leur 
situation  primitive  ces  spécimens  de  l'ancienne  architecture 
militaire.  Une  (elle  tentative  serait  hypothétique  et  dispen- 
dieuse. Les  seuls  travaux  que  la  Commission  voudrait  voir 
exécuter  sont  des  ouvrages  de  pure  consolidation  qui  déter- 
mineront un  point  d'arrêt  dans  la  marche  de  la  décrépitude 
des  vénérables  morceaux  trop  longtemps  dédaignés. 

Avant  d'entamer  ces  travaux  qu'il  importe  de  ne  confier 
qu'à  un  artiste  et  archéologue  compétent  en  matière  d'archi- 
tecture militaire,  il  conviendra  de  prendre  de  bonnes  photo- 
graphies du  monument. 

Ensuite,  on  devra  dégager,  au  bord  de  la  route,  la  tour 
où  se  sont  accumulés  des  décombres  s'élevanl  quasi  au  niveau 
du  sommet,  puis,  on  fera  les  déblais  intérieurs  et  la  répa- 
ration, à  l'aide  de  matériaux  écroulés,  des  larges  brèches  qui 
s'accusent  sous  la  voûte  du  passage.  On  ne  manquera  pas 
de  rendre  celui-ci  à  la  circulation  par  l'établissement  d'un 
aqueduc  souterrain  en  substitution  à  la  rigole  qui,  dévalant 
des  hauteurs,  le  traverse,  d'axe  en  axe,  avant  d'aller  jeter 
ses  eaux  dans  la  Meuse,  et  d'approprier  l'ensemble  en  débar- 


—  25  — 

rassant  les  murailles  des  plantes  sauvages  et  des  arbustes 
qui  émergent  des  assises  et  les  disjoignent. 

Enfin,  on  s'arrangera  de  telle  sorte  que  l'eau  ne  puisse 
pénétrer  dans  les  maçonneries  auxquelles  le  lierre  grimpant 
donnera,  un  jour,  le  charme  de  sa  végétation  élégante  et 
toujours  verte. 

Le  Comité  provincial  des  monuments  aurait  la  mission  de 
surveiller  ces  travaux  en  se  tenant  toujours  en  rapport  et 
d'accord  avec  la  Commission  royale. 

ÉDIFICES  RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

Des  avis  favorables  ont  été  donnés  sur  les  projets  relatifs  :    comtniction 

et  restauration 

i°  A  la  construction  d'un  presbytère  à  Havre  (Hainaul),  de  *«*■**««■• 
sous  la  réserve  de  supprimer  le  cordon  saillant  prévu  aux 
façades  entre  le  rez-de-chaussée  et  l'étage  ainsi  que  la  galerie 
aveugle  entre  les  deux  fenêtres  de  l'avant-corps;  architecte, 
M.  Muller; 

2°  A  la  construction  d'un  presbytère  à  Ghislelles  (Flandre 
occidentale).  L'attention  de  l'architecte,  M.  Pil,  a  été  attirée 
sur  la  distribution  intérieure  du  bâtiment,  l'escalier  et 
quelques  accessoires,  qui  pourraient  être  améliorés  au  cours 
de  l'exécution  des  travaux  ; 

3°  A  la  construction  d'une  maison  vicariale  à  Buret, 
commune  de  Ta  vigny  (Luxembourg);  architecte,  M.  Cupper; 

4°  A  la  restauration  du  presbytère  du  Centre,  à  Montigny- 
sur-Sambre  (Hainaut);  architecte,  M.  Nicolas; 

5°  A  l'exécution  de  travaux  de  restauration  au  presbytère 
de  Sosoye  (Namur)  ; 


—  26  — 

6°  À  la  restauration  des  toitures  du  presbytère  de  Neer- 
Landen  (Liège);  architecte,  M.  Martens; 

7°  A  l'exécution  de  divers  travaux  de  restauration  au 
presbytère  de  Lustin  (Namur);  architecte,  M.  Lange. 

ÉGLISES.  —  CONSTRUCTIONS  NOUVELLES. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  les  projets 
relatifs  à  la  construction  d'églises  : 
giiistfe         1°  A  Cortil,  sous  Corlil-Noirmont  (Brabant).  L'attention 

CorUI-Noirmont. 

de  l'auteur,  M.  l'architecte  Petit,  a  été  appelée  sur  le  danger 
des  infiltrations  pluviales  qui  pourraient  se  produire  dans  le 
mur  du  chœur  par  la  plate-forme  projetée  au-dessus  du 
dégagement  établi  vers  la  sacristie.  Il  serait  préférable 
d'éloigner  cette  toiture  du  mur  de  l'édifice; 
£*!••€  2*  A  Trois -Ponts  (Liège),  sous  réserve  de  diminuer  la 

de  Trois-PoaU.  \         O    /» 

hauteur  du  raccord  de  la  couverture  de  la  tourelle  d'escalier 
avec  la  maçonnerie  de  la  tour;  architecte,  M,  Hansen; 
Église  3°  A  Sleinbach,  sous  Limerlé  (Luxembourg),  sous  les 

de  Steinbeck. 

réserves  suivantes,  dont  il  pourra  être  tenu  compte  au  cours 
de  l'exécution  des  travaux  :  a)  l'édifice  sera  pourvu  de 
gouttières;  b)  les  fonts  baptismaux  seront  placés  au  nord,  la 
tourelle  d'escalier  au  sud;  c)  l'auteur  étudiera  avec  soin  les 
charpentes;  la  pente  des  toitures  sera  augmentée  en  vue  de 
la  couverture  en  ardoises;  architecte,  M.  Halkin. 
Ont  aussi  été  adoptés  les  projets  relatifs  : 
Égiite  U  A  l'aménagement  de  l'escalier  destiné  à  donner  accès 

de  MU  mort.  ° 

à  l'église  de  Milmort  (Liège);  architecte,  M.  Lohest; 
Égiite  2°  A  la  construction  d'une  sacristie  à  l'église  de  Burel, 

de  Bnret.  ** 

commune  de  Ta vigny  (Luxembourg);  architecte,  M.Cupper; 


—  87  — 
3°  A  rachèvoment  du  pavement  de  l'église  de  Saint-Jean,      fym 

r  G  de  Ssiiit-Jeao, 

à  Borgerhout  (Anvers),  et  au  placement  d'un  aulel  latéral  et  àBor*«rt0Bl- 
d'une  chaire  à  prêcher  dans  cet  édifice.  La  Commission  s'est 
ralliée  à  l'avis  émis  par  le  Comité  des  correspondants  en  ce 
qui  concerne  la  pierre  bleue  à  employer  pour  le  pied  de  la 
chaire;  ellea  aussi  appelé  l'attention  de  l'architecte,  M.  Toen, 
sur  le  peu  d'ampleur  de  la  cuve,  sur  la  maigreur  de  la  rampe 
de  l'escalier  et  sur  le  style  banal  de  la  grille  qui  entoure  le 
meuble; 
4*  A  la  construction  d'une  sacristie  à  l'église  de  Thibessart,   .   **»*  t 

°  de  Thibessart. 

commune  de  Mellier  (Luxembourg);  architecte,  M.  Cupper; 
5"  A  l'aménagement  des  abords  de  l'église  de  Saint-     m*  de 

9  °  Saint-Germain. 

Germain  (Namur);  architecte,  M.  Lange. 
Ainsi  que  les  dessins  d'objets  mobiliers  destinés  aux  oi.je*  mobiliers 

^  J  d'églises. 

églises  de  : 

Froid  lieu  (Luxembourg)  :  armoire; 

Zepperen  (Limbourg)  :  buffet  d'orgue; 

Louftémont  (Luxembourg)  :  chaire  à  prêcher  et  deux 
autels  latéraux; 

Saint- Bavon,  à  Gand  (Flandre  orientale)  :  armoire; 

Caulille  (Limbourg)  :  maitre-aulel; 

'S  Heeren-Elderen  (Limbourg)  :  buffet  d'orgue; 

Wurfeld,  sousMaeseyck  (Limbourg)  :  mobilier  complet; 

Waermaerde  (Flandre  occidentale)  :  mobilier  complet; 

—  Il  résulte  d'une  inspection  à  laquelle  il  a  été  procédé     Église  de 

1  a  r  Heure  le-Romain. 

que  la  tour  de  l'église  de  Heure-le-Bomain  remonte  à  l'époque 
romane.  On  a  utilisé,  dans  sa  construction,  des  débris  de 
maçonneries  romaines  ou  gallo-romaines,  ce  qui  est  une 
preuve  dosa  haute  antiquité.  Toutefois,  les  inscriptions  qu'on 
remarque  à  l'intérieur,  vers  le  haut,  n'ont  rien  d'authentique; 


—  98  — 

elles  paraissent  avoir  élé  tracées  par  des  ouvriers  ayant 
travaillé  à  l'édifice,  lors  de  restaurations  de  celui-ci. 

Les  constructions  de  cette  époque  sont  assez  rares  dans 
nos  campagnes  pour  que  Ton  prenne  soin,  lorsqu'il  n'y  a  pas 
impossibilité  absolue,  d'en  assurer  le  maintien.  En  consé- 
quence, il  est  nécessaire,  puisque  l'église  doit  être  agrandie, 
d'opérer  cet  agrandissement  en  conservant  la  tour. 

La  restauration  soignée  de  celte  tour  s'impose  au  moyen 
de  matériaux  semblables  à  ceux  existants,  lesquels  sont,  en 
majeure  partie,  le  silex. 

On  devra  respecter  aussi  l'angle  nord-ouest  de  l'église  qui 
parait  être  un  reste  de  construction  romaine  étant  donnée 
la  disposition  de  la  maçonnerie  établie  par  assises  régulières 
de  pierres  séparées  par  une  rangée  de  grandes  briques  plates. 

D'autre  part,  l'entreprise  devra  comprendre  le  déchaus- 
sement de  l'édifice  et  tous  les  moyens  à  mettre  en  œuvre 
pour  éviter  que  les  eaux  pluviales  ne  séjournent  au  pied  des 
murailles. 

Dans  le  cimetière  gil  l'ancienne  cuve  baptismale;  elle  est 
en  assez  bon  état,  mais  elle  est  dépourvue  de  pied.  Sa 
restauration,  du  reste  très  facile,  est  d'autant  plus  désirable 
que  l'église  est  dépourvue  de  baptistère. 

Une  statuette  en  bois,  du  xv'  siècle,  est  conservée  dans 
l'église.  Il  serait  désirable  de  la  voir  dépouillée  des  nombreuses 
couches  de  couleur  grise  qui  y  ont  été  appliquées,  car  cette 
œuvre  de  sculpture  offre  un  certain  mérite. 

Enfin,  il  convient,  ainsi  que  le  demande  le  Comité  pro- 
vincial des  correspondants,  de  prendre  les  mesures  de 
précaution  nécessaires  pour  assurer  la  conservation  des 
pierres  tombales  qui  se  trouvent  dans  le  pavement  des  nefs 


—  29  — 

ainsi  que  cela  a  été  fait  pour  d'autres  dalles  qui  ont  été 
appliquées  contre  les  murs  intérieurs,  lors  de  la  restauration 
du  chœur  et  du  transept,  il  y  a  quelques  années. 

A  la  demande  de  la  Commission,  M.  l'architecte  Van  Assche 
a  dressé  un  nouveau  projet  d'agrandissement  de  l'église.  Il 
peut  éire  adopté  sous  les  réserves  suivantes  : 

1°  La  chapelle  des  fonts  sera  érigée  contre  la  nef  latérale 
nord,  au  point  indiqué  par  la  lettre  A,  afin  de  respecter 
l'angle  nord-ouest  de  l'ancien  bas-côté,  qui  paraitétreun  reste 
de  construction  romaine; 

2*  On  élargira  encore,  dans  la  mesure  du  possible,  les  nefs  de 
l'édifice;  on  atteindra,  de  cette  façon,  une  superficie  se  rap- 
prochant sensiblement  de  celle  prévue  au  projet  précédent. 

—  L'examen  auquel  il  a  été  procédé  le  12  février  1903,      Éguude 

1  r  Saint-Maeaire, 

du  maitre-autel  et  de  deux  petits  autels  placés  dans  l'église      4Gand- 
de  Saint-Macaire,  à  Gand  (Flandre  orientale),  a  démontré 
que  ces  meubles  avaient  été  exécutés  de  façon  artistique 
dans  leur  simplicité  de  bon  goût. 

En  conséquence,  rien  ne  s'oppose  à  ce  que  le  subside 
promis  sur  les  fonds  des  Beaux-Arts  en  vue  de  ce  travail, 
soit  liquidé. 

—  L'autel  majeur  placé  dans  l'église  d'Otlergem  (Flandre     ,  M» 
orientale),  a  été  examiné  par  une  délégation  du  Collège  à 
laquelle  assistait  M.  Van  Biesbroeck,  membre  du  Comité 
provincial  des  correspondants. 

Si  les  statues  du  retable  paraissent  insuffisamment 
gothiques,  les  autres  parties  du  meuble,  en  revanche, 
sont  bien  composées. 

En  résumé,  l'ensemble  en  est  satisfaisant  et  présente  assez 
de  mérite  artistique  pour  que  le  subside  de  200  francs 


—  30  — 

promis  par  l'Administration  des  Beaux-Arts,  en  vue  de  ce 
travail,  soit  liquidé. 

TRAVAUX  DE  RESTAURATION. 

Le  Collège  a  visé  : 
agi*  1°  Le  projet  relatif  à  la  réparation  de  l'église  d'Êcaussines- 

d*Bcantiinee- 

d-Enghien.    d'Enghien  (Hainaut);  architecte,  M.  Tournay; 
Égiue         2°  Le  projet  de  restauration  de  la  toiture  de  réalise  de 

deBlaagie*.      ~ 

Blaugies  (Hainaut).  Il  y  aura  lieu  de  se  borner  aux  travaux 
de  renouvellement  et  de  restauration  qu'indique  M.  l'archi- 
tecte provincial  dans  son  rapport  du  13  septembre  1901. 
En  tous  cas,  il  ne  peut  être  question  d'autoriser  remploi  du 
zinc,  surtout  dans  le  cas  actuel  où  il  est  question  d'un  édifice 
qui  offre  du  mérite  au  point  de  vue  artistique  et  archéologique. 
L'attention  des  autorités  locales  a  été  tout  spécialement  attirée 
sur  l'état  de  situation  de  la  charpente  de  la  flèche  décrit  par 
M.  Weiler; 
âgiiM  de        3°  Le  projet  concernant  l'exécution  de  travaux  d'assai- 

YUIen-b-boooe- 

Etu-       nissement,  d'entretien  et  d'ameublement  à  l'église  de  Villers- 

la-bonne-Eau  (Luxembourg);  architecte,  M.  Cupper; 
%hm  4°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  deSosoye(Namur), 

de  potoye. 

sous  la  réserve  qu'il  sera  tenu  compte  de  toutes  les  recom- 
mandations formulées  par  M.  l'architecte  provincial,  dans 
son  rapport  du  29  décembre  1902; 

ta!*  5°  Le  projet  relatif  à  la  consolidation  de  l'église  d'Hdnret 

(Namur);  architecte,  M.  Lange; 

Église  6°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Neerlanden 

de  NeerUndeo.  % 

(Liège)  et  des  toitures  du  presbytère  de  celte  localité; 
architecte,  M.  Martens; 


—  31  — 

7°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Gyselbrechteghem    Jj^jJk. 
(Flandre  occidentale)  ; 
8°  Le  projet  concernant  des  travaux  de  restauration  à     ch»peii« 

1       "  d'Eegenhoven. 

effectuer  à  la  chapelle  d'Eegenhoven,  sous  Héverlé(Brabant); 
architecte,  M.  Van  Dormael  ; 
99  Le  projet  définitif  des  travaux  de  restauration  à  exécuter  ,  toi»  M 

r      *  de  Hougaerde. 

à  l'église  de  Hougaerde  (Brabant),  moyennant  de  tenir 
compte  des  observations  présentées  par  M.  l'architecte  pro- 
vincial en  chef;  architecte,  M.  Langerock; 
10°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Zande  (Flandre      taie 

de  Zande. 

occidentale),  à  la  condition  que  l'on  aura  égard  aux  obser- 
vations présentées  par  M.  le  baron  Belhune,  dans  son  rapport 
du  28  mars  1902,  en  ce  qui  concerne  la  restauration  de 
l'église  et  la  construction  de  la  sacristie;  architecte,  M.  Nolf; 
1 1°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  du  chœur  de  l'église      tien» 

r     J  °  deMeerbeek. 

de  Meerbeek  (Brabant);  architecte,  M.  Langerock; 

12°  Le  projet  de  restauration  des  toitures  de  l'église  de      **»*• 

r     *  °  de  Notre-Dame, 

Noire-Dame,  à  Courtrai  (Flandre  occidentale);  architecte,    àCourlrai- 
M.  Geers. 

—  L'inspection  à  laquelle  il  a  été  procédé,  des  travaux  de  ^iJffïhwm 
restitution  de  l'intérieur  du  chœur  de  l'église  de  Notre-Dame, 
à  Courtrai  (Flandre  occidentale),  a  permis  de  constater 
l'heureux  effet  que  produit  la  première  série  de  ces  travaux. 
Ceux-ci  consistent  en  réalité  à  découvrir  ce  que  l'on  avait 
caché  à  une  époque  où  l'exclusivisme  du  goût  allait  jusqu'au 
manque  de  respect  à  l'égard  de  formes  architecturales 
rationnelles  et  belles,  aujourd'hui  remises  en  lumière,  mais 
alors  qualifiées  de  barbares. 

Pour  découvrir  ce  beau  chœur,  ou  avait  à  enlever  le  revê- 
tement de  marbre  et  de  bois  peint,  retenu  au  moyen  de 


a  Courtrai. 


—  32  — 

crochets  scellés  dans  la  construction.  La  partie  enlevée  fait 
apparaître  au  jour  l'architecture  primitive.  Le  triforium  qui 
règne  dans  la  grande  nef  et  le  transept  restauré,  ne  se  répèle 
pas,  comme  on  le  supposait,  dans  le  chœur.  Il  en  résulte 
qu'on  pourra  un  jour  y  faire  peindre,  si  les  ressources  le 
permettent,  une  large  frise  de  figures,  dont  il  est  parlé  dans 
le  rapport  du  17  octobre  1896. 

Les  travaux  exécutés  le  sont  avec  soin  et  intelligence;  ils 
consistent  dans  la  restauration  des  deux  grands  piliers  de 
Tare  triomphal,  des  deux  premières  colonnes  du  chœur  et 
de  quatre  arcades  ogivales. 

Cinq  arcades  restent  encore  à  découvrir  ainsi  que  six 
colonnes  cylindriques  formant  l'abside. 

Une  de  ces  dernières  colonnes  est  déjà  visible  et  parait  en 
bon  état  de  conservation  ;  on  y  voit  encore  la  base  avec  ses 
moulures  primitives  presque  intactes,  ce  qui  fait  présumer 
et  espérer  qu'il  en  sera  de  même  des  autres. 

M.  le  curé,  MM.  les  délégués  de  la  fabrique  de  l'église 
et  de  l'Administration  communale,  présents  à  l'inspection, 
ont  tous  exprimé  le  vif  désir  de  voir  continuer  l'enlèvement 
complet  de  ce  hors-d'œuvre  disparate  dans  celte  église  si 
belle  et  si  intéressante  au  point  de  vue  de  notre  architecture 
du  xine  siècle. 

La  Commission  ne  peut  qu'appuyer  fortement  la  demande 
des  Administrations  intéressées.  Elle  verra  avec  bonheur  la 
restauration  complète  du  chœur  de  l'église  Noire-Dame. 

Le  projet  d'ancrage  soumis  parait  devoir  être  approuvé  ; 
ce  travail  est  d'une  urgence  incontestable. 

Le  projet  relatif  à  l'ouverture  et  à  la  restauration  de  la 
fenêtre  du  chevet  de  l'abside  peut  également  être  adopté, 


—  33  — 

sous  la  réserve  que  les  ajours  des  redents  seront  plus  ouverts 
et  que  la  naissance   des  petites  ogives  sera  légèrement 
remontée. 
—  Une  visite  faite  le  9  février  1903,  à  l'église  de  Saint-      U>*> 

°  de  Saint-Martin, 

Martin,  à  Àlost  (Flandre  orientale),  a  permis  de  constater      4A,osU 
que   les   travaux   de   décrépissage  s'exécutent  avec  une 
conscience  et  une  habileté  auxquelles  il  convient  de  rendre 
hommage. 

La  pierre  dure  de  Meldert  aux  tons  si  chauds  et  si  dis- 
tingués a  été,  entre  autres,  mise  à  nu  dans  le  chœur  et  dans 
le  pourtour,  laissant  voir  ainsi  l'appareil  de  la  construction. 
Le  sanctuaire  a  subi,  de  ce  chef,  une  métamorphose  radicale. 
Il  apparaît  maintenant  pénétré  d'une  lumière  abondante  et 
mystique,  dans  sa  note  vraie,  ayant  reconquis  sa  rare 
distinction.  C'est  un  spectacle  imposant  et  l'observateur  initié 
aux  principes  du  grand  art  de  la  restauration  y  éprouve  un 
vif  sentiment  de  surprise  et  d'admiration. 

Ces  magnifiques  travaux  ont  été  entrepris  pour  25,000  fr. 
Cette  somme  semble  modique  vu  l'ampleur  de  la  tâche  déjà 
accomplie  et  à  poursuivre  encore.  Dans  ce  coût  ne  figurent 
pas  les  imprévus  qui  ont  surgi  au  fur  et  à  mesureque  tombait 
le  manteau  de  plâtre  telles  les  pierres  ébrcchées,  les  moulures 
brisées  des  bases  de  colonnes  et  la  balustrade  mutilée  du 
triforium  médian. 

Dans  son  rapport  du  12  juillet  1902,  la  Commission 
déclarait  que  les  travaux  de  restauration  intérieure  de  l'église 
de  Saint-Martin  étaient  utiles  mais  ne  présentaient  pas  un 
caractère  de  réelle  urgence.  Cet  avis  était  basé  sur  le  vu  du 
monument  encore  recouvert  des  su  pei  fêta  lions  que  le  mau- 
vais goût  y  avait  accumulées  ;  mais  aujourd'hui  que  l'édifice 


—  34  — 

se  dépouille  de  ces  oripeaux,  le  mal  se  révèleetde  nombreuses 
mutilations,  des  désordres  graves  dans  les  œuvres  vives  se 
manifestent  à  toute  évidence.  Les  parties  en  péril  sur 
lesquelles  récemment  on  appelait  (attention  du  Collège, 
concernent  les  arcs  doubleaux  des  deux  voûtes  du  bas-côté 
du  transept  nord  déjà  reliés  par  des  armatures  de  fer  depuis 
la  reconstruction  à  la  suite  d'un  incendie  qui  le  dévora 
en  1600.  Une  crevasse  s'y  manifeste.  Une  flexion  vers  ledit 
transept  se  voit  dans  les  colonnes,  qui  sont  hors  d'aplomb 
de  0n10  au  moins  et  poussées  au  vide  par  le  poids  de  la 
voûte. 

La  première  colonne  à  l'entrée  de  la  grande  nef  du  côté 
nord-ouest  montre  aussi  des  signes  de  défaillance  qui  eo 
compromettent  beaucoup  la  solidité.  Son  lourd  fardeau  Ta 
fendue  à  la  base,  où  les  pierres  s'écrasent  et  menacent  de  se 
disjoindre. 

Sans  prétendre,  peut-être,  à  l'imminence  d'un  danger,  il 

importe  qu'une  prompte  et  prudente  réfection  des  parties 

disloquées  rende  la  sécurité  aux  fidèles  et  assure  pour 

longtemps  la  conservation  de  l'église. 

Église         —  M.  l'architecte  Langerock  ayant  signalé  à  l'attention 

S«inl  Germain,  °  J  ° 

à  Tiriemoot.  je  ja  Commission  la  découverte  qu'il  venait  de  faire,  sous 
le  chœur  de  l'église  de  Saint-Germain,  à  Tirlemont,  de 
l'entrée  de  la  crypte,  il  a  été  procédé,  le  25  décembre  1902, 
à  son  examen. 

C'est  en  creusant  les  fondations  du  nouvel  autel  du  Saint- 
Sacrement  que  le  pic  des  ouvriers  a  rencontré  l'ouverture 
de  cet.  hypogée  noyé  par  des  éboulis  qu'avait  provoqués  la 
chute  de  la  voûte  du  sanctuaire  lors  d'un  incendie  survenu 
en  1536. 


—  35  — 

La  baie  dégagée  est  cintrée  et  a  hauteur  d'homme.  Les 
déblais  opérés  s'étendent  à  im25  environ  en  profondeur 
horizontale.  Us  ont  mis  à  nu  deux  piliers  engagés  dans  les 
murs  extérieurs,  une  partie  des  nervures  et  les  naissances 
des  voûtes. 

Si  l'on  voulait  rendre  à  son  aspect  primitif  cette  ancienne 
chapelle  souterraine,  on  se  trouverait  en  face  d'une  lâche 
extrêmement  délicate  et  difficile.  La  dépense  en  serait  très 
élevée  —  au  bas  mot  100,000  francs  —  à  laquelle  la  fabrique, 
qui  a  consenti  les  plus  grands  sacrifices  lors  des  récents 
travaux  de  la  restauration,  n'est  pas  à  même  de  faire  face. 
Il  faudrait,  véritablement,  relever  le  niveau  du  chœur  d'au 
moins  lm50,  démolir  et  replacer  le  maître-autel  et,  en  outre, 
pour  obtenir  un  travail  satisfaisant,  surélever  la  voûte  du 
chœur  à  la  hauteur  qu'elle  avait  primitivement  à  en  juger 
par  les  vestiges  qui  existent  au-dessus  de  la  voûte  actuelle. 
Aussi,  le  parti  le  plus  simple  et  le  plus  sage  qui  a  été  suggéré, 
consiste  à  renoncer  aux  fouilles  mais  à  entreprendre  la  mise 
en  état  et  le  nettoyage  de  l'excavation.  Une  continuation 
ultérieure  des  investigations  risquerait  de  compromettre  la 
stabilité  du  remarquable  chœur,  d'en  disjoindre  et  d'en 
fissurer  le  riche  dallage  placé  il  y  a  un  quart  de  siècle. 

Le  travail  d'appropriation  du  souterrain  serait  complété 
par  la  construction  d'un  mur  de  soutènement.  Une  échelle 
de  fer  permettrait  d'y  accéder  et  une  trappe  plate  et  unie  au 
pavement,  défendrait  l'orifice.  Ainsi  le  visiteur  pourrait  se 
faire  une  idée  assez  exacte  de  la  disposition  et  du  caractère 
du  souterrain  tel  qu'il  existait  autrefois  et  dont  la  remise  au 
jour  ajoute  un  trait  à  l'histoire  et  à  la  physionomie  si 
intéressante  de  la  basilique. 


—  36  — 

ctutfku  —  Au  cours  d'an  examen  de  la  collégiale  d'Àerschot, 
le  15  février  1900,  il  avait  été  demandé  que  l'essai  de 
débadigeonnage  de  la  voûte  pratiqué  dix  ans  auparavant, 
fut  étendu  aux  murs  de  l'abside  du  chœur,  où  l'enlèvement 
de  l'enduit  avait  mis  au  jour  un  fragment  de  fresque. 

Une  récente  opération  de  ce  genre,  qui  a  porté  sur 
plusieurs  colonnes  de  la  grande  nef,  a  révélé  un  appareil 
de  grès  ferrugineux  sans  aucune  peinture. 

La  visite  du  26  janvier  1905  a  fait  reconnaître  l'utilité  de 
poursuivre  l'expérience  à  une  plus  grande  échelle,  sur  une 
travée  du  bas-côté. 

Il  y  aura  lieu  de  conserver  soigneusement  les  restes  de 
polychromie  qui  pourraient  être  découverts. 

La  tribune  des  orgues  est  suspendue  au  flanc  occidental 
du  transept  nord.  Les  autorités  fabricienne  et  communale 
ont  exprimé  le  désir  d'installer  ce  meuble  au  fond  de  l'église, 
sous  la  tour,  tout  en  disposant  les  choses  de  façon  à  ne  nuire 
en  rien  à  la  vue  de  la  grande  fenêtre.  Les  raisons  invoquées 
en  faveur  de  cette  translation  ne  sont  pas  dépourvues  de 
fondement.  Aujourd'hui,  les  sons  manquent  de  pureté,  ils 
descendent  affaiblis,  par  à-coups,  parfois  même  il  y  a  absence 
absolue  d'émission.  Ces  caprices,  qui  jettent  le  trouble  dans 
les  accompagnements,  sont  dus,  aux  dires  de  facteurs 
d'orgues,  à  la  complication  vraiment  extraordinaire  de 
transmission.  Les  mêmes  spécialistes,  consultés,  affirment 
que  la  mesure  sollicitée  remédierait  à  ces  graves  défauts 
incompatibles  avec  la  décence  et  la  majesté  que  réclame  le 
culte.  On  avait  aussi  émis  l'idée  de  placer  le  clavier  dans 
une  arcade  à  ouvrir  sur  la  basse-nef  nord,  arcade  dont  les 
traces  existent.  Il  semblerait  que  le  fonctionnement  en  serait 


—  37  — 

plus  régulier.  Deux  facteurs  d'orgues  prétendent  que  malgré 
cette  disposition  le  jeu  resterait  défectueux;  de  plus,  ils 
évaluent  la  dépense  à  8,000  francs.  La  fabrique  d'église 
estime  que  le  premier  projet  est  seul  réalisable. 

On  projette  aussi  de  rendre  à  l'usage  le  joli  porche  ogival 
vers  le  cimetière.  Il  sert  actuellement  de  refuge,  mais  les 
objets  qui  s'y  trouvent  sont  appelés  à  occuper  un  magasin 
loué  ad  hoc.  Une  pièce  adossée  au  transept  nord,  de 
construction  ancienne,  sera  utilisée  comme  sacristie.  Elle 
communique  avec  la  nef  latérale. 

Les  autorités  qui  assistaient  à  la  visite  ont  exprimé  avec 
insistance  leur  désir  d'être  autorisées  à  percer  une  arcade 
dans  chacun  des  massifs  latéraux  du  jubé  et  d'en  enlever 
les  petits  autels  qui  y  sont  adossés.  À  l'escalier  pratiqué  dans 
l'épaisseur  du  mur  gauche  serait  substitué  un  escalier  en 
spirale  emprisonné  dans  une  tourelle  à  claire-voie  montant 
jusqu'à  la  plate-forme.  La  fabrique  introduira  à  cet  égard 
une  demande  spéciale.  Cette  modification  aurait  pour  but 
d'ouvrir  le  chœur  aux  regards  des  fidèles,  qui  se  plaignent 
de  ne  pouvoir  s'associer  de  visu  aux  exercices  du  culte. 
Aujourd'hui,  pour  donner  satisfaction  aux  fidèles,  les  céré- 
monies doivent  s'accomplir  en  dehors  du  chœur.  Les  pompes 
liturgiques  souffrent  de  ne  pas  se  déployer  dans  leur  cadre 
véritable  et  le  sanctuaire,  réduit  au  silence  et  à  l'abandon, 
est  privé  de  son  utilité  pratique.  Les  délégués  se  sont  bornés 
à  prendre  acte  de  ce  desideratum,  réservant  à  la  Commission 
le  soin  de  se  prononcer  sur  cette  question  lorsque  celle-ci 
sera  régulièrement  introduite.  Ils  ont  cependantatliré  l'atten- 
tion de  l'autorité  fabricienne  sur  l'importance  du  changement 
demandé. 


—  38  — 

Gomme  le  mentionnait  le  rapport  du  15  février  1900, 
l'embarrassant  maître-autel  classique  est  un  échafaudage 
de  menuiserie  sans  aucune  valeur.  II  est,  en  sus,  dans  sa 
partie  supérieure,  d'une  solidité  qui  parait  sujette  à  caution. 
Lorsqu'on  le  remplacera,  le  tableau  de  De  Crayer,  c  l'Ado- 
ration des  Mages  » ,  qui  en  décore  le  retable,  devra  être 
appendu  dans  l'église. 

Les  plans  de  l'état  actuel  de  la  flèche  et  des  différents 
projets  de  sa  reconstruction  représentés  en  maquette,  ont 
fait  l'objet  d'un  examen  approfondi.  Une  ascension  dans  la 
flèche  a  permis  de  constater,  avec  la  certitude  la  plus  absolue, 
que  la  partie  de  la  flèche  jusqu'au  bulbe  est  primitive.  On  y 
voit  encore  les  anciennes  voliges  en  chêne.  La  charpente 
est  dans  un  étal  de  conservation  remarquable.  La  remplacer 
par  une  autre  serait  un  acte  injustifiable.  Dès  lors,  il  n'y  a 
pas  à  hésiter  sur  le  travail  de  restauration  à  effectuer.  Il  suffit 
de  prolonger  celte  partie  inférieure  de  façon  à  lui  donner  sa 
terminaison  première,  qui  était  en  pyramide.  Le  bulbe  et  la 
lanterne  supérieure,  de  date  plus  récente,  seraient  supprimés. 

Égiue  —  Le  conseil  de  fabrique  de  Saint-Quentin,  à  Louvain, 

de  Saint  Queulin,  , 

k  Louvain.  ayant  manifeste  l'intention  de  faire  restaurer  1  église  de  cette 
paroisse,  il  a  été  procédé,  sur  place,  le  1S  janvier  1905,  à 
l'examen  des  propositions  de  ce  Collège. 

MM.  Dumortier,  Van  Even  el  Langerock,  membres  du 
Comité  des  correspondants  du  Brabanl,  assistaient  à  cet 
examen. 

L'édifice  en  question  date  du  xvc  siècle.  11  est  d'un  élan- 
cement hardi,  d'une  structure  élégante  et  fine.  La  tour  est 
antérieure  d'environ  cent  ans. 

Le  chœur  élait  éclairé,  dans  le  principe,  par  sept  fenêtres. 


—  39  — 

Cinq  d'entre  elles  ont  élé  bouchées  pour  y  adosser  un  encom- 
brant autel  qui  ne  cadre  pas  avec  les  proportions  et  le  style 
de  cet  oratoire  et  lui  dérobe  la  partie  la  plus  intéressante. 
L'enlèvement  de  ce  hors-d'œuvre  s'imposera. 

La  nef  ne  compte  que  trois  travées.  Elle  devait  se  composer 
de  quatre  au  moins  ainsi  qu'en  font  foi  des  amorces  existant 
à  cet  endroit  du  temple. 

Le  travail  de  restauration  consistera  à  consolider  les  voûtes 
et  les  nervures,  à  rouvrir  les  sveltes  baies  qui  perçaient  le 
chœur,  à  rétablir  les  meneaux  et  les  réseaux  qui  les  rehaus- 
saient primitivement  et  à  étendre  cette  restitution  aux  autres 
fenêtres  de  l'édifice.  Le  projet  s'occupera,  en  outre,  de 
décorer  de  verrières,  d'après  un  programme  à  déterminer, 
le  sanctuaire,  d'en  relever  et  d'ériger  contre  les  murs  les 
dalles  funéraires  qui  commémorent  d'anciennes  familles. 

Les  surfaces  maçonnées  auront  aussi  leur  part  de  la 
restauration  générale;  on  en  détachera  l'épais  crépi  qui  les 
alourdit  et  les  défigure.  Ce  dépouillement  pratiqué  avec 
minutie  et  intelligence,  couche  par  couche,  livrera,  sans 
doute,  le  secret  de  vestiges  décoratifs  semblables  à  ceux  mis 
au  jour,  sans  dommage,  à  la  base  de  quelques  colonnes  et 
sur  un  faible  espace  du  pilier  sud  à  l'intersection  du  transept 
et  de  la  grande  nef. 

Les  polychromies  découvertes  ont  été  faites  directement 
sur  la  pierre.  Ce  sont,  pour  la  plupart,  des  fragments  fort 
altérés  mais  encore  assez  distincts  de  personnages. 

Si  tous  les  travaux  précités  de  réparation  et  d'embellisse- 
ment sont  désirables  et  même  utiles,  pour  rétablir  les  formes 
de  l'architecture  du  monument  et  lui  rendre  son  aspect 
originel,  ils  ne  pourront  toutefois  avoir  le  pas  sur  ceux  de 


—  40  — 

la  restauration  extérieure.  Celle-ci,  qui  ne  peut  subir  d'ajour- 
nement, concerne  le  renouvellement  des  toitures  dont  l'état 
de  délabrement  avancé  sur  toute  la  superficie  de  l'église,  a 
ouvert,  en  maints  endroits,  des  brèches  anjourd'bui  mal 
obturées  à  l'aide  de  carton  bitumé.  Malgré  ce  palliatif,  les 
eaux  pluviales  n'ont  pas  lardé  à  reprendre  leur  pénétration 
dévastatrice. 

A  l'issue  de  la  visite  au  dehors,  la  délégation  a  émis  le 
vœu  que  le  projet  de  restauration  à  rédiger  comprit  la 
disparition  du  petit  portail  septentrional.  Il  sert  d'enlrée 
exclusive  aux  fidèles  depuis  le  xvn*  siècle,  époque  de  sa 
fondation.  Il  conviendra  de  le  remplacer  par  un  édicule  de 
même  destination,  conçu  dans  le  style  ogival  tertiaire  auquel 
appartient  toute  la  basilique. 

Le  devis  général  devra  être  établi  par  séries  selon  le  degré 
d'urgence  des  travaux. 

Le  Secrétaire, 
A.  Massaux. 

Vu  en  conformité  de  l'article  25  du  règlement. 

Le  Président, 
Ch.  Làgàsse-de  Locht. 


COMMISSION  ROYALE  DES  MONUMENTS 


AVEC    LA 


SOCIÉTÉ  NATIONALE  POUR  LA  PROTECTION  DES  SITES 


ET  DES  MONUMENTS  EN  BELGIQUE 


Nous  soumettons,  avec  confiance  et  sans  commentaire, 
au  jugement  du  public  la  correspondance  ci -après, 
provoquée  par  la  Société  nationale  pour  la  protection  des 
sites  et  des  monuments  en  ^Belgique. 


La  Commission  royale  des  monuments. 


Bruxelles,  8  mars  1903. 


—  43  — 


Société  nationale  poqi  la  Protection  des  sites  k  des  monuments 

EN  BELGIQUE 


12  décembre  1902. 

Monsieur  le  Minisire, 

Nous  ne  saurions  assez  vivement  insisler  auprès  de  vous 
pour  que  voire  intervention  rapide  et  énergique  arrête  les 
véritables  déprédations  qui  se  commettent  dans  un  grand 
nombre  d'églises  du  pays  et  non  des  moins  remarquables, 
sous  prétexte  de  restauration  et  de  restitution. 

Nous  vous  citerons  notamment,  à  litre  d'exemples  : 

i°  L'église  de  Walcourt,  dans  laquelle  on  a  enlevé  les 
très  intéressantes  boiseries  du  xvme  siècle  qui  ornaient  la 
sacristie; 

2°  L'église  de  Notre-Dame,  à  Courlrai,  où  l'on  fail  dispa- 
raître les  revêtements  en  marbre  et  en  bois  qui  la  garnissent  ; 

5°  L'église  Saint-Martin,  à  Alost,  où  l'on  voudrait  enlever 
la  riche  décoration  en  marbre  de  la  Renaissance  qui  forme 
au  célèbre  tableau  de  Rubens,  représentant  Saint-Roch,  un 
cadre  si  approprié,  voulu  par  le  maître  :  acte  de  vanda- 
lisme, dont  les  frais  seraient  couverts  par  la  vente  de  cette 
superbe  toile  elle-même  ; 

4°  L'église  d'Opchic,  près  de  Leuze,  où  l'on  a  égale- 
ment abattu  tout  ce  qui  était  de  style  gothique  el  renaissance, 
pour  y  substituer  des  morceaux  d'architecture  romane,  de 
pure  imagination,  notamment  des  chapiteaux,  qui  ont  soulevé 


—  44  — 

de  si  vives  protestations  qu'il  a  fallu  les  remplacer  plus  ou 
moins  bien  ; 

5°  L'église  de  Hulshout  (province  d'Anvers),  dont  les 
boiseries  anciennes  ont  été  vendues. 

Nous  pourrions  continuer  celte  triste  nomenclature;  les 
journaux  artistiques  spéciaux  signalent  pour  ainsi  dire 
chaque  jour  des  faits  nouveaux  tout  aussi  regrettables.  II  y 
a  là  une  tendance  contre  laquelle  il  faut  absolument  réagir, 
et  c'est  aller  tout  droit  à  l'anéantissement  d'une  quantité  de 
vestiges  hautement  intéressants  de  l'art  national  que  de 
vouloir  systématiquement  exclure  des  édifices  du  culte  tout 
ce  qu'y  a  amassé,  au  cours  des  siècles,  la  piété  ou  la  géné- 
rosité des  fidèles  pour  y  rétablir  prétendument  l'architecture 
primitive. 

Votre  Déparlement,  Monsieur  le  Ministre,  intervient  pour 
tout  ce  qui  concerne  l'entretien  de  ces  édifices;  il  en  a  pour 
ainsi  dire  la  garde,  et  il  suffirait  qu'il  y  tint  strictement  la 
main  pour  que  les  faits  si  regrettables  que  nous  vous  signa- 
lons ne  pussent  se  reproduire.  C'est  pourquoi  nous  vous 
adressons  ce  pressant  appel  et  nous  comptons  sur  votre 
esprit  éclairé,  sur  votre  culture  affinée,  sur  les  sentiments 
artistiques  qui  se  sont  affirmés  dans  tnnt  de  vos  discours  et 
de  vos  écrits,  pour  obtenir  de  vous  des  mesures  pleinement 
efficaces. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Ministre,  avec  les  remercie- 
ments de  tous  les  hommes  de  goùl,  les  assurances  de  nos 
sentiments  de  très  haute  considération. 

Le  Secrétaire,  Le  Président, 

P.  Saintenoy.  J.  Carlier. 

A  Monsieur  Van  den  Heuvel, 

Ministre  de  la  Justice,  Bruxelles. 


—  48  — 


Ssciétt  nationale  pour  n  Protection  des  sites  &  des  monuments 

EN  BELGIQUE 


Bruxelles,  le  12  décembre  1902. 


Monsieur  le  Président, 

Nous  avons  l'honneur  de  vous  remettre  ci-contre  copie  de 
la  lettre  que  nous  adressons  par  ce  courrier  à  M.  le  Ministre 
de  la  Justice. 

Cette  lettre,  basée  sur  les  indications  qui  nous  sont 
fournies  par  nos  correspondants,  signale  à  M.  le  Ministre  la 
façon  dont  sont  poursuivis  les  travaux  de  restauration  de 
différentes  églises  du  pays. 

Il  y  a  là,  nous  le  faisons  remarquer,  une  tendance  presque 
générale  et  tout  à  fait  regrettable  à  faire  disparaître  les 
vestiges  les  plus  intéressants  de  fart  national. 

Nous  n'avons  d'autre  action  sur  les  autorités  ordonnant 
ces  travaux  que  celle  des  conseils  et  de  la  persuasion  ;  mais 
la  Commission  royale  des  monuments  a  le  pouvoir  d'inter- 
venir pour  mettre  un  terme  à  ce  que  l'on  peut  justement 
qualifier  de  vandalisme  inutile. 

Nous  osons  donc,  Monsieur  le  Président,  exprimer 
l'espoir  qu'elle  joindra  sa  voix  à  la  nôtre  et  qu'elle  usera  de 


—  46  — 

(ouïe  son  influence,  afin  qu'il  soit  fait  droit  aux  réclamations 
unanimes  de  (ous  les  hommes  de  goût. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Président,  les  assurances  de 
nos  sentiments  les  plus  distingués. 

Le  Secrétaire,  Le  Président, 

P.  Saintenoy.  J.  Carlier 


A  Monsieur  le  Président 

de  la  Commission  royale  des  monuments,  à  Bruxelles. 


—  47  — 


Commission  royale  des  Moments. 


Bruxelles,  le  16  janvier  1903. 


Monsieur  le  Ministre, 

Nous  avons  pris  connaissance,  au  cours  de  noire  dernière 
réunion,  de  la  lettre  que  la  Société  nationale  pour  la  protec- 
tion des  sites  et  des  monuments  vous  a  adressée  sous  la  date 
du  12  décembre  écoulé  et  dont  elle  a  bien  voulu  nous 
transmettre  une  ampliation.  Il  y  est  question  des  travaux  de 
restauration  de  différentes  églises  de  notre  pays. 

Permettez-nous  de  vous  faire  remarquer,  Monsieur  le 
Ministre,  que  celte  Société  a  été  bien  malheureuse  dans  le 
choix  de  ses  citations  empruntées,  dit-elle,  à  une  triste 
nomenclature  fournie  par  ses  correspondants. 

Elle  a  été,  tout  d'abord,  mal  renseignée  à  propos  des 
boiseries  du  xviue  siècle  soi-disant  enlevées  à  l'église  de 
Walcourt.  Ces  boiseries  sont  encore  en  place  dans  la 
sacristie.  Il  n'a  jamais  été  question  de  les  faire  disparaître, 
autrement  que  dans  l'imagination  de  journalistes  ou  d'écri- 
vains français,  fort  ignorants  des  choses  belges. 

Celle  assertion  ridicule  ayant  été  reproduite  par  la 
Chronique  dans  un  article  du  23  octobre  1902,  écrit  contre 
la  Commission  royale  par  un  membre  du  Comité  de  la 
Société  nationale  M.  Dommartin,  notre  Président,  en  adres- 


—  48  — 

sant  une  lettre  privée  à  Jean  d'Ardenne,  a  fait  bonne  justice 
de  pareilles  billevesées.  M.  Dommartin,  du  reste,  dans  une 
réponse  courtoise  également  privée,  en  date  du  5  novem- 
bre 1902,  a  reconnu  le  bien  fondé  des  réclamations  de  noire 
Président 

Au  surplus,  voici  la  réalité  des  faits  dont  la  Société  avait 
le  devoir  de  vérifier  l'histoire,  avant  de  les  signaler  à  votre 
attention  :  depuis  des  années,  à  chacune  de  nos  visites  des 
travaux  de  l'église  de  Walcourt,  nous  avons  recommandé  la 
conservation  des  boiseries.  Il  y  a  mieux  :  nous  avons 
prescrit  de  donner  à  la  nouvelle  sacristie  projetée  des 
dimensions  telles  qu'on  puisse  y  maintenir  les  dites  boiseries. 

L'enlèvement  de  certains  revêtements  en  marbre  et  en 
bois,  appliqués  au  xviu*  siècle  d'une  façon  barbare  dans  le 
chœur  de  l'église  Notre-Dame,  à  Cou  rirai,  a  été  autorisé  à  la 
suite  d'une  étude  longue  et  minutieuse,  au  cours  de  laquelle 
les  avis  de  nos  membres  sont  restés  unanimes. 

Dernièrement  encore,  une  nouvelle  visite  des  lieux  a 
confirmé  la  nécessité  de  poursuivre  l'exécution  des  travaux 
de  consolidation  et  de  remettre  ainsi  en  lumière  une  très 
belle  construction  du  moyen  âge  sottement  détériorée. 
D'autre  part,  les  revêtements  dont  il  s'agit  sont  en  très 
mauvais  étal.  Il  faudrait,  pour  les  conserver,  y  effectuer 
des  travaux  importants  qui  ne  sauraient  se  justifier  parla 
valeur  absolument  nulle  des  dits  revêtements. 

Veuillez  le  remarquer,  Monsieur  le  Ministre  :  notre 
Collège  est  unanime  pour  recommander  la  conservation, 
dans  nos  monuments,  des  apports  des  siècles,  lorsque  ces 
apports  ont  une  valeur  réellement  artistique,  archéologique, 
historique  et  pittoresque. 


—  49  — 

D'autre  part,  il  ne  saurait  engager  les  autorités  à  consa- 
crer leur  argent  au  maintien  ou  à  la  restitution  des  œuvres 
malheureuses. 

Nous  ignorons  s'il  a  jamais  été  question  d'enlever  la 
décoration  en  marbre  ou  en  bois  formant  cadre  au  tableau 
de  Rubens,dans  l'église  de  Saint-Martin,  à  Âlost.  En  tout  cas, 
nous  n'avons  pas  été  consultés  sur  ce  projet.  Nouvelle  erreur 
matérielle  de  la  Société  pour  la  protection  des  sites. 

En  signalant  l'église  d'Opdfcie  près  de  Leuze,  celte 
Société  a  voulu  faire  allusion  à  l'église  d'Aubechies.  Il  n'y  a 
donc  pas  que  certains  écrivains  français  qui  ignorent  la 
géographie  belge  t  Troisième  erreur  matérielle. 

Le  projet  concernant  la  restauration  de  cette  église,  qui 
tombait  en  ruines,  a  fait  l'objet  de  longues  et  consciencieuses 
études  dues  à  un  architecte  de  talent.  Cet  artiste  a  même 
poussé  le  scrupule  jusqu'à  présenter  successivement  plu- 
sieurs projets  basés  sur  des  découvertes  résultant  de 
recherches  approfondies.  Nous  avons  approuvé  celle  de  ces 
études  qui  nous  a  paru  le  mieux  convenir  pour  sauvegarder 
le  caractère  du  monument,  objet  de  tant  de  vicissitudes.  Ce 
projet  consciencieux,  auquel  nous  devons  ici  rendre  hom- 
mage une  fois  de  plus,  respecte  tout  ce  qui  a  du  mérite  au 
point  de  vue  artistique,  archéologique,  historique,  pitto- 
resque et  utilitaire. 

Il  est  fâcheux  qu'avant  de  vous  écrire,  Monsieur  le 
Ministre,  le  secrétaire  M.  l'architecte  Saintenoy  n'ait  pas 
songé  soit  à  aller  sur  les  lieux  pour  contrôler  les  assertions 
erronées  de  correspondants  incompétents,  soit  à  faire  per- 
sonnellement la  critique  artistique  et  scientifique  de  l'œuvre 
d'un  confrère  distingué. 


—  50  — 

Il  n'est  pas  admissible  qu'une  société  sérieuse  avance 
officiellement  des  erreurs  manifestes  d'appréciation  contre 
lesquelles  notre  Président  avait  mis  en  garde  verbalement 
M.  le  Président  Jules  Carlier. 

Les  meubles  <  hors  d'usage  » ,  que  l'église  de  Hulshout  a 
vendus  en  1900,  l'ont  été  de  l'assentiment  unanime  de 
toutes  les  autorités  consultées  à  celte  fin.  À  part  le  banc  de 
communion  et  une  tribune  en  bois  sculpté,  cédés  au  musée 
d'antiquités  d'Anvers,  ces  meubles  n'offraient  pas  le  moindre 
mérite  artistique.  Quatrième  erreur  matérielle. 

Pour  démontrer  à  la  Société  des  sites  que  nous  tenons 
constamment  la  main  à  la  conservation  de  notre  patrimoine 
artistique,  nous  vous  prions,  Monsieur  le  Ministre,  de 
vouloir  bien  lui  faire  parvenir,  puisqu'elle  les  ignore,  les 
comptes  rendus  de  nos  assemblées  générales  de  1898  à  1901. 
Elle  y  verra  que  nous  ne  négligeons  rien  afin  d'atteindre  le 
but  pour  lequel  notre  Collège  a  été  institué  et  auquel  il 
consacre  tous  ses  efforts,  sans  recourir,  autant  qu'il  sera 
bon  peut-être  de  le  faire  désormais,  aux  grandes  voix  de  la 
presse  quotidienne. 

Si  certains  abus  se  commettent  parfois,  et  c'est  inévitable, 
à  qui  la  faute  ? 

.  Aux  sociétés  du  genre  de  celle  dont  il  s'agit  ou  autres, 
qui  s'abandonnent  à  la  plaintive  manie  nationale  plutôt  que 
de  nous  signaler,  immédiatement  et  directement,  les  faits 
importants  dont  elles  auraient  connaissance  avant  nous  et 
avant  nos  correspondants  de  province. 

Ceux-ci  veillent,  avec  grand  soin,  aux  monuments  de  la 
Belgique,  nous  sommes  heureux  de  le  confirmer.  Ils  ont  le 
tort  aussi  de  ne  point  se  faire  connaître  par  la  voie  de  la 


—  51  — 

presse,  puisqu'il  est  acquis  que  les  travaux  contenus  dans 
nos  dossiers  ouverts  ou  dans  nos  bulletins  spéciaux  passent 
inaperçus  aux  yeux  d'une  société  telle  que  celle  à  laquelle 
nous  répondons. 

Nous  vous  prions,  Monsieur  le  Ministre,  de  vouloir  bien 
engager  cette  compagnie  à  joindre  ses  efforts  aux  nôtres 
afin  que  la  timbale,  trop  bruyante  pour  être  juste,  de  l'école 
dite  t  des  pittoresques  »  ne  jette  plus  aussi  souvent  sa 
fausse  note  dans  la  symphonie  des  instruments  de  la 
critique  vraiment  artistique  et  savante  complètement. 

En  art  comme  eh  science,  c'est  rester  petit  que  d'être 
exclusif.  Et  l'on  est  exclusif  en  donnant  a  priori  des  solu- 
tions, simplistes  à  force  d'être  pittoresques,  aux  délicates  et 
complexes  questions  relatives  soit  à  la  consolidation,  soit  à 
la  restauration,  voire  même  à  la  restitution  de  certains 
monuments.  Une  œuvre  est  belle,  simple,  grande,  quana 
elle  s'inspire  à  la  fois  du  grand  art,  de  la  science  vraie  et 
des  profondes  harmonies  dont  l'aspect  pittoresque  des 
choses  est  une  expression  familière. 

Il  importe  aussi,  Monsieur  le  Ministre,  que  cette  Société 
ne  croie  pas,  avec  l'un  ou  l'autre  adhérent  naïf  de  l'école 
dite  c  des  pittoresques  »,  que  l'architecte  restaurateur 
trouve  son  gain  dans  les  multiples  études  préalables  à  la 
moindre  restauration.  Le  secrétaire,  M.  Saintenoy,  connaît 
trop  son  artistique  métier  pour  ignorer  combien  est  ingrate 
et  mal  payée  la  rude  tâche  de  l'artiste  restaurateur. 

Dans  l'espoir,  Monsieur  le  Ministre,  que  la  Société  pour 
la  protection  des  sites  et  des  monuments  voudra  bien  désor- 
mais consacrer  ses  travaux  à  répandre  avec  nous  la  bonne 
semence  et  à  vulgariser  les  notions  justes  que  nous  ensei- 


—  52  — 

gnons  pratiquement  et  que  nous  nous  efforçons  de  faire 
prévaloir  en  matière  de  restauration,  nous  vous  prions 
d'agréer  l'assurance  de  notre  haute  considération. 

Le  Secrétaire,  Le  Président, 

A.  Massa ux.  Ch.  Lagasse-de  Locbt. 


P.  S.  —  Nous  adressons  copie  de  notre  réponse  à  la 
Société  visée,  nous  réservant  de  publier,  en  temps  et  lieu, 
les  pièces  du  débat.  Ch.  L. 


A  Monsieur  Van  den  Heuvel, 

Ministre  de  la  Justice,  Bruxelles. 


—  53  — 


Commission  royale  des  monuments. 


Bruxelles,  le  16  janvier  1903. 


Monsieur  le  Président, 

Nous  avons  l'honneur  de  vous  transmettre  en  copie  la 
lettre  que  nous  avons  fait  parvenir  à  M.  le  Ministre  de  la 
Justice  sous  la  date  du  16  de  ce  mois,  en  réponse  à  votre 
lettre  du  12  décembre  dernier. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Président,  l'assurance  de 
nos  sentiments  les  plus  distingués. 


Le  Secrétaire,  Le  Président, 

A.  Massaux.  Cii.  Lagasse-de  Locht. 


leur  le  Président  de  la  Société  nationale  pour  la  protection 
i  sites  et  des  monuments,  rue  de  Rome,  31,  à  Bruxelles. 


—  54  — 


Saclétt  nationale  poir  la  nateatiai  laa  litaa  t  lea  nmumts 

EN  BELGIQUE 


Bruxelles,  le  8  férrier  1903. 


Messieurs, 


Nous  avons  eu  l'honneur  de  recevoir  votre  lettre  du 
16  janvier. 

La  Commission  des  monuments  et  nous,  nous  poursuivons 
avec  une  autorité  et  un  caractère  différents  un  but  identique: 
la  conservation  des  chefs-d'œuvre  que  nous  a  laissés  ud 
passé  particulièrement  riche  et  glorieux. 

Que,  dans  une  société  libre,  les  renseignements  fournis 
par  des  correspondants  de  bonne  volonté  soient  parfois 
empreints  d'exagération,  voire  d'inexactitude;  que  les 
tendances  des  membres  affectent  une  forme  jugée  excessive 
par  quelques-uns,  cela  n'a  rien  que  de  naturel,  et  en  somme 
il  ne  faut  pas  trop  s'en  plaindre,  car  mieux  vaut  en  pareille 
matière  l'excès  que  l'indifférence. 

Mais  c'est  précisément  parce  que  notre  Comité  connail 
celte  situation  qu'il  s'est  adressé  à  vous  et  vous  a  signalé  les 
faits  qui  lui  étaient  signalés  à  lui-même.  Il  n'était  pas  à  ses 
yeux  de  meilleur  moyen  de  contrôler  l'exactitude  de  ces 
faits  ou  d'y  remédier  le  cas  échéant. 

Loin  d'en  prendre  ombrage,  il  semble  que  votre  Corn- 


—  «5  — 

mission  avait,  au  contraire,  tout  lieu  de  se  féliciter  de  la 
marche  que  nous  avions  suivie.  Grâce  à  cette  façon  d'agir, 
en  effet,  nous  sommes  aujourd'hui  complètement  renseignés, 
et  nos  rapports  porteront  la  (race  de  ces  utiles  échanges 
d'informations. 

Nous  aimons  donc  à  croire  que,  revenant  à  d'autres  sen- 
timents, vous  accueillerez  avec  faveur  à  l'avenir  les  commu- 
nications de  même  nature  que  nous  serions  amenés  à  vous 
faire. 

Chacun  ne  pourra  que  gagner  à  cette  documentation  réci- 
proque, qui  sera  d'autant  plus  féconde  qu'elle  s'inspirera 
uniquement  des  intérêts  artistiques  du  pays. 

Veuillez  agréer,  Messieurs,  les  assurances  de  notre  consi- 
dération la  plus  distinguée. 

Pour  le  Secrétaire,  Le  Président, 

DOMMARTIN.  J.    CAR  LIER. 


Commission  royale  des  monuments, 
i  Bruxelles. 


—  56  — 


commtssioQ  ragaie  tes  monuments. 


Bruxelles,  le  11  février  1903. 

Messieurs, 

Noos  avons  bien  reçu  votre  lettre  du  3  février  courant. 

Voire  lettre  du  12  décembre  dernier,  adressée  directement 
à  M.  le  Ministre  de  la  Justice,  n'avait  aucune  valeur  dans  le 
fond.  Quant  à  la  forme,  cette  pièce  revêtait  celle  d'une 
démarche,  au  moins  inconsidérée,  faite  auprès  d'un  supé- 
rieur hiérarchique  de  la  Commission  royale  des  monuments, 
sans  que  ce  Collège  en  ail  été  prévenu  au  préalable.  Tels 
sont  les  faits. 

Nous  avons  répondu  à  M.  le  Ministre,  comme  c'était 
notre  devoir,  en  avant  soin  de  saisir  cette  occasion  favorable 
pour  convier  publiquement  tous  les  efforts  sérieux  à  se 
joindre  aux  nôtres. 

Comment  donc  aurions-nous  pris  ombrage?...  de  quoi 
d'ailleurs? 

Nous  accueillons  toujours,  avec  bienveillance  et  même 
avec  joie,  toute  communication  s'inspirant  de  cette  devise, 
la  nôtre  :  «  Patrie  et  Progrès  » .     * 

Veuillez  agréer,  Messieurs,  l'assurance  de  notre  considé- 
ration très  distinguée. 

Le  Secrétaire,  Le  Président, 

A.  Massaux.  Ch.  Lagasse-de  Locht. 

A  la  Société  nationale  pour  la  protection  des  sites  et  des  monuments 
en  Belgique,  rue  de  Rome,  31,  à  Bruxelles. 


—  57  — 


Mitt  nationale  pour  la  Protection  des  Sites  i  des  moments 

EN   BELGIQUE 


Bruxelles,  le  18  février  1903. 


Monsieur  le  Président, 


Les  intérêts  supérieurs  de  l'art,  que  nous  nous  attachons 
à  servir,  n'ont  rien  à  gagner  à  de  fastidieuses  polémiques 
sur  des  points  de  détail,  des  reproches  gratuits  et  des 
questions  purement  personnelles. 

C'est  pourquoi  nous  avons  préféré  ne  pas  relever  tout  ce 
que  contenait  d'étrange  et  comme  fond  et  comme  forme, 
votre  communication  du  16  janvier  dernier. 

Mais  la  nouvelle  lettre  dont  vous  nous  honorez  sous  la 
date  du  1 1  courant  révèle  une  prétention  que  nous  ne  pou- 
vons vraiment  pas  laisser  passer. 

Nous  n'avons  pas  à  solliciter  votre  assentiment  préalable 
pour  saisir  les  autorités  des  indications  et  des  plaintes  que 
nous  avons  le  devoir  de  leur  signaler,  et  votre  Collège  pro- 
voquerait d'unanimes  protestations  si,  sortant  du  rôle 
consultatif  que  lui  assigne  l'arrêté  royal  du  7  janvier  1835, 
il  voulait  s'arroger  le  droit  de  régir  en  maitre  un  patrimoine 
qui  appartient  à  la  Nation  tout  entière. 

Agréez,  Monsieur  le  Président,  l'expression  de  nos  senti- 
ments distingués. 

Pour  le  Secrétaire,  Le  Président, 

DOMMÀRTIN.  J.    CARLIER. 

mneur  le  Président 

fe  la  Commission  royale  des  monuments  de  Belgique,  à  Bruxelles. 


—  58  — 


Commission  rogaie  des  monuments 


Bruxelles,  le  17  février  1903. 


Monsieur  le  Président, 

Les  répliques  de  votre  Société  sont  aussi  mal  Fondées  que 
ses  attaques. 

Notre  lettre  du  11  février  courant  a  rétabli  l'histoire 
réelle  des  fails.  Vous  les  aviez  rapportés  inexactement  le 
3  février.  Votre  lettre  du  13  février  continue  dans  cette 
fausse  voie  ;  puis,  elle  nous  attribue,  gratuitement,  une 
prétention  dont  le  ridicule  ne  saurait  atteindre  que  les 
auteurs  de  l'invention. 

Après  cela,  l'incident  nous  parait  clos. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Président,  l'assurance  de  nos 
sentiments  distingués. 

Le  Secrétaire,  Le  Président, 

A.  Massa ux.  Ch    Lagasse-de  Locht. 


\  Monsieur  le  Président  de  la  Société  nationale  pour  la  protection 

des  sites  et  des  monuments  en  Belgique,  rue  de  Rome,  54,  à  Bruxelles. 


—  59  — 


totttf  nationale  pan  n  Protection  les  sucs  i  nés  flraeitîs 

EN  BELGIQUE 


Bruxelles,  le  19  février  1903. 


Monsieur  le  Président, 


Il  ne  nons  parait  pas  que  l'incident  puisse  être  clos  par 
votre  lettre  du  17  courant,  qui  contient  une  série  d'affirma- 
tions auxquelles  nous  nous  permettons  d'opposer  les  affirma- 
tions contraires. 

Votre  communication  du  44  ne  rétablissait  rien  et  n'avait 
rien  à  rétablir,  celle  à  laquelle  elle  répondait  s'élant  bornée  à 
vous  rappeler  au  sentiment  vrai  de  notre  situation  réciproque. 

Et  notre  lettre  du  13  continuait  dans  cette  voie,  qu'il 
vous  convient  d'appeler  fausse,  mais  qu'il  nous  plait  de 
trouver  la  bonne. 

Le  c  ridicule  »  dont  vous  parlez  est  un  accessoire  gênant, 
que  l'on  cherche  toujours  à  endosser  à  autrui.  Il  ne  nous 
étonne  donc  pas  de  vous  voir  chercher  à  répudier  celui  qui 
se  dégage  de  l'incident. 

Après  ceci,  seulement,  nous  clôturons  le  débat,  —  à 
moins  que  vous  ne  teniez  à  le  continuer,  auquel  cas  nous 
sommes  à  vos  ordres. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Président,  l'expression  de 
nos  sentiments  distingués. 

Pour  le  Secrétaire,  Le  Président, 

DOM MARTIN.  J.    CaRLIER. 

tonsUvr  le  Président 
de  la  Commission royale  des  monuments,  Bruxelles. 


-  60  - 


Commission  royale  les  monuments. 


Bruxelles,  le  24  février  1903. 


Monsieur  le  Président, 

Nous  laissons  à  vous  le  dernier  mot  et  à  tout  homme 
impartial,  au  courant  des  faits,  le  soin  de  juger  entre  nous. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Président,  l'expression  de 
nos  sentiments  distingués. 


Le  Secrétaire,  Le  Président, 

A.  Massa ux.  Ch.  Lagasse-de  Loght. 


A  Monsieur  le  Président  de  la  Société  nationale  pour  la  protection 

des  sites  cl  des  monuments  en  Belgique,  rue  de  Rome,  51 ,  à  Bruxelles. 


il 


ACTES  OFFICIELS. 


Par  arrèlc  royal  du  47  mars  1903,  M.  Ch.-L.  Cardon,    Nomm.uon 

d'un  membre 

membre  correspondant  de  la  Commission  royale  des  monu-      t8«AiU 
menls  pour  la  province  de  Brabant,  a  été  nommé  membre 
effectif  de  ce  Collège,  en  remplacement  de  M.  Cluysenaar, 
décédé. 


COMMISSION  ROYALE  DESMONUMENTS. 


RÉSUMÉ  DES  PROCÈS- VERBAUX. 


SÉANCES 
des  7,  14,  21  et  28  mars;  des  4,  11,  18  et  25  avril  1903. 


PEINTURE  ET  SCULPTURE. 

La  Commission  a  émis  des  avis  favorables  sur  : 

1°  La  proposition  de  faire  restaurer  le  tableau  de  De      taise 

1        '  de  Saiot-Job. 

Crayer  qui  orne  le  maître-autel  de  l'église  de  Saint-Job,  sous  T*btewï- 
Uccle  (Brabant)  et,  à  litre  provisoire,  le  prix  de  1,200  francs 
fixé  pour  cette  entreprise.  Lorsque  le  tableau  se  trouvera 
chez  le  restaurateur,  M.  Stevens,  des  délégués  seront 
chargés  d'aller  contrôler  le  travail  que  cet  artiste  propose; 
2*  Le  projet  d'un  vitrail  à  placer  dans  le  chœur  de  l'église      £guM 

r      J  '  °  de  Crimée. 

de  Crisnée  (Liège);  auteur,  M.  Ladon;  Vilr,il- 

5°  Les  dessins  de  vitraux  en  grisaille  à  établir  dans       Égu»e 

.  de  Smeennaes* 

l'église  de  Sroeermaes,  sous  Lanaeken  (Limbourg)  ;  auteur,      yiivm- 
M.  Sprenger; 
4°  Le  dessin  d'un  vitrail  offert  à  l'église  de  Waerdamme      Église 

.«.        i  .*  i   v  de  Wierdemme, 

(Flandre  occidentale);  vn«iL 


—  64  — 

Égibe  5°  Le  projet  relatif  au  placement  d'un  chemin  de  la  croix 

deCuTrou.  en  terre-cuite  polychromée  dans  l'église  de  Zonhoven  (Lim- 
bourg),  à  la  condition  que  les  cadres  des  stations  seront 
traités  tels  que  l'indique  la  photographie,  c'est-à-dire  encas- 
trés dans  les  murs;  sculpteur,  M.  De  Beule. 
wJ£gj  du«er.to  —  II  a  élé  procédé,  le  2  mars  1 903,  dans  l'église  de 
DëcomiÔ;.  Sainte-Marguerite,  à  Liège,  à  l'examen  d'échantillons  de 
décoration  de  cet  édifice  et  de  spécimens  de  stations  du 
chemin  de  la  croix. 

M  Lohest,  membre  du  Comité  des  correspondants,  assis- 
tait à  cet  examen. 

Le  travail  de  décoration  en  voie  d'exécution,  dans  la  nef 
de  l'édifice,  bien  que  d'une  tonalité  un  peu  faible,  peut 
cependant  être  poursuivi  dans  ces  conditions.  Les  stations 
du  chemin  de  la  croix,  peintes  en  grisaille,  auraient  gagné 
à  être  plus  marquantes;  en  tous  cas,  il  serait  utile  de  les 
distinguer  nettement  d'autres  sujets  qui,  tout  en  se  rappor- 
tant à  la  Passion,  ne  font  pas  partie  des  XIV  stations. 

La  décoration  entamée  dans  le  chœur  manque  d'accent; 
elle  devra  être  renforcée  dans  la  suite  du  travail  et  le  tableau 
déjà  peint  devra  être  revu  ;  les  figures  devraient  être  bordées 
d'un  contour  plus  ferme  et  plus  large  de  façon  à  les  faire 
ressortir  davantage;  les  guirlandes  devraient  être  plus 
étoffées. 

La  décoration  de  la  partie  architecturale  manque  égale- 
ment de  vigueur;  la  coupole  du  chœur  surtout  devrait  être 
plus  accentuée,  c'est  la  partie  de  l'édifice  qui  se  remarque 
d'abord  dès  l'entrée  dans  le  temple;  c'est  aussi  celle  qui  doit 
être  la  plus  caractéristique. 

Il  serait  toutefois  prudent,  avant  d'opérer  des  retouches 


—  6B  — 

dans  le  chœur  et  d'en  poursuivre  la  décoration,  de  placer 
des  vitraux  dans  les  deuk  baies  qui  ('éclairent  latéralement. 
Le  jeu  de  lumière  colorée  passant  par  les  vitraux  aura  une 
influence  marquante  sur  la  tonalité  de  la  décoration  murale; 
il  est  donc  nécessaire,  si  l'on  veut  éviter  des  mécomptes, 
d'exécuter  en  tout  premier  lieu  les  vitraux  ;  ils  détermineront 
la  note  exacte  à  adopter  pour  la  peinture  décorative. 

—  Il  a  été  procédé,  le  14  avril  t903,  dans  l'église  de  Léau      fcn« 
(Brabant),  à  l'examen  des  objets  d'art  que  possède  cet   0bJeud*rl- 
édifice. 

Les  staltles  modernes  placées  à  l'entrée  du  chœur,  ne 
constituent  évidemment  pas  des  chefs-d'œuvre,  mais  elles 
ne  sont  pas  cependant  dénuées  de  tout  mérite  ainsi  qu'on 
l'a  affirmé.  Elles  né  sont  pas  encombrantes  et  rentrent  dans 
la  moyenne  des  œuvres  de  même  genre  que  Ton  rencontre 
malheureusement  dans  la  plupart  de  nos  églises  et  qui  sont 
des  produits  du  commerce.  Ces  figures,  en  raison  des  sujets 
auxquels  elles  s'appliquent,  n'auraient  pu  être  remplacées 
pai1  d'autres  statues  que  possède  l'église.  Leur  installation 
sur  des  piédestaux  mobiles,  à  l'entrée  du  chœur,  n'est  du 
reste  pas  récente;  elle  date  d'avant  l'arrivée  à  Léau  du  doyen 
actuel,  qui  y  réside  depuis  cinq  ans. 

Les  statues  anciennes  dont  il  est  question  dans  la  dépèche 

•y 

de  M.  le  Ministre  de  l'Agriculture  eu  date  du  5  mars  1903, 
ne  sont  nullement  cachées.  Elleà  sont  disposées  les  unes  sur 
des  consoles  de  l'ancien  porche  qui  Sert  aujourd'hui  de 
sacristie,  les  autres  sont  rangées  très  convenablement  contre 
les  parois  intérieures  de  la  galerie  haute  ou  triforium  du 
chœur,  où  elles  constituent  une  sorte  de  petit  musée.  Pour  ,  3  \ 
les  installer  dans  l'église,  où  il  serait  d'ailleurs  difficile  de 


c 


-  66  — 

leur  trouver  place,  il  faudrait  les  restaurer,  ce  qui  entraî- 
nerait un  travail  important  et  coûteux  qui  ne  parait  pas 
justifié  par  la  valeur  artistique  de  la  plupart  de  ces  œuvres. 
Celles-ci  sont  en  bois;  leur  état  de  conservation  laisse  à 
désirer;  beaucoup  sont  fortement  vermoulues.  Les  dégra- 
dations pourraient  peut-être  s'arrêter  si  on  plongeait  les 
figures  dans  un  bain  de  pétrole,  opération  que  l'on  signale 
comme  efficace.  On  les  laisserait  ensuite  telles  quelles.  II 
serait  toutefois  utile  de  consulter  un  spécialiste  sur  l'efficacité 
de  cette  opération. 

Les  figures  qui  sont  installées  dans  le  triforium  reposent 
actuellement  sur  le  pavement;  il  serait  bon  de  les  disposer 
sur  de  petits  socles. 

Le  tableau  peint  sur  bois  représentant  les  Saintes  Femmes 
visitant  le  tombeau  du  Christ,  constitue  une  belle  œuvre. 
Malheureusement  la  peinture  s'écaille  par  places.  Le  mal  ne 
semble  pas  s'aggraver.  Il  conviendrait  de  confier  ce  tableau 
aux  soins  d'un  restaurateur  habile. 

L'ancien  porche  servant  aujourd'hui  de  sacristie  est  une 
œuvre  architecturale  des  plus  remarquables.  Toutes  ses 
moulures  et  sculptures  sont  empâtées  par  les  nombreuses 
couches  de  badigeon  qui  y  ont  été  appliquées,  à  tel  point 
qu'il  est  devenu  pour  ainsi  dire  impossible  d'en  apprécier  le 
mérite.  On  devrait  le  faire  dérocher  avec  les  plus  grands 
soins  par  un  spécialiste.  Étant  donnée  la  surface  restreinte 
de  cette  construction,  l'opération  n'entraînerait  pas  une 
dépense  bien  importante,  tandis  qu'elle  remettrait  en  lumière 
des  détails  d'une  haute  valeur  artistique. 
Élu»  —  Pour  se  prononcer,  à  la  demande  de  M.  le  Gouver- 

deSiint-NicolM,  ' 

à  Djiw.d6,    neur  de  la  Flandre  occidentale,  sur  le  projet  de  restauration 


—  67  — 

du  jubé  de  l'église  de  Saint-Nicolas,  à  Dixmude,  la  Commis- 
sion avait  jugé  indispensable  que  Ton  pratiquai,  au  préalable, 
l'enlèvement  du  badigeon  de  Tune  des  statues  qui  le  décore 
et  que  l'on  appropriât  une  portion  du  monument  assombri 
par  la  poussière. 

Cette  condition  ayant  été  remplie,  il  a  été  procédé,  le 
26  mars  4903,  à  l'examen  de  l'admirable  œuvre  gothique  de 
Jean  Bertet. 

M.  van  Ruymbeke,  membre  du  Comité  des  correspon- 
dants, assistait  à  cet  examen. 

Les  essais  de  lavage  des  délicates  et  merveilleuses  cise- 
lures de  pierre  ont  été  effectués  sur  une  partie  extrême  de 
la  face  principale  et,  en  retour,  sur  le  profil  nord.  Ceux 
du  décapage  ont  porté  sur  quatre  statues  dont  trois,  — 
Sainte-Barbe,  le  Christ  et  un  Évèque,  —  appartenant  au 
côté  postérieur,  vers  le  sanctuaire. 

Ces  figures,  qui  semblent  contemporaines  de  la  clôture 
du  chœur,  sont  travaillées  en  bois  de  chêne.  L'exécution  en 
est  fine  et  soignée.  Elles  ont  été  débarrassées,  au  moyen 
d'esprit  de  sel  étendu  d'eau,  de  leur  enveloppe  de  chaux  qui 
les  souillait  depuis  le  commencement  du  siècle  dernier. 

La  polychromie  remise  en  lumière  est  complète,  en 
excellent  état  et  ne  réclame  aucune  retouche. 

Les  autres  effigies,  en  orme,  à  dépouiller  ultérieurement, 
sont  l'ouvrage,  pour  la  plupart,  des  premiers  temps  du 
xvii4  siècle.  Elles  représentent  les  Douze  Apôtres,  le  Sau- 
veur, deux  anges  tenant  chacun  un  encensoir  et  occupent 
des  niches  sises  du  côté  de  la  nef  depuis  la  restauration  du 
jubé  exécutée  par  le  sculpteur  yprois,  Urbain  Tailleberl. 

Les  patients  travaux  préliminaires  effectués  avec  circon- 


—  68  — 

speclion  et  habileté,  présagent  une  heureuse  continuation. 
La  délégation  n'a  pas  dissimulé  sa  satisfaction  à  leur  égard. 

Des  statues  ayant  subi  quelques  perles,  il  importera 
d'assembler  les  morceaux  et,  après  le  nettoyage  général,  de 
dresser  an  devis  des  frais  à  faire  pour  combler  soigneuse- 
ment ces  lacunes  et  réparer  les  mutilations  causées  par  le 
temps. 

Les  travaux  ayant  trait  au  jubé  primeront  ceux  qu'il  y 
aurait  utilité  d'apporter  au  tabernacle.  Ce  repositoriam,  fait 
en  1614,  en  marbre  et  albâtre,  par  Jérôme  Stalpaert,  de 
Bruges,  est  intéressant  tant  au  point  de  vue  de  son  élégance 
que  de  la  valeur  de  ses  matériaux.  Il  est  très  endommagé. 
Pourtant,  si  le  public  le  respecte,  ce  bel  ouvrage  pourra 
rester  longtemps  encore  dans  le  statu  quo.  Y  mettre  la  main 
serait  commencer  une  reconstruction;  un  renouvellement 
détruirait  son  cachet. 

On  se  bornera  à  refixer  les  attributs  et  les  membres  déta- 
chés que  l'on  a  retrouvés. 

À  droite  et  à  gauche  de  la  porte  en  chêne  sculptée,  ornée 
de  remarquables  bal u sires  en  cuivre,  se  dressent,  sous  le 
jubé,  deux  petits  autels  formant  hors-d  œuvre,  sans  valeur, 
usés  et  branlants,  dédiés  respectivement  aux  âmes  et  à  la 
Vierge  des  douleurs.  U  serait  vivement  à  souhaiter  qu'ils 
fussent  remplacés  par  des  meubles  en  concordance  de  style 
avec  le  bijou  artistique  qui  les  abrite. 

Une  fois  les  statues  débadigeonnées,  M.  van  Ruymbeke 
s'occuperait,  avec  fruit,  de  les  classer  chronologiquement, 
de  rechercher  les  noms  et  les  caractères  des  personnages 
avant  qu'ils  reprennent  possession  de  leurs  socles  de  pierre. 

Il  importe  que  les  travaux  soient  surveillés  de  près  par  le 


—  69  — 

Comité  des  correspondants  de  la  Flandre  occidentale  et  que 
ce  dernier  se  tienne  d'une  façon  continue,  à  ce  sujet,  en 
rapport  avec  la  Commission  royale. 

—  A  la  suite  du  rapport  adressé  par  la  Commission  à     *jDumèei;1 
M.  le  Ministre  de  l'Agriculture,  le  12  juin  1901,  le  projet  wiSSfc 
du  monument  à  ériger  sus  la  tombe  du  poêle  Guido  Gezelle, 

à  Bruges,  a  été  modifié. 

Il  résulte  de  l'examen  auquel  il  a  été  procédé,  le 
26  février  1903,  de  concert  avec  MM.  le  baron  BeLhune, 
van  Ruymbeke  et  Van  der  Meersch,  membres  du  Comité 
des  correspondants,  du  dessin  grandeur  d'exécution  dudit 
monument,  que  celte  nouvelle  étude  peut  être  adoptée  et 
que  la  dépense  prévue  (fr.  6,602-09)  paraît  en  rapport  avec 
l'importance  du  travail  à  effectuer. 

Il  y  aura  lieu  toutefois,  au  cours  de  l'exécution,  de 
rehausser  le  piédestal  par  quelques  points  de  dorure. 

^e  monument  projeté  offre  une  valeur  artistique  suffisante 
pour  que  le  Gouvernement  en  encourage  l'exécution  par  un 
subside. 

—  A  la  demande  de  M.  De  Vreese,  il  a  été  procédé,  dans    Monument 

eommémoratif 

l'atelier  de  cet  artiste,  à  l'examen  des  modèles  demi-grandeur  '•g"^!^ 
d'exécution,  du  piédestal  avec  groupes  du  monument  eom- 
mémoratif de  la  Bataille  des  Éperons  d'or. 

Le  travail  de  M.  De  Vreese  est  très  avancé;  il  est  arrivé 
au  point  où  il  y  a  lieu,  pour  le  Gouvernement,  de  lui  déli- 
vrer l'annuité  de  10,000  francs  à  laquelle  il  a  droit,  en 
vertu  de  son  contrat. 

II  a  été  recommandé  à  l'artiste  et  à  M.  l'architecte  Ver- 
helle,  son  collaborateur,  de  bien  combiner  les  joints  des 
pierres  et  de  les  rendre  aussi  peu  apparents  el  aussi  minces 


—  70  — 

que  possible.  La  même  recommandation  a  été  faite  en  ce  qui 
concerne  la  nécessité  d'éviter  des  poches  où  les  eaux 
pluviales  pourraient  séjourner. 

Le  lit  de  carrière  devra  être  scrupuleusement  observé 
dans  la  pose  des  pierres. 

Les  fondations  du  monument  devront  être  établies  d'un 
seul  bloc  pour  éviter  des  tassements  irréguliers. 

Quant  au  groupe  supérieur,  M.  De  Vreese  l'étudiera 
encore  d'une  façon  approfondie  au  point  de  vue  du  caractère 
et  de  la  distinction,  lors  de  l'exécution  du  modèle  en  grand; 
en  tous  cas,  il  est  d'accord  avec  la  délégation  que  la  hauteur 
du  drapeau  devra  être  quelque  peu  réduite. 

CONSTRUCTIONS  CIVILES. 

To«r  La  Commission  a  adopté  le  projet  relatif  à  la  conservation 

Vas  Straelen, 

*  An™».  <je  |a  tour  yan  Straelen,  à  Anvers.  L'attention  de  l'architecte, 
M.  De  Vooght,  a  été  appelée  sur  les  murailles  intérieures 
qu'il  propose  d'établir  pour  renforcer  la  construction.  Le 
Collège  craint  qu'il  en  résultera  des  tassements  capables 
d'entraîner  les  vieux  murs  contre  lesquels  ces  collages  seront 
appliqués.  Il  semble  qu'on  pourrait  éviter  celte  opération  en 
ancrant  solidement  la  tour. 

ÉDIFICES  RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

Ont  été  revêtus  du  visa  : 
construction       j°  Le  projet  relatif  à  la  construction  d'un  presbytère  au 

et  resta  uralion  r  # 

de  presbytère..  hameau   «  Mylstraat  » ,  sous  Duffel  (Anvers)  ;  architecte, 
M.  Careels; 


—  71  — 

2°  Le  projet  relatif  à  la  reconstruction  du  presbytère 
d'Heyenbeek,  sous  Grimberghen  (Brabant),  sous  réserve  que 
la  citerne  soit  établie  à  une  certaine  distance  du  bâtiment, 
afin  d'éviter  toute  cause  d'infiltration  de  l'humidité  dans  les 
maçonneries  de  l'habitation;  architecte,  M.  Pauwels; 

3°  Le  projet  concernant  la  construction  d'un  presbytère 
à  Weelde  (Anvers)  à  la  condition  que  les  cheminées  soient 
un  peu  exhaussées  et  qu'il  soit  tenu  compte  des  observations 
présentées  par  le  Comité  des  correspondants;  architecte, 
M.  Taeymans; 

4°  Le  projet  relatif  à  la  construction  d'un  presbytère  pour 
la  succursale  de  Wildenburg,  sous  Wyngene  (Flandre  occi- 
dentale); architecte,  M.  Soete; 

5°  Le  projet  relatif  à  la  construction  d'un  presbytère  pour 
la  paroisse  du  Sacré-Cœur,  à  Hoboken  (Anvers);  architecte, 
M.  Gife; 

6°  Le  projet  de  reconstruction  du  presbytère  d'Ophain- 
Bois-Seigneur-lsaac  (Brabant),  sous  la  réserve  de  supprimer 
les  deux  marches  à  l'intérieur  du  vestibule  qui  constitueraient 
an  danger  pour  la  circulation  ;  de  ramener  la  hauteur  des 
marches  des  escaliers  à  0*16  en  portant  leur  profondeur 
à  0m25;  d'augmenter  un  peu  la  largeur  de  la  porte 
d'entrée  dont  l'aspect  est  maigre;  de  donner  aux  décharges 
des  baies  le  caractère  usité  autrefois  dans  la  contrée;  de 
renoncer  à  l'emploi  de  la  pierre  de  Savonnière  pour  les 
saillies  ainsi  qu'au  grès  d'Uccle  pour  l'extérieur  ;  architecte, 
M.  Symons; 

7°  Le  projet  relatif  à  la  construction  d'une  annexe  au 
presbytère  de  Rettigny,  commune  de  Cherain  (Luxem- 
bourg); architecte,  M.  Cupper; 


—  72  — 

8*  Le  projet  de  restauration  de  la  maison  vicariale  de 
Fisenne,  commune  de  Soy  (Luxembourg). 


ÉGLISES.  -  CONSTRUCTIONS  NOUVELLES. 


La  Commission  a  visé  les  plans  relatifs  : 
Éfiiieda         1°  A  la  reconstruction  de  l'église  de  Lillois- Witterzée 

Lilloit-Witieraée. 

(Brabant);  architecte,  H.  Léonard; 
ékiim  2°  A  l'achèvement  de  l'église  d'Uylkerke  (Flandre  occi- 

d'Uytktrke. 

dentale)  ; 
éciim  3°  A  la  construction  d'un  porche  latéral  à  l'église  de 

dcWelkeortodt. 

Welkenraedt  (Liège);  architecte,  M.  Lohest; 
fyiM  4°  A  la  construction  d'un  jubé  dans  l'église  de  Walcourl 

de  WftloovrU 

(Namur),  sous  réserve  de  renforcer  la  colonne  et  d'élargir 
les  retombées  sur  le  chapiteau.   La  colonne  pourra  être 
exécutée  soit  en  pierre,  soit  en  bois,  au  choix  de  l'architecte, 
M.  Langerock; 
Bxh*         5°  A  l'éiablissement  d'un  jubé  avec  tambour  dans  l'église 

d«  SmeeruiMt. 

de  Smeermaes   sous  Lanaeken   (Limbourg);   architecte, 
M.  Sprenger; 
g*!,'*  6°  Au  renouvellement  du  beffroi  de  l'église  de  Wevelghem 

(Flandre  occidentale);  architecte,  M.  De  Wulf; 
objeu  mobilier*     7°  A  l'exécution  d'objets  mobiliers  destinés  aux  églises  de  : 

Crisnée  (Liège)  :  deux  confessionnaux; 

Libramont  (Luxembourg)  :  mobilier  complet; 

Momalle  (Liège)  :  deux  confessionnaux; 

Husseignies  (Hainaut)  :  autels  latéraux  ; 

Sainte- Walburge,  à  Audenarde  (Flandre  orientale)  : 
stalles  ; 


—  73  — 


Overboulaere  (Flandre  orientale)  :  mobilier  complet; 
Hannut  (Liège)  :  deux  confessionnaux  ; 
Gallenelle  (Hainaut)  :  cloche. 


TRAVAUX  DE  RESTAURATION. 

Le  Collège  a  revêtu  de  son  visa  : 

1°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  redise  de  Roi  le-  t*\\u> 
ghem  (Flandre  occidentale).  Il  conviendra  que  les  travaux 
fassent  l'objet  d'une  adjudication  restreinte  à  bordereau  de 
prix  et  qu'au  cours  de  l'exécution  l'auteur  supprime  les 
lucarnes  de  la  flèche  qui  ne  produisent  pas  un  effet  satis- 
faisant. La  tour  devra  être  achevée  en  pierres  de  Tournai  si 
la  base  est  en  même  pierre;  architecte,  M.  Caret  te; 

2°  Le  projet  de  restauration  de  l'église  de  Ronsele  (Flandre      fig"** 
orientale)  et  de  son  mobilier;  architecte,  M.  Geirnaerl; 

3*  Le  projet  concernant  la  restauration  de  la  chapelle    chaude 
de  Saint-Amand,  à  Mont-Saint-Amand  (Flandre  orientale);  Moal s'-AmMd- 
architecte,  M.  Nissens  ; 

4-  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  l'église  de  Saint-  MJjSSmnm 
Pierre  (Luxembourg)  et  à  la  construction  d'une  sacristie  à 
cet  édifice;  architecte,  M.  Van  Gheluwe; 

5°  Le  projet  de  restauration  de  la  chapelle  de  Fisenne,      o^u» 
commune  de  Soy  (Luxembourg),  sous  la  réserve  que,  pour 
le  carrelage  du  chœur,  on  adoptera  la  pierre  du  pays  au 
lieu  de  la  céramique  ; 

6°  Le  projet  relatif  à  la  restauration  de  la  couverture  ^g«««  *  Bouts», 
du  clocher  de  l'église  de  Boussu  (Hainaut);  architecte, 
M.  Bodson  ; 


de  Saint-Paul, 
h  Auvent. 


—  74  — 

dei^Sbo       7#  ^  Proiet  concernant  des  travaux  de  réparation  à 
exécuter  à  l'église  de  Beverloo  (Limbourg)  ; 
5l25Ml       8°  Le  projet  des  travaux  de  restauration  à  effectuer  en 
1903a  l'église  de  Saint-Paul,  à  Anvers;  architecte,  M.  Stuyck; 
de  weD        9°  ^e  ProJet  de  restauration  de  la  flèche  de  l'église  de 

Jesseren  (Limbourg);  architecte,  M.  Geirnaert; 
friue  de         |0°  Les  comptes  des  travaux  de  restauration  exécutés 

Sâiul-Rombauî,  r 

AMaliu"'  en  1900  et  1901  à  la  tour  de  l'église  de  Saint-Rombaut,  à 
Matines  (Anvers)  et  ceux  effectués  en  1901  au  vaisseau  du 
même  édifice. 
ggiiude  —  Il  a  été  procédé,  le  17  mars  1903,  à  l'inspection  de  la 
tour  de  l'église  de  Mannekensvere,  dont  le  classement  est 
sollicité. 

Il  résulte  de  cet  examen  que  la  tour  dont  il  s'agit,  entiè- 
rement construite  en  belles  briques,  constitue  une  masse 
imposante  dont  le  caractère  architectural  accuse  bien  celui 
de  la  contrée  où  elle  s'élève.  Cet  édifice  parait  remonter  au 
commencement  du  xvie  siècle.  Son  intérêt  est  suffisant  pour 
qu'il  y  ail  lieu  de  le  ranger  dans  la  3e  classe  des  monuments 
du  culte. 

La  tour  de  Mannekensvere  réclame  des  travaux  de  res- 
tauration qui  n'atteindront  pas  un  chiffre  élevé,  mais  qui 
sont  de  la  plus  grande  urgence.  A  certaines  parties  des 
parements,  les  briques  se  détachent  ;  il  y  a  même  eu  déjà 
un  écroulement  partiel  au  glacis  supérieur  de  l'un  des 
contreforts.  Il  importe  que  les  travaux  de  réparation  soient 
encore  exécutés  pendant  la  présente  campagne. 

On  devra  se  garder  d'apporter  aucun  changement  ni 
aucune  ajoute  à  cette  belle  tour  qui  est  complète  telle  qu'elle 
est  aujourd'hui. 


—  7K  — 


—  Le  service  technique  provincial  ayant  attiré  l'attention 
sur  le  travail  de  restauration  du  pignon  du  transept  nord 
de  l'église  de  Ternath,  dont  l'appareil  lui  avait  paru  d'une 
hauteur  d'assises  trop  forte,  il  a  été  procédé  à  l'inspection 
de  ce  travail  le  19  mars  1903,  de  concert  avec  M.  Dumortier, 
membre  du  Comité  des  correspondants  du  Brabant. 

Il  ne  semble  pas  qu'il  y  ait  lieu  de  critiquer  cette  restau- 
ration. Les  assises  du  soubassement  et  des  contreforts  sont, 
en  effet,  assez  fortes,  mais  leur  hauteur  cependant  paraît 
conforme  aux  assises  primitives  si  l'on  en  juge  par  les  pierres 
anciennes  remises  en  œuvre  dans  les  parements. 

Il  est  à  remarquer  que  le  monument  tout  entier  est 
construit  en  appareil  très  irrégulier  et  très  disparate.  Les 
soubassements  et  les  contreforts  y  sont  généralement  établis 
en  appareil  plus  grand  que  les  autres  parements. 

La  teinte  claire  des  pierres  nouvelles  semble  seule  produire 
l'illusion  qui  a  attiré  l'observation  du  service  technique  pro- 
vincial. Elle  disparaîtra  promptement  par  suite  de  la  patine 
que  prendront  les  matériaux  neufs,  lesquels  sont  d'ailleurs 
de  très  bonne  qualité. 

La  seule  observation  qui  semble  pouvoir  être  produite, 
c'est  que  certaines  pierres  neuves  sont  un  peu  trop  lisses, 
ce  qui  résulte  du  sciage.  Il  y  aura  lieu  de  corriger  cet  aspect 
par  une  taille  imitée  de  l'ancienne. 

—  Il  a  été  procédé,  à  Tournai,  le  24  mars  1903,  à  l'examen 
du  projet  soumis  en  vue  du  dégagement  de  la  cathédrale  de 
cette  ville. 

MM.  Hubert,  Devillers,  Soil  et  Sonneville,  membres  du 
Comité  des  correspondants  de  la  province  du  Hainaut, 
assistaient  à  cet  examen. 


..  Sf,lse 

d«Tc 


ernatb. 


Cathédrale 
de  Tournai. 


—  76  — 

Le  tracé  des  dégagements  parait  bien  compris;  il  peut 
être  adopté.  Il  serait  utile,  toutefois,  d'étendre,  si  possible, 
l'expropriation  par  une  emprise  oblique  sur  les  deux  petites 
maisons  masquant  notablement  encore  la  vue  du  transept 
sud  au  spectateur  qui  se  trouve  sur  la  place  du  marché,  à 
proximité  du  beffroi. 

Il  semble  que  la  question  relative  à  l'établissement  de 
squares  devrait  être  réservée  jusqu'à  ce  que  les  travaux  de 
dégagement  soient  terminés.  On  jugera  mieux,  alors,  du 
parti  qu'il  conviendra  d'adopter  pour  ces  plantations.  Eo 
tous  cas,  il  parait  indispensable,  pour  la  place  devant  le 
transept  nord,  de  la  laisser  dégagée  le  plus  possible  en  vue 
de  la  facilité  de  la  circulation.  D'autre  part,  il  semble  que 
l'aspect  de  la  cathédrale  aurait  tout  à  gagner  si  on  dotait 
cette  place  de  quelques  arbres  de  haute  futaie,  plantés  irré- 
gulièrement, largement  espacés  entre  eux  et  suffisamment 
éloignés  de  la  cathédrale. 
ÉgtiM  —  Il  a  été  procédé,  sur  place,  le  26  février  4903,  à 

de  Notre-Dame, 

àBrngM.  l'examen  de  divers  projets  de  travaux  à  effectuer  à  l'église 
de  Notre-Dame,  à  Bruges,  Se  rapportant  notamment  à  la 
restauration  : 

1°  Des  voûtes  et  des  chapiteaux  des  colonnes  de  la  grande 
nef  et  du  chœur  ; 

2°  Du  portail  sud  ; 

3°  D'une  travée  du  collatéral  nord. 

MM.  le  baron  J.  Bethune,  le  chanoine  F.  Belbune,  van 
Ruymbeke  et  Van  der  Meersch,  membres  du  Comité  des 
correspondants  de  la  Flandre  occidentale,  étaient  présents. 

Il  résulte  de  l'examen  minutieux  auquel  il  a  été  procédé, 
qu'on  peut  poursuivre  le  dérochement  des  colonnes  et  des 


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chapiteaux  des  nefs  et  du  chœur»  mais  que  provisoirement 
les  chapiteaux  devront  être  conservés  tels  qu'ils  existent 
sans  restauration.  On  devra  avoir  soin  d'opérer  le  décrépis- 
sage avec  toutes  les  précautions  voulues  pour  respecter  les 
peintures  qu'on  pourrait  découvrir  sous  le  badigeon  et  dont 
de  nombreuses  traces  ont  déjà  été  remises  en  lumière.  On 
peut  également  continuer  le  dérochage  des  quelques  compar- 
timents des  voûtes  de  la  haute  nef  qui  ne  sont  pas  encore 
débadigeonnés.  Quant  à  la  question  de  savoir  s'il  n'y  aurait 
pas  lieu  de  remplacer  les  voûtes  hautes  en  maçonnerie 
substituées  au  xviii*  siècle  à  d'autres  du  xv9  siècle,  par  un 
lambrissage,  mode  de  couverture  primitive,  cette  question 
réclame  une  sérieuse  étude  en  présence  des  arcs-boulants 
du  xve  siècle,  lesquels  exerceraient  sur  les  murs  une  poussée 
qui  ne  serait  pas  suffisamment  conlrebuttée  par  le  lambris- 
sage. 

Celte  question  des  voûtes  est  encore  subordonnée  à  la 
restauration  de  la  façade  principale  à  l'intérieur  de  laquelle 
on  a  fait  des  découvertes  récentes  qui  nécessiteront  un 
remaniement  complet  du  projet  adopté  en  1900  pour  la 
restauration  de  ladite  façade. 

La  Commission  estime  que  les  voûtes  de  la  haute-nef 
doivent  être  conservées.  Le  triforium  sera  rétabli  d'après 
les  restes  retrouvés  du  côté  occidental  tant  à  l'extérieur  qu'